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Full text of "Les Evêques de Fréjus du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle"



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LE5 ÉVÊQUE5 DE FF^ÉJU5 



DU Xlir A LA FIN DU XVIII- SIÈCLE 



LES 



ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

DU Xlir A LA FIN DU XVIir SIÈCLE 

PAR 

CURÉ DE GONFARON 

CHANOINE HONORAIRE 



IIM.PRIMERIE C. ET A. LATIL 



*, Boulevard de l'Esplanade, 1 



±898 






iuv ervs 



Extrait du Bulletin de la Société d'études scientifiques 
et archéologiques de la ville de Draguignnn. 





f^tî 




La Chronologie des Evêqoes de Toulon 

TOULON, 29 novembre. — Au moment oo 
Mgr Simeone a pris définitivement possession 
de son siège épiscopal, il est intéressant de 
reproduire — autant qu'il a c-lé possible de 
l'établir — la chronologie des évoques de 
Toulon, depuis l'an 'fy, de l'ère chrétienne, 
jusqu'à l'époque, où Toulon, a été rattaché 
au siège de Fréjus, pour former un seul dio- 
cèse, sous la direction d'un même prélat. 

Saint Cléon, vers l'an dû après J.-C. ; Gra- 
tien, lîO; Narclssus, 225; Adrien, 390; Augus- 
talis, -400. 

Jusque-là, les traces sont un peu confuses. 
La liste devient plus précise à partir de Ho- 
noré, 451-'iSO; saint Gratien II, 4S1-493; saint 
Cyprien, 524-549; Palladius, 5.'i9; Didier, 58ô; 
Mennas, 594; Léon, 804; Eustorge, 879; Ar- 
node, 899. 

Déodat, 1031; Guillamnc 1er, iCjC; Aymin, 
1095; Guillaume II, 1117-1167; Pierre Isnard, 
î10S-11ï;3; Dlsdier II, 1183-1204: Rausin, 1204; 
Guillaume de SôUiers, 1206; Etienne 1er. 1209; 
Jean des Baux, 1Ï24-1232; Rostaing, 1235 ; 
Bertraind, 1237; Gautier de Gaufridi, 12*37; 
Jean II, 12S2; Raymond Rostaing II, 1312 ; 
Pons II, 13U; Elzéar de Glandèves, 1317; Pier- 
re Guillelmi, 1325; Foulques, 132S; Jacques, 
1329-1342: Hugues Abaila, 1345: Pierre III, 
1357: Raymond III Daconis, 1.364; Guillaume 
IV de la Voulte, 1364J13ÔS: Jean dEstienne, 
1371; Pierre IV de JMarville, 1395-1405: Jean 
rv. 140.3-1409: Vital, 1411-1427; Draconis, 1427- 
1434; Jean de Gorabaud, 1434-1483; Jean 
Mixon, 1484-1491. 

Denis Briçonnet, 1512-1.514; Nicolas de Fieê- 
que, 1514-1515; Philos Roverella, 1515-1518 ; 
Nicolas de Fiesque, 1518-1.524; Augustin Tri- 
vtilce, 1525-15-48; Antoine Trivulce, 1548-1560; 
Jérôme de la Rovcre, 1.560-1564; Thomas Jaco- 
miel, 1566-1571; Guillaume le Blanc. 1571-1588; 
Gilles de Sceptris, 1599-1626; Auguste de For- 
bin-SoUiers, 10-28-1639; Jacques Danès de Mar- 
Iv, 1640-1656; Pierre de Pingre, 1656-1662; J.- 
: D de Marly, 1662-1664; Louis de Forbin d'Op- 
: pède, 1664-1675; Jean de Vintimille, 167.5-16S2; 
r^uis Bonnin de Chalucet, 1684-1712; Louis de 
la Tour du Pin-Monfauban, 1712-1737; Louis- 
Albert Joly de Choin, 1738-1759: Alexandre 
Lascaris de Vintimille, 1759-1TS6; Eléon de 
Castellane-Mazaugues, 1786-1796. 

L'évêché est supprimé par le Concordat 
pour Toulon. Il est rétabli pour Fréjus et 
Toulon, en 1823 : 

Alexandre de Ricehry, 1823-1829; Louls- 
Charles-Jean-B. Michel. 1829-1845; Casimir- 
Alexis Vicart, 1815-1S55; Joseph-Henri-Antol- 
ne Jordanv, IS55-1876: Josepli-Sébastien-Fer- 
dinand Terris, 1876-18SÔ; Henri Oury, 188«- 
1890: Euxode-lrénée Mignot, 1890-18^9; Aloysc- 
Eugêne Arnaud, 1900-1905: Félix-Camille-J.- 
B. Guillibert, 1905-1926; et Augustin-Joseph- 
Marie Siméone, 1026. 

D'après cette statistique, Guillaume II au- 
rait siégé pendant cinquante ans. Il aurait 
pu être nommé à quarante ans et vivre .jus- 
qu'à quatre-vingt-dix. Au surplus, peut-être 
à cette époque, a-t-11 poursuivi sa longue 
carrière, tout en conservant le titre de chef 
épiscopal du diocèse de Toulon. Saint Cy- 
prien, patron du diocèse, a siégé vingt-cinq 
ans, et Alexandre Lascaris de Vintimille, 
vingt-sept ans. Plus près de nous, Mgr Jor- 
dany et Mgr Guillibert, évêques de Fréjus et 
•■roulon, ont, chacun, siégé pendant vingt- 
I et-un ans. 



Les Evêques de Fréjus 

Du XIII- à la fin du XVIir siècle, faisant suite aux 

Premiers Evêques de Fréjus et aux Evêques 

de Fréjus du VI" au XIII. siècle 

PAR l'abbé h. ESPITALIER, curé de gonfaron (var) 
Chanoine honoraire de Fréjus 

On lit dans la Semaine Religieuse du diocèse ô 
Fréjus et Toulon ; 

« Notre bibliotht-que diocésaine vient de s'enrichir 
d'un nouveau et bien intéressant volume, grand in-8° de 
530 pages. C'est le troisième du précieux travail de M. le 
chanoine Espitalier, curé de Gonfaron, sur les Evêques 
de Fréjus Les deux premiers faisaient l'histoire de notre 
Eglise depuis son origine jusqu'à la fin du Xir siècle : 
celui que nous avons le plaisir d'annoncer aujourd'hui la 
continue jusqu'à la fin du XVIIl'. L'auteur a puisé aux 
sources les plus sûres ; il s'est entouré de documents 
d'une incontestable valeur. Citons, entre autres, le Gallia 
christiana ncvissima du docte abbé Albanès, historio- 
graphe du diocèse de Marseille, si prématurément enlevé 
à la science historique et religieuse de nos contrées ; les 
archives départementales du Var, celles de l'Evèché de 
Fréjus, celles de plusieurs communes du diocèse, divers 
cartulaires, les minutes en dépôt au notariat de Fréjus, 
les ouvrages d'Antelmy et de Girardin, etc , etc. Ajoutons 
que le manuscrit de l'auteur, communiqué à M. l'abbé 
Albanès et à M. Mireur, archiviste du département, a 
reçu de ces deux éminents personnages, si compétents en 
matière d'histoire locale, la plus élogieuse approbation. 

« M. l'abbé Espitalier ne se borne pas à rapporter les 
antécédents et les actes épiscopaux des prélats qui ont 
occupé le siège de Fréjus pendant cette période de siècles ; 
il donne en outre le récit des faits religieux accomplis 
dans leur diocèse durant leur épiscopat, et même des 
détails inédits sur les faits de l'histoire générale de 
l'Eglise et de la France auxquels ils ont pris part. Les 
notices consacrées à Léon des Ursins et à ses successeurs 
jusqu'à la Révolution française présentent un intérêt 
plus particulier, à cause des événements tant religieux 
que politiques dont le diocèse de Fréjus fut le théâtre 
durant leur épiscopat, et dont le récit présente des cir- 
constances locales que l'histoire générale ne nous appre- 
nait pas. » 

L'auteur a reçu de M. Mireur^ archiviste départe- 
mental, la lettre suivante : 

« Draguignan, 12 janvier 1899. 

Mon cher Monsieur le Chanoine, 

« Voilà plusieurs jours que je suis en possession du 
beau volume ; Les Evêques de Fréjus du XIII" à la fin 
du XVIir siècle, que vous avez eu la très-aimable 



attention de me faire remettre, et il ma été impossible 
jusqu'ici de trouver un moment pour vous en accuser 
réception. 

« Veuillez donc, je vous prie, agréer d'abord mes excu- 
ses et ensuite mes sincères remercîmenls pour voire 
gracieux et précieux cadeau. J'ai eu déjà l'occasion de 
vous consulter et, ce qui vaut encore mieux, de faire 
l article. Les Evêques de Frèjus sont, en effet, un de ces 
instruments de travail destinés à rester en quelque sorte 
en permanence sur la table d'un archiviste, à côté d'A.n- 
telmy et de Girardin, dont ils sont mieux qu'une suite et 
un complément, une nouvelle et combien plus exacte et 
plusérudite édition ! 

« Permettez-moi de vous adresser, Monsieur le Cha- 
nome, mes plus sincères félicitations pour la bonne et 
heureuse exécution de ce beau travail, qui vous fait 
honneur et place votre nom à côté — et dût votre modes- 
tie protester, — au-dessus, à certains égards, de ceux de 
vos illustres compatriotes et devanciers. Laissez moi 
espérer maintenant que vous nous ferez également profi- 
ter de vos nombreuses et patientes recherches sur le 
personnel ecclésiastique du diocèse. De même que les 
anciennes familles ont leurs généalogies, pourquoi le 
clergé, le premier Ordre dans l'Etat, n'aurait-il pas aussi 
non seii ement ses d'Hozier et ses Artefeuil, mais encore 
ses Michaud et ses Didot ? Ce serait un nouveau service 
a rendre aux érudits et aux cherchours, et ils l'attendent 
de votre infatigable dévouement à la cause de nos études 
historiques. 

« Veuillez agréer, mon cher Monsieur le Chanoine 
I expression de mes meilleurs sentiments. ' 

« MIRKUR. » 

Les trois volumes parus sont en vente aux conditions 
suivantes, chez l'auteur, à Gonfaron (Var). 

Les Premiers Evêques de Fréjus. — 128 pages in 8" 

Les Evêques de Fréjus du VL au XUL siècle. ~ 
220 pages in-8% prix 2 fr. 

Les Evêques de Fréjus du XIII- à la fin du XVII I' 
siècle, 530 pages in-8», prix franco 5 fr. 

EN PRÉPARATION : 

Les Evêques de Fréjus au XIX siècle. 
Le clergé du diocèse de Fréjus. 
Les paroisses du diocèse de Fréjus. 
Les saints du diocèse de Fréjus. 

càllslï'ZlV"'"" '' '^"vent, aussi aux conditions 



Fréjus, Imprimerie J. CISSON 



AVANT-PROPOS 



Depuis que nous avons entrepris noire publication les Evoques 
de Fréjus, un ouvrage destiné à occuper une des premières places 
parmi les productions historiques du XIX'^ siècle a commencé à 
paraître. C'est le Gallia christiana novissima, œuvre immense — 
hélas! interrompue par la mort — qui a coûté à son auteur, M. le 
chanoine Alhanès (1) , dont la perte est irréparable pour la 
science historique et religieuse, près d'un demi-siècle de patientes 
recherches. 

Le premier volume, consacré à la province d'Aix, comprend, 
outre la Alétropole , les évéchés d'Api , Fréjus, Gap, Riez et 
Sisteron. En lisant ces savantes pages , toutes sûres , toutes 
documentées, nous avons constaté avec regret que, pour nous 
être trop fié « aux imprimés », comme nous V écrivait V éminent 
historiographe , nous avons laissé passer bien des erreurs , après 
en avoir rectifié nombre d'autres. Dès lors , nous nous sommes 
attaché à faire disparaître des deux volumes précédents quelques- 
unes de leurs imperfections. Le passé nous offre à ce sujet de 
nobles exemples. Sans parler de saint Augustin qui a composé 
à la fin de sa vie, le livre de ses Rétractations, nommons 
Joseph Antelmy. L'illustre historien de notre église, après avoir 
publié le De Initiis, ne corrigea-t-il pas lui-même à la main 

(l) Décédé, à Marseille, le 3 mars 1897. 



LES EVEQUES DE FREJUS 



ses propres erreurs sur un exemplaire heureusement retrouvé 
de nos jours f 

Désiratit, nous aussi, nous rapprocher le plus possible de la 
vérité , nous venons , sans honte et sans faiblesse , signaler en 
tète de ce nouveau volume les points sur lesquels nous avons etvé. 
Désormais , nous Vespérons , grâce à la publication du 
Gallia christiana novissima (l), qui a dissipé les obscurités et 
comblé les lacunes de la chronologie de nos évêques , nous ne 
serons plus exposé à de graves méprises. Si nous ajoutons qu'un 
grand nombre de faits inédits ont été exhumés par nous de la 
poussière des archives publiques et notariales, on pourra se 
convaincre qu'en allant puiser aux vraies sources de l'histoire, 
nous n'avons rieri négligé pour mener à bien l'œuvre entreprise (2). 
Puissions-nous ainsi l'avoir rendue moins indigne des bienveil- 
lants suffrages qui ont encouragé nos premiers travaux (3). 



(1) Nous ne saurions trop reconnaître les services que nous a rendus cet inestimable 
ouvrage. Aussi bien, sur le désir du savant auteur, qui a daigné nous honorer de sa visite 
en octobre 1894, nous sommes nous fait un devoir de lui donner en communication notre 
manuscrit du XV« au XVIII« siècle, heureux de le voir apprécié et consulté par un juge si 
compétent. 

(2) Remercions ici une fois pour toutes M. Mireur, archiviste départemental, et M. Sidore, 
notaire à Fréjus, de l'obligeance avec laquelle ils ont mis à notre disposition les richesses 
de leur dépôt respectif. 

(3) Voir dans la Semaine religieuse du diocèse de Fréjus, n» du 17 novembre 1894, 
la lettre de M. Albanès et, dans le numéro du 8 décembre suivant, celle de M»' Mignot. 



DU XIII'^ A LA FIH DU XVIII^ SIÈCLE 



SUPPLEMENT ET RECTIFICATIONS 

AUX CHAPITRES PRÉCÉDENTS (1) 



Avant tout, une chronologie exacte était nécessaire pour 
asseoir sur une base solide notre essai historique. Avouons-le '■ 
si, dans les deux volumes déjà parus, nous avons signalé 
plus d'un évéque comme apocryphe, d'autres comme douteux; 
et si bien souvent, quoique réduite nos propres ressources, 
nous avons eu la bonne fortune de nous rencontrer avec 
M. Albanès, nous n'avons jamais eu la prétention de donner 
une chronologie' définitive. Le mérite en revient sans conteste à 
l'auteur du Gallia christiana novissima , et pour avoir le dernier 
mot dans cette question si scabreuse , il faudra désormais 
recourir aux tables pontificales qu'il a dressées avec tant de 
science et de sagacité. C'est pourquoi à la liste des évêques que 



(1) Voir Les premiers Evéques de Fréjus — les Evêques de Frèjus du Yl^ au Xlll^ 
siècle. Nous n'avons pas cru devoir maintenir la division par chapitres précédemment 
adoptée et rendue nécessaire par l'extrême brièveté de certaines notices réduites 
parfois à une simple mention. A l'avenir l'histoire de chaque évoque formera un chapitre 
spécial, plus ou moins développé suivant l'importance de son épiscopat ou l'abondance des 
documents. 



LES EVEQUES DE FREJUS 



nous avons déjà donnée nous substituerons la suivante qui est 
celle du nouveau Gallia : 



1° Saint Léonce, 400(?)-433. 

2^ Théodore, 433-455 (?) 

3° Astérius, 465(1). 

4" Saint Ausiie, 475. 

5° Victorin , 484 (?) - 506. 

6° Jean, 524. 

?•* Lupercien, 527-529. 

8° Didier, 541. 

9° Exspectat, 549-554. 
10° Epiphane, 582. 
11° Martin, 636 (2). 
12° N., 788. 
13° Benoit, 909-911. 
14° Gontar, 940-952. 
15° Riculfe, 973-1000 (?) 
16° Gaucelme, 1010 (?) - 1044. 
17° Bertrand I, 1044-1091. 



(1) Anteiray, Girardin et l'abbé Disdier avaient éliminé Astérius. C'était, d'après leur 
opinion, que nous avions partagée, un cvêque de Forli ou du Frioul ayant assisté, en 4G5, 
à un concile. romain où on ne comptait que des prélats italiens. M. Albanës démontre que 
d'autres évèques, venus des Gaules, ont assisté soit à ce concile, soit à celui de 4G2. [Gallia 
novis., I, col. 320.) 

(2) Aucun historien ne mentionne cet évêque. M. Albanès a découvert son nom dans un 
diplôme de saint Faron, évêque de Meaux, en faveur de l'abbaye de Rebais , souscrit le 
!•'■ mai G3G à Clichy par 25 évêques, dont quatre provençaux, parmi lesquels Martin, évêque 
de Fréjus. [Gallia nov., 1, col. 338.) 



DU XIII° A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 9 

18° Bérenger, 1091-1131. 

19° Bertrand II, 1131-1145. 

20° Pierre de Montlaur, 1154-1157. 

21° Frédol d'Anduse, 1166-1197 (?) 

Relevons, sous quelques-uns de ces noms, les erreurs ou 
omissions que la lecture du Gallia novissima, nos recherches 
personnelles ou des critiques fondées nous ont fait reconnaître. 

Théodore. — Il assista au concile d'Orange le 8 novembre 
441 et au concile de Vaison le 13 novembre 442 (1). 

ViCTORiN. — C'est à lui que Rurice , évêque de Limoges , 
écrivit la lettre qu'on lit dans la Pairologie latine, t. LVIII, 
col. 114 (2). 

ExsPECTAT. — Le concile de Paris auquel il assista se tint en 
552 non en 555 (3). 

RicuLFE. — La donation que fit Guillaume, comte de Provence, 
à Riculfe, eut lieu en 990 (4). 

Gaucelme. — Cet évêque est nommé avec son archevêque et ses 
comprovinciaux dans une bulle de Sergius IV (1009-1012) (5). Il 
était donc sur le siège de notre église plus de vingt ans avant la 
date de 1030 que nous lui avions assignée. 

Ce n'est pas une indulgence plénière qu'il accorda en consa- 



(1) Albatiès. Gallia chrisliana novissima, I, col. 318. 

(2) ll/iil. id. col. 323. 
(3; Ibid. id. col. 326. 

(4) Ibid. id, col 334. — C'est aussi la date donnée par D. Chanleioup dans V Histoire de 
!Uoiitmaj9ur, Revue historique de Provence. 

(5) Gallia christiana novissima, \, col. 335. 



10 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

crant l'église de Saint-Paul à Gallian , mais une absolution 
générale en faveur des grands pécheurs repentants (1). 

Bertrand I. — Il consacra l'église de Villehaute à Ampus et 
assista au concile d'Avignon tenu par Nicolas II en 1060 (2). 

BÉRENGER. — C'est Cil 1091, nou en 1094, qu'il donna l'église 
de Roquebrune aux moines de Lérins. En 1099 il rendit à ceux 
de Saint-Victor, sur leurs réclamations, les églises de Pignans, 
Barjols et autres lieux (3). 

Bérenger ne se contenta pas d'assister aux conciles de Plai- 
sance et de Clermont, qui préparèrent la première croisade. II 
prit lui-même la croix et partit avec les croisés pour la Terre 
Sainte. Après la prise de Jérusalem, il fut un des évêques qui 
présidèrent l'élection de Godefroy de Bouillon. 

« Ce choix qui excède la prudence humaine et devant lequel 
le légat du Saint-Siège demeure en suspens, dit l'historien 
auquel nous empruntons ces détails, la légende le fait décider 
par le jugement de Dieu ». 

« Tête et pieds nus, conduits par Amard de Robes, l'arche- 
vêque d'Albara, Véoèque de Fréjus et l'évêque de Marlorano, trois 
fois à minuit, les grands barons défilent processionnellement 
dans la basilique du Saint-Sépulcre, trois fois ils font en 

chantant le tour du tonibeau Ce fut après voir terminé ces 

supplications solennelles qu'eut lieu l'élection de Godefroy de 
Bouillon » (4). 

(1) Observations de M. le clianûine Laugier (Semaine religieuse du 3 novembre 1891. 

(2) Gallia chrisliana noiissima. 1, col. 337. 

(3) Ibid. id., col. 338. 

(4) Les Légendes du Saint-Sépulchre, par A. Gouret, Paris, maison de la Bonne Presse. 



DU XIÎI^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 11 

Pierre de Montlaur. — Cet évêque, dont le nom de famille 
est encore une trouvaille de M. le chanoine Albanès, ne fut 
jamais le majordome du comte de Provence. 

« La confusion vient^ dit l'auteur du Gallia novissima , de ce 
que le nom du dapifer du comte, Guillaume Raymond, suit 
immédiatement celui de l'évêque de Fréjus dans plusieurs 
chartes. En joignant ensemble deux noms divers , en faisant du 
laïque et de l'évêque un seul et même homme, et en donnant 
à ce dernier le titre qui appartenait à l'autre, on a pu faire 
passer un évêque pour le servant de table d'un petit prince, 
sans que personne, jusqu'à ce jour, ait songé, avant de le 
rééditer, à s'assurer de la réalité d'une chose si singulière et si 
peu vraisemblable ». 

Frédolon ou Frédol d'Anduse. — Avant son élévation à 
Tépiscopat, Frédol était abbé de Saint-Victor, comme le dit 
Girardin, et non prévôt du chapitre de Fréjus, comme nous 
l'avons à tort soutenu. « Il vint, en 1166, à Aix, au-devant du 
nouveau comte de Provence , Ildefonse. En 1169, il donna aux 
religieux de la Celle l'église de la Roquette. Nous le voyons, en 
1178, à Grasse avec le comte Raymond Bérenger, où il sous- 
crivit un diplôme donné par ce prince à l'église d'Antibes. Enfin, 



18')4, iii-12, p. 88. L'auteur cile comme source : La Conquête de Jérusalem, faisant suite 
à la Chanson d'Àiilioche, composée par le pèlerin Ricliard et renouvelée par Graindor de 
Douai au XI1I« siècle, publiée par C. Hippeau, Paris, Aubin, '[1864; 

Extrait de la Chronique de Mathieu d'Èdesse (Recueil des histoires des Croisades], 
publiée par les soins de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 

Cet épisode a fait de noire part l'objet d'une communication dans la Semaine Religieuse 
du 25 mai 1895. 



J2 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



en 1182, il signait le rouleau des morts de Bertrand des Baux 
et promettait cent messes à son intention » (1). 

Ainsi cinq évêques ont dû être rayés de notre liste : X... (9G6), 
Pierre (1000), Bertrand d'André? (1157-1170), Bertrand de 
Castellanc (1180-1189), Fouques (1189-1198) (2). Ce sont les 
seuls que nous avions admis sur les vingt-quatre apocryphes 
qui déparent les anciennes chronologies. 



(1) Gallia novissima, I, ml. H44. 

{2J Nous avions lu le nom de Fouques fFuflcoJ sur une ciiarle du carlulaire de Sainl- 
Victor. Mais M. Aibanés, qui a eu sous les yeux l'original de la charte, y a lu Fredolus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 13 

GUILLAUME DU PONT 

(1197-1202) 



Sommaire. — Confirmation de la donation de la Verne aux Chartreux.— 
Mésintelligence avec le chapitre. — Démission. 

Nous venons de voir dans les pages précédentes, où sont 
rectifiées quelques-unes de nos erreurs, que ni Bertrand de 
Castellane^ ni Fouques n'ont occupé le siège de Fréjus. Il faut 
donc reconnaître en Guillaume du Pont le successeur immédiat 
de Frédol d'Anduse. Le nouvel évêque était^ avant sa nomina- 
tion, archidiacre d'Agde (1). 

Dès le début de son épiscopat, Guillaume du Pont confirme aux 
Chartreux de la Verne la donation que Frédol leur avait faite : 
« Les soins de notre charge pastorale, leur écrit-il, nous 
engagent à combler de bienfaits et de privilèges les religieux et 
surtout ceux qui ayant quitté le monde ne servent que Dieu, 
notre créateur^ dans la citadelle de la contemplation, afin 
d'arriver au terme de la perfection vers lequel ils ont déjà 
commencé de marcher. C'est pourquoi^ fils bien-aimés, prieurs 
et frères de la Verne, nous rendant à vos justes demandes, 
d'après le conseil et la volonté de nos frères, le prévôt et les 

(1) C'est le titre (|ii'il piTiul, en 1176, en signant, comme témoin, la charte de Rayaioml 
Bérenger.'qui confirme à Frédol les droits temporels de son évèché. (Arch. dép'". Inventaire 
des titres de l'évèché de 1719.) 



14 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

chanoines de Fréjus, ce territoire de la maison de la Verne que 
notre prédécesseur de bonne naémoire, Frédol, a donné et 
accordé, avec le consentement du même chapitre, à la susdite 
maison et aux frères qui y servent Dieu, nous, pour l'amour de 
ce même Dieu et mù par un sentiment de celte pieuse miséricorde 
que Notre Seigneur nous enseigne être meilleure que le sacrifice, 
nous la confirmons et l'accordons de notre pleine autorité à cette 
maison et à tous les frères présents et futurs et nous lui donnons 
encore toutes les dîmes sur tout le territoire » (1). 

Une cause, restée inconnue, fit naître la mésintelligence entre 
Guillaume et son chapitre. Les choses en vinrent au point que 
ce prélat, découragé des difficultés qu'il rencontrait dans l'admi- 
nistration du diocèse, envoya sa démission au Souverain Pontife. 
L'enquête ouverte par l'archevêque d'Aix, sur l'ordre du Saint- 
Siège^ ayant établi que cette grave détermination de l'évêque 
s'imposait à raison « des peines de cœur et de corps dont il 
souffrait », un bref d'Innocent III, daté du mois de mars 1198, 
prescrivit au métropolitain de recevoir la démission de Guillanme 
du Pont et de présider à l'élection de son successeur (2). « L'affaire 
traîna pourtant en longueur, dit M. Albanès, et Guillaume du 
Pont occupait encore son siège en juillet 1202, » époque à laquelle 
il assista, avec son neveu Guide le jeune, à la vente d'une terre 
située à P.alaison, entre Esclans et Marsens et les possessions 
de l'église de Fréjus (3). 



(1) Girardin. Descript. du diocèse, p. 112. 

(•2) Misjne. Palrotoffie latine, CCXIV, col. 371. 

(3) Carlul. de S. Victor, ch. 977.— Gallia nuvissima. lusU'um. XV. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII* SIÈCLE 15 

RAYMOND DE CAPELLA 
(1203-1206) 



Sommaire. — Sa carrière diplomatique. — La prévôté de Marseille. — 
Confirmation des privilèges de l'évèclié. 



Sans les admirables travaux de M. Albanès, nous ignorerions 
encore le nom de famille du successeur de Guillaume du Pont; 
nous continuerions à voir en lui un moine vénérable qui aurait 
dû son élévation à la protection du comte Ildefonse II, dont il 
aurait été le confesseur. L'auteur du Gallla novissinia a détruit 
cette légende, et voici ce qu'il nous apprend : 

« Raymond de Capella était sous-diacre de l'Eglise Romaine : 
il embrassa de bonne heure la carrière diplomatique et suivit en 
France le cardinal Henri, légat du Saint-Siège ; il était à Aix 
avec ce prince de l'Eglise, en 1180, et fut chargé la même année 
par le cardinal légat d'une mission de confiance auprès de 
l'archevêque d'Arles , Raymond de Bollène. De tels services 
méritaient une récompense. En 1184, Raymond de Capella fut 
nommé par le Pape prévôt de Marseille. Cette dignité n'empêcha 
pas le dévoué diplomate de s'occuper des affaires de la légation. 
En 1190, il avait le titre de légat et était associé à Pierre de 
Castelnau, la future victime de Raymond de Toulouse. Il signait 
à Aix, en 1196, une convention qui donnait à l'abbaye de Lure 
l'église de Notre-Dame du Real. En 1198, Innocent III l'envoyait 



16 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

auprès des archevêques d'Embrun, d'Arles et d'Aix, pour les 
engager à venir au secours de la Terre-Sainte, et faisait l'éloge 
de son délégué en l'appelant « un homme lettré, prudent, 
honnête et agréable au Saint-Siège ». Le Pape écrivait en même 
temps à Guillaume, comte de Forcalquier, qu'il exhortait à 
prendre part en personne à la croisade, en l'avertissant que 
Raymond lui était envoyé avec le pouvoir de l'absoudre de 
l'excommunication qu'il avait encourue » (1). 

Raymond de Capella avait acquis une grande notoriété dans le 
Midi de la France. Aussi quand il fallut donner un successeur 
à Guillaume du Pont, son nom, qui se trouvait dans toutes les 
bouches, sortit triomphant des urnes capitulaires. Cette élection 
ne se fit qu'en 1203. « Car, nous dit encore M. Albanès, Raymond 
de Capella figure comme simple prévôt de Marseille dans une 
bulle adressée, le 4 décembre 1202^ aux chevaliers de S.Jean 
de cette ville ». Mais Tannée suivante, sa présence à Fréjus est 
certaine; il était depuis peu de temps sur le siège épiscopal de 
cette ville, quand le comte Ildefonse II lui accorda, le 20 novembre 
1203, la juridiction temporelle sur sa ville épiscopale dans le 
diplôme suivant : 

« Je donne et loue et cède à vous, Raymond, par la grâce de 
Dieu , évêque de Fréjus , notre fidèle sujet et à tous vos succes- 
seurs à perpétuité, toutes les causes judiciaires qui s'élèveront 
entre les hommes qui sont ou seront à l'avenir dans les posses- 
sions de l'église de Fréjus, soit dans la ville, soit au-dehors , 
dans les châteaux ou villages appartenant à l'évêché ou à la 

(1) Gatlia novissime, I, col. 346. 



DU XIII° A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 17 

prévôté, qu'ils soient clercs ou laïques, soldats ou paysans, 
hommes ou femmes, de quelque motif qu'elles proviennent, 
défendant expressément que ni nous, ni un de nos successeurs, 
ni un homme quelconque puisse recevoir quelque reconnaissance, 
exiger ou exercer quelque acte de justice dans cette ville et les 
villages ou châteaux-forts qui appartiennent ou appartiendront 
un jour à cette église. Mais parce qu'il n'est pas convenable que 
les ministres de Dieu fassent couler le sang, nous réservons à 
nous-même et à nos successeurs le jugement des crimes qui 
entraînent la troncation des membres ou le dernier supplice ; 
mais, après que les coupables auront comparu devant le tribunal 
de l'évêque, leurs biens seront confisqués au profit de l'église de 
Fréjus et ils seront ensuite livrés à nos baillis, pour être punis 
comme ils l'auront mérité » (1). 

L'épiscopat de Raymond de Capella dura à peine trois ans. « Il 
est fait mention de lui, le 28 mai 1204, dans la bulle que le Pape 
adressa ce jour-là à ses légats du Languedoc, et où il énumère 
tous les excès commis par Tarchevêque de Narbonne. Celui-ci 
avait, entre autres méfaits, exigé de l'évêque de Maguelonne 
quatre cents sous , pour consentir à le sacrer, comme les cha- 
noines en avaient fait la preuve, par devant l'évêque de Fréjus, 
auparavant prévôt de Marseille « (2). 

Raymond vint mourir à Marseille le 7 mars 1206 et y reçut la 
sépulture à la Major (3). 



(1) Gallia novissima. Ins^rum. XVL 

(2) Id. I, col. 347. 

(3) Id. 



18 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



BERMOND CORNUT 
(1206-1212) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — La maison du prévôt. — Démêlés 
avec les chanoines de Barjols. — Nouveaux privilèges en faveur de 
l'évèché. — Hors du diocèse. 



D'abord chanoine, puis prévôt de la métropole en 1202, 
Bernaond Gornut vint à la Verne, vers la même époque, à la 
suite de son archevêque, Guy de Fos. Il y signa, avec Guillaume 
Lombard, chanoine de Barjols et Bonhomme, prieur de Gollo- 
brières , l'acte par lequel le métropolitain donnait au monastère 
une pension annuelle de vingt sous et des droits de tasque sur 
son patrimoine de Bormes. Pour témoigner leur reconnaissance, 
les Chartreux délivrèrent à leur bienfaiteur, ainsi qu'à Bermond 
Gornut, un diplôme d'affiliation aux prières et aux bonnes 
œuvres de la communauté (1). Quatre ans après cette visite à la 
Verne, vers la fin de l'année 1206, le prévôt de Saint-Sauveur 
montait sur le siège de Fréjus. 

Le premier acte connu de l'administration de Bermond Gornut 
est la donation qu'il fit au prévôt de la cathédrale d'une maison 
qui appartenait à la mense de l'évèché (2). 

{Il Lecoulteux. Annales de l'ordre des Chartreux, année 1202. 

(2) Arch. c'" de Fréjus, BB. 25, Extrait du. livre — Peloux. Furent témoins : A, Adelardi, 



DU Xill^ A LA FIN DU XVIll® SIÈCLE 19 



« Il assistait, à Barjols, le 7 janvier 1207, comme témoin, à un 
acte concernant le Thoronet. Le 8 février, il signait, à Manosque, 
la charte par laquelle le comte de Forcalquier donnait, aux che- 
valiers de Saint-Jean de Jérusalem, son palais de Manosque et la 
ville elle-même. Au mois de décembre suivant nous le trouvons 
à Puimoisson, lorsque Raymond de Gomps obtenait, du comte 
de Provence, Ildefonse II, le château de Pennafort » (1). 

En 1208, Bermond Cornut eut des démêlés avec les chanoines 
de Barjols. Se prévalant de ce que leur bulle de fondation les 
obligeait à payer annuellement un cens d'or au Souverain Pontife, 
les membres de cette collégiale voulurent se soustraire à la 
juridiction épiscopale pour ne relever que du Saint-Siège ; mais 
devant l'opposition énergique de l'évêque à des prétentions si 
peu justifiées, les chanoines durent se soumettre (2). 

L'année ne s'était pas écoulée que Bermond Cornut obtenait de 
son suzerain de nouveaux privilèges en faveur de l'évêché. C'est 
ainsi qu'au mois de novembre, pendant le séjour d'Ildefonse II à 
Draguignan, l'évêque de Fréjus se rendit dans cette ville^, accom- 
pagné du prévôt et de quatre chanoines de la cathédrale (3), et 
se fit délivrer, par le prince, une charte qui lui concédait le droit 



.sacristain, J.-B. Vital, espagnol, chantre, Béreuguier, Pons, Arnaud, R. de Valbelle et J. 
de Chardon, chanoines. 

Cette maison, restaurée et agrandie dans la suite, est contiguë au cloitre du chapitre; elle 
a servi jusqu'à la Révolution à la destination qu'elle reçut à cette époque. 

(1) Gallia novissima, col. 348. 

(2) Anteimy. De Iniliis ecclesiœ forojuliensis, p. 159. 

^3) C'étaient Raymond, prévôt et prieur de la Motte, Gubert, Bérenger, Guillaume de 
Bissac et R. de Valbelle. 



20 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



« d'acquérir, posséder et recevoir dans toute la Provence, sans 
être obligé d'en demander l'autorisation, tout ce qui lui advien- 
drait par achat, permutation, legs ou donation » (1). 

Les absences de Bermond Gornut furent assez fréquentes. « En 
1209, au mois de mars, il signait, à Grasse, l'acte d'acquisition 
du château de Biot par les Templiers; le 20 juin de la même 
année, il assistait, à Saint-Gilles, aux cotés du légat du Pape, 
à la réconciliation de Raymond de Toulouse » (2), et le lundi après 
l'octave de la Toussaint, il approuvait, de concert avec le légat, 
la donation de l'église de Saint-Pierre de Châteauneuf, faite à 
Fouques, abbé de Florièyes, par le prieur de Correns, Girin (3). 
Il prit encore part, le 18 février 1211, dans l'église de Notre- 
Dame, à ManosquCj à une sentence arbitrale qui abolissait le 
consulat dans cette ville, où le commandeur de Saint-Jean devait 
avoir la pleine juridiction (4). Enfin, d'après le Gccllia christiana, 
il aurait été choisi, vers la même époque, comme arbitre entre 
l'archevêque et les chanoines d'Embrun qui étaient en contesta- 
tion au sujet d'une mine d'argent (5). 

a Le 12 mars 1212, l'archevêque d'Aix, Guy de Fos, étant mort, 
Bermond Gornut fut élu à sa place. Il garda onze ans ce siège 
archiépiscopal et y termina sa vie le 7 avril 1223. Son nom fut 
inscrit sur le nécrologe de l'église de Fréjus » (6). 



(1) Gallia novissima. Instrum. XVII. 

(2) Id. \, col 348. 

(3) Revue historique de Provence. Histoire de Muntmajour, p. 317. 

(4) Gallia novissima, 1, col. 348. 

(5) Galtia christiana, Epise. Foroj. 
(G) Gallia novissima, I, col. 348. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 21 

RAYMOND DE PUYRICARD 
(1212-1220?) 



Voici encore un nom inconnu qui vient d'être retrouvé par 
l'auteur du Gallia nocissima. Une charte du Cartulaire de 
Montmajour, nous avait déjà fait admettre à cette époque, malgré 
le silence de nos historiens, un évoque nommé Raymond. 

Raymond de Puyricard était prévôt du chapitre d'Aix , quand 
il fut élu pour succéder à Bermond Gornut. Au mois de mars 
1215, nous le trouvons à Vidauban, sans doute en visite pasto- 
rale. Deux gentilshommes du village, unis par des liens de 
parenté, venaient d'échanger deux terres, et l'un d'eux avait 
donné aux Templiers de Ruou le domaine qu'il avait reçu en 
échange près de Vidauban. Les deux cousins p)ofitèrent de la 
présence de l'évéque pour faire approuver cet acte (1). 

Le 10 mai 1216, se tint à Fréjus un synode. Le prieur de 
Gorrens, Aimeric, se présenta à l'assemblée et fit connaître 
qu'il avait acquis de Douce, dame de Pontevès, pour le prix de 
quinze cent vingt-quatre sous raimondis , ses droits sur le 
castrum de Paracols et sur le territoire de Nartuhy, près de 
Gotignac. « R(aimond), évêque de Fréjus, dit la charte précitée, 
après avoir tout approuvé, a apposé son sceau ». 

Il mourut le 30 mars ; on ignore en quelle année. 

(9) Gallia novissima. Instrum. XYIIL— Ce domaine était celui d'Astros. 



22 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

OLIVIER 

(1220?) 



Olivier était prieur du couvent de la Verne, quand il fut élevé 
sur le siège de Fréjus. « Autant, dit M. Albanès, son épiscopat 
est certain, autant l'époque où il gouverna l'église de -Fréjus est 
difficile à fixer ». Tous les historiens de notre église, comme 
les chroniqueurs de l'ordre cartusien , font vivre ce prélat 
dans la première moitié du XIIP siècle; mais c'est le seul point 
sur lequel ils s'accordent. Antelmy, après avoir adopté la date 
de 1226, opine dans ses notes manuscrites pour celle de 1213. 
Les annalistes chartreux se partagent eux aussi entre ces deux 
époques, dont aucune d'ailleurs n'est admissible, puisque le 
siège était alors occupé par d'autres évoques. Enfin M. Albanès, 
sans en avoir la certitude, place l'épiscopat d'Olivier après celui 
de Raymond de Puyricard « où il semble, dit-il, qu'il peut y 
avoir quelques années à lui donner » avant d'arriver à Bertrand 
de Favas. 

Tout ce qu'on sait de ce pontife , c'est qu'il montra dans 
l'exercice des devoirs de sa charge une bonté et une patience 
angéliques. On croit communément qu'il se démit de son siège 
pour rentrer dans sa chère chartreuse. C'est là qu'il mourut le 
23 juillet 1234, selon les uns, 1240 d'après les autres (1). 

(1) Gallia novissima, I, p. 349-350.— Antelmy. De Iiiiliis. 



DU XIII* A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 23 

BERTRAND DE FAVAS 
(1223-1234) 



Sommaire. — Confirmation des anciens privilèges.. — Concession de 
la gabelle. — Approbation d'une cession aux Templiers de Ruou. — 
Arbitrage entre Boniface de Castellane et les habitants de Villecroze. 
— Echange avec les religieux de Lérins. 



L'évêque qui monta à cette époque sur le siège de Fréjus, 
n'était ni Bertrand de Saint-Laurent, ni Bertrand de Gamaret, 
comme le disent à tort Antelmy, Girardin et les auteurs du 
Gallia; il s'appelait Bertrand de Favas (1). 

Ce prélat jouissait d'un grand crédit auprès du comte de 
Provence, Raymond Béranger, comme le prouvent les faveurs 
qu'il en obtint. En effet, dès la deuxième année de son épiscopat, 
dans le courant de l'année 1225 , deux chartes lui furent 
octroyées par Raymond Bérenger, portant confirmation .des 
privilèges des évêques de Fréjus : l'une donnée, au mois d'août, 
à Draguignan, dans le cloître de l'église de Notre -Dame; l'autre, 
au mois d'octobre, dans l'église paroissiale de Saint-Sauveur à 
Brignoles. Aux anciens privilèges le comte de Provence vint en 
ajouter un nouveau, l'année suivante, en concédant à l'évêque la 
gabelle du sel depuis Saint-Tropez jusqu'à Antibes, moyennant 

(1) Gallia tiovissima, I, 350. 



24 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

l'unique redevance de quatre deniers par sétier. La charte de 
cette donation fut délivrée àFayence, dans l'église de Notre- 
Dame des Cyprès (1). 

Le 28 mai 1225, Bertrand de Favas, se trouvant à Draguignan, 
donnait, avec son frère Raymond, son consentement à la cession 
de leurs droits de pâturage à Trans et à Marsens que plusieurs 
gentilshommes venaient de faire à la commanderie de Ruou (2). 

Auparavant, un bref du Souverain Pontife, Honorius III, du 
27 juillet 1223, l'avait délégué avec l'évêque de Senès pour 
régler le différend qui s'était élevé entre Boniface de Gastellane 
et les habitants de Villecroze. Près de quatre années de la- 
borieuses négociations furent nécessaires pour terminer le 
conflit. Le 8 mai 1227, un arrangement définitif intervint qui 
reconnut à Boniface de Gastellane le droit de percevoir, à per- 
pétuité, quatre mesures de blé sur les habitants, d'habiter 
Villecroze j d'y lever des hommes en cas de guerre et d'y tenir 
une albergue de vingt bêtes, l'une en hiver, l'autre en été. Une 
clause de la transaction exempta de toute contribution la maison 
du prieur de Villecroze; d'autres fixèrent à dix livres raimondis 
par an la redevance pour les chevauchées, attribuèrent au prieur 
le produit des amendes infligées par le juge aux habitants. Il 
fut en outre stipulé que le seigneur n'aurait la faculté de faire la 
quête dans le village que pour marier sa fille ou pour son rachat, 
s'il était captif, mais qu'il pourrait, dans ces deux cas, exiger 
jusqu'à trois cents sous raimondis de chaque habitant; enfin il 



(1) GaUia novissima. Instrument XIX, XX, XXI. 

(2) Id. ibid. XXII. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 25 

aurait le droit de pâturage sur tout le territoire de Villecroze, 
mais il lui était défendu d'y envoyer un troupeau appartenant à 
une maison religieuse sans le consentement du prieur (1). 

S'il faut en croire Girardin, ce serait encore Bertrand de 
Favas qui, en 1232 _, aurait cédé aux moines de Lérins la dîme 
de Saint-Martin de la Napoule pour recevoir en échange l'église 
de Saint-Lambert à Fréjus et toutes les possessions de ces 
religieux dans la ville épiscopale, au Puget_, à Roquebrune, au 
Revest, à Sainte-Maxime et à Miramas (2). 

Un document, dont Antelmy affirme l'authenticité et que 
Girardin a mal interprété, nous montre encore, l'année suivante, 
sur le siège de notre église Bertrand de Favas, dont le nécro- 
loge de Fréjus assigne la mort au 7 décembre, sans en marquer 
l'année (3). Il dut mourir en 1234, puisque son successeur, que 
nous verrons sur le siège de Fréjus en 1235, était encore prévôt 
du chapitre le 28 juillet de l'année précédente (4). 



(11 Carlul. de S. Victor, n" 85. 

(2) Girardin. Hist. de Fréjus, II, 198.— Descript. dn diocèse, p. 127. 

;3) < J'ai lu dans le livre Peloux, dit Antelmy, que le six des Ides de septembre 1233, 
Bertrand, évêque de Fréjus, paya à Guillaume de Fayence la somme de quarante livres pour 
le prévôt Raymond Bérenger ». De Initiis, p. 160. 

(4) Gatlia novissima, I, 352. 



26 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

RAYMOND BÉRENGER 

(1235-1248) 



Sommaire. — La réforme du chapitre. — Echange des châteaux de 
Marsens avec ceux du Puget et d'Agay. — Les statuts de Fréjus. — 
Serment de fidélité au comte de Provence. — Le négociateur du 
mariage de Béatrix , fille du comte , avec Charles d'Anjou. — 
Confirmation des privilèges de révêché. — Le coadjuteur. 



Raymond Bérenger était ce prévôt du chapitre dont nous 
avons déjà parlé. Il occupait, au moins depuis le 20 mars 1223, 
cette haute fonction et l'exerçait encore le 28 juillet 1234. Bertrand 
de Favas étant mort le '^ décembre suivant, c'est dans les pre- 
miers mois de l'année 1235 qu'il faut placer l'élection et le sacre 
de son successeur (1). 

Le premier soin du nouveau prélat fut d'opérer une réforme 
importante dans le service de la cathédrale. Le nombre des 
chanoines et des bénéficiers s'était accru sans que pour cela 
les offices fussent célébrés avec plus de régularité. Raymond 
Bérenger qui avait souffert de cet état de choses quand il était 
prévôt, voulut y porter remède. Le Souverain Pontife, dont il 
sollicita l'appui, désigna l'archevêque de Vienne, Jean, pour 
opérer la réforme désirée. Le délégué pontifical se rendit à 
Fréjus où il tint, le G août 1235, une réunion solennelle. Après 

(1) Gallia novissima, I, col. 352. 



DU XIII*' A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 27 

avoir entendu les parties, il retourna à Vienne et, le 24 septem- 
bre, il promulgua les statuts suivants : 

1° Il ne sera plus nommé ni chanoine, ni bénéficier, tant que 
le nombre des survivants de chaque ordre sera supérieur à 
douze. 

2° Aucun clerc ne deviendra bénéficier, s'il n'est déjà dans 
les saints ordres, ou s'il n'est dans les conditions voulues pour 
y être admis dans le courant de Tannée; s'il refuse de s'y faire 
promouvoir, il perdra son bénéfice. 

3° Lorsque l'église de Chàteaudouble viendra à vaquer, le 
prévôt et le chapitre y établiront un vicaire à qui l'on assignera 
une portion congrue sur les biens de l'église , sauf le droit 
synodal qui appartiendra au prévôt et sera partagé entre les 
clercs de la cathédrale. 

4° Les bénéficiers prêtres recevront vingt-trois sétiers de 
blé, les diacres seize et les sous-diacres douze. 

5° Les bénéficiers qui passeront la moitié de l'année hors de 
la ville épiscopale seront privés de leur pension annuelle, qui 
sera alors partagée entre les autres, à moins qu'ils ne s'absen- 
tent pour faire leurs études, pour accomplir un pèlerinage ou 
pour des raisons de santé. 

6° Les bénéficiers qui obtiendront le prieuré d'une église per- 
dront leur bénéfice de la cathédrale et seront remplacés. 

7° Le prévôt sera obligé d'avoir deux chapelains perpétuels 
qui seront chargés de la cure des âmes dans la ville de Fréjus 
et à qui il assignera des revenus suffisants; il tiendra aussi 
deux diacres, quand il n'y aura pas au moins trois bénéficiers 
diacres en résidence à Fréjus. 



28 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

8° Parmi les bénéficiers , il y en aura toujours au moins 
quatre qui seront prêtres. 

9° Quand la prévôté sera vacante, les bénéficiers qui voudront 
l'obtenir seront toujours préférés aux autres clercs du diocèse (1). 

Ami intime et l'un des conseillers les mieux écoutés du comte 
de Provence, Raymond Bérenger obtint de la bienveillance du 
prince l'échange du château de Marsens, près du Muy, contre 
ceux du Puget et à'Agay (2). Cet acte fut signé à Draguignan le 
19 août 1235. De là, l'évéque de Fréjus accompagna le comte de 
Provence à Grasse, puis à Aix, où il était le 12 septembre, dans 
le cimetière du Temple, quand le comte jurait d'observer la trêve 
conclue avec les Marseillais; enfin à Sisteron. 

« Ils étaient de retour à Draguignan , le 7 octobre, pour une 
assemblée solennelle des principaux seigneurs de la contrée, qui 
devait régler les droits du comte et les obligations de ses barons. 
On désigna quatre personnes des plus considérables du pays pour 
formuler sur ces graves questions les statuts et les coutumes qui 
désormais auraient force de loi, et ce furent l'évéque de Fréjus, 
Raymond Laugier, de Roquebrune, Guillaume, de Colignac, et 
Romée de Villeneuve. Après cinq jours de travaux, ces commis- 
saires avaient rédigé le projet de statuts qui fut adopté dans la 
réunion générale tenue dans le cimetière de Draguignan » (3). 

Ces fameux règlements qu'on appela plus tard les Statuts de 
Fréjus, furent ensuite adoptés dans presque toute la Provence. 



(1) Arch. c''« de Fréjus, Cii'i. 25.— Extrait du Livre Pcloux. 

(3) Gallia novissima. Iiistrura. XXIII. 

(3) Id. I, col. 352. — L:i charte porte encore le sceau du comte et celui de l'évéque. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVllI^ SIÈCLE 29 

Ils règlent ce qui concerne l'exercice de la justice, les causes 
criminelles et civiles, les droits des seigneurs, les chevauchées 
ou service dû par les vassaux dans les guerres privées, service 
qui devait durer quarante jours et se faire aux frais de ces 
derniers , le nombre des chevaliers armés ou des fantassins que 
devaient fournir en cas de guerre au comte de Provence les 
villes et les villages du diocèse de Fréjus, les droits d'albergue 
que l'évêque devait payer soit à Draguignan, soit aux Arcs^ 
selon que le bailli du comte l'indiquerait. Ils énumèrent encore 
les droits de quêtes et de paccage que possédait le comte de 
Provence; abolissent la redevance qu'il prélevait sur le blé; 
exemptent de tout tribut les chevaliers, leurs fils et leurs neveux_, 
à moins qu'ils se livrent à la culture des terres (1). 

Les contestations relatives aux statuts devaient être jugées 
par un tribunal dont la présidence était donnée à perpétuité aux 
évéques de Fréjus, lesquels devaient se faire assister par deux 
barons ou chevaliers nommés , l'un par le comte de Provence, 
l'autre par les barons et les chevaliers du pays. A raison de la 
part qu'ils avaient prises à la rédaction des slatuts, Laugier, de 
Pioquebrune, Guillaume, deCotignac, et Romée de Villeneuve 
furent nommés par le comte de Provence membres à vie de ce 
tribunal. 

Quatre ans s'étaient écoulés depuis leur promulgation , 
quand, le 21 février 1239, Raymond Bérenger prêta, à Aix, dans 
l'église des chevaliers de Saint-Jean, avec un grand nombre de 
personnages ecclésiastiques, parmi lesquels Fouques, prévôt 

(1) Le texte de'ces statuts se trouve dans la préface du Carlulaire de Lêrins. 



30 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

de Fréjus, le serment de fidélité au comte de Provence (1). Le 
14 mai suivant , il signa encore à Aix , dans le jardin des Tem- 
pliers, la charte qui confirmait à Arnaud de Villeneuve la 
possession des châteaux de Trans, des Arcs, de la Motte et 
û'Esclans donnés, en 1201, par Ildefonse II à Gérard de 
Villeneuve, son père (2). 

Raymond Bérenger rentra ensuite dans son diocèse. « En 
1241, nous le rencontrons deux fois à Flayosc, dans l'église de 
Saint-Laurent; le 19 juillet, il est pris pour arbitre entre le 
commandeur de Ruou et les seigneurs d'Aiguines; le 2 septem- 
bre, il assiste au testament de Guillaume Raymond de Flayosc, 
qui allait se faire templier (3) ». 11 dut bientôt retourner auprès 
du comte. Ce prince qui déjà l'avait choisi, en 1238, comme 
exécuteur testamentaire, eut recours à son habileté et à son 
dévouement pour négocier le mariage de sa fille Béatrix avec le 
frère de saint Louis, Charles d'Anjou. L'union royale fut conclue 
et, en 1245, les deux jeunes époux, voulant témoigner à l'heu- 
reux négociateur toute leur reconnaissance, vinrent à Fréjus 
l'honorer de leur visite. Bouche, à qui nous empruntons ces 
détails, ajoute que Charles d'Anjou profila de sa présence auprès 
du conseiller de son beau-père pour reconnaître les privilèges 
de son siège et que l'acte qui consacrait cette confirmation nou- 
velle fut passé dans la cour de i'évêché (4). 

Quand il reçut la visite de ces hôtes illustres, Raymond 

(i; Arcli. (les U.-du-R., série B. "53-756. 

(2) Gallia novissima, I, 3j3. 

(3) Ibid. id. 

(4) Bouche. Hist. de Provence, II, 266. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 31 

Bérenger était déjà sans doute atteint du mal qui devait bientôt 
l'emporter. L'année suivante, tout espoir de guérison étant 
perdu, il envoya sa démission au Souverain Pontife. Innocent IV 
lui adressa de Lyon, le 8 octobre 1246, un bref lui enjoignant 
de rester à la tête de son église jusqu'à la nomination de son 
successeur et en môme temps il chargeait l'évêque de Grasse de 
lui choisir un coadjuteur. Cette dignité fut offerte au prieur des 
Dominicains de Marseille, Pons, qui la refusa. Devant cet 
échec, l'évêque de Grasse considéra sa mission comme terminée. 
Sa négligence ayant été signalée au Pape par le prévôt de la 
cathédrale, Othon Fornarie, Innocent IV écrivit à l'évêque de 
Riez de se rendre à Fréjus pour donner un coadjuteur à Raymond 
Bérenger. « Si ce prélat, ajoutait le Souverain Pontife, donne 
spontanément sa démission, vous lui assurerez une pension 
suffisante sur les revenus de l'évêché » (1). 

Le coadjuteur aurait été, d'après Antelmy, le sacristain de 
l'église d'Arles, R. (2). Mais sans doute le nouvel évêque ne 
réussit pas à contenter les chanoines, car nous voyons le chapi- 
tre renouveler ses protestations. Le 15 février 1248, le Souverain 
Pontife prescrivait à l'évêque de Sisteron de se rendre à Fréjus 
pour y présider l'élection du successeur de Raymond Bérenger, 
dont la démission était acceptée (3). 

Cet évêque mourut le 16 décembre de la même année (4). 



(1) Gallia nnvissima. Inslrum. XXIV. 

(2) Antelmy. Ue Initiis, p. 561.— Giranlin. Ilist. de Fréjus, H. 

(3) Gallia novissima. Iiistrum. XXIV. 
{4} li. I, col. 353. 



32 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

BERTRAND DE SAINT-MARTIN 

(1248-1264) 



Sommaire. — Les débuts. — Procès avec les chanoines de Pignans.— 
Les prébendes du chapitre. — Actes épiscopaux et autres. — Fon- 
dation de la chartreuse de la Celle-Roubaud. 



Tous nos historiens avaient placé jusqu'à ce jour entre l'épis- 
copat précédent et celui de Bertrand de Saint-Martin un évêque 
imaginaire qu'ils s'étaient accordés à nommer Bérenger. Mais, 
comme M. Albanès le démontre, cet évêque doit être éliminé^ et 
Bertrand de Saint-Martin qu'on ne faisait monter sur le siège de 
Fréjus qu'en 1255, doit y être placé sept ans plus tôt. Ce fut en 
effet sur lui que se portèrent les suffrages des chanoines dans 
l'élection que présida l'évêque de Sisteron. 

Bertrand de Saint-Martin était bénédictin et doyen de l'abbaye 
de Saint-André de Villeneuve. Le 9 août 1248, peu de jours après 
sa prise de possession, il était présent, à Sisteron, à la fonda- 
tion du couvent des Dominicains de la Baume, due à la libéralité 
de la comtesse Béatrix; il assista au concile régional qui se tint 
à Valence dans le courant de la même année (1) et, au dire 
d'Antelmy, il y prit la parole (2). 



(1) Gatlia novissima. 1,354. — Bouche. Uist. de Provence, II, 308. 

(2) Aritelmy. De Initiis, 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII* SIÈCLE 33 

Le nouvel évêque eut à défendre les droits de son autorité 
épiscopale contre les prétentions des chanoines de Pignans. 
Ceux-ci, parce qu'ils relevaient directement du Saint-Siège, 
refusaient de recevoir dans leur église l'évêque diocésain. 
L'affaire fut déférée au Souverain Pontife qui, en 1251, confia à 
Jacques , abbé de Saint-Afrodise de Béziers , la mission de la 
juger. Les parties se rendirent à Montpellier où résidait le 
commissaire pontifical. L'évêque de Fréjus avait confié le soin 
de sa défense à Bertrand , son chapelain ; Pierre de Cuers , 
chanoine de Pignans, parla au nom de son prévôt. Après les 
débats, l'abbé de Saint-Afrodise rendit la sentence suivante : 

1° L'église de la B. Marie de Pignans, le chapitre et le per- 
sonnel du monastère seront à perpétuité exempts de la juridic- 
tion de l'Ordinaire et ne seront soumis qu'au Pontife Romain. 

2° Le monastère continuera de percevoir les dîmes et les 
oblations des fidèles dans les cérémonies mortuaires, ainsi que 
les prémices des fruits dans la ville de Pignans et son territoire. 

3° La cure des âmes des habitants de Pignans est adjugée à 
l'évêque, à la condition qu'il nommera, pour en remplir les 
fonctions, un religieux du monastère qui prendra le titre de 
sacristain-curé. A l'avenir, ceux qui seront revêtus de cette 
dignité, s'adresseront à l'évêque de Fréjus pour en recevoir les 
pouvoirs nécessaires et l'évêque, de son côté, devra les accorder 
gracieusement et sans difficulté. 

4° S'il arrivait, ce qu'à Dieu ne plaise, que le soin des âmes 
fut négligé, l'évêque et le prévôt s'entendraient pour remédier au 
mal et ranimer le zèle du pasteur. 

5° Gomme en sa qualité de chanoine d'une église soumise au 



34 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Saint-Siège, le sacristain-curé ne peut être tenu d'assister au 
synode diocésain, le prêtre chargé de l'église de Saint-Quinis de 
Gonfaron répondra au nom du sacristain-curé , pour l'église de 
Pignans, aux interrogations de l'évèque. 

6° Le prévôt s'adressera à l'évèque de Fréjus pour avoir le 
saint-chrême, l'huile des infirmes et des catéchumènes. C'est 
encore cet évêque qui conférera les saints Ordres aux chanoines, 
consacrera les autels et les églises , recevra les vœux des 
vierges et bénira la première pierre des édifices religieux. 

7° Quand l'évèque se rendra à Pignans pour accomplir les 
devoirs de sa charge, le prévôt devra l'héberger et lui donner 
les marques de respect dues à sa dignité. Mais afin que l'évèque 
puisse librement exercer les fonctions pontificales, le prévôt 
actuel devra choisir un lieu propre et décent en dehors de la 
ville , pour y bâtir une église qui sera exclusivement réservée à 
l'évèque (1). 

8° La visite épiscopale se fera tous les trois ans et non plus 
souvent. La bénédiction de la première pierre de l'église qui doit 
se construire aura lieu dans l'oclave de l'Assomption. L'évèque 
sera prié de venir présider cette cérémonie, et on lui présentera 
à cette occasion les enfants qui doivent être confirmés. L'admi- 
nistration de cette église appartiendra de droit au sacristain- 
curé. 

9° Les dispenses des empêchements de mariage ne pourront 
être données que par l'évèque de Fréjus; lui seul aussi pourra 



(l) Cette église fut construite $oui le vocable de Saint-André. Elle existe encore, mais ne 
sert plus aa culte. 



DU Xni^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 35 

absoudre des censures les habitants de Pignans qui les auront 
encourues (1). 

Bertrand de Saint-Martin voulut mettre de l'ordre et de la 
régularité dans l'administration des revenus du chapitre de la 
cathédrale. Jusqu'alors le prévôt avait la haute main dans les 
distributions qui devaient se faire aux chanoines, mais souvent 
des plaintes s'élevaient de la part des intéressés. Pour en finir, 
Bertrand assigna à chacun des membres du chapitre une ou 
plusieurs églises paroissiales, dont le bénéficier aurait la cure 
des âmes avec la dîme et les autres revenus pour prébende. La 
charte de cette fondation fut signée le 3 janvier 1253 dans la cham- 
bre de la tour (2). Dans cet acte, Bertrand se dessaisit en faveur 
des chanoines du domaine de Burnis qu'il venait de rattacher à 
la mense de l'évêché, et ceux-ci, en signe de reconnaissance, 
lui donnèrent un cheval de la valeur de cent pièces de monnaie. 

Le partage des prébendes fut ainsi réglé : le sacristain 
obtint la paroisse du Puget qu'il possédait déjà, l'archidiacre 
celles de Bargemon et de Favas (3), le capiscol celle de Gassin. 
Les huit autres prébendes comprenaient les églises 1° de Dra- 
guiguan; 2° de Figanières; 3° de Comps; 4° de Tourrettes; 5° de 
Saint-Julien et de Meaux ; 6° de la Martre et de Châteauvieux ; 
7°deMons et d'Escragnolles; 8" d'^'sckns et de Bagnols (4). 

(1) Arch. départ'". Fonds de la collégiale de Pignans. 

(2) Cette chambre fut convertie en chapelle avant la fin du siècle. 

(3) En 1303, la prébende de l'archidiacre fut formée des prieurés de Ramatuelle, de Sainte- 
Maxime, du Cannetet de Saint-Pierre de Fourvîhambaud à Bargême. 

(4) En 1557, les prieurés de Châteauvieux, de Bagnols et de Saint-Julien furent remplacés 
par ceux de Montferrat, de Bargême et de Séranon. (Arch. c'«> de Roquebrune, GG. 36.) 



36 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Les revenus des terres que le chapitre possédait à Fréjus conti- 
nuèrent à faire partie de la mense capitulaire et leur administra- 
tion fut confiée soit à deux chanoines, soit à un chanoine et 
à un bénéficier. Ces administrateurs, dont le renouvellement 
avait lieu tous les ans, devaient rendre compte de leur gestion 
le 3 janvier, la troisième fête de la Pentecôte et trois jours après 
l'Assomption. Les bénéficiers avaient droit aux distributions 
quotidiennes des revenus de la mense. Ils reçurent aussi la cure 
des âmes et la dîme du prieuré de Châteaudouble, et plus tard 
celLe du prieuré de la Roque-Esclapon. Comme les biens de 
l'Eglise sont aussi ceux des pauvres, les statuts obligèrent les 
chanoines à faire des aumônes et à observer les lois de l'hospi- 
talité , selon l'importance de leurs revenus. Cette charte , 
approuvée par Bertrand de Saint-Martin le 21 avril 1253, le fut 
aussi par l'archevêque d'Aix le 28 juillet de la même année (1). 

Avant comme après cette époque, nous trouvons Bertrand 
mêlé à plusieurs affaires étrangères à son diocèse ou accomplis- 
sant divers actes d'administration. 

C'est ainsi qu'en 1250, il supplée l'archevêque d'Aix dans ses 
fonctions pontificales avec le titre de coadjuteur. Il assiste à 
Aix, le 26 juillet 1252 , à la conclusion des préliminaires de paix 
avec les Marseillais , et se rend trois jours après à Marseille 
pour servir de témoin à l'acceptation du traité. Il est encore à 
Aix le 23 août 1253 (2). La même année, il travaille de concert 
avec Bertrand, abbé de Saint-Eusèbe, au rétablissement de la 



(1) Arch. dép'". Insia. ecclés., an. 1579, f» 403.— Extrait du Livrt Peloux,] 
(9; Gallia nov. 1,354. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 37 

discipline monastique dans l'abbayede Saint-André de Villeneuve, 
dont il avait été le doyen avant d'être élevé sur le siège de 
Fréjus (1). Deux ans après, il est délégué par le Souverain 
Pontife pour terminer un différend qui existait entre les religieux 
de Lérins et l'évêque de Gênes au sujet de l'hôpital et de l'église 
de Saint-Antoine que ce prélat, malgré ses promesses anté- 
rieures^ refusait de céder. La sentence de Bertrand, favorable 
au monastère, termina le litige (2). Le 29 mai 1256 il confirmait 
à Lorgnes l'échange conclu entre Pierre Mison et les Templiers 
pour les églises à'Entraigues et de Vidauban. Nous le trouvons, 
en 1257, à Brignolesoù, le 13 juillet, il assiste à l'inféodation 
de Pabie faite à Gilbert de Baux par Charles d'Anjou (3) ; 
deux jours après il y est témoin à Thommage-lige que vint 
prêter l'abbé de Montmajour pour les châteaux de Pertuis, de 
Graveson et du Gastellet (4). 

Le 22 juillet, Bertrand de Saint-Martin reçoit d'Alexandre II 
la mission de convoquer ses comprovinciaux pour conférer au 
nouvel archevêque d'Aix, Vicedominus, la consécration épisco- 
pale (5). A la suite de Charles d'Anjou, à Saint-Rémi, il est 
témoin de trois actes que ce prince y conclut le 22 juillet (6). 
Enfin, dans le courant de la même année, il intervient pour 
lui faire rendre la juridiction sur la ville d'Hyères et les Iles d'Or 

(1) Spécilége d'Àchéri, t. VIII, 

(a) Cart. de Lérins n» 32^.— Alliez. Hist. de Lérins, II. 177. 

(3) Gallia nov. I, col. 354. 

(4) Revuf. hist. de Provence. Hist. de Montmajour, p. 354. 

(5) Gallia nov. I, col. 7L Instr. XXX. 

(6) Id. coi. 354, 



38 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

usurpée sur le comte de Provence par Roger d'Hyères et 
Bertrand de Fos (1). 

Les dernières années de son épiscopat furent marquées par 
la fondation de la chartreuse de la Celle-Roubaud. Les Bénédic- 
tines qui occupaient cette solitude, rappelées à cause de leur 
relâchement à la maison-mère de Sourribes, près de Sisteron , 
cédèrent leur monastère aux chartreuses, sous la réserve d'une 
rente annuelle de cinq sous tournois et l'obligation d'entretenir 
deux religieuses auxquelles leur âge et leurs infirmités ne permet- 
taient pas de quitter la communauté. L'acte de cession fut passé 
le 25 mars 1260 et signé par les évêques de Fréjus et de Gap (2). 

L'année suivante, les chartreuses prirent possession du 
monastère réparé par les soins d'Arnaud de Villeneuve, marquis 
de Trans et baron des Arcs, frère de Jeanne de Villeneuve, leur 
prieure. Cette fondation attira bientôt les faveurs du ciel sur 
l'illustre maison de Villeneuve. Deux ans s'étaient à peine 
écoulés, quand vint au monde, dans le château des Arcs, une 
enfant de bénédiction qui , à cause de la beauté de ses traits et 
du coloris de son visage, reçut le nom de Rossoline (3). 

L'épiscopat de Bertrand touchait à sa fin. Transféré, le 5 
mars 1264, à l'évêché d'Avignon, où il ne resta que deux ans et 
demi, il fut nommé archevêque d'Arles le 11 octobre 1266, 
promu cardinal-évêque de Sabine au commencement de juin 
1273, et mourut le 29 mars 1277 (4). 

(1) Bouche. Hist. de Provence, II, 273. 
(3) Abbé Guillaume. Cart. deBertaud. 

(3) C'est le vrai nom de la Sainte; celui de Roseline est moderne. 

(4) Gallia nov I, 355. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 39 

PIERRE DE GAMARET 
(1264-1266) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les statuts de 12G6 sur le chapitre, 

Pierre de Camaret avait été pendant quarante ans chanoine 
de Fi'éjus. En cette qualité il avait accompagné , en 1227^ son 
prévôt à Aix, où il servit de témoin avec lui, dans la chapelle 
du palais, à un acte comtal. L'année suivante, son évéque l'avait 
amené à Sisteron pour assister à la fondation du couvent des 
dominicains de la Baume. 

Il fut désigné par Romée de Villeneuve comme l'un de ses 
exécuteurs testamentaires (1). Après la mort de son frère, 
Raymond de Signes, il vendit à l'évêque de Marseille les terres, 
prés, vignes et moulins situés à Signes, sur les bords du 
Gapeau, qu'il avait hérités du défunt (2). 

Pierre de Camaret siégea deux ans et demi à peine. On n'a de 
lui que quelques statuts, datés de 1266, concernant le chapitre, 
dans lesquels il est dit que le prévôt et les chanoines auront la 



(1) Dans son testament, fait au château des Arcs, en 1251, Romée laissa cent sous tournois 
à l'église de Pignans, autant au Thoronet pour l'achat d'un calice, deui cents k l'église 
Sainte-Marie de Fréjus, pour acheter deux calices, une chape de soie et une ceinture de 
pierres précieuses. [Vie de sainte Bossoline, par le comte de Villeneuve,) 

{2J Gallia nov. I, col, 3i5. 



40 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

libre administration de leurs églises, avec l'obligation de résider 
à Fréjus pendant la semaine et de se rendre dans les paroisses 
formant leur prébende les dimanches et les jours de fête pour 
y célébrer les offices. Ces voyages périodiques obligeant les 
chanoines à tenir à leur service des bêtes de somme et des 
palefreniers, les statuts réglèrent qu'ils recevraient, outre leurs 
attributions ordinaires, vingt setiers de blé pour leur propre 
usage, autant pour la nourriture de leurs domestiques et une 
distribution d'avoine la veille des grandes fêtes (1). 

Pierre de Camaret mourut le 24 décembre 1266. Il avait fondé 
un anniversaire pour lequel il assigna vingt sous de rente sur 
une maison qu'il possédait. 



il) Ârch. dép>**. lasin. ecclés. Mémoire da chapitre sur un procès qui fut inteuté par les 
béoéficiers en 1786. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII» SIÈCLE 41 

GUILLAUME DE LAFONT 

(1267-1280?) 



Sommaire. — Procès avec les Templiers de Ruou. — Incendie de la 
chartreuse de la Verne. — Circulaire épiscoj.ale pour la restaura- 
tion du monastère. — Contestations avec le chapitre. 



Le successeur de Pierre de Gamaret s'appelait Guillaume de 
Lafont et non Guillaume de Sully, ni Guillaume de Ruffec, 
comme les historiens l'ont supposé jusqu'à nos jours (1). Le titre 
de « frère » qu'il prend dans les chartes nous fait connaître que 
Guillaume sortait d'un monastère. 

Quoiqu'il ait dû succéder à Pierre de Camaret au com- 
mencement de 1267, nous n'avons sur lui aucun document 
antérieur à 1269. Cette année-là il eut à soutenir contre les 
Templiers de Ruou un procès, dont l'issue est restée inconnue, 
au sujet de troupeaux qu'ils faisaient paître dans les terres 
de Tévêché, à Flayosc. Sur l'ordre de l'évoque, qui sans doute 
ignorait l'existence de la servitude ou ne la croyait pas fondée, 
son bailli ayant capturé le bétail tronvé dans le pâturage, plainte 
est portée par les intéressés auprès du juge de Draguignan, 
lequel, par exploit du 17 octobre 1269, somme l'évêque de Fréjus 

(1) Gallia nov. I, col. 356. 



42 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

de rendre aux Templiers les bêtes saisies, sous peine de compa- 
raître devant son tribunal le samedi suivant (1). Nons ignorons 
quelle suite fut donnée à cette affaire ; mais il y a tout lieu de 
croire que les droits des Templiers , s'ils étaient fondés, furent 
reconnus par Guillaume de Lafont , dont le dévouement aux 
communautés religieuses de son diocèse n'était ignoré de 
personne. 

Il en donna bientôt une nouvelle marque lorsque, deux ans 
après, la chartreuse de la Verne eut été détruite par un in- 
cendie. Se rappelant qu'il avait porté lui-même l'habit monasti- 
que, il voulut venir en aide aux chartreux en leur procurant les 
ressources nécessaires pour relever leur monastère de ses 
ruines. Il fît donc appel à la charité du clergé et des fidèles par 
la circulaire suivante qu'il envoya, le 28 septembre 1271, aux 
prieurs et curés de son diocèse : 

« Gomme la maison de la Verne souffre et a souffert un grand 
dommage à la suite d'un violent incendie qui a brûlé les bâtiments 
encore neufs du monastère, ainsi que les moulins et les dépen- 
dances, et qu'elle est, vous le savez, dans un grand état 
d'indigence et de pauvreté, nous avons résolu de nous adresser 
à votre charité, afin que vous fassiez des aumônes aux envoyés 
du couvent qui iront vous trouver et que vous exhortiez les 
fidèles confiés à vos soins à contribuer aussi par leurs offrandes 
à la restauration du monastère. Pour nous, plein de confiance 
en la miséricorde divine, nous accordons trente jours d'indul- 
gence à tous ceux qui, après s'être confessés et avoir montré 

(l) Gallia nov. Instrum. XXV. 



DU XIÎl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 43 

des sentiments d'une vraie pénitence, auront concouru à cette 
bonne œuvre » (1). 

Ainsi que la plupart de ses prédécesseurs , Guillaume de 
Lafont eut des contestations avec les chanoines de sa cathédrale 
qui revendiquaient une partie de la juridiction temporelle sur le 
territoire de Fréjus. Après trois ans de lutte, les deux parties s'en 
rapportèrent à l'arbitrage de l'archevêque d'Aix, Vicedominus, 
qui vint à Fréjus et trancha le différend, le 22 novembre 1271 (2). 

Guillaume de Lafont tenait régulièrement le synode diocésain. 
Dans une de ces assemblées, le 20 octobre 1276, « à la demande 
de ses prieurs , il régla une question de dîme qui les intéressait 
au sujet des troupeaux étrangers qui venaient hiverner dans 
leurs paroisses » (2). 

Nous ne connaissons pas l'année de la mort de cet évêque. Nous 
savons seulement qu'il n'était plus en vie le 8 avril 1284. A cette 
époque en effet un débat s'étant engagé entre les Templiers et un 
certain Rostan Clapier, prieur de Saint-Alban de Vidauban, ce 
dernier se présentait comme ayant été pourvu de cette église par 
le défunt évêque Guillaume, et un nouvel évêque était installé à 
Fréjus. Mais nous croyons le décès de Guillaume antérieur de 
plusieurs années; car Bertrand, son successeur, ayant com- 
mencé avant le 25 mai 1281, la mort de Guillaume, fixée au 19 
mars par le nécrologe, doit être reportée au moins à 1280, afin 
de laisser le temps nécessaire à son remplacement (3). 



(1) Gallianov. Instrum XXVI.— D. Lecouteulx. Annales de l'ordre Cartusien, ann. 1271. 

(2) Id. I, col. 356.— Girardin. Hist. de Fréjus, II, 204. 
(31 Id. I, col. 357. 



44 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

BERTRAxND COMARQUE 

(1280?- 1299) 



Sommaire. — Invention et translation des reliques de sainte Madeleine. 
— Assistance aux conciles de Riez et d'Aix. — Le droit de visite 
du métropolitain. — Confirmation des privilèges de l'évèché. 



Gomme son prédécesseur, Bertrand Gomarque avait fait pro- 
fession de la vie religieuse. Il appartenait au monastère de 
Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon et avait obtenu depuis 
quelque temps le prieuré du Revest (1). 

Le nouvel évéque de Fréjus était sacré depuis un an à peine, 
quand il assista, le 5 mai 1281, à la translation des reliques de 
sainte Marie- Madeleine ^ dont la découverte miraculeuse , en 
1279, avait suscité dans tous les cœurs les sentiments de la plus 
vive allégresse (2). Il se rendit au concile provincial convoqué 
par l'archevêque Rostan de Noves, qui se tint à Riez, le 14 
février 1286, et, suivant la résolution prise par tous les Pères , 
il prescrivit dans son diocèse des prières publiques pour la 
délivrance du prince de Salernes, prisonnier du roi d'Aragon (3). 



(1) Gallia nov. I, col. 358. 

(2) Paillon. Monuments inédits sur l'apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, 
11, 803.— Bouche. Bist. de Provence, 11, 297. 

(3} Girardin. Uist. de Vréjus, 11, 105 — Bouche. Hist. de Provence, 11, 338. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 45 

Le 6 janvier 1290, une bulle de Nicolas IV l'autorisa, avec le 
conseil du prieur des Dominicains de Grasse et du gardien des 
Franciscains de Draguignan, à vendre au prévôt de Pignans la 
maison des frères de la Pénitence du Luc, dont le prix devait 
servir à envoyer des secours à la Terre-Sainte. La maladie 
l'empêchait, en avril 1294, de remplir la mission que Charles II 
lui avait confiée, de déterminer avec le sénéchal l'indemnité due 
à Bertrand de Baux, comte d'Avellin, pour la cession de Pertuis 
à la cour. 

Un autre concile provincial se tint à Aix en 1296. Dans cette 
réunion l'archevêque communiqua à ses suffragants le bref du 
Pape qui l'autorisait à visiter soit par lui-même, soit par ses 
délégués, les paroisses de leurs diocèses. L'évêque de Fréjus 
reconnut le droit de son métropolitain. De retour dans sa ville 
épiscopale, il envoya, avec le rescrit pontifical, la lettre suivante 
aux prieurs et curés du diocèse : « En pensant à la teneur de ce 
privilège, nous devons remercier Dieu d'une si grande faveur 
accordée à notre archevêque d'Aix. Car, c'est pour lui un moyen 
de conserver les droits de son église et de repousser les attaques 
de ses ennemis. C'est pourquoi nous vous requérons, exhortons 
et même nous vous ordonnons, en vertu de la sainte obéissance, 
de recevoir avec bonté l'archevêque et ses délégués, lorsque 
se fera cette visite. Car le métropolitain veut agir gracieusement 
avec vous. Vous prendrez pourtant à votre charge ou à celle 
de vos églises les frais de visite, comme cela a été réglé par le 
concile » (1). 

(1) Gatlia nov. liislrum. XXVll. 



46 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

La même année, Charles II se rendait à Rome ayant à sa suite 
Guillaume Agarne, sacristain de Fréjus, qu'il avait nommé son 
procureur auprès du Saint-Siège. Bertrand Comarque profita 
de l'influence de ce chanoine pour obtenir du roi de Sicile, le 28 
octobre 1296, une nouvelle confirmation des privilèges de son 
évéché (1). Le 11 octobre 1299, il vendait à la cour royale de 
Draguignan les biens laissés par Bernard de Figanières, ancien 
sacriste de Fréjus , dont il appliqua le produit aux intentions du 
testateur (2). 

Bertrand Comarque mourut le 19 décembre de la même année, 
léguant au monastère de Saint-x\ndré son livre des Décrétales, 
à condition qu'il serait célébré, chaque année, trois messes de 
Requiem pour le repos de son âme. L'acceptation de ce legs fut 
l'objet de deux délibérations du chapitre du couvent, le 8 janvier 
1300 et le 1»'' décembre 1304. A cause de la dignité du défunt, on 
décida que le service serait le même que celui d'un abbé (3). 



(1) GalUa nov. Inslrum., XVUl. 

(2) Ibid. id. 

(3) D. Chantelou. Hist. du monastère de Saint-André, f» 77. 



DU XIII^ A LA FIM DU XVIII^ SIÈCLE 47 

JACQUES DUÈZE 
(1300-1310) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les incidents de l'élection. — Actes 
épiscopaux. — L'administration de la justice. — Graves désordres 
à Fréjus. — Arbitrage réservant à l'évêque seul l'exercice de la 
justice moyennant certaines concessions aux chanoines. — Sainte 
Rossoline. — A Naples. — Transfèrement à l'évéché d'Avignon, — 
Le cardina'at. — Jean XXIL 



Le successeur de Bertrand Comarque, appelé d'abord Jacques 
d'Ossa, puis Jacques d'Euze par les historiens, est de son vrai 
nom Jacques Duèze (1). 

Il naquit à Gahors; les uns lui donnent pour père un savetier, 
d'autres attestent la noblesse de son origine (2). « Dans un corps 
petit, grêle, d'une laideur repoussante, dit l'abbé Christophe, 
il renfermait un génie supérieur, de vastes pensées, des 
connaissances profondes et variées. Ses talents seuls avaient 
fait sa fortune. Sa patrie lui offrant peu de ressources, il 
dirigea ses pas vers Naples. C'était quelques années après 
l'inauguration de la dynastie angevine au trône des Deux- 
Siciles ; il entra au service du précepteur du fils du roi et eut 



(1) Gallia nov, I, col. 359. 

(2) M. Albanès peuche pour la deuxième opiiiioa. Ânielmy et Darras sont pour la première. 
nist. eccl., XXX, 23-2.) 



48 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

la facilité de suivre ses leçons : il eut bientôt fait des progrès 
et reçut le grade de docteur ex utroquejure. Mis dans les rangs 
du clergé, il obtint plusieurs bénéfices ecclésiastiques, devint 
lui-même le précepteur des enfants de Charles II, dit le Boiteux, 
et eut la gloire de former le plus grand roi de son siècle, 
Robert, et saint Louis de Brignoles, évêque de Toulouse, qu'il 
canonisa plus tard. Il ne tarda pas à entrer dans les conseils les 
plus secrets du gouvernement. Envoyé à plusieurs reprises près 
du Saint-Siège et de la cour de France, il s'y fit admirer par son 
éloquence insinuante et son habileté » (1). 

C'est sur cet ecclésiastique éminent, cet éducateur des prin- 
ces, ce conseiller des rois que se portèrent les suffrages du 
chapitre à la mort de Bertrand Comarque. L'élection donna 
lieu à plusieurs incidents. Le premier vole, auquel prirent part 
treize chanoines (2), ne put aboutir. On crut que l'intervention 
de l'archevêque hâterait l'élection et on lui députa trois membres 
du chapitre avec lesquels il devait nommer le nouvel évêque. 
Comme ils ne purent s'entendre ce jour-là, il fut décidé qu'une 
seconde réunion capitulaire se tiendrait dans la sacristie de la 
cathédrale le 4 février suivant. Le prévôt Bertrand de Marzelles 
ayant fait défaut, l'élection est renvoyée au lendemain. Cette fois 
encore Bertrand de Morzelles manque à l'appel , et c'est en vain 
que trois chanoines vont, au nom du chapitre, le prier de se 

(1) Christophe. Histoire de la Papauté au XIV siècle, 1, 281. 

(2) C'étaient Bertrand de Morzelles, prévôt; Boniface Dalmas, archidiacre ; François de 
Roquebrune, capiscol ; Audibert d'Esclapon ; Jacques Gantelme ; Pierre Gantelme ; Hugues 
Ricavi; Aiphand Raymond ; Robert de Cocharel ; Raymond de Villeneuve ; Rostaing Malsang; 
Montolive Ricavi et Guillaume Stéphani. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 49 

rendre à la réunion. Sur son refus persistant, on décide de 
passer outre et trois chanoines, délégués par leurs confrères, 
reçoivent la mission de nommer l'évêque avant la fin du jour; 
passé ce délai leurs pouvoirs devaient être conférés à d'autres. 
Mais , après une courte délibération dans un lieu écarté de 
la sacristie, les délégués capitulaires tombèrent d'accord sur 
le nom de Jacques Duèze^ archiprétre de Sarlat, professeur in 
uirogue. L'élection fut confirmée à l'unanimité par les autres 
chanoines qui vinrent devant le maître-autel chanter le Te 
Deum (1). 

Peu de temps après son sacre^ Jacques Duèze vint prendre 
possession de son siège. « Il était, au mois de septembre de 
l'année 1300, à Sisteron avec l'archevêque d'Embrun pour 
conclure un arbitrage entre le Dauphin et l'évêque, le chapitre 
et la communauté de Gap, au sujet du consulat et de la juridic- 
tion de cette dernière ville. En 1301 , le 30 décembre, il obtint un 
diplôme de Charles II pour la gabelle du sel de Fréjus, dont il 
partageait les profits. En 1302, il assistait, à Aix^ à la réunion 
d'évêques qui vota un subside au Roi. 11 s'y trouvait aussi avec 
l'évêque de Marseille, le 23 janvier 1303, pour interroger 
officiellem3nt la princesse Béatrix et lui demander si elle voulait 
être religieuse à Nazareth ou non. Cinq jours après, Jacques 
Duèze faisait son hommage entre les mains du sénéchal » (2). 

A cette époque de graves désordres régnaient à Fréjus. En 
vertu d'anciens privilèges, l'exercice de la justice dans la ville 



;i) Gallia nov. Instrum. Eccl. Foroj, XXXI. 
(3) Id. I, col. 360. 



50 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

appartenait simultanément à l'évêque et aux chanoines , ce qui 
occasionnait d'incessants conflits. Souvent les deux juridictions 
réclamaient le même criminel, ou bien le coupable condamné 
par le bailli de l'évêque était absous par celui du chapitre. Bien 
que depuis l'arrivée de Jacques Duèze les chanoines n'eussent 
plus nommé déjuges, ils ne manquaient jamais de se plaindre 
et même d'entraver l'action de la justice lorsqu'un accusé était 
traduit devant le tribunal de l'évêque. Cette anarchie dans 
l'administration de la justice encourageait tous les crimes; il n'y 
eut pas de méfaits dont Fréjus ne devint le théâtre. Assurés de 
leur impunité , les malfaiteurs accouraient de toute part, tandis 
que les honnêtes gens, dont la sécurité et l'existence même 
étaient menacées, abandonnaient la ville épiscopale. 

Les chanoines s'émurent de cette situation déplorable et, 
pour y remédier, ils offrirent à Jacques Duèze, en échange 
de certaines concessions, l'abandon de leurs droits de justice. 
L'affaire fut remise par l'évêque de Fréjus au jugement de 
plusieurs arbitres qui se réunirent à Aix et rendirent, le 25 
avril 1301, en présence de l'archevêque, la sentence suivante : 
« L'évêque aura désormais l'exercice de la justice sur toute 
l'étendue du territoire de Fréjus, excepté sur le territoire du 
Reyran, où les chanoines garderont leur juridiction. Le chapitre 
recevra, à titre de compensation, une pension annuelle de blé, 
dont l'évêque fixera plus tard la quantité sur les églises de 
Ramatuelle , Gassin , la Môle^ Entrecasteaux , la Moure, 
il/iVamas, le Revest, Villepey, Taradeau, Salernes, Jntervallis 
et Sainte-Marie du Luc. L'évêque et le chapitre conserveront 
chacun l'usage de leur four et quand les anniversaires et les 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 51 



autres revenus du chapitre ne seront pas payés, les chanoines 
s'adresseront aux officiers de l'évêque pour forcer les débiteurs 
à s'exécuter au plus tôt » (1). 

A partir de 1303, les actes d'administration de Jacques Duèze 
se succèdent à peu d'intervalle. 

Le 13 juin, dans un acte passé en présence d'un grand nombre 
de témoins à la chapelle de Tévêché, il cède aux habitants de 
Fréjus, pour une pension annuelle de sept cents livres, la 
faculté de vendre leur vin avant celui de l'évêque, privilège qu'il 
leur confirma plus tard, devenu Pape, par une bulle donnée à 
Avignon la première année de son pontificat. Il s'occupait à 
cette époque de faire fondre de nouvelles cloches pour la 
cathédrale (2). Girardin nous apprend que ces cloches existaient 
encore de son temps. 

Le 4 décembre de la même année, Jacques Duèze racheta le 
fief de Bagnols pour la somme de cent livres et le 2 janvier 
suivant il unit à l'archidiaconat les églises de Ramatuelle, de 
Sainte-Maxime et Saint-André du Cannet pour remplacer celles 
de Bargemon et de Favas qui jusqu'alors avaient formé la pré- 
bende de l'archidiacre (3). Enfin il a laissé comme un monument 
dg son zèle le Directoire de Véglise de Fréjus, dans lequel sont 
consignés l'ordre des offices et les usages adoptés dans la 
cathédrale pour les diverses fêtes de l'année (4). 



(If Arch. cl" de Fréjus, II, 8, II. 

(2) Parmi les témoins de l'acte du 13 juin 1303, nous lisons le nom du fondeur M» Antoine. 

(3) Girardin. Descript. du diocèse, p. 104.— Archives de l'évêciié. 

(4) Ce manuscrit est conservé aux archives de l'évêché. 



52 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Depuis la fondation de la chartreuse de la Gelle-Roubaud, toutes 
les vertus monastiques avaient embaumé de leurs parfums ce 
cloître béni. La première prieure, Jeanne de Villeneuve, cassée 
par l'âge, demandait à résigner ses fonctions. A côté d'elle avait 
grandi dans les pratiques les plus austères de la vie religieuse 
sa propre nièce, Rossoline, dont le prédécesseur de Jacques 
Duèze avait béni l'entrée en religion. Le chapitre général de 
l'Ordre jeta les yeux sur elle pour lui confier la direction de la 
Gelle-Roubaud. « Ami des Villeneuve, connaissant les vertus de 
la nouvelle élue, dit l'historien de la sainte, Jacques Duèze 
voulut présider lui-même à l'installation de la noble prieure. Il 
vint à la Celle-Roubaud, amenant avec lui le frère même de 
Rossoline, Elzéard de Villenenve^ qui, de chanoine de Fréjus, 
devint plus tard évêque de Digne. Ce fut en grande pompe et au 
milieu de la joie non dissimulée de la famille religieuse et de 
l'illustre parenté accourue nombreuse à la cérémonie que le 
pontife procéda à la bénédiction solennelle et à l'installation de 
la prieure » (1). A partir de ce jour, des rapports d'amitié 
s'établirent entre cette maison et Jacques Duèze. Le l^'" décembre 
1323, l'ancien évêque de Fréjus devenu pape, donnait au monas- 
tère le prieuré de Saint-Martin des Arcs (2), Cinq ans après, le 
5 juin 1328, il accordait une indulgence plénière en faveur des 
fidèles qui visiteraient l'église de la Celle-Roubaud , le 28 mai, 
jour anniversaire de sa consécration (3). 



(1) vie de sainte Rossoline, par M. le chanoine Arnaud, p. fi7. 

(2) D'après l'abbé Disdier ce prieuré serait celui de Taradeau. (Descript, du diocèse, p. 296. 

(3) Descript, du diocèse, p. 297. 



DU Xril® A LA FIN DU XVIIl» SIÈCLE 53 

Les actes postérieurs de Jacques Duèze se rapportent presque 
tous à la vie politique du l'illustre pontife. 

A la fin de l'année 1304, il recevait une lettre de Pierre de 
Ferrieris qui le sollicitait de procurer, avec le sénéchal^ une 
somme de 2,000 florins au roi pour l'acquisition du pays de Coni. 
En 1307, il faisait publier, le 6 juin, des lettres de Charles II 
demandant une subvention pour l'acquisition du Montferrat (1). 
La même année, ce prince lui confiait la mission de se porter le 
long du Rhône, avec l'évéque de Nevers, nommé à cet effet par 
Philippe le Bel , afin de décider auquel du roi de Sicile ou du roi 
de France appartenaient certaines îles qui s'étaient formées sur 
les limites de leurs Etats (2). Ce fut sans doute en récompense 
de ses services que Charles II le nomma son chancelier en 1308 
et l'emmena à Naples. L'année suivante il lui donnait encore la 
portion des fiefs de Vîllepey et du Revest qui appartenait à 
Guillaume d'Hyères (3). 

Peu avant son départ pour Naples, l'évéque de Fréjus faillit 
être la victime d'un complot qui fut heureusement découvert. 
Les coupables arrêtés par ordre du roi des Deux-Siciles, furent 
conduits sous bonne escorte à Aix, pour y être jugés (4). 

A la mort du roi, Jacques Duèze quitta Naples. Il était à 
Marseille, le 18 juillet 1309^ à côté de Robert, fils et successeur 
du prince défunt. Son séjour dans la capitale des Deux-Siciles 



(1) GalUa nov. I, col. 360. 

(8) Arcli. des B.-du-Rh., B. 410. 

(3) Gallia nov. I, col. 360.— Girardin. Descript. p. 93.— AiUelniy. De Initiis, p. 1U3, etc. 

(4) Id. Instrum. XXXII. 

4 



54 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



ne fut donc que de cinq mois à peine. Mais depuis lors l'évêque 
de Fréjus ne semble plus avoir quitté son royal élève. « Il était 
présent à Aix, au palais, le 26 novembre 1309, soit à l'hommage 
des barons de Provence, à Avignon, le 20 février 1310, à l'hom- 
mage de Giraud Adhémar de Monteil et à celui de Bertrand de 
Baux, à Aix, le 17 mars » (1). 

Le Pape Clément V voulant l'attirer auprès de lui, le nomma 
à l'évêché d'Avignon le 18 mars 1310. Jacques Duèze n'y 
siégea que deux ans. Promu cardinal en 1312, il fut élu pape à 
Lyon le 7 août et couronné le 5 septembre 1316 sous le nom de 
Jean XXII. Il mourut à Avignon le 4 décembre 1334, laissant 
après lui, même auprès de ses ennemis, et il en eut de nombreux, 
la réputation d'un pontife modeste, magnanine et pieux. Son 
tombeau, chef-d'œuvre d'architecture gothique, est dans une 
des sacristies de la métropole d'Avignon. 

Jean XXII qui avait conservé pour son ancien diocèse de 
Fréjus une affection particulière fonda, en 1320, une chapellenie 
à la cathédrale sous le vocable de Saint-Pierre (2). La vieille 
cité épiscopale s'est contentée de donner le nom de Jacques 
Duèze à l'une de ses rues, n'ayant sans doute pas jugé digne 
d'une statue cet illustre pape. 



(1) Gallia nov. I, col. 364. 

(2) Anlelmy. De Initiis,^. 162.— Girardin. Hist. de Fréjus, H, 211. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 55 



BERTRAND D'AIMINI 
(1310-1318^ 



Sommaire.— Permutation avec Jacques Duèze.— Assistance au concile 
de Vienne. — Le vicaire perpétuel de Fayence. — Instruction du 
complot contre Jean XXIL 

Il a fallu les patientes investigations de M. le chanoine Albanès 
pour connaître le successeur immédiat de Jacques Duèze. Déjà, 
les auteurs du Gallia s'étaient demandé si le futur pape, après 
avoir été élevé au siège épiscopal d'Avignon _, n'avait pas gardé 
l'administration du diocèse de Fréjus et ils avaient placé après 
lui, comme l'ont fait d'ailleurs tous les historiens, Barthélémy 
Grassi. Mais sur ce point encore la chronologie de nos évéques 
doit être rectifiée. Quand Jacques Duèze fut transféré de Fréjus 
à Avignon, il y eut entre lui et l'évêque de cette ville, Bertrand 
d'Aimini, une permutation canonique qui se fit le même jour, 
puisque les deux bulles portent la même date, le 18 mai 1310 fl). 

Bien qu'il soit resté huit ans environ sur le siège de Fréjus, 
les faits connus de son épiscopat sont bien rares. Nous savons 
qu'il assista au concile de Vienne. « Sa présence nous est 
attestée, dit M. Albanès, par un diplôme d'indulgences souscrit 
en faveur de l'église cathédrale de Mantoue par un certain 

(1) Gallia nov. Instrum. XXXIII. 



56 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

nombre de prélats présents à Vienne et daté du 2 mai 1312. 
Bertrand, évéque de Fréjus, est au nombre des signataires » (i). 

Nos recherches personnelles nous ont fait découvrir la copie 
d'une transaction passée, le 16 avril 1311, entre l'évêque de 
Fréjus, (Bertrand) et un prêtre du diocèse d'Avignon, Michel 
de Grenon, pourvu par lui de la vicairie perpétuelle de Fayence. 
Cette transaction régla les droits de dîme concédés par l'évêque 
et les obligations du vicaire pour la bonne administration du 
service divin (2). Le 24 janvier 1314, Bertrand d'Aimini ratifiait à 
Fréjus, dans la chapelle de l'évêché, en présence de son vicaire 
général Artaud et de plusieurs chanoines, la délimitation des 
territoires de Pibresson et de Saint-Paul-de-Fayence (3). 

C'est à Bertrand d'Aimini et non à Barthélémy Grassi, comme 
la date l'indique, que Jean XXII, par lettres datées du 27 février 

1317, confia l'instruction d'un complot ourdi contre lui dans 
l'intérieur même du palais, la première année de son pontificat. 
Les conjurés qui avaient recouru, pour mieux réussir, aux 
sortilèges et à la magie, furent découverts et incarcérés. (4). 

Bertrand Aimini mourut à Avignon , auprès du siège aposto- 
lique, comme l'indique la bulle de préconisation de son succes- 
seur, à la fin de l'année 1317 ou au commencement de l'année 

1318. La mission dont il fut chargé par le Pape et le lieu de sa 
mort nous font croire qu'il passa la plus grande partie de son 
épiscopat loin de Fréjus. 



(1) Gallia nov. I, col. 362, 

(2) Archives de révê;hé.;«*in. eccl. 

(3) Arch. c'»" de Saint-Paul-de-Fayence, A A. I. pièce originale. 

(4) Antelmy, De Initiis, p. 163, attribue i tort cette mission ï Barthélémy Grassi. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 57 

BARTHÉLÉMY GRASSI 

(1318-1340) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Actes divers. — Assistance aux 
conciles do Saint-Ruf. — Mission pour rétablir l'ordre dans l'abbaye 
du Thoronet. — Visite du diocèse par le métropolitain. — La mort 
et le culte de sainte Rossoline. — Saint Louis de Brignoles. — 
Statuts de 1336. — Incendie des archives du chapitre. — Testament. 



« Barthélémy Grassi , nous dit M. Albanès, était curé de 
Châteauneuf, au diocèse d'Avignon, et attaché depuis longtemps 
à la personne du cardinal Jacques Duèze. Il s'était rendu avec 
lui à Lyon , quand le comte de Poitiers y attira, en 1316, tous 
les cardinaux, et, immédiatement après que son maître eut été 
élu au Souverain Pontificat, il reçut de lui une nomination de 
chanoine de Chartres. C'était le 10 août, et le 7 septembre, après 
le couronnement du Pape, il reçut son titre. Revenu à sa suite, 
à Avignon, il fut son chapelain et auditeur des causes du palais 
apostolique, en même temps qu'il obtenait, dans l'église de 
Chartres, l'archidiaconé de Châteaudun. Dans la seconde année 
du pontificat, le 20 janvier 1318, Bertrand d'Aimini étant venu 
à mourir, il fut fait évèque de Fréjus à sa place. Il ne semble 
pas qu'il se soit beaucoup éloigné d'Avignon durant la vie de 
Jean XXII, car la plupart de ses actes qui nous sont connus, 
sont datés de cette ville. Nous avons deux lettres qu'il écrivit de 



58 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

là à son officiai, le 22 mars 1318 et le 21 février 1319, pour la 
mise en possession du prieur de Saint-Cassien du Muy » (1). 

Le 27 juin 1319, il approuva le concordat passé entre ses pro- 
cureurs et ceux de l'abbé de Lérins au sujet de la possession du 
prieuré de Saint-Etienne de Bargemon, de N.-D. de Vallauris 
à Trans et de Saint-Michel de Facas (2). " Il se trouvait encore 
dans la ville pontificale, le 6 juillet 1321, quand le Dauphin 
Guigues faisait hommage au roi Robert pour le Gapençais. En 
1326, il prit part au premier concile de Saint-Ruf , et il assista 
également au second en 1337, En 1338, une bulle du 5 décembre 
le chargea de rétablir Tordre dans l'abbaye du Thoronet, dont 
les moines étaient en révolte contre leur abbé » (3). La même 
année, Armand de Narsès, archevêque d'Aix, visitait le diocèse 
comme métropolitain (4). 

Onze ans s'étaient écoulés depuis l'avènement de Barthélémy 
Grassi au siège de Fréjus, quand, le 17 janvier 1329, mourut 
à la Celle-Roubaud la prieure du monastère , Rossoline de 
Villeneuve. Cette mort prit dans le diocèse le caractère d'un 
deuil public. Partout on racontait avec admiration les vertus et 
les miracles de l'humble chartreuse, les austérités de sa vie. 
Un9 pieuse tradition rapporte que, poussés par une inspiration 
céleste, les enfants à la mamelle, aux Arcs et aux environs, 
s'écrièrent tous à la fois : la Sainte est morte. « Trois jours 
suffirent à peine, dit un pieux historien à satisfaire la dévotion 

(1) Gallia nov. I, col. 3G-2. 

(2) Sauzédc. Hist. de Bargemon. 

(3) Callia nov. \, col. 363. 

(4) id. Diocèse d'Aix, col. «4. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE • 59 

des fidèles baisant le cercueil, déposant des fleurs, des objets 
de piété qu'ils emportaient ensuite comme autant de reliques. 
Dieu manifesta par d'éclatants miracles la gloire de sa servante. 
Plusieurs aveugles recouvrèrent la vue ^ de nombreux malades 
furent guéris et après trois jours les membres de ce corps 
virginal conservèrent leur flexibilité » (1). 

Jean XXH, qui connaissait les vertus de Rossoline, résolut, 
comme il l'avait déjà fait pour saint Louis de Brignoles , de 
procéder à sa canonisation. Par ses ordres l'évêque de Fréjus 
fut chargé d'exhumer les précieux restes de l'illustre défunte. 
Barthélémy Grassi remit la délégation du siège apostolique au 
frère de la sainte, Eizéar de Villeneuve, élevé depuis peu de 
temps du chapitre de Fréjus au siège épiscopal de Digne. En 
outre il autorisa Eizéar à consacrer la chapelle du monastère qui 
venait à peine d'être achevée. La consécration eut lieu pendant la 
semaine de la Pentecôte de l'an 1334 et le corps de la sainte fut 
exhumé, au milieu d'un grand concours de peuple, le dimanche 
de la Trinité. « Après cinq ans de séjour sous terre, ce corps 
virginal fut trouvé frais et vermeil , les yeux mêmes avaient 
conservé leur pur et brillant éclat, on eut dit la sainte vivante, 
on eut cru qu'elle allait parler. Poussé par une inspiration qui 
lui semblait venir du ciel, Eizéar détacha ses yeux de leur orbite 
avec un grand respect, il les déposa dans un reliquaire d'argent 
où le regard ému, aujourd'hui encore après plus de cinq siècles, 
peut constater leur permanente incorruptibilité » (2). 



(1) vie de sainte Rossoline, par M. le chanoine Avnaud, curé-doyen d'Ollioules, p. 84. 

(2) Id. p. 95. 



60 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

En promouvant le culte de sainte Rossoline dans son diocèse, 
Barthélémy Grassi voulut y répandre aussi celui de saint Louis 
de Brignoles. Après lui avoir élevé un autel dans la cathédrale, 
il fonda, pour le desservir, un prieuré qu'il dota de terres nom- 
breuses et qui devint un bénéfice très recherché (1). 

L'œuvre capitale de Tépiscopat de Barthélémy Grassi fut la 
publication, en 1336, de nombreux statuts pour le chapitre. Les 
seuls qui nous soient restés de cette époque sont ceux que 
M^s Emmanuel de Bausset fit insérer, en 1781, dans le Bréviaire 
Fréjusien. 

« Les ministres de l'Eglise, disent ces règlements, afin de 
montrer à l'extérieur le respect des choses saintes qu'ils doivent 
porter dans leur intérieur, s'inclineront avec respect devant 
l'autel, quand ils entreront dans le chœur et devant le siège de 
l'évêque quand il y sera ; ils feront de même en sortant. Tous 
chanteront avec dévotion, ordre et précision l'office canonial 
aux heures prescrites et y assisteront depuis le commencement 
jusqu'à la fin, sans parler et sans se livrer à des entretiens 
mutuels. Pendant Je temps du Carême, la grand'messe sera 
chantée vers neuf heures; elle sera précédée du chant de none 
et suivie du chant des vêpres. Parce que là où la beauté de la 
paix abonde, tout est disposé avec gloire, nous ordonnons 
expressément et nous voulons que les chanoines , les clercs 
et les autres serviteurs de l'Eglise aient la paix entre eux. 



(1) Propre des saints du diocèse, publié par Antoine de Clerraonl-Tonnerre. Arch. de 
l'évèchc. — Cet autel clail sous le porche intérieur de la cathédrale à droite. M»' Jordany 
lit placer à la fenêtre qui s'y trouve un vitrail représentant saint Louis de Brignoles. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 61 

qu'ils s'aiment les uns les autres et se supportent mutuelle- 
ment » (1). 

La même année un violent incendie se déclara dans la salle 
capitulaire où les archives du chapitre étaient conservées. Tout 
devint la proie des flammes; les trésors historiques amassés 
depuis trois siècles furent à jamais anéantis (2). 

Barthélémy Grassi mourut le 5 du mois de mars 1340. Dix 
ans auparavant, le 31 août 1330, il avait été autorisé à faire son 
testament. Dans cet acte il légua la somme de mille florins, dont 
les revenus devaient servir à nourrir des filles pauvres de Fréjus 
ou du diocèse (3). 



(1) Breviarium Fnrojuliense. Pars aulumnalis, etc. iiassim. 

(2) Aiiteimy. De Iniliis, p. 26. 

(3) Gallia nov . I, col. 363. Instr. XXXIX. 



62 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

JEAN D'ARPADELLE 
(1340-1343) 



Sommaire. — Nomination par le Saint-Siège. — Avant l'épiscopat. — 
Hors du diocèse. — Le testament. 



Barthélémy Grassi était à peine mort qu'un rescrit pontifical 
du 7 mars 1340 vint signifier aux chanoines de la cathédrale 
qu'il leur était interdit de procéder à l'élection du successeur de 
l'évêque défunt, en vertu de la réserve que s'était faite le Saint- 
Siège, le 18 novembre 1339, de nommer lui-même désormais 
aux sièges vacants. « Nous déclarons, 'dit le Bref, nulle et sans 
valeur toute élection à laquelle, de bonne ou de mauvaise foi, 
vous essaieriez de procéder » (1). 

Le chapitre se conforma à la décision pontificale, et pendant 
sept mois le siège resta vacant. Enfin, le 6 novembre 1640, Jean 
d'Arpadelle en fut pourvu. « Le nouvel évêque avait eu d'abord 
un canonicat dans l'église de Palencia ; et quand le Pape eut créé 
l'évêché de Mirepoix, il lui donna, le 2 mars 1318, la prévôté 
du chapitre de cette ville. Devenu chanoine de Paris en 1322, 
le Souverain Pontife le chargea d'une mission pour le ro' 
Charles IV, et le recommanda à son ministre Bernard Jordani. 
L^année suivante, il fut fait doyen de Saintes, prévôt de Sussey, 

[\) Gallia nov . Instrum. XXXVl. 



DU XllI^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 63 

dans l'église d'Autun, en 1328, avec dispense de résidence, et 
enfin archidiacre de Brie, en l'église de Paris, en 1331 » (1). 

Jean d'Arpadelle était encore jeune quand il fut promu à 
l'épiscopat, puisque la bulle de préconisation parle de la maturité 
de son jugement. Il n'avait même encore reçu que le diaconat; 
il dut se faire ordonner prêtre et recevoir la consécration épis- 
copale peu de temps après. Son épiscopat fut bien court, plus 
court encore son séjour à Fréj us; car, le Pape l'ayant nommé, 
le 20 avril 1342, recteur du Gointat-Venaissin , il se fixa à 
Garpenlras, et c'est là qu'il dut mourir le 1'='' ou le 2 juin 1343 (2). 
Il avait obtenu, le 31 mai précédent, la permission de tester. 
L'église cathédrale hérita d'une grande quantité de vases d'or et 
d'argent, de diamants et de joyaux, dont Antelmy avait lu 
rénumération sur un parchemin écrit en 1349. 



(1) ::allia nov. 1, co. 364. 

(2) Antelmy. Ve l7iiliis, p. 165. 



64 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

GUILLAUME D'AUBUSSAG 
(1343-1346) 



A l'époque où nous sommes arrivé, les vieux auteurs ont été 
si fautifs, nos recherches personnelles si stériles, que nous 
croyons nécessaire, dans l'intérêt de la vérité historique, de 
nous en tenir exclusivement jusqu'à l'épiscopat de Louis de 
Bouillac, sauf pour Guillaume Lamy, à la notice du Gallia 
novissima. 

« Guillaume d'Aubussac était un vieux serviteur de Clément VI 
qui avait suivi Pierre Roger dans ses prélatures inférieures et 
qui fut élevé par lui à l'épiscopat quand celui-ci eut atteint la 
suprême dignité du pontificat. Il avait commencé par être cha- 
noine de Bourges, le 20 décembre 1326, puis chanoine de Rouen, 
le 3 avril 1332. Il était docteur in uiroque. L'an d'après, nous le 
voyons archidiacre du Vexin français, le 12 octobre 1333. Après 
l'exaltation de Clément VI, il fui fait trésorier du Pape, chanoine 
de Sens, de Chichester, de Paris, chantre de Rouen, notaire 
apostolique, avec faculté de percevoir les revenus de ses béné- 
fices en demeurant à la cour pontificale. 

« Le 4 juin 1343, le Pape lui donnait la succession de Jean 
d'Arpadelle, qui venait de mourir, et lui confiait l'église de 
Fréjus. Guillaume était prêtre, mais le 10 août 1343, il n'était 
pas encore sacré, et il obtenait ce jour-là l'induit qui lui per- 
mettait de recevoir la consécration épiscopale des mains de tout 



DU XIII« A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 65 

évêque en communion avec le Saint-Siège. Le 16 novembre de 
la dite année^ le Pape lui ordonna de faire exécuter le legs que 
son prédécesseur Barthélémy Grassi avait fait en faveur des 
filles pauvres à marier à Fréjus, en y consacrant les mille 
florins qu'il y avait destinés ; ce qui lui était d'autant plus facile, 
que^ comme trésorier pontifical, il avait le maniement de la 
dépouille des prélats défunts ». 

« En 1344, il assistait à Villeneuve, le 30 juillet, à la levée de 
l'interdit auquel la ville d'Assise avait été soumise, et à la suite 
duquel elle avait envoyé ses syndics à Avignon, pour faire sa 
soumission. En 1345, Clément VI écrivait deux lettres de remer- 
ciement à la reine Jeanne et au chancelier Philippe de Cabassole, 
pour la bienveillance dont ils avaient usé à Tégard de l'évêque 
de Fréjus, son trésorier et son fidèle serviteur, dont ils avaient 
fait expédier gracieusement les affaires. Guillaume avait un 
neveu j nommé Gérard d'Aubussac, auquel il fit donner un 
canonicat dans sa cathédrale, par une bulle de la même année «. 

« Nous ne savons pas, dit le Gallia, combien de temps 
Guillaume fut évêque de Fréjus ; Jes historiens de cette église le 
font siéger deux ans, de 1345 à 1347. Il faut corriger ces deux 
dates : son épiscopat commença en 1341 et finit en 1346, proba- 
blement, à notre avis, le 14 mars, où l'on faisait à Fréjus un de 
ses deux anniversaires. Il mourut à Avignon, où son office le 
retenait » (1). 



(4) Texte du Gallia nov. 1, col. 364-3C6. 



66 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

PIERRE ALAMANNI 
(1346-1348) 



« Doyen de Brioude^ au diocèse de Saint-Flour, notaire 
apostolique, prêtre, docteur dans les deux droits, Pierre 
Alamanni était, lui aussi, un des serviteurs de Clément VI, qui 
l'avait depuis longtemps auprès de lui; aussi se plut-il à attester 
dans ses bulles de provisions que la personne du prélat lui était 
connue avantageusement par une longue et familière expérience. 
Une autre bulle du même Pape nous apprend qu'il avait dans 
l'église de Paris un canonicat et une prébende, que sa nomina- 
tion à l'épiscopat allait faire vaquer, 

« Il fut pourvu de l^évêché de Fréjus le 7 avril 1346 et l'occupa 
un peu plus de deux ans. Nous ne connaissons de lui, durant 
cet intervalle, que l'arppobation qu'il donna le 7 avril 1347 à une 
transaction passée entre Hugues de Mandagot, prieur prébende 
de Gomps, et le commandeur de Saint-Jean. Pierre mourut en 
1348, l'année de la grande peste, antérieurement au 21 novembre, 
jour où une bulle adressée à un chanoine de Fréjus le chargeait 
de se mettre en possession des biens laissés par l'évêque défunt, 
dont la disposition devait appartenir au Pape ». 

« Pierre Alamanni n'est pas dans l'ancien Gallia; il est dans le 
nouveau, parce que Antelmy en a su le nom, et rien autre; car, 
quand il le fait dauphinois, membre de la noble famille d'Alleman 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 67 

et allié à la famille de Glermont, il est bien loin de la vérité. 
Denis de Sainte-Marthe a répété cette même assertion , dont 
nous allons voir le peu de fondement; mais il y a ajouté du sien, 
que cet évêque mourut vers 1359. Sa mort en 1348 est certaine. 
Le 6 février 1349, Pons Alamanni, l'héritier, peut-être le frère 
de Pierre, payait à la chambre apostolique 500 florins qu'il s'était 
engagé à donner pour la dépouille du prélat. Pons Alamanni 
s'intitule « citoyen de Glermont »; ce qui démontre que, comme 
son parent, l'évêque n'avait pas d'autre nom que celui d'Alamanni, 
que nous nous abstenons de traduire, et qu'il était « originaire 
de Glermont ». Glermont n'est pas un nom de famille, comme 
on l'a cru , mais un nom d'origine » (1). 



(1) Texte du Gallia nov. I. col. 366-367. 



68 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

PIERRE DU PIN 

(1348) 



« Il n'y a de trace nulle pari, dans nos livres d'histoire , d'un 
évêque nommé Pierre succédant à Pierre d'Alamanni, évêque 
deFréjus, en 1348; ses bulles de nomination manquent, comme 
bien d'autres à cette époque, et l'on comprend par là dans quel 
désarroi a dû se trouver la chancellerie pontificale durant le 
terrible fléau de la peste, qui se déchaîna en cette année-là. La 
preuve de l'épiscopat de cet autre Pierre ne se trouve que dans 
les bulles qui lui furent données quand il quitta Fréjus, après 
un très court intervalle, pour devenir évêque de Viterbe et 
Toscanella, le 10 décembre 1348. Là, il est dit expressément 
qu'il était en ce moment évêque élu de Fréjus; et tous les efforts 
que nous avons faits pour voir autre chose dans ce texte, qui se 
trouve au Vatican et dans le registre des minutes et dans le 
registre sur parchemin, n'ont abouti à rien. Il est inutile de 
chercher à lire « Forolwiensem au lieu de Forojuliensem » ; la 
chose est impossible et elle a déjà été examinée et résolue avant 
nous. La seule conclusion raisonnable, c'est que Pierre du Pin 
fut fait évêque de Fréjus en novembre, en octobre peut-être, ou 
en septembre 1348, car nous ignorons la date précise de la mort 
de Pierre Alamanni , et qu'il fut tranféré à Viterbe en décembre 
de la même année ». 



DU XIII*' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 69 

« Pierre était originaire de Bénévent : il était simple clerc. Il 
obtint son induit de consécration le 29 mars 1349, mais il n'étai^ 
pas encore sacré le 18 juin 1350, et le Pape lui prorogeait le 
délai jusqu'à Toctave de la Pentecôte. Il ne fut pas longtemps 
évêque de Viterbe. Clément VI le fit archevêque de Bénévent, sa 
patrie, le 18 novembre 1350, et il y mourut en 1860 » (1). 



(1) Te\te (lu Callia nov. 1, col. 3G7-3(;8. 



70 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

GUILLAUME AMICI ou LAMY 

(1349-1360) 



Sommaire. — Lg nom patronymique. — Los évècliés d'Apt et de 
Chartres. — Le conseiller de Clément VL — Les légations.— Refus 
de la pourpre.— Le patriarcat de Jérusalem et l'évèché de Fréjus. — 
Mort et sépulture. 



Cet évêque porte dans les chartes contemporaines le nom 
patronymique d'Amici; mais à Limoges, sa ville d'origine , où 
sa famille existe encore, on lui donne celui de Lamy. Nous les 
adopterons indifféremment tous les deux (1). Les uns font naître 
Guillaume Amici en 1305, d'autres l'année suivante, enfin son 
biographe, M. le chanoine Arbelot, en 1299. D'après un ancien 
calendrier de la cathédrale de Limoges, Guillaume Lamy appar- 
tenait à une famille d'honnêtes bourgeois que quelques auteurs 
qualifient noble. Souchet , chanoine de Chartres, prétend qu'il 



fl) « Je n'ai va aacun titre, écrivait M. Albanès à M. Arbelot, le 18 juin 18<)j, où son 
nom soit écrit autrement que Guillaume Amici. Vous seul pouvez nous dire si dans les 
titres français on le nomme Lamy et si sa famille portait réellement ce nom... En ceci, il 
est certain que les écrivains locaux .<iont plus à même de frapper juste que ceux qui se 
trouvent à distance ». (Elude biographique sur Guillaume Lamy, par l'abbé Arbelot, 
chanoine de Limoges, p. 19.) 



DU XIII"^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 71 

était l'oncle de saint Elzéarde Sabran, l'époux de sainte Delphine 
et qu'il fut son premier maître (1). 

Guillaume Lamy était le familier de Pierre Roger, cardinal 
archevêque de Rouen, qui le fit nommer auditeur de la chambre 
apostolique et lui obtint , en 1341 , [l'évêché d'Apt. L'année 
suivante son protecteur succédait à Benoit XII, sous le nom de 
Clément VI. Le Souverain Pontife, dont il devint le conseiller 
intime, le transféra, le 7 octobre 1342, à l'évêché de Chartres , 
pour remplacer Aimeric de Caylus qui venait d'être promu au 
cardinalat. Peu de temps après. Clément VI lui confia de 
nouveau la mission que, pendant la vacance du Saint-Siège, 
les membres du Sacré-Collège lui avaient donnée auprès de 
Philippe VI, roi de France, et Edouard III, roi d'Angleterre, en 
vue de faire signer aux deux monarques un traité de paix. Les 
négociations entamées par le délégué pontifical aboutirent heu- 
reusement, et au mois de février 1343 une trêve honorable mit 
fin aux hostilités. 

Guillaume Lamy prit possession de l'évêché de Chartres par 
procureur; il est douteux qu'il ait jamais résidé dans cette ville, 
soit parce qu'elle était trop éloignée de la cour pontificale à 
laquelle il resta toujours attaché, soit parce qu'avant comme 
après son élection à ce siège, il eut toujours à remplir des 
missions diplomatiques. C'est ainsi qu'en 1345 il se rendait 
à Naples pour préparer le couronnement du roi André et de la 
reine Jeanne. Mais avant que la bulle du Pape fut arrivée, le 



(\.) Ou montre encore, à Limoges, la maison paternelle, dont une statue du prélat en 
mitre et en chape ornait In façade avant la Révolution. 



72 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

jeune roi avait été assassiné. Obligé de quitter Naples, le délégué 
pontifical vint rendre compte au Souverain Pontife de ce triste 
événement. Avant son départ il avait fait restituer et appliquer 
en œuvres pies les biens laissés à cette intention par la reine 
de Sicile, Sanche. 

Une autre légation importante lui était donnée en 1347. Le roi 
de France venait de rendre des ordonnances qui confisquaient 
au profit du Trésor royal les revenus des prélats et autres 
personnages ecclésiastiques absents du royaume; il aurait 
même, d'après quelques historiens, fait incarcérer plusieurs 
cardinaux qui s'étaient opposés à leur exécution. Clément VI 
le délégua auprès du roi avec Pasteur « de Serrescudério », 
archevêque d'Embrun, pour obtenir la révocation des ordon- 
nances attentatoires à la liberté de l'Eglise. 

Quelques biographes ont prétendu que pour le récompenser 
de ses services, le Souverain Pontife aurait offert la pourpre 
cardinalice à Guillaume Lamy. Celui-ci l'aurait refusée « parce 
que, disait-il, elle avait trop d'éclat et trop peu de travail pour 
Notre-Seigneur »; mais il aurait consenti à accepter le patriarcat 
de Jérusalem. Cette dignité, d'ailleurs purement honorifique , 
n'ohjio-pait pns à la résidence. Avant comme après lui, plusieurs 
eveques en furent revêtus sans qu'aucun d'eux ait quitté pour 
cela son siège épiscopal. Tout ce qu'on a écrit sur son prétendu 
voyage à Nicosie, dans l'ile de Chypre, où le patriarcat de 
Jérusalem avait été transféré, n'est qu'un récit imaginaire. La 
pièce qu'on a citée pour l'établir, dit M. Albanès (1), prouve le 

(IJ Gallia nov, I, cal. 868. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII« SIÈCLE 73 

contraire puisqu'on y mentionne l'archevêque qui siégeait à 
Nicosie en ce moment. 

Si Guillaume Amici n'est jamais allé à Jérusalem, il est cer- 
tain du moins qu'il a résidé quelque temps à Fréjus. Le 17 avril 
1357, il y passait un bail avec Jean et Raymond Amici , qui peut 
être étaient ses frères, pour les possessions de l'évèché situées 
à Villepey, sous la censé annuelle de quatre setiers de blé paya- 
bles le jour de Saint-Michel (1). Le 13 juin suivant, il remit aux 
habitants du Puget, ses vassaux, les quinze livres qui lui 
étaient dues à l'occasion de sa prise de possession (2), donnant 
ainsi une preuve de cette munificence envers ses diocésains dont 
parle Antelmy. Cet historien nous apprend également qu'il fit de 
très sages ordonnances sur la discipline ecclésiastique (8). 

Le même auteur, après avoir assuré que Guillaume Amici 
avait été transféré de Fréjus à l'archevêché d'Aix , a rétracté 
dans ses notes manuscrites cette opinion erronée, dont M. le 
chanoine Albanès a d'ailleurs fait justice (4). 

Guillaume Amici ou Lamy mourut, le 9 juin 1360, à Montpellier 
où, d'après un de ses biographes, il était allé consulter les 
médecins sur sa santé. Après avoir été inhumé dans l'église des 
Carmes, son corps fut transféré dans la cathédrale de Limoges, 
comme il en avait exprimé le désir pendant sa vie. Le tombeau 
qui lui fut élevé dans la chapelle de Saint-Thomas^ où il avait 



(1) Arch. dép'". Iiivent. de rùvcché. 

(2) Id. 

(3) De Initiis, p. 164. 

(4) LeUrc de M. Albanès à M. Arbelot. Etude sur Guillaume Lamg, p. 18. 



74 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

fondé une vicairie, fut détruit pendant la Révolution. Il était 
surmonté de sa statue, au bas de laquelle une inscription 
rappelait ses deux titres de patriarche de Jérusalem et d'évéque 
de Fréjus (1). 

D'une science profonde^ de mœurs exemplaires, d'une grande 
probité, il mourut, disent les documents contemporains, en 
odeur de sainteté. Quelques-uns de ses biographes lui donnent 
le titre de bienheureux et citent plusieurs miracles opérés sur 
son tombeau. Sa biographie est insérée dans les Vies des saints 
du Lirtiousin (2). Il avait fondé à la cathédrale de Fréjus deux 
anniversaires, dont l'un devait se célébrer le 9 juin, jour de son 
décès, et l'autre dans l'octave de saint Martial, apôtre et patron 
de Limoges (3). 



(1) Elude sur Guiilaume lamy, 1-Hi>. — Albanés, Gallia nov. 1, col. 3«8-362. 

(2) Ibid. id. 

(3) Arch. c'** de i'réjus. 75-6. Extrait du Livre Peloux. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 75 

PIERRE ARTAUDI 
(1360-1361) 



« Pierre Artaudi était provençal et dominicain ; son nom de 
famille a été étrangement défiguré par tous les historiens d'Italie, 
où il a été évêque d'Albe, par tous les écrivains ecclésiastiques 
de nos contrées , où il fut évêque de Sisteron. Il n'en est pas un 
seul qui ne l'ait appelé Pierre Avogrado. Or, Pierre Avrogrado 
est un mythe; l'évéque d'Albe, de Sisteron et de Fréjus se nom- 
mait Pierre Artaudi ou Artoudi. Ce nom est écrit dans le registre 
original de Jean XXII, en tête de la bulle qui le fit évoque d'Albe 
le 7 février 1334, où depuis le XIV® siècle personne ne l'a re- 
marqué. On n'a pas su, non plus, que ce prélat était le proche 
parent, probablement le frère de Jean Artaudi , évêque de Nice 
et de Marseille. Pierre passa de l'évêché d'Albe à l'évêché de 
Sisteron , le 28 janvier 1349 , et, après onze ans d'épiscopat dans 
cette ville, il en sortit pour être évêque de Fréjus ». 

« Cet épiscopat fut d'une bien courte durée. Il se trouve limité 
entre le 9 juin 1360, date de la mort de Guillaume Amici, son 
prédécesseur, et le 27 août 1361 _, où son successeur eut ses 
bulles » (1). 



(i; Gallia nov. I, col. 369. 



76 LES ÉVKQUES DE FRÉJUS 

GUILLAUME DE RUFFEC 
(1361-1364) 



« Guillaume de Ruffec, « de Ruffilhaco », était recteur du 
Contat-Venaissin lorsque Innocent VI le fit évéque de Fréjus. Il 
continua l'exercice de sa charge durant son épiscopat jusqu'à la 
mort de ce Pape. Urbain V, après son exaltation en novembre 
1362, l'en releva et le remplaça par Philippe de Cabassole ». 

« De la carrière ecclésiastique de ce prélat plusieurs faits 
peuvent être indiqués. Il fut fait chanoine de Limoges en 1324, 
et c'est le premier bénéfice important que nous lui connaissons. 
En 1342, il fut chanoine de Saint-Martin de Tours, puis chanoine 
d'Alby à une date non déterminée. Innocent VI lui donna, le 
5 février 1354, la prévôté d'Eymoutiers, au diocèse de Limoges, 
et dans une autre bulle qui l'autorisa à faire son testament, le 
18 mai 1360, il est désigné sous le titre de jurisconsulte de 
Cahors. C'est lui qui conclut, le 17 juin 1360, au nom du Pape, 
l'échange de la partie de Montélimar que les Adhémar possé- 
daient sous la seigneurie des évêques de Valence , et le lende- 
main il assistait, à Villeneuve, à l'hommage fait en conséquence 
par la mère de Giraudet Adhémar à Innocent VI ». 

« Il reçut ses bulles pour l'évéché de Fréjus le 27 août 1361 , 
et comme il ne prévoyait pas devoir y faire une résidence assidue, 
il se munit, dès le mois d'octobre, de la faculté de faire récon- 



DU Xr.I® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 77 

cilier les églises et les cimetières par de simples prêtres. 
Guillaume de Ruffec arrivait bien tard à l'épiscopat, aussi son 
administration ne fut pas de longue durée. Il mourut trois ans 
après, le 3 novembre 1364, ayant, par testament, choisi sa 
sépulture dans son église cathédrale, auprès de l'autel de 
Saint-Etienne, où son corps fut transporté en 13G7. Nous ne 
croyons pas qu'il soit mort à Fréjus. Son tombeau s'y voit 
encore, au fond de la nef de gauche de la cathédrale, devant 
l'autel, du côté de l'évangile » (1). 



(1) Gallia nov . I. col. 370. 



78 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

RAYMOND DAGONIS 
(1364-1371) 



« Le successeur de Guillaume de Ruffec était plus ancien que 
lui dans l'épiscopat. Raymond Daconis, religieux de l'ordre de 
Saint-Augustin et maître en théologie, avait été fait évéque de 
Toulon par Innocent VI, le 18 juin 1361; après avoir siégé trois 
ans et demi dans cette église, il fut rappelé par Urbain V à celle 
de Fréjus, le 13 novembre 1364, dix jours après la mort de 
Guillaume. C'était le confesseur du Pape. Nous tirons la preuve 
à ceci de la seconde des lettres qu'Urbain V lui donna le 13 janvier 
1366 et le 14 juin 1368, pour appuyer les démarches qu'il faisait 
auprès de la reine Jeanne, afin d'en obtenir la confirmation des 
privilèges de son église. Il obtint en effet ce qu'il demandait, et 
la reine lui fit expédier des lettres qui renouvelaient les diplômes 
d'Ildefonse et de Raymond Bérenger, et toutes les concessions 
accordées par eux à l'église de Fréjus ». 

« Raymond accompagna le Pape à Rome en 1367 et demeura 
probablement en Italie tout le temps que celui-ci y séjourna, 
c'est-à-dire plus de trois ans. Nous l'y voyons assister, le 18 
octobre 1369, à la profession de foi de Jean Paléologue, empe- 
reur de Gonstantinople. Il dut revenir en France avec Urbain V, 
en septembre 1370, et assister à sa mort le 19 décembre de la 
même année. Il cessa, l'année suivante, d'être évéque de Fréjus, 



DU XIII^ A LA FIM DU XVIII^ SIÈCLE 79 

Grégoire XI, qui avait succédé à Urbain, l'ayant transféré à 
l'église de Pamiers par une bulle du 6 juin 1371 » (1). 

« Devenu évéque de Pamiers, Raymond Daconis paraît avoir 
continué à être le confesseur du Pape, et avoir fait de nouveau 
le voyage d'Italie avec lui, lorsque Grégoire XI rapporta le 
Saint-Siège à Rome en 1376. Il était certainement à Rome, lors 
de la mort de Grégoire et de l'élection d'Urbain VI, comme on 
peut s'en assurer par le curieux récit d'un ambassadeur de ce 
dernier, racontant au roi de Castille comment son maître avait 
été élu et comment les cardinaux lui annoncèrent le choix qu'ils 
avaient fait de lui. Ils l'appelèrent en secret, disait-il, ayant fai'' 
sortir tout le monde de la chapelle, dans laquelle pourtant était 
demeuré un évéque de l'ordre de Saint-Augustin , confesseur et 
compagnon du pape Grégoire. Le nom de l'évêque n'est pas 
prononcé, mais Baluze a bien su le trouver, en ajoutant que 
c'était Raymond, d'abord évéque de Fréjus, puis de Pamiers. 
Le vieil évéque retourna en France avec Clément VII et mourut 
à Avignon au commencement de 1380, Bertrand d'Orneson^ son 
successeur à Pamiers, ayant été nommé le 13 mars 1380. On 
faisait son anniversaire à Fréjus, le 28 du mois d'août » (2). 



(1) GirardiD, qui a ignoré ce fait, l'a fait mourir en 1368, et Antelmy n'ayant aucune 
preuve de sa mort, et pour cause, se contente de dire qu'en ladite année il abandonna son 
église. Ce qui conduit ces écrivains à des assertions si erronées, c'était la nécessité pour 
eux de faire vaquer révôché de Fréjus, pour placer, de 1368 i 1371, un évéque de leur 
création, Guillauue ue Li Fukt, dont l'histoire exige la suppression. 

(2) GalHa nov. I, col. 372-373. 



80 LES ÉVÊQUES DE FRÉ.IUS 

BERTRAND DE VILLEMUS 
(1371-1385) 



« Le même jour vit la translation de Raymond Daconis à 
Pamiers et la nomination de Bertrand de Villemus à l'évêché de 
Fréjus; les deux bulles sont du 6 juin 1371. Il n'y eut donc pas 
un jour d'intervalle entre les deux épiscopats » (1). 

« Bertrand de Villemus était, au moment de sa promotion j 
archidiacre de Lautrec dans l'église d'Alby, licencié en droit et 
simple clerc. Le Pape lui donna , le 9 août, la faculté de recevoir 
les ordres des mains d'un évêque choisi par lui, et prolongea 
jusqu'à Noël le temps où il était tenu de se faire sacrer. Il appar- 
tenait à une famille du Languedoc qui venait de donner deux 
prélats à l'Eglise : Arnaud, évêque de Pamiers, que Clément VI 
fit cardinal en 1350, et Pons, qui fut évêque de Gouserans en 1362, 
après avoir été abbé de Lézat. On assure qu'il avait un frère 
nommé Jean, qui fut fait prisonnier par les Anglais, et dont il 
paya la rançon. C'est tout ce que l'on sait de lui. Il siégea 
quatorze ans et mourut le trois des calendes de juin, comme on 
l'avait noté sur le martyrologe de son église » (2). 

(l) Preuve surabondante que Guillaume de la Font n'a pu siéger entre Raymond et Bertrand. 

(2; Galtianov. I, col. 373-374. — On le croit enseveli dans l'église de Faycnce, où se 
trouve < sur une planche de bois fort pesante > une peinture représentant ses armoiries, 
et pardessus une inscription qui conlirrae et l'oiupléle la noie du martyrologe Si ce monu- 
ment n'a pas été transporté d'ailleurs, Fayence possède les restes de Bertrand de Villemus 
dans tous les cas, sa mort peut-être fixée au 30 mai 1385. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 81 

EMMANUEL 

(1385) 



« Durant le schisme d'Occident, plusieurs églises de Provence 
eurent en même temps deux titulaires, l'un nommé par le Pape 
qui siégeait à Avignon , l'autre par le Pape de Rome. Nous 
indiquerons chacun d'eux, quand leur nom nous sera parvenu, 
car le pontife d'Avignon ayant été seul reconnu presque partout 
chez nous, ainsi que les évêques de son obédience, les documents 
qui concernent les nominations romaines de cette époque sont 
extrêmement rares. 

Nous en avons un duquel nous apprenons que le pape 
Urbain VI, après la mort de Bertrand de Villemus, lui donna un 
successeur portant le nom d'Emmanuel. Cette nomination dut 
être faite au milieu de l'année 1385. Dès le 2 du mois de novembre 
suivant, l'évêque nommé et sacré, à ce qu'il parait, demandait 
au camerlingue du collège des cardinaux du temps pour payer 
les taxes ordinaires à la suite de sa possession. Il n'avait pas la 
possession de sa mense épiscopale et il ne l'eût jamais ; il lui était 
donc impossible de s'acquitter des sommes qu'on lui réclamait, 
si on ne lui accordait un délai raisonnable. Il obtint une proro- 
gation de plus de deux ans. C'est le seul renseignement que nous 
possédions sur ce prélat qui, jusqu'à ce jour, n'avait pas été 
signalé comme évêque de Fréjus » (1). 

a) Oallia nov.,\, 2U-yih. 



82 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



LOUIS DE BOUILLAG 
(1385-1405) 



Sommaire. — La nomination. — Actes épiscopaux. — Le Livre rouge.— 
Les habitants de. Saint-Raphaël et de Fayence. — Actes seigneu- 
riaux. — Difficultés avec les habitants de Fréjus et certains 
seigneurs. — Confirmation de la juridiction temporelle des évêques. 



« Louis de BouillaCj qui porte encore dans sa note mortuaire le 
surnom de Nova, était un religieux de l'ordre de Saint-Augustin, 
prieur du prieuré de Carmelis, au diocèse de Saint-Flour, prêtre 
et licencié en droit canon. Ses provisions ne sont pas dans la 
forme ordinaire, car, au lieu de le nommer directement, le Pape 
chargea le cardinal Jean de Brogny de s'enquérir des qualités 
du personnage qu'on lui avait signalé comme digne d'être élevé 
à l'épiscopat, et l'investir en son nom de l'évéché de Fréjus, si 
les informations lui étaient favorables. Le diocèse de Fréjus , 
comme tous ceux de la Provence, reconnaissait l'obédience de 
Clément Vil (1), aussi Louis de Bouillac put monter, sans 
opposition, sur le siège de notre église ; il fît hommage de son 



(P A Fréjus, les actes publics se dataient encore, en 1401, par les années du pontificat de 
l'antipape Benoit XIII, (Fanguatoris, notaire à Fréjns, année 1401,) Le 26 février 1403, le 
prévôt de Pigoaas obtint du même antipape, en faveur du prieuré de l'Âlmanarre d'Hrères, 
l'église de Saint-Etienne-da-Pont, dans le diocèse de Toaloa. (Bouche. Biit, de Protenee). 



DU Xni® A LA FIN DU XVIU® SIÈCLE 83 

évôché et prêta serment à la reine Marie, mère et tutrice du 
jeune roi Louis II , comte de Provence , le 7 décembre 1386 , 
hommage et serment qu'il renouvela, le 12 octobre 1399, au roi 
lui-même quand il eut atteint sa majorité » (1). 

Nous connaissons quelques actes de son administration épis- 
copale. En 1388, il approuvait la nomination du prieur de 
Saint-Michel de la Roque au prieuré de Campdumy, faite par la 
prieure de la Celle, Alasacie de Pontevès. Il visita, en 1399, son 
diocèse: il était, le 25 janvier, à Barjols, où il donna la tonsure 
à Fouquet de Robilant; le 31, à Bargemon. Ce village possédait 
alors deux églises paroissiales, pour lesquelles il publia une 
ordonnance dont voici les principales dispositions: 

« L'office divin et le sacrement de l'autel devant être regardés 
comme la partie la plus noble du culte public, nous voulons que 
tous les lundis on chante dans l'église de Notre-Dame une messe 
de Requiem et qu'on y fasse une procession en l'honneur des 
morts. Nous voulons aussi qu'il y ait toujours de l'eau bénite, 
qu'on ouvre une porte dans le cloître, qu'on répare celle du 
dehors, qu'on les ferme toutes les jours non fériés et qu'on les 
tienne ouvertes les jours de fête, afin que le peuple puisse 
satisfaire sa dévotion en visitant l'église et les autels. Nous 
ordonnons enfin qu'on répare la toiture, qu'on place la cloche 
dans un lieu convenable, de manière à pouvoir la mettre en 
branle quand il le faudra ». Relativement à l'église de Saint- 
Etienne l'ordonnance portait « qu'on devait y réciter tous les 
jours les heures canoniales , y tenir deux curés et un autre 

(1) Gallia nov., I, col. 375. 



84 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

prêtre capable et acheter une grande croix de laiton, trois corpo- 
raux et trois amicts » (1). 

Ce fut sans doute au cours d'une de ses visites pastorales que 
Louis de Bouillac consacra l'église de Salernes, le 3 avril 1401 (2) 
et celle de Fayence, le 10 juillet. S'étant trouvé dépourvu, dans 
cette dernière paroisse, des reliques exigées par la liturgie, sa 
foi le rendit ingénieux: prenant une hostie consacrée, il la 
déposa respectueusement dans le tombeau de l'autel. Quarante 
jours d'indulgences furent accordés à ceux qui visiteraient cette 
église le jour anniversaire de sa consécration (3). 

Il nous reste de l'administration de Louis de Bouillac un titre 
bien précieux : le Livre Rouge ou Authenticum Ruheum , dans 
lequel sont mentionnés les possessions, revenus et dépenses 
de l'évêché. Ce qui donne à ce document une valeur encore 
plus grande, c'est qu'il n'est que la reproduction d'un autre 
manuscrit beaucoup plus ancien, dont la transcription fut faite, 
en 1411, sur les ordres de l'évêque , par Guillaume Delphin , 
notaire à Draguignan. 

La première partie nous fait connaître le nombre des maisons, 
des terres et des autres immeubles appartenant à l'évêque dans 
les lieux qui relevaient de sa juridiction temporelle, ainsi que 
la quotité des redevances annuelles qu'il en retirait. Ces lieux 
étaient alors: Fréjus , le Puget , Saint- Raphaël , Villepey , 

(Ij Sauzède. Histoire de Bargemon. Appendice. 

(2) Arch. dép'<». Visites pastorales de 1G77. Salernes. 

(3) Le procès-verbal de celte consécration, trouvé au-dessous de la pierre du maître-autel 
de l'église de Fayence sous Zongo Ondedei, fut transcrit, par l'ordre de ce prélat, sur le 
registre des procès-verbaux des visites pastorales.— Arch. dép'". Visites pastorales. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVlIl'^ SIÈCLE 85 

Esclans, le Revest, Ramatuelle, Bagnols, Flayosc, Bargemon, 
Facas, Faïence, Seillans, Borigaille et Montauroux. Suit la 
nomenclature des paroisses clans lesquelles l'évêque prélevait 
ladime, savoir: le Muy, Draguignan (où la communauté des 
juifs donnait personnellement quatre livres de cierges en cire), 
Palaison , Lorgues , Callian, Puybresson, Avaye , Séranon ^ 
Escragnolles et Chàteauvieux. Un grand nombre d'églises 
devaient seulement un cens annuel de blé ou d'orge; c'étaient 
celles de : Pontevès , Gonfaron, Amphoux, Vidauban^ Ville- 
vieille, Cagnosc, Valmoi/ssine, Garces, Villehaute, Gabasse, 
Flayosquet, Saint-Pierre de Miramas , Gallas, Reynier, Notre- 
Dame de Spéluque de Montfort, Saint-Martin de Ghâteaudouble, 
Favas , la Lauzade , Saint-Pierre du Luc, Blanquefort , Cainp- 
dumy, Gotignac, Tourtour, Saint-Etienne-du-Clocher, Flassans, 
Sainte-Marie de Valbergue , Sainte-Marne d'Esclapon. D'autres 
donnaient une redevance en argent ou l'ajoutaient à la pension 
en céréales qu'elles payaient déjà. Parmi elles se trouvaient les 
églises du Gannet, de Grimaud, Blanquefort, Flassans, Gabasse, 
Gotignac, Garces, Pontevès, Siguemanne, Fox-Amphoux, Favas, 
Vins et Saint-Pierre de Miramas. 

Les excommuniés, tant qu'ils n'étaient pas relevés de leurs 
censures, devaient payer un droit à l'évêque , savoir : cinq sous 
par mois les laïques, dix les clercs et les moines^ quinze les 
prêtres. Enfin, tout prieur et vicaire perpétuel, qui s'absentait 
du synode sans motif (1), était frappé, au profit de l'évêque, 
d'une amende de huit sous. 

(1) Le synode se tenait alors le jour de saint Luc et la 3< semaine après Pâques. 

6 



86 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Après le chapitre des revenus vient celui des dépenses. 

Malgré le nombre des personnages préposés à l'administration 
ecclésiastique ou judiciaire du diocèse et celui des serviteurs 
attachés au matériel de l'évêché, les charges de la mense 
épiscopale étaient relativement peu considérables. On comptait 
au premier rang l'ofificial, le procureur fiscal, le clavaire et 
le v'guier; après eux, les deux notaires de l'évéché, ceux 
des vice-officialités du Freynet, de Draguignan, du Luc et de 
Flayosc, les avocats et les procureurs chargés de défendre les 
procès de l'évêque à Aix ou à Draguignan. Le service de table 
était fait par un bouteiller, un boulanger et un cuisinier ; enfin , 
les bas-offices comprenaient un gardien du moulin, un valet 
chargé de conduire l'âne qui portait la farine et le bois, trois 
gardiens pour les porcs, deux pour les vaches. Ce personnel 
touchait un traitement plus ou moins élevé selon la nature de 
l'emploi. L'official, s'il était vicaire général, recevait cent florins 
et les vêtements; le procureur fiscal, les vêtements et vingt-cinq 
florins; le clavaire, les vêtements seuls. Quant au viguier et aux 
notaires, ils étaient rétribués au prorata de leurs travaux; 
les baillis de Flayosc et de Fayence recevaient pour leurs hono- 
raires six mesures de vin et douze setiers de blé (1). 

Quelques églises du diocèse devaient en outre des pensions 
annuelles au chapitre de Fréjus : de ce nombre celle de Dra- 
guignan, dont la redevance était même assez importante pour 
former une prébende canonicale. C'est ainsi qu'en 1403, une 
transaction intervint entre Louis de Bouillac et le vicaire Jean, 

(1) L'original incomplet de VÀuthenticum Rubeum est aux archives de l'évêelié. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl'^ SIÈCLE 87 

deSeillans, pour simplifier le mode d'envoi des pensions. Il fut 
convenu que l'évèque les recevrait en totalité et remettrait à 
chacun des chanoines sa part, après avoir retenu la sienne (1). 

Indépendamment de leur palais épiscopal de Fréjus, les 
évêques possédaient encore des châteaux dans la plupart des 
lieux dont ils étaient les seigneurs temporels, notamment au 
Puget , à Fayence et à Saint-Raphaël. Celui du Puget s'élevait 
sur le monticule au pied duquel le village actuel est hâti. C'était, 
dit Antelmy, une véritable forteresse qui, en temps de guerre, 
rendit de très grands services à la contrée, car du haut de ses 
murailles la vue s'étend au loin sur terre et sur mer (2). 

Louis de Bouillac était dans ce château-fort au mois d'octobre 
1392, sans doute pour s'y abriter contre les attaques de Raymond 
deTurenne, dont les soldats parcouraient alors nos contrées. 
Car partout on organisait la défense contre cet aventurier. Déjà, 
le 15 août 1390, les Etats généraux convoqués à Aix, auxquels 
assista Louis de Bouillac, avaient pris des mesures pour s'op- 
poser à ses dépradalions; l'année suivante, les habitants de 
Callian avaient transporté les reliques de sainte Maxime à Fréjus 
pour les soustraire à toute profanation. 

Les habitants de Saint-Raphaël voulurent eux aussi se mettre 
à l'abri d'un coup de main. Le 25 octobre 1392, leurs délégués 
vinrent prier l'évèque de placer des gardes dans la tour du 
château. Louis de Bouillac leur fit répondre par son vicaire 
général, Léonard Clément^ qu'il n'était pas obligé de veiller à 



(1) Fanguatoris, notaire à Fréjus. 

(2) Antelmy. Descript. du diocèse, p. 361. 



88 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

leur défense, que ce soin les regardait. Sans se laisser rebuter 
par ce refus, les habitants de Saint-Raphaël renvoyèrent sur le 
champ au Puget leurs délégués renouveler leurs instances auprès 
du prélat. Sa réponse fut la même. 

Mais à son tour Louis de Bouillac dut céder devant la résis- 
tance de vassaux moins dociles. Se trouvant à Fayence en 1396, 
il voulut obliger les habitants à monter la garde, pendant la 
nuit, autour de son château. Ceux-ci de protester contre une 
corvée à laquelle ils ne sont pas tenus. Alors, le prélat parle- 
mente : ft Ce n'est pas, dit-il, un droit que j'exige, mais un 
service précieux que je demande ». A ces mots, les habitants, 
revenus à des dispositions plus conciliantes, promettent de faire 
cette garde de bonne grâce, et par pure condescendance, sans 
vouloir s'engager pour l'avenir (1). 

Malgré les tendances autoritaires que révèlent ces deux faits, 
il faut dire à la louange de Louis de Bouillac , qu'il comprit les 
besoins de son époque et demeura profondément dévoué aux 
intérêts de son pays. Nous l'avons déjà vu prendre part à la 
défense de la Provence en assistant aux Etats généraux de 
1390; il se fit représenter à ceux qui se tinrent à Aix, le 25 avril 
1401. De plus, afin de faciliter la levée des troupes destinées à 
combattre les rebelles et contribuer à leur entretien, il consentit 
à engager, pour la somme de quatre mille florins pendant cinq 
ans, le château et le village du Puget. Mais avant l'expiration 
du terme, le comte de Provence avait payé sa dette et Louis de 
Bouillac rentrait en jouissance de son fief (2). 

(1) Archives de l'évôché. Notice manuscrite extraite du Livre Peloux. 

(2) Arch. dép'««. Inventaire de l'évôché, année 1392. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 89 

Un tel dévouement lui valut à plusieurs reprises les faveurs 
de son suzerain. Déjà les habitants de Fréjus avaient essayé 
de se soustraire à l'autorité seigneuriale de leur évêque ; ils 
refusaient surtout de reconnaître ses officiers de justice, et se 
présentaient devant le viguier et capitaine de Draguignan. 
Informés de ces résistances, le roi Louis II et la reine Yolande 
confirmèrent de nouveau à Louis de Bouillac sa juridiction 
temporelle sur la ville épiscopale et défendirent aux habitants 
comme aux juges d'en troubler l'exercice, sous peine d'une 
amende de cent marcs d'or (1). 

Deux gentilshommes provençaux contestaient aussi à l'évêque 
de Fréjus certains droits de juridiction : l'un d'eux, Louis de 
Requislon, coseigneur deBagnols, refusant de lui faire hom- 
mage; l'autre, Boniface de Soleillas, coseigneur de Seillans, 
ne voulant pas payer la pension féodale. Le comte de Provence, 
auquel l'évêque avait porté ses doléances, lui donna chaque fois, 
en 1401 et 1404, pleine satisfaction (2). 

Louis de Bouillac mourut dans sa ville épiscopale, le 13 avril 
1405. Selon ses intentions et, comme il s'exprime dans son 
testament, « à cause de la cordiale affection qu'il portait à sa 
vénérable épouse, l'église de Fréjus, » il fut enseveli dans le 
tombeau qu'il s'était fait préparer dans la cathédrale, à côté de 
l'autel de Saint-Etienne (3). 



(1) Arch. dép'". Inventaire de l'évèclié, année 1392. 

{-!) Id. 

(3) Girardin. Hitt. de Fréjus, II, 224. 



90 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

GILLES JUVENIS 

(1408-1422) 



Sommaire. — La vacance du siège. — Nomination de Gilles Juvenis. — 
Son assiduité ù la cour du comte de Provence. — Fondation de la 
collégiale de Lorgues. — Confirmation des privilèges de révêché. 



A la mort de Louis de Bouillac, l'Eglise était toujours déchirée 
par le grand schisme d'Occident. Aussi la nomination de son 
successeur resta quatre ans à se faire. Pendant ce temps le 
diocèse fut administré au nom de Benoit XIII, soit par Robert de 
Bosc, évéque de Mende, soit par le cardinal de Poitiers (1). Ce fut 
alors, et non du vivant de Louis de Bouillac, comme le suppose 
Girardin, que Benoit XIII vint en personne à Fréjus. Cette visite 
eut lieu, dit M. Albanès, le 17 novembre 1406. 

Enfin la vacance du siège cessa par la nomination de Gilles 
Juvenis. « Ce prélat faisait partie de la cour du Pape reconnu 
en Provence, à titre de secrétaire, ou plutôt, il y occupait un 
poste connu sous le nom de rédacteur ou abbréviateur « de 
curià ». Il était en même temps chanoine-chantre de l'église de 
Reims. Gilles avait suivi le Pape à Marseille en 1407, et y 



(1) Le 3 octobre 1407, on annonce au conseil communal de Draguignan que le cardinal de 
Poitiers doit arriver le même jour ou le lendemain dans la ville, accompagné du précbantre 
de Fréjus, et ou délibère de les recevoir comme il convient et de s'entendre avec le dit 
capiscol au sujet de l'administralloii des écoles.— Arch. c'" de Draguignan. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVII1« SIÈCLE 91 

signait à Saint- Victor deux actes du 26 février et du 21 avril. 
Le 27 mai suivant, il fut envoyé en France par le collège des 
cardinaux et partit muni de lettres de créance pour l'archevêque 
de Rouen et l'évêque de Ghâlons. Il ne tarda pas à devenir 
évêque de Fréjus vers la fin de la dite année ou tout-à-fait dans 
les premiers jours de 1408; le 10 janvier, il était à Aix, au palais 
royal, et il portait le titre d'élu de Fréjus, titre qu'on lui donne 
aussi le 13 novembre, dans des lettres du sénéchal expédiées 
au conseil du roi où il assistait » (1). 

Le nouvel évêque fut-il nommé par Benoit XIII, dont il était le 
serviteur, ou fut-il élu par le chapitre de son église? « Nous incli- 
nons, dit M. Albanès, vers cette seconde supposition, en voyant 
que pendant plus d'un an il ne se fit pas sacrer et qu'il demanda la 
confirmation de son élection, sans doute à son archevêque » (2). 

Gilles Juvenis, surtout au début de son épiscopat, résida plus 
souvent à la cour du comte de Provence que dans son diocèse. 
Chargé, en 1411, par la reine Yolande, d'une mission auprès du 
roi de France, il s'en acquitta à l'entière satisfaction de cette 
princesse qui lui confirma, par lettres patentes du 6 juin , les 
privilèges de l'église et de l'évêché de Fréjus. Une ordonnance 
du 20 juin suivant destitua même les officiers royaux de 
Ûraguignan qui ne cessaient de méconnaître les droits de 
l'évêque dans les lieux de sa juridiction (3). En août, octobre, 
novembre et décembre de la même année, sa présence à la cour 



(1) Gallia nov. I, 377-378. Inslrum. LI. 

(2) Ibid. id. 

(3) Arch. dép'". Invent, de l'évêché. 



92 LES ÉVÈQUES DE FUÉJUS 

est encore constatée, puisqu'il y est témoin, à ces diverses dates^ 
aux hommages de plusieurs gentilshommes. Nous le voyons, le 
10 décembre 1416, prendre part à la réunion des évêques tenue 
à Aix pour choisir des délégués au concile de Constance; il se fit 
seulement représenter aux Etats de Provence du 10 mai 1420 (1). 

Le seul acte connu de l'administration épiscopale de Gilles 
Juvenis est la fondation de la collégiale de Lorgues, le 26 août 
1421 (2). La charte, dont l'original a disparu^ en fut rédigée par 
Jean de Merval , du diocèse de Limoges. En voici quelques 
articles recueillis çà et là : « Le chapitre sera composé du doyen, 
du sacristain, du capiscol et de trois chanoines. — Les chanoines 
éliront le doyen, l'évêque nommera les autres membres. — Le 
sacristain aura la cure des âmes et se fera aider par deux ou 
trois chanoines. — Aucun candidat ne sera admis au canonicat, 
sous peine de perdre son bénéfice, ipso facto, s'il n'a l'âge et les 
qualités requises pour être ordonné prêtre dans le courant de 
l'année. — Les chanoines devront être de bonne vie et mœurs, 
assister avec exactitude aux offices, se soumettre à la pointe en 
cas d'absence, manger et coucher dans le même cloître; la viola- 
tion de ce dernier point entraînera la perte du canonicat » (3). 

Gilles Juvenis mourut le 1*^^" février 1422. 



(1) Galtia nov. 1, 3". 

(2) Celle date se lit non seulement dans Girardin fDescript.du diocèse, p. 130) et Antelniy 
[De Initiis, p. 1G7), m.iis encore dans les procès-verbaux des visites pastorales el tous les 
autres documents que nous avons consultés. Pourtant M. Albanès donne la date de 1419. 

(3) Arch. dép'". Ins. er.cl. passim. Notaires de Fréjus, passim. Cette charte est men- 
tionnée dans l'inventaire des tiircs et du mobilier de l'évêché dressé en 1477.— Fangualoris, 
notaire à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 93 

JEAN BÉLARD 

(1422-1449?) 



Sommaire. — Retour ù l'olGctioa par le chapitre. — lutimitc de Jean 
Bélard avec les comtes de Provence . — Confirmation des anciens 
privilèges et concessions nouvelles. — Hommage-lige des habitants 
do Fréjus, de Saint-Raphaël, de Fayence et du Puget. — Echange 
de juridiction seigneuriale: Flayosc et Roquebrunc. — Faveurs 
accordées aux habitants de Roquebrune. — Démêlés avec les consuls 
de Draguignan. — Les nouveaux statuts capitulaires. — Relâchement 
de la vie monastique à la Celle-Roubaud. — Sécularisation après de 
vaines tentatives de réforme. 



Depuis plus de cent ans, les papes d'Avignon s'étaient réservé 
la nomination des évéques. Mais le concile de Constance venait 
de révoquer ces dispositions transitoires, et les chapitres avaient 
repris leurs anciens droits. A la mort de Gilles Juvenis, les 
chancjines tinrent donc une assemblée capitulaire et, le 16 février 
1422, leur choix se porta sur Jean Bélard, licencié in utroque et 
doyen de l'église du Mans. Avant de parvenir à cette dignité, le 
nouvel élu avait été successivement chanoine de Poitiers, prieur 
de la paroisse de Colombier et bénéficier de la cathédrale dont il 
obtint plus tard le décanat. Son élection épiscopale fut confirmée, 
le 30 mars, par Martin V qui lui donna,, le 2 avril suivant, 
l'autorisation de se faire sacrer. 

Jean Bélard vécut toute sa vie dans l'intimité la plus grande 
avec les rois de Sicile, comtes de Provence, qui l'admirent dans 



94 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

leurs conseils. Aussi le voit-on sans cesse à Aix assister à 
l'expédition des affaires ou à la réception des hommages; les 
ordonnances royales mentionnent son nom à tout instant (1). 

L'évèque de Fréjus profita du crédit dont il jouissait pour 
assurer à son siège épiscopal de nouvelles faveurs. En 1424, il 
obtint de Louis III le droit des régales de Fréjus; le 24 février 
1428, le roi René lui confirma les anciens privilèges et lui 
accorda encore, le 31 décembre de la même année, les droits 
d'albergue de Bagnols et ceux du bac del'Argens; enfin, en 
1439, le même prince lui fit rendre un domaine appartenant à 
l'évêché qui avait été saisi par les officiers de Draguignan (2). 

La position enviée que Jean Bélard occupait à la cour lui 
donnait une grande influence dans les négociations des affaires 
et son intervention était souvent réclamée. C'est grâce à lui 
que fut signée, en 1425, entre les Dominicains d'Aix et le chapitre 
métropolitain une transaction qui mit fin à leurs démêlés. Le 
24 mars de l'année suivante, il fut chargé par le roi René de 
statuer sur le différend survenu entre la communauté de Reillane 
et le seigneur de Céreste, au sujet du péage établi par lui dans 
cette localité (3). 

Quoiqu'il eut fixé à Aix sa résidence habituelle, Jean Bélard 
séjourna quelque temps dans sa ville épiscopale. Nous l'y trou- 
vons, le l^"" mai 1423, faisant procéder par son vicaire général , 
Jean Gombaud, à la délimitation des terres de Palaison et du 



(1) :}allia nov. 1,378. 

(2) Id. Arch. dép'«*. Inventaire des litres de l'évêché. 

(3) Gallia nov. ï, 378. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 95 

Pugel Au mois d'octobre 1425 , il y reçoit l'hommage des 
habitants et, par son ordre, le crieur public annonce à son de 
trompe dans tous les carrefours de la ville, la défense, sous 
peine de cinquante livres d'amende et de la confiscation : 1*^ de 
tenir des troupeaux étrangers dans le terroir de Fréjus, de 
Saint-Raphaël ou du Puget, sans la permission de l'évêque ou 
de l'official; 2° de sortir les choses vendues ou achetées, sans 
payer le droit de lesde; 3° de vendre aucun poisson valant trois 
sols dans le ressort de la juridiction temporelle de l'évêque, 
sans la permission de la curie épiscopale et sans s'être aupara- 
vant assuré à l'évêché si l'on voulait en acheter (1). 

La cérémonie de l'hommage-lige se fit à Fréjus, le 21 octobre, 
dans le palais épiscopal; à Saint-Raphaël et au Puget, sur la 
place publique, les 23 octobre et l^'' novembre; à Fayence, le 
27 octobre, dans la cour du château. Avertis la veille parles 
annonces du crieur public, tous les chefs de famille, ayant à 
leur tête les syndics de la communauté, front découvert, vête- 
ments sans ceinture, vinrent, au jour indiqué, 's'agenouiller deux 
à deux devant l'évêque et, les mains levées sur le livre des 
Evangiles que le prélat tenait sur ses genoux, promirent solen- 
nellement d'être toute leur vie des sujets bons, obéissants et 
fidèles, de ne jamais conspirer contre lui, de ne pas s'opposer 
à l'exercice de sa justice, de faciliter, au contraire^ son admi- 
nistration et de donner à sa personne aide et conseil au besoin (2). 

Les habitants de Flayosc relevaient encore, à cette époque. 



(1) Arcli. de l'évêché. Manuscrit. 

(2) Id. 



96 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



de la juridiction temporelle des évêques, et il est probable qu'ils 
prêtèrent eux aussi à Jean Bélard le serment de fidélité. Malgré 
ces titres de possession, le roi René céda ce fief à Antoine de 
Villeneuve, baron de Trans. Jean Bélard réclama aussitôt contre 
cette inféodation; mais, pour le bien de la paix, il consentit à 
passer avec le nouveau seigneur de Flayosc, le 23 juin 1429, 
une transaction par laquelle celui-ci lui céda en échange la partie 
de juridiction qu'il possédait sur Roquebrune , Yillepeij et 
Palaison (1), transaction que le roi René confirma en 1439 (2). 
Les habitants de Roquebrune ne tardèrent pas à recevoir de 
leur nouveau seigneur des témoignages de sa sollicitude. Le 5 
décembre 1430, ils obtenaient du prieur de Pa/aîVon, par l'in- 
termédiaire de Jean Bélard, la permission de chasser et de 
couper du bois, pour leur usage personnel et moyennant une 
modique redevance, dans les terres du prieuré (3). 

Les affaires temporelles ne firent pas oublier à l'évêque 
l'administration de son diocèse. En 1425, il obligeait les consuls 
de Draguignan à réparer leur église paroissiale; plus tard, il 
soutenait contre eux, mais sans succès, un procès assez long 
au sujet de la nomination du vicaire perpétuel qui, d'après les 
règles canoniques, lui appartenait (4). Ces contestations furent 



(1) Arch. de l'évêché. Manuscrit. 

(2) Gallia nov. col. 379. 

(3) Fanguatoris, notaire à Fréjus. 

(4) Au commencement du quatorzième siècle, sur la liemaiide du comte de Provence, le 
pape Alexandre V avait uni l'église paroissiale de Draguignan à l'archidiaconé de l'église 
inétropolilaiiie d'Aix, à la charge par l'archidiacre de faire desservir cette paroisse par un 
vicaire perpétuel. Les évêques de Fréjus ne cessèrent de protester contre cet étal de choses. 



DU XllI*" A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 97 



sans doute la cause du retard qu'il mit à visiter cette paroisse. 
Dans une lettre pressante, datée du 23 novembre 1436, le conseil 
le suppliait de déléguer ses pouvoirs à l'abbé du Thoronet, s'il ne 
pouvait venir lui-même. L'évêque, cédant enfin à ces instances, 
se rendit à Draguignan où il fut reçu par les consuls qui lui 
offrirent des présents (1). 

Jean Bélard a attaché son nom à la publication de statuts 
capitulaires, appelés statuts nouveaux, ditGirardin, pour les 
distinguer de ceux qui furent rédigés sous Barthélémy Grassi. 
Promulgués en 1427, ils furent approuvés par le pape Eugène IV, 
le 11 mai 1430. L'un des principaux articles de ce règlement 
consacre le droit d'option des prébendes, basé jusqu'alors sur la 
coutume. « Considérant et voulant procurer, dit cet article, l'utilité 
de ceux qui se livrent assidûment au service divin et mus surtout 
par cette considération que ceux qui travaillent à la vigne du 
Seigneur ne doivent pas être privés de leur denier et que , 
d'après les règles du droit, ceux qui ont précédé les autres dans 
le travail doivent aussi les précéder dans les honneurs et la 
récompense, voulant encore imiter notre église métropolitaine 
d'Aix et quelques autres églises voisines, pendant la tenue de 
notre chapitre général, nous établissons et ordonnons que 
désormais les plus anciens chanoines de notre église, présents 
et futurs, pourront opter par degré, selon leur volonté, les pré- 
bendes, toutes les fois qu'il y en aura une de vacante dans notre 
église et de quelque manière qu'elle le soit, comme si la coutume 
existait déjà et que le statut fut d'une haute antiquité. Il en sera 

(3) Arch, cl" (le Draguignan. 



98 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

des maisons comme des bénéfices, elles seront également sou- 
mises à l'option du plus ancien chanoine, excepté celle du. prévôt 
qui lui sera toujours réservée ». Les statuts disposèrent aussi 
« que les membres du chapitre payeraient le jour de leur prise de 
possession les droits d'entrée (1), qu'ils garderaient la résidence 
au moins quelques mois de l'année (2) et qu'ils entretiendraient 
dans les églises de leur prébende un vicaire perpétuel » (3). 

Huit chanoines signèrent cet acte (4). L'un d'eux, Jean 
Gombaud, né à Guers, et qui, quelques années après, fut nommé 
évêque de Toulon, unissait à la dignité de chanoine de la cathé- 
drale les fonctions de vicaire général. C'est lui qui, en 1423, 
avait fait, au nom de l'évêque, la délimitation des terres du 
Puget et de Palaison. Il avait été également chargé par Jean 
Bélard de terminer un différend survenu entre les recteurs de 
l'hôpital de Callas (5). 

Pendant tout le temps de son épiscopat, Jean Bélard eut à 
s'occuper de la direction des religieuses de la Gelle-Houbaud. 
Ce monastère que sainte Rossoline avait jadis embaumé dn 
parfum de ses vertus^ était tombé dans le relâchement. Déjà, en 
1416, le chapitre général des Chartreux s'en était ému. Pour 



(1) Ces droits étaient les annates, les droits de chape, les droits de présence à la prise 
de possession et les étrennes aux serviteurs de la cathédrale. 

.2) Antelmy et Girardin disent t;ue ces statuts n'exigeaient que trois mois de présence 
dans la vie, mais ils ont mal lu le texte qui dit in anno. 

(3)Arch. dép'". Ins. eccL, an. 1C08. 

(4) Horace de Castillon, prévôt; Armand Fanguatoris, sacristain; Antoine Ricavi, Jean 
Gombaud, Boyer Clerici, Bergomat Castellane, PonsSuson et Antoine Raynaud, chanoines. 

(5) Gaudin, notaire à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 99 

couper le mal dans sa racine, les chefs de TOrdre défendirent 
de recevoir des novices dans ce monastère et confièrent la direc- 
tion des religieuses à Etienne Scarron qui, dix ans auparavant, 
avait rempli auprès d'elles les mêmes fonctions. « Ces tristes 
filles, disent les Bollandistes, auraient été certainement réfor- 
mées, si elles avaient pu l'être, mais leur perversité rendit 
inutiles tous les efforts », De guerre lasse, le chapitre de 1419 
plaça la Celle-Roubaud sous la surveillance des visiteurs et 
chargea le prieur de la Verne de présenter un mémoire définitif 
sur l'état de cette maison. Sur le rapport qui lui en fut fait, le 
chapitre de 1421 prononça la déchéance du monastère et son 
exclusion de l'Ordre cartusien. Les objets consacrés au culte 
furent enlevés de la chapelle et partagés entre le prieur de la 
Verne et celui de Montrieux. Les chartreuses de la Gelle- 
Roubaud passaient ainsi sous l'autorité de l'Ordinaire. L'évêque 
de Fréjus en confia la direction aux moines de Lérins; mais 
l'indiscipline n'en continua pas moins à régner parmi elles. C'est 
en vain que Jean Bélard eut alors recours à des prêtres du diocèse. 
Ces moniales incorrigibles lassèrent tous ceux qui travaillèrent 
à leur réforme. A la fin du siècle, elles furent sécularisées (1). 

La date de la nomination de son successeur assigne à l'an 
1449 la mort de Jean Bélard. Après avoir fondé, en 1447, son 
anniversaire à la cathédrale, il léguait dans son testament au 
couvent des Gélestins d'Avignon le capital nécessaire pour l'en- 
tretien d'un religieux (2). 



(1) Àcta SS. XVI octob. D. Lecoulteux. Annales de l'ordre cartusien, an. 1416-14^1. 

(2) De Initiis, p. 167 — Girardin. Hist. de Fréjus, II, p. 228. 



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100 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

JACQUES JOUVENEL DES URSINS 

(1449-1452) 



Sommaire — Sa famille et ses antécédents. — L'archevêché de Reims. — 
Son zèle contre le schisme. — Le patriarcat d'Antioche et le siège de 
Poitiers. — Sa nomination comme administrateur perpétuel de l'é- 
vèché de Fréjus. — Le vicaire général Pierre Hémon — Démission. 



Jacques Jouvenel des Ursins, le troisième des fils de Jean, 
baron de Trainel , en Champagne , et de Michelle de Vitry, 
naquit la 14 octobre 1410. Sa famille, française d'origine, prit le 
nom « des Ursins », quand un de ses membres, prévôt des 
marchands à Paris, reçut en récompense de ses services l'hôtel 
des Ursins et en adopta les armoiries. Ainsi Jacques Jouvenel 
ne se rattache ni de près , ni de loin à Franciot et à Léon des 
Ursins qui occupèrent le même siège épiscopal au siècle suivant. 

D'après le Gallia, Jacques Jouvenel était, avant son élévation 
à l'épiscopat, archidiacre de Paris, président de la Cour des 
Comptes, trésorier de la Sainte-Chapelle, chanoine et archidiacre 
de Reims. M. Albanès, au contraire, ne lui reconnaît que les titres 
de chanoine et trésorier de la Sainte-Chapelle de Bourges, de 
notaire apostolique et licencié en droit qui lui sont donnés par 
le pape Eugène IV, dans une bulle du 4 juin 1444. « Il obtint l'ar- 
chevêché de Reims, le 25 septembre de la même année, et vint 
revêtu de ce titre à Marseille pour requérir au nom du roi René, 
l'arrestation de Luc Doria. Il montra un grand zèle pour l'extinc- 



DU XUI^ A LA FIN DU XVIII*^ SIÈCLE 101 

lion du schisme, écrivit à ce sujet des lettres remarquables (l) 
et réussit à obtenir la soumission de l'antipape Félix V. Pour 
le récompenser de ses services , Nicolas V le fit patriarche 
d'Antioche, le 3 mars 1449, et, comme il venait de se démettre 
de son archevêché en faveur de son frère Jean, le Pape lui donna_, 
le même jour, le siège épiscopal de Poitiers auquel les chanoines 
de cette église l'avaient élu » (2). Il fut aussi nommé administrateur 
perpétuel de l'évêché de Fréjus (3), mais en réalité le diocèse ne 
fut administré que par le vicaire général Pierre Hémon; car on 
ne voit nulle part qu'il se soit montré à ses diocésains, tandis que 
dans les actes publics on ne cesse de constater l'intervention du 
vicaire général. C'est en effet Pierre Hémon qui, le 13 septembre 
1450j convoqua les chanoines dans la sacristie, au son de la 
cloche dite la Spitalière et les somma de détruire un moulin qu'ils 
avaient construit au quartier du Reyran (4); c'est lui encore qui 
passa avec des bergers de la Braque plusieurs conventions pour 
le pacage de leurs troupeaux (5). 

Jacques Jouvenel se démit de l'évêché de Fréjus, le 30 octobre 
1452, et obtint en compensation le riche prieuré de Saint-Martin 
des Champs à Paris, que son successeur sur le siège de Fréjus 
résigna en sa faveur. Il conserva l'évêché de Poitiers où il mourut 
le 12 mars 1456, après avoir fondé son anniversaire à Fréjus. 

(1) Luc d'Acliéri. Spécilége, IV, 345-340. 

(2) Gallia nov. 1, 379. 

(3) Dans les actes notariés il parait toujours avec ses trois litres de patriarche îd'Antioclie, 
d'évêque de Poitiers et d'administrateur perpétuel de révêché de Fréjus.— Fangualoris, not. 

(4) Acte sur parchemin servant de couvertureà un protocole des minutes du notariat de Fréjus. 

(5) Fangualoris, notaire h Fréjus. 

7 



102 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

JACQUES SÉGUIN 
(1452-1453) 



Originaire du diocèse de Clermont, Jacques Séguin était prieur 
du prieuré royal de Saint-Martin-des-Champs à Paris. Il 
convoitait l'évôché de Fréjus et, le 26 janvier 1451 , il écrivait à 
ses religieux que si ses désirs se réalisaient, il leur accorderait 
de grandes faveurs (1). Le plus sûr pour lui fut de s'entendre 
avec Jacques Jouvenel en lui cédant son prieuré de Saint-Martin 
pour en recevoir en retour l'évêché de Fréjus. Cette permutation 
se fit le 20 octobre 1452. 

De son administration épiscopale nous ne connaissons que le 
procès qu'il eut à soutenir en cour de Rome contre l'archidiacre 
d'Aix au sujet du vicariat perpétuel de Draguignan. L'archidiacre 
eut gain de cause; le Pape l'obligea seulement à faire desservir 
la paroisse de Draguignan par six prêtres amovibles (2). 

Jacques Séguin mourut ou se démit à la fin d'avril ou au com- 
mencement de mai 1453, puisque le 5 mai le siège était vacant et 
le diocèse administré par Bernard de Candia, protonotaire aposto- 
lique et vicaire général , qui devint prévôt du chapitre en 1462 (3). 



(1) Galtia nov. \, 380. 

(2) Poulie. Hist. de l'église paroissiale de Noire-Dame et Saint-Michel à Draguignan, 
p. 87-88. 

(3) Fanguatoris, notaire à Fréjus. 



DU XIII® A LA FIN DU XVII1« SIÈCLE 103 

GUILLAUME D'ESTAING 

(1453-1455) 



Cet évêque, que le Gallia chrisiiana désigne sous le nom seul 
de Guillaume, cardinal de la Sainte Eglise romaine^ serait encore 
pour nous un personnage mystérieux, si M. Albanès ne l'avait 
dégagé des ombres épaisses qui l'enveloppaient. « Après la mort 
de Jacques Séguin, dit-il, le pape Nicolas V donna l'évêché de 
Fréjus en comniende à Guillaume d'Estaing, cardinal-prêtre du 
titre de Sainte-Sabine qui eut ses bulles le 27 juin 1453. Le registre 
consistorial rapporte également au 27 juin cette nomination, en 
désignant le nouveau commendalaire sous le nom de cardinal de 
Metz » (1). 

« Guillaume d'Estaing, était un des cardinaux créés durant le 
schisme par l'antipape Félix V et que Nicolas V avait ensuite 
admis au rang des cardinaux légitimes. 11 lui avait déjà conféré 
l'évêché de Sion qu'il l'autorisait à conserver, et il lui donnait de 
plus la commende c'est-à-dire les revenus de l'évêché de Fréjus, 
pour en jouir cumulativement sans limite de temps. Il en jouit, 
en effet, jusqu'à sa mort qui arriva le 28 octobre 1455 » (2). 

(1) Plusieurs auteurs, comme Ântclmy dans ses notes manuscrites, après avoir reconnu 
l'existence de cet évèque, ont vu en lui le cardinal d'Esloutevillo. Mais, comme M Albanès 
le démontre, ce personnage n'est autre que le cardinal Guillaume d'Estaing qui portait le 
titre prcsbytéral en question et avait été archidiacre de Metz. 

(2) Gallia nov. I, 331. 



104 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

JEAN DU BELLAY 
(1455-1462) 



Sommaire. — L'abbé de Saint-Florent de Saumur, — Les vicaires 
généraux. — Démêlés avec les officiers de justice et la cour royale 
de Draguignan. — Confirmation des droits temporels de l'évéché. — 
Permutation avec l'évêque de Poitiers. 



Issu d'une illustre famille de l'Anjou qui devait, au XIII« siècle, 
donner encore un évêque à Fréjus, Jean du Bellay reçut l'édu- 
cation monastique dans l'abbaye de Saint-Florent de Saumur, 
sous la direction de son oncle qui en était l'abbé. Il fit dans ses 
mains profession de la vie religieuse et lui succéda en 1431. 

Le roi René, qui avait pour le jeune abbé de Saint-Florent 
une affection très vive, lui conféra, en 1455, l'évécbé de Fréjus. 
Son choix fut ratifié parle Saint-Siège, le 7 novembre de la 
même année, et Jean du Bellay fut sacré, le 21 mars 1456, dans 
la cathédrale d'Angers par le cardinal de Coëtivi assisté des 
évêques de Marseille et d'Uzès (1). 

Jean du Bellay, qui était très attaché à son abbaye de Saint- 
Florent, ne put jamais se résoudre à la quitter. II confia l'admi- 
nistration de son dioc-^se à ses grands vicaires Michel Grolcan (2) 



(1) Gallialuov. \l,tcoL'_3d2. 

(3) Girardin l'appelle Groleau, mais Grolealnus est le nom que donnent à ce personnage 
les actes de l'époque.— Honorât, notaire à Fréjus, an. )4G1. 



DU XIII"^ A LA FIN DU XYIIl*^ SIÈCLE 105 

et Guillaume Glarambaud, vicaire de Flayosc. Celui-ci fit, le 
17 mars 1460, la délimitation des territoires de Fayence et 
d'Avaye; l'autre afferma, le 20 juin 1461 , les dîmes de Bagnols^ 
de Roquebrune et du Puget (1). 

Bien qu'éloigné de la ville épiscopale, Jean du Bellay sut 
faire respecter, grâce à l'amitié du roi René, les droits temporels 
de son évêché. Malgré les ordonnances antérieures, les officiers 
de Draguignan ne cessaient de venir à Fréjus informer sur 
les délits et les crimes. En 1457, ils firent arrêter deux faux 
monnayeurs. Sur la plainte de l'évêque, le roi ordonna aux 
juges de Draguignan de reconduire les accusés dans les prisons 
épiscopales, avec défense d'inquiéter désormais l'évêque dans 
l'exercice de la justice pour tout crime ou délit qui se commet- 
trait sur le territoire de Fréjus et la rivière de l'Argens. De 
son côté la cour royale de Draguignan réclamait à l'évêque 
une pension de deux sous et six deniers pour le territoire 
de Borigaille et quelques autres droits. Le 24 avril 1461, 
une sentence du roi René confirma la jouissance de l'évêque 
à condition que, chaque année, la veille de Noël, il payerait 
à la cour de Draguignan une livre de poivre et huit sous 
coronats (2). 

Jean du Bellay comprenant cependant qu'il ne pourrait à 
si grande distance continuer à diriger son diocèse, demanda 
un siège épiscopal plus rapproché de sa chère abbaye. Celui 



(1) Arch. déparl'". Inventaire des litres de l'cvéelié de 1719. — Archives de rôvèclié. 
Manuscrit 
(3) Ibid. id. 



106 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

de Poitiers était alors occupé par Léon Guérinet. Il entama avec 
ce prélat des négociations à la suite desquelles une permutation 
eut lieu entre les deux évoques, moyennant une pension de six 
cents florins que Jean du Bellay s'obligeait à payer à son 
confrère. Cette permutation fut approuvée par le Saint-Siège le 
29 mars 1462. 

Jusqu'à sa mort, survenue le 3 septembre 1479, Jean du Bellay 
conserva le siège épiscopal de Poitiers. Il fut enseveli dans 
l'église de son abbaye. Son neveu, Louis du Bellay, qui lui avait 
succédé, en 1474, sur le siège abbatial de Saint-Florent^ par 
suite de la résignation faite en sa faveur, écrivit au chapitre de 
Fréjus pour l'informer du décès de son oncle et demander des 
prières pour le prélat défunt (1). 



(1) Galtia nov. I, col. 383. 



DU Xni® A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 107 

LÉON GUÉRINET 

(1462-1472) 



Sommaire. — La famille. — Actes de népotisme. — Plainte des habitants 
de Frùjus. — Intervention du sénéchal.— Commencement du procès 
de la juridiction temporelle. — Démission. 



Léon Guérinet, qui fut nommé aussi Léonet Garinetli dans 
quelques actes officiels, était doyen du chapitre de Poitiers, 
dont il occupa le siège épiscopal en 1457. Nous l'avons vu, en 
1462, remplacer par permutation Jean du Bellay sur celui de 
Fréjus (1). 

Avant de prendre possession de son nouvel évêché, il envoya 
son frère Denys à Fréjus pour arrenter les droits épiscopaux. Il 
fit de ce frère, prêtre et licencié en droit, son vicaire général et 
le chargea, en 1463, d'attaquer l'union du prieuré de Saint-Michel 
de Favas avec celui de Saint-Etienne de Bargemon faite en 1447. 
L'affaire fut portée devant le roi René qui donna gain de cause 
au prieur de Saint-Etienne (2). 



(Il < Il n'y a rien de fondé dans ce qu'on a dit d'un certain Jean Gothon, qui aurait été en 
1664 le concurrent de Léon Guérinet pour l'évêché de Fréjus. La note à laquelle on se 
réfère a été mal lue et mal datée; elle est de 1444, et du temps de Jean Bélard, dont le 
nom y figure changé en Jean de Seillon ». — Gallia nov. I, col. 386. 

(2) Sauzède. Uist. de Bargemun. 



108 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

L'évêque intervint lui-môme pour faire la délimitation des 
territoires de Montauroux et de Tournon. Les parties s'étant 
présentées devant lui, l'acte fut passé, le 31 août 1469, dans le 
réfectoire du château de Fayence où il se trouvait alors (1). 

Léon Guérinet avait un autre frère, nommé François, qu'il 
employait aussi dans la gestion de ses affaires temporelles et un 
neveu, du même nom, qu'il nomma viguier de Fréjus malgré 
sa jeunesse et son incapacité. Les habitants s'en plaignirent au 
sénéchal de Provence qui, le 14 novembre 1470, enjoignit à 
l'évêque de lui envoyer ce jeune homme pour l'examiner^ avec 
défense de nommer un autre viguier sans son agrément (2). 

Ces actes de népotisme et les exigences que montrèrent les 
membres de sa famille pour le recouvrement des droits seigneu- 
riaux ne furent sans doute pas étrangers à la résolution des 
habitants de Fréjus de se soustraire à la juridiction seigneuriale 
de leur évêque. Devant le danger qui le menace , Léon Guérinet 
met tout en œuvre pour sauvegarder les privilèges de son 
évêché. Un de ses neveux, Jean Brunet, est envoyé à Rome, 
à Paris^ àAix, à Avignon, partout où il y avait documents à 
recueillir, avocats à consulter. L'évêque récompensa le zèle de 
cet agent dévoué en le mariant à Fréjus et le dotant de six cents 
livres (3). 

« Après dix ans d'épiscopat, dit M. Albanès, Léon Guérinet 
s'en alla comme il était venu, donnant sa démission de l'évêché 



(1) Arch, dép'" . Inventaire de 1719, archives de l'évêché, Manuscrit. 

(2) Gallia nov. Instrum.. LVl. 

(3) Fanguatoris, notaire à Fréjus, 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 109 

de Fréjus^ en 1472, comme il avait donné, en 1462, celle de 
l'évêché de Poitiers et en s'y réservant une pension de quinze 
cents florins ». Il laissa, en partant, Jean Brunet pour toucher 
les arrérages de la mense épiscopale et régler ses dettes (1), et 
se retira à la Roche-Pusaye, aux environs de Poitiers (2) où il 
vécut encore au moins dix ans, puisque, le 9 octobre 1482, il 
présidait à Angers une partie des obsèques du roi René (3). 



(1) Parmi ces dettes on trouve 300 livres pour la dot de son neveu, 40 llorins à un notaire 
d'Aix, 17 llorins à un habitant de Draguignan, 25 llorins à son domestique de Fajence, 30 
florins à celui deFréjus.— Fanguatoris, notaire à Fréjus. 

(2) Gallia christiana. 

(3) Lecoy de la Marche. Le roiUené, 11, 39. 



110 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

RÉGINALD D'ANGLIXE 

(1472) 



« Le 18 juillet 1472 , dit M. Albanès, le pape Sixte IV accepta 
la démission remise entre ses mains par Léon Guérinet et 
nomma aussitôt à l'évêché de Fréjus le procureur du roi de 
France à Rome, qui se nommait Réginald, en assignant à son 
prédécesseur une pension sur les revenus de la mense épisco- 
pale. Dès le 31 du même mois, son représentant s'engageait à 
payer à la chambre apostolique les redevances d'usage. Le nom 
de famille du nouvel élu, qui n'est pas dans les registres romains, 
nous a été conservé par un notaire de Fréjus, qui reçut un acte 
par lequel le clavaire de l'évêché demandait au grand vicaire 
d'être autorisé à payer à Raymond Altoviti , de Marseille, la 
somme de onze cent cinquante ducats qu'il s'était engagé, par 
ordre du roi, à lui remettre (1); cette somme devait servir à solder 
les taxes dues à la cour de Rome pour la vacance qui avait eu 
lieu par la mort de Raynaud d'Angline, récemment pourvu de 
l'évêché. Ce document nous apprend, non seulenient que Réginald 
ou Raynaud avait été fait évêque de cette ville, ce que nous 



(1) Nous avons découvert et signalé nous-mênie à M. le chanoine Albanès l'acte notarié 
qui donne le nom de famille de Réginald et la quittance du clavaire de l'évêclié dans le 
protocole du notaire Fanguatoris à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 111 

savons par ailleurs, mais qu'il y était reconnu, que sa mort 
venait de faire vaquer l'évêché une fois de plus. Les onze cent 
cinquante ducats furent payés; ils sont portés sur les registres 
du clavaire qui existent encore dans le fonds de la Cour des 
Comptes d'Aix; mais l'évêque nommé, s'il put être sacré, ne 
vécut pas deux mois, étant déjà mort et remplacé au mois de 
septembre qui suivit sa préconisation. L'intervention d'un pro- 
cureur, pour le paiement de l'annate, prouve que le prélat n'était 
point alors en cour de Rome, et sans pouvoir dire où, il est 
certain qu'il mourut « extra curiam » (1). 



(1) Gallianov. I, col. 384-385. 



112 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

URBAIN DE FIESQUE 
(1472-1485) 



Sommaire. — Conflit du Saint-Siège avec le roi René. — Uinterdit. — 
La réconciliation. — Repeuplement de Ragnols. — Urbain de Fiesque 
à Fréjus. — Ses voyages à Rome. — La seigneurie temporelle. — 
Les vicaires généraux. — Saint Franr-ois do Paule. — La Peste en 
Provence. — Arrivée de Saint François de Paule. — Le miracle de 
Bormes. — Son passage à Fréjus. — Cessation du fléau. — Mort 
d'Urbain de Fiesque à Rome. 



A la mort de Réginald d'Angline, Sixte IV, sans même en 
prévenir le roi René qui avait disposé jusqu'à ce jour de toutes 
les' nominations épiscopales, promut à l'évôché de Fréjus 
Urbain de Fiesque, protonotaire apostolique, attaché à la 
cour romaine. Le monarque irrité fit mettre sous séquestre 
les biens de la mense épiscopale, nomma un capitaine et un 
clavaire pour les administrer, et poussa les chanoines à ne 
pas reconnaître l'élu du pontife romain. Ces conseils furent 
malheureusement écoutés. Le chapitre considérant le siège 
comme vacant, nomma un vicaire capitulaire, et tout se fit en 
dehors du pasteur légitime. 

Sixte IV dut recourir aux foudres ecclésiastiques; il excom- 
munia les exécuteurs des ordres du roi ainsi que les chanoines 
de la cathédrale et jeta l'interdit sur les églises de Fréjus. 
Il fut dès lors impossible aux habitants de la ville épiscopale 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 113 

d'assister aux offices et d'accomplir leurs devoirs religieux. 
Pendant deux ans, ils se dispersèrent les dimanches et les jours 
de fête dans les villages voisins. En 1474, le jour des Rameaux, 
des corsaires qui se tenaient au large, profitant de cette circons- 
tance, descendirent à terre, pénétrèrent dans la ville et pillèrent 
les maisons (1). 

Le roi René, dit son historien, était trop sensible aux maux 
de ses sujets pour ne pas être profondément affligé de ce résultat. 
Il écrivit au Souverain Pontife, le 14 novembre 1474, une lettre 
fort remarquable, montrant à la fois les sentiments de respect 
qu'il nourrissait au fond pour le Saint-Siège et les idées qu'il 
professait sur la distinction des pouvoirs spirituel et temporel : 
« Vous avez la clef des cieux, disait-il au Pape, mais dans la 
conduite des choses périssables, ne faut-il pas aux princes une 
force dont les effets visibles maintiennent l'ordre en tout lieu et 
garantissent à Votre Sainteté même la vénération? En donnant 
un pasteur à l'église de Fréjus sans nous en avoir informé et en 
exigeant ainsi de nos sujets des sacrifices matériels dont nous 
seul pouvons et devons disposer. Votre Sainteté n'a-t-elle pas 
confondu ses droits avec les nôtres? » Et il terminait par le 
tableau du malheur qui avait frappé les habitants de Fréjus, en 
exprimant l'espoir que le pasteur nommé trouverait un autre 
troupeau dont les sympathies ne lui seraient pas enlevées par le 
souvenir d'un désastre irréparable. Le Pape s'expliqua de son 
côté : il déclara qu'il n'avait voulu excommunier que les chanoi- 
nes; il leva en conséquence toutes les censures qui pouvaient 

(l) Bouche, Hisl. de Provence, 11, 476.— Girardin, Aubenas. Uist. de Fréjus, etc. 



114 LES ÉVÊQUES DE FRÉJLS 

atteindre les officiers royaux, en protestant qu'il n'avait pas eu 
l'intention de les étendre à la personne du prince, mais il refusa 
de transférer Urbain à un autre siège. Au bout de deux ans de 
résistance, le chapitre se soumit et reçut l'élu de Rome pour 
évêque avec l'assentiment du comte de Provence. Ainsi fut apaisé 
un conflit qui pouvait avoir les plus funestes conséquences, si 
des ménagements et des concessions réciproques n'en avaient 
atténué la gravité (1). 

Quand les chanoines eurent fait leur soumission, le légat 
d'Avignon, Julien de la Rovère, donna, le 4 avril 1476, à Pierre 
d'Alexandre d'Urbin, auditeur de la légation, les pouvoirs de 
vicaire général du Saint-Siège pour relever de l'interdit et de 
l'incapacité de posséder des bénéfices les ecclésiastiques venus à 
résipiscence qui avaient remis leurs prébendes entre les mains 
du Saint-Père (2). Le commissaire apostolique vint dans la ville 
épiscopale prononcer la levée de l'excommunication et de l'in- 
terdit; puis il nomma, au nom du Saint-Siège, comme vicaire 
général de Tévêché vacant, l'archidiacre Jean Rodulphe, dont 
le frère Claude, seigneur de Verdailles, avait depuis deux ans 
l'administration de la mense (3). 

L'un des premiers soins du vicaire général fut de faire visiter 
les paroisses et administrer le sacrement de confirmation par 

(1) Lecoy de la Marche. Hist. du roi René, 1, p. 581. 

(2) Arch. des B.-du-R. B. 700. 

(3] Les divers actes administratifs de cette époque portent cette mention : Sextus in 
cujux manibus prœdictus episcopatus existit. Johannes Rodulfus, vicarius generalis 
episcopatûs Forojuliensis pro sanctissimo Dno nostro papa Sixto. — Protocoles de Fan- 
guatoris, nataiie à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 115 

l'évêque de Grasse. Ce prélat était en tournée pastorale à 
Villecroze, le 8 novembre 1476, et de retour à Fréjus le 18 
décembre. Ce jour- là, le clavaire épiscopal, Philippe Justi , 
présenta à Jean Rodulphe l'inventaire des archives et du mobi- 
lier de l'évéché (1). 

Quand les difficultés soulevées pendant cette longue vacance 
du siège eurent été aplanies, Urbain de Fiesque se fit précéder à 
Fréjus par son frère Hector, avocat consislorial, à qui il avait 
confié l'administration de ses revenus. Celui-ci, aussitôt après 
son arrivée, porta son attention sur l'état d'abandon dans lequel 
se trouvaient les terres du village de Bagnols détruit, depuis 
près d'un siècle , par Raymond de Turenne. Hector de Fiesque 
résolut de reconstruire les habitations et de remettre en culture 
les friches abandonnées en y attirant des colons. A l'exemple 
de Jean Cessa lorsqu'il voulut, sept ans auparavant, repeupler 
la ville de Saint-Tropez, il s'adressa lui aussi à un Génois, 
Louis Amero , de Feso, au diocèse d'Albenga, qui vint à la 
tête de vingt-cinq ou cinquante familles de son pays d'origine 
s'établir au nouveau village de Bagnols. Le 9 mars 1-477, 
fut passé dans une des salles de l'évéché l'acte d'habitation 
dans lequel Louis Amero s'engagea à reconnaître à perpétuité, 
lui et tous les habitants, présents et futurs, la suzeraineté de 
l'évêque, à lui payer la dîme et à lui prêter le serment de fidélité. 
De son côté, Hector de Fiesque promit au chef de la colonie de 
rendre héréditaire dans sa famille la charge de bailli ; il l'auto- 
risa à construire dans le territoire de Bagnols des moulins et 

(1; Fanguatoris, notaire à Fréjas. 



116 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

des scieries dont il aurait l'usage franc de tout droit, pendant 
quinze ans ; il prit en outre l'engagement de fournir aux 
nouveaux habitants le blé nécessaire pour les premières se- 
mailles; fixa pour le droit seigneurial le cens annuel d'un denier 
par maison, laissant à leur charge l'entretien du prêtre qui devait 
desservir le village (1). 

L'année ne s'était pas écoulée qu'Urbain de Fiesque venait 
enfin en personne prendre possession de son siège épiscopal. 
Son séjour n'y fut pas long, peut-être même fut-il limité au 
mois d'octobre, car c'est la seule époque à laquelle nous le 
voyons accomplir dans le diocèse des actes d'administration. 
C'est en effet le 15 octobre qu'il afferme le bailliage de Fayence (2), 
les dîmes de Saint-Raphaël et de Villepey pour une pension de 
mille florins. Le 19, il enlève leurs bénéfices aux ecclésiasti- 
ques qui ne s'étaient pas encore fait absoudre des censures 
encourues pendant l'interdit; le 22, il porte une ordonnance pour 
obliger, sous peine d'excommunication, les clercs et les prêtres 
à déclarer, dans l'espace de quinze jours, la valeur de leurs 
bénéfices. Le clergé s'empressa d'envoyer une députation à 
l'évêque pour lui offrir, comme des fils obéissants voulant 
exécuter^ les ordres du Saint-Père , la somme de cinq cents 
florins. Cette démarche toucha le prélat qui suspendit l'effet des 

(1) Fonds personnel. Papiers de Bagnols. 

(2) Dans cet acte l'évêque se réserve le droit d'établir et de révoquer ses baillis ; il permet 
aux liabitanls de couper des arbres dans la forêt do Bagnols, après avoir avisé le vicaire 
général ; il veut qu'on reçoive les passants dans la chambre que l'officier y possède. 
Témoins : Guillaume Gauffred, capiscol de Fréjus; Pierre Pinel, capiscol de Grasse; Pierre 
Raynaud, prieur de Tourtour.— Notaire Fanguatoris, à Fréjus. 



DU XllI^ A LA FIN DU XVIII*' SIÈCLE 117 

censures pour un temps illimité (1). C'est encore dans le courant 
d'octobre qu'il remboursa les sommes qu'on lui avait avancées 
pour le paiement des douze cents livres exigées par le fisc avant 
l'entrée en jouissance des revenus de la mense épiscopale (2). 

Trois mois après, Urbain de Fiesque était de retour à Rome 
où ses voyages furent d'ailleurs assez fréquents. Il était appelé 
dans la ville éternelle par les devoirs de sa charge de référen- 
daire du Pape qu'il avait conservée; il avait même, à ce titre, 
une chambre au palais pontifical (3). C'est de là qu'il envoya . le 
21 janvier 1478, à son frère Hector, les pouvoirs nécessaires 
pour faire hommage au roi, hommage qui fut reçu à Marseille 
le 23 février (4). 

Malgré cet acte solennel, des difficultés s'élevèrent bientôt 
entre l'évêque de Fréjus et le roi René. Urbain de Fiesque, pour 
affirmer ses droits temporels^ avait fait effacer les armes royales 
peintes sur les portes de la ville et autres lieux publics et les 
avait remplacées par les siennes. Le roi en ressentit une vive 
irritation et, le 25 octobre 14'^8, il envoya à Jean Matharon 
maître rational de Provence, l'ordre de se rendre à Fréjus pour 
rétablir ses armoiries et saisir le temporel de Tévèché (5). 
L'affaire fut même portée au Parlement qui déclara l'évêque 
déchu de sa seigneurie temporelle et donna au roi les régales 

(1) Notaire Fanguatoris, à Fréjus. — Témoins à cet acte: Jean Rodulplie, archidiacre; 
G. Gauiïred, capiscol ; Guigues Maliiaron, clianoiiie ; Jean Roilulphe, prieur du Luc. 
('2) Gallia nov. I, coi. 387. 
(3) Ibid. id. 
•4) Ibid. id. 
(5) /d. Instrum, LVII. 

8 



118 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

de Fréjus (1). Bien que cet arrêt n'ait été réformé qu'en 1511, 
Urbain de Fiesque ne cessa de s'opposer à son exécution. Et 
quand Louis de Villeneuve , seigneur de Flayosc et viguier de 
Draguignan, vint à Fréjus,. en 1483, visiter, au nom du roi, les 
remparts et les routes publiques, l'official, Biaise de Ascagno, 
protesta contre cette visite comme attentatoire aux droits de 
l'évéché (2). Cependant tout en défendant avec énergie contre 
l'autorité royale les privilèges de son siège, Urbain, après la 
mort de René, ne refusa pas le serment de fidélité au nouveau 
comte de Provence, le roi Charles d'Anjou. Il délégua encore 
son frère Hector qui prêta serment pour lui à Aix, le 9 novembre 
1480 (3). 

Pendant l'absence d'Urbain de Fiesque l'administration du 
diocèse était confiée à des vicaires généraux. Parmi ceux qui 
furent investis de ces hautes fonctions, nous citerons : Jean- 
Baptiste Denigris , d'une des premières familles de Fréjus , 
chanoine de la cathédrale (4); Alexandre de Regiis, prieur de 
la Verne, qui, avant de quitter Rome en 1480 pour prendre la 
direction de ce monastère, reçut des mains même d'Urbain de 
Fiesque les lettres de vicaire général (5); enfin Nicolas de 
Fiesque, frère de l'évêque (6), qui lui succéda sur le siège de 



(1) Arch. c"s de Fréjus, FF, 59. 

(2) Arch. dép'". Invent, de 1749. 

(3) Gallia nov. I, col. 387. 

(4) Notaire Fanguatoris, à Fréjus. 

(5) Trombi. Bist. de l'ordre des Chartreux, IX, p. 169. 

(6) Antelmy. Dissert, de S. Maxima, dit qu'il fut ou son neveu ou son frère. M. Albanès 
en fait le frère. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 119 

Fréjus. Ce fut ce dernier qui donna, le 20 juin 1482, aux nouveaux 
habitants de Bagnols l'autorisation de se partager les terres et 
de bâtir des maisons (A). En cette même année 1482, s'accomplit 
à Fréjus un événement miraculeux dont le souvenir est resté 
profondément gravé dans le cœur des habitants. 

Miné depuis longtemps par un mal incurable, le roi de France 
Louis XI, après s'être confié tour à tour aux médecins et aux 
empiriques, avait porté ses regards vers le ciel. Il invoquait la 
Sainte-Vierge, s'entourait d'images et de reliques, et poussait ces 
pratiques religieuses jusqu'à la superstition. Un jour il entendit 
parler du fondateur des Minimes, François de Paule, dont les 
miracles sans nombre remplissaient le monde entier d'étonne- 
ment. Voir ce grand thaumaturge, se jeter à ses pieds, obtenir 
par son intercession la guérison , tel fut l'espoir caressé par 
le monarque moribond. Le Souverain Pontife seul pouvait, 
par son autorité suprême, arracher François de Paule à sa 
chère solitude ; ce fut à lui que s'adressa l'auguste malade. 
Mandé à Rome par Sixte IV, le saint anachorète, menacé d'ex- 
communication s'il refusait d'obéir, s'inclina devant les ordres 
du Pape et, quelques jours après, il s'embarquait à Ostie avec 
plusieurs de ses frères à la suite de l'envoyé du roi de B'rance, 
le maréchal de Baudricourt. 

Après avoir relâché à Gênes, le navire faisait voile sur 
Marseille, lorsqu'au milieu du golfe de Lion, une furieuse tem- 
pête ^obligea à chercher un abri dans une des criques de la 
côte. Des corsaires ayant aperçu le vaisseau en détresse, cou- 

(1) Fonds personnel. Papiers do Bagnols. 



120 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

purent sus pour s'en emparer. Le danger était imminent, la 
frayeur extrême parmi les passagers. Mais l'homme de Dieu 
releva leur courage : « Na craignez rien ■>, dit-il, et il ordonne 
à l'équipage de poursuivre sa route par charité. Aussitôt l'orage 
s'apaise^ et le navire poussé par un vent favorable atterrit sur la 
plage du Lavandou. 

Avant de descendre à terre, le saint se confesse, distribue 
des cierges bénits à ses compagnons et, après avoir gravé sur 
le roc du rivage l'empreinte impérissable de ses pas^ que l'on 
vénère encore de nos jours, il se dirige, en priant, vers la 
ville de Bormes située non loin de là. A cause de la peste qui 
sévissait, les portes étaient fermées. En vain le maréchal de 
Baudricourt fait-il connaître le but de son voyage, on refuse de 
l'écouter; mais, dès que François de Paule a parlé, toutes les 
résistances tombent, les portes s'ouvrent, et le serviteur de Dieu 
entre dans la ville avec toute sa suite. Selon son habitude, il se 
se rend d'abord à l'église et c'est là qu'il accomplit le premier de 
ses nombreux miracles sur la terre de France, miracle dont le 
récit authentique a été inséré dans la bulle de canonisation du 
thaumaturge. 

On faisait alors à l'église de grandes réparations ; des 
ouvriers essayaient, sans y parvenir, de soulever une poutre 
destinée à la voûte de l'édifice. François de Paule s'approche, 
touche du doigt la poutre en disant : « Par charité, hâtez-vous de 
servir à la maison de Dieu », et aussitôt le lourd fardeau de se 
mouvoir aussi léger qu'une plume, et le travail s'exécute comme 
par enchantement. Avant de terminer sa visite, le saint se met 
en prière pour obtenir la guérison des pestiférés. A l'instant le 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 121 

fléau disparait, les malades se lèvent et bénissent le libérateur 
que le ciel leur envoie. 

A partir de ce jour, la peste ne sévit plus à Bormes et « chose 
admirable! disent les chroniqueurs de l'Ordre des Minimes, tan- 
dis que toutes les autres villes voisines sont assez ordinairement 
assaillies de cette dangereuse maladie, cette seule petite ville 
ne sait plus ce que c'est que ce mal. Et même, quand les autres 
villes sont affligées de la peste et que celle-ci tient ses portes 
fermées pour se conserver, les autres viennent, en procession, 
autour de ses murailles pour implorer le secours de saint 
François-de-Paule, et en emportent ordinairement l'effet de leur 
attente. Enfin, quand les portes s'ouvrent quelquefois pour y 
recevoir des étrangers, bien que ceux-ci boivent, mangent et 
couchent avec les habitants, ils ne peuvent jamais les infecter. 
Au sujet de ce privilège, il y a eu, jusqu'à maintenant, des 
expériences nombreuses qui, même, ont été juridiquement 
examinées et approuvées par l'autorité de l'Ordinaire, comme 
l'assure le P.Théophile Regnault, de la Compagnie de Jésus, 
dans son livre intitulé : La Trinité des Patriarches ». 

En sortant de l'église, dit la tradition conservée à Bormes, le 
thaumaturge rencontra sur la place du village un cortège 
funèbre. Sur son ordre l'enterrement s'arrête, il fait le signe de 
la croix sur le cercueil et aussitôt la jeune fille qu'on allait 
inhumer est rendue à la vie. 

Tous les auteurs qui ont parlé de l'arrivée de saint François- 
de-Paule en France, sont unanimes à nous le montrer au milieu 
des pestiférés, non seulement à Bormes, mais encore à Fréjus. 
Il serait donc téméraire de nier un événement dont le souvenir 



122 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

s'est conservé dans les traditions d'une ville épiscopale et a été 
enregistré, avec une légitime fierté, dans les annales d'un grand 
Ordre religieux (1). A cette époque, Fréjus avait encore une 
partie de son port. C'est là que François-de-Paule vint aborder, 
après avoir repris la mer dans la baie du Lavandou. Quel fut 
le motif de ce nouvel itinéraire? Les chroniqueurs de l'Ordre des 
Minimes nous disent que telle fut la disposition de l'envoyé du 
roi. Nous croyons, quant à nous, que le maréchal de Baudricourt 
sachant combien les chemins qui reliaient Bormes à l'intérieur 
étaient peu praticables, voulut prendre la grande ligne de com- 
munication, ancienne voie Aurélienne, qui passait à Fréjus. 

Le grand thaumaturge entra dans la ville par le portail de 
Mazel ou de Méoux. Là, plus de gardes, comme à Bormes; pas 
un visage humain, un morne silence dans les rues désertes. 
Enfin au détour d'une place publique, le serviteur de Dieu 
rencontre une femme assise sur le seuil de sa porte ; il lui 
demande la cause de cette solitude profonde : « Hélas! répond- 
elle, la peste s'est abattue sur la ville : les maisons regorgent 
de malades , tous les habitants encore valides se sont enfui 



(1) vie admirable du glorieux saint François-de-Paule, par le P. François Victor, pauvre 
minime de Jésus-Maiie. Paris, 16-23, p. !73. — Histoire générale da l'ordre sacré des 
Minimes, par Louis-Denys d'Attiche, religieux de l'ordre, etc. Paris, 1624, p. 93. — Cet 
auteur cite une vie beaucoup plus ancienne, écrite en latin par le P. Claude de Viviers. — 
yita del miracoloso patriarca dei Minimi S. Francesco di Paolo, dal Padre Bartolomeo 
Magfiolo. Genova, 1673 — La rie de S. François de Paule, par le P. François, ex-provin- 
cial de l'ordre des Minimes. Paris, 1699, p. 130.— Ces chroniqueurs ont pu d'autant mieux 
consigner dans leurs annales ce fait historique qu'il y a eu un couvent de Minimes à Fréjus 
de 1490 h 1575, 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 123 

dans les champs ». La cathédrale était en face, François- 
de-Paule y entre pour faire sa prière et demander à Dieu 
la cessation du fléau. 11 sonne trois coups de cloche, dit la 
tradition populaire : à ce signal, tous les pestiférés se lèvent, 
car tous se sentent guéris; les habitants qui s'étaient réfugiés 
dans les campagnes accourent dans la ville, l'allégresse la plus 
vive succède à la consternation générale, la vie a reparu là où 
l'on n'entendait plus que des cris de désolation et des râles de 
mourants. Mais ce qui mit le comble à la joie des Fréjusiens^ ce 
fut l'assurance donnée par le saint que désormais la peste ne 
sévirait plus dans les murs de leur cité. Il y a quatre siècles que 
cette promesse a été faite et jamais depuis cette époque, grâce à 
la protection de François-de-Paule, Fréjus, non plus que 
Bormes, n'a été contaminé par ce fléau redoutable, jadis si 
fréquent (1). 

Le serviteur de Dieu fut hébergé dans la maison du prévôt du 
chapitre. On désigne encore la chambre où il coucha ; c'est celle 
qui est au-dessus de la porte du cloître. Au dire de Girardin, 
dont le récit doit être ici regardé comme l'écho de la tradition 
populaire, le grand thaumaturge, pendant son séjour dans la 
ville épiscopale, aurait renouvelé à un de ses repas le miracle 
de la résurrection des poissons qu'on lui avait servis, miracle 
qu'il avait accompli déjà plusieurs fois. 

Enfin, François-de-Paule dut s'arracher aux témoignages de 
reconnaissance que ne cessaient de lui prodiguer les habitants 



(1) fee climat autrefois insalubre de Fréjus semblait plus particulièrement désigner cette 
ville anx premières attaques de la peste. 



124 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

de Fréjus; il paursuivit sa route après avoir promis de fonder 
un couvent de ses frères dans la ville qu'il venait d'arracher 
aux étreintes du fléau. 

Peu de temps après le passage de saint François-de-Paule, 
Urbain de Fiesque fit un dernier voyage à Fréjus. Il y afferma 
lui-même à Jean-Baptiste Denigris , son grand vicaire, les 
revenus de l'évêché pour 750 ducats d'or (1). Son séjour fut 
de très courte durée ^ puisque, le 23 janvier 1484, c'est son 
frère, le prévôt et grand vicaire Nicolas, qui donna^ en son 
nom, à l'église Saint-Antoine de Bagnols, des terres et des 
jardins pour l'entretien du prêtre qui la desservait (2). 

Urbain de Fiesque mourut à Rome le 9 octobre 1485. Les 
chartreux, dont il avait été le bienfaiteur et dont il avait suivi la 
règle, fondèrent un anniversaire en son honneur (3). 



(1) Notaire Clément, à Fréjus. 

(?) Fonds personnel. Papiers de Bagiiols. 

(3) Antelmy. De Iniliis, p. 169. 



DU XIU^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 125 



NICOLAS DE FIESQUE 

(1485-1488) 



Sommaire. — Nouveaux conflits avec le pouvoir royaL — Les deux 
compétiteurs. — Nomination à l'évèché d'Agde. 



La nomination du successeur d'Urbain de Fiesque donna 
encore lieu à un regrettable conflit entre le Souverain Pontife et 
le pouvoir royal. Deux compétiteurs se trouvèrent en présence 
soutenus l'un par le Pape, l'autre par le Roi. 

Le premier, Nicolas de Fiesque, frère du prélat défunt, après 
avoir obtenu la prévôté de Fréjus et celle de Toulon , avait été 
élevé, le 15 mars 1484, au siège épiscopal de cette dernière 
ville. « Il n'avait que vingt-huit ans, dit M. Albanès, mais 
appartenait à une famille comtale (1), il était docteur dans 
les deux droits, notaire apostolique et archiprétre de Gênes. Il 
ne fut pas possible à Nicolas de Fiesque de prendre possession 
de son évèché de Toulon, où les officiers du roi de France 
refusèrent de le recevoir. Croyant mettre fin à une si fâcheuse 

(1) Antelmy, De Iiiiliis, p. 170, fait de Nicolas de FieS"que le frère de sainte Catheriiio 
de Gènes, Les hagiograpiies nous disent que la sainte génoise avait trois frères, Jacques, 
Jean et Laurent. Si Nicolas et Urbain avaient eu avec cette illustre veuve un degré de 
parenté si rapproché, leurs noms n'auraient pas été oubliés; car la position qu'ils avaient 
occupé dans l'église les désignait mieux que les autres k l'aUention des historiens. 



126 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

situation , le pape Innocent VIII , cinq jours après la mort 
d'Urbain de Fiesque , transféra Nicolas de l'évêché de Toulon à 
celui de Fréjus; c'était le 14 octobre 1485. Mais pas plus dans 
cette ville que dans la précédente, il ne fut permis à l'évêque 
nommé de jouir de son titre; un commissaire envoyé par le roi 
se saisit des biens et des revenus de l'évêché, comme s'il n'avait 
pas de titulaire, nomma de nouveaux officiers et agit en tout 
comme dans une église vacante ». L^autorité de Nicolas ne fut 
pas mieux reconnue par le chapitre que celle d'Urbain ne l'avait 
été douze ans auparavant, et jusqu'au 26 juin 1486 le diocèse 
fut administré par quatre chanoines capitulaires dont le premier 
était Jean-Baptiste Denigris (l). La conduite des chanoines leur 
valut, dit Antelmy, de nouvelles censures (2). 

« La raison de cette résistance opiniâtre, continue M. Albanès, 
c'est que Etienne de Vesc, bailli de Meaux, conseiller et cham- 
bellan de Charles VIII, voulait procurer ces évêchés à Rostan 
d'Ancésune, son neveu. Il fallut deux ans pour trouver une 
solution convenable à une si difficile affaire. Le pape écrivit 
plusieurs brefs au roi pour lui représenter que l'honneur du 
Saint-Siège ne lui permettait pas d'enlever à un évéque, sans 
son consentement, l'église dont il avait été pourvu. Il proposa 
de faire retourner Nicolas de Fiesque à Toulon , ce qui ne put 
être accepté, et finalement, avec l'agrément de celui-ci, il se 
décida à nommer Rostan d'Ancésune, non point évéque, mais 
administrateur de Fréjus, jusqu'au jour où Nicolas aurait été 



(1) Fanguatoris, notaire k Fréjus. 
(2; Antelmy. De Iniliis,^. 169. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 127 

promu à une autre église; en attendant, une double pension sur 
les revenus de Toulon et de Fréjus lui était allouée pour son 
entretien. Cet arrangement provisoire dura une année entière. 
Ce fut seulement le 22 octobre 1488 que Nicolas de Fiesque fut 
nommé à l'évêché d'Agde et abandonna l'église de Fréjus à 
celui qui en avait l'administration. Il la reprit quelques années 
après » (1). 



(1) Gallia nov. I, col. 



128 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

ROSTAN D'ANCÉSUNE 
(1488-1495) 



Sommaire.— La famille du prélat. — Négociations au sujet des évèchés 
de Toulon et de Fréjus. — L'administrateur et le titulaire. — 
Concessions aux habitants de Fréjus. - Actes divers. — Ambassade 
à Rome. — Promotion à l'archevêché d'Embrun. 



Rostan d'Ancésune^ originaire du Comlat Venaissin, apparte- 
nait à la noble famille des Caderousse. Deux de ses frères, Jean 
et Aimar, étaient à la cour de Charles VIII et son oncle, qui y 
résidait aussi, avait une grande influence sur le roi. Il occupait 
déjà les fonctions de prévôt de la cathédrale d'Orange avec le 
titre de protonolaire apostolique, quand son oncle fit décider, le 
6 mars 1484, par le grand conseil du roi^ que l'on demanderait 
pour lui au Pape l'évéché de Toulon et la prévôté de Pignans. 
Plusieurs lettres furent adressées dans ce but à Rome, au nom 
du roi, et l'ambassadeur qui s'y rendit peu après eut ordre de 
solliciter avec instance. iMais déjà le Pape avait disposé de cet 
évêché en faveur de Nicolas de Fiesque. Qn esprit moins 
brouillon aurait accepté le fait accompli. N'écoutant que son 
dépit, le bailli de Meaux fit mettre le séquestre sur les revenus 
de Pignans et de Toulon et, pendant deux ans, un commissaire 
les administra au nom du roi. 

La mort d'Urbain de Fiesque qui survint l'année suivante 
sembla devoir mettre fin au conflit, car le Pape en profita pour 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 129 

transférer Nicolas de Toulon à Fréjus. Ce fut alors l'évêché de 
Fréjusque Rostan demanda. Poussant la condescendance jusqu'à 
satisfaire une exigence si déraisonnable, le Saint-Siège adopta 
une combinaison qui conciliait les intérêts des deux prélats; il 
donna à Rostan, nous l'avons vu, l'administration de l'évêché de 
Fréjus, dont Nicolas conservait le titre, pour en devenir titulaire 
à son tour en cas de mort, de démission ou de promotion de 
l'évêque à un autre siège. Ce qui arriva lorsque, le 22 octobre 
1488, Nicolas de Fiesque fut transféré à l'évêché d'Agde. (1). 

Rostan d'Ancésune passait, le 27 avril 1489, avec les habi- 
tants de la ville épiscopale une transaction pour régler les 
droits temporels des évèques. Cet acte renferme un grand nombre 
de concessions au sujet de la pêche, du foulage des blés, de 
l'ancrage des barques dans le port, de la vente sur les places 
publiques, de la construction des maisons (que les habitants 
pourront élever jusqu'au ciel, excepté autour du palais épiscopal). 
La chasse dans les forêts de l'évêché est égalsment permise, 
mais à condition qu'on donnera à l'évêque, lorsqu'il sera dans 
la ville, la hure des sangliers et le bois des cerfs mis à mort. 
L'évêque règle aussi dans cette charte la manière dont ses 
officiers rendront la justice; il promet de respecter les privilèges 
et franchises de la ville de Fréjus et s'engage à abandonner 
en faveur de la communauté les droits d'ancrage sur les bateaux 
étrangers dès l'achèvement du nouveau port (2). 

Rostan d'Ancésune vint, le 17 juin 1489, recevoir l'hommage- 



(1) Gallia nov . I, col. 390. 

(2) Arc.li, dép'". Insin, eccl. 



130 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

lige des habitants de Montauroux qui relevaient de la seigneurie 
temporelle de Tévêque. Il promit de leur donner des officiers 
de justice spéciaux pour les soustraire à l'action du bailli de 
Fayence dont ils avaient à se plaindre. Plus tard il eut à pro- 
tester contre l'ingérence du viguier de Draguignan qui vint 
visiter, au nom du roi, les remparts de Fayence, le 4 mars 
1490, et ceux de Fréjus, le 13 mars 1493 (1). 

Entre temps il avait donné, le 28 mai 1491, le vicairie de 
Châteauvieux à Jean de Montaigu, son grand vicaire, qui devint 
trois ans après évêque d'Apt (2). Au mois de mars 1492, il 
assistait aux Etats de Provence tenus à Aix, dans le réfectoire 
des Frères Prêcheurs (3). Le 8 octobre 1494, il changea le 
clavaire et reçut de ses mains les titres et les livres d'adminis- 
tration de l'évêché (4). Enfin, le 26 novembre 1494, Rostan 
d'Ancésune fut promu à l'archevêché d'Embrun. Il était encore 
évêque de Fréjus lorsque Charles VIII l'envoya à Rome comme 
ambassadeur auprès du pape Alexandre VI et il s'y trouvait lors 
de sa translation que le roi avait sollicitée et pour laquelle il 
avait écrit deux lettres au chapitre d'Embrun. Il garda seize 
ans ce siège archiépiscopal et mourut à Rome le 27 juillet 1510; 
il y est enseveli dans le sanctuaire de l'église des Saints-Apôtres, 
du côté de l'épitre (5). 

fl) Arch. (lép'«». Iiivent. de l'évêcht- de 1719. 

(2) Ânteimy. De Initiis, p. 170, dit Vicariam, non priorutum. Le prieuré de Châteauvieux 
relevait de la mense épiscopale. 

(3) Gallia nov. 1, col. 390. 

(41 Arch. dép'". Invent, de l'évêché de 1719. 
(5) {iallia nov. I, col. 390. 



DU Xni« A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 131 

NICOLAS DE FIESQUE 

(1495-1524) 

URBAIN DE FIESQUE 

(1511-1524) 



Sommaire. — Nouvelle translation à Fréjus. — Le Brèciaire frèjusieii.— 
Hommage-lige des habitants de Bagnols etde Fayence. — Concessions 
aux habitants de Bagnols, puis démêlés avec eux. — Les prébendes 
de Nicolas de Fiesque. — Confirmation des privilèges et prérogatives 
deTévêché. — Le cardinalat et l'administration épiscopale. — Vicaires 
généraux et évèques auxiliaires. — Conflit avec les chanoines de 
Barjols et de Pignans. — Urbain de Fiesque évèque élu. — Arrêts 
du Parlement restreignant les privilèges de l'évèché. — Une galère 
pontificale à Fréjus. — Les Augustins et le chapitre de la cathédrale. — 
Prédication des indulgences. — Les reliques de sainte Maxime. — Le 
couvent des Minimes. — Apparition de la Sainte-Vierge à Gotignac. — 
Retour d'Urbain à Fréjus. — Sa mort à Rome. 



Nous connaissons déjà Nicolas de Fiesque ; nous savons 
combien les débuts de son épiscopat furent tourmentés, et 
par suite de quelles circonstances il passa successivement de 
Toulon à Fréjus et de cette ville à Agde. La nomination de Rostan 
d'Ancésune à l'archevêché d'Embrun le fit revenir à Fréjus. Les 
bulles qui consacraient cette nouvelle translation furent délivrées 
le 25 février 1495. A peine nommé, le successeur de Rostan 
d'Ancésune fit prendre possession de son siège par l'ancien 
vicaire général de son oncle, Jean-Baptiste Denigris, auquel il 



132 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

confiait les mêmes fonctions (1). Il vint lui-même à Fréjus peu 
de temps après et s'y rencontra, le 12 mai, avec son prédéces- 
seur qui lui remit lui-même les titres et les livres d'administra- 
tion de l'évêché (2). 

Ce fut sans doute entre la prise de possession et l'arrivée de 
Nicolas de Fiesque, que le prêtre Pierre Ambroise apporta 
de Turin le bréviaire fréjusien dont le chapitre de la cathédrale 
avait ordonné l'impression (3). Ce travail fut terminé en 1495 (4). 



(1) Fanguatoris, notaire à Fréjus, 

(2) /(/. 

(3) De ce vieux bréviaire, qui peut être regardé comme un clief-dœuvre de typograpliic 
pour l'époque, il ne reste plus qu'un seul exemplaire, aujourd'hui déposé h la bibliothi'que 
du grand séminaire. 

(4) Le délégué eapitulaire annonce en ces termes aux chanoines le résultat de sa mission : 

« J'ai obéi à vos ordres, mes Révérends Pères, et plaisek Dieu qne je les aie remplis avec 
autant d'exactitude que de bonne volonté. Vous avez ordonné que les saints bréviaire» de 
voire très sainte église de Fréjus fussent imprimés et que je surveillasse ce travail, afin que 
sa beauté excitât l'admiration de nos compatriotes. Je suis venu à la ville de Turin, l'une des 
plus anciennes de l'Italie: j'ai vu d'abord le puissant comte Pierre Cara, jurisconsulte distingué 
et très digue sénateur; je l'ai consulté comme on consulte l'oracle de Delphes, tant est grande 
l'opinion qu'on a de lui. Dirigé par ses conseils et conduit sous ses heureux auspices, j'ai 
passé une convention avec deux maîtres illustres dans l'art de l'imprimerie, Nicolas Benoit et 
Jacques Suigi. J'ai pris sur moi le soin de faire imprimer ces bréviaires avec le plus d'attention 
et de diligence possibles. C'est ainsi que je suis arrivé ê leur faire donner la forme élégante 
que vous leur voyez. Si vous y trouvez quelque défaut et quelque imperfection, n'en faites 
pas retomber la responsabilité snr les imprimeurs, mais plutôt sur moi-même, poisqae je me 
suis chargé du travail de la correction et, si vous le jugez à propos, donnez-m'en le pardon. 
Car, je n'ai entrepris que pour vous obéir une œuvre qui était au-dessus de mes forces. 
En attendant . portez-vous bien , soyez heureux , souvenez-vous de moi votre très humble 
serviteur: je répandrai pour vous, tous les jours et sans jamais cesser, des prières devant 
l'Eternel ». 



DU XIIl*^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 133 



Les chanoines de Fréjus avaient devancé de plusieurs années le 
chapitre métropolitain (Ij. 

En arrivant, Nicolas de Fiesque s'empressa d'affirmer ses 
droits de seigneur temporel. Il fît faire, le 16 mai 1495, les 
criées publiques dans les carrefours et sur les places de la ville 
épiscopale. Le 9 août, les habitants de Bagnols envoyèrent des 
délégués à Fréjus, pour prêter au nouvel évêque le serment de 
fidélité; ceux de Fayence firent de même, le 3 septembre (2). 

Dans son entrevue avec les représentants de Bagnols il passa 
avec eux une transaction par laquelle il leur cédait tous les 
droits de dime, de lods et de mouture; il les autorisait en outre 
à chasser dans ses forêts, moyennant une pension annuelle de 
cinquante sous couronnés et la faculté de ne payer que douze 
deniers l'une les perdrix qu'il leur achèterait (3). Cet acte faillit 
rester à l'état de lettre morte; car^ moins d'un an après, Nicolas 
de Fiesque sommait les habitants de Bagnols d'envoyer leurs 
délégués au palais épiscopal le 17 mai 1496, pour y entendre 
dénoncer comme nulle et abusive la charte de fondation du village. 
Les habitants protestèrent contre cette mesure inattendue et 
vinrent déclarer à leur seigneur temporel que ce contrat, consenti 
de part et d'autre et approuvé par le roi René, ne pouvait être 
modifié sans leur consentement. Ils acceptèrent pourtant l'arbi- 
trage que l'évêque proposa. Les parties se rendirent le 21 juin 
suivant à Aix où, après trois séances consacrées à l'étude de 



(1) Le bréviaire d'Aix ne fut imprimé qu'en 1499. 

(2) Arch. dép'«'. Inventaire de l'évèché de 1719. 

(3) Id. 



134 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

celte affaire, les deux jurisconsultes choisis pour arbitres, Jean 
Arbaud et Melchior Seguiran , reconnurent la validité de l'acte 
de fondation. L'évêque s'inclina devant cette sentence, tout en 
se réservant le droit de recourir au Souverain Pontife, son 
légitime supérieur (1). 

Les réunions auxquelles donna lieu la solution de cette affaire 
se tinrent dans la maison canoniale de Nicolas de Fiesque. Ce 
prélat possédait, en effet, depuis un an un canonical au chapitre 
métropolitain. Le cumul des bénéfices, toléré par l'Eglise, n'était 
pas chose rare à cette époque (2). Nicolas de Fiesque usa très 
largement de cette tolérance. Outre le canonicat d'Aix, il en 
reçut trois autres : à Aups (1502), à Lorgnes et à la cathédrale 
(1505). Il possédait encore les prévôtés de Pignans, de Toulon et 
de Sénés, les prieurés paroissiaux de la Valette, de Noire-Dame 
de Spéluque à Ampns , de Bargemon, de Carcès, de Gonfaron 
et de Cagnosc, les abbayes de Grainmont en F)'ance, de Saint- 
Sauveur au diocèse d'Arezza et de Saint-Vigile à Sienne en 
Italie. Après sa nomination à Tévêché de Fréjus , il garda 
l'administration de celui d'Agde, obtint en commende l'église de 
Toulon en 1515, et posséda quelque temps les archevêchés 
d'Embrun et de Ravenne. Il eut enfin, successivement, presque 
tous les évêchés suburbicaires : Albano en 1518, Sabine peu 
après, Porto en 1523, Ostie en 1524 (3). 

(l) Faiiguatoris, notaire h Fréjus. Témoins : Martin Berniond, vicaire du Puget et 
Dartbélemy Deiphin, prieur de Callas. 

{■2, Léon X n'avait que sept ans qu'il était déjà pourvu de vingt-sept bénéfices. (Audin. 
Histoire de Léon X, p. 26. 

(3) Notaires de Fréjus. passim. Albanès, Gallia nov., I, col. 388 et 392. 



DU Xlll^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 135 

Pendant les quatre premières années de son épiscopat, 
Nicolas de Fiesque fut fidèle à rester au milieu de son troupeau. 
« Ce pasteur vigilant, dit Antelmy, visita plusieurs fois son 
diocèse » (1). Dans le cours de ses tournées pastorales ^ il fit 
une ordination à Lorgnes (14 septembre 1495) (2), consacra 
l'église de Trans (22 novembre) (3), donna au Luc (2 juin 1496) la 
tonsure à un enfant qui devait être, cinquante ans après, arche- 
vêque d'Aix sous le nom d'Antoine Filholi, dit Imberti (4). Le 
24 mai précédent, il avait autorisé la fondation de la chapelle de 
Saint-Eloi à la Garde-Freinet et de Notre-Dame de l'Annonciation 
à Grimaud (5) et bénissait, le 8 septembre 1498, au milieu d'un 
grjind concours de fidèles, le nouveau cimetière de la cathédrale 
dont il avait lui-même choisi l'emplacement (G). 

Nous avons vu Nicolas de Fiesque, dès son arrivée à Fréjus, 
exercer ses droits temporels. 11 ne s'en tint point là, et pour 
prévenir toutes contestations nouvelles, il sollicita et obtint du 
roi Louis XII ^ auprès duquel il était en faveur, la confirmation 
des privilèges et prérogatives de son évèché. Mais les lettres 
royales qui lui furent délivrées au mois de mai 1500 , ne 



(11 Dissert, de S. Maxima, ii« 15. 

(2) Fanguatoris, notaire à Fréjus. 

(3) Arch. c'" de Trans, GG., procès-verbal de la ci-rénionie. 

(4) Gallia nov., I, col. 392. 

(5) Fanguatoris, notaire à Fréjus. 

(6> Guoguepi et Fanguatoris, notaires à Fréjus. Vers la même époque, le chapitre fit 
élever eu face du nouveau cimetière, c'est-à-dire à l'endroit où est aujourd'hui le jardin de 
l'évêché à côté du grand séminaire, une chapelle de S'-Joseph, qui fut plus tard reconstruite 
dans l'enceinte même du cimetière à l'endroit où elle est aujourd'hui (id.J. 



136 LES ÉVÊQUES DE FRÉJL'S 

purent empêcher, nous le verrons bientôt, de nouveaux 
conflits (1). 

Trois ans après, le 30 juin 1503, le pape Alexandre VI, qui 
avait en grande estime l'évêque de Fréjus, le créa cardinal du 
titre de Saint-Lucie. « Comme son élévation au cardinalat, dit 
M. Albanès, nécessitait pour Nicolas de Fiesque une nouvelle 
provision de son évèché, il la demanda, après la mort 
d'Alexandre VI survenue la même année et le court pontificat 
de Pie III , à Jules II qui leur succédait. Le nouveau pape la lui 
accorda pour l'église d'Agde », et après avoir différé pour déli- 
bérer au sujet de Fréjus, il lui renouvela la possession de cette 
église (2). 

L'éminente dignité dont il venait d'être investi l'obligeant à 
résider à Rome, Nicolas de Fiesque chargea ses grands vicaires 
d'administrer le diocèse pendant son absence. Plusieurs d'entre 
eux furent revêtus, pour ce motif, du caractère épiscopal. Le 
premier de ces auxiliaires dévoués ^ Jean-Baptiste Denigris, 
.dont nous avons déjà parlé, fut sacré évêque de Tripoli et 
mourut en 1515, après avoir exercé toutes les fonctions pontifi- 
cales à la place du cardinal (3). 

Après lui vint Jean Colombi, évêque de Troja. Ce prélat visita 
le diocèse en 1517 et porta, le 30 mars, une ordonnance pour 
obliger les prieurs et les curés à tenir dans les paroisses les 
registres des baptêmes, mariages et sépultures. « Désormais, 



(1) Gallia nov. I, Instr. LXI. 

(S; m. col. 392. 

(3) Notaires de Fréjus. passim. 



1 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 137 

dit le aiandement épiscopal, le curé n'admettra comme parrain 
et marraine, de même qu'au sacrement de mariage, que des 
personnes sachant bien et dûment le Pater noster, VAve Maria 
et le Credo. Il inscrira dans le registre les noms, prénoms des 
baptisés^ de leur père et mère, parrain et marraine, ainsi que 
l'an et le jour de la cérémonie^ Il enregistrera de même tous les 
décédés, tant paroissiens qu'étrangers, qu'il ensevelira dans 
l'église ou le cimetière » (1). 

A Jean Golombi succéda Arbaud Lambert, prévôt du chapitre 
de Fréjus et évéque de Venusa^ dans la Fouille. Ce prélat, qui 
fut aussi l'auxiliaire de Franciot des Ursins, mourut à Fréjus 
en 1527 et fut enseveli, selon ses volontés, au-devant de l'autel 
de la Sainte-Vierge près de l'escalier qui conduisait autrefois au 
cloître du chapitre (2). Il avait été remplacé, en 1523, par un 
autre évéque de Troja, Barthélémy Portallenqui. 
- Né au Luc, d'une famille pauvre, Barthélémy Portallenqui 
entra fort jeune au couvent des Carmes de sa ville natale. Son 
intelligence précoce le désigna à l'attention de ses supérieurs 
qui voulurent lui faire prendre ses grades en théologie et solli- 
citèrent à cet effet un subside du conseil communal. Douze 
florins furent votés par le conseil « parce que, dit la délibération, 
c'est un enfant de la ville et il peut en sortir un grand bien » (3). 

(1) Les arrhivos communales de Salernes possèdent encore deux de ces registres remon- 
tant à l'année 1517. D'autres, mais d'une date plus récente, sont conservés aux archives de 
l'évôché 

(?) Ce testament fut reçu par M» Fanguatoris, le 13 mai 1527. Girardin se trompe donc en 
disant que l'évèque de Venusa fut inhumé devant l'autel de saïut Etienne. 

(3) .\rch. c'" du Luc, BB., 1. 



138 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Ces prévisions se réalisèrent. Barthélémy obtint ses grades et 
fut sacré, peu de temps après, évêque de Troja. Il visita le 
diocèse, fit les ordinations jusqu'à la mort du cardinal et ne 
reprit l'exercice de ses fonctions que sous Léon des Ursins. 

De simples prêtres furent également chargés, pendant l'absence 
du titulaire, de l'administration du diocèse. L'un d'eux, Bertrand 
Néron, qui était capiscol d'Agde quand Nicolas de Fiesque 
occupait ce siège, suivit son évêque à Fréjus, où il remplit 
d'abord les fonctions d'official, puis celles d'archidiacre. A la 
mort de Jean-Baptiste Denigris, malgré la présence des évêques 
auxiliaires, il eut jusqu'à la fin de l'épiscopat de Nicolas de 
Fiesque, la haute main dans la direction des affaires diocésaines. 
Il s'adjoignit, pendant quelques années et principalement en 
1518, l'archiprêtre de la Môle, Nicolas Draconis (1). 

Le séjour de Rome ne fit pas négliger au cardinal les intérêts 
de son diocèse. On le verra intervenir chaque fois que la défense 
des droits de son siège de Fréjus l'exigera. A Barjols , les 
chanoines de la collégiale refusaient de recevoir sa visite, à cause 
d'un droit d'exemption qu'ils prétendaient avoir. Nicolas de 
Fiesque, qui avait usé de patience tant qu'il avait résidé à 
Fréjus, obtint, le 29 mars 1504, des lettres apostoliques ordon- 
nant au clergé et au peuple de Barjols de se soumettre à l'évêque 
« pasteur de leurs âmes, ainsi qu'à ses officiers, dans l'espace 
de trente jours, passés lesquels, ils devraient payer une amende 
de cent cinquante florins ». Ces lettres comminatoires, publiées 

(i; Guoguepi et Olivier Visilis, notaires à Fréjus. passim. Arch. départ'" Insin. ecclés. 
passim. 



NOMS DES AUTEURS ET DONATEURS J 39 

à Barjols par le délégué apostolique , Pierre de Arculis,, furent 
lues en langue vulgaire du haut de la chaire, le 24 mai, avant la 
grand'messe (1). 

Quelques années après, nouveau conflit, cette fois avec le 
chapitre de Pignans. En sa qualité de prévôt de cette collégiale, 
Nicolas de Fiesque voulut réduire le nombre des chanoines, et 
dans ce but il s'était arrogé le droit de nommer lui-même aux 
stalles vacantes. Cette mesure provoqua des protestations de la 
part des chanoines qui en appelèrent au roi. Leurs doléances 
furent accueillies par Louis XII qui, le 13 octobre 1508, écrivit 
« à son cher et grand ami le cardinal de Fiesque » pour lui 
ordonner de ne plus empêcher les religieux de Pignans de 
nommer eux-mêmes aux bénéfices de leur église, conformément 
à leurs coutumes (2). 

Le népotisme était l'un des plus graves abus dont souffrait 
l'Eglise à cette époque; le cardinal ne sut pas se soustraire à 
son influence néfaste. Successivement quatre Fiesque obtenaient 
des prébendes dans le diocèse (3). En 1507, Nicolas fut autorisé 
par Louis XII à résigner l'évêché de Fréjus en faveur d'Urbain 
de Fiesque, son neveu, mais il retarda de cinq ans encore 
l'exécution de ce projet. Les bulles pontificales délivrées par 
Jules II, le 5 novembre 1511, furent approuvées par le roi le 
30 mars 1512; et, le 12 octobre suivant, Jean-Baptiste Denigris 

(1) Bernard Achard, notaire à Fréjus. 

(9) Le Culte de Marie à Pignans, p. 225. 

(3) En 1506, Augustin, prieur de Notre-Dame des Salles à Roquebrune ; en 1510, Pierre, 
vicaire de la Martre et de Cliàleauvieux ; en 1517, Philippe, prieur de Notre-Dame de 
Spéluijue n Affipus; en 1520, André, chanoine k Fréjus.— Notaires de Fréjus. passim. 



140 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

prit possession du siège épiscopal au nom de l'élu qui lui confirma 
les pouvoirs de grand vicaire (1). Mais la nomination du neveu 
n'enleva à l'oncle ni les revenus de l'évêché, ni les droits de 
juridiction. Nicolas continua de faire administrer le diocèse par 
ses vicaires généraux sous le titre d'évéque commendataire ou 
d'administrateur perpétuel, tandis que Urbain ne prit jamais 
dans les actes que la dénomination d'évéque élu de Fréjus. 
Ce système d'administration dura jusqu'à la mort du cardinal; 
car, malgré l'assertion du Gallia qui fait mourir Urbain à Fréjus, 
le 22 mai 1516, il est certain que ce prélat, qui probablement ne 
fut jamais sacré, vécut beaucoup plus longtemps. 

Les lettres royales du mois de mars 1500 ne terminèrent pas, 
nous l'avons déjà dit, les contestations que ne cessaient de 
soulever les droits temporels des évêques. Un arrêt du Parle- 
ment, du 18 juillet 1511, vint apporter aux privilèges épiscopaux 
les restrictions suivantes : 1° l'évéque ne devra jamais faire 
juger les affaires laïques par des ecclésiastiques; 2^^ l'ofïîcialité 
ne connaîtra pas les causes civiles; 3° le roi conservera se» 
droits de régale à Fréjus; 4° l'évéque ne pourra détruire les 
moulins construits dans les lieux soumis à sa juridiction. 

Cet arrêt provoqua de la part du cardinal-évéque et de son 
neveu Urbain d'énergiques protestations qui furent d'abord 
favorablement accueillies; car, le 18 mai 1513, Louis de Forbin, 
conseiller au Parlement d'Aix, vint publier à Fréjus et fît publier 
les jours suivants dans les lieux soumis à leur seigneurie 
temporelle un nouvel arrêt qui leur rendait toute la juridiction 

(Ij Achard, notaire à Fréjus. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVllI® SIÈCLE 141 

appartenante l'évêché. En môme temps le délégué du Parlement 
enjoignait aux habitants de contribuera \a facture du port de 
Fréjus (1). Mais le bailli royal destitué par cette sentence, Jean 
Auffred, entrava l'action des officiers épiscopaux, remua tellement 
l'opinion publique, intrigua si bien auprès du Parlement, que le 
5 septembre 1518, un nouvel arrêt intervint pour maintenir au 
roi le droit de régale que celui de 1511 lui avait reconnu (2). 

Au milieu de ces conflits incessants, le respect de l'autorité 
ecclésiastique s'était beaucoup amoindri. Plusieurs faits témoi- 
gneront de l'esprit de révolte et d'indiscipline qui s'était emparé 
des habitants. En 1514^ une galère pontificale, manquant de 
vivres, avait jeté l'ancre dans le port de Fréjus. Le capitaine fit 
demander du blé aux consuls. Pour toute réponse, on ameuta 
contre les marins pontificaux une troupe de soldats de passage 
dans la ville, en leur représentant ces étrangers comme des 
ennemis du roi. Une rixe sanglante s'ensuivit et la galère dut 
continuer sa route sans avoir pu se ravitailler. Sur la plainte 
de l'équipage à l'official de l'évêché, les agresseurs furent 
punis (^). 

Deux ans après, cinq religieux Auguslins s'étant installés 
dans une maison de Fréjus, sans aucune autorisation, le grand 
vicaire et les chanoines les font sommer de quitter la ville. Les 
Augustins refusent d'obéir et réussissent même à gagner la 

(1) Antoine Clémenl, notaire à Fréjus. Cet arrêt fui publié le 19 mai au Puget el b Saint- 
Haphaël, le 23 k b'ayence et à Montauroux, le 23 à Barfeuion et à Seillans, le 20 à Bagnols. 
(Arch. c'" de Fréjus, S. II. 18 et 11.) 

(2) Arch. dép'". Inventaire de l'évêché de 1719. 

(3) Bernard Achard, notaire k Fréjus. 



142 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

confiance des consuls qui promettent, pour les aider à construire 
un couvent, de leur payer les droits de dime dûs au chapitre. 
On mit, en effet, la main à l'œuvre; les travaux étaient assez 
avancés quand arrivèrent de Rome de nouvelles lettres com- 
minatoires , dans lesquelles Nicolas et Urbain de Fiesque 
interdisaient la chapelle de ces religieux, défendaient, sous 
peine d'excommunication, de leur faire des aumônes et mena- 
çaient de livrer les rebelles au bras séculier. Devant cette 
attitude énergique les religieux quittèrent la ville et, comme à 
cette époque Luther méditait sa révolte, il y a tout lieu de croire 
qu'ils allèrent grossir autour du père de la Réforme le nombre 
des mécontents (1). 

Les fameuses indulgences qui servirent de prétexte à la rupture 
du moine de Witemberg avec Rome furent prêchées à Fréjus 
par Sigismond Gentilis. Chargé de parcourir quatre provinces 
de l'Est de la France, celui-ci, délégua ses pouvoirs à Marc de 
Caprilis, chanoine sacristain de la cathédrale, pour recueillir 
les aumônes des fidèles dans les paroisses du diocèse (2). 

On se souvient qu'en 1391, les habitants de Calliah', pour 
sauver les reliques de sainte Maxime, les avaient transportées 
à Fréjus. Déjà, à plusieurs reprises, ils les avaient vainement 
réclamées aux chanoines de la cathédrale, lorsque, pour en 
finir, Louis de Grasse, seigneur de Callian, à la tête d'une troupe 
armée, vint à Fréjus, en 1517, un jour de fête où les reliques 
de la sainte étaient portées en procession. Il les entoure de ses 



(1 Bernard Achard, notaire à Fréjus. 
(2) Id. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIll'^ SIÈCI,E 143 

hommes, comme pour leur faire une escorte d'honneur, puis, à 
un signal donné, les soldats prennent de force la chasse et la 
transportent à Callian (1). Le succès sembla légitimer cet acte de 
violence. Non seulement Nicolas de Fiesque ne soutint pas les 
réclamations du chapitre, mais il prêta son appui , en 1519, au 
prieur de Callian, Barthélémy Delphin, pour lui faire obtenir 
des indulgences en faveur de ceux qui l'aideraient à restaurer 
l'église paroissiale dans laquelle les reliques étaient déposées (2). 
Pendant ce temps, les Minimes de Fréjus se disposaient à 
construire un nouvel édifice à la place du couvent provisoire 
qu'ils occupaient depuis 1490, année de leur arrivée à Kréjus. 
Ils obtinrent dans ce but^ en 1519, par l'intermédiaire de Nicolas 
de Fiesque, de nombreuses indulgences, égalant en valeur 
celles des pèlerinages de Rome et da Gompostelle (3). Mais ce 
projet ne se réalisa que deux ans après. Le cardinal-évêque 
adressa, à cette occasion, aux chanoines de la cathédrale la 
lettre suivante, datée de Rome le 8 août 1521 : « Les hommes 
vénérables et bien aimés frères de l'Ordre des Minimes de 
saint François de Paule sont venus vers nous et nous ont 
demandé avec beaucoup d'instance de leur accorder notre bon 
plaisir et notre consentement pour construire dans notre ville 

(1/ Antelmy. Disseil. de S. Maxinia. 

(2) Celle bulle, donnée !i Rome le 7 janvier 1519, fut signée par dix cardinaux, Nicolas de 
Fiesque en tête. Chacun des signataires accorde 100 jours d'indulgences les jours de sainte 
Maxime, de la Nativité de saint Jean-Bapliste, de l'Assomption, de la Nativité de la Sainte- 
Vierge et de saint Honorât.— Antelmy. Dissert, de S. ilaxima. 

(3! Fanguatoris, notaire <i Fréjus. Ces indulgences se gagnaient les jours de la Toussaint, 
de l'Assomption, de l'Annonciation et delà Pentecôte. 



144 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

de Fréjus un monastère de leur Ordre, et, comme nous 
avons toujours eu pour cet Ordre une dévotion particulière et 
que nous voyons ces mêmes Pères et ces religieux toujours 
attentifs à la gloire de Dieu et au salut des âmes et que nous 
espérons que par leurs travaux et leurs bons exemples, ils 
procur&ront au clergé et aux fidèles de notre diocèse de grands 
avantages, il nous a paru bon de consentir à leur pieuse demande. 
Voilà pourquoi, lorsque le provincial ou les frères de cet Ordre à 
qui il donnera ses pouvoirs iront vers vous, vous leur assignerez 
la place et le terrain dont ils auront besoin pour la construction 
de ce monastère, après avoir convenu pourtant que ni le général, 
ni le provincial, ni d'autres frères de cet Ordre, présents ou 
futurs, par eux ou par d'autres, ne pourront jamais acquérir 
d'immeubles en dehors du sol occupé par leur couvent » (1). 

Après avoir donné, au lieu vulgairement appelé le Paiil , le 
terrain nécessaire, les chanoines passèrent, le 15 mai 1522, avec 
le provincial François Bellomat, une convention par laquelle les 
Minimes s'engageaient à ne jamais acquérir aucun immeuble 
dans Fréjus, à quelque titre que ce fut; à donner à la cathédrale 
la moitié du casuel perçu pour les funérailles faites dans l'église 
ou le cimetière de leur couvent; à ne jamais admettre aux sacre- 
ments, sauf celui de la Pénitence, les personnes étrangères à 
leur Ordre ; à ne jamais faire les prières des relevailles ; enfin à 
assister avec leur croix à la procession du premier dimanche 
du mois et à toutes les processions générales (2). 



(Ij Bernard Achard, notaire à Fréjus. 
(2) Bernard Adiard, notaire à Fréjus. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 145 

Nicolas de Fiesque était encore à Rome quand, le 10 mai 1519, 
la Sainte-Vierge favorisa de son apparition miraculeuse un habi- 
tant de Cotignac^ nommé Jean de la Baume. Cet homme, simple 
et craignant Dieu, était parti de bon malin pour sa terre, située 
sur le mont Verdaille. A peine arrivé, et pendant qu'il faisait sa 
prière, il vit briller devant lui une grande lumière, au fond de 
laquelle se détachait un être mystérieux. A cette vue, Jean se 
trouble; mais la vision lui parle et le rassure : « Je suis la mère 
de Dieu, dit-elle, allez annoncer aux prêtres et aux consuls de 
Gotignac que je veux qu'ici on bâtisse une église sous le vocable 
de Noire-Dame de Grâces ». Le 4 septembre suivant, on bénis- 
sait solennellement la première pierre de cette chapelle. Quand 
elle fut terminée, Léon X, sans doute sur la demande de Nicolas 
de Fiesque,, accorda, le 27 mars 1521, une indulgence plénière 
aux pèlerins qui la visiteraient (1). 

Après vingt ans d'absence, Nicolas de Fiesque revint dans 
son diocèse. Il y resta plus de deux ans. Le 6 janvier 1521, il 
passait avec les habitants de Fayence une transaction dans 
laquelle il leur permit soit l'usage^ soit la construction de plu- 
sieurs fours (2). Au mois d'avril 1522, il faisait un pèlerinage à 
la Sainte-Baume et y laissait, comme souvenir de sa visite, un 
reliquaire d'argent, orné de ses armes, renfermant une relique 
de saint Laurent (3). Enfin, le 26 avril 1523, son neveu et lui, 



(1) Histoire de N.-D. de Grâces, par M. le chanoine Laure, curé-doyen de Gotignac. 
(s; Fanguatoris, notaire à Fréjus. Cet acte dut conSrmer une transaction précédente de 
1501. (Arch. dép>««. Sénéchaussée, B, 393.) 
(3) Rostan. Monographie du couvent de St'Maximin. Kotes du P. Reboul, p. 232. D'après 



140 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

renouvelaient avec les habitants de Fréjus, la transaction signée 
par son prédécesseur en 1489 (1). Son retour à Rome dut 
s'effectuer la même année. Nommé évéque d'Ostie et doyen du 
Sacré-Collège, le 18 octobre 1523, il mourut huit mois après, 
le 15 juin 1524, et fut enseveli dans l'église de Sainte-Marie-du- 
Peuple. 

Nicolas de Fiesque fit pendant sa vie, nous disent Antelmy et 
Girardin, des dons nombreux à la cathédrale. De leur temps, 
ses ornements étaient encore dans le trésor du chapitre (2). Il 
laissa après lui une réputation intacte; son dévouement à l'Eglise 
était sans bornes. Tous les Papes qui, de son vivant, se succé- 
dèrent sur le siège de Saint -Pierre, l'honorèrent de leur estime; 
il serait même parvenu, après la mort de Jules II, au suprême 
pontificat s'il avait fait à ses collègues les promesses qu'ils en 
attendaient (3). 



M. Fernand Cortez, Nicolas de Fiesque aurait déjà fait un pèlerinage à la S'«.Baume.en 1487. 
(Journal la Croix du Var, 169(3]. 

(1) Arch. dépari'". Inventaire de l'évéché de 1719. 

{•2) En 1605, il y avait dans le vestiaire de la cathédrale un ornement en drap d'or et un 
autre en velours noir, ayant appartenu au cardinal Fiesco.— Arch. dép'". Visites pastorales 
d'Ondertey. 

(3) Girardin. Hisl. de Fréjus, II, 236. 



DU XII1« A LA FIN DU XVIII« SIÈCLE 147 

FRANCIOT DES URSINS 
(1524-1534) 



Sommaire, — Avant l'épiscopat. — Témoignages de joie à la nouvelle 
de sa nomination. — L'administration du diocèse et les évêques 
auxiliaires. — Réparations à la cathédrale. 



Urbain de Flasque serait certainement devenu l'évêque titulaire 
après la mort de son oncle, si lui-même ne l'avait précédé dans 
la tombe. Il dut mourir, dit M. Albanés , entre le 24 janvier et le 
15 juin 1524. La nomination du nouvel évêque ne pouvait se faire 
d'une manière plusexpéditive. Le jour même du décès de Nicolas, 
Clément Vil tint son consistoire et après avoir annoncé la mort 
et fait l'éloge du doyen du Sacré-Collège, il pourvut immédiate- 
ment à la vacance du siège de Fréjus qu'il donna au cardinal 
Franciot des Ursins, non comme évêque, mais comme adminis- 
trateur perpétuel. 

Franciot était le cousin germain et le compagnon d'enfance de 
Léon X ; il eut les mêmes maîtres que lui; l'un d'eux, Ange 
Politien, l'avait pris en affection et lui dédia son ouvrage Des 
poids et des mesures. Il suivit d'abord la carrière des armes, se 
maria et eut un fils nommé Octave. Après la mort de sa femme, 
quoiqu'il ne fut pas encore entré dans la cléricature , Léon X le 
comprit, le 1^'" juillet 1517, dans cette fameuse promotion de 
trente et un membres du Sacré-Collège destinée, dans l'esprit 



148 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

du grand pape, à contrebalancer l'influence des cardinaux plus 
ou moins exemplaires qui Tentouraient. Franciot reçut alors le 
litre cardinalice de Saint-Georges au Vélabre; il l'avait échangé 
contre celui de Sainte-Marie in Cosmedin, quand il fut nommé 
à l'évéché de Fréjus. Il acquit une telle considération auprès de 
ses collègues, qu'à la mort d'Adrien VI il lui manqua seulement 
quelques voix pour être élu pape (1). 

On fut heureux d'apprendre dans le diocèse que le siège de 
Fréjus venait encore d'être donné à un cardinal. « Les immenses 
tristesses que nous avons éprouvées à la mort de Nicolas de 
Fiesque, disaient dans une supplique les habitants de Fayence, 
la nouvelle de votre élévation les a changées en une grande joie 
quand nous avons vu qu'après avoir été privés d'un tel appui, 
nous continuerions à dépendre d'un prélat du siège apostolique. 
Dès que nous eûmes appris que Jésus-Christ, dans sa miséri- 
corde, nous avait donné un soutien si puissant, nos cœurs 
furent remplis d'une allégresse indescriptible et noire voix ne 
peut assez bénir le Très-Haut d'avoir placé à la tête de notre 
église, aune époque si troublée où notre ville, comme tout le 
diocèse, semble privée de toute prospérité, un pontife aussi 
illustre par sa science, sa vertu et sa foi que par son éloquence 
et son habileté dans les affaires. Nous promettons au Très-Haut 
et à vous, très révérend Père, la plus humble obéissance et 
nous chargeons nos délégués de vous exprimer de vive voix 
tous les sentiments qui nous animent » (2). 



.1) Gallia nov. I, col. 393. Audin. Hù/. de Léon X, p. 350. 
(?': Fangaatoris, notaire k Fréjus, 



DU XI1I° A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 149 

Malgré ces témoignages de sympathie, Franciot des Ursins ne 
vint jamais à Fréjus; il fit prendre possession de son siège, le 
20 juillet, par son fils Octave et son secrétaire Jean-Baptiste 
Maniscoli (1). A l'exemple de Nicolas de Fiesque, il fit donner, 
en 1525, Tévéché à son neveu Léon des Ursins, quoicpril n'eut 
que douze ans et confia l'administration du diocèse à ses grands 
vicaires. 

Le premier de ces personnages que nous trouvons en 
exercice est Arbaud Lambert, prévôt du chapitre et évêque de 
Venosa, dont nous avons déjà parlé. Les habitants de Fréjus 
ayant manifesté le désir de renouveler la transaction du 26 avril 
1523, l'évèque auxiliaire en référa au cardinal qui envoya de 
Rome un prêtre investi de sa confiance, Ange Oddo de Confinio. 
Le délégué de Franciot passa, le 4 septembre 152G, une tran- 
saction confirmant la précédente et autorisa de nouveau les 
habitants à amener l'eau de l'Argens dans l'ancien port. Mais 
ce projet ne put être mis à exécution à cause de l'opposition 
qu'il souleva de la part des habitants de Roquebrune et du 
seigneur du Muy (2). A la mort d'Arbaud Lambert, l'année 
suivante, Ange de Confinio, qui remplissait déjà les fonctions 
de grand vicaire, lui succéda aussi à la prévôté du chapitre, 
dignité qui fut donnée, en 1531, à Léon des Ursins (3). Déjà, 
en 1530, l'administration diocésaine était confiée à Marc de 
Gally, prieur de Saint-Etienne. A partir de l'année suivante 



(1) Guillaume Dolle, notaire ii Fréjus. 
\2) Notaires de Fréjus. passim. 
(3) Honorât, notaire k Fréjus. 

10 



150 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

jusqu'à la mort de Franciot des Ursins, le prieur de Saint-Pons 
de Nice secondé par Jacques Girieud^ vicaire de Trigance , et 
celui de Châteaudouble, Guillaume Francolis, dirigea le spirituel 
et le temporel de l'évêché; les fonctions pontificales furent rem- 
plies par des évêques auxiliaires. Celui de Chartres fit^ en 1530, 
la visite du diocèse au cours de laquelle il consacra l'église de 
Villecroze (1). Après lui, ce fut Pierre Maynard, évêque d'Hébron. 

L'absence de Franciot des Ursins n'empêcha pas les chanoines 
de veiller aux besoins du culte. En 1525, ils confièrent à un 
librc^ire d'Avignon, Jean Chinay, une nouvelle édition du bré 
viaire qui avait été imprimé à Turin (2). Cinq ans après, ils 
commencèrent de grandes réparations à la cathédrale : le sol 
intérieur fut exhaussé ; on mit en harmonie avec le style archi- 
tectural de l'époque les fenêtres et la porte d'entrée, qui reçut 
les belles sculptures sur bois qu'on y admire encore aujourd'hui , 
le clocher fut couronné de la flèche actuelle et de quatre campa- 
niles depuis supprimés (3). Ces travaux durèrent près de quatre 
ans, car, en 1532 et 1533, Pierre Maynard fit plusieurs ordina- 
tions aux fonts baptismaux et dans les chapelles extra-muros de 
Saint-Joseph et de Saint-Antoine (4). 

Franciot des Ursins mourut à Rome, le 10 janvier 1534, à l'âge 
de soixante-un ans II fut enseveli dans la basilique du Vatican, et 
sur sa tombe son fils Octave fit placer une plaque commémora tive. 



(1) Notaires de Fréjus. paisim. Girardin. Vescript. du diocèse, p. 213. 

(3) Gaillaume Dolle, notaire à Fréjas. 

(3} Le millésime 1530 se lit au-dessus de la porte d'entrée. 

(4; Notaire? de Fréjus. passim. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIIl'^ SIKCLE 151 

LÉON DES URSINS 

(1525-1564) 



Sommaire. — L'administration- de Bertrand Néron. — Visite du diocèse 
par le coadjuteur de l'archevêque d'Aix. — Invasion de la Provence 
par Charles-Quint. — Patriotisme des Provençaux : la résistance. — 
Excès de l'armée impériale.— La tour du Muy. — Echecs et retraite 
de Charles-Quint. — Conclusion de la paix. — Les vicaires généraux 
et les évéques auxiliaires. — Visite du diocèse par Boniface Pignoli. — 
Léon des Ursins à Fréjus. — Le jubilé universel. — Ti'avaux à la 
cathédrale. — Conflits au sujet des droits temporels. — Générosité 
du prélat. — La taxe des bénéfices. — Voyages à Rome. — Emeute 
à Fréjus. — L'église de Draguignan.— Siméon Aléot. — Le village 
de Sainte -Maxi me. — Les guerres de religion. — Barjols et 
Tourves. — Organisation do la défense contre les protestants. — 
Progrès de la Réforme. — Défections dans les rangs du clergé. — 
Mort de Léon des Ursins. 



A la mort de son oncle, Léon des Ursins n'avait que vingt-un 
ans. Il continua à résider en Italie d'où il envoya, le 29 mars 
1534, des lettres de grand vicaire à Bertrand Néron et le chargea, 
le 16 novembre suivant, de prêter au roi le serment de fidélité, 
ce qui eut eu lieu le 19 février 1535 (1). 

A peine muni de ses pouvoirs, Bertrand Néron fit visiter le 
diocèse par le coadjuteur de rarchevêque d'Aix, Antoine Filholi 
dit Imberti. Celui-ci mit pour condition qu'il recevrait dans les 

(1) Gallia nov I, 596, 



152 LES ÉVÈOUES DE FRÉJUS 

paroisses les honneurs dûs au métropolitain et commença le 
cours de ses visites par celle de la cathédrale le 8 janvier 1535 (1). 
Mais il dut les interrompre, l'année suivante, à cause des graves 
événements dont nos contrées furent le thécUre. 

Depuis quinze ans, François P"' et Charles-Quint se dispu- 
taient la couronne impériale. Déjà, en juillet 1524, le connétable 
de Bourbon, passé par trahison au service de l'empereur, avait 
franchi le Var et s'était emparé de la basse Provence. « Il n'y 
eut, dit Bouche, ni château, ni ville, ni village qui lui résista, 
mais obligé de lever le siège de Marseille, il regagna immédia- 
tement la frontière le 6 octobre ». 

Au mois de janvier 1536, Charles-Quint entrait à son tour en 
Provence à la tête de son armée, augmentée du contingent du 
duc de Savoie, tandis que la flotte de Doria s'emparait de la 
place forte d'Antibes et ravageait les côtes. Après avoir traversé 
le Var sans coup férir, il s'avançait plein d'espoir et de jactance, 
se flattant fullement de conquérir les états de son rival ; mais il 
ne tarda pas à s'apercevoir que la conquête était moins facile 
qu'il ne l'avait espéré. Le patriotisme des Provençaux fut à la 
hauteur du danger qui les menaçait Partout, sur les ordres du 
gouverneur de la province fidèlement exécutés par Jean de 
Bonneval, la défense est organisée. Bientôt, la destruction des 
oliviers, des récoltes et provisions de toutes sortes, l'empoi- 
sonnement des puits et des sources ont fait le vide autour de 
l'armée impériale , harcelée sans trêve par les soldats du roi et 
des bandes armées de paysans soulevés sur son passage. Furieux 

(IJ Marc Dolle, notaire îi Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIU^ SIÈCLE 153 

de la résistance acharnée qu'il rencontre au sein de ces popula- 
tions poussées au désespoir, l'ennenii ne fait plus de quartier. 
C'est de part et d'autre une guerre d'extermination. Dans 
l'Eslérel, un grand nombre d'habitants qui s'étaient réfugiés au 
sommet d'une montagne, au milieu des bois, avec leurs femmes, 
leurs enfants et leurs bestiaux, sont cernés dans leur retraite; 
le feu est mis à la forêt, et les malheureux qui cherchent à se 
sauver, sont repoussés dans les flammes ou tués à coups d'ar- 
quebuse (l). 

Les lueurs de l'incendie éclairant l'horizon jettent l'épouvante 
dans la population de Fréjus. Le 27 juillet, l'armée de Charles- 
Quint entre sans coup férir dans la ville abandonnée de ses défen- 
seurs, tandis que la flotte jette l'ancre dans le port. Pendant dix 
jours la malheureuse cité est livrée au pillage et au massacre; 
la cathédrale elle-même n'est pas épargnée : un vieux chanoine 
ayant eu la faiblesse d'indiquer l'endroit où l'on tenait cachés 
les vases sacrés et les saintes reliques , la soldatesque s'y 
précipite, s'empare des objets précieux et profane les restes des 
saints. 

Charles-Quint profita de son séjour à Fréjus pour réorganiser 
ses troupes. Afin de laisser un souvenir durable de son passage 
et faire oublier, s'il se pouvait^ jusqu'au nom du conquérant des 
Gaules, l'empereur voulut que Fréjus s'appelât désormais 
Charlecille et donna des ordres pour restaurer les monuments 
romains. 
Le 6 août, l'armée ennemie quittait Fréjus. A quelques lieues 

(1) Papou. Histoire de la Provence, IV, |j. 7]. 



154 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

de là , à rentrée du village du Muy, se dresse fièrement, sur le 
bord de la roule, la tour fameuse, à jamais illustrée par la 
lutte épique d'une poignée de héros contre une armée entière. 
Quarante-cinq braves, gentilshommes et paysans, s'y sont 
enfermés, résolus à tuer Charles-Quint à son passage. Une pre- 
mière décharge de leurs arquebuses fait mordre la poussière à 
un brillant cavalier richement costumé qu'ils ont pris pour le 
souverain. Revenus de leur surprise, les impériaux s'élancent à 
l'assaut de la tour. Vingt fois repoussés, malgré leur nombre, 
ils amènent du canon pour la réduire. Mais c'est en vain qu'ils 
multiplient leurs attaques, tous leurs efforts viennent échouer 
devant l'indomptable résistance de ses défenseurs. Quelques-uns 
d'entre eux, dans une sortie désespérée, tentent de se faire jour 
à travers les rangs ennemis. A la fin, Charles-Quint, ne pouvant 
emporter la tour de vive force, promet la vie sauve aux survi- 
vants, s'ils consentent à se rendre. La petite garnison réduite à 
huit hommes, dont trois blessés, sort de la tour si vaillamment 
défendue. Mais au lieu d'honorer le courage des vaincus , 
l'empereur saisi de colère à la vue de leur petit nombre , 
ordonne qu'on les pende aux arbres du voisinage. Ainsi périrent 
ces héros qui payèrent de leur vie la foi donnée à la parole 
impériale (1). 

L'armée ennemie reprit sa marche en avant, se signalant 



(1) Pour perpétuer le souvenir de ce glorieux fait d'armes, on célébra au Muy, chaque 
année, jusqu'à l'époque de la Révolullon, une rae-'^se de Requiem en l'honneur des huit et de 
leurs compagnons d'armes. Les enfants du sire dEscragnolles, l'une des victimes de la 
félonie de Charles-Quinl, y avaient seuls droit k une place dans le chœur. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 155 



partout par les mêmes excès, les mêmes profanations (1). 
A Aix Charles-Quint se fit couronner roi de France; mais bientôt 
repoussé d'Arles et de Marseille, il est forcé de battre en retraite. 
Le 19 septembre il était à Fréjus où il séjourna pendant dix 
jours. « Mais, dit Girardin, nos concitoyens voulurent avoir leur 
revanche. Gomme l'armée de Charles-Quint repassait le bois de 
l'Estérel, s'étant ligués avec les habitants d'alentour^ ils mirent 
le feu aux quatre coins de la forêt, de sorte que cet empereur y 
perdit je ne sais combien de monde et courut lui-même grand 
risque d'être enveloppé dans l'incendie. Il regagna Nice au plus 
vite M (2). Dans cette expédition, Charles -Quint avait perdu 
les deux tiers de son armée. Mais la Provence et en particulier 
le diocèse de Fréjus se ressentirent près de vingt ans encore des 
désastres de l'invasion (3). 

L'intervention du Pape mit fin à la guerre. Malgré son grand 
âge, Paul 111 vint à Nice où il avait convoqué les deux monar- 
ques. Le jeudi 9 mai 1538, l'empereur qui voyageait par mer 



(1) A Tians l'église fut icccndiée, l'autel et le tabernacle devinrent la proie des flammes; 
mais Dieu permit que les saintes espèces fussent préservées quoique couvertes de cendres 
chaudes. Guillaume Francolis, vicaire de Châteaudouble, qui remplissait alors les fonctions 
de vicaire général, ordonna de conserver avec respect les hosties miraculeuses et de les 
placer dans un nouveau tabernacle. — Gaullredi, flist. de la Provence, et l'abbe J. Sivaii) 
communication faite à la Semaine religieuse, 1890. 

(a) Girardin. Hist de Fréjus, 1,343. 

(3/ Le 4 octobre iri54, le conseil communal de Fréjus demande « au roi d'affranchir la ville 
de tous les droits qu'il y prend, pour l'espace de trois ans, i)0ur le fait des dommages qu'elle 
a souderts, en l'année l.J3ii que l'empereur avec son hort vint en Provence, attendu qu'il 
donna semblable affranchissement à la ville de Uraguignan et autres lieux de sa viguerie ». 
Marc Uolle, notaire à Fréjns;. 



156 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

avec vingt-huit galères entra, pour s'y ravitailler, clans le port 
de Fréjus dont les consuls avaient reçu en conséquence les 
instructions de François P'", et arrivait à Nice le soir du même 
jour. Le roi de France avait pris la voie de terre; il entra à 
Fréjus le 27 mai au matin, avec la reine Eléonore, son épouse, 
le Dauphin Henri et le duc d'Orléans, ses fils, ainsi qu'un grand 
nombre de seigneurs et d'officiers. 11 en repartit le soir même 
pour le lieu du rendez-vous où il arrivait le lendemain (1). La 
paix fut signée le 18 juin suivant. 

Pendant que se déroulaient ces graves événements, la direc- 
tion du diocèse avait passé des mains de Bertrand Néron , 
mort en février 1536, en celles du prévôt du chapitre, Georges 
Fénilis, qui s'adjoignit le vicaire de Ghateaudouble, Guillaume 
Francolis. A son tour Georges Fénilis fut remplacé, en 1538^ 
par Claude Grenon, chanoine de Grasse, qui eut successivement 
pour suppléants Jacques Girieud, Jean Rodulphe et Marc de 
Gapj'ilis. En 1542 ^ Claude Grenon céda la place à Lauret Lauri, 
clerc de Spolète, dont Léon des Ursins signa la nomination à 
Rome au palais de Monte-Giordano; mais il revint au pouvoir 
en 1544. Deux ans après, Léon des Ursins investit de sa 
confiance Boniface Pignoli qui depuis douze ans remplissait 
auprès de lui les fonctions de secrétaire. Il lui avait successive- 
ment obtenu un canonicat à Lorgnes (1537), le prieuré du Revest 
(1541), le vicariat de Ramaluelle (1544), et celui du Muy (1560) (2). 

La visite du diocèse avait été faite pour la seconde fois en 1539 



(1; Fonds personnel, notaire Pascal 
(2) Nùlaires de Trrjus. pussim. 



DU Xlll° A L\ FIN DL' XVIIl^ SIÈCLE 157 

par Antoine Filholi^ et en 1541 par Barthélémy Portalenqui. Fn 
15-46, Boniface Pignoli reçut du Parlement l'ordre d'en faire une 
nouvelle; il se mit en route huit jours après la notification 
officielle. Dans l'espace de deux mois il parcourut les deux tiers 
des paroisses , s'informanl avec sollicitude de leurs besoins 
spirituels et temporels (1). La même année, Barthélémy Porta- 
lenqui fit une tournée pour administrer la confirmation. 

Léon des Ursins était toujours à Rome ou dans son manoir 
paternel de Monte-Rolondo. Il vint enfin à Fréjus en 1548 et 
n'alla prêter le serment de fidélité au roi que l'année suivante, 
quoiqu'il eut déjà reçu des lettres comminatoires quatre ans 
auparavant (2). A son retour, les consuls de Fréjus lui offrirent 
un présent (3). Il en reçut un nouveau à l'occasion de sa première 
messe qu'il dit à la cathédrale, le 8 septembre 1551 , car il avait 
différé jusque-là son entrée dans les ordres; il était alors âgé de 
trente-neuf ans (4). 

L'élévation de l'évêque de Fréjus au sacerdoce coïncida avec la 
jubilé universel. A cette occasion, la ville épiscopale vit accourir 
dans son enceinte des foules de pèlerins. Car la bulle poniificale, 
en dispensant les fidèles de se rendre à Rome, ordonnait de 
visiter au siège de l'évêché de chaque diocèse les églises que 
l'évêque désignerait. La cathédrale et les chapelles de Saint- 



(li Itaymond Visilis, notaire à Fréjus. 

(2; Gallia iiov . I, :->;j7 et Instrum. LXIII. 

(3. Arch. c'" de Fréjus. BU. 2, f° 40. 

(4) « Délibéré le 30 aoiU 1551 de faire un présent d'un veau, d'un cerf ou d'un sanglier ou 
d'un caratcl de bon vin avec une douzaine de chapons et de perdreaux, parce que i'évcque 
Léon Ursin se propose de dire la messe nouvelle pour Notre-Dame à Fréjus ». (Id. f" 1C7.) 



158 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



Françûis-de-Paule j de Saint-Joseph et de Notre-Dame-de-Pilié 
furent choisies comme lieux des stations jubilaires (1). Voulant 
marquer par des actes de générosité et des fondations pieuses 
l'année de sa promotion au sacerdoce, Léon des Ursins donna 
au chapitre une chapelle pontificale, un dais et une chappe de 
damas rouge , le tout jDrné de ses armes (2). De leur côté les 
chanoines firent placer au mailre-autel de la cathédrale un 
magnifique rétable el un tableau de l'Assomption avec les armes 
du prélat et cette inscription : Deiparœ Virgini Léo Ursinus 
Foroj. épis. D. D. D'autres travaux furent exécutés : à la porte 
d'entrée de l'évêché on construisit un portail en pierres de taille 
surmonté d'une galerie , dont le parapet fut entouré de mâchi- 
coulis; on disposa dans le sanctuaire de la cathédrale, pour 
faciliter l'assistance aux offices des serviteurs de l'évêchéj la 
tribune dans laquelle on pénètre par l'intérieur du palais (3). 

Depuis Léon Guérinet les évêques de Fréjus se voyaient 
contester leurs droits temporels. Le séjour prolongé de plusieurs 
d'entre eux hors de leur diocèse n'avait fait que favoriser les 
entreprises des particuliers et des communes. Léon des Ursins 
essaya de réagir contre ces usurpations si souvent renouvelées. 
Successivement il revendiquait par l'organe de ses procureurs 
la juridiction du Revest (1538), celle du Puget contre Antoine de 
Romans, les seigneuries de Saint-Raphaël (1546), de Montau- 



(1) Guillaume Dolje, notaire !) Fréjus. 

(3 11 fonda aussi deux anniversaires, l'un pour son ateui , l'aulrc pour son oncle et 
prédécesseur Franciol. 
(3) Notaires de Fréjuï, passiin. Auleimy. ucscripl. diœc, p. 3i'G. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 159 

roux (1556) et de Favas (1557). Il entra en lutte, en 1559, contre 
les habitants Je Fréjus qui avaient obtenu subrepticement du 
roi la seigneurie de la ville épiscopale et celles du Puget, de 
Saint-Raphaël et de Villepejj. 

Ces attaques incessantes contre les droits temporels des 
évêques ne s'expliquaient guère depuis l'arrivée de Léon des 
Ursins à Fréjus, car ce prélat prit toujours en main les intérêts 
de ses vassaux. En 1550, les consuls de Fréjus avaient mis à 
l'étude le creusement du canal destiné à déverser dans l'ancien 
port les eaux dérivées de l'Argens; ils avaient même envoyé, 
deux ans plus tard,, une députation au baron des Arcs pour lui 
demander son autorisation. Léon des Ursins favorisa cette 
entreprise qui fut menée à bonne fin peu de temps après. Cette 
même année (1550), les habitants de Roquebrune ayant voulu 
construire un pont sur la rivière de l'Argens, l'évêque leur 
vint en aide en renonçant pendant plusieurs années à ses droits 
seigneuriaux; mais, quand ils voulurent , en 1559 , établir un 
canal d'arrosage, il s'y opposa à cause du préjudice dont pour- 
raient souffrir ses moulins du Puget, qu'il refusa plus tard de 
vendre à la commune de Fréjus (1). 

Le clergé se trouvait alors dans un grand embarras financier. 
Par le concordat de 1516, Léon X avait autorisé François I'^^' à 
lever des décimes sur tous les biens ecclésiastiques de son 
royaume. Dans l'application de cette mesure fiscale le clergé 
de Fréjus fut surchargé; car, tandis que le diocèse d'Aix qui 
avait 100,000 écus de revenus n'était taxé que de 5,588 livres, 

;1) Notaires de Fréjus, passim. Arcli. (lép''^. Sénéchaussée. Arcli c'" de Fréjus, passim. 



160 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

celui de Fréjus, dont les bénéfices étaient inférieurs de moitié, 
fut frappé d'une imposition presque égale. Déjà, sous Nicolas 
de Fiesque, les syndics du diocèse avaient fait entendre leurs 
réclamations, mais elles ne furent pas écoutées; et ce qui avait 
augmenté encore davantage la confusion, c'est qu'en 1542, en 
dressant la table des bénéfices du diocèse, avec leur valeur 
approximative, on avait lésé les droits de plusieurs. De nouvelles 
réclamations se produisirent. Le prévôt de Barjols se disait trop 
imposé; de son côté le prieur claustral de Saint- Victor se plai- 
gnait de ce que les prieurés de Villecroze, de Salernes et de 
Palaison, qui n'avaient pas été taxés dans le tableau de 1516, 
avaient été compris dans le nouveau; à son tour l'archevêque 
d'Aix refusait de payer la nouvelle taxe, parce que son prieuré 
de Flassans était porté sur la côte de l'archevêché; enfin, 
l'archidiacre d'Aix, Antoine de Rascas, qui alléguait les mêmes 
motifs dans le but de s'exonérer de toute contribution au sujet 
de la vicairie de Draguignan, avait obtenu un arrêt du grand 
conseil pour obliger l'évêque à lui rembourser 2,000 livres indû- 
ment payées depuis six ans. 

Mis au courant de la situation, Léon des Ursins, qui à cette 
époque était encore en Italie, demanda au clergé la somme exigée 
par l'archidiacre d'Aix. Il rencontra la plus vive opposition. Les 
chanoines de la cathédrale furent les premiers à lui sign>fier par 
exploit, peu de temps après son arrivée, leur refus de contribuer 
au paiement de cette dette (16 juin 1548). De nombreuses 
réunions furent tenues où le clergé et l'évêque exposèrent leurs 
raisons, celui-ci soit par lui-même, soit par l'organe de son 
parent Jacques des Ursins, abbé du Thoronet ; enfin, après 



DU Xlll^ A LA FIN DU XVIU^ SIÈCLE 161 

bien des explications et des pourparlers^ un accommodement 
intervint. Le clergé consentit à rembourser les 2,000 livres à 
l'évêque qui s'engagea à faire approuver par le Parlement la 
nouvelle répartition de la taxe que le clergé venait d'établir. La 
chambre ecclésiastique du diocèse chargea de cette mission 
l'abbé de Lérins, Denys Faucher, qui échoua; Léon des Ursins 
ne réussit qu'à faire porter le prieuré de Flassans sur le rôle 
des bénéfices du diocèse (1). 

L'agitation soulevée par l'affaire de la taxe des bénéfices n'était 
pas encore calmée, que Léon des Ursins partait pour l'Italie. 11 
signait de Monte-Rotondo, le 31 mars 1552, les lettres de vicaire 
général pour Joseph Horologe, clerc de Vicence et protonotaire 
apostolique. Quatre mois après, il était de retour à Fréjus, 
où il affermait, le 10 août, à Antoine Pansard, d'Hyères, le 
monopole du sel qui depuis 1225 appartenait à l'évêque et au 
chapitre. L'année suivante, après avoir fait vérifier les coniptes 
de l'évéchéj le prélat fut si mécontent de la gestion de son 
grand-vicaire qu'il le révoqua de ses fonctions et le remplaça 
par Boniface Pignoli. Il présida les assemblées ecclésiastiques 
qui se tinrent à Fréjus, en 1554, pour régler l'affaire des taxes 
des bénéfices et , peu de temps après, il partit de nouveau pour 



(I) Cependant le négociateur de cette afl'aire était un des hommes les plHs distingués de 
la Provence. Sa correspondance très vaste, ses poésies élégantes, ses livres ascétiques 
révèlent, en même temps qu'un esprit orné des connaissances les plus étendues, un cœur 
formé aux vertus les plus consommées. Ses mérites lui valurent l'honneur d'être placé à la 
tète du monastère de Lérins où il resta vingt ans (1514-1564). Ce fervent religieux entretenait 
avec Léon des Ursins des relations d'amitié. (Vinc. Barralis. Chronol. Lerin., 11, 222- 
266.) 



162 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

Rome. Il en revint, en 1556, avec le caractère épiscopal et reçut 
à cette occasion un nouveau présent du conseil communal de 
Fréjus. Le 15 juin de la même année, il faisait l'ordination de la 
Trinité à Draguignan (1). 

Deux ans après, Léon des Ursins faillit être la victime de son 
zèle dans une singulière échauffourée. A Fréjus, comme dans 
un grand nombre d'églises, il existait depuis longtemps un 
usage très bizarre. Le jour des SS. Innocents, des jeunes gens, 
sans respect pour le saint lieu, se livraient dans la cathédrale à 
une indigne parodie des offices divins. L'un d'eux habillé en 
évèque, les autres revêtus des insignes des chanoines et des 
bénéficiers, ils montaient à l'autel , sautaient dans les stalles et 
reproduisaient d'une manière bouffonne les cérémonies reli- 
gieuses devant un public qui riait aux éclats (2). 

Léon des Ursins résolut de mettre fin à ces scènes burlesques. 
Au jour indiqué il envoya son viguier, Antoine Clément, pour 
les interdire. Mais le viguier n'ayant réussi qu'à ameuter contre 
lui la populace, l'évêque descend lui-même à la cathédrale et 
renouvelle sa défense. Sa voix n'est pas écoutée. Accueilli par des 
huées, insulté, poursuivi jusque dans son palais par des jeunes 
gens armés , il est réduit à se cacher pour échapper à la fureur 
de la foule. Le conseil communal s'émut et décida d'envoyer au 
prélat plusieurs des notables de la ville pour lui présenter des 
excuses au nom de tous les habitants. « Ces jeunes gens, dirent 
les délégués à l'évêque, n'ont eu ni la pensée d'insulter votre 



(1) Guillaume Dolle, notaire à Fcéias, passim. Arch. c'" de Fréjus, BB. 2. 
;2; ABtelmy. Descript. diac. p. 326. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 163 

personne, ni celle de se moquer de Dieu et de l'Eglise; ils ont 
voulu seulement se livrer à un passe-temps agréable, comme 
ils l'ont toujours fait d'après un usage très ancien; mais ils 
seront punis si vous l'exigez » (1). Il faut croire que Léon des 
Ursins mit pour condition à sa clémence l'abolition de cet usage 
qui fut d'ailleurs proscrit dans toutes les églises de la Provence 
par le concile d'Aix en 1585 (2). 

A. Draguignan, le service divin se faisait d'une façon déplo- 
rable. Les offices se célébraient sans aucune dignité, on y disait 
même la messe très rarement; le soin des âmes y était en 
souffrance. L'archidiacre d'Aix, Antoine de Rascas, crut pouvoir 
remédier à ces abus en faisant appel au zèle des prêtres origi- 
naires de la ville. Il en trouva quinze qui consentirent à prendre 
à leur charge le service divin ou à le faire célébrer par deux 
curés capables et six autres prêtres auxiliaires auxquels seraient 
adjoints quatre enfants de chœur. Ce contrat fut passé le 3 et le 
6 novembre 1559, dans la cour du château du Muy et approuvé 
le 27 janvier 1560 par Léon des Ursins (3). Dix ans plus tard, 
cette institution donna naissance à une collégiale qui assura 
d'une manière définitive le fonctionnement du service divin. 

L'amour du sol natal attirail sans cesse en Italie l'évêque de 
Fréjus. Nous le trouvons, le 22 août 1560, à Rome, d'où 
il envoie à son grand -vicaire {l'ordre de prêter serment de 



(1) Arch. c'" de Fréjus, BB. 2. 

(3) Cessent in die SS. Innocentium ludibria orania et puériles ac théâtrales lusus. Conc. 
aquens. 1565. 
(3) Guillaume DoUe, notaire !) Fréjus. 



164 LES ÉVÈOUES DE FRÉJUS 

fidélité au roi Charles IX qui venait de monter sur le trône (1). 
Il y était encore quand, le 29 novembre 15G0, Paul IV indiqua, 
pour le 18 janvier 1562, la reprise des travaux du concile de 
Trente. Léon des Ursins qui ne revint à Fréjus qu'en 15G3 ne 
figure point parmi les Pères de celte assemblée. D'après les 
historiens de notre église,, Antelmy et Girardin , il y aurait été 
représenté par Siméon Aléot qui mourut à Trente, le 20 août 
1562, et porte sur les tables du concile le titre d'episcopus 
Forojuliensis. 

Rien n'est moins fondé que cette assertion. Nous savons déjà 
que le nom latin de Fréjus a donné lieu à plusieurs méprises; 
ici la même confusion se présente. 

D'abord Siméon Aléot ne pouvait être évéque de Fréjus, 
puisque le titulaire de ce siège vivait encore. Il n'était pas 
davantage son coadjuteur. Sans doute il y eut des évêques 
coadjuteurs au concile de Trente, mais tous portent, avec leur 
nom et leur qualité, leur titre épiscopal (2j. Girardin dans sa 
naïve imagination a fait toute une légende sur Siméon Aléot. Il 
le dit originaire de Fréjus, évéque m pa/'/î6«s d'Hyddes, nous 
montre ses parents faisant venir de Trente, après sa mort, les 
meubles et les ornements du prélat. D'autre part s'il avait été le 
coadjuteur de Léon des Ursins et qu'il eut habité Fréjus^ Siméon 
Aléot aurait laissé comme les autres évêques auxiliaires, dans les 
actes de l'époque, des traces de son passage. Or nous n'avons 



(1) Gallia nov. Inslrum.. LXllI. 

(3) Joannes Aniiius, iiapolitanus, episcopus Hippoiicnsis cl coadjulor Uoviiius. (SS. Codc. 
Tiid. acia, tabulœ.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 165 

pas rencontré une seule fois le nom de ce prélat soit dans les 
archives départementales ou communales, soit dans les minutes 
des notaires de Fréjus, si riches à cette époque en renseigne- 
ments précieux. Enfin, les tables du concile distinguent les 
Pères par leur nationalité, et les trois prélats provençaux qui 
assistèrent à cette session : Guillaume d'Avanson, archevêque 
d'Embrun, Louis de Bueil, évêque de Vence, et Jean Clausse, 
évéque de Sénés, sont désignés comme français. Pourquoi 
Siméon Aléot ne porte-t-il que le titre d'episcopus Forojuliensis 
sans désignation de nationalité? C'est que son évéché n'était pas 
en France et il faut le placer ou à Forli ou à Frioul (1). Aussi 
comprenons-nous la réserve d'Honoré Bouche. Après avoir 
nommé les trois évêques de la Provence qui prirent part à la 
dernière session du concile de Trente, ce grave historien s'ex- 
prime en ces termes : « Quelques-uns ajoutent Siméon Aléot 
qu ils veulent être ce Siméon Aleotus episcopus Forojuliensis, 
décédé à Trente le 20 août 1562 » (2). 

L'évèque de Sénés, l'un des trois prélats provençaux dont 
nous venons de parler^ avait des relations nombreuses et des 
intérêts considérables dans le diocèse. 11 possédait en commende 
l'abbaye du Thoronet et tenait, à ce titre, sous sa juridiction 



(1) L'annolateur de VUisloire du concile de Trente, éilit. Migne, III, fol. 1074, donne 
sur ce prélat lanotiee suivante : « Siméon Aléotti de Forli, évêque de Fréjus, mort à 
Trente, le 20 août 1562, nommé, le 10 décembre 1555, docteur en l'un et l'autre droit, 
chanoine et recteur de Fréjus, îi 40 ans coadjuteur de Pierre-Jean d'Aléotli. Il mourut avant 
celui qu'il devait remplacer ». Cette note serait exacte si au lieu de Fréjus on avait lu partout 
Forli, car il n'y a jamais eu de Pierre-Jean d'Aléotli à Fréjus. 

(2) Hist. de la Provence, 11, 045. 

il 



166 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

seigneuriale le territoire de Sainte-Maxime dans le golfe de 
Grimaud. Ce village avait été ruiné par les incursions inces- 
santes des corsaires. Déjà, pour assurer sa défense, un abbé du 
Thoronet, François de la Rivière, avait commencé, en 1520, la 
construction d'une tour sur le bord de la mer. JeanClausse résolut 
de fonder une nouvelle ville, assez spacieuse, entourée de rem- 
parts, qu'il aurait appelée de son nom : Ville-Clausse. Son projet 
fut autorisé par le roi le 27 septembre 1560; une bulle du pape, 
du 20 novembre suivant, lui donna les pouvoirs canoniques né- 
cessaires. Après plusieurs démarches auprès du vicaire général , 
Boniface Pignoli, il finit par obtenir, le 15 mai J5G1 , le visa de 
l'évêché. Près de cent colons, venus de tous les points du diocèse 
et des diocèses voisins, répondirent à l'appel de l'évêque de 
Sénés. Pendant un an ou deux, la communauté de Sainte-Maxime 
donna quelques signes de vie, mais les guerres de religion qui 
éclatèrent à cette époque en Provence rendaient impossibles de 
telles fondations. Bientôt les terrains cédés à la nouvelle ville 
furent abandonnés et un siècle s'écoula avant que la paroisse de 
Sainte-Maxime put de nouveau se reconstituer (1). 

La ville de Barjols fut la première, dans le diocèse, à con- 
naître les horreurs des guerres de religion qui désolaient une 
grande partie de la France. En 1559, deux luthériens fanatiques, 
Antoine et Richieud de Mauvans, pénétrèrent à l'improviste 
dans la place, mirent le feu à la collégiale et massafcrèrent sept 
chanoines. Les catholiques résolurent de se venger. Antoine de 
Mauvans, attiré par surprise à Draguignan , fut mis en pièces 

(1) Pdpon. nist. de Provence, IV, 146. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 167 

par la foule. Le cœur et le foie du sectaire portés dans les rues , 
au bout d'une pique, furent jetés en pâture aux chiens. Son 
cadavre fut ensuite salé et transporté à Aix où on le pendit. 

Cette ville était alors dans la plus grande effervescence. L'un 
des consuls, Durand de Pontevès, seigneur de Flassans et frère 
du comte de Carcès, en sortit à la tète d'une troupe nombreuse 
qui grossissait en i-oute. Au-devant des soldats qui avaient le 
chapelet autour du cou^, marchait un cordelier portant un 
crucifix. C'était la guerre sainte. Sur leur passage, le village 
de TourveSj peuplé de huguenots, fut livré au pillage et au 
massacre. A cette nouvelle, le Parlement de Provence s'émut et 
prit le parti du roi contre les catholiques. Une armée^ com- 
mandée par le comte de Grussols, se mit à la poursuite de 
Durand déclaré rebelle et vint l'assiéger dans Barjols. Repoussé 
une première fois et obligé de se replier sur Varages, Crussols 
revint à la charge et, après quatre jours de siège, il emporta la 
place d'assaut. Les représailles des vainqueurs furent terribles. 
Ils saccagèrent les maisons , pillèrent les églises, jetèrent les 
prêtres dans les puits et brûlèrent le corps de saint Marcel sur la 
place publique (i). Pour donner plus de solennité à cet acte 
sacrilège, les huguenots le firent constater par quatre notaires 
« afin que le peuple, dirent-ils, n'ait plus l'occasion de se livrer 
à de nouvelles pratiques d'idolâtrie » (2). 

Terrorisés par ces tragiques événements , les catholiques 



(1) Une pieuse femme parvint pourtant h arracher du brasier un doigt du saint évêque : 
c'est la seule relique qui reste et qu'on vénère encore aujourd'hui. 

(2) Papon. Hist. de la Provence, IV, 157. GaulTrcdi, I, 626. 



168 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

se mirent en étal de défense. Ce fut à cette o-icasion que 
prit naissance cette institution provençale de la Bravade qui 
pendant si longtemps a relevé l'éclat de nos fêtes publiques et 
dont le cachet primitif s'est conservé de nos jours dans la ville 
de Saint-Tropez. Partout les conseils commimaux nommèrent 
un ou plusieurs capitaines de ville et un enseigne (1). Bourgs et 
villages furent transformés en places de guerre, dont les habi- 
tants étaient toujours prêts à prendre les armes à l'approche de 
l'ennemi. Le nom d'huguenot, haganaù, devint la plus sanglante 
des injures (2). On chassait impitoyablement les étrangers 
appartenant à la religion nouvelle. Les habitants qui avaient 
embrassé l'hérésie étaient soumis à une surveillance sévère et 
s'ils étaient soupçonnés de connivence avec leurs corréligion- ' 
naires, on vendait leurs biens et on les expulsait ;^3). On comprend 
la division qui régnait dans les paroisses, car l'hérésie avait 
pénétré presque partout et faisait même des adeptes parmi les 
membres du clergé. C'est ainsi qu'en 1557, Boniface Pignoli 
citait devant l'ofificialité Guillaume de Rascas, dominicain du 
couvent de Draguignan, qui prêchait la Réforme. En 1562, le 

(1) Le conseil communal de Fréjus nomme trois capitaines de ville en 1562 et quatre en 
]o64. On Qt de même au Luc. A Saint-Tropez le premier capitaine de ville fut nommé en 
1558. A Cotignac le conseil communal délibère, en 1583, « qu'on nommera annuellement un 
capitaine pour dresser une compagnie de gens lorsqu'il sera nécessaire, même aux jours de 
Notre-Dame, pour l'honneur du romeraige et tout ce qui sera besoin pour le service de Dieu 
de la dite église, sive romeraige et de la république *. (Arch. c'«* de Fréjus, Le Luc, 
Saint-Tropez, Cotignac.) 

(2) En 1561, le conseil communal de Fréjus défend aux enfants de se donner l'injure 
A'^aganaù (Arch. c>", BB. 3.) 

(3) Arch. c'" de Fréjus, BB. 3 et du Luc, BB. 5. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 169 



même grand-vicaire excommuniait, à cause de leur attachement 
à l'hérésie, François Antiboul, prieur de Saint-Tropez, Etienne 
Digne, prieur de N.-D. de Plèbe à Bargenion, Jean Trastournel, 
vicaire de Bargème , Honoré Grasse! , chanoine de Barjols, 
Honorât Cotte, prieur d'Entrecasteaux , René de Savoie, sieur 
de Gipières, prévôt de Pignans, Auguste Guillon, prieur de 
Saint-Biaise de Figanières (1). 

Léon des Ursins qui avait quitté le diocèse en 1560, y retourna 
trois ans après (2). Selon l'usage, les consuls vinrent à sa ren- 
contre et lui offrirent un présent (3). Il fit encore deux ordinations 
à la cathédrale, le 18 et le 29 décembre 1563 (4). Le 2 avril 
de l'année suivante^ il approuvait le transfert delà chapelle de 
Notre-Dame-de-Lorette à Aups sur un point plus rapproché 
de cette ville avec les indulgences que le Souverain Pontife y 
avait autrefois attachées (5). C'est le dernier acte connu de son 
administration. Il mourut le 10 mai 1564, jour de l'Ascension, 
à six heures du matin, et fut enseveli dans la cathédrale, sous 
la lampe du sanctuaire (6). 



(1) Arcli. (lu V. /«.?. ecctcs. passim. Notaires de Fréjus, passim. 
(?) Dans un acte du 28 novembre 1503, Léon des Ursins signe en ces termes : Leone 
Orsino vescovo di Frejius. (Notaire Marc Dolle.) 

(3) Savoir : un veau et un tonneau de vin blanc (Arch. c'" de Fréjus, BB. 3.) 

(4) 1ns. eeclés. passim. 

(5) Arch. dl;|)''^ Visite pastorale de Garidelly. Aups. 

(6) Antelmy. De Iniliis, p. 171. 



170 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

BERTRAND DE ROMANS 
(1565-1579) 



Sommaire.- Claude Estivent. — Nomination de Bertrand de Romans. — 
Sa famille et ses antécédents. — La prise de possession et le 
sacre. — Agitation et menées des protestants. — Extension de 
l'hérésie. — Nouvelles défections dans le clergé. — Vote de subsides 
de guerre par le clergé; emprunts et aliénations. — Le baron de 
Cipières. — Razats et Carcistes. — La journée d'Aups. — Travaux 
de défense à Fréjus, à Saint-Raphaël et à Fayence. — Phases 
diverses de la lutte. — L'administration de Bertrand de Romans. — 
Etablissement d'un canal d'irrigation à Fréjus; concessions aux 
habitants. — Création des théologales. — Démêlés avec les cha- 
noines. — Approbation de deux délibérations capitulaires enlevant 
aux bénéficiers le droit de résignation et restreignant le droit 
d'option des prébendes canoniales. — Erection en collégiale de 
l'église paroissiale de Draguignan. — Lutte incessante pour la 
seigneurie temporelle. — Les Minimes de Fréjus. — Assistance de 
Bertrand à l'assemblée ecclésiastique d'Aix.— Sa mort à Fayence. 



Depuis le concordat de 1516 , la nomination des évêques 
appartenait au roi. Pourtant la présence successive de deux 
prélats italiens sur le siège de Fréjus, après la mort de Nicolas 
de Fiesque, porte à croire que cette disposition nouvelle n'avait 
pas encore été appliquée dans notre diocèse. 

Au décès de Léon des Ursins, le pouvoir royal revendiqua 
ses droits, et l'on suivit pour la nouvelle nomination les pres- 
criptions de l'édit donné par Charles IX à Orléans en 1561. Une 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIECLE 171 

assemblée composée des chanoines de la cathédrale, de douze 
gentilshommes du diocèse et de douze bourgeois de Fréjus, 
dressa une liste de trois candidats parmi lesquels le roi devait 
choisir le nouvel évèque (1). Le prieur du couvent de Saint- 
Maximin, Claude Estivent, ayant réuni le plus grand nombre de 
suffrages, Charles IX, alors en Roussillon, signa, le 22 juillet 
1564, ses lettres de nomination. Mais ce religieux mourut un 
mois après. Bien qu'une nouvelle élection devint nécessaire, 
le roi crut devoir passer outre et nomma (10 janvier 1565) à 
l'évêché vacant Bertrand de Romans qui venait le second sur la 
liste (2). 

Avant de recevoir le brevet royal, Bertrand dut souscrire la 
pension de 4,000 livres dont la mense épiscopale était grevée, 
depuis le 6 juin 1564, en faveur de Pierre de Cadenet, clerc 
d'Arles et secrétaire de Charles IX (3). Il fut préconisé par 
Pie IV, le 23 juin 1565, mais ce pape étant mort avant l'expédi- 
tion des bulles, il dut attendre l'élection de son successeur, qui 
les lui délivra le 17 janvier 1566 (4). Pendant celte longue vacance 
du siège le diocèse fut gouverné par le vicaire général d'Aix^ 
Etienne Stéphany, qui prit pour suppléants Boniface Pignoli, 
Jean Foulques de la Garde ^ prévôt du chapitre, et le chanoine 
Pierre Bonnaud (5). 



(1) Arcli. c'" de Frcjus, BB. 3.— L'élection des douze bourgeois se lit le 21 mai. 

(2) Arch. (lép'«'. I/is. eccl. 

(3) Ibid. id. 

(-1 G'illia nov Instrum. LXIV. 

(5) Guillaume Dolle, notaire à Fréjus. 



172 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Malgré Topinion de Roux Alphéran qui place à Aix son 
berceau (1), nous inclinons à croire que Bertrand de Romans 
naquit, vers 1515, à Figanières , où son père, Hugues, 
exerçait la profession de marchand; sa mère, Thoge Romégat, 
y était née. Hugues de Romans avait cinq fils et une fille : 
Bertrand, le futur évêque; Pierre, qui entra aussi dans les 
ordres, prit ses grades de docteur en théologie, se livra à la 
prédication et fut pourvu d'un canonicat à Fréjus; Cyprien et 
Antoine^ qui continuèrent le commerce de leur père; le plus 
jeune, nommé également Pierre, embrassa la carrière mili- 
taire et obtint le titre d'écuyer avec la seigneurie d'Agout (2). 
Sa fille, Sibille, épousa Barthélémy de Néris, coseigneur de 
Bagnols, à qui Bertrand céda, en 1575, par bail emphy théotique, 
plusieurs terres de ce village pour une redevance minime (3). 

Destiné à l'état ecclésiastique, Bertrand de Romans fut pourvu 
de bonne heure d'un canonicat à Fréjus, à la suite de la résigna- 
tion qu'André de Fiesque fit en sa faveur en 1526. Il fut ordonné 
prêtre en 1546, obtint, deux ans après, un canonicat à Aix et 
céda celui de Fréjus à son neveu Joseph. Bientôt la prévôté de 



(1) Roux Alpbéran. Les Bues d'Aix, 1, p. 408.— La méprise vient sans doute de ce que 
Bertrand de Romans, qui était conseiller clerc au Parlement, avait une maison à Aix. 

(2) Le 2" février 1542, les quatre aînés acquirent en commun de Claude de Villeneuve, 
pour la somme de 300 écus d'or, la sei:neurie d'Espérel. L'année suivante, Antoine profitant 
de l'hostilité que rencontrait la juridiction temporelle des évêques, se rendit acquéreur, à 
la faveur de ces troubles, de la seigneurie du Puget dont son fils Melcliior était encore le 
possesseur en 1582. 

(3) Bonaud et Garamagnc, notaires a Fréjus, — Une de ces redevances consistait en un 
sol tournois et une paire de perdrix. 



DU XIIl'' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 173 

Glandevès lui fat donnée et le 12 juin 1555 il unissait à ses 
dignités ecclésiastiques celle de conseiller clerc au Parlement. 
Quand il eut été promu à l'épiscopat, Bertrand dota les fils de 
son frère Cyprien des emplois honorables et lucratifs auxquels il 
avait été nommé. L'ainé, Bertrand, probablement son filleul, lui 
succéda dans ses fonctions de conseiller; Joseph, qui était déjà 
chanoine de Fréjus, obtint la prévôté de GZanrfeoès et résigna 
son canonicat en faveur de son frère Raymond; mais celui-ci, 
ayant renoncé quelque temps après à la cléricature, coda son 
bénéfice à Jean, le plus jeune de ses frères. Bertrand s'était 
réservé jusqu'à la fin de sa vie les revenus de l'église de Tour- 
rettes qui formait la prébende de son canonicat et prit à sa charge 
la décoration et Tentretien de cette église (1). 

Quand les bulles furent arrivées de Rome et que, le 3 mars 
1566, Pierre de Ragueneau, évêque de Marseille, eut fait 
l'enquête canonique, Bertrand de Romans fit sa profession de foi 
entre les mains de ce dernier et de l'évêque de Vence. Après 
l'enregistrement des bulles, le 14 octobre, son frère, Pierre 
d'Agout^ prit possession de l'évêché le 20 du même mois. C'était 
le jour du synode diocésain. Lues d'abord dans la salle capitu- 
laire, en présence des chanoines, les bulles pontificales furent 
de nouveau promulguées du haut de la chaire, devant le clergé, 
après le sermon d'usage et la publication des statuts synodaux. 
Pierre d'Agout nomma vicaire général, au nom de son frère , le 
chanoine Pierre Bonnaud, et comme suppléant l'un des curés de 



(1) Notaires de Fi'éju.s, passim. 



174 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Fréjus, Antoine Primery. Le sacre du nouvel évêque eut lieu à 
la cathédrale, le 6 janvier 1567 (1). 

Les protestants ne cessaient de s'agiter pour répandre la 
Réforme et tenir le pouvoir royal en échec. En 1566, ils étaient 
assez nombreux à Fréjus pour demander la nomination d'un de 
leurs corréligionnaires à la charge de consul; ils réussirent 
même, en 1568, à faire choisir parmi eux le trésorier de la 
communauté; mais cette élection fut cassée à la suite des pro- 
testations qu'elle souleva. Cependant les consuls eurent beau- 
coup de peine à faire fermer une école confessionnelle que les 
réformés avaient ouverte dans la ville épiscopale. Au Luc, à 
Pignans leur nombre croissait sans cesse; enfin, dans les rangs 
du clergé se produisirent de nouvelles défections et, en 1568, 
Bertrand de Romans fut obligé d'interdire Honorât Testanier, 
recteur de la chapellenie Saint-Eloi de Fayence, « accusé d'avoir 
pris les armes contre le roi et les fidèles du Christ et d'avoir 
dévasté les églises et les lieux saints (2). 

Un instant suspendues, les hostilités allaient bientôt recom- 
mencer. Protestants et catholiques réunissaient leurs troupes. 
Pour subvenir aux frais de la guerre, une somme de 7,560,000 
livres fut votée au roi par le clergé de France dans l'assemblée 
générale qui se tint à Paris en 1567. Bertrand de Romans y fut 
délégué par le clergé de la province avec Jean Clausse, évêque 
de Sénés (3). La part de contribution de guerre imposée à 



(1) Arch. dép'". Insin. ecc/és. 

(2) Ibid. id. 

(3) Bouche. Uist. de Provence, II, 652. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 175 

l'évêque de Fréjus fut de 1,700 livres. Bertrand de Romans se 
vit dans la nécessité d'aliéner un pré de la mense épiscopale 
qu'il vendit avec réserve de rachat. En 1576, bien que la taxe ne 
s'éleva qu'à 337 livres, l'évêque se trouvant dans la plus grande 
pénurie, céda aux habitants de Bargemon ses droits seigneu- 
riaux moyennant le paiement de cette somme et une rente 
annuelle de 15 livres (1). 

Le clergé accepta sans murmure sa part des charges publi- 
ques. Avant comme après l'assemblée générale de 1567, il 
multiplia ses réunions dans la ville épiscopale et vota plusieurs 
emprunts pour la garantie desquels il consentit à aliéner les 
prieurés de Montfort et de Callas. L'emprunt de 1568 s'éleva à 
100,000 livres, tant pour les subsides de guerre que pour le 
rachat des deux bénéfices engagés. Il était difficile de se procurer 
une somme aussi considérablCj et nous voyons un an après, 
les chanoines sommer, par exploit, le vicaire général de la 
verser (2). 

En Provence, deux frères, Honoré et René de Savoie, mieux 
connus, l'un sous le nom de comte de Tende, l'autre sous celui 
de baron de Gipières, s'étaient mis à la tête des deux camps 
opposés. Le parti catholique reconnaissait pour chef le premier^ 
tandis que le second , quoique engagé dans l'état ecclésiastique 
et pourvu de la prévôté de Pignans , commandait l'armée 



(1) Marc DoUe, notaire h Fréjus. 

(2) Notaires de Fréjus, passim.— Le pape Pie IV, qui avait autorisé les subsides, voulut 
contribuer lui aussi à celte croisade nouvelle en fournissant à l'armée catholique quatre 
mille fantassins et douze cents cavaliers. De leur cùté, les proteslauts trouvèrent, auprès de 
la reine d'Angleterre, Elisabeth, et des princes allemands, des protecteurs dévoués. 



176 LES ÉVÈQUES DE FP.É.IUS 

ennemie. Malgré les censures ecclésiastiques dont Boniface 
Pignoli l'avait frappé, en 1562, à cause de sa connivence avec 
les protestante, le baron de Cipières n'en persévéra pas moins 
dans sa révolte. Son indigne conduite lui attira un terrible 
châtiment. C'était en 1568. Suivi d'une escorte, de quarante 
cavaliers, il s'était arrêté à Fréjus où se trouvaient en ce 
moment le marquis des Arcs et d'autres seigneurs du parti 
catholique. L'occasion parait favorable à nos gentilshommes 
pour se débarrasser d'un ennemi redoutable. Ils se répandent 
dans les rues et soulèvent les habitants contre ces étrangers, 
ennemis de la religion et du roi. A la voix de ses chefs, le peuple 
prend les armes et se précipite, en proférant des cris de mort, 
vers l'hôtellerie où le baron de Cipières est descendu avec sa 
troupe. En vain les consuls veulent-ils intervenir, la foule, 
malgré leurs efforts, envahit l'auberge et massacre sans pitié 
les huguenots. Cipières, qui seul a pu échapper au carnage, est 
bientôt traqué dans sa retraite et mis à mort, malgré le parole 
donnée par le marquis des Arcs de lui laisser la vie sauve (1). 

Bertrand de Romans était à Fréjus quand cet événement 
tragique arriva. N'ayant pu sauver l'infortuné baron , il vou- 
lut au moins honorer ses dépouilles. Il oublia les censures 
ecclésiastiques qui avaient mis l'ancien prévôt de Pignans hors 
de l'Eglise, pour ne voir en lui qu'une victime de nos guerres 
civiles, et, après avoir exposé son corps dans une chapelle 
ardente, il lui fit faire des obsèques solennelles (2). Moins 



(1) Girardio. llisl. de Frcjns, I, 217. 

(2) Notaire Garamagnc à Fréjus : « Le juillet 1jG8, vendu pai' Bertrand Bonaud, marcliand 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 177 

désintéressés, les consuls de Fréjus vendirent son cheval au 
profit du trésor communal (1). 

Deux ans après, il y eut une suspension d'armes qui fut 
reconnue par le traité de Saint- Germain-en-Laye. Mais en 
1572 _, le massacre de la Saint-Barthélémy donna le signal 
d'une nouvelle levée de boucliers. La Provence connut toutes 
les horreurs des guerres civiles. La mésintelligence des sei- 
gneurs la divisa en deux camps : les Razats et les Carcistes. 
Les premiers comprenaient les protestants auxquels, en haine 
des Carcistes, s'étaient joints des catholiques modérés; les 
seconds, sous la direction du comte de Garces et de son neveu , 
le baron de Vins, se déclarèrent les défenseurs du trône et de 
l'autel. La querelle finit par devenir politique autant que reli- 
gieuse et les deux partis se déshonorèrent par les mêmes excès. 
Malheur aux villes et aux villages au milieu desquels tombaient 
ces bandes indisciplinées, un seul jour suffisait pour achever 
leur ruine. 

Tel fut le sort de la ville d'Aups. Signalée comme affiliée aux 
Garcistes, elle fut envahie, le 16 octobre 1574 _, parles Razats 
sous la conduite du capitaine Estoublon. Ges forcenés mirent 
la ville à feu et à sang, pillant les maisons, massacrant les 
habitants, éventrant les femmes enceintes, égorgeant les enfants 

de Fréjus, dix cannes et demi de drap pour parer la chapelle où est exposé le corps du 
baron de Cipières, pour le prix de 100 llorins que l'évèque promet de payer aux fètos de 
Noël ». 

(1) Notaire Garamagne. •i Avons vendu à noble Cosme de Candolle un grand clicval 
d'Allemagne de poil noir, ayant les quatre pieds beaux avec sa selle et une bride, lequel 
était de feu M. de Cipiëres », 



178 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

comme des moutons (1). Ne pouvant se rendre maîtres du 
sieur de Blacas qui était enfermé avec quelques braves dans 
sa maison, ils y mirent le feu et, comme les assiégés sur la 
promesse d'avoir la vie sauve consentirent à se rendre, les 
Razats les massacrèrent dès qu'ils furent tombés entre leurs 
mains. Le carnage dura tout le jour. Des ruisseaux de sang 
coulèrent dans les rues où s'amoncelaient les cadavres. L'église 
collégiale ne fut pas épargnée: ses portes incendiées, ses 
archives jetées aux flammes, ses vases sacrés pillés, témoignent 
de la fureur sacrilège des huguenots. Le soir, ils se retirent 
ivres de carnage, traînant après eux les malheureux survivants, 
dont plusieurs sont massacrés en route ; d'autres n'obtiennent 
leur liberté qu'après avoir payé une forte rançon (2). 

A Fréjus, les deux partis en étaient venus aux mains; le 
sang avait coulé jusque dans la cathédrale et, en l'absence de 
l'évêque, qui était à Aix (3), l'abbé de Lérins, Césaire de Landa, 



(1) Ils insultaieiil même leurs malheureuses viclimes en se livrant à leurs dépens à des 
scènes bouffonnes. C'est ainsi qu'ayant trouvé dans la maison d'un bénéficier plusieurs 
instruments de musique, ils s'emparèrent de lui et après avoir suspendu & son cou une viole, 
ils le forcèrent a accompagner les chants et les danses burlesques qu'ils exécutaient devant 
lui. .4près quoi ils brisèrent la viole et le mirent à mort. 

(2) Le récit de ce carnage fut écrit par un témoin oculaire, Jean ou Boniface Clinchard et 
adressé au vicaire général Hclion Mosson.— V. Aups à travers les âges, par l'abbé Gibelin, 
p. 112-122. 

(3) Bertrand de Romans aimait le séjour d'Aix où il avait une maison qu'il conserva jusqu'à 
sa mort. Après son décès, son frère, Pierre d'Agout, vendit à l'encan les meubles et les 
chanoines firent retirer les papiers de l'évêché qui s'y trouYaient. Il prêtait aussi le concours 
de son ministère k l'archevêque d'Aii. Il ût dans la métropole plusieurs ordinations 
notamment le 4 avril et le 4 juin 1569, le 24 octobre 1572, le 2 mai et le 20 juillet 1573, le 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 179 

vint, le 1^'' février 1574, présider la cérémonie de la réconcilia- 
lion (1). Redoutant de plus grands malheurs, l'évêque engagea 
les consuls à mettre la ville en état de défense et promit, avec 
le chapitre, une somme de 800 écus pour contribuer à la 
réparation des tours et des remparts (2). Déjà le vigilant pontife 
avait fait restaurer, en 1567, la tour de Saint-Raphaël et relever 
de ses ruines, l'année suivante, le château de ce village ainsi 
que celui de Fayence (3j. Les archives de la ville épiscopale nous 
ont conservé le touchant témoignage de la reconnaissance des 
habitants envers Bertrand de Romans, « le zélateur et amateur 
de ses pauvres brebis qui sont journellement exposées à l'in- 
vasion des loups ravissants qui ne tâchent que de dévaster et 
totalement ruiner le pauvre pays de Provence, menaçant surtout 
la ville de Fréjus » (4). 

Ces travaux étaient devenus d'une urgente nécessité. Jusqu'a- 
lors les Carcistes avaient tenu les Razats en échec dans le Nord 
du diocèse. Mais en 1576, les huguenots avaient rompu les 
lignes de défense et occupaient la montagne; ils avaient concentré 
une partie de leurs forces aux environs de Callian, d'où les 
sieurs de Tanneron et de Tourrettes cherchaient à les repousser 
avec leurs hommes et deux cents arquebusiers que leur avaient 



U août 1574. Son séjour n'y fut jamais de longue durée, car nous voyons encore ce prélat 
faire deux, trois, quatre et jusqu'à cinq ordinations à Fréjus pendant toutes les années de 
son épiscopat. [Insin. eccl. et notaires de Fréjus, passim.J 

(1) Jacqnes Aynesy, notaire à Fréjus. 

(2) Arch. c'« de Fréjus, BB. 3. 

(3) Guillaume Dolie, notaire à Fréjus. 

(4) Arcli. c'«« de Fréjus, BB. 3. 



180 LES ÉVÈQUES DE FIŒJUS 

envoyés les consuls de Fréjus. Les Razats avaient aussi établi 
un camp de sejît à huit cents hommes à Gonfaron. Delà, ils 
vinrent attaquer le Muy où ils essuyèrent une défaite et 
descendirent, en traversant les Maures, dans le golfe de 
Grimaud (1). 

Enfin , il y eut une suspension d'armes vers les derniers mois 
de l'année 1576. Les Etats généraux allaient se tenir à Blois. 
Le clergé du diocèse réuni , le 28 octobre , à Draguignan , 
dans le réfectoire du couvent des Augustins , nomma, pour 
le représenter à cette assemblée , le vicaire général Hélion 
Mosson (2). 

Les préoccupations de la guerre civile n'empêchèrent pas 
Bertrand de Romans de s'occuper des intérêts spirituels et 
temporels qui lui étaient confiés. Nous l'avons vu contribuer 
pour une somme importante à relever les remparts de la ville 
épiscopale. C'est à lui également que les habitants de Fréjus 
durent l'achèvement du canal qui arrose leur territoire et le droit 
d'y construire des moulins. 

Dans une transaction passée à Aix, le 27 juin 1565, six 
mois après sa nomination , Bertrand de Romans avait posé 
avec les délégués, qui étaient venus lui offrir les hommages de 
la ville épiscopale, les bases d'un premier accord; mais il fallait 
le consentement du chapitre. L'évêque démontra aux chanoines 
les avantages de l'entreprise, soit au point de vue de la santé 
publique, car le vieux port, dans lequel les eaux du canal 



(1) Guillaume Dolle, notaire à Fréjus. Arcb. c'" de Fréjus, BB. 3. 
(3) Notaire Guillaume Dolle. 



DU Xlll° A L/V FIN DU XVIII® SIÈCLE 181 

seraient déversées, était devenu un foyer d'infection, soit à 
cause des économies que réaliserait la mense épiscopale, puisque 
le curage du canal, depuis l'écluse jusqu'à Fréjus, serait à la 
charge des habitants. Sur ces explications le chapitre donna un 
avis favorable et les parties passèrent, le 11 avril 1567, une 
convention définitive qui fut approuvée par le Souverain Pontife 
le 12 juillet 1582, Par cet acte, l'évêque cédait à la ville de Fréjus, 
pour une pension annuelle de 450 écus, les moulins et les scieries 
de l'Iscle ainsi que les droits delods; mais il se réserva le droit de 
pêcher dans le canal, d'y prendre l'eau nécessaire pour arroser 
ses terres, de moudre son blé aux moulins de la ville et de 
couper du bois de chauffage dans les forêts de l'Estérel ; il 
s'engagea en outre à ne pas se livrer à la culture du riz, à cause 
de la putréfaction qui s'en dégageait (1). 

Comme il fallait s'y attendre, les habitants de Roquebrune 
renouvelèrent leurs protestations, mais l'évêque n'en tint aucun 
compte, et le canal, dont le projet remontait à l'année 1513 et avait 
été l'objet de transactions nombreuses, put enfin être creusé 
depuis le moulin de l'Iscle jusqu'au port de Fréjus (2). 

La première visite du diocèse, retardée par les troubles de la 
guerre civile, ne fut commencée qu'en 1569 et continuée les trois 
années suivantes. Bertrand de Romans profita de ces tournées 
pour inviter les chanoines des collégiales à fonder dans leur 
chapitre, conformément aux prescriptions du concile de Trente et 
aux ordonnances du roi, la charge de théologal. Cette institution 



(1) Notaires Guillaume Doile et Jean Carbonel.— Arch. c'" de Fréjus, JJ. L. 

(2) Guillaume DoUe, notaire ^ Fréjus. 

12 



182 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

fui créée successivement à Barjols (1569), à Fréjus (1572), à 
Lorgues (1574), à Aups (1576). Les chanoines de Fréjus consen- 
tirent difficilement à la création d'une prébende nouvelle; et ils 
résistèrent obstinément à leur évêque, quand il voulut les obliger 
à réparer la flèche du clocher de la cathédrale frappée par la 
foudre en 1553 (1). 

Malgré cette opposition,, si peu justifiée, Bertrand de Romans 
ne laissa pas d'approuver deux délibérations capitulaires : l'une, 
du 9 juillet 1576, qui enlevait aux bénéfîciers le droit de rési- 
gnation et prescrivait qn'à l'avenir leurs successeurs seraient 
choisis par le chapitre parmi les prêtres et les clercs employés 
depuis longtemps au service de la cathédrale; l'autre, du 16 juin 
1577, qui restreignait le droit d'option des prébendes canoniales 
au seul cas où le titulaire défunt ou démissionnaire ne les aurait 
pas résignées (2). 

La collégiale de Draguignan venait d'être fondée par l'archi- 
diacre d'Aix, Jean de Rascas, et ses statuts avaient été approuvés 
le 23 octobre 1570 par le vice-légat d'Avignon. Mais comme tout 
s'était passé sans qu'il eut été consulté, l'évêque de Fréjus 
refusa d'autoriser celte institution et porta l'affaire au Parlement, 
Il ne put cependant empêcher l'exécution de la bulle pontificale: 
un arrêt du 25 mars 1575 en autorisa l'homologation et réserva 
seulement à l'évêque ses droits de juridiction tant pour la visite 
de la collégiale que pour l'assistance au synode et l'administra- 
tion des sacrements (3). 

(1) Arch. dép'«. Jnsin. eccl. passim, 

{•2] Ibid. id. 

(3) Poulie. Histoire de l'église paroissiale de X.-D- et St'ilichel de Draguignan, p. 17i. 



DU Xlll® A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 183 

D'ailleurs Bertrand de Romans eut sans cesse à lutter pour la 
défense des droits du siège épiscopal de toute part menacés. C'est 
ainsi qu'il dut s'opposer aux tentatives des habitants de Fayence 
qui voulaient se soustraire à sa juridiction temporelle; mais il 
leur accorda, par la transaction du 21 février lô'^O, l'usage des 
fours et les droits de tasque et de dîme moyennant une pension 
annuelle de 600 florins. Il défféra au Parlement ceux de SMulien 
et de Borîgaille qui essayaient, eux aussi, de se donner un autre 
seigneur et obtint gain de cause contre eux. Il dénonça au roi 
les consuls de Fréjus qui avaient émis la prétention de fixer le 
chiffre des aumônes que l'évèque devait distribuer aux pauvres 
de la ville pendant l'année. Ce fut à cette occasion que le souve- 
rain envoya des lettres-patentes dans tout le royaume, le 4 
novembre 1572, pour défendre aux Parlement, tribunaux et 
autres pouvoirs publics, d'imposer désormais aux archevêques 
et évêques la quotité des aumônes qu'ils devaient donner (1). 

Bertrand de Romans ne montra pas moins de fermeté dans 
l'administration du diocèse. En 1570, il enlevait les pouvoirs 
de vicaire général supplémentaire à Antoine Priméry qu'il avait 
trouvé trop négligent dans l'exercice de ses fonctions. En 1575, 
il obligeait le prieur de Flassans à fonder dans sa paroisse le 
vicariat perpétuel et, trois ans plus tard, frappait de suspense le 
vicaire de Salernes, Millon Salle, et son neveu, Jean Salle, 
vicaire d'Escragnolles, qui avaient permuté sans y être auto- 
risés (2). 



(1) Notaires de Fréjas, passim.— Arcli. départ'". Invent, de l'évôclié. 

(2) Arcli. dép'»'. Jnsin. eccl. 



184 l.ES ÉVÊQUES DE FHÉJUS 

Vers cette époque, les Minimes de Fréjus obtinrent du Sou- 
verain Pontife l'autorisation de se fixer à Xotre-Dame-de-la- 
Seds à Aix. Leur prétention d'emporter ou de conserver tout ce 
que leur couvent possédait à Fréjus, jeta l'émoi dans la ville. 
Ne pouvant s'opposer à leur départ, les habitants auraient voulu 
que ces religieux fissent l'abandon de tout ce qu'ils tenaient, 
meubles ou immeubles, de leur générosité. Pour éviter un procès 
imminent, on eut recours à l'arbitrage de Bertrand de Romans. 
Le 22 juin 1575, l'évèque décida que les Minimes garderaient 
seulement deux vignobles et les livres de leur bibliothèque et 
que le reste deviendrait la propriété des religieux qui seraient 
appelés à les remplacer au couvent de Fréjus (1). 

Bertrand de Romans se rendit, le 23 avril 1578, à l'assemblée 
ecclésiastique qui se tint à Aix (2). Il passa l'été à Fayence d'où 
il ne revint plus, croyons-nous, car il y était encore au mois de 
février 1579 et y mourut le 19 mars suivant. Il fut enseveli dans 
l'église de cette paroisse. Le jour de ses obsèques, le chapitre 
réuni à Fréjus, nomma Hélion Mosson vicaire général pendant 
la vacance du siège (3). 



Il) Carbonel, notaire à Fréjus. 
(2) Gallia nov., I, col. 398. 
(2; Arch. dép'". Insin. eccl. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 185 

FRANÇOIS DE BOULIERS 

(1579-1591) 



Sommaire. — La famille de Bouliers. — Avant l'épiscopat. — Reprise 
des hostilités. — Le baron de Vins.— Le Pacte de V Union.— Siège 
et destruction du château do Trans. — Défaite des Carcistes. — 
Arrivée de François de Bouliers à Fréjus. — Démêlés avec les 
religieux de Lérins. — Actes épiscopaux et seigneuriaux. — Visite 
du diocèse par l'évéque de Vence. — Situation matérielle et morale 
des paroisses. — Le procès de la juridiction temporelle. — Suite de 
l'administration épiscopale de François de Bouliers. — L'arrêt du 
grand conseil. — Mécontentement des Fréjusiens qui abandonnent 
la cause royale. — Meurtre du seigneur du Muy. — Emeutes à 
Fréjus.— Continuation de la guerre civile.— Massacres à Barjols, 
au Luc, à Mons, à Pignans. — Mort de François de Bouliers. — 
Fréjus au pouvoir des ligueurs. — Le chapitre à Chùteaudouble. — 
Les deux vicaires capitulaires. — Adoption de la liturgie romaine. 



La nomination du successeur de Bertrand de Romans ne se 
fit pas longtemps attendre. Un mois après sa mort, François de 
Bouliers recevait les lettres royales qui lui conféraient l'évéché 
de Fréjus. 

La famille du nouveau prélat était très ancienne et très connue 
en Provence; le roi René, qui l'avait en grande estime, l'appré- 
ciait surtout pour sa fidélité (1). 

(l) Sur son livre d'heures, le roi René avait écrit de sa main la vertu ou le défaut qu'il 
reconnaissait aux principales familles de la Provence. Ou y lit : La fidclité des Bouliers. 



18H LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 



Comte de Mane, baron de la Tour d'Aigues , vicomte de 
Reillane et de Desmont, François était l'aîné des fils de Philippe 
de Bouliers et de Claude Valperge. Comme les clercs de son 
rang, il fut pourvu de bonne heure d'importants bénéfices. En 
1557, il obtint l'abbaye deBlanchelande au diocèse de Coulances 
qu'il résigna, en 1575, pour une pension de 1,800 livres 
quand il eut été pourvu de celle de Lérins. Un an avant son élé- 
vation à l'épiscopat il joignit à cette riche prébende l'abbaye de 
Notre-Dame-de-Bon-Port, au diocèse d'Evreux, et le prieuré de 
Bouchedaigre, au diocèse de Chartres. Antelmy affirme que 
François de Bouliers avait été envoyé au concile de Trente pour 
être l'un des orateurs de Charles IX et qu'il dut l'évéché de 
Fréjus aux services rendus à la cause royale dans cette circons- 
tance. C'est là, croyons-nous, une erreur, car son nom ne figure 
pas sur la liste des orateurs du concile. Peut-être s'y trouvait-il 
comme secrétaire d'un des orateurs. 

La situation religieuse et politique de la Provence était lamen- 
table. Depuis l'année précédente la guerre civile s'était ranimée 
plus violente et cruelle que jamais. Razats et Carcistes étaient 
toujours aux prises. Mais la lutte avait changé de face; le danger 
pour les catholiques était plus à craindre maintenant du côté des 
Carcistes que de celui des Razats. Le baron de Vins, à la tête 



En 1430, Lonis de Bouliers, lieutenant au sénéchal de Provence, avait été choisi pour 
arbitre entre le roi Louis lil, père de René, et le roi de France au sujet de la ville d'Orange, 
dont ce dernier avait pris possession. L'année suivante, le comte de Provence lui remit le 
gouvernement de ses Etats, pendant un voyage qu'il fit à l'étranger. Deux Bouliers, Michel 
et Jean-Louis, avaient occupé le siL-ge de Riez, l'un au XV«, l'autre au XVI» siècle. 

Bouche. Uisl. de la Provence, II, p. 449. Papon. Id. III, p. 33S. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 187 



d'une horde d'aventuriers, semait partout la dévastation et la 
terreur. Ce n'était plus pour défendre l'Eglise^ mais plutôt pour 
assouvir des vengeances personnelles que combattait cet étrange 
catholique, dont les soldats ne reculaient ni devant le pillage des 
églises, ni devant les plus odieuses brutalités. Ce mâtinier, 
comme on l'appelait, « tantôt, comme à Gallas , se faisait 
l'exécuteur des vengeances seigneuriales , mettant ses troupes 
au service d'un tyranneau cupide, tantôt il tombait à l'improviste 
sur les possessions des gentilshommes razats, comme à Gogolin, 
et brûlait les châteaux, comme au Bourguet ; d'autrefois il 
surprenait de pauvres villages et les livrait aux mauvais instincts 
de ses soldats. Aussi un sentiment d'aversion légitime détournait 
de ce parti toutes les âmes honnêtes; les villes faisaient cause 
commune avec les protestants; le parti des razats était devenu 
celui du roi, tandis que la plupart des villages subissant l'in- 
fluence de leur seigneur formaient le gros du parti carciste » (1). 
Fréjus, comme les autres villes du diocèse, avait embrassé 
la cause du roi; aussi quand le grand prieur, frère naturel de 
Charles IX et duc d'Angoulême , arriva en Provence pour 
commander l'armée royale, le conseil communal envoya une 
députation pour lui offrir les hommages des habitants et 
demander son appui (2j. Cette attitude valut à la ville épiscopale 
plusieurs agressions des Carcistes qui _, fort heureusement , 



[V Siège et deslTuclion du château de Trans, par M. Mireur, archiviste départemental, 
p. 13. 

y.] Arcli. c'f^ de Fréjus. BB. 1.— Le conseil fit au grand prieur un présent de 72 (lorins 
et paya ses frais de transport jusqu'à Cannes pour la somme de 99 (lorins. fld. CC. 59.) 



188 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

échouèrent devant ses solides murailles. Au retour d'une de ces 
expéditions en 1578, les Carcistes saccagèrent le Puget où ils 
firent plusieurs otages qu'ils emmenèrent à Trans (1). 

Emus de ces attaques incessantes et voulant mettre à l'abri du 
pillage les ornements de la cathédrale ainsi que les archives du 
chapitre^ les chanoines les firent déposer dans un lieu caché du 
golfe de Grimaud. Mais en 1579, les Carcistes avaient envahi 
presque tout le diocèse : ils occupaient Trans, Lorgnes, Aups , 
Ampus, le Cannet, et se préparaient à descendre dans le golfe. 
A cette nouvelle, les chanoines chargèrent le capiscol. Donnât 
Gilly, de transporter ces objets précieux dans la tour de l'abbaye 
de Lérins ou à Cannes dans un local qu'il louerait tout exprès (2). 

Devant le péril grandissant, une assemblée générale composée 
des députés de la bourgeoisie des vigueries de Brignoles, de 
Grasse et de Draguignan, se tintàFréjus, le 15 avril 1579, 
dans le réfectoire du couvent des Observantins. Les délégués 
des villes s'y rencontrèrent avec la noblesse protestante. On y 
vota un emprunt de 20,000 livres pour l'achat de canons. Tous 
les assistants jurèrent de rester unis sur le terrain de la défense 
commune. C'est ainsi que fut conclu le Pacte de V Union. François 
de Bouliers qui venait à peine d'être nommé à l'évêché de 
Fréjus, fut désigné pour aller porter au roi les doléances des 
communes (3), 



(l) JeaD Bonaad, notaire au Puget. 

(2; Aynesy, notaire à Fréjus. — Les troubles furent si graves dans cette yilie que les 
chanoines ne purent retirer aucun revenu des fonds placés sur les anniversaires (id.J. 
(3) Pierre Bonaud, notaire ii Fréjus. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 189 



Le salut de la Provence sortit de cette assemblée patriotique 
Obligés de lever le siège de Lorgues, qui dura six semaines, 
lesGarcistes avaient formé le projet de s'emparer de Draguignan. 
Tandis que le baron de Vins campait avec le gros de sa cava- 
lerie sur les hauteurs d'Aups, Villecroze et Tourtour, que ses 
lieutenants occupaient Vidauban et Trans, le fils du seigneur de 
Callas, le sieur de Bargême, s'était posté avec une troupe de 
six cents hommes au quartier de la Granégone, presque aux 
portes de la ville. Dans cette extrémité, le baron des Arcs, 
Gaspard de Villeneuve, chargé de la défense de la place, et le 
viguier Raphelon , font appel à la milice des villages , à la 
vaillance redoutée de d'Estoublon. 

Le 21 mai 1579, l'intrépide capitaine vint mettre le siège 
devant le château de Trans, dont le seigneur, Claude de 
Villeneuve , gendre du comte de Carcès , s'était rallié au 
parti carciste. De part et d'autre on se bat avec acharnement. 
Debout, au milieu des assiégés, la marquise de Trans les 
encourage de ses paroles et de son exemple. La mort de 
d'Estoublon, renversé par un boulet, au lieu de semer la panique 
dans les rangs des Razats, ne fait que les exaspérer davantage. 
Enfin, au bout de deux jours de combats, le château est emporté 
d'assaut et l'infortuné marquis tué d'un coup de sabre par le 
capitaine des milices de Draguignan. La marquise affolée prend la 
fuite. Leur jeune enfant abandonné dans son berceau n'échappe 
à la mort que grâce à la pitié d'un muletier qui l'obtient d'un 
soldat prêt à le frapper moyennant une rançon de cinq sous (1). 

(1) M. Mii'cur, arcliiviste déiiartemental. Siège el destruction du château de Trans. 



190 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

Après cet échec, le baron de Vins tint encore deux ou trois 
semaines la campagne du côté de la Martre (1); mais le coup 
décisif était porté. Quand la reine mère, Catherine de Médicis, 
venue en Provence pour concilier les esprits, fit son entrée à 
Aix, les deux partis vinrent déposer les armes. A la procession 
de la Fête-Dieu j à laquelle elle assista, les historiens signalent 
la présence de l'évêque nommé de Fréjus (2). Enfin, le 30 juin, 
la paix fut signée dans la capitale de la Provence, sous les 
auspices de la reine. 

François de Bouliers fut préconisé dans le consistoire du 
22 mars (3). Les bulles furent agréées par le roi le 14 août et 
annexées, le 14 septembre, au Parlement. Le nouvel évêque 
chargea le baron des Arcs, Gaspard de Villeneuve, son beau- 
frère, de prendre possession de l'évêché en son nom. Gaspard 
subdélégua un prêtre des Arcs, Honoré Portanier, qui remplit 
cette mission le 3 octobre 1579 (4). François de Bouliers fit son 
entrée solennelle à Fréjus le 23 décembre suivant. A son arrivée, 
les consuls lui offrirent deux torches avec tous les honneurs dûs 
à sa dignité (5). 

Nous avons déjà dit que, avant son élévation à l'épiscopat, il 
avait obtenu en commande l'abbaye de Lérins. Mais cette nomi- 
nation avait été vue de mauvais oeil par les religieux. A la mort 

(1) Le 10 juin 1579. Joseph de Romans prend possession à vue du clocher du vicariat de 
la Martre à cause des soldats du baron de Vins qui arrêtaient les passants /'/nstn. ecclé.j 

(2) Uouche. Hist. de Provence, II, p. 074. 

(3) Gallia nov. Instr. LXV. 

(4) Arc.h, dép'". Insin. eccl. 
(5} Fréjus. Arch. c'", BB. 4. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIU® SIÈCLE 191 

du cardinal de Bourbon, ils avaient demandé au roi la suppres- 
sion de la commande comme préjudiciable à leurs intérêts 
spirituels et temporels. Leurs réclamations n'ayant pas été 
accueillies, ils refusèrent de reconnaître le nouvel abbé, malgré 
les avances et les promesses qu'il leur fit. Devant cette attitude, 
François de Bouliers fit appel au roi Henri III qui lui recommanda 
la modération et l'engagea à donner aux religieux la pension 
promise. Sur ces entrefaites, l'abbé commanda taire de Lérins 
ayant été nommé à l'évêché de Fréjus, le général des Bénédictins 
de la congrégation de Sainte-Justine de Padoue, dont relevait 
le monastère, manifesta ses dispositions conciliantes par l'envoi 
à François de Bouliers d'un diplôme d'affiliation qui le faisait 
participer, pendant sa vie et après sa mort, « aux grâces, 
suffrages, indulgences, messes et prières de l'ordre tout 
entier » (1). Huit jours après était conclu un arrangement 
définitif qui réglait les droits et les obligations réciproques des 
parties. Cet accord fut sanctionné par le Souverain Pontife, 
Grégoire XIII (16 mai 1581) et par le roi de France, Henri III^ 
(18 juillet) (2). Pour donner aux moines de Lérins une 
marque de sa bienveillance, l'évêque de Fréjus fit imprimer à 
ses frais le livre encore inédit de saint Eucher de Lande 
eremi (3). 
François de Bouliers ne fit pas un long séjour dans la ville 



(1) Ce diplôme sur parchemin sert de couverture au protocole des actes d'Olivier Yisilis, 
notaire à Fréjus. année 1593. 

(2) Alliez. Hist. de Lérins, II, p. 381. 

(3) Girardin. Hisl. du diocèse, p 32. 



l92 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

épiscopale (1). Nous l'y trouvons cependant^ le 12 janvier 1580, 
conférant la tonsure à plusieurs jeunes clercs dans le palais 
épiscopal ; le lendemain renouvelant à Hélion Mosson les pou- 
voirs de vicaire général et affermant à Honoré Portanier le 
sceau épiscopal des officialités du diocèse pour 30 écus d'or (2); 
le 20 du même mois, passant avec Gaspard Delphin, maçon du 
Muy, un prix-fait de 120 écus d'or pour mettre en état de défense 
le château du Pugel; le 9 août, présidant l'assemblée du clergé; 
enfin le 20 octobre, approuvant la fondation du vicariat de Saint- 
Etienne de Bargemon (3). 

L'évêque songeait alors à poursuivre devant le grand conseil 
du roi le procès toujours pendant de sa juridiction temporelle^ 
pour lequel il était allé, au commencement de son épiscopat, 
consulter à Aix les avocats et réunir les documents nécessaires. 
Il quitta Fréjus après avoir déclaré ses intentions aux consuls 
et vint au château des Arcs, chez son beau-frère de Villeneuve , 
où il s'était déjà arrêté à son retour d'Aix. C'est de là qu'il 
signa, le 15 novembre 1580, l'ordonnance qui transférait le 
greffe ecclésiastique à Draguignan. Il était dans cette dernière 
ville quand les consuls de Fréjus lui envoyèrent, le 26, une 
députation en vue d'un accommodement. Le prélat s'étant montré 
intraitable, le conseil communal décida de nommer un procureur 
pour défendre les prétentions de la ville au grand conseil du 



(1) Eq 1588, le conseil communal de Fréjus déclare que révêqHc est peu reste dans la 
ville depuis sou arrivée. (Arcli. c'», BB, 4.) 
i2) C'étaient les officialités de Draguignan, Lorgues, Barjols, Pignans, Grimaud, Fayence. 
(3) Garamagne et Olivier Visilis, notaires à Fréjus. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 193 

roi (1). Des Arcs, où il se trouvait encore au mois de janvier 
1581 , François de Bouliers se rend à son château abbatial de 
Cannes. Ces absences prolongées et réitérées nous montrent 
combien François de Bouliers était mal à son aise dans une 
ville qni refusait de reconnaître ses droits seigneuriaux. C'est 
du château de Cannes qu'il envoie, le 5 mai 1581, à son grand 
vicaire, Hélion Mosson , l'ordre de visiter le diocèse et de 
désigner un évêque pour le suppléer dans les fonctions épisco- 
pales « que nous ne pouvons remplir, dit-il, à cause des empê- 
chements légitim3S qui nous retiennent pour raison de la 
détention et conservation des droits de notre évéché » (2). 

L'évêque de Vence, Audoin Garidelly (3), accepta cette mission. 
Il partit de Fréjus, le 4 mars 1582, à la tète d'un nombreux 
cortège (4), visita vingt-cinq paroisses dans l'espace d'un mois 
et fit, au cours de cette tournée, une ordination à Pignans et 
une autre à Draguignan (5). La consécration des saintes huiles, 
l'ordination du samedi saint et la célébration des fêtes de Pâques 
avaient nécessité son retour à Fréjus. Le mardi suivant il en 
reparlait pour continuer la visite du diocèse qu'il dut achever 



(1; Jean Carbonel, notaire k Fréjus.— Arcli. c'", BB. 4. 

(2) Olivier Visilis, notaire à Fréjus. 

(3) Nous le croyons originaire de Fréjus. De 1510 à 1530, il y avait à Fréjus un médecin 
nommé Antoine Garidelly. (Notaires de Fréjus, passim.j 

(4) Le cortège se composait de dix personnes à cheval, de sept valets ^ pied et de deux 
autres domestiques conduisant les bêtes de somme chargées des bagages; fArch. dép'«', visites 
pastorales.) 

(5) Dans cette dernière il conféra quarante tonsures, quarante ordres mineurs, ordonna 
trente-quatre sous-diacres, vingt-huit diacres et vingt-deux prêtres. 



194 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

avant la Pentecôte, puisqu'il officiait à la cathédrale le jour de 
cette solennité. 

On ne peut qu'admirer l'activité du prélat qui, dans l'espace 
de trois mois, avait visité les soixante-deux paroisses du 
diocèse. Mais combien il dut s'attrister de l'état matériel et 
moral où les avait laissées dix ans de guerres civiles et reli- 
gieuses. A Ramatuelle, les habitants, afin de se mettre à l'abri 
des attaques des ennemis, avaient rasé l'église à moitié hauteur; 
dans le même but on avait construit, à Aups, devant la collégiale, 
un mur qui en obstruait l'entrée; et à Ampus on s'était servi 
des pierres d'une partie de l'église pour la défense du village. 
La plupart des églises n'avaient presque plus d'ornements ni 
de vases sacrés, et « cela_, disent les procès-verbaux de visites, 
à cause des derniers troubles ». Au Muy, la sainte réserve 
enfermée dans « un massapan », au Puget, le verre de la sainte 
custode remplacé par une feuille de carton, à Trans, la sacristie 
mise au pillage, témoignent de la pénurie extrême dans laquelle 
se trouvaient les malheureuses paroisses. 

Le désordre était partout. A Draguignan, malgré la fondation 
de la collégiale , le service divin se faisait d'une façon très 
irrégulière; àBrenon, le prieur avait abandonné depuis deux 
ans la paroisse, à cause de l'exiguité de ses revenus; à Fayence, 
un religieux carme vivait hors de son monastère et scandalisait 
les habitants par sa conduite; à Roquebrune , le curé était 
insulté dans l'église par un homme qui le traitait à haute voix 
de voleur. D'autre fois, les prêtres étaient dénoncés pour des 
motifs d'ordinaire faux ou futiles. C'est ainsi qu'au Puget, le 
vicaire fut faussement accusé d'avoir enlevé un morceau de fer 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIll^ SIÈCLE 195 

au rétable du maître autel; à Fox, la clé de la sacristie au lieu 
d'être dans les mains du vicaire, était gardée par un œuvrier 
(marguillier), de sorte que l'évêque dut attendre le bon vouloir 
de ce dernier pour visiter les ornements qui s'y trouvaient 
enfermés. Garidelly pourvut à tous les besoins : à Montfort et 
à Brovès, il ordonna de construire une nouvelle église sur un 
point plus rapproché du centre des habitations, bénit un nouveau 
cimetière à Salernes , réconcilia celui de Pignans , consacra 
l'église de Vidauban. Il voulut également consacrer celle de 
Gassin; mais le capiscol du chapitre, Donnât Gilly, qui était 
le prieur de la paroisse, avait disparu avec son vicaire pour 
ne pas payer les dépenses de la cérémonie. La question des frais 
de séjour, qui étaient dus à l'évêque par le prieur ou à son 
défaut par le vicaire perpétuel des paroisses visitées^ donna 
souvent lieu à de vives contestations. Au Puget, l'obstina- 
tion du vicaire fut telle qu'il fallut opérer une saisie sur ses 
revenus (1). 

Tandis que Garidelly visitait le diocèse, François de Bouliers 
s'occupait activement du procès de la juridiction temporelle. Les 
consuls de Fréjus commencèrent les hostilités en réclamant de 
nouveau le tiers des revenus de l'évèché pour le distribuer 
aux pauvres de la ville. Cette question, déjà tranchée sous 
Bertrand de Romans , fut également résolue en faveur de 
François de Bouliers devant le grand conseil, par arrêt du 
30 mars 1582. Un nouvel arrêt du 5 juin 1584 déclara que 



(1) Les procès-veibaux de ces visites pastorales commencent la collection des documents 
de ce genre qui sont aujourd'hui aux archives départementales. 



196 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

le procès de la juridiction temporelle serait jugé au grand 
conseil (1). 

Entre-temps, François de Bouliers était revenu dans son 
diocèse; le 10 février 1584 , il affermait les droits de l'évêché 
pour 300 piastres et ceux de Lorgues pour 350 écus d'or; le 
9 juin, il autorisait la fondation à Trans d'une modeste collégiale 
qui ne dura que peu de temps; le 11 du même mois, il réglait 
une contestation entre les chanoines et les bénéficiers de 
Barjols (2). Ces actes sont signés du château des Arcs. Il repar- 
tait bientôt pour Paris, d'où, le 20 novembre, il approuvait la 
nomination du prieur d'Entrecasteaux et conférait,, le 7 décembre 

1584, le décanat de Lorgues à Jean du Vair, conseiller du roi 
et maître des requêtes (3). Il se fit représenter par son grand 
vicaire, Hélion de Mosson, au concile provincial tenu à Aix, en 

1585, dans lequel furent reçus les décrets du concile de Trente (4). 
Enfin, le 29 mars 1586, le grand conseil rendit un arrêt qu^ 

confirmait à François de Bouliers et à ses successeurs les droits 
seigneuriaux sur Fréjus, Fayence, lePuget. Bagnols , Saint- 
Raphaël et le Revest (5). 

Mécontents de cette décision , les habitants de Fréjus aban- 
donnèrent la cause royale et ouvrirent leurs portes à Christophe 
de Villeneuve, sieur de Vauclause, l'un des plus ardents partisans 
de la Ligue dans nos contrées. Ce gentilhomme s'entendit avec 

(11 Arch. dép'". Iiivent. del'evèché. 

(2) Olivier Visilis, notaire à Fréjus. Arch. dép'". Invent. de l'évêché. Insin. ecclis. 

(3) Labbe Conc, t. XV, col. 1188. 

(4) Arch. dép'". Invent, de l'évêché. 
(ô: Ibid. id. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 197 

le marquis de Trans , ligueur comme lui , et envoya des émis- 
saires au Muy pour y fomenter une émeute contre le seigneur 
resté fidèle au roi. Le 27 décembre au soir, le marquis du Muy 
était à table avec sa famille et Aube de Roquemartine, comman- 
deur de Roquebrune, quand une partie de la population pénétra 
furtivement dans la cour du château. Averti qu'on le demande, 
le mar-quis se présente sans méfiance; mais dès qu'il paraît, 
des meurtriers désignés d'avance se jettent sur lui et le met- 
tent à mort. La foule envahit le château et le met au pillage. 
La marquise qui s'était réfugiée sur les toits , ayant voulu 
sauter sur une maison voisine, resta accrochée par sa robe à 
une cheminée. Elle trouva cependant grâce devant les meurtriers 
qui vinrent opérer son sauvetage. Le commandeur eut le sort de 
son ami et, chose triste à dire, ses premiers agresseurs furent 
quatre hommes de Roquebrune qu'il avait sauvés de la potence 
huit ans auparavant (1). 

Fréjus ne resta pas longtemps au pouvoir des ligueurs. Le 
22 avril 1587, deux commissaires du roi, Louis Antelmy, con- 
seiller, et de Bottiny, procureur général au Parlement, vinrent y 
publier l'arrêt du 29 mars 1586. Ils furent accueillis en ennemis. 
Des hommes , armés d'arquebuses , s'embusquèrent derrière 
une haie sur le passage des commissaires royaux, firent feu 
sur eux et leur tuèrent deux chevaux. Après leur départ, les 
bourgeois et les chanoines (2) qui avaient pris le parti de 

(1) Revue hi-itorique de Provence, 2« année, p. 92. Commencement des troubles de 

Roquebrune , 

(3] C'étaient le prévôt Jean de la Garde, l'archidiacre Hélion Mosson et les chanoines 

Jean Clément, Maurice Segond et Melchior Brunel. 

13 



198 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

l'évêque furenl chassés de la ville; quelques-uns, dont on viola 
le domicile pendant la nuit, ne durent leur salut qu'à une fuite 
précipitée, et l'un d'eux fut même assassiné à Villepey, où il 
s'était retiré, par Honoré Villy, Jean Bâillon et Pierre Maurine, 
ceux-là mêmes qui avaient tiré sur les commissaires du roi. 

Quand l'émeute eut été réprimée, deux des meurtriers, saisis 
par la justice, expièrent leur crime à Marseille : Honoré Villy 
mourut sur la roue, Jean Bâillon à la potence. Leurs membres 
furent transportés à Fréjus et exposés pour servir d'exemple: 
les têtes, plantées au bout d'une pique, l'une sur la place de 
l'Evéché, l'autre au-dessus du Grand Portail ; les jambes, aux 
murs de la place Raynaude, et les bras sur le lieu du guet- 
apens (1). 

Ce terrible châtiment saisit de crainte les habitants de Fréjus. 
Le 22 septembre 1588, les notables de la ville, réunis dans 
l'église de Saint-François-de-Paule, promirent « de déposer 
leurs haines et leurs rancunes, de vivre en paix, en bons 
citoyens et patriotes et de cesser toutes les oppositions qu'ils 
avaient faites jusqu'à ce jour au procès que l'évêque avait sou- 
levé contre la ville et les habitants » (2). 

Le procès terminé, François de Bouliers était retourné en 
Provence. Nous le voyons à Aix , en juin 1586, présider les 
funérailles du grand prieur; il était aux Arcs au mois de janvier 
1587, et Tété suivant, à son château seigneurial de la Tour- 



(1) Ces détails sont donnés par une des victimes de ces événements malheureux , Olivier 
Visilis, notaires Fréjus, <(ui les a écrits sur la première page d'un de ses protocoles. 
(S) Olivier Visilis. notaire à Fréjus, 



DU XIÎI® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 199 

d'Aiguës d'où il revint aux Arcs, après avoir visité, le 7 
novembre, la paroisse de Pignans (1). 

Cependant les hostilités, un instant suspendues, reprenaient 
de plus belle. Après la mort du baron de Vins tué au siège de 
Grasse, le 20 novembre 1599, le baron d'Ampus avait pris le 
commandement des troupes de la Ligue et de nouveau le diocèse 
fut en proie aux horreurs de la guerre civile. Le 14 mai 1590, le 
baron vint mettre le siège devant Barjols. Après quelques jours 
de résistance, la place se rendait. Les assiégés avaient obtenu 
la vie sauve moyennant une rançon de 30,000 écus d'or, quand 
soudain une querelle s'étant élevée entre les deux partis, plus 
de cinq cents d'entre eux sont massacrés. A la suite d'une 
défaite qu'ils essuyèrent au Val, les soldats du baron d'Ampus 
se replièrent sur le Luc. A leur approche les habitants coururent 
en foule se renfermer dans l'église. « Mais ces grands catholiques 
si zélés, dit l'historien Bouche, ne respectèrent pas le lieu saint 
et passèrent au fil de l'épée tous ceux qui s'y étaient réfugiés ». A 
Mons, le seigneur du village, dont la femme et les enfants avaient 
été insultés , appela les ligueurs pour satisfaire sa vengeance. 
Les coupables, au nombre d'une vingtaine, furent pendus aux 
arbres de la place publique ou à des poutres placées transversa- 
lement dans les rues. La terreur inspirée par ces actes de 
barbarie jeta définitivement dans le parti de la Ligue Lorgues, 
Aups, Pignans et Draguignan qui ne l'avaient pas encore em- 
brassé. Mais souvent en voulant éviter les représailles des uns 
on s'attirait les vengeances des autres. Tel fut le sort de Pignans 

(9) Notaires de Fréjus, passim. 



200 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

dont le baron de Montaud s'empara le 8 juin 1591. Trois jours 
durant la petite ville eut à subir tous les excès : les ligueurs 
saccagèrent l'église et les bâtiments du chapitre, brûlèrent les 
archives j pillèrent les maisons (1). 

Pendant ces temps troublés François de Bouliers se tint hors 
de son diocèse. Nous le trouvons, en 1591, auprès de sa parente, 
Marthe de Bouliers, prieure des Glarisses de Sisteron. C'est 
dans cette ville qu'il approuva, le 27 juillet, la nomination de 
Jean-Baptiste de Romans, l'un des prétendants au prieuré de 
Saint-Tropez (2). Il y mourut le 22 novembre et fut enseveli dans 
la chapelle du couvent (3). 

La ville épiscopale venait de tomber aux mains du duc de la 
Valette qui y plaça pour gouverneur le baron de Montaud. 
Devenue le centre des opérations de la Ligue , les ennemis du 
roi la fortifièrent et employèrent aux travaux de défense les 
300 livres qu'elle payait à l'évêque pour les moulins de l'Iscle. 
L'entretien des troupes obéra tellement ses finances que les 
consuls ne pouvant plus suffire aux réquisitions, imposèrent de 
nouveaux décimes sur les biens du clergé. Sur ces entrefaites, 
le duc de la Valette qui était allé mettre le siège devant Roque- 
brune, fut atteint, le 10 février 1592, d'un coup de mousquet 
qui le mit hors de combat. Transporté aussitôt à Fréjus, il y 
mourut le lendemain (4). 



(1) Papon. Biit. de la Provence, IV, p. 230. Bouche. II, p. 760. 
(2)ATch. dép'". Insin. eeclès. 

(3} La Bort de François de Bouliers n'eut lieu ni en 1587, comme le dit Girardin, ni en 
ir>90, date adoptée par Antelmy, mais en 1591. 
(4) Arch. c><* de Fréjus, BB. 5. — Honoré Deipbin, notaire ï Fréjus. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 201 

Déjà en prévision de ces événements, les chanoines de la 
cathédrale, malgré l'opposition du conseil communal (1), avaient 
obtenu, en 1588, du Parlement et du Souverain Pontife l'autori- 
sation de se retirer à Chàteaudouble. Deux ans après, ils 
quittèrent Fréjus au moment où la ville allait tomber au pouvoir 
des ligueurs ; mais la division se mit dans leurs rangs. Trois 
d'entre eux, Barthélémy de Gamelin, Guillaume Barbossy et 
Melchior Brunel, refusèrent de les suivre et continuèrent à se 
considérer comme les membres du chapitre légitime. Lorsqu'à 
la mort de François de Bouliers ,^ il fallut nommer un vicaire 
capitulaire, les chanoines de Chàteaudouble portèrent leurs 
suffrages sur Hélion Mosson, tandis que les dissidents de Fréjus 
confiaient l'administration du diocèse à Barthélémy de Caraelin. 
Cet ambitieux chanoine, qui déjà, en 1586, avait pris le parti 
des émeutiers et refusé de laisser prêcher à la cathédrale le 
prédicateur envoyé par l'évêque, se regarda à partir de ce jour 
comme le véritable vicaire général et accomplit de nombreux 
actes d'administration. Le chanoine théologal,. Maurice Segond, 
étant mort, il nomma pour le remplacer Honoré Boquis, quoique 
Jean Aycard eut été déjà pourvu à cette dignité par Hélion 
Mosson ; il donna au prieur du Gannet son forma dignum et fit 
faire, le 7 avril 1593, une ordination à la cathédrale par l'évêque 
de Mirepoix , Pierre Denaud, qui était de passage à Fréjus (2). 

D'après Antelmy, ce serait à Chàteaudouble que les chanoines 
auraient adopté, en 1592, la liturgie romaine. Sans doute ils 



(1) Arcb. c'" de Fréjus, liB. 5. 

(2) Arcli. dcp'«'. lusin. ecclès. Notaires de Fréjus, ;^a«5jw. 



202 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

auraient pu, usant de la tolérance accordée par le concile de 
Trente, conserver le rit fréjusien; mais au milieu des ravages de 
l'hérésie protestante, ils comprirent la nécessité de s'unir plus 
étroitement au siège apostolique (1). 

Enfin, après quatre ans d'absence, le chapitre rentra à Fréjus. 
Son premier soin fut de renouveler (28 mars 1594) le vote de 
confiance qu'il avait déjà donné à Hélion Mosson et de révoquer 
les nominations faites par Barthélémy de Camelin. A son tour, 
le Parlement qui avait approuvé l'élection d'Hélion Mosson, 
défendit^ par un arrêt du 20 août 1594, à Barthélémy de Camelin, 
de s'immiscer dans l'administration du diocèse sous peine d'une 
amende de 500 écus , et aux greffiers épiscopaux d'enregistrer 
les actes de l'intrus ou d'en délivrer des expéditions. 

Les chanoines voulurent aussi régler les revenus de la mense 
capitulaire et toucher les distributions auxquelles ils avaient eu 
droit pendant leur séjour à Ghâteaudouble. Mais Barthélémy de 
Camelin qui s'était emparé des papiers et des registres refusa 
de les livrer, non plus que les clés des caves et des greniers. 
Aux délibérations et aux protestations des chanoines, l'irascible 
confrère répond par des injures et déclare ouvertement qu'il ne 
se rendra qu'à son corps défendant. C'est pourtant ce chanoine 
entêté et rebelle, qui sera bientôt à la tête du diocèse et remplira 
un brillant épiscopat pendant près de quarante ans. 



(1) Arcb. dép'". Insin. ecctés. Notaires de Fréjus, ;)a5sm.— Le rit romain était déjà en 
usage dans plusieurs paroisses, notamment à Roquebrune, le Cannet, Tourtour. Ampus et 
Ghâteaudouble, où Garidelly, lors de sa visite, avait trouvé des missels ci l'usage de Home. 
Callian suivait le rit d'Aix, Gonfaron celui de Toulon. (Arch. dép'«». Visites pastorales.) 



DU XIII® A LA FhN DU XVIIl® SIÈCLE 203 

BARTHELEMY DE GAMELIN 

(1599-1637) 



Sommaire. — Gérard Bellenger. — Négociations avec Grillon. — 
Nomination de Barthélémy de Gamelin. — Sa famille et ses antécé- 
dents. — Retard dans l'expédition des bulles. — Embarras financiers 
du prélat. — Réformes à la cathédrale. — Rétablissement du greffe 
ecclésiastique à Fréjus. — La visite du diocèse. — Gonférences avec 
l'intendant de Provence et l'archevêque d'Aix. — Gonfîit avec les 
chanoines de Pignans. — Les reliques de saint Ausile. — Les 
Bénédictines de Tarascon. — Reprise du procès de la juridiction 
temporelle. — Arrêt du grand conseil. — Insoumission des habitants 
de Bagnols.-— Goncessions aux vassaux. — Procès avec le comte de 
Garces au sujet de la seigneurie du Revest. — Attentat du seigneur 
de Gordes. — Aliénation de la seigneurie d'Agay. — Seconde visite 
pastorale. — Les bénéfices du diocèse' et de l'évèché. — Fondation 
de vicariats perpétuels. — Règlements des confréries de pénitents. — 
Réparations aux églises du Muy et de Ghâteauvieux.— Gonsécration 
de l'église de Saint-François-de-Paule à Fréjus; autorisation d'une 
procession annuelle d'actions de grâces. — Assistance au concile 
provincial d'Aix. — Fondation des Oratoriens à Gotignac. — Rapports 
avec Rome.— Projet de création d'un grand séminaire. — Etablisse- 
ments d'ordres religieux. — Les Jésuites et les Dominicains à Fréjus. — 
Les Bénédictines et les Dominicaines. — Le coadjuteur Pierre de 
Gamelin. — Son rôle effacé. — Assistance de Barthélémy aux états 
généraux de Provence. — Mésintelligence avec les membres de sa 
famille. — Gonfliits avec le chapitre. — Embellissements à la cathé- 
drale. — Mort et funérailles de Barthélémy de Gamelin. 



Au milieu de Teffervescence provoquée par l'avènement 
d'Henri de Navarre, le cardinal de Bourbon, proclamé roi par le 



204 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

duc de Mayenne, avait nommé à l'évêché de Fréjus Gérard 
Bellenger, chanoine d'Aix et conseiller-clerc au Parlement. 
Originaire de Gastellane^ Gérard possédait déjà dans le diocèse 
le prieuré des Arcs, celui de Saint-Louis à la cathédrale et une 
chapellenie placée sous le même vocable à S*-Raphaël (1). « Il 
avait administré le diocèse métropolitain durant la vacance de 
deux ans qui s'écoula entre la mort du cardinal Strozzi et l'arrivée 
de l'archevêque Julien de Médicis ; le 11 novembre 1574, il n'avait 
pas encore cessé d'être vicaire capitulaire. Vingt ans après, il 
était agent général du clergé de France , comme nous l'apprend 
Génébrard dans le bel éloge qu'il fit de lui, en adressant à ses 
diocésains , le 25 janvier 1592 , son traité de la liturgie. Il 
assista en cette qualité à l'assemblée générale du clergé de 
France, en 1588, et peu après, aux états généraux de Blois 
tenus la même année. Sa science ecclésiastique était connue. 
C'est par ce côté surtout' qu'il se recommandait aux yeux du 
docte Génébrard et il fit imprimer pour la première fois, en 1578, 
l'oraison funèbre de saint Honorât par saint Hilaire et l'éloge de 
Lérins par saint Eucher, travail qu'il dédia à François de 
Bouliers qui était alors l'abbé commendataire de Lérins » (2). 

Gérard Bellenger, qui fut préconisé le 2 décembre 1592 (8), 
aurait sans doute pris paisiblement possession de son siège, 
s'il avait voulu reconnaître Henri IV. Mais il se laissa entraîner 
dans la Ligue par Génébrard, et assista aux états de ce parti 



(1) Arch. dép'»'. Iiisin. ceci, passim. 

(2) liallia nov. I, col. 401. 

(3) Gallia nov. 1, col. 402. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 205 

tenus à Paris, en 1593. Après l'abjuration du Béarnais, il ne 
désarma pas. Aussi, fut-il enveloppé dans la disgrâce de son 
métropolitain et, comme lui j condamné à un bannissement per- 
pétuel par le prince victorieux (1). Il dut mourir en 1599, se 
berçant toujours de l'espoir d'être évêque de Fréjus (2), mais il 
ne fut jamais sacré. Après avoir annulé la nomination de Gérard 
Bellenger, Henri IV, au lieu de négocier avec Rome pour obtenir 
sa démission, pourvut Grillon de Tévêché de Fréjus, « pour 
qu'il en tirât profit en le remettant à tel homme d'église et de 
bien qu'il trouverait ». 

Parmi les officiers du connétable se trouvait un capitaine, 
nommé Planchier, beau-frère de Barthélémy de Camelin, l'in- 
triguant chanoine dont nous avons raconté lesjsinguliers exploits. 
Par son intermédiaire des pourparlers s'engagèrent au sujet de 
l'évêché vacant. Barthélémy de Camelin ayant promis à Grillon 
une pension annuelle de 2,666 écus, sa nomination fut signée 
par le roi, le 1^'' août 1594, au camp devant Laon (3). 

Le nouvel évêque de Fréjus naquit, en 1562, dans une des 
maisons qui servirent plus tard à l'établissement du séminaire (4). 

(1) Girardin. Hisl. de Fréjus, H, 248. 

(2) C'est ce qui résulte de la déposition de Boniface Dolle, notaire à Fréjus, dans l'affaire 
du procès des droits de 1 évêclié soutenu par Barthélémy de Camelin. (Jeau Bonnaud, notaire 
à Puget-sur-Argens.) 

(3) Gallia nov. Instr. LXVL Girardin. Hisl de Fréjus, II, 250. 

(4; Les Camelin occupaient k Fréjus des positions assez modestes. Leur ancêtre, 
Camerino ou Camerini, était d'origine italienne et avait ouvert dans la ville épiscopale, au 
commencement du XVI» siècle, un magasin de mercerie. Cinq membres de cette famille, 
André, Etienne, Lombard, Thomas et Jacques exerçaient encore, en 1544, le même com- 
merce. Pourtant, le pore de Barthélémy, remplit longtemps les fonctions de viguicr 



206 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Dirigé de bonne heure vers la carrière ecclésiastique, il reçut la 
tonsure, le 10 mars 1569, des mains de Bertrand de Romans, 
fut pourvu, en 1577, d'un canonicat à la cathédrale et, deux 
ans après, du prieuré de Saint-Thomas d'Avaye (1). 11 obtint à 
la fin de ses études théologiques le grade de licencié en droit- 
canon; mais tant qu'il fut chanoine, il n'alla pas au-delà du 
diaconat (2). D'une nature ardente et frondeuse, ambitieux et 
autoritaire, Barthélémy de Camelin était né pour la domination. 
Malgré sa jeunesse, il traitait avec hauteur ses confrères et ne 
put jamais vivre en paix avec eux. Un jour, à la suite d'une 
violente discussion avec Hélion Mosson, l'irascible chanoine 
s'oublia au point de souffleter publiquement son contradicteur (3). 
Ses incartades lui avaient aliéné la plupart de ses confrères. 
Dans un procès qu'il eut, en 1583, devant l'Offîcialité diocésaine, 
il crut devoir récuser tous les membres de ce tribunal « parce 
que^ disait-il, ils ne sont qu'un corps et qu^une âme avec Mosson 
et qu'ils ne me parlent jamais » (4). 



royal. Authonone Moutet, que quelques-uns donnent pour mère a Barthélémy, ne fut que sa 
marâtre, car elle épousa le père de notre évoque en deuxièmes noces, en 1572. Elle était 
veuve elle-même de Marc Gueybier. (Arch. de l'évêclié. Registres de catholicité.— Notaires 
de Fréjus, passim.] 

(1) Il tenta de prendre possession, en 1591, du vicariat du Puget, mais son mandataire, 
Antoine Jehan, prêtre de Fréjus, trouva devant la porte de l'église une muraille de pierres 
sèches. 

(2) Notaires de Fréjus. et Arch. dép"». Insin. ecclés. passim. 

(3.1 Le métropolitain saisi de l'affaire condamna Barthélémy aux dépens, mais celui-ci en 
appela au vice-légat d'Avignon. Nous ignorons l'issue de ce procès. (Olivier Visilis, notaire 
à Fréjus). 

[i] Jean Raymond, notaire à Fréjus. 



DU XIII* A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 207 

On connaît son étrange conduite pendant les troubles dont 
Fréjus fut le^théâtre en 1586 et en 1592 et ses agissements après 
la mort de François de Bouliers. Aussi ne faut-il pas s'étonner 
si sa nomination fut tout d'abord mal accueillie par les habi- 
tants (1) et le chapitre. Il eut encore à se défendre contre les 
prétentions de Gérard Bellenger (2). Mais, suivant nous, la 
véritable cause du retard apporté à l'expédition des bulles doit 
être attribuée au pacte simoniaque qui viciait dans son principe 
la nomination de Barthélémy de Camelin, et il fallut sans doute 
l'intervention d'Henri IV pour amener le Sainl-Siège à l'indul- 
gence et au pardon. Cependant, grâce à son esprit d'intrigue, le 
protégé de Grillon réussit à s'assurer la majorité au sein du 
chapitre. A la mort d'Hélion Mosson (1596), il recevait, avec la 
dignité d'archidiacre^ les pouvoirs de vicaire général pendant la 
vacance du siège (3). Enfin, pour intéresser à sa cause le clergé 
et les fidèles, il visita^ en 1599, avec son suppléant, Guillaume 
Daugéry, un grand nombre de paroisses. 

Au demeurant, ce qui faisait la force de Barthélémy de 
Camelin, c'était la protection d'Henri IV. Ce monarque lui avait 



(1) lîii 1597, le conseil délibère de s'opposer à la destitution du viguier nommé par François 
de Bouliers, dernier évèque et que Barthélémy Camelin, prétendu évéque, veut remplacer. 
(Arch. c'«» de Fréjus, 3B- fi.) 

(2) Bonifaco Dolle, notaire et bourgeois de Fréjus, atteste qu'il avait acheté, en 1598, la 
seigneurie de Saint-Raphaël parce que M" Gérard Bellenger avait toujours l'espoir d'être 
évèque de Fréjus et qu'il avait promis de la lui reconnaflre. (Pièces à l'appu'" de l'arrêt d.u 
30 septembre 1608. Etude de M» Silvy, notaire à Puget-sur-Argens.) 

(3) Arch. dép'". insin eccL— Il autorisa en cette qualité la bénédiction de l'église de 
Châteaudouble le 11 août 1596. (Arch. c'" de Châteaudouble, GG. 1.) 



208 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

déjà confié, en 1595, l'administration du temporel de l'évêché; 
il le gratifia encore, le 26 avril 1598, des revenus de la mense 
épiscopale qui étaient échus depuis la mort de François de 
Bouliers et dont une partie avait passé dans la caisse com- 
munale (1). Enfin, toutes les difficultés s'aplanirent; le Saint- 
Siège ne voulut pas désobliger plus longtemps Henri IV et 
Barthélémy de Camelin fut préconisé évéque de Fréjus, dans le 
consistoire du 1®'' septembre 1599 (2). Il fit prendre possession 
de son siège, le 14 ^décembre suivant, par un des bénéficiers 
de la cathédrale, Nicolas Antelmy. Après avoir été ordonné 
prêtre par un évêque de la région, il vint célébrer sa première 
messe à la cathédrale le jour de l'Epiphanie et y fut sacré, le 
30 janvier^ par Guillaume Le Blanc, évêque de Grasse, assisté 
de Clément Isnard, évêque de Glandevès, et de Gilles de Seiptre, 
évêque de Toulon (3). 

Malgré les libéralités du roi, Barthélémy de Camelin ne put 
subvenir aux dépenses considérables qu'il fit à l'occasion de son 
sacre. Grillon dut lui prêter encore 2,206 écus. Cet emprunt et 
d'autres qu'il souscrivit dans la suite, ajoutés à la pension qu'il 
devait servir, élevèrent sa dette à 55,000 livres. Le retard qu'il 
mit à se libérer obligea le connétable à plusieurs voyages à 



(1) Arcli. c'«* de Fréjus, BB.,7. — Eo 1616, Barthélémy de Gameliu touchait ei)core sur 
les arrérages 2,100 livres. (Id. CG. 93.) 

(2) Ses bulles lui furent apportées de Rome par Dominique Roselly, religieux de l'Obser- 
vance de Draguignan. 

(3) Arch. dép'". Insiu. eccl. et notaires de Fréjus. /)assî;«.— Le 7 janvier 1651, Pierre 
de Camcliit^nde une messe pour le 30 janvier, jour anniversaire da sacre de sou oncle. 
(Roux, notaire.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 209 

Fréjus (1). Cependant Barthélémy de Gamelin finit par faire 
honneur à ses engageraets. Mais il n'était pas pour cela sorti 
d'embarras. Après le maître, ce fut au tour du serviteur de le 
harceler. Toutes les pièces qui lui étaient adressées du cabinet du 
roi passaient par les mains de Pierre Bousquet, le secrétaire de 
Grillon, qui, pour se faire payer ses services, en retardait à 
dessein l'expédition. Ces lenteurs calculées ne cessèrent que 
sur la promesse d'une gratification de 800 livres. Le règlement 
de la dette n'alla pas sans difficultés, et il fallut l'intervention 
du connétable pour amener le prélat, que la menace d'un procès 
ne paraissait pas intimider, à donner le quart de la somme 
promise (2). 

Si dans Barthélémy de Gamelin l'homme ne fut pas exempt de 
reproches^ l'évêque par contre, nous le verrons par la suite, 
déploya dans l'administration du diocèse les plus remarquables 
qualités et sut faire oublier par une vie de dévouement et de 
charité la tache originelle de sa nomination. 

Il opéra d'abord des réformes à la cathédrale. Depuis les 
dernières guerres, les bénéficiers avaient vu diminuer leurs 
revenus. Sur le désir qu'ils manifestèrent de ne plus payer les 
droits d'annates , dont la charge était devenue trop lourde, 
Barthélémy de Gamelin supprima cette redevance à la grande 
joie des intéressés (13 avril 1600). De leur côté, les chanoines 
se plaignaient du peu d'exactitude des bénéficiers à remplir 



(1) La signature de Grillon se lit au bas des actes qu'il vint passer à Fréjus avec l'évêque. 
(Hélioa Vaixiëro, notaire à Fréjus.] 
(3) Hélion Vaixière. 



2l0 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

les fonctions de leur ministère; l'évêque intervint encore et, 
le 26 juin suivant , il rendit une ordonnance qui établit l'usage 
de la semaine, fixa le nombre des messes pour les dimanches 
et jours fériés en désignant les autels où elles seraient dites (1). 

On se souvient que, sous François de Bouliers, le greffe 
ecclésiastique avait été transféré à Draguignan. Barthélémy de 
Gamelin se fit autoriser par le Parlement. (17 mars 1601), à le 
rétablir à Fréjus; mais il dut rembourser au greffier en chef, 
Jean Mosson, qui refusait de quitter sa ville natale, les 130 écus, 
prix de la charge (2). 

La visite du diocèse, interrompue depuis vingt ans par les 
guerres civiles, était devenue bien nécessaire. Déjà Barthélémy 
de Gamelin avait visité, aux mois de mars et d'avril, les paroissse 
de Draguignan, de Roquebrune et du Muy. Il ne commença la 
tournée générale que le 23 mai suivant et se rendit d'abord aux 
Arcs, à Taradeau et au Cannet. Son premier soin en arrivant au 
Luc fut de réconcilier l'église paroissiale, profanée par l'horrible 
massacre de 1590, et depuis lors interdite au culte. Ce bourg, 
où le Parlement avait autorisé l'ouverture d'un temple et la 
réunion d'un consistoire, était devenu le boulevard du protes- 
tantisme en Provence. Aussi dans ses exhortations aux fidèles 
le zélé pasteur leur recommanda avec force l'attachement aux 
lois de l'Eglise et la vigilance sur eux-mêmes au milieu de leurs 
frères séparés. 

Une circonstance, qui vint interrompre sa tournée nous mon- 



(1) Arch. dép'". Insin. eccl. 

(3) iHi, a. Inventaire de l'évêché, 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 211 

tre combien les conseils de Barthélémy de Gamelin étaient 
appréciés en haut lieu (3). A peine était-il arrivé à Gabasse qu'un 
message le mandait à Brignoles, où l'archevêque d'Aix et l'in- 
tendant de la Provence l'attendaient pour prendre son avis sur 
des affaires « concernant le bien de la religion et la sécurité de 
l'Etat ». Après trois jours de conférences sur ces graves ques- 
tions , l'évêque de Fréjus reprit le cours de ses visites. A 
Entrecasteaux, il reçut l'abjuration d'un protestant. ACotignac, 
il célébra la messe à Notre-Dame de Grâces ; il trouva, à Montfort, 
une nouvelle église en construction , fit à Garces l'ordination de 
la Trinité, visita le lendemain Flassans et le soir du même jour 
il arrivait à Pignans. Informé de sa présence, le chapitre vient 
en procession à sa rencontre, mais, après les compliments 
d'usage, on lui déclare, qu'à raison de l'exemption dont jouit la 
collégiale, on ne l'accompagnera qu'à la chapelle de Saint-André: 
telles sont les instructions formelles du prévôt. Barthélémy 
de Gamelin considérant ce refus comme un outrage et une 
atteinte à son autorité épiscopale^ en fit dresser procès-verbal, et 
après avoir excommunié les chanoines, continua sa route jusqu'à 
Gonfaron. 

Il était le 26 juin à Gallas, où on l'attendait avec impatience; 
car, le 23 mai précédent, le corps de saint Ausile, caché à 
l'époque des invasions sarrasines, venait d'y être miraculeuse- 
ment retrouvé. L'autorisation de l'évêque diocésain était néces- 
saire pour exposer ces précieux restes à la vénération des 



(3) Le crédit dont il jouissait auprès d'Uenri IV lui fut continué par Louis XIII qui 
l'avait eu grande estime, dit Girardin, et lui écrivit plusieurs fois. 



LES EVEQUES DE FREJUS 



fidèles. Une première enquête n'ayant point paru décisive , 
Barthélémy de Camelin se contenta de faire déposer dans un 
coffret de bois, derrière Tautel de la chapelle où il avait été 
découvert, le corps du saint martyr, « en attendant, dit-il, des 
preuves plus grandes et plus certaines que ce sont les ossements 
de ce saint ». 

Suspendue pendant l'été, la tournée pastorale fut reprise au 
mois d'octobre suivant. Du 16 au 23, Barthélémy de Camelin 
visita toutes les paroisses qui forment les doyennés actuels de 
Grimaud et de Saint-Tropez et passa deux jours au milieu des 
Chartreux de la Verne. Il se trouvait à la Garde-Freinet, se 
disposant à rentrer à Fréjus, quand il reçut une députation des 
chanotnes de Pignans qui désiraient maintenant le recevoir et 
promettaient de l'accompagner à l'église collégiale avec tous les 
honneurs dus à sa dignité. Le prélat accueillit avec bonté cette 
démarche et se rendit à Pignans à la suite des délégués Cl). 

Le nombre des personnes qui reçurent la confirmation dans le 
cours de cette première visite pastorale dut être considérable, 
car elle n'avait plus été administrée depuis 1582, et Barthélémy 
de Camelin voulut encore y admettre les enfants âgés de cinq 
ans. L'usage des parrains et des marraines était alors adopté 
dans le diocèse, puisque la liturgie romaine y était en vigueur (2)' 

(1) Arch. dép'". Procès-verbaax de visite pastorale.— Les procès-verbaux de cette visite 
sont iDcomplets. 

'2) Ces renseignements ne sont pas indiqués dans les procès-verbaux de visites; ils sont 
relatés par le curé de ChâteauJouble qui, dans les registres paroissiaux de l'année 1601, 
s'exprime en ces termes à la date du 'iô juin : « La confirmation a été donnée i ceux qui 
u'étalent encore conûrmés tfe l'âcredecinq atrs. 'Les hommes ont servi de parrains et ont fait 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 213 

La ville de Tarascon possédait un couvent de Bénédictines 
dans lequel régnaient les plus graves désordres. Les moines de 
Lérins qui avaient fondé ce monastère et en avaient gardé la 
direction, ayant nommé, en 1604^ une abbesse sans la soumettre 
au vote ordinaire de la communauté, des cris de révolte acceuil- 
lirent la nouvelle supérieure qui fut aussitôt expulsée du couvent. 
Pour réduire les rebelles à l'obéissance,, le vice-légat d'Avignon 
jeta les yeux sur l'évêque de Fréjus. Barthélémy de Camelin 
accepte la mission et, au mois de juin, il se présente devant le 
monastère dont il trouve la porte fermée. Le prélat veut avoir 
raison de cette résistance. Après les trois sommations d'usage, 
il commande qu'on apporte une poutre, et, sans s'émouvoir 
des huées et des menaces de la foule accourue, il fait battre 
l'obstacle à coups redoublés. Derrière la première porte qui 
vole en éclats, il en rencontre une autre également barricadée; 
les sommations recommencent, toujours sans résultat, et de 
nouveau, la poutre s'ébranle. La seconde barrière enfoncée, 
l'évêque pénètre dans le monastère, y installe l'abbesse et lance 
l'excommunication contre les religieuses qui refuseront de se 
soumettre (1). 

A cet acte de vigueur on reconnaît Barthélémy d^ Camelin. 
D'autres luttes l'attendent, suscitées par la question toujours 

confirmer les hommes seulement el les femmes ont fait confirmer les femmes >. (Arch. c'" de 
Châteaudouble, GG. 1.) Le clergé observait alors si scrupuleusement les régies de la liturgie 
romaine que les prêtres de paroisse omettaient au baptême les onctions de l'huile des 
catéchumènes et du saint-chrême quand les saintes huiles nouvelles n'étaient pas encore 
arrivées. (Arch. de l'évêehé, Registres de catholicité des paroisses du diocèse ) 
(1) L'abbé Alliez. Hisl. de Lérins, II, p. 400. 

14 



214 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

renaissante de la juridiction temporelle, dans lesquelles son 
indomptable énergie le fera triompher de nombreux et redou- 
tables adversaires. L'arrêt du 29 mars 1586, obtenu par François 
de Bouliers, était resté à l'état de lettre morte. Barthélémy de 
Camelin, quand il n'était que chanoine, s'était vivement opposé 
à son exécution. Maintenant il va remuer ciel et terre pour faire 
restituer au siège épiscopal les droits usurpés par de puissants 
seigneurs. Entreprise ardue, capable de décourager une âme 
moins fortement trempée. Mais Barthélémy de Camelin était né 
pour la lutte, et revêtu de la force d'en haut , comme s'exprime 
le Gallia , il se jeta courageusement dans la mêlée. 

La reprise du procès ne date, il est vrai, que de 1604; mais 
déjà les desseins du prélat étaient connus, car, en 1602, ses 
ennemis essayèrent à Fréjus de se servir des bruits répandus 
à ce sujet pour faire exclure ses parents des charges électives 
de la communauté. Ayant eu connaissance de leurs intrigues, 
l'évêque alla porter lui-même ses protestations au conseil. « Bien 
loin, dit-il, de vouloir nuire aux intérêts de la ville, je n'ai 
jamais cherché qu'à lui faire du bien; car Fréjus est comme 
pour vous ma mère et ma patrie. Cette déclaration que je fais 
aujourd'hui je suis prêt à la faire partout et , s'il le faut, à la 
signer de mon sang. Vivons dans la paix et l'union, ne vous 
laissez pas tromper par d'indignes calomniateurs qui veulent 
troubler le repos public ». L'effet de celte chaleureuse harangue 
fut décisif; la motion des adversaires fut repoussée, et Etienne 
de Camelin, cousin de l'évêque, élu premier consul. On sut 
bientôt par le procureur de la communauté près du grand 
conseil, que Barthélémy de Camelin était sincère. Dès ce jour 



DU XIIl^ A LA FIN DU XYlll® SIÈCLE 215 

toute hostilité cessa, les meilleurs rapports s'établirent entre 
l'évêque et ses concitoyens. Le 6 janvier 1603, les consuls 
accompagnés de seize notables de la ville vinrent au palais 
épiscopal présenter à Barthélémy leurs hommages et le recon- 
naître « comme leur vrai seigneur et le bon ami de leur 
patrie » (1). 

La soumission spontanée des habitants de Fréjus donna plus 
de latitud-e à l'évêque. Dès qu'il eut reçu notification de la sentence 
rendue par le grand conseil, le 11 février 1604, qui l'autorisait 
à poursuivre l'exécution de l'arrêt du 29 mars 1586, il se mit 
aussitôt à l'œuvre. Auparavant il avait fait recueillir par Nicolas 
Antelmy passé, le 5 janvier 1600, du rang de bénéficier à celui 
de chanoine, toutes les pièces nécessaires au procès. Celui-ci ne 
craignit ni de compromettre sa santé, ni d'exposer sa vie pour 
s'acquitter des missions quelquefois fort difficiles que son protec- 
teur lui confiait. Il partit pour Paris afin de consulter les avocats, 
intéresser les juges, tenir Barthélémy de Camelin au courant de 
la marche de l'affaire. Enfin, après quatre ans d'attente, le grand 
conseil rendit, le 30 septembre 1608, un arrêt qui confirmait celui 
du 29 mars 1586 et reconnaissait, contre les prétentions des sieurs 
Monier, Pontevès, Fabri, Foresta et autres, la juridiction sei- 
gneuriale de l'évêque sur le Puget, Agarj, Fayence, S*-Raphaël, 
l'étang de Fréjus , Bagnols et Borrigailles pour la totalité ; sur 
Montauroux et le Revest pour la moitié; sur Villepey pour le 
quart; sur Fatas, Bargemon^ Roquebrune, Palaison, S'^-Julien; 
Seillans et autres lieux « pour telles parts que l'évêque dira 

(1) Arch. c'»» de Fréjus, BB. 7. 



216 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

avoir sur eux ». Toutefois les crimes et les délits entraînant la 
troncation des membres ou la peine de mort^ continuèrent à 
relever du juge de Draguignan (1). 

Sur l'ordre du Parlement, le président du Chaîne, assisté 
des deux vicaires généraux , Nicolas Antelmy et Charles 
Gautier, publia, au mois de janvier 1609, l'arrêt du grand 
conseil dans les localités intéressées. La plupart des communes 
rentrèrent sans résistance sous l'autorité épiscopale. Les habi- 
tants de Fayence déclarèrent qu'il était inutile de publier chez 
eux l'arrêt, puisqu'ils le reconnaissaient (2). Ceux de S*-Raphaël 
avaient mis encore plus d'empressement à faire acte d'obéissance. 
Dès le 21 septembre 1607, dans une délibération du conseil 
communal, ils protestèrent contre l'usurpation des seigneurs 
laïques : « Nous ignorons, disaient-ils, l'origine de leurs droits, 
car de tout temps, les évêques de Fréjus ont fait rendre la 
justice en leur nom dans notre village, ils y avaient même un 
château qui a été détruit pendant les dernières guerres et sur la 
porte duquel étaient gravées les armoiries de l'évêché » (3). 

Seuls les habitants de Bagnols se montrèrent récalcitrants ; 
ils refusèrent à l'évêque les droits [de dîme et firent, sans 
autorisation, une grande coupe de bois dans les forêts seigneu- 
riales. Ce fut en vain qu'un nouvel arrêt du 31 septembre 1617 
leur enjoignit de se soumettre et qu'une sentence du Parlement 

(1) Arch. dép'". Invent, de l'évêché. 

(2) Quatre ans auparavant les habitants de Fayence avaient été condamnés par arrêt du 
Parlement (3 juin 160i* à payer à l'évêque une somme de 1,000 écus pour la reconstruction 
du château seigneurial qu'ils avaient démoli pendant les guerres de religion. 

(3) Guillaume Dolle, notaire ï Fréjus, pastim. 



DU Xlli* A LA FIN DU XVIU^ SIÈCLE 217 

les condamna, en 1625, à payer 2,753 livres de dommages- 
intérêts, rien ne put réduire à l'obéissance ces vassaux re- 
belles (1). 

Cependant, tout en reconnaissant l'autorité temporelle de leur 
évêque, les communautés intéressées demandèrent l'usage de 
certains droits jusqu'alors réservés au seigneur. Barthélémy de 
Camelin accueillit favorablement leurs réclamations et signa 
des conventions avec la plupart d'entre elles. C'est ainsi que 
successivement elles obtinrent des concessions moyennant une 
redevance féodale : Bargemon, le 5 février, et Seillans, le 16 juin 
1608; Montauroux, le 15 mars 1610; Fayence, le 13 avril 1613; 
Saint-Raphaël^ le 31 décembre 1614; le Puget, le 21 mars 1615 (2). 

Les habitants de Fréjus voulurent aussi passer une nouvelle 
convention pour confirmer celles autrefois conclues avec les 
prédécesseurs de Barthélémy de Camelin. Dans cet acte, qui 
fut signé le 22 septembre 1609, l'évéque leur accorda le droit de 
faire paitre leurs troupeaux dans ses terres, de couper du bois 
et de chasser dans ses forêts, de pêcher dans les étangs de 
Fréjus (3) et de Villepey (4), moyennant une redevance annuelle 



(1) Héliou Vaixière, notaire k Fréjus. 

(2) Olivier Visilis, Hélioa Vaixière, Jacques Camelin, notaires à Fréjus; Josepli Bonaud, 
notaire à Pugct-sur-Argens. 

(3) L'ancien port. 

(4) Ce droit existe toujours. Dans ces dernières années, un procès s'est engagé entre la 
ville de Fréjus et un propriétaire riverain de Villepey qui veut en interdire l'usage aux 
habitants. L'affaire était portée devant le conseil d'Etat, lorsque nous avons été lieureux de 
signaler li la municipalité de noire ville natale la transaction du 32 septembre 1609, et la 
commune a eu gain de cause par un arrêt du 6 décembre 18S5. 



218 LES ÉVÉQUES DE FRÉJL'S 

de 40 écus; il prit en outre l'engagement de changer le viguier 
et le capitaine de ville tous les trois ans, promit des concessions 
plus larges si la communauté établissait par titres authentiques 
qu'elle en jouissait autrefois (1). Le bac de l'Argens avait été 
concédé, en 1438, à Jean de Bellard parle roi René; mais il 
avait été, comme tant d'autres droits, soustrait à la juridiction 
de l'évêque. Trois habitants en percevaient, sans être inquiétés, 
les revenus. Barthélémy de Gamelin aurait pu saisir les tribu- 
naux; il préféra transiger en donnant à chacun d'eux une indem- 
nité de 100 livres, et l'évêché reprit l'usage de ses droits (2). 

De graves difficultés surgirent au sujet de la seigneurie du 
Revest que le roi de France avait cédée en 1575 au comte de 
Carcès en échange de l'île de Porquerolles. On comprend la 
surprise et le mécontentement du gentilhomme quand il se vit 
dépossédé. En vain eut-il recours aux tribunaux; son instance 
fut rejetée et il mourut peu après, laissant à sa veuve, Eléonore 
de Montpezat, le soin de poursuivre le procès. Celle-ci n'ayant 
pas été plus heureuse dans ses revendications, eut recours à la 
violence et confia au seigneur de Gordes l'exécution d'un coup 
de main contre l'évêque. Son émissaire vint à Fréjus à la tête de 
huit hommes, armés d'épées et de poignards, qu'il plaça à la porte 
du palais épiscopal, tandis qu'il pénétrait seul dans l'intérieur. 
Arrivé en présence du prélat, le seigneur de Gordes le menace de 
mort s'il ne signe aussitôt, en faveur de la comtesse de Carcès, 
la cession du Revest. Mais le bruit de l'attentat s'était répandu 



(1) Jean Carbonel et Hélion Vaixicre, notaires à Fréjus. 

(2) Hélion Vaixière, notaire à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XYUl^ SIÈCLE 219 

en ville; leshabitants accourent et délivrent l'évêque des mains 
des sicaires prêts à le frapper. Cette tentative criminelle n'ayant 
pas réussi, de nouveau Eléonore de Montpezat s'adressa aux 
tribunaux et eut d'abord gain de cause (26 août 1615); finalement 
Barthélémy de Camelin obtint du grand conseil, le 18 août 1618, 
un arrêt définitif qui lui confirmait la possession de la terre 
du Revest, le condamnant seulement à la moitié des frais du 
procès (1). 

La seigneurie d'Agay ne devait bientôt plus compter parmi les 
possessions de l'évêché. Barthélémy de Camelin finit par l'aliéner 
peu de temps avant sa mort. Déjà^ le 10 septembre 1605, il avait 
donné à Louis de Fumée, gentilhomme ordinaire de la chambre 
du roi, l'autorisation d'y bâtir une ville, moyennant la censé 
annuelle de 150 livres. Ce premier essai avait échoué. Plus tard 
les négociations reprirent avec Vincent de Roux, lieutenant 
d'artillerie de la marine du Levant et aboutirent heureusement. 
Le 8 août 1636, ce gentilhomme obtenait la seigneurie de la terre 
et du port d'Agay , en reconnaissance des services qu'il avait 
rendus à l'évêché et moyennant une pension annuelle de 120 
livres aux évêques de Fréjus (2). 

Barthélémy de Camelin accomplit une seconde visite pastorale 
en 1612, et dès ce jour, sans doute parce qu'il en comprit la néces- 
sité, il parcourut le diocèse à des intervalles beaucoup plus 
rapprochés (3). Les procès-verbaux de ces visites ne sont pas 

(1) Marc Dolle, notaire h Fréjus. 
(2; Jean Raymond, notaire à Fréjus. 

(3) Nous avons trouvé trace des visites pastorales en 1613, 1614, 1G21, l''23, 1C24 1635, 
1637. (Notaires de Fréjus.— Arch. c'«, Insin. ecclés , passim.) 



220 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

arrivés jusqu'à nous, mais naus savons par ailleurs qu'il apporta 
dans tous les actes de l'administration épiscopale encore plus 
de zèle que pour la défense de ses droits temporels. En 1605, il 
rétablissait la prébende théologale à Lorgnes. En 1609, à la 
demande du conseil communal de Draguignan, il obligeait la 
famille des Raymondis à enlever le tombeau qu'elle avait cons- 
truit sans autorisation dans l'intérieur de l'église (1) ; plus 
tard il eut à soutenir contre le vicaire de Fayence un procès 
assez long qui se termina par une transaction (4 février 
1621). 

Au cours d'une de ses tournées, en 1612, il fit dresser la liste, 
qui porte encore son nom^ des bénéfices du diocèse avec l'indi- 
cation de leurs charges et de leurs revenus (2). Ayant constaté 
que les sentences de visite restaient souvent à l'état de lettre 
morte, il obtint du Parlement, le 7 mai 1615, l'autorisation 
d'user des voies légales pour en assurer l'exécution (3). Grâce à 
ces mesures il put faire adopter la liturgie romaine dans tout 
le diocèse (4) et provoquer la fondation d'un grand nombre de 
vicariats perpétuels (5). Rien n'échappait à sa vigilance: les 
règlements des confréries de pénitents, qui commençaient à 



(1) Poulie. Hist. de l'église de Draguignan, p. 190. Arch. dép>". Iiivcnlaire de lévêché. 

(2) Arch. c'" de Roquebrune, GG. 26. 

(3) Arch. départ'". InTent. de l'évêché. 

(4) Notaires de Fréjas,;)flf*i»j. 

(5] Les vicariats perpétuels fondés sous Barthélémy de Camélia furent ceux de Montfort 
(1602), de Tourtour (1611), du Luc (1618), de Salernes, de Villecroze, de la Motte ;1619), de 
Cabasse, de Carcès (1624), de Callas (1628), de Vins (1631), de Roquebrune et de la Roque- 
Esclapon (1634). fins, eccl, passimj. 



DU XIII® A LA FIiN DU XVIII® SIÈCLE 221 

s'établir dans les paroisses, furent soumis à son approbation et 
il en modifia plusieurs afin de prévenir les abus (1). Il fit 
réparer à ses frais les églises du Muy et de Ghàteauvieux, dont 
les évoques possédaient le prieuré, consacra, en 1613, la 
chapelle de Saint-François-de-Paule à Fréjus et autorisa, en 
1629 , une procession annuelle d'actions de grâces promise 
par les habitants pour remercier leur céleste protecteur (2). 
Barthélémy de Camelin remplissait avec zèle tous les devoirs 
de sa charge, il favorisa les bonnes oeuvres, veilla à la régularité 
du service divin; en 1612, il se rendit au concile provincial 
convoqué à Aix par l'archevêque Paul Hurault de l'Hôpital et 
prit une part active aux travaux de l'assemblée. 

C'est sans doute au soin jaloux de son autorité épiscopale et 
peut être aussi à l'influence des doctrines gallicanes , qui com- 
mençaient à s'introduire dans les rangs du clergé, qu'il faut 
attribuer la résistance de Barthélémy de Camelin à certaines 
décisions venues de Rome. 

En 1612, les oliviers du territoire de Draguignan étant 
ravagés par des insectes , le conseil communal demanda à 
l'évêque l'autorisation de faire exorciser la malfaisante vermine. 
Sur son refus, les consuls députèrent à Rome un certain ermite, 
gardien de la chapelle de Saint-Michel, qui revint, deux mois 
après, avec l'ordre du Saint-Siège, disait-il, de procéder à la 
cérémonie. Mais l'évêque persistant dans son refus, les consuls 



(1) Barthélémy de r.amelin corrigea les règlemeuts des pénitents de Salernes en 1021. 
(Hélion Vaixière, notaire a Fréjus.) 

(2) Arch. c'" de Fréjus, BB. 9. 



222 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

durent solliciter rintervention du vice-légat d'Avignon (1). Soyons 
juste: la résistance du prélat pouvait être motivée, dans la 
circonstance, par la méfiance que lui inspirait l'étrange messager 
du conseil communal. 

Moins excusable serait sa conduite dans l'affaire des Orato- 
riens de Notre-Dame-de-Gràces à Cotignac. La bulle de fondation 
donnée par Urbain VIII, le 12 novembre 1599, accordait à ces 
religieux le pouvoir d'absoudre tous les pénitents, sans avoir 
besoin de l'approbation de l'Ordinaire. Barthélémy de Gamelin 
refusa de leur reconnaître ce privilège, menaçant de dénoncer 
la bulle au Parlement comme abusive. Les Oratoriens s'étant 
soumis à ses exigences, il approuve, le 11 mars 1612, les statuts 
et donne son visa à la bulle pontificale « à la condition, dit-il , 
qu'aux deux articles des confessions et des prédications il sera 
ajouté que les Pères de la congrégation, qui sont à présent et 
seront à l'avenir, ne pourront exercer le sacrement de Pénitence, 
ni prêcher la parole de Dieu à l'église de Notre-Dame-de-Grâces 
ou autre du diocèse, sans avoir été préalablement examinés et 
approuvés par l'évéque ou le vicaire général et officiai, qu'ils ne 
pourront permettre qu'aucun autre prêtre soit du diocèse, soit 
d'ailleurs qui ne sera pas de la congrégation puisse exercer ledit 
sacrement de Pénitence, ni prêcher en la dite église qu'il n'ait la 
permission écrite de l'évéque ou du vicaire général ». 



(1) Raymond Poulie. IJist. de l'église yotre-Dame. et Si-Michel de Draguignan, p. 193. 
— L'évéque agit de même envers les habitants de Montferrat qui avaient fait demander, en 
1631, une indulgence plénière au Souverain Pontife par l'ermite de Notre-Dame de Beauvoir. 
(Arch. ci« de Montferrat. BB. 1.) 



DU XIU® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 223 

Après s'être montré à ce point rigoureux sur la question 
de principe, l'évêque témoigna une extrême bienveillance aux 
Oratoriens quand il fallut leur accorder les pouvoirs de juri- 
diction. Le 24 septembre suivant, il donnait au supérieur de 
la congrégation, le Père Alexis Moutlon, et à ses religieux la 
permission de confesser et de prêcher dans toutes les paroisses 
du diocèse; il autorisait également tous lès prêtres « dont ils 
auraient un bon témoignage » à prêcher et à confesser dans leur 
chapelle, avec la faculté d'absoudre tous les cas réservés » (l). 

Si le sentiment exagéré de ses droits inspira à Barthélémy de 
Gamelin un acte regrettable, on ne saurait mettre en doute son 
dévouement envers le Saint-Siège. Ainsi le voyons-nous sinon 
faire lui-même le voyage ad limina , envoyer du moins des 
délégués à Rome accomplir ce devoir (2); et lorsque le Souverain 
Pontife prescrivit, en 1621, des quêtes dans toute la catholicité 
pour la construction de l'hôpital de Notre-Dame-de-Grâces à 
Rome, l'évêque de Fréjus facilita la mission du délégué pontifical 
en désignant son grand vicaire, Maurice Desidéry, pour re- 
cueillir les offrandes des fidèles (3). 

Aussi, bien loin d'être en défaveur auprès du Saint-Siège, 
Barthélémy de Gamelin en recevait, nous l'avons déjà vu, des 



(1) Hélion Vaixière, notaire \ Fréjas. 

[i) Ces délégués furent, en 1605, Gabriel Fabre, provincial des Franciscains, et en 1G34, 
Antoine Masculus, provincial des Dominicains. (Olivier Visilis et Jean Raymond, notaires.) 

(3) Il fut recueilli dans cette quête 48 livres à Fréjus et 119 livres dans les paroisses de 
Montauroux, Callian, Roque-Esclapon, Bargème, Brovès, le Puget, Callas, le Luc, Flassans, 
Ramatuelle, Gassin, Saint-Tropez, Fayence, Seillans, Flayosc, Coraps, Mons, Bargemon, 
Grimaud, Cogolin, la Garde-Frcinet. (Hélion Vaixière, notaire à Fréjus.) 



224 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

missions de confiance. Un de ses diocésains , originaire de 
Montferrat, nommé Paul Beuf , était entré dans les Ordres et 
avait même reçu le diaconat sous le coup des menaces de ses 
parents. Vingt-huit ans s'écoulèrent sans qu'il eut consenti à 
recevoir la prêtrise. Désireux de sortir d'une position si pénible, 
l'infortuné recourut au Souverain Pontife qui confia à l'évêque 
de F'réjus l'examen de l'affaire. Celui-ci, après enquête, délia 
le malheureux ecclésiastique de ses vœux et l'autorisa à se 
marier (1). 

La manière dont se formait alors le clergé explique, sans les 
justifier, ces intolérables abus. Pour en prévenir le retour et se 
conformer aux décisions du concile de Trente, Barthélémy de 
Camelin s'était déjà occupé de préparer les éléments nécessaires 
à la fondation d'un séminaire diocésain (2); mais il dut reculer 
devant la difficulté de l'entreprise. 

Un autre champ s'ouvrit à l'activité de son zèle. Il y eut en 
France, vers le commencement du XVII® siècle, un réveil de la 
vie religieuse qui fut salué avec bonheur. La Réforme avait 
proclamé que la sève évangélique ne circulait plus dans le tronc 
séculaire de l'Eglise et voilà que l'Eglise répondait à cette ca- 
lomnie en ouvrant partout des couvents des deux sexes comme le 
signe indiscutable de sa persévérante jeunesse et de sa fécondité. 
Le diocèse de Fréjus ne resta pas étranger à ce mouvement qui 



(1) Arrh. dép'»'. Jnsiii. ecclés. 

(31 Dans une convention passée, en 160G, entre deux prétendants à la prévôté de Barjols, 
il est parlé d'une pension qui scia faite à l'un d'eux et qui sera exempte de tout décime 
pour le séminaire diocésain. (Arch. dép'*'. Insin. ecclés. J 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 225 

entraînait vers le cloître tant d'âmes généreuses. La plupart des 
paroisses importantes voulurent avoir des communautés reli- 
gieuses. Barthélémy de Gamelin ne se contenta pas d'en provo- 
quer l'établissement, il en fonda encore plusieurs qu'il dota 
de ses propres deniers. Ce fut en effet sous son épiscopal que les 
Servîtes s'établirent à Lorgnes (1607), les Minimes à Draguignan 
(1616), les Capucins à Saint-Tropez (1617). Nous savons com- 
ment, tout en se montrant intransigeant sur les droits de 
l'autorité épiscopale, il encouragea l'institution des Oratoriens 
de Cotignac; il prit, par la suite, diverses mesures en leur 
faveur, soit en les autorisant à desservir la chapelle de Notre- 
Dame-de-Lorette à Aups (1623;, soit en approuvant leur union 
avec la congrégation du Père de Bérulle (1615) et plus tard l'union 
du prieuré de Montfort à Notre-Dame-de-Grâces (1629) (1). 

La ville de Fréjus possédait déjà un couvent d'Observantins 
dans lequel le gardien, le P. Piétra, avait établi la confrérie du 
cordon de Saint-François d'Assises qui fut approuvée, en 1608, 
par Barthélémy de Camelin. Désireux d'attirer dans la ville 
épiscopale d'autres communautés religieuses , le zélé pontife 
porta son choix sur deux Ordres illustres : les Jésuites et les 
Dominicains. 

Les Jésuites arrivèrent à Fréjus en 1626; ils ne comptèrent 
d'abord que deux pères et un frère. Huit ans après leur nombre 
avait doublé; enfin, le 26 mai 1637, les supérieurs reconnurent 
leur maison comme résidence et l'acte de fondation devint défi- 



(1) Hélion Vaixière, notaire à Fréjus. — Arch. dép'". Jnsin. ecclés. — Nous le voyons, 
le 34 novembre 15lo, bénir et installer Honoré Chieusse, le nouvel abbé du Thoroiiet. 



226 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

nitif. La pension perpétuelle assurée par leur fondateur était 
primitivement de 400 livres; elle fut portée, en 1634, à 580 (1). 
Les Jésuites devinrent pour Barthélémy de Gamelin de précieux 
auxiliaires. Le prélat avait souvent recours à leurs lumières; 
il les envoyait prêcher dans les paroisses et se faisait toujours 
accompagner de l'un d'eux dans ses tournées pastorales pour 
faire entendre aux fidèles la parole de Dieu. Ces religieux se 
livrèrent dans la ville épiscopale à toutes les œuvres de leur 
saint ministère; ils y établirent deux congrégations d'hommes^ 
l'une de bourgeois, l'autre d'artisans et ils gardèrent longtemps 
la direction du collège que le conseil communal leur confia peu 
de temps après leur arrivée (2). 

La fondation des Dominicains suivit, en 1634, celle des 
Jésuites. Barthélémy de Camelin obtint pour eux du conseil 
communal la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié et une ancienne 
léproserie contiguë^ près des Arènes, qu'il fit transformer en 
couvent et meubler à ses frais. De plus il acquit trois grandes 
terres qu'il leur donna pour leur entretien (3). Au début la 



il) Jean Raymond. Jacques Camelin, Roux el Gaston, notaires à Fréjus.— Arcli. c'" de 
Fréjus. BB. 10, 11. 13. 

(2) Àrch. dép" , Inventaire de révêché.— L'un d'entre eux, le P. Dufour, utilisa ses talents 
en composant en l'honneur de saint Léonce, sous le titre de Sanctus Leonlius suis Foro- 
julieiisibus restitutus, un livre qui, quoique dénué de critique historique et rempli d'erreurs, 
reçut les encouragements de Barthélémy de Camelin qui donna 30 écus pour les frais 
d'impression. 

(3) L'une au Puget, aux Escaravaliers, une autr'e à Fréjus. quartier de Counillet, la 
troisième aux Adrets, quartier de VArgentiire. (Jean Raymond et Vaixière, notaires à 
Fréjus.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII* SIÈCLE 227 

communauté ne compta, comme celle des Jésuites, que deux 
pères et un frère. 

En appelant les Dominicains à Fréjus, le prélat semble s'être 
préoccupé avant tout de s'assurer des prières pendant sa vie et 
après sa mort. L'acte de fondation stipule, en effet, qu'ils devront 
chaque jour appliquer une messe à son intention, réciter, après 
sa mort, un De pr^ofundis avant les repas, et célébrer un ser- 
vice funèbre, le jour anniversaire de son décès. Barthélémy de 
Gamelin prit les mêmes dispositions quand il fonda, le 7 février 
1632, un couvent de Minimes à Fayence. Cette fondation fut plus 
importante : huit religieux devaient habiter le nouveau monas- 
tère, desservir l'ancienne église paroissiale de Notre-Dame- 
des-Cyprès et dire la messe les dimanches et jours de fête au 
hameau de Saint-Paul (1). 

Vers la même époque les Ursulines s'établirent à Draguignan 
(1618), puis successivement à Aups (1625) et à Pignans (1637) ; 
enfin les Visitandines fondèrent également un monastère dans 
la première de ces villes (1636) (2). 

Pour compléter son œuvre Barthélémy de Camelin voulut 
doter la ville épiscopale d'une communauté de femmes. Se sou- 
venant de la mission qu'il avait remplie auprès des Bénédictines 
de Tarascon, il s'adressa à leur monastère. Quatre professes 
furent envoyées à Fréjus (3). La ville donna le local, l'évêque 
une terre à Saint-Raphaël, chaque religieuse apporta sa dot, 



(1^ Jacques Camelin, notuire à Fréjus. 

{1] Poulie. Bist. de l'église paroissiale de Draguignan, p. 208. 

(3) Les sœurs Anne de Clerc, Anne de Rousset, Angeline de Clerc et Anne de Borel. 



228 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

et, au mois de juillet 1631, le nouveau couvent fut érigé sous 
le vocable de Sainte-Madeleine et Sainte-Marthe. Le choix 
n'était pas heureux. Formées à mauvaise école, les fondatrices 
n'apportèrent que des habitudes mondaines : elles violaient la 
clôture et s'exemptaient de la règle ; leurs novices ne donnaient 
aucune marque de piété. Une réforme s'imposait. Sur les indica- 
tions des Frères Prêcheurs de Fréjus, Barthélémy de Camelin 
fit appel à ceux de Sainl-Etienne-en-Forez qui lui envoyèrent 
quatre de leurs sœurs d'une vertu peu commune (1). Le Provin- 
cial des Dominicains, Etienne Girard, les précéda et vint arrêter 
l'accord suivant avec les religieuses de Fréjus : « 1" Dès qu'elles 
auraient été autorisées par le Saint-Siège à revêtir l'habit de 
Dominicaines, les Bénédictines seraient regardées comme les 
premières professes de la communauté sans faire aucun novi- 
ciat; 2° aucune novice ne serait reçue sans leur consentement; 
3° après trois ans de séjour les religieuses de Saint -Etienne 
retourneraient à leur monastère; 4° elles reprendraient à leur 



(1) Celaient les sœurs Marie Martel, Antoinette-Marie de Solèze, Justine de Lavène et 
Anne de Peyssoneauï Cette dernière a même laissé la réputation d'une sainte. 

On lit dans les Annales Dominicaines : < Vénérable Mère Anne de Peyssoneaux, religieuse 
professe du monastère des Dominicaines de Sainte-i'.alherine à Saint-Etienne-en-Forez, Dée 
en 169S, entra en religion en 1620, morte en odeur de sainteté en 1670 et fondatrice du 
monastère de Fréjus, sous le vocable de Sainte-Marie-Madeleine, en 163C. Ce fut contre le 
vœu de ses parents et \ leur insu que la jeune Anne vint frapper à la porte du couvent de 
Saint-Etienne >. Une légère erreur s'est glissée dans cette notice, car on ne peut attribuer 
i> la sœur Anne de Peyssoneaux le titre de fondatrice du couvent de Fréjus. 

Une branche de la famille de Peyssoneaux habite actuellement Puget-Ville et Saint-Tropez. 
En souvenir de leur parente, il y a toujours eu dans la famille une fille qui porte le nom 
d'Anne. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 229 

départ la dot qu'elles auraient apportée ; 5° elles n'adininis- 
Ireraient le temporel du couvent qu'avec le consentement des 
anciennes Bénédictines ». 

Les Dominicaines arrivèrent à Fréjus le 19 décembre 1636 
et furent installées par l'évêque lui-même au milieu d'un grand 
concours de fidèles et de membres du clergé (1). L'édification 
de leurs vertus porta ses fruits. Barthélémy de Camelin eut la 
consolation de voir les premiers résultats delà réforme; mais 
elle ne fut définitivement accomplie et les dernières Bénédictines 
ne revêtirent Thabit de Saint-Dominique que sous son successeur, 
Pierre de Camelin, qui remplissait déjà, à côté de son oncle, les 
fonctions de coadjuteur. 

Fils de Georges, le frère de Barthélémy, et de Jeanne Gaybier, 
Pierre de Camelin naquit à Fréjus et fut baptisé à la cathédrale 
le 22 novembre 1579. Il n'avait pas encore quatorze ans quand il 
fut tonsuré, le 7 avril 1593, par l'évêque de Mirepoix qui était 
de passage à Fréjus; il reçut tous les Ordres des mains de son 
oncle (2) et, à la fin de ses études, qu'il fit à Avignon, obtint le 
grade de docteur en droit canon et en droit civil. Barthélémy, 
devenu évêque, avait résigné en sa faveur l'archidiaconat de la 
cathédrale et lui avait procuré la vicairie d'Escragnolles (1610), 
ainsi que le prieuré du Revest (1613). L'évêque de Fréjus se 
préparait un successeur dans la personne de son neveu. Le 31 
décembre 1620, il se fit autoriser par le roi à prendre Pierre 

(1) Marie Martel fut nommée prieure, Marie de SoièTe, maîtresse des novices, Justine de 
Lavène, économe et Anne de Peyssoneaux, portière. (Hélion Vaixière, notaire à Fréjus.) 

(S) Les ordres mineurs, le 25 février 1600, le sous-diaconat, le lendemain, le diaconat, le 
91 décembre 1602, la prêtrise, le 17 décembre 1605. fArch. dép'", Insin. ecclésj. 

15 



230 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

pour coadjuteur et il envoya à Rome le théologal du chapitre, 
Pierre Germond^ pour presser l'expédition des bulles. Celui-ci 
lui écrivait, le 21 mai 1621: « Notre affaire a été préconisée, 
espérons en voir sûrement la fin le mercredi des Quatre-Temps 
prochain » (1). En effet, les bulles qui nommaient Pierre évéque 
de Philadelphie in partibus et coadjuteur de son oncle avec 
future succession, furent signées le lendemain. Une autre bulle 
l'autorisa à garder, pour soutenir les charges de sa nouvelle 
dignité, outre l'archidiaconat , les deux bénéfices qu'il possé- 
dait (2). La cérémonie du sacre eut lieu à la cathédrale, le 5 
décembre suivant. Barthélémy de Camelin, assisté de Rostamg 
Isnard, évéque de Glandevès, et de Louis du Chaîne, évéque 
d'Argos in partibus et coadjuteur de Sénez, fut le prélat consé- 
crateur (3). Les consuls firent, à cette occasion, un présent de 
gibier au nouveau prélat (4). 

Pendant les seize années qui s'écoulèrent avant la mort de 
son oncle, Pierre ne joua qu'un rôle entièrement effacé. Jusqu'à 
la fin de sa vie, Barthélémy de Camelin voulut faire les ordina- 
tions et les visites pastorales; c'est toujours lui qui administre 
le diocèse, lui que nous voyons assister aux Etats généraux qui 
se tinrent à Brignoles en 1618, à Marseille en 1621 et à Aix 



(1) Correspondance de Pierre Germond avec Pévêque. (Fonds personnel.) 

(2) Gallia nov. Inslrum.. LXVIII, LXIX. 

(3) Arch. dép'". Insin. ecclés.— Louis du Chaîce, flls du président du Chaîne, devenu 
plus tard évêiue de Sénez, était le propriétaire de la campagne nommée la Présidente, près 
de Brignoles, domaine qui n'a jamais appartenu à l'évêque janséniste de Sénez, Soanen, 
comme on le dit communément. Les titres de propriété de M. l'abbé Gamerre l'attestent. 

(4) Arcb, c'" de Fréjus, BB. 10. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 231 

l'année suivante (1). Il ne suffirait pas de constater que lorsque 
Barthélémy de Camelin sacrait (19 novembre 1629) Modeste de 
Villeneuve-des-Arcs, évêque nommé d'Apt, il était assisté de 
son coadjuteur (2), car c'est là un des rares actes épiscopaux 
auxquels il associa son neveu. On dirait, qu'à l'exemple de 
certains vieillards auxquels leurs héritiers paraissent porter 
ombrage, l'évêque de Fréjus se méfiait de celui qui devait lui 
succéder un jour. 

Au reste ses rapports avec les membres de sa famille devin- 
rent par la suite si tendus qu'il alla jusqu'à leur interdire l'entrée 
de l'évéché. Le vieux pontife réservait ses faveurs pour le cha- 
noine Nicolas Antelmy et le notaire Hélion Vaixière qu'il nomma, 
en 1634, l'un vicaire général perpétuel, l'autre juge de Fréjus à 
vie. Pierre de Camelin s'empressa de protester contre ces deux 
nominations qu'il se proposait de faire casser après la mort de 
son oncle (3). 

Les dernières années de Barthélémy de Camelin furent trou- 
blées par des luttes incessantes avec le chapitre. La paix régnait 
encore en 1625, car, le 28 juillet, il approuvait de nouveau les 
statuts concernant l'option des prébendes. Mais bientôt un pre- 
mier différend s'éleva au sujet des fiefs du Eeyran, de VEstérel 
et de V Estel revendiqués par l'évêque. Les chanoines eurent gain 
de cause devant le Parlement et, à leur tour, exigèrent la chapelle 



(1) Bouche, nist. de Provence, passiin. 

(3) Le second prélat assistant était Louis du Chaîne, précédemment évêque d'Argos in 
partibus, devenu évêque de Sénez. 
(3^ Jean Raymond, notaire k Fréjus. 



232 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

pontificale qu'il devait encore. Le Parlement, saisi de la nouvelle 
affaire, condamna le prélat à payer de ce chef 4,800 livres au 
chapitre. Cette somme ne fut jamais entièrement acquittée, et, 
en 1641, les chanoines, pour éviter un procès avec les héritiers, 
durent se contenter de 1800 livres (1). 

Entre-temps Barthélémy de Gamelin fondait à la cathédrale la 
chapeUenie de Notre-Dame-de-l'Aube, faisait établir une boiserie 
autour du sanctuaire, achetait de grandes orgues qui furent 
placées à la tribune (2). D'importantes restaurations à l'évèché 
avaient précédé les embellissements au lieu saint (3). Malgré ces 
générosités les chanoines ne désarmèrent pas. A la première 
occasion, et pour les motifs les plus futiles, les conflits reprenaient 
sans cesse, dégénérant souvent en mesquines tracasseries qu'il 
serait oiseux de narrer par le menu. 

La mort mit fin à la querelle. Le 15 juin 1637, à 10 heures 
du soir, Barthélémy de Camelin rendit son âme à Dieu après 



(1) Jean Raymond, notaire à Fréjus. 

(2; Le premier organiste de la cathédrale fut Gaspard Meynier, à qui supcéda Etienne 
Vallège, bénéûcier de la cathédrale et majordome de l'évêclié. [Notaires de Fréjus.) 

(3) Barthélémy de Camelin lit aussi de grandes dépenses personnelles. En dehors des 
sommes considérables que lui ciùta le sacre, nous relevons : en ICIO, l'achat pour son 
carrosse de deux chevaux d'Espagne au prix de 450 livres et l'année suivante d'un magnifique 
saphir pour son anneau pastoral ; en lôll, la commande a Jean Chilot, de Solliès, brodeur 
à Toulon, d'un lit somptueux couvert de franges et broderies d'or et d'argent ; en 1618, 
Tacquisition pour la somme de 1,050 livres du mobilier du château de Gagnes vendu aux 
enchères et, deux ans auparavant, celle d'une maison à Saint-Rapbaêl qu'il vint habiter quel- 
quefois et qui est encore appelée de nos jours la maison de l'évéque. (Aynesy, HélioD 
Vaixière et Jean Carbonel, notaires à Fréjus.— Arch. c'" de Fréjus, BB. 9.— Arcb. dép'". 
Sénéchaussée. B. 294. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 233 

avoir reçu les derniers sacrements. II était âgé de 75 ans. 
Ce jour-là le canon grondait non loin de Fréjus. Les Espagnols^ 
chassés de Lérins deux mois auparavant par le cardinal de 
Sourdis (1), essuyaient un échec sanglant sous les murs de 
S'-Tropez, dont ils avaient tenté le bombardement. Le lendemain 
matin, dans la crainte de voir les galères ennemies surgir à 
l'improviste, on inhuma à la hâte et sans pompe le prélat défunt. 
La tombe qu'il s'était préparée près de l'autel du Rosaire, fut, par 
les soins de son neveu, surmontée d'une statue en marbre le 
représentant à genoux. Renvoyées à une date ultérieure à cause 
des événements de guerre, les funérailles solennelles furent 
célébrées le 5 juillet suivant. Le conseil communal s'associant 
au deuil de la ville et du diocèse, fît faire à ses frais plusieurs 
décorations funèbres et offrit au neveu un flambeau pour la 
cérémonie (2). 



(1) Depuis deux ans, les Espagnols s'étaient emparés des îles de Lénns. Une assemblée 
des communes réunies à Fréjus, en février 1636, et présidée par l'abbé de Beauveau, évèque 
nommé de Nantes, avait volé 12,000 livres de subsides et ordonné de lever des milices dans 
les villes et villages de la basse Provence pour chasser l'ennemi. Fréjus était regardé comme 
un des points les plus menacés de la côte. Le maréchal de Vitry, gouverneur de la Provencs, 
vint en visiter les forliûcalions, lit élever plusieurs bastions et obligea les habitants k placer 
jour et nuit des sentinelles au sommet du clocher. Quand toute la côte eut été fortifiée, le 
cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui dirigeait la Hotte, engagea l'action contre 
les Espagnols et les obligea k quitter les îles (14 mai 1637). 

(2) Arch. cl" de Fréjus, BB. 14. GC. 106. 



234 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

PIERRE DE CAMELIN 

(1637-1654) 



Sommaire. — Cérémonial de la prise de possession. — Les visites 
pastorales. — Zèle du prélat pour les cérémonies du culte et la 
sanctification des fidèles. — Les reliques de saint Ausile. — Le culte 
de Notre-Dame de Montaigu à Bargemon et à Draguignan. — 
Réformes dans le clergé. — J-.es statuts synodaux de 1646. — Les 
Adcis aux confesseurs et les instructions pour les dimanches et 
fêtes.— Les collégiales. — Mesures prises pour rétablir la discipline 
à Barjols et assurer le service paroissial à Lorgues. — Différend 
avec les chanoines de Lorgues au sujet du prieuré du Revest et de 
la nomination du doyen du chapitre. — Démêlés des chanoines de 
Draguignan avec leur doyen; médiation des évêques de Fréjus et 
de Sénez. — Conflits incessants avec le chapitre de la cathédrale. — 
Avec les vassaux. — Concessions aux habitants de Bagnnls. — 
Echange de la seigneurie de Montauroux contre partie de la juridic- 
tion de Bagnols. — Les habitants de Fayence. — Vigilance du 
prélat pour la défense de ses droits temporels et des intérêts du 
clergé. — Ses largesses envers les communautés religieuses et les 
églises. — Etablissement des Bernardines à Fréjus. — Fondations 
d'anniversaires. 



Après avoir présidé les obsèques de son oncle^ Pierre de 
Gamelin prit possession, le dimanche 5 juillet 1637, du siège 
épiscopal dont la succession lui était réservée. Il se rendit à 
la chapelle de Notre -Dame- du -Palais où ses prédécesseurs 
s'arrêtaient d'ordinaire quand ils faisaient leur première entrée 
à Fréjus. De là, monté sur un cheval magnifiquement capara- 



DU XIII* A LA FIN DU XVIll^ SIÈCLE 235 

çonné, il alla jusqu'aux portes de la ville^ à la suite des consuls 
et des notables venus à cheval à sa rencontre. Il mit pied à terre 
sous un arc de triomphe orné de ses armoiries, abandonnant, 
selon l'usage, sa monture à la jeunesse fréjusienne (1), puis, 
ayant revêtu les ornements pontificaux, il fut conduit proces- 
sionnellement à la cathédrale, environné d'un nombreux cortège 
dans les rangs duquel des enfants portaient des oriflammes. 
Sur le seuil il fut harangué par le prévôt et jura solennellement 
de respecter les coutumes et privilèges du chapitre (2), A l'issue 
de la cérémonie, le conseil communal vint dans son palais lui 
souhaiter la bienvenue et offrir le présent d'usage (3). 

La visite du diocèse fut la première occupation du nouvel 
évéque. Il la commença en 1638 et la termina un an après. Dix 
ans s'écoulèrent pendant lesquels il ne fit que quelques tournées 
partielles. Mais en 1648, il annonça une seconde visite, qu'il 
entreprit au mois d'octobre: « Si nous l'avons tant délayée, dit-il, 
c'a été pour de grandes et sérieuses affaires et empêchements ». 
Nous ne suivrons pas Pierre de Gamelin dans les diverses 
paroisses qu'il parcourut, nous bornant à constater combien il 
fut empressé à accomplir les moindres actes de son ministère. 

Il avait une prédilection marquée pour la solennité des 
offices et la beauté des cérémonies liturgiques. Ce fut pour 

(1) Le cheval était eusuite vendu et le prix employé en réjouissances en l'honneur du 
prélat. 

(2) Jean Raymond, notaire à Fréjus. C'est le premier procès-verbal de prise de possession 
que nous ayons trouvé. Voilà pourquoi nous rapportons, une fois pour toutes, les détails de 
la cérémonie. 

13) Arch. cl" de Fréjus, CG. 100. 



236 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

en déployer toute la pompe aux yeux de ses diocésains qu'il 
fit plusieurs fois coïncider la visite pastorale avec la célé- 
bration des grandes fêtes de l'année. Il était alors accompa- 
gné de ses deux maîtres de cérémonies, dont le plus assidu 
fut le vicaire de Grimaud, Louis Garcin. Quelquefois même, 
comme à Roquebrune, où il officia pontificalement le jour de la 
Pentecôte 1645, il emmenait avec lui une partie du bas-chœur 
de la cathédrale qui rehaussait par ses chants la splendeur des 
offices pontificaux. Les jours de grande fête, les fidèles, hommes 
et femmes, s'approchaient en foule de la sainte table et la pré- 
sence de l'évêque en augmentait toujours le nombre. Le pieux, 
prélat ne laissait alors a aucun autre la consolation de distribuer 
la Sainte-Eucharistie. On le vit à Lorgnes, le jour de la Pentecôte 
fl638), à Aups, le jour de la Toussaint (1639), donner la com- 
munion aux fidèles depuis le matin jusqu'à l'heure de la grand'- 
messe et continuer encore cette sainte fonction jusqu'à midi. 
Mais ce fut surtout, l'année suivante, à Draguignan, que 
Pierre de Camelin se livra à toutes les ardeurs de son zèle. 
Depuis douze ans que la visite de celte église n'avait plus été 
faite, le nombre des confirmands s'était élevé à plus d'un millier. 
Pendant les quatre derniers jours de la semaine sainte, Pierre 
de Camelin administra chaque après-midi, à une heure, le sacre- 
ment de la confirmation, ce qui ne l'empêchait pas d'assister à 
tous les offices et aux sermons donnés par le prédicateur du 
Carême, le P. Bus (1) ni de faire, le soir du jeudi saint, la visite 
des églises à la tête du clergé. 

(1) Le P. Bus prêcha devant l'évêque le mardi saint a G heures du soir, le veodredi saint 



DU XIII« A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 237 

Les consolations ne lui manquèrent pas. Les fidèles ayant 
voulu recevoir de sa main la communion pascale, l'évêque se 
prêta volontiers à leur pieux désir. Il commença la distribution 
du pain eucharistique le jeudi saint à 7 heures, l'interrompit 
pour consacrer les saintes huiles et la continua ensuite jusqu'à 
midi. De même le samedi saint. Le jour de Pâques, à la pointe 
du jour, l'infatigable prélat était à l'église; il ne quitta la sainte 
table que pour officier à la grand'messe et y revint communier 
les fidèles jusqu'à une heure de l'après-midi. Même affluence les 
lundi et mardi suivants. Ces jours-là ainsi que le dimanche de 
Quasimodo^ il donna encore la communion pendant plusieurs 
heures, avant et après la grand'messe. Pendant la semaine de 
Pâques il avait conféré, le jeudi, la tonsure à cent dix-huit jeunes 
gens et employé les autres jours à la visite de la collégiale et des 
monastères. 

Dans sa visite à Callas, le 10 novembre 1B39, il reconnut les 
ossements de saint Ausile découverts dans la chapelle rurale de 
ce nom, sous son prédécesseur, mais, comme lui, suspendit 
son jugement avant d'en permettre le culte public. Cependant, 
le 27 février suivant, se rendant aux vœux des habitants, il 
autorisait leur translation dans l'église paroissiale; il envoyait 
ensuite trois commissaires sur les lieux et, quelque temps après, 
un jésuite de la résidence de Fréjus pour établir l'authenticité 
des miracles opérés par l'intercession du saint. Malgré le rapport 
favorable des enquêteurs, il ne s'en tint pas à leur sentiment; 



à 6 heures du matin, le jour de Pâques aux vêpres, le lundi et le mardi de Piiques à la 
grand'messe. 



238 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

il fit un voyage à Grasse pour conférer à ce sujet avec le savant 
Godeau (1), évêque de cette ville, qui détermina tout à fait 
Pierre de Camelin (2). Enfin, après s'être entouré de toutes les 
garanties nécessaires, il permit, par ordonnance du 16 mai 
1642, l'exposition et la vénération publique des reliques du saint 
martyr. 

Le souvenir de Pierre de Camelin reste attaché à l'inaugura- 
tion du culte de Notre-Dame-de-Montaigu dans le diocèse. Deux 
paroisses, Bargemon et Draguignan, avaient reçu une statuette 
de la vierge faite du chêne, dans le tronc duquel on vénérait, à 
Montaigu en Brabant, une autre statue miraculeuse brûlée, en 
1580, par les hérétiques. Cette dévotion s'établit d'abord à 
Bargemon où l'arrivée de la pieuse image, don d'un enfant du 
pays, Sébastien Gâche, religieux du tiers-ordre de S'-B'rançois, 
donna lieu à un premier miracle. Pierre de Camelin, délégué 
par son oncle, avait reconnu l'authenticité du fait surnaturel et 
béni la statue (24 mars 1635). Depuis lors, les miracles s'étaient 
multipliés, de toute parties fidèles accouraient vers le sanctuaire 
de Notre-Dame-de-Montaigu, dont le service fut, en 1638, confié 
par le conseil de la communauté à des religieux Augustins. 



(1) Pierre de Camelin et Godeau eurent des relations assez suivies. Le 3 novembre 1C38, 
l'évêque de Fréjus étant h Montauroux, interrompit sa visite pastorale pour aller à Grasse 
auprès de son ami. (Arch. dép'". Visites pastorales.) Les deux prélats se rencontrèrent 
encore à Aix, le 3 décembre 1639, jour où Godeau prêchait, dans la chapelle des jésuites, le 
panégyrique de saint François-Xavier. (L'abbé Méchjn. Ilisl. du collège Bourbon d'Àix, 
p. 251.) 

(2) Voir les détails de cette procédure dans Girardin, Description du diocèse, p. 198 
et suiv. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 239 

Dans sa visite à Bargemon, le 20 octobre de la même année^ 
Pierre de Camelin « informé de plusieurs miracles qui lui ont 
été attestés, désirant que la dite chapelle soit conservée avec 
toute sorte de pureté et de sainteté pour acquérir sur les peuples 
fidèles la continuation des grâces de Dieu et de sa très sainte 
mère et pour obvier à toute sorte d'abus et malversations sur le 
maniement des deniers qui sont donnés en aumônes », rend une 
ordonnance par laquelle il prescrit les mesures suivantes : le 
produit des quêtes sera déposé dans une armoire à trois clefs; 
les faits miraculeux qui pourront se produire seront constatés 
« en de bons et valables verbaux authentiques » par une com- 
mission composée du prieur de Bargemon ou, en son absence, 
d'un de ses vicaires, du supérieur des Augustins, des consuls et 
du juge du lieu; et l'enquête consignée « dans un livre qui sera 
tenu à la chapelle pour servir à la postérité pour l'édification du 
peuple et la gloire de Dieu et dévotion particulière envers sa 
sainte mère » (1). 

Ce fut aussi un religieux, Charles Martelly, Minime du couvent 
de Draguignan, qui fit don au conseil communal de cette ville 
de la Vierge qu'il avait sculptée lui-même dans un fragment du 
chêne de Notre-Dame-de-Montaigu apporté par un de ses frères 
en religion, nommé Jean Bérard. Le conseil accepta avec recon- 
naissance la statue vénérée, et, par ses soins, elle fut portée à 
l'évêque qui en fit la bénédiction solennelle dans la chapelle de 
son palais, y attacha les indulgences épiscopales, ordonna de la 
garder dans la chapelle de Notre- Dame-du-Peuple, où elle 

(1) Arch. dép'«». Visites pastorales. 



240 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

resterait exposée à la dévotion des fidèles et permit de la porter 
en procession le 8 septembre de chaque année (1). 

En même temps qu'il encourageait le culte des saints et favo- 
risait la dévotion des fidèles, Pierre de Camelin n'avait garde 
de négliger le clergé. Nous le voyons s'informer, dans les visites 
pastorales, sur la conduite de ses prêtres, la manière dont ils 
remplissaient leur ministère, rappelant les délinquants à l'ob- 
servation des règles canoniques. Il admonesta vertement les 
vicaires de Flayosc, d'Entrecasteaux et de Cotignac dont la 
conduite était peu exemplaire (2). Défense fut faite de confesser 
les personnes en bonne santé dans leur maison, de rester plus 
de huit jours hors de la paroisse sans la permission de l'évêque, 
de porter la calotte pendant la messe, de publier les bans de 
mariage aux vêpres. 

Ce fut pour avoir des prêtres irréprochables dans leurs mœurs 
et en état de remplir leurs sublimes fonctions que Pierre de 
Camelin s'appliqua à tenir régulièrement le synode diocésain. 
Les statuts qui furent promulgués à l'assemblée synodale de 
1646 nous montrent avec quelle sollicitude il veillait sur son 
clergé : 



(1) Arch. dcpi". !ns. eccL— Cf. l'abbé F. Laugier, uisloire de Notre-Dame-du-Ptfuple, 
p. 33. Celte procession se fait encore de nos jours avec un grand concours de fidèles. Mais 
moins heureux que les habitants de Bargemon, ceux de Dragoignan ont perdu leur vieille 
statue. 

(2) Comme il reprochait à ce dernier, M" Antoine Borrely, de ne tenir jamais que des 
secondaires ignorants et incapables: « Je prends ceux que je trouve, répondit irrévérencieu- 
sement le grossier personnage; s'ils n'ont pas la capacité requise, la faute n'est pas à moi, 
mais à ceux qui les ont ordonnés ». 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 241 

«~ I. Puisque Jésus-Christ a dit aux prêtres : « Vous êtes le 
sel de la terre, vous êtes la lumière du monde », ceux-ci doivent 
s'appliquer à le devenir^ non-seulement par leur doctrine, mais 
encore par l'exemple d'une vie sainte, afin qu'ils éclairent le 
peuple par leurs enseignements et les édifient par leurs œuvres. 
La science s'acquiert par la lecture assidue de l'Ecriture Sainte, 
des décrets du concile de Trente, du catéchisme romain et des 
meilleurs théologiens; la vie sainte se manifeste par l'intégrité 
des mœurs et les sentiments d'une piété sincère que tout prêtre 
doit avoir pour être la bonne odeur de Jésus-Christ en tout 
lieu (1). 

« II. Les curés doivent corriger avec prudence les pécheurs 
publics, guérir le mieux qu'ils peuvent ceux qui sont secrets, 
apaiser les discordes et accommoder les procès de leurs parois- 
siens, avoir un soin spécial des pauvres, des orphelins, des 
veuves et surtout des infirmes qu'ils doivent soutenir de leurs 
consolations et de leurs aumônes, en se souvenant qu'ils ren- 
dront compte un jour au souverain juge des âmes qui leur ont 
été confiées et dont le sang, dit le prophète Ezéchiel , sera 
redemandé à la main de leur pasteur, si elles périssent par sa 
faute » (2). 

Dans ses Advis très nécessaires aux confesseurs y publiés la 
même année, il donne des conseils pleins de sagesse et trace des 
règles sûres pour l'administration du sacrement de Pénitence. 
Ici il se rencontre avec saint Alphonse de Liguori, qui, plus 



(1) BreviaTium Farojuliense. Pars Hiemalis. CLXXXIX. 

(2) Id, Pars Verna. CLXXIII, 



242 LES ÉVÈQUES DE FUÉJUS 

d'un siècle après, devait, en termes presque identiques, pro- 
poser la même ligne de conduite dans sa théologie. Et l'on sait de 
quelle autorité jouit aujourd'hui dans l'Eglise l'illustre docteur. 
« Le confesseur, dit Pierre de Camelin , se souviendra qu'il est 
non -seulement juge, mais encore médecin et père. Comme juge, 
il est tenu de n'accorder le bienfait de l'absolution qu'à ceux qui 
sont vraiment repentants; comme médecin, il doit discerner une 
lèpre d'une autre, rechercher avec prudence les causes de la 
maladie et prescrire à temps les remèdes; comme père, il doit 
avoir envers son pénitent des entrailles de miséricorde et l'ac- 
cueillir avec bonté, comme l'enfant prodigue qui revient vers 
son père et même le recevoir en pleurant, malgré la corruption 
et la laideur repoussante de ses péchés ». Le prélat exige encore 
dans cet advis qu'il y ait dans les églises autant de confessionaux 
que de confesseurs et qu'on les mette à une distance assez 
grande les uns des autres, afin de laisser aux fidèles la liberté 
du choix (1). 

Enfin voulant faciliter l'œuvre importante de la prédication, il 
fit, à l'exemple de son ami Godeau, imprimer un cours de prônes 
et d'instructions pour les dimanches et les jours de fêtes que les 
curés et les vicaires devaient lire aux fidèles, quand ils n'étaient 
pas capables de prêcher (2). 

(1} Breviarium Forojuliense. Pars Verna, p. CLX(.— Ordonnance-^ et statuts synodaux 
de Mgr l'ill. et rév. Pierre de Camelin, évesque et seigneur de Fréjus. Aix, Eslienne 
David, M.DC.XLVI. 

(3} 11 ne reste plus aucune trace de ce recueil, mais nous l'avons trouvé mentionné dans 
les procès-verbaux de visite pastorale de 1648 où nous voyons l'évêque s'informer si la 
lecture de ces homélies était faite régulièrement par les prêtres de paroisse. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 243 



De tous les membres du clergé diocésain, les chanoines de la 
cathédrale et de la plupart des collégiales furent ceux qui susci- 
tèrent le plus d'ennuis à Pierre de Gamelin. 

Les moins édifiants étaient ceux de Barjols. Aussi dans sa 
sentence de visite du 22 octobre 1639, l'évéque se montre-t-il 
sévère à leur égard : « Nous voulons, dit-il, que pendant le divin 
office chacun garde l'attention et la modestie requises sans jeter 
les yeux çà et là avec des regards égarés comme font la plupart 
pour voir tout ce qui se passe, que chacun sera attentif à chanter 
de son côté, sans s'amuser à dire leurs heures en particulier ou 
discourir avec les mondains des affaires mondaines, à peine de 
ponctuation, à perte de leurs distributions, moins encore se 
promener dans la sacristie et y discourir à haute voix sans 
nécessité, étant un lieu de recollection et réconciliation avec Dieu 
pour ceux qui doivent aller offrir le saint sacrifice de la messe et 
d'autant plus que tous les ecclésiastiques doivent être aux sécu- 
liers comme des miroirs pour y former leurs mœurs et leurs 
actions; ordonnons qu'ils porteront des habits honnêtes et con- 
venables à leur qualité, faisant expresse défense de porter de 
grands cheveux ni des moustaches relevées, moins encore des 
ros3s de ruban aux souliers, de jouer aucun jeu prohibé, de 
hanter les maisons et compagnies libertines de mauvaise odeur, 
ni de se promener dedans ni devant l'église sans nécessité pour 
ne pas tourner le dos au Saint-Sacrement ». 

La négligence des chanoines de Lorgnes pour le service 
paroissial nécessita également l'intervention de l'évéque. La 
charte de fondation de la collégiale donnait la cure des âmes au 
chanoine-sacristain. Celui-ci ne pouvant suffire aux multiples 



244 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

fonctions de sa charge, était autorisé è prendre deux ou trois 
chanoines pour auxiliaires. Mais aucun des membres du chapitre 
ne voulait lui prêter son concours; les prêtres bénéficiers eux- 
mêmes s'y refusaient. Une ordonnance épiscopale du 25 mai 1638 
mit fin à l'anarchie en réglant que désormais trois chanoines et 
quatre bénéficiers aideraient le chanoine- sacristain dans ses 
fonctions paroissiales. 

Déjà, avant son élévation épiscopale, Pierre de Camelin avait 
eu à soutenir un procès avec les chanoines de Lorgues au sujet 
du prieuré du Revest. Ce bénéfice était depuis 1613 l'un des 
titres ecclésiastiques du futur évêque de Fréjus , quand une 
ordonnance royale l'unit, en 1617, à la mense capitulaire de la 
collégiale. L'évêque protesta, et sur sa réclamation, le Parlement 
l'autorisa à garder le prieuré jusqu'à sa mort. Les rapports déjà 
tendus avec le chapitre menacèrent d'aboutir à une rupture 
complète lorsque , en 1643, Pierre de Camelin, sans consulter 
les chanoines, eut nommé doyen un de ses amis, Henri Beillon. 
Il parvint cependant à calmer leurs susceptibilités en députant 
auprès d'eux, avec une lettre explicative, son vicaire général (1). 
A la suite de cette démarche le chapitre consentit à reconnaître 
la nomination d'Henri Beillon, et abandonna le procès qu'il avait 
intenté. Quelque temps après (1650), l'évêque cédait le prieuré 
du Revest au chapitre moyennant une pension annuelle de 1150 
livres (2). 

Vers la même époque, Pierre de Camelin eut à s'occuper 

(!) Arch. dép'". Insin. ecclés. Lettre datée de Fréjus le 2G décembre 1643. 
(3J Boux, nptaire \ Fréjus. 



DU Xni^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 245 

du différend survenu entre les chanoines de la collégiale de 
Draguignan et leur doyen. La vicairie de celte église, on s'en 
souvient, avait été, malgré l'opposition de l'évêque de Fréjus, 
unie, en 1410, à l'archidiaconé d'Aix, En 1638, Henri Robert, 
prêtre, docteur en droit canon, originaire de Manosque, réussit 
à s'en faire pourvoir, au détriment de l'archidiacre de la 
métropole et fut même autorisé à prendre le titre de doyen 
du chapitre. Un procès s'en suivit. Le Parlement de Dijon, saisi 
du différend, maintenait, par arrêt du 12 avril 1642, Henri 
Robert « en la possession du vicariat et rectorat de l'église 
collégiale et paroissiale de Draguignan, déclarant nulle et 
abusive l'union à l'archidiaconé d'Aix » (1). 

Pourtant, chose singulière, le titre obtenu par Henri Robert 
ne lui donnait pas le droit de faire partie du chapitre, l'archi- 
diacre d'Aix, dont il tenait la place, ne l'ayant jamais eu. Pour 
sortir de cette situation équivoque, l'habile doyen passe avec 
les chanoines une convention qui le reconnaît membre du cha- 
pitre et lui en confère les prérogatives et les insignes (2 juillet 
1647). Mais quand il veut, peu de temps après, « s'emparer de 
la cure des âmes » qui, d'après l'acte de fondation, appartenait 
au corps du chapitre, les chanoines protestent, dénonçant 
comme nulle et non avenue la transaction précédente sous pré- 
texte que, contrairement à Tune des clauses, elle n'avait pas 
encore reçu l'approbation du Souverain Pontife. En même 
temps ils cherchent à se rendre l'évêque favorable et envoient 
l'un d'eux, M'* Jacques Flour, demander sa protection, l'assu- 

(l) Arch. dépi»'. Insin. ecclés. 

46 



246 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

rant qu'ils « ne cesseront de prier pour la continuation de sa 
prospérité ». A la suite de cette démarche Pierre de Camelin 
envoie une lettre aux chanoines par laquelle, tout en approuvant 
leur conduite, il trouve cependant « raisonnable que le sieur 
doyen ait sa chaire à l'instar de celle du sieur prévôt de la 
cathédrale, vis-à-vis de celle du sieur sacristain, et qu'aux jours 
solennels, lorsqu'il fera les offices, on lui rende les mêmes 
honneurs qu'on tient au prévôt de Fréjus » (27 octobre 1649). 

Malgré tout 'les choses en étaient restées là, lorsque 
l'intervention de l'évêque de Sénez, Louis du Chaîne, qui se 
trouvait de passage à Draguignan, vint heureusement mettre 
fin au différend. Ce prélat, pris pour arbitre, « décida que le 
doyen se départirait de la cure des âmes, qui appartiendrait 
au chapitre tout entier. Il attribua au doyen une pension de 
1,500 livres, avec la charge de subvenir aux frais de la visite 
épiscopale et de la reconstruction de l'église paroissiale, si elle 
venait à s'écrouler, sauf, dans ce cas, à actionner la commu- 
nauté pour la faire participer à la dépense. Le chapitre était 
soumis à l'obligation de fournir les ornements, de payer les 
prédicateurs et d'acquitter diverses pensions. Pour marque de 
sa dignité, le doyen aurait au chœur une chaire plus élevée et 
placée vis-à-vis celle du sacristain; il aurait voix prépondérante 
dans les délibérations en cas de partage. Cette sentence arbitrale 
fut reçue devant notaire , le 23 septembre 1651 (1). L'année 
suivante une nouvelle convention la compléta et la modifia sur 
quelques points. « Le doyen se déclarait obligé à la résidence; 

(I) Raymond Poulie. Histoire de l'église paroissiale Notre-Dame et Saint-Michel, p. 354. 



DU Xlîl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 247 

ses successeurs ne pourraient être admis à cette dignité, que s'ils 
étaient prêtres et docteurs en théologie. Il consentait à réduire 
de 100 livres la pension qui lui était servie à la condition que les 
chanoines chanteraient solennellement, après complies , les 
litanies du Nom de Jésus depuis Noël jusqu'à la Purification, les 
joies ou gaude de la Vierge Marie tous les jours après complies, 
depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte, et les litanies de la Vierge, 
les veilles et fêtes de la Mère de Dieu. La maison claustrale était 
par le même acte partagée en deux : une part affectée au rectorat 
et doyenné et l'autre au chapitre. Ce concordat passé en présence 
de l'évêque de Fréjus, le 27 avril 1652, avait pour but, dit M. R. 
Poulie, de lier plus expressément les parties en cause par une ra ti- 
fication formelle de la sentence de l'évêque de Sénez, de la bulle 
d'érection, de la transaction de 1571 et des arrêts de Dijon » (1). 
Les difficultés que Pierre de Camelin rencontra dans ses 
rapports avec les collégiales sont de peu d'importance auprès de 
celles que lui suscita l'hostilité constante du chapitre de la 
cathédrale. Nous savons déjà que du vivant de son oncle il était 
en mésintelligence avec le vicaire général Nicolas Antelmy et 
qu'il avait pris des mesures pour attaquer sa nomination. Après 
la mort de Barthélémy, Pierre mit son projet à exécution (1644). 
A peu d'intervalles , Nicolas Antelmy fut dépouillé de l'adminis- 
tration du greffe ecclésiastique et du litre de vicaire général. Le 
vieux chanoine ne put résister à cette disgrâce et mourut deux 
ans après (2). 



(1) R. Poulie. Hist. de l'église paroissiale Notre-Dame et Saint-Michel, p. 25G et 257. 

(2) Afch. dép'««. Inventaire des titres de l'évêclié.— Notaires de Fréjus, passim. 



248 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Pour s^être attaqué à l'un d'eux, Pierre de Camelin vit tous 
les chanoines se lever contre lui. L'origine des griefs du chapitre 
remontait à l'affaire de la chapelle pontificale due par son prédé- 
cesseur. Afin d'éviter un nouveau procès avec les héritiers, les 
chanoines avaient consenti à ne recevoir que 600 écus sur les 
4,800 livres auxquelles Barthélémy avait été condamné. Mais ils 
prirent leur revanche quand Pierre eut à son tour à fournir une 
chapelle pontificale. De parti pris ils refusèrent celle qu'il offrit 
et qui lui coûtait, disait-il, 2,600 livres. Un procès s'en suivit à 
la suite duquel Pierre de Camelin eut encore à verser 600 livres 
dans les mains du trésorier du chapitre (1). 

Ce différend n'était pas encore terminé que les chanoines en 
soulevèrent un autre au sujet de la répartition de l'héritage de 
Barthélémy de Camelin, dans laquelle, prétendaient-ils, les 
intérêts de la cathédrale et du chapitre avaient été lésés. Conci- 
liabules secrets, envois mystérieux de délégués à Draguignan, 
contre lesquels l'évêque ne cessait de protester, dès qu'il en 
avait connaissance , rien ne fut négligé pour le succès de cette 
affaire dont l'un des principaux meneurs était Pierre Antelmy, 
le neveu de Nicolas. Cette fois, pourtant, les chanoines prévoyant 
un échec, abandonnèrent la lutte (2). 

Ils portèrent les hostilités sur un autre terrain. L'évêque, 
aux fêtes solennelles, se faisait assister à l'autel par des béné- 
ficiers, ne voulant pas, sans doute, à cause de leurs procédés, 
avoir à ses côtés des chanoines. Ceux-ci ne trouvèrent rien de 



(1) Lombard et Roux, notaires à Fréjus. 
(S) Jean Raymond, notaire a Fréjus. 



DU XII1« A LA FIN DU XVlll^ SIÈCLE 249 

mieux que de priver de leurs distributions, comme n'étant pas 
au chœur, les bénéficiers qui consentaient à remplir les fonctions 
liturgiques pendant les offices pontificaux. Mais le métropolitain, 
saisi de l'affaire, obligea le chapitre à restituer aux intéressés 
les retenues indûment faites (1). 

A son tour Pierre de Camelin prit l'offensive. Soutenu par le 
conseil de la ville (2), il voulut contester les droits de lods et 
de directe (3) que le chapitre s'attribuait, en vertu d'anciens 
titres, sur une portion du territoire de Fréjus. La tentative 
échoua : en 1647, un arrêt du grand conseil déboutait l'évêque de 
sa demande et le condamnait à 244 livres de dommages-intérêts. 
Enhardis par le succès, les chanoines se crurent autorisés à 
prendre le litre de seigneurs de Fréjus. La porte était ouverte à 
un nouveau procès. Le conseil communal prit l'initiative d'un 
arbitrage qui termina le différend. Les droits de lods furent 
maintenus au chapitre, mais il fut interdit aux chanoines de 
s'arroger le titre de seigneurs de Fréjus que quelques-uns d'entre 
eux avaient ajouté à leur nom patronymique (4). 

Malheureusement à peine une contestation était-elle apaisée, 
qu'une autre surgissait. Cette fois ce fut à l'occasion du clocher 
de la cathédrale endommagé par la foudre en 1554. Les chanoines 
essayèrent de se soustraire à la dépense : « C'est à vos dépens et à 

(1) Marc Dolle, notaire à Fréjus. 

(2y Arch. c'«» de FréjnS, BB. 16. f» 2S7. 

(3j Droits correspondante ceux de vente et de mutation. Les chanoines les possédaient 
sur les quartiers de l'Estel, du Reyran, de VEstérel et les terres situées à l'ouest de la 
ville. 

(4) Lombard et Roux, notaires à Fréjus. 



250 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

ceux de la ville, répondent-ils à la sommation épiscopale, que 
cette réparation doit se faire » ; et, ajoutent-ils, faisant allusion au 
procès qu'ils venaient de gagner : « si nous devons y contribuer 
pour quelque chose, nous n'avons en main que les 200 et quel- 
ques livres que l'arrêt du grand conseil vous a condamné à nous 
payer ». Mais sur ce point l'évêque eut gain de cause, et la 
réparation du clocher et des clochetons, qui s'éleva à 60 écus, 
se fit aux frais du chapitre (1640) (1). 

A ces luttes incessantes venaient s'ajouter les conflits avec des 
vassaux rebelles. Nous connaissons les difficultés que suscitèrent 
à Barthélémy de Camelin les habitants de Bagnols. Leurs dispo- 
sitions hostiles n'avaient pas changé. Ils continuèrent, comme 
auparavant, à ne pas reconnaître la juridiction de l'évêque, à 
refuser le payement des droits seigneuriaux. Aux sommations 
réitérées du suzerain, ils répondirent, en 1641, en réclamant 
l'agrandissement de leur église et le tiers des revenus de la 
dîme pour les pauvres de leur village. La cour avait ordonné 
une descente de justice pour examiner leurs griefs, lorsque 
Pierre de Camelin consentit à contribuer pour un tiers à l'agran- 
dissement de l'église conformément à la loi; quant aux revenus 
de la dîme, il déclara, en s'appuyant sur les nouvelles ordon- 
nances royales, n'être tenu qu'à des aumônes volontaires et 
« ces aumôneSj ajouta-t-il, je les fais chaque jour^ à la porte de 
l'évêché, à tous les pauvres tant de Bagnols que d'ailleurs qui 
viennent passer l'hiver à Fréjus » (2). Cependant, pour donner 



(1) Roux, notaire à Fréjus. 

(3) Delphin Antoine, ngtaire à Fréjus. 



DU XIU® A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 251 

une nouvelle marque de ses dispositions conciliantes, il réduisit 
bénévolement à 1,500 les 2,753 livres auxquelles les habitants 
avaient été condamnés pour la coupe de bois faite sous son 
prédécesseur; il fit en outre l'acquisition d'une maison voisine 
de l'église pour agrandir le presbytère, dont les réparations 
restèrent seules à la charge de la communauté (1). Touchés 
enfin de tant de bonté, les habitants de Bagnols reconnurent la 
juridiction temporelle de Tévôque. Celui-ci (17 octobre 1646) mit 
le comble à sa générosité en leur cédant, outre l'usage de ses 
droits, la propriété des forêts et des terres incultes, moyennant 
une pension annuelle de 240 livres (2). 

Leurs exigences furent encore dépassées par celles des habi- 
tants de Montauroux, querelleurs incorrigibles qui saisissaient le 
moindre prétexte pour intenter des procès aussi ridicules qu'in- 
justes. Fatigué de leurs continuelles vexations, l'évoque saisit 
avec empressement l'occasion qui s'offrit de se séparer d'eux. 
Lombard de Gourdon , co-seigneur de Montauroux , venait 
d'acquérir la partie de la juridiction de Bagnols qui ne relevait 
pas de l'évêque. Pierre de Gamelin lui proposa un échange qui 
fut accepté; et, par acte du 25 mai 1647, Bagnols passait en 
entier sous la juridiction temporelle des évêques de Fréjus, 
tandis que Montauroux en était détaché (3). 

Moins favorisée que Bagnols, la communauté de Fayence se 
voyait contrainte à payer intégralement les 3,000 livres aux- 

(1) Lombard et Jean Raymond, notaires à Fréjus. 

(2) Jean Raymond, notaire à Fréjus.— De là vient la richesse forestière de la commune de 
Bagnols. 

(3) Girardin. Descript. du diocèse, p. 170.— Jean Raymond, notaire. 



252 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

quelles, quarante ans auparavant,, elle avait été condamnée pour 
la reconstruction du château seigneurial démoli par les habi- 
tants. Cette somme, doublée de ses propres deniers, permit à 
l'évêque d'acquérir une maison où il venait avec sa suite passer 
la saison d'été (1). 

Défenseur vigilant de ses droits temporels et des intérêts du 
clergé, Pierre de Gamelin fit exempter les terres de l'évêché 
d'un impôt indûment perçu (1637), et il obtint du bureau ecclé- 
siastique de la Provence la restitution des taxes que le diocèse 
de Fréjus payait depuis longtemps pour celui de Grasse (27 
novembre 1647) (2). Plus tard , quand le contrôleur général de 
la marine, Jean Liens, qui avait reçu du roi l'autorisation de 
dessécher les marais de Fréjus, voulut prendre le titre de sei- 
gneur des Paluds, il s'opposa énergiquement à ses prétentions, 
en même temps qu'il l'encourageait dans son utile entreprise (3). 

A l'exemple de son oncle, Pierre de Gamelin se montra le 
bienfaiteur dévoué des communautés religieuses. Il contribua 
pour 300 livres à la construction du couvent des Dominicaines 
que Barthélémy avait fondé à Fréjus (4). Voulant doter la ville 
d'un second monastère de femmes, il jeta d'abord les yeux sur les 
Ursulines de Barjols. Sur sa demande, le conseil communal avait 
consenti à exempter ces religieuses du double droit de mou- 

(Ij Roux et Jacques Gamelin, notaires k Fréjus. 
C2J Arch. dép'". Inventaire des titres de l'évêché. 

(3) Raymond et Roux, notaires à Fréjus. 

(4) Ce couvent a servi successivement, après la Révolution, de monastère de Carmélites, de 
collège callioliiiue, de noviciat du Bon-Pasteur; il appartient aujourd'hui aux religieuses 
de Nevers qui y ont établi une maison d'éducation. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII* SIÈCLE 253 

ture (1), mais le projet ne put aboutir. Il fut plus heureux auprès 
des Bernardines de la Roche-en-Savoie. Neuf sœurs de ce mo- 
nastère^ dont quelques-unes, dit Girardin, avaient été formées à 
la vie religieuse par saint François de Sales, vinrent, en 1647, 
fonder à Fréjus une nouvelle communauté à laquelle l'évêque 
donna pour directeur spirituel son neveu, le chanoine Joseph de 
Camelin. Il prit à sa charge la construction du couvent qui fut ter- 
minée en 1650^ dont la dépense s'éleva à 6,000 livres (2). D'autres 
communautés reçurent des secours pécuniaires : 100 livres les 
Ursulines de Saint-Tropez, 190 les Observantins de Fréjus (3). 
Les paroisses du diocèse dont il était le prieur bénéficièrent 
également de ses libéralités : c'est ainsi qu'il pourvut d'orne- 
ments les églises de Montauroux et de Saint-Raphaël, fit dorer 
le rétable du maître- autel de Flayosc, renouveler celui de 
Bagnols; il donnait en outre 100 écus à l'église du Muy pour 
une chaire et une balustrade en noyer devant le chœur pareille 
à celle de la cathédrale « et cela, dit-il, à cause de sa beauté 
et de la probité et intégrité du vicaire Clavel ». Enfin il assurait 
le service religieux des hameaux de Saint-Paul et des Adrets en 
y entretenant un desservant de ses propres deniers (4). . 

Pierre de Camelin voulut s'assurer, ainsi qu'à son oncle, des 
prières à perpétuité. Déjà, en 1610^ n'étant encore qu'archidiacre, 
il avait fondé, à Flayosc, la chapellenie de Saint-Pierre. En 1652, 



(1) Raymond, notaire à Fréjus.— Arcli. c'" de Fréjus, BB. 14. 

(2) Maurine, notaire à Fréjus.— Ce couvent fut fermé en 1748. Il porte encore le nom de 
Couvent; la cour s'étendaitjusqu'au pied delà tour carrée de Riculphe qui est près delà mairie. 

(3) Notaires de Fréjus. passim. 

(4) Ibid. id. 



254 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

il constitua un capital de 600 livres placées sur la communauté 
de Fréjus pour la célébration annuelle de deux grands messes 
de Requiem, les jours anniversaires du sacre de son oncle et du 
sien (1). Le chapitre ayant refusé, on ne sait pour quel motif, celte 
fondation, le prélat l'offrit aux bénéfîciers qui l'acceptèrent (2). 

Sentant ses forces s'affaiblir, Pierre de Caraelin eut la pensée 
de se donner un coadjuteur. Son choix s'était porté sur Jean de 
Grasse, ancien évêque de cette ville, seigneur de Cabris, qui 
prit l'engagement devant notaire de ne point se mêler du gou- 
vernement du diocèse et de laisser le titulaire jouir en paix des 
revenus de l'évêché. Mais le bruit de sa démission ayant couru 
dans le diocèse, il renonça à ce projet (3). 

Il mourut le 4 février 1654, âgé de soixante-quinze ans, comme 
son oncle, et fut enseveli à ses côtés. Sur la tombe qu'il s'était 
lui-même préparée, on lui éleva, selon ses volontés, une statue 
le représentant à genoux (4). Ses largesses aux œuvres pies et 
aux membres de sa famille avaient absorbé toute sa fortune. Le 
produit du mobilier vendu à l'encan fut à peine suffisant pour 
exécuter ses dispositions testamentaires (5). 



(l) Le conseil accepta par délibération da 8 janvier 16;;2. (Arch. c'«' de Fréjas, BB. 18.) 
(5) Roux, notaire k Fréjus. — Les deux services furent commués en douze messes qui 

devaient être ciianlces à i'autci du Rosaire, en présence des bénéfîciers et des autres prêtres 

de l'église, le premier lundi de chaque mois. 
13} Maarine, notaire à Fréjus. 

(4) La statue de Pierre de Camelin, et celle de Barthélémy, son oncle, furent faites par 
un sculpteur de Gènes. (Jean Raymond, notaire à Fréjus.) 

(5) Garcio, notaire à Fréjus. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 255 

JOSEPH ZONGO ONDEDEI 
(1654-1674) 



Sommaire. — L'amitié de Mazarin. — Hésitations avant d'accepter. — 
L'opinion publique à Paris. — Difficultés pour la préconisation. — 
Délégation à l'assemblée du clergé de France. — Fondation de 
missions.— Libéralités envers les Bernardines de Fréjus. — Actes 
divers. — Le sacre et l'entrée solennelle à Fréjus. — La première 
visite du diocèse. — Médiation entre les Dominicains et les Domi- 
nicaines. — Participation aux conférences de l'île des Faisans. — 
Retour à Fréjus. - Réception d'Anne d'Autriche et de Louis XIV à 
Notre-Dame-de-Gràces.— Apparition de saint Joseph à Cotignac. — 
Edification d'une chapelle dont le service est confié aux Oratoriens. 
— Protestations du vicaire de Cotignac. — Extension du culte de 
saint Joseph. — Retour à Fréjus. — Les statuts synodaux de 1662.— 
Nouveau voyage à Paris. — Les visites pastorales. — Réformes dans 
le clergé. — Nouvelle délégation à l'assemblée du clergé de France. — 
Les collégiales : désordres et divisions intestines. — Sécularisation 
des chanoines de Pignans. — La dévotion au Saint-Sacrement et les 
confréries du Corpus Domini. — Réglementation du casuel des 
funérailles. — Sévérité du prélat contre les gens de mauvaise vie et 
les violateurs du dimanche. — Rappel des prescriptions du concile 
de Latran sur la confession. — L'apostolat des Jésuites à Fréjus. — 
Libéralités aux communautés religieuses et aux églises. — Les 
moines du Thoronet. — Largesses envers les pauvres et les œuvres 
pies. — La fortune et les dépenses du prélat. — Fondation du grand 
séminaire. — Démarches pour la nomination d'un coadjuteur. — 
Mort et sépulture d'Ondedei. — Son éloge par M" Alongo. 



Les troubles de la Fronde retardèrent de huit mois la nomi- 
nation du successeur de Pierre de Camelin. Enfin, le 14 octobre 



256 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

1654, le roi, sur la ppoposition du cardinal-ministre, donna 
l'évêché de Fréjus à Joseph Zongo Ondedei. 

Le nouvel élu étail né en 1603 ou 1606 (1), à Pésaro, en Italie. 
Après avoir fait ses études à Bologne, où il prit le grade de 
docteur en droit canon, Zongo Ondedei vint à Rome et s'engagea 
dans la carrière diplomatique. Il remplit avec succès plusieurs 
missions importantes et fut appelé à Paris par Mazarin, qui 
n'eut bientôt plus de secret pour lui. Il resta dévoué au premier 
ministre dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, et on 
le vit pendant l'agitation de la Fronde rester, au péril de ses 
jours, dans la capitale afin d'informer le cardinal exilé de la 
marche des événements. 

C'est pour le récompenser de ses services que Mazarin éleva 
son agent politique sur le siège épiscopal de Fréjus. Mais sans 
doute Ondedei ne tenait pas à s'éloigner de la capitale, ou peut- 
être l'évêché qu'on lui offrait n'était-il pas à sa convenance, car 
il resta près d'un an avant d'accepter. Enfin, toute résistance 
cessa, quand son puissant ami lui eut déclaré qu'il avait encore 
besoin de ses services pour surveiller les frontières de l'Italie- 
Le 26 août 1655, Ondedei fait part de sa détermination à ses 
parents : « Je suis définitivement résolu, leur écrit-il, à accepter 
l'évêché que l'on m'offre. Dès que la cour sera rentrée à Paris , 
j'écrirai à Rome pour qu'on m'expédie mes bulles. C'est un bon 
diocèse, situé sur les frontières de l'Italie et voilà pourquoi je 



(I) Ses balles, du 8 jaillet 1658, le disent âgé de 53 ans. fGallia nov. Instr. XV.) Mais 
d'après un acte notarié de 1670 il aurait alors atteint sa soixantième année. (Garcin, notaire 
à Fréjus.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 257 

l'ai accepté afin d'être plus près de Pésaro. On me l'a offert 
également parce qu'il fallait quelqu'un sur qui l'on pût compter. 
Le siège de ce diocèse s'appelle Fréjus. Ouvrez une carte de la 
Provence, vous le trouverez situé non loin de la mer, car c'est 
un lieu connu. En France, c'est un grand honneur que d'être 
évêque, il appartient au premier des trois corps qui constituent 
le royaume, à savoir : le clergé, la noblesse et le tiers-état » (1). 
Cette nomination provoqua dans la capitale un double courant 
de manifestations contraires. Les amis de Mazarin vantaient 
dans le nouveau prélat la solidité de son jugement, l'égalité de 
son humeur, la distinction de ses manières. « Ils louaient le 
cardinal de lui avoir donné une place dans son cabinet auss^ 
bien que dans son cœur, de lui communiquer ses conseils dans 
les affaires les plus importantes et d'avoir reconnu dans un 
grand nombre de circonstances qu'il y avait autant de lumières 
dans son esprit que d'ardeur et de fidélité dans son zèle » (2). 
Les partisans du cardinal de Retz manifestaient des sentiments 
hostiles et critiquaient la conduite privée du nouvel élu, auquel 
ils reprochaient son intimité avec la marquise d'Ampus, Marie 
de Brancas (3). Un chanoine de Paris exerça sa verve satirique 
en décochant à l'adresse d'Ondedei cette spirituelle et mordante 
épigramme : 

(1) Lettre extraite d'une notice sur Z. 0/idedei, par M. le chanoine Verlaque, 

(2) Coquerel Le navire de la France cité par Girardin. fHist. de Fréjus, II, p. 256.) 

. ;3) En quittant Paris, Ondedei avait entreposé dans l'hôtel de la marquise un certain 
nombre d'objets renfermés dans des caisses. Lorsqu'en 1661 on fit une saisie-arrêt sur le 
mobilier de Marie de Brancas, Ondedei revendiqua ce qui lui appartenait, (Roux, notaire à 
Fréjus.) 



258 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Nunc commissa lupo pastoris ovilia cernis , 
Dedecus unde hominum, dedecus unde Dei. 

Ondedei, nous le verrons par la suite, ne fut ni un loup pour 
son troupeau, ni une honte pour l'Eglise; la passion politique 
peut seule expliquer cette odieuse calomnie. 

Malgré ses instances auprès du Saint-Siège, le nouvel évêque 
ne put obtenir ses bulles que le 8 juillet 1658. Nous ignorons la 
cause de ce long retard; il est vraisemblable que l'hostilité du 
Saint-Siège à l'égard de Mazarin n'y fut pas étrangère (1). 

Mais déjà Ondedei prenait à cœur les intérêts de son futur 
diocèse. Il assistait, en 1656, à l'assemblée du clergé de France 
au titre d'évêque nommé de Fréjus et réglait, la même année, 
avec les héritiers de son prédécesseur les arrérages de la 
mense épiscopale, dont il avait obtenu la jouissance avant la 
prise de possession. L'année suivante, le clergé du diocèse 
délégua auprès de lui le prévôt du chapitre, Claude de Castellane, 
pour obtenir l'exemption de la taille et d'autres corvées qu'un 
grand nombre de conseils communaux voulaient imposer (2). 
Grâce à son intervention, satisfaction fut donnée aux réclama- 
tions du clergé. Le nouvel évêque voulut se faire précéder par 
ses bienfaits. Le 26 juin 1657, il fondait en faveur des paroisses 
de Séranon, d'Escragnolles et de Ghâteauvieux, où il apprit que 
la parole de Dieu n'était presque jamais annoncée , une mission 

(1) Mazarin venait de s'aliéner le Saint-Siège en s'alliant avec Cromwell. 

(2) Garcin, notaire à Fréjus. - Le clergé emprunta 1^000 livres pour subvenir aux frais de 
voyage du prévAt. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 259 

qui devait s'y donner tous les trois ans. L'année suivante, il 
envoyait aux Bernardines de Fréjus un secours de 300 livres 
pour les aider à réparer leur monastère (1). Sa générosité lui 
gagnait tous les cœurs. Aussi les fidèles du diocèse et en par- 
ticulier ceux delà ville épiscopale, étaient-ils impatients de sa 
venue. 

Pendant qu'il attendait à Paris l'expédition de ses bulles ^ 
Ondedei n'avait garde de négliger le service d'informations dont 
l'avait chargé le cardinal. En 1658, la cour étant à Compiègne, 
presque chaque jour il expédiait à Mazarin ou à la reine son 
courrier. Les rapports qu'il avait établis avec certaines person- 
nalités influentes du diocèse le mettaient également au courant 
de ce qui se passait en Provence, il s'empressait aussitôt d'en 
informer son protecteur (2). Jusqu'à la mort de Mazarin Ondedei 
remplit ce rôle avec le plus grand dévouement. Ainsi s'expliquent 
les haines qui le poursuivirent et aussi sans doute les obstacles 
qui retardèrent près de quatre ans sa préconisation. 

Enfin, les bulles furent expédiées. Ondedei prêta le serment 
de fidélité au roi^ dans la chapelle du Louvre, le 13 octobre 
1658; le 17 il nomma Claude de Gastellane vicaire général et fut 



(1) Roux, notaire h Fréjus. 

(3; Anne d'Autriche écrivait de Compiëgne, le 3 août 1658, k Mazarin : * Vous nous man- 
derez là-dessus (pour aller à Fontainebleau) ce que vous voudrez et surtout sur toutes les 
cabales qui s'y sont faites Ck Paris) pendant la maladie du roi. Jf. de Fréjus nous mande 
particulièrement tout ce que nous en avons appris ». Deux jours après la reine écrivait 
encore de Compiègne au cardinal-ministre : * M. de Fréjus vous mande toute chose de tous 
les pays du monde et particulièrement de Provence ». (Extrait du Roman du grand roi, 
d'après des documents inédits, par Lucien Perey. Le Correspondant, mars 1894. ) 



260 LES ÉVÈQUES DE FIŒ.IUS 

sacré, le 20, dans l'église de Saint-Germain-des-Prés , par 
l'évéque de Chartres, Charles de Neuville ^ assisté des évêques 
de Poitiers et de Saint-Papoul (1). il fit prendre possession du 
siège épiscopal et des places relevant de la juridiction tempo- 
relle par Nicolas Vaixière, prieur de N.-D. de Pennafori , et 
Jean, son frère, juge à Fréjus. Ces formalités furent remplies 
du 17 novembre au 10 décembre. 

L'année suivante, le dimanche 2 février 1659, à l'heure des 
vêpres, Zongo Ondedei faisait son entrée solennelle à Fréjus, 
escorté par plusieurs notables de la ville venus à sa rencontre à 
Avignon (2). La réception des plus brillantes, donna lieu, pendant 
trois jours, à de grandes réjouissances publiques. La milice 
bourgeoise se mit sous les armes; le canon tonna sur la place du 
Patil, et, à son passage dans les rues, le prélat fut salué par de 
nombreuses salves d'artillerie. Les présents qu'il reçut dépas- 
sèrent en nombre tous ceux qu'on avait offerts jusqu'alors en 
pareille circonstance. Aussi les frais de cette réception sans 
précédent s'élevèrent à près de 600 livres (3). 

(1) Arc.li. dép'". Insin eccl. — Le Gallia est fautif sur presque toutes ces dates et en 
particulier sur l'année du sacre. 

(2) Rom, notaire h Fréjus.— Le procès-verbal esta peu près le même que celui qui fut 
rédigé à l'arrivée de Pierre de Camelin. 

(3) Frais à l'occasion delà réception de M«f Zongo Ondedei, savoir: prix fait de la dite 
entrée et bois employé en icelle : 120 livres. Honoraires de N. la Vigne et N . Sièyes, peintres, 
pour la peinture et toile employée pour la mise en entrée : 90 livres. Flambeaux et cierges : 
85 livres. Douze chapons : 20 livres, 18s. Huit paires de perdrix; 16 livres. Six bécasses: 
7 livres, 4 s. Douze lapins : 8 livres, 4 s. Vingt-sept livres de poissons, y compris celui envoyé 
au Muy : 5 livres, 17 s. Six bouteilles doubles de vin . 2 livres, 16 s. Cinq charges de vin et 
quatre charges et demi en bouteilles journellement du jour de l'entrée dudit seigneur à son 



DU XIII*' A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 261 



En le faisant élever à l'épiscopat, Mazarin n'avait pas voulu 
se priver des services de son ami et confident. Aussi pour être 
prêt à répondre au premier appel du cardinal, Zongo Ondedei 
s'empressa-t-il de faire la visite du diocèse. Du 20 février au 11 
mai il parcourut, sauf deux, toutes les paroisses, n'interrompant, 
à trois reprises, sa tournée pastorale, accomplie en quarante- 
et-un jours, que pour célébrer à Fréjus les fêtes de Pâques, y 
faire des ordinations, ou prendre quelques jours de repos. Les 
procès -verbaux de visite ne nous révèlent aucun acte bien im- 
portant de son ministère. Ce fut à cette époque qu'il mit fin aux 
dissensions qui s'étaient élevées entre les Dominicains et les 
Dominicaines de la ville épiscopale en obtenant (5 juin 1659) du 
vice-légat d'Avignon des lettres apostoliques qui plaçaient ces 
religieuses sous sa juridiction. 

Depuis la victoire des Dunes remportée par Turenne (14 juin 
1658), de grands événements se préparaient en France. Le roi 
d'Espagne, Philippe IV, avait déposé les armes et^ au mois de 
juillet 1659, Mazarin s'était rendu en villégiature à Saint-Jean- 
de-Luz pour commencer, le 13 août suivant, dans l'île des 

départ pour Fayence, à 2 écus la charge : 57 livres. Une biche, collation, confitures et 
flambeaux: 29 livres, 10 s. Dix charges avoine pour les chevaux: 60 livres, 10 s. Quatre 
tambours et un fieitet durantdeux ou trois jours : 9 livres. Sergents de la compagnie dressée 
pour recevoir le prélat : 10 livres. Réparation au chemin des Calades : 1 livre. Nettoyage 
des canons et des boîtes : 2 livres. Confection de trente pavillons : 8 livres. Douze mains 
de papier : 1 livre, 4 s. Transport des canons à la place du Palil : 1 livre. Balustrades à la 
porte de la ville et 3 celle de l'évêché : 5 livres, 4 s. Quatre-vingt livres de poudre : 33 livres, 
12 s. (Arch. c'e» de Fréjus, CC. 125, BB. 19). 

Ondedei ayant reçu, quelque temps après, la visite des évoques de Grasse et de Riez, le 
conseil lui fit encore cadeau, 'j cette occasion, de quatre bouteilles de vin. fid. BB. 19) 

17 



262 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Faisans, ces fameuses conférences qui devaient aboutir à la 
paix des Pyrénées et au mariage de Louis XIV avec l'infante 
Marie-Thérèse. Quand il eut terminé la visite pastorale, l'évêque 
de Fréjus se rendit auprès de Mazarin et prit une part active 
aux négociations. 

La paix signée, Ondedei partit pour la Provence. S'étant arrêté 
à Toulouse, il y signa, le 24 novembre, la donation à son neveu, 
Louis Ondedei, de la chapellenie de Xotre-Dame-de-Damatis à 
Fréjus (1). Il devait être rentré dans la ville épiscopale pour 
les fêtes de Noël. Un mois après, le 28 janvier 1660, il approu- 
vait une transaction passée entre les chanoines et le prévôt qui 
réunissait à la prévôté les biens de la mense capitulaire et 
assurait une redevance fixe aux membres du chapitre (2). 

Mais voici qu'une grande nouvelle se répand. Anne d'Autriche 
est partie de Paris avec Louis XIV, accompagnée de Mazarin et 
d'une cour brillante; elle vient visiter les saints lieux de Pro- 
vence et faire un pèlerinage de reconnaissance à la chapelle 
de Xotre-Dame-de-Gràces à Cotignac où, en 1637_, le frère 
Fiacre était venu prier pour lui obtenir la naissance d'un fils. 
La cour était à Aix le 3 février et assistait au Te Deum qui 
fut chanté à la métropole à l'occasion de la pacification de la 
Provence. Parmi les assistants l'historien Bouche signale 
Zongo Ondedei (3). L'évêque de Fréjus avait rejoint le cortège 



(1) Arch. dép'". Insin. eccl. 

(3) Coste, notaire à Fréjus. — Celle transaction devint caduque, sans doute à cause de 
l'opposition que lui fit le conseil communal. (Arcb. c'" de Fréjus, BB. 20). 
(3i Bouche, llist. de Provence, 11, 103-2. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 263 

royal. D'Aix, Louis XIV et la reine-mère, suivis des princes 
du sang, se rendirent à Toulon (Ij, d'où ils partirent le 19 
février pour venir coucher à Belgentier. Le lendemain, la cour 
s'arrêta à Brignoles et arriva le 21 au matin à Nolre-Dame-de- 
Grâces. C'était un samedi. Zongo Ondedei avait pris les devants; 
il reçut le monarque au pied du grand escalier qui précède la 
chapelle. Après les cérémonies d'usage, les augustes visiteurs 
furent introduits dans le sanctuaire, l'évêque de Fréjus célébra 
la messe et communia la reine-mère. Le roi déposa au pied de la 
Sainte- Vierge, en signe de reconnaissance, le cordon bleu qu'il 
portait depuis sa naissance et la bague qu'il avait au doigt (2). 

A Fréjus, sans doute à cause de la haute considération dont 
jouissait Ondedei auprès du grand ministre, on s'attendait à la 
visite du roi. Dans cette prévision, le conseil communal avait 
même voté la somme de 5,000 livres pour faire au jeune monar- 
que une réception digne de lui (3). Mais Louis XIV ne poussa 
pas plus loin son voyage, et c'est à tort que la plupart des 



(1) Pendant le séjour de Louis XIV k Toulon, l'évêque de cette ville, Me'' de Pingre, lit 
placer dans la cathédrale, au-dessus de la chapelle de la Sainte-Vierge, la statue de N.-D. de 
la Sède, qu'on y voit encore aujourd'hui. 

(3) Histoire de N -D. -de-Grâces, par M. l'abbé Laure, chanoine honoraire, curé-doyen 
de Colignac, p. 148.— Elude historique sur l'Oratoire de N.-D.-de'Grâces, par le B. P. 
Martel, p. 196. 

Après la mort d'Anne d'Autriche, Louis XIV, en souvenir de la confiance que sa mère 
avait montrée envers Notre-Dame-de-Grâces, fonda dans cette chapelle six messes àe Beqniem 
pour le repos de son âme. L'acte de fondation fut passé, le 23 avril 1667, à Fréjus, en 
présence du procureur du roi, de François Gombert, supérieur de N.-D. -de-Grâces, et de 
Honoré Chauvin, son secrétaire.— Ronx, notaire à Fréjus. 

(3) Arch. c'" de Fréjus, BB. 19. 



264 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

historiens modernes nous le montrent dans la chapelle de 
Sainte-Rossoline , aux Arcs, faisant piquer par son médecin 
Vallot l'un des yeux de la sainte, pour savoir s'ils étaient 
naturels (1). En quittant Cotignac, le roi vint à Carcès visiter 
les cascades et les parterres du château et coucha le soir du 
même jour à Brignoles. Le lendemain, dimanche, il entendit, 
avec la cour, la messe aux Augustins, le jour suivant (23 février) 
il partit pour Saint-Maximin où il assista au transfert des reli- 
ques de sainte Madeleine dans un vase de porphyre qu'il 
donna. Il se rendit le 24 à la Sainte-Baume et rentrait ensuite à 
Aix (2). 

Au retour de Notre-Dame-de-Grâces, Ondedei s'était mis à la 
suite du cortège royal et ne le quitta plus (3). Nous le trouvons 
à Avignon parmi les personnages de la cour pendant les fêtes 



(Ij L'itinéraire tel que H. Bouche le trace rend impossible l'hypothèse du voyage de 
Louis XIV à Sainte-Rjssoiine en 1660. Dira-t-on qu'il y vint l'année suivante? car, c'est en 
16GI que les historiens dont nous parlons placent cet événement Mais outre qu'il n'est fait 
mention nulle part de ce second voyage du grand roi en Provence , il est dillicile d'admettre 
qu'à une époque où les moyens de locomotion n'étaient si peu perfectionnés. Louis XIV 
soit revenu de Paris pour faire un pèlerinage à Saintc-Rossoline. Marié depuis quelques mois 
à peine, il ne devait pas avoir la pensée d'entreprendre de nouveau un voyage aussi lointain. 
Enfin si le passage de Louis XIV a laissé des traces dans les archives communales de 
Cotignac, pourquoi n'en trouve-t-on aucune dans celles des Arcs, de Trans et de Fréjus ? 

(2) Le P. Reboul dans ses notes éditées par M. Rostan [Monographie du couvent de 
Saint-Maximin j, place celte visite au 21 février. Mais il y a sans doute une faute d impression 
ou une erreur de copiste, puisque le 21 février Louis XIV était à Cotignac, c'est le 24 février 
qu'il faut lire. 

(3) Ondedei est nommé par le P. Reboul parmi les personnages qui allèrent à la Sninte- 
Baume 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 265 

de la semaine sainte (1). Tout nous porte à croire qu'il suivit 
jusqu'aux frontières d'Espagne le monarque qui allait à la ren- 
contre de sa jeune épouse et qu'il entra à Paris à la suite du 
couple royal (2). 

Cette année-là, un événement miraculeux se produisit dans le 
diocèse. Le 7 juin 1660, le jour même où, selon la remarque de 
l'historien Bouche, la reine Marie-Thérèse faisait son entrée 
en France à côté de son époux , saint Joseph apparaissait à 
Gotignac sur le mont Verdaille (3), à un humble berger, nommé 
Gaspard Ricard. Après son apparition une source abondante 
sortit de terre et opéra bientôt des miracles. Les pèlerins ne 
tardèrent pas à affluer, une chapelle fut élevée en l'honneur du 
saint et les consuls de Gotignac demandèrent à l'évéque d'en 
confier le service aux Oratoriens de Notre-Dame-de-Grâces. 
Ondedei, qui se trouvait à Paris, se rendit aux vœux de ses 
diocésains en envoyant, le l*"" janvier 1661, les pouvoirs néces- 
saires. « Depuis qu'il a plu à Dieu, dit le pieux prélat dans ces 
lettres d'approbation, de nous élever par sa pure miséricorde au 
gouvernement de l'église de Fréjus. . . il nous a fait la grâce de 
n'avoir point de si forte passion que celle de contribuer de toutes 
nos forces à l'exaltation de son saint nom, et comme il lui plaît 
de s'attirer cette gloire extérieure par celle de ses saints, il 

(1) Dans ses notes sur le séjour de Louis XIV i Avignon, pendant la semaine sainte de 
1660, M. Délaye, conservateur du muséum Calvet, nomme l'évéque de Fréjus parmi ceux 
qui faisaient partie du cortège royal. (Introduction sur les Noëls de Saholy. par Fr. Seguin, 
p. XLIX.) 

(2) L'évéque de Fréjus avait pris part à la négociation du mariage de Louis XIV. 

(3) Situé à trois kilomètres environ de Nolre-Dame-de-Grâces. 



266 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

semble qu'il ait particulièrement choisi notre diocèse pour cela^ 
et surtout la terre de Cotignac, dans laquelle outre les grâces 
qu'il répand en l'honneur de la T. Sainte-Vierge, mère de son 
Fils, il a voulu depuis peu en répandre encore de nouvelles en 
l'honneur de son père putatif saint Joseph par la fontaine qui a 
été découverte dans les terres gastes dudit lieu de Cotignac 
pour ne point séparer dans la dévotion des fidèles les deux 
saintes personnes qu'il avait jointes sur la terre pour le mystère 
de notre salut ». Il déclare ensuite que s'il désigne les Pères de 
Notre-Dame-de-Grâces pour faire le service religieux du nou- 
veau sanctuaire, c'est qu'il a cru « ne pouvoir mieux confier 
l'administration de la chapelle de l'époux qu'à ceux qui s'acquit- 
tent si bien de celle de l'épouse ». L'installation des Oratoriens 
fut faite par le vicaire général, Claude de Castellane, le 11 avril 
1661. Le vicaire de Cotignac protesta contre la décision épisco- 
pale et porta l'affaire devant le Parlement; mais il se désista 
peu de temps après et accepta ^ comme dédommagement, une 
pension annuelle que les Pères de l'Oratoire lui assurèrent 
suivant convention approuvée par l'évêque le 9 janvier 1664 (1). 
A partir de cette époque, le culte du saint, déjà répandu dans 
le diocèse (2), y prit une plus grande extension. Des chapellenies 
furent fondées sous son vocable, notamment à Lorgnes et à 
Vins (3). Les habitants de Callian élevèrent une chapelle en son 



(1) Arch. dép'". Insin. eccl 

(2) Nous avons vu au coinineiicemeiit du XVI» siècle le chapitre de la cathédrale élever î) 
Fréjus une chapelle en l'honneur du saint patriarche. 

(3) Arch. dép'»', Insin. eccl. passim. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 267 

honneur. A Draguignan, le doyen Henri Robert lui dédia un 
autel dans la collégiale et y érigea la confrérie des agonisants 
que l'évèque approuvait par une lettre élogieuse adressée au 
doyen dont il louait le zèle et la piété (1). 

A la mort de Mazarin (6 mars 1661), qui l'avait nommé l'un 
de ses exécuteurs testamentaires, Ondedei revint dans son 
diocèse. Nous le trouvons à Fréjus, en 1662, présidant le synode 
annuel dont il fit publier les décisions. Le seul des statuts qui 
soit parvenu jusqu'à nous, témoigne de sa sollicitude pour le 
recrutement du clergé : « De peur que personne d'indigne ne 
soit admis aux saints ordres, dit le décret synodal, nous voulons 
que les noms de ceux qui doivent nous être présentés soient 
publiés dans leur paroisse le dimanche à la messe du prône, 
afin que ceux qui connaissent leur mauvaise conduite en infor- 
ment leur curé qui nous en avertira » (2). 

L'année suivante, des affaires personnelles l'ayant appelé à 
Paris, douze notables l'accompagnèrent à cheval aune assez 
grande distance de la ville (3). Près des Arcs il rencontra les 
délégués du conseil communal de Draguignan qui venaient lu^ 
demander les pouvoirs nécessaires pour le prédicateur du 
carême (4). 

Son séjour dans la capitale ne fnt pas de longue durée, car, 
au mois de janvier 1665, nous le voyons entreprendre une 

(1) Poulie. Hist. lie l'église iS'otre-Vame et St-ilichel de Draguignan, p. 27G. 

(2) Breviarium Forojuliense. Pars Hiemalis, p. CLXXXIV. 

(3) On lui rendit les mêmes honneurs en 1G68 quand il revint de son premier voyage en 
Italie et en 1671 au retour d'un second voyage. 

(4) Poulie. Bist. de l'église paroissiale de Notre-Dame et Si-Michel, p. 456. 



268 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



seconde visite du diocèse. Le 20 mars suivant, il publiait une 
ordonnance pour astreindre à la résidence les chanoines de la 
cathédrale, leur défendant de s'absenter sans permission (1), 
sous peine de retenue sur les revenus de leurs prébendes, et de 
déchéance à la troisième infraction (2). Déjà auparavant le 
prieur de Séranon, Nicolas Vaixière, celui-là même qu'Ondedei 
avait délégué pour prendre possessio-i du siège, s'était vu, à 
raison de ses absences irrégulières , menacé de peines disci- 
plinaires : « Nous ordonnons au sieur prieur, lui mandait 
l'évêque, de se rendre dans quinze jours à sa résidence, lequel 
terme passé, nous pourvoirons d'un prêtre capable pour exercer 
la cure des âmes et, si sa désobéissance continue, dans six mois 
nous pourvoirons d'un prieur » (3). 

Le clergé paroissial avait également besoin de réformes. 
Ondedei s'est efforcé d'améliorer le recrutement de ses membres, 
il va s'attacher à maintenir dans la règle ceux qui veulent s'en 
affranchir. Dans le synode qu'il préside au mois d'avril le vigi- 
lant pontife prend les mesures que comportent les abus signalés. 
« Comme nous avons appris, dit-il, que des prêtres et des clercs, 
parce qu'ils ne sont astreints à aucun service religieux, se 
promènent dans les rues et sur les places publiques et même 
devant l'église pendant la célébration des offices , au grand 

(5' L'illustre Joseph Antelmy se soumit à cette obligation lorsqu'il alla achever ses éludes 
à Avignon et, plus tard, lorsqu'il se rendit à Paris pour soutenir, contre les prétentions d"un 
réjaliste, ses droits au caiionicat. [Arcli. dép" , Visites pastorales.— Garcin, notaire à 
Fréjus. 

(6) Arch. dépi". Insin. ccclcs. 

(7) Arch. dép'". 



DU XIII* A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 269 

scandale des laïques, nous ordonnons que désormais les jours 
de dimanche et de fête, tous les ecclésiastiques assistent dans 
leur paroisse, en surplis ou au moins en soutane, à la messe 
solennelle, aux vêpres et aux processions » (1). 

Peu de temps après, le bureau ecclésiastique de la province 
déléguait Ondedei à l'assemblée générale du clergé de France 
qui devait se tenir à Paris au commencement de l'année 1666. 
Le prélat dut rentrer à Fréjus vers la fin de l'été. Après l'octave 
des morts, il reprit la tournée commencée l'année précédente et 
cette fois elle fut complète. Les plus petits hameaux, non érigés 
en paroisse, comme les Mayons et les Adrets, où aucun évêque 
n'avait encore paru, reçurent sa visite, Ces tournées pastorales, 
quatre fois renouvelées pendant son épiscopat (2), produisirent 
les résultats les plus heureux. Nous entrerons plus loin dans 
quelques détails sur ce qu'accomplit dans les paroisses son zèle 
pastoral pour accroître la piété des fidèles et réprimer de funestes 
pratiques. 

De nouveau, les irrégularités ou les négligences dans le ser- 
vice divin dont ils étaient coutumiers, appelèrent l'attention de 
l'évêque sur les chanoines de la cathédrale. Ondedei renouvela 
les prohibitions faites deux ans auparavant au sujet de la rési- 
dence et y ajouta d'autres dispositions relatives à la célébration 
des messes et à l'assistance aux offices qu'on laissait chanter 
aux bénéficiers. Les chanoines furent tenus de se rendre au 
chœur à l'heure des offices, sauf aux matines, où la présence, 



(1) Breviarium Forojuliense , pars autumnalis, p, CXCIX. 

(2) en 1609, 1665, 1069, I67i'. 



270 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

exigée seulement des chanoines en semaine, ne devint obliga- 
toire pour tous qu'aux fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte 
et de la Fête-Dieu. Enfin dans le but d'éviter la confusion qui se 
produisait dans les cérémonies, une ordonnance épiscopale du 
4 mai 1667 les mit en demeure d'adopter dans trois mois un 
cérémonial unique, « soit le romain, soit celui de la métropole, 
à moins, ajoutait l'ordonnance', qu'on veuille rédiger par écrit 
les cérémonies qui doivent être observées par la coutume, en les 
conformant au cérémonial romain » (1). 

Les chanoines des collégiales^ eux aussi, par l'inobservation 
des règles canoniques ou leurs dissensions intestines fournirent 
plus d'une fois à Ondedei l'occasion d'intervenir. 

En 1660 il permettait d'établir à Lorgues deux curés amovi- 
bles pour aider le chanoine-sacristain dans le service paroissial 
et il approuvait la délibération qui imposait à tout chanoine 
l'obligation de se faire ordonner prêtre à l'âge de 25 ans au plus 
tard. Des ordonnances sévères durent rappeler à leurs devoirs 
les chanoines de Barjols qui avaient conservé leurs habitudes 
mondaines. A Aups la mésintelligence régnait parmi les mem- 
bres du chapitre; l'évêque les manda tous à Fréjus pour connaître 
les griefs de chacun et rétablir la bonne harmonie (2). 

Plus graves encore étaient les désordres dont la collégiale de 
Draguignan était affligée. Un violent conflit avait éclaté au sujet 
d'une stalle plus élevée 'que le doyen s'était fait dresser dans 
le chœur. Querelle digne d'être chantée par l'auteur du Lutrin, 



(P Roux, notaire à Fréjus. 
(2) Arch. (iép'«". Insin. ecclcs. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 271 

qui donna lieu à des scènes scandaleuses, à d'interminables 
procès devant le Parlement et le grand conseil du roi. A plu- 
sieurs reprises l'évêque fut obligé de sévir. Un dimanche du 
mois d'octobre 1673, pendant la grand'messe, « quelques-uns 
des chanoines, emportés par leur aveugle passion, et oublieux 
de la sainteté de leur ministère, adressent au doyen des paroles 
outrageantes » ; puis ils saisissent violemment la stalle sur 
laquelle il est assis et l'auraient renversée, s'ils n'en avaient été 
empêchés par son entourage. Mis au courant de ce qui s'était 
passé, Zongo Ondedei ordonna que les coupables seraient exclus 
temporairement de l'église. « Une autre fois, un chanoine, 
M""' Durand, refusait de faire pj-être assistant au doyen, quand 
celui-ci officiait, et il ne se décidait à obtempérer à ses ordres qu'à 
la suite d'une injonction de l'évêque. Le chanoine Graciny, voulut 
empêcher par la force le doyen de célébrer la grand'messe le 
jeudi-saint et se laissa aller contre lui à des paroles de mépris. 
L'évêque de Fréjus déclara qu'il avait encouru l'excommunica- 
tion (21 octobre 1672) et l'obligea à inscrire sur les registres 
du chapitre qu'il avait follement et témérairement proféré des 
invectives contre le doyen » (1). 

Les chanoines de Pignans vivaient dans le plus complet 
relâchement , sans que l'évêque de Fréjus eut le droit d'y porter 
remède, puisqu'ils étaient exempts de sa juridiction. Depuis 
que les guerres de religion avaient détruit leur monastère , 
ils ne gardaient plus la clôture et n'avaient conservé de leur 
habit qu'un scapulaire blanc. Pour régulariser une situation 

(1) Raymond Poulie. Hht. de l'église paroissiale de Notre-Dame el Si-Michel, p. 283-590 



272 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

si peu canonique, ils obtinrent, en 1668, du pape Clément IX, 
une bulle de sécularisation. L'acte pontifical fut promulgué le 
15 février 1670 par l'évéque de Toulon (1). On ne s'explique 
guère en cette circonstance l'exclusion de Tévêque de Fréjus 
auquel le Souverain Pontife avait soumis quelques années aupa- 
ravant ri664) un grave différend survenu entre l'évéque de 
Grasse et les habitants d'Antibes, au sujet de la vicairie aposto- 
lique de leur ville, et dont la décision avait satisfait les deux 
parties (2). 

Zongo Ondedei ne se contenta pas de veiller à la régularité 
et à la décence des cérémonies du culte, il déploya en même 
temps le plus grand zèle à répandre la dévotion au Saint- 
Sacrement. Dans ce but il ordonna qu'on fit brûler à l'autel^ les 
jours d'exposition, les douze cierges liturgiques. Afin de pro- 
curer aux églises les ressources nécessaires à ce coûteux 
luminaire, il voulut qu'on établit dans toutes les paroisses la 
confrérie du Corpus Domini. Néanmoins il jugea opportun de 
diminuer le nombre des bénédictions et de réduire les exposi- 
tions au troisième dimanche, en rendant cette pratique obliga- 
toire dans toutes les paroisses (3). 

La récitation quotidienne de l'office divin était encore en usage 
dans la plupart des paroisses, mais souvent le clergé n'était pas 
assez nombreux pour qu'elle se fit avec décence et dignité. Aussi 

(1) Le Culte de Marie à Pignaiis, p. 190. 

(2) Gallia. Evêclié d'.4ntibes. Pièces justificatives, III. 

(3) Par exception, les habitants de Seillans eurent cette faveur tous les dimanches < parcs 
i]ue, dit l'évéque, les Odèles de cette paroisse viennent avec plus d'empressement aux offices, 
toutes les fois i|ue le Saint-Sacrement est exposé >.— Arch. dépi«». Visites pastorales. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 273 

Ondedei se monlra-t-il moins rigoureux; il en dispensa, sauf 
pendant les dimanches et jours de fête, les prêtres des paroisses 
peu importantes, exigeant toutefois qu'on sonnât chaque jour les 
matines. 

L'instruction religieuse des fidèles fut un des principaux 
objets de sa sollicitude pastorale. Non seulement il voulait que 
le prône se fît chaque dimanche et qu'il fut précédé de la 
récitation des prières et de l'annonce des jeûnes et des fêtes de 
la semaine, il tint encore la main à ce que le catéchisme fut 
enseigné aussi tous les dimanches, depuis la Toussaint jusqu'à 
la Trinité. Quand il venait à apprendre que l'instruction reli- 
gieuse était en souffrance dans une paroisse, il s'empressait 
d'y envoyer, avant la visite pastorale, deux capucins pour 
l'évangéliser. 

Afin d'obliger les prêtres à remplir fidèlement les devoirs 
de leur charge, Ondedei adopta le système des amendes pécu- 
niaires. Quiconque avait négligé de faire le catéchisme, de 
dire la meàse de l'aube, d'allumer la lampe du sanctuaire, de 
porter l'habit ecclésiastique devait verser pour les besoins de 
son église, une componende de 20 sous. Ce moyen fut plus 
efficace que toutes les sentences de visite à conserver dans la 
pratique de leurs devoirs un grand nombre de membres du 
clergé. Le prélat fit aussi une ordonnance pour obliger les mar- 
guilliers des autels et des confréries à rendre annuellement 
leurs comptes en présence du vicaire et des consuls de leur 
paroisse et en remettre le reliquat à leurs successeurs (d). 

(1) Arch, c'» de Montauroux, BB 5- 



274 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Le casuel des funérailles, laissé jusqu'alors à la générosité 
des fidèles, commençait à être regardé comme une rétribution 
obligatoire. Pour prévenir les abus, Ondedei voulut réglementer 
cette nouvelle source de revenus, mais se garda d'imposer un 
tarif uniforme. Il permit au chanoine-sacristain de Pignans de 
percevoir un écu pour les funérailles des riches, et 15 sous pour 
celles des gens de condition moyenne; les pauvres devaient être 
enterrés gratuitement. Le vicaire du Luc fut aussi autorisé à 
recevoir une redevance des familles qui voudi^aient des honneurs 
et des dignités. 

A cette époque où les mœurs étaient encore pures, on ren- 
contrait peu de gens de mauvaise vie. Quand il s'en trouvait 
dans les paroisses , Ondedei usait envers eux de la plus grande 
sévérité. Les consuls de Ramatuelle expulsent, à sa demande, 
une femme publique. A Entrecasteaux , deux concubinaires 
malgré les monitions canoniques faites par le prieur, continuaient 
à scandaliser les fidèles. L'évêque les cite devant lui et comme 
les délinquants répondent par des injures à la sommation, il 
fulmine contre eux l'excommunication majeure. Bientôt réduits 
au plus complet isolement, ces pécheurs publics se virent obligés 
de quitter le village. 

Dans plusieurs paroisses, la violation du dimanche commen- 
çait à exercer ses ravages. A Villecroze, les habitants de la 
campagne se livraient, ce jour-là, à leurs travaux habituels. 
Après les avoir sévèrement admonestés, Ondedei ordonna au 
vicaire d'excommunier ceux qui n'obtempéreraient pas à ses 
injonctions. A Lorgnes, où les marchands ouvraient leurs bou- 
tiques, l'évêque voulut qu'une amende fut infligée à tous les 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVllI® SIÈCLE 275 



délinquants. Souvent le saint jour était profané par des danses 
publiques. Ce spectacle affligeant fut surtout signalé à Callian. 
La désertion de la sainte table avait été la conséquence naturelle 
de ces funestes habitudes et là, plus qu'ailleurs, un grand 
nombre, de fidèles des deux sexes n'accomplissaient plus leur 
devoir pascal. L'excommunication était alors encourue par tous 
ceux qui enfreignaient cette loi de l'Eglise. Mais comme per- 
sonne, ni prêtre, ni laïque, ne voulait servir de témoin au 
prieur pour les trois monitions canoniques, l'application de la 
censure était devenue impossible. Pour avoir raison de ce mau- 
vais vouloir, l'évêque menaça d'interdire tout prêtre qui, dans 
cette circonstance, refuserait son assistance au prieur. Dans ce 
village plusieurs de ceux qui communiaient à Pâques allaient se 
confesser à des prêtres étrangers afin de recevoir plus facilement 
l'absolution. « Nous déclarons, dit l'évoque dans sa sentence de 
visite, que ce n'est pas là satisfaire à l'obligation de l'Eglise 
qui détermine, dans le concile de Latran, que cette confession 
doit se faire propvio sacerdoii. Ceux qui ont de justes motifs 
pour s'adresser à un autre prêtre doivent en avertir le prieur et 
lui en demander la permission » (1). 

On le voit, le zélé prélat ne négligeait rien de ce qui pouvait 
procurer ou accroître le bien spirituel de ses ouailles. Dans 
cette œuvre de restauration religieuse et morale il trouva à 
Fréjus auprès des Jésuites de précieux auxiliaires. Leur in- 



(1) Arch. dép'". Visites lastoraies de Zoiigo Ondedei, passim.— Chacun sait qu'aujour- 
d'hui cette partie de la loi ecclésiastique est tombée en désuétude et qu'il est permis aux 
fidèles de s'adresser à tout prttre approuvé. 



276 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

fluence fut des plus salutaires. Ils avaient fondé dans la ville 
épiscopale une association d'hommes qui réunissait les notables 
de la cité. Désireux d'atteindre toutes les classes de la société, 
Ondedei établit, sous le vocable de la Purification, une con- 
grégation d'artisans qui compta bientôt deux cent cinquante 
hommes dans ses rangs, dont il confia la direction aux Jésuites. 
La maison des Pères devenant trop étroite, il la fit agrandir en 
1664; puis il construisit une chapelle plus vaste qu'il pourvut 
d'ornements et de vases sacrés et orna d'un beau retable; enfin, 
un capital de 300 livres fut constitué pour la célébration chaque 
dimanche d'une messe à laquelle les membres de la confrérie 
devaient assister (1). 

Aussi, grande fut la consternation parmi les habitants à la 
nouvelle que le P. Oliva, général des Jésuites, avait décidé 
la suppression de la résidence de Fréjus. Le conseil communal 
aussitôt assemblé envoie des délégués prier l'évéque d'inter- 
venir auprès des chefs de l'Ordre, s'engageant à augmenter la 
pension servie par la ville. Mais déjà le recteur du collège 
d'Aix est venu à Fréjus prendre les dernières dispositions; il a 
cédé à l'évéque, pour l'entretien du séminaire diocésain, la fon- 
dation de 900 livres faite en faveur des Jésuites par Barthélémy 
de Gamelin. Loin de se décourager, Ondedei multiplie lettres 
et démarches. S'étant mis en rapport avec le P. Rossignol^ très 
influent dans l'Ordre, il plaide avec tant de chaleur sa cause 
auprès de ce religieux, que celui-ci prenant à son tour l'affaire 
à cœur, fait revenir le P. Oliva sur sa décision. Le 12 octobre 

(l) Hélion Vaixière, notaire à Fréjus.— Arch. c'" de Fréjus, BB. 19, iO. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 277 

1673, une nouvelle convention ratlachait les Jésuites à Fréjus , 
tandis que le 22 novembre suivant, Zongo Ondedei leur rétrocé- 
dait la pension de 900 livres (3). 

Les autres communautés de la ville épiscopale furent égale- 
ment favorisées de ses largesses. Nous l'avons déjà vu, même 
avant la prise de possession, venir généreusement en aide aux 
Bernardines pour la réparation de leur monastère (1658). Il fit 
encore réparer à ses frais le couvent des Ôbservantins (1669), 
agrandir celui des Frères Prêcheurs. « Ces libéralités , dit 
Antelmy, permirent aux Dominicains de doubler leur nombre 
et d'envoyer des novices à la maison de Fréjus pour leur faciliter 
l'étude de la philosophie et de la théologie » (4). 

Si les autres communautés religieuses du diocèse n'obtinrent 
pas les mêmes faveurs, Zongo Ondedei ne laissa pas de les 
encourager et de leur donner des marques de sa bienveillance. 
Il approuvait, en 1662, l'établissement des Trinitaires au Luc. 
Dans sa visite à la chartreuse de la Verne, en 1667, il permit au 
prieur D. Bagnoly de bénir la chapelle qu'il venait de construire 
et de confesser les domestiques du couvent ainsi que les étran- 
gers. Mais il n'hésitait pas à réprimer sévèrement toute atteinte 
à son autorité. C'est ainsi qu'il excommunia la même année les 
moines du Thoronet qui ne voulurent pas recevoir sa visite.- 

Les Ursulines de Pignans avaient dii agrandir leur couvent 
devenu insuffisant pour recevoir leurs nombreuses élèves. Celles 
d'Aups cultivaient chez leurs pensionnaires le goût de la musi- 

(3) Roux, Dolle et Raymond, nolaires à Fréjus.— Arcli. ç'" de Fréjus, BB. 19, 20. 

(4) Roux, notaire ii Fréjus.— Antelmy. Dexcript. dioic. p. 33.'i. 

18 



278 LES ÉVÈQUES DE FKÉJUS 

que; elles exécutèrent pendant la messe de l'évêque, le 3 décem- 
bre 1666, « un concert de violes et de voix si bien concertées et 
ajustées, dit le prélat, qu'elles nous ont donné de l'admiration, 
n'ayant pas laissé pourtant de faire leur dévotion et se commu- 
nier presque toutes de notre main » (1). 

Nous voyons Ondedei subvenir largement de ses deniers 
à la conservation . et à la décoration des édifices sacrés. Il 
prit à sa charge la moitié des réparations de Téglise de Flayosc 
(1671); fit redorer le tabernacle du Muy, établir un riche 
dôme sculpté au maître-autel de l'église de Fayence (2). Mais, 
jaloux du respect qu'on devait à son autorité, il ordonna la 
démolition d'une chapelle construite à Gotignac sans sa per- 
mission (1672), tandis qu'il autorisait la construction de la cha- 
pelle de saint Aquilée à Flassans (3). Ce fut surtout la cathédrale 
que le prélat enrichit de ses largesses. Non seulement il satisfit 
à ses obligations en donnant une chapelle pontificale (4); il fit 
encore redorer les retables du maître-autel et du Corpus Domini, 
ériger un autel à saint Léonce, un autre à saint Félix, dont il 
avait rapporté le corps de Rome, en 1671 , lors de son pèlerinage 
ad limina. Les reliques du saint martyr, placées provisoire- 
ment dans une châsse en bois, furent portées processionnelle- 
ment et avec la plus grande solennité dans les rues delà ville. 
« L'éclat de cette fête fut si brillant, dit Girardin, que le dernier 

(1) Arch. dépi". Visites pastorales. 
(9) Roux, notaire à Fréjus. 

(3) Arch. dép'". Visites pastorales. . 

(4) Outre un ornement complet, Ondedei donna encore deux bâtons d'argent pour les 
choristes et huit pièces de tapisserie. (Raymond, notaire \ Fréjus.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 279 

huguenot qui était encore à Fréjus se convertit » (1). Un buste du 
saint en argent, du prix de 1,500 livres, avait été commandé à 
Paris par l'évéque, mais il mourut avant son achèvement (2). 

Les pauvres trouvèrent aussi dans Ondedei un généreux 
bienfaiteur. Le charitable prélat fit à Fayence une fondation en 
faveur des indigents (3), et une autre à Fréjus, dont il confia la 
distribution aux deux vicaires perpétuels de la cathédrale. Il se 
proposait d'agrandir l'hôpital de cette ville et il avait même acheté 
dans ce but l'ancienne chapelle de saint Joseph. Mais ce projet 
ne put être exécuté que plus tard ; on y employa les 1,500 livres 
qu'il légua à cette intention. Ondedei régla enfin dans son testa- 
ment que les sommes dues par ses fermiers au moment de sa 
mort formeraient un capital, dont les revenus seraient distribués 
aux indigents des paroisses où il percevait la dime (4). 

La bonté de son cœur le faisait compatira toutes les infor- 
tunes. C'est ainsi qu'il donna, en 1666, une somme de 1,500 livres 
aux Pères de la Merci pour le rachat de trois marins de Fréjus 



(1) Girardin. Hist de l'réjui, H, p. 2.07. — La dépense de ceUc fête fui payée par la 
ville. (Arch. c'«s de Fréjus, BB. 20.; 

(2) Pendant vingt ans, les héritiers, quoique tenus par le testament, refusèrent d'acquitter 
ce legs et durent y être contraints par les tribunaux. Enlin, le buste du saint, solennelle- 
ment béni par Hercule de Fleury, fut porté en procession, le 23 avril ITÛ-.', dimanche de 
Quasimodo. (Coste, notaire à Fréjus. l — Cette procession se fait encore le 2» dimanche après 
Pâques. Quoique on y porte la chàsàe des Saintes Reliques, le peuple la désigne encore 
sous le nom de procession de saint Félix. 

(3) Girardin. Descripl. du diocèse, p 1J9. 

(4) Roux, notaire à Fréjus. — Il revint de ces arrérages 3,000 livres à Fréjus, 1,165 à 
Saint-Raphaël, 1,000 à BagDols, 2,000 au Muy, 1,500 à Flayosc, 1,Ô00 à Lorgnes, 450 a 
Séranon, 500 ù Châteauvieux, 500 !i Esciagnolles, 5,000 à Fayence, AOO à Montauroux. 



280 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

détenus au bagne de Tunis (1). Quatre ans plus lard il faisait 
construire une maison au frère Laurent Bonhomme, l'ermite du 
Cap-Roux dont Girardin a écrit la vie, qui habitait une grotte 
dans ce désert (2). 

Non content de s'assurer par ces bonnes œuvres une abon- 
dante moisson de mérites pour le ciel, Ondedei voulut encore 
laisser après lui des fondations de messes. Peu de temps après 
son arrivée à Fréjus, il avait fondé à l'autel du Saint-Rosaire, 
érigé dans la chapelle des Dominicains , deux messes de 
Requiem: l'une pour ses parents tous les vendredis, l'autre pour 
lui-même tous les mercredis; enfin une messe dite du Saint- 
Esprit, à la cathédrale, le 2 février, jour anniversaire de la prise 
de possession, qui plus tard, suivant ses volontés, fut célébrée 
pour le repos de son àme. La plus importante de ces fondations 
fut celle d'une messe de Requiem à l'autel du Purgatoire, tous 
les lundis, à laquelle devaient assister les bénéficiers et les 
prêtres attachés au service de la cathédrale (3) 

Possesseur d'une grande fortune, Ondedei avait pu se livrer 
ainsi aux inspirations de sa foi et aux généreux élans de son 
cœur. Les missions importantes dont il fut chargé et les services 
qu'il rendit à Mazarin lui valurent, en effet, des dons princiers et 
des dignités très lucratives. Louis XIV l'avait autorisée prélever 
100,000 livres sur la charge de surintendant de la maison de la 



;i) Arch. c'" de Fréjus, BB. 19, f» 313 v«. 

(•2, Coste, nolaiie à Fréjus.— Cette maison fut construite par Paul Jehan, maçon à Fréjus, 
un de nos ancêtres maternels. 

(3j Roux, notaire b Fréjus.— Une plaque comméraorative que l'on voit encore à la chapelle 
du Purgatoire a perpétué le souvenir de celte fondation. 



DU Xlll^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 281 

reine (1) et lui accorda plus tard, da.ns le Levant, un domaine de 
nation d'un revenu annuel de 10,000 livres (2). Ondedei possédait 
encore à Rome et à Pezaro des biens personnels qu'il céda par 
la suite à son neveu Louis (3); il retirait en outre près de 40,000 
livres de son évéché et 3,000 de l'abbaye de Blanchelande. 

Grâce à ces revenus considérables il put, en dehors des nom- 
breuses libéralités dont nous avons parlé, suffire à d'importantes 
dépenses et même faire des placements de fonds (4). C'est ainsi 
que nous le voyons successivement agrandir le domaine de l'Iscle 
par l'acquisition de plusieurs terres au Puget (1659), établir une 
glacière dans le jardin de Tévêché (1660), placer deux canons en 
fonte au Paiil, pour la défense de la ville (1661). C'est lui encore 
qui reconstruisait « l'ancien château de Fayence ruiné pendant 
les guerres civiles (5). Mentionnons enfin l'acquisition d'un 
navire, la Salamandre , attaché au port de Brest, qu'il revendait 
bientôt (1660) (6). 

Nous savons combien Ondedei se préoccupait de n'admettre 
aux saints ordres que des sujets bien préparés. Voulant assurer 
d'une manière définitive l'œuvre si importante de la formation 

(l) Ronx, notaire !i Fréjus. 
(3) H\d. id. 

(3) Ibid. id. — En 1670, Jean François Ciacca, intendant de l'évèijue, se rend à Rome 
pour retirer, en son nom, 5,200 livres. 

(4) Il prêta à plusieurs bourgeois de Fréjus diverses sommes s'élcvant a 19,257 livres, à la 
ville de Fri-jus 13,547 livres, au clergé du diocèse 18,000 livres, au seigneur de la Verdière 
25,029 livres, h celui du Cannet, Louis de Rascas, dont il tint l'un des fils sur les fonts 
baptismaux, 10,000 livres. 

(5) Roux, notaire àPréjus — Girardin. Descripl. du diocèse, p. 147. 

(6) Roux et Garcin, notaires k Fréjus. 



282 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

du clergé, il résolut de fonder un séminaire diocésain. Le roi, 
dont il avait sollicité l'intervention, l'autorisa, par lettres patentes 
du mois de septembre 1664, à créer cet établissement à Fréjus 
et à prélever chaque année pour son entretien la somme de 
1,000 écus sur les bénéfices du diocèse. Mais quand il fallut 
opérer la répartition de cette somme, les bénéficiers prolestèrent. 
Leurs réclamations réussirent à faire réduire de moitié la 
contribution par le Parlement (30 janvier 1673). Ainsi diminuée 
l'imposition fut acceptée par l'assemblée du clergé diocésain 
les 21 avril et 16 octobre 1674. Une circonstance favorable 
avait permis au zélé pontife de donner suite à son dessein sans 
attendre le consentement du clergé. Le 25 juillet 1665, mourait 
è Fréjus un chanoine d'ime vie irréprochable, dit Antelmy, et 
d'une charité digne de tous les éloges, nommé Charles Tassy. 
Ce vénérable prêtre léguait sa maison et tous ses biens au futur 
séminaire diocésain, à condition qu'il fat fondé dans cinq ans, 
sinon son héritage reviendrait aux pauvres et à l'hôpital de 
Fréjus. Sans perdre de temps Ondedei réunit les jeunes clercs 
dans la maison du chanoine défunt et prit à sa charge l'entretien 
de leur supérieur. Il se disposait à confier la direction de l'éta- 
blissement à des prêtres d'une congrégation séculière et à le 
pourvoir du mobilier nécessaire; il avait même nommé deux 
chanoines pour le seconder, mais avant que l'œuvre fut achevée, 
la mort venait le surprendre (1), anéantissant du même coup 
un autre projet qui lui tenait également au cœur. 
Il voulait en effet s'adjoindre comme coadjuteur, moins sans 

(I) Antelmy. Descripl. diœe.. p. 337.— De Initiis, p. 173. 



DU XIÎl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 283 

doute pour se donner un auxiliaire (1), que dans le but de lui 
assurer sa succession épiscopale , son neveu Louis Ondedei (2), 
qui^ de capiscol de la cathédrale, était devenu prévôt de la 
collégiale d'Aups. Les premières démarches avaient été faites 
auprès du roi et du Souverain Pontife; l'évéque avait même 
constitué au futur coadjuteur (28 septembre 1673) une pension 
de 3,000 livres pour lui permettre de supporter les charges de sa 
nouvelle dignité (3). Tout semblait favoriser les désirs du vieux 
prélat, quand il fut frappé de paralysie et se trouva, dans peu de 
jours, aux portes du tombeau. Le 23 juillet 1674, il fit son 
testament qu'il ne put signer à cause de la gravité du mal, 
et mourut le lendemain, non à Fayence, comme quelques-uns 
l'ont cru, mais à Fréjus, dans le palais épiscopal. On l'ense- 
velit dans la tombe qu'il s'était fait construire devant le maître- 
autel de la cathédrale. Les frais de ses funérailles, quoiqu'il les 
eut désirées très simples, s'élevèrent pourtant à la somme de 
955 livres. On en dépensa 1,128 pour vêtir de deuil ses nombreux 
domestiques. Selon ses dernières volontés, deux mille messes 
furent dites pour le repos de son âme et pendant trois jours toutes 
les religieuses du diocèse communièrent à la même intention. 



(1) Depuis WiO, il n'avait conservé qu'un seul (Claude de Montraeyan, prévôt du chapi- 
tre) (les nombreux vicaires généraux nommés au début; car il avait compris, dit-il, que le 
grand nombre de ces dignitaires au lieu de liàter la solution des affaires ne faisait que la 
rstarder. (Arch. dép'". Insin. ecclés.j 

(2) Il avait obtenu, en leon, par l'intermédiaire du conseil communal, la stalle canoniale 
laissée libre par la mort de Charles Tassy, bien que trois ans auparavant le chapitre n'eut 
pas voulu reconnaître les lettres royales qui lui djnnaieiit droit au premier canonicat vacant. 
— Arch. c'" de Fréjus, BB. 19. 

(3J Koux, notaire à Fréjus. 



284 LES ÉVÈQUES DE FRÉ.JL'S 

Ondedei avait institué pour héritiers ses deux neveux, Louis, 
le prévôt d'Aups, etOctavien, comte de Vézelay. Aucun d'eux 
n'assista aux obsèques. Le prévôt ne vint que trois mois après 
à Fréjus exécuter les dernières volontés de son oncle. Après 
avoir fait célébrer, le 10 octobre, un service funèbre à la cathé- 
drale, il rapatria les domestiques italiens en leur donna , outre 
leurs gages d'une année entière, une large gratification. Lorsqu'il 
voulut vendre le mobilier pour en affecter le produit aux bonnes 
œuvres indiquées dans le testament, il le trouva en si mauvais 
état « à cause de la mortification pratiquée par le défunt aux 
choses concernant le luxe et à sa propre commodité », qu'il fut 
obligé de pourvoir autrement à cette dépense (1). 

Ainsi, malgré sa grande fortune, Zongo Ondedei vivait dans 
la plus grande simplicité, poussant jusqu'à l'austérité le dédain 
des jouissances du luxe. On aurait dit qu'il ne s'imposait de 
telles privations que pour se montrer plus généreux envers les 
autres. Loin d'être le loup ravisseur que nous représente une 
épigramme aussi méchante que peu véridique, il sut par sa 
charité et ses bienfaits gagner le cœur de ses diocésains. En 
témoignage de reconnaissance, le conseil communal de Fréjus 
fit placer son portrait à l'hôtel-de-ville, dans la salle des déli- 
bérations. 

Un de ses prêtres et familiers, M''^ Alongo, vicaire perpétuel 
de Fayence, nous a laissé de lui cet éloge : " Il a été un homme 
d'esprit, de grand jugement et de bonne conduite, ayant laissé 



(1) Roux et Raymond, notaires à Fréjus. — Les meubles devaient être vendus après que 
« les héritiers auraient choisi et pris ceux qu'ils voudraient réserver pour eux >. 



DU XIII« A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 285 

pour les œuvres pies et pour récompenser ses domestiques 36,000 
livres; il était connu, respecté et aimé de tous les grands. .. ., 
fort colère , mais après sa colère plus doux qu'un agneau , 
jamais malfaisant et pardonnant... facilement à ses ennemis...^ il 
était plus qu'économe, il était les délices des honnêtes gens; en 
conversation et dans les affaires , il en savait autant que le 
meilleur avocat du monde » (1). 

Moreri, qui lui dédia sa traduction — devenue rare — de la 
Perfection chrétienne de Rodriguez, aurait relevé dans la préface 
quelques particularités intéressantes sur cet évéque : (2) 

« Il passa sa jeunesse à Rome où il fut employé à diverses 
négociations importantes. 

« Envoyé en Portugal, il s'y fit admirer. A son retour à Rome, 
il y reçut des applaudissements « qui firent désirer à plusieurs 
grands hommes de finir par où il commençoit ». 

« Il fut envoyé à Avignon auprès du cardinal Mazarin , 
vice-légat , qui conçut tant d'estime pour lui que , devenu 
ministre, il voulut l'avoir auprès de soi. Ondedei était déjà de 
retour de Rome; il en revint pressé par les sollicitations du 
cardinal. 

« Chargé sous le cardinal, premier ministre, du département 
des affaires d'Italie, il s'en acquitta avec tant de succès, qu'on 
attribue à sa prudence le succès de nos armées en Italie. 

« La reine-mère l'honora de son estime... et Louis XIV le 



[1) Arch. ci"de Fayence, Registres de sépultures, 1674. 

(2) Noie de M. le chanoine Audibert, ancien supérieur du grand-séminaire de Fréjus. 
(Papiers de la famille G-M. de Dratuignan.) 



286 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

choisit pour aller conclure son mariage et lui amener la prin- 
cesse d'Espagne. 

« Ondedei voulait ensuite se retirer dans son évêché. Mazarin 
s'y opposa et le retint auprès de lui : il n'eut de liberté qu'après 
la mort du cardinal et en profita pour venir dans son diocèse où 
il s'appliqua à remplir les devoirs de son ministère. 

« Sa prudence lui fit « calmer des tempetles et des émotions 
qui auraient sans doute ruiné une des plus importantes villes de 
son diocèse » (1). 

Pendant la vacance du siège, l'administration du chapitre fut 
confiée au prévôt, Jean-Baptiste de Coriolis. 



(Il On veut dire sans doulc Draguignan et on fait allusion aux troubles qui ensanglantè- 
rent celle ville après la Fronde. 



DU X!I1° A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 287 

BENOIT-ANTOINE DE CLERMONT-TONNERRE 

(1675-1678) 



Sommaire. - Refus de Michel Poncet. — Nomination et sacre de 
Benoit-Antoine de Clermont-TonneiTe.— Visite à la Sainte-Baume 
et à Saint-Maximin.— L'ordonnance sur les confesseurs. — Mesures 
do rigueur contre les Observantins de Sainte-Rossoline. — La 
visite du diocèse. — Les missions. — Charité du prélat envers les 
pauvres et les infirmes. — Sa dévotion envers la Sainte-Vierge. — 
Sentence de visite contre les désordres de la Saint-Marcel à 
Barjols. — Les reliques de Sainte-Maxime. — Félicitations aux 
prieurs sur la bonne tenue du lieu saint. — Sollicitude du prélat 
pour la construction des nouvelles églises. — Sa vigilance sur les 
sages-femmes et les hôpitaux. — Son zèle pour faire adopter la 
liturgie romaine.— Mésintelligence dans le sein de la collégiale de 
Draguignan. — Inauguration du grand séminaire. — Le Propre du 
diocèse. — L'attentat de Tourrettes : excommunication de Pierre 
de Villeneuve; interdit sur le village; le pardon. — La maladie du 
prélat. — Le viatique et la mort. — Les chanoines et la chapelle 
pontificale. — Administration de la mense par le commissaire du roi. 



Aussitôt après la mort d'Ondedei, le roi nomma Michel Poncet 
à l'évêché de Fréjus. Les bulles d'institution n'étaient pas 
encore expédiées que celui-ci avait déjà renoncé à son siège 
pour accepter l'archevêché de Bourges devenu vacant. Le choix 
du roi se porta alors sur Benoit-Antoine de Glermont-Tonnerre- 
Crusy, du diocèse de Langres, licencié en théologie. 

Le nouvel évêque, âgé de trente ans à peine, appartenait à 
l'une des plus illustres familles de France. Quoique petit de 



288 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

taille, il avait un extérieur noble et distingué; il s'était adonné à 
la prédication et avait remporté de brillants succès (l). Préconisé 
par Clément IX dans le consistoire public du 23 mars 1675, il 
reçut la consécration épiscopale le 23 avril 1676 dans la chapelle 
des Carmélites de Paris, des mains de l'archevêque, François de 
Harley, assisté d'Armand de Simiane, évêque de Langres, et de 
Jean Armand de Biscary, évéque de Béziers. 

Antoine de Clermont-Tonnerre fit prendre possession du 
siège, le 2 juin 1670 _, par l'administrateur de la mense épisco- 
pale, Pierre de Maignan. Avant de se rendre dans son diocèse, 
il visita la Sainte-Baume et les reliques de sainte Madeleine à 
Saint-Maximin (2). Il fit son entrée solennelle à Fréjus le 
22 novembre suivant (3). Son premier acte en arrivant fut de 
promulguer une ordonnance pour interdire « à tous les prêtres 
séculiers et réguliers, sauf aux prieurs, vicaires et curés per- 
pétuels, de s'ingérer dans l'administration des sacrements et 
autres fonctions hiérarchiques , sans avoir été examinés , 
approuvés et en avoir obtenu la permission par écrit, dans 
l'espace d'un mois (14 décembre) »; il exigea des réguliers 



(1) « Considérant les talents particuliers que Uieu lui a donnés pour la prédication et se 
promettant Sa Majesté qu'il les emploiera utilement pour faire connaître les vérités de 
TEvangile dans le dioci^se de Fréjus. » (Lettres i!e nomination. 'Arcli. dép'", liisiti. ecclés J. 
« Il était d'une petite laille, mais gracieux et beau. Savant, prêchant bein et plein de piété ». 
(Girardin. IIi.il. de Frrjtis. II, p. SCO.) 

(S) Uoiioyraphie du couvent de Saint-Maximin, p. 244. Notes du P. Reboul. 

(3) Le conseil lui fit don de deux bassins d'argent qui coûtèrent 608 livrée. (Arch c''* de 
Fréjus, BB. 21) Le conseil paya encore 300 pavillons peints, deux quintaux de poudre et le 
poisson envoyé au Muy pour le souper de l'évêque. (Id CC. 138.) 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 289 

qu'ils présentassent leur obédience, déclarant nul et d'aucune 
valeur tout pouvoir écrit ou verbal obtenu précédemment. Lès 
Observantins de Sainte-Rossoline ayant refusé de se conformer 
aux prescriptions épiscopales, une ordonnance du 27 février 1G77 
leur enleva tous les pouvoirs de juridiction, et leur gardien, le 
P. Coquillat, qui devait prêcher le Carême à Garces, se vit 
retirer celte autorisation (1). 

Dans les paroisses qu'il devait visiter, Clermont-Tonnerre 
avait l'habitude de se faire précéder par des missionnaires, 
qui pendant plusieurs jours évangélisaient les fidèles et pré- 
paraient les enfants à la confirmation. La paroisse de Pignans 
fut la première à recevoir la visite épiscopale. Depuis un mois 
Clermont-Tonnerre y avait envoyé plusieurs prêtres pour y 
prêcher une mission. Arrivé le 6 février, quelques jours avant 
la clôture, il en suivit régulièrement les exercices (2), pous- 
sant même le zèle jusqu'à confesser les fidèles qui désiraient 
s'adresser à lui , administrant les derniers sacrements à un 
malade en danger de mort. Aussi le succès de la mission , 
favorisé par la présence du prélat, dépassa toutes les espéran- 
ces. Le jour de la clôture, l'évêque chanta solennellement la 
grand'messe à laquelle il communia un grand nombre de fidèles 
qui n'avaient pu s'approcher le matin de la sainte table. Avant 
la fin de l'année il avait visité cinquante-six paroisses, laissant 
partout des traces ineffaçables de son zèle et de sa bonté. A 



{1) Arch. dép'". Insin. ccctés. 

(3) Il assistait même anx sermons qui se donnaient en provençal et en particulier à une 
conférence dialoguée sur la calomnie. 



290 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Barjols, aux Arcs, au Luc et à Lorgues , Glermont-Tonnerre 
porta le viatique aux malades. C'étaient souvent des indigents; 
le charitable prélat leur laissait alors une large aumône et faisait 
parmi les assistants une collecte qu'il remettait à ces malheureux. 

Gomme il avait une grande dévotion envers la Sainte-.Vierge, 
il aimait à visiter les sanctuaires qui lui étaient consacrés. Il 
alla deux fois à Notre-Dame-de-Grâces à Gotignac. « Nous y 
avons imploré, dit-il, l'assistance de la reine des anges pour 
nous obtenir la grâce d'une sainte administration d'un si grand 
diocèse ». A Barjols, il se rend à la chapelle de Notre-Dame-de- 
Bon-Refuge et trouve « ce lieu si beau, si dévot qu'il inspire 
même la dévotion aux plus tièdes, ce qui nous donne, ajoute-t-il, 
une granda consolation ». 

Dans cette paroisse les plus graves désordres déshonoraient 
le culte de saint Marcel, patron de la ville. Le jour de la fête, 
prieurs et prieuresses se réunissaient avec de nombreux invités 
en un banquet où régnait la plus grande licence. Pendant la 
cérémonie religieuse on se livrait à des danses scandaleuses; 
des hommes, déguisés en femmes, allaient sous ce travestisse- 
ment baiser les reliques du saint. Glermont-Tonnerre dut 
interdire, sous peine d'excommunication, danses et festin, 
et ordonner que la vaisselle d'argent de la confrérie serait 
vendue pour l'achat d'une châsse d'argent de plus de 3,000 
livres que l'on se proposait de commander; il prescrivit en 
outre que chaque année, le dimanche avant la fête patronale, 
lecture serait donnée au prône de la sentence qu'il venait de 
randre. A Gallian, le prélat fit la visite canonique des reliques 
de sainte Maxime, et obtint des habitants une côte de la sainte 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 291 

pour la ville épiscopale, où elle est encore vénérée aujourd'hui. 
C'était pour lui une grande joie quand il trouvait des églises 
bien tenues. A Mons, il félicita l'illustre Joseph Antelmy, qui en 
était le prieur, du désintéressement avec lequel il avait pourvu 
d'ornements l'église et décoré l'autel de S*^ Joseph d'un magnifique 
retable. Peu de prêtres reçurent un éloge aussi mérité que l'abbé 
d'Esparra, prévôt de Toulon et prieur de Tourtour : « Nous 
déclarons, dit l'évêque visiteur, être dans l'agréable impuissance 
de pouvoir faire aucune sentence à son égard et ne pouvoir 
former d'autre désir que celui de voir toutes les paroisses du 
diocèse se régler sur ce modèle » (1). 

Plusieurs paroisses se trouvaient dans la nécessité de cons- 
truire une nouvelle église. Partout Clermont-Tonnerre s'appli- 
qua^ au cours de sa visite, à résoudre les difficultés inséparables 
de l'entreprise. S'il ne réussit point à la Martre à mettre d'accord 
les habitants, il fut plus heureux à Callian où la sentence 
qu'il rendit fut exécutée peu de temps après. A Lorgues, où il 
tint une réunion importante à laquelle assistèrent les membres 
de la collégiale et les notables de la ville, il prit l'engagement de 
contribuer pour un tiers à la dépense ; mais les difficultés qui 
s'élevèrent au sujet de l'emplacement du nouvel édifice en 
retardèrent la construction jusqu'à l'épiscopat d'Hercule de 
Fleury. 

Signalons parmi les actes de son zèle le soin qu'il prenait à 
interroger les sages-femmes sur l'administration du sacrement 



;i) Cet abbé était originaire de Brignoles. Voir sa biographie dans VEssai historique sur 
la ville de Brignoles, publié par M. Gubriel Reboul et le Père Dora Jaubert, p. 737. 



292 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



de baptême, ou encore à s'informer de quelle manière les hôpi- 
taux étaient tenus, provoquant au besoin, comme à Claviers, 
la fondation de ces établissements charitables. Il s'appliqua 
aussi à faire adopter partout la liturgie romaine et l'imposa aux 
chanoines d'Aups qui suivaient encore le rit fréjusien. 

Les querelles incessantes qui divisaient les chanoines de 
Draguignan l'affligeaient profondément. « Cet état de choses, 
disait-il, est le seul déplaisir que je reçoive dans mon diocèse ». 
Mais, malgré les plus louables etîorts et les plus pressantes 
démarches, il ne put réussir à rétablir la paix parmi eux. 

Il semble que la Providence ait voulu adoucir au prélat ces 
amertumes en lui réservant la consolation d'ouvrir le séminaire 
diocésain. « Depuis qu'il a plu à la divine Providence de nous 
élever au rang des premiers pasteurs de son Eglise, disait-il à 
ses prêtres , nous avons toujours cru qu'un des principaux 
devoirs auxquels nous étions engagés envers elle, était de lui 
procurer des ministres qui répondissent à sa pureté et, qui étant 
par là de dignes coadjuteurs de notre ministère, puissent con- 
courir à la sanctification des âmes qui ont été commises à notre 
conduite. Mais comme cette même Eglise n'a pas reconnu de 
moyen plus propre pour former ces ouvriers excellents que 
l'établissement des séminaires et qu'un si grand bien, dont la 
plupart des grands diocèses de ce royaume profitent avec tant 
de succès et de bénédiction , avait presque été tout-à-fait retardé 
dans le nôtre jusqu'à ce temps, nous avons mis depuis notre 
arrivée toute notre application pour avancer une œuvre si 
sainte ». 

Dans ce but, un synode général fut convoqué à Fréjus, au 



DU XIII*^ A LA FIN" DU XVUl^ SIÈCLE 293 

mois de janvier 1677. L'assemblée chargea les syndics de 
la chambre ecclésiastique^ « de prendre les moyens les plus 
efficaces pour mettre la dernière main à cet établissement », et 
fixa au mois de février la réunion des délégués diocésains. 
Glermont-Tonnerre interrompit, pour y assister, la visite pasto- 
rale qu'il faisait à cette époque. Il proposa d'abord à la chambre 
diocésaine de renoncer au bénéfice de l'arrêt rendu par le 
Parlement, le 30 janvier 1673, arrêt qui avait réduit, comme 
nous l'avons déjà vu , la contribution des bénéficiers ; les 
syndics s'y étant opposé, il jugea prudent de ne pas insister^ 
« Quoique nous soyions en droit, dit-il, de demander la somme 
qui a été accordée par le roi et d'en appeler à son conseil, 
nonobstant l'avis contraire du Parlement de Provence, pourtant, 
craignant que cette poursuite ne retarde encore l'établissement 
du séminaire que nous avons tant à cœur et espérant d'ailleurs 
que la contribution volontaire à laquelle onse soumettait pour- 
rait attirer plus aisément les libéralités des bénéficiers qui 
suppléeront encore avec plus d'abondance à ce qui pourrait 
manquer, nous consentons à ce qui nous est demandé et pour 
montrer que nous ne voulons pas être des derniers à donner 
l'exemple, nous consentons à être soumis à l'imposition com- 
mune ». Ces paroles furent couvertes d'applaudissements. Les 
syndics n'eurent plus qu'à fixer la part de contribution afférant 
à chaque bénéfice. Au lieu de 1,500 livres, la taxe s'éleva à 
1,600, grâce à la déclaration faite par l'évêque de considérer 
comme non avenu, en ce qui le concernait, l'arrêt du Parlement. 
Il fut ensuite réglé qu'on acquerrait deux maisons dans la rue 
Saint-Joseph, pour y recevoir les ecclésiastiques, et l'on fixa 

19 



294 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

l'ouverture du séminaire au 25 avril, dimanche de Quasimodo. 
Clermont Tonnerre manifesta la plus vive satisfaction des réso- 
lutions prises : « Depuis notre élévation à l'épiacopat, dit-il, c'est 
la plus grande joie que nous ayons ressentie ». 

Au jour fixé, à 7 heures du matin, au milieu d'un grand 
concours de prêtres et de fidèles, l'évêque, revêtu de ses habits 
pontificaux, bénit solennellement la chapelle du nouvel établisse- 
ment et la dédia à saint Léonce qu'il « décl'ara patron du clergé de 
son diocèse » (1). La cérémonie se termina par le chant du Te 
Deum. Les élèves, avant d'être admis, avaient été examinés par 
le prélat lui-même. Ils furent introduits^ après l'office pontifical, 
dans une salle commune où on leur donna lecture du règle- 
ment (2). La direction de la communauté fut confiée au doyen de 
la collégiale de Draguignan, Jean-Baptiste Robert; un prêtre du 
diocèse de Sénez, Joseph Vairac, fut chargé du cours de théologie 
et un diacre de Langres, Claude Cottan, venu sans doute à Fréjus 
à la suite de l'évêque, reçut l'administration du temporel. A 
midi, des agapes fraternelles réunirent à la même table, autour 
du prélat, professeurs et élèves, ainsi que les membres du 
chapitre et les prêtres qui avaient assisté à la cérémonie (3). 

Le nom de Clermont-Tonnerre est resté attaché à la publica- 
tion d'une œuvre liturgique qui a été le premier recueil de ce 
genre en usage dans le diocèse de Fréjus. Voulant mettre fin 



(1) Sur ia porte de la chapelle ou lisait cette iuvocation : Sancte Leonli, clerici universi 
palrone. O. P. N. 
(3) Ce règlement avait été dressé sur le modèle de celui da séminaire d'Aiz 
(3) Bulle d'institution du séminaire.— (Arch. dép'". Imin. ecclés. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 295 

aux divergences qui existaient dans l'office de quelques saints, 
honorés spécialement dans nos églises, l'évoque nomma, dans 
le synode du mois de janvier 1677, une commission chargée de 
préparer le Propre des saints du diocèse. Rédigé après seize 
mois de travaux, le Propre fut publié, le 11 mai 1678, par 
Glermont-Tonnerre qui le rendit obligatoire dans le diocèse (1). 

A cette époque, Glermont-Tonnerre était déjà miné par une 
maladie de consomption dont il avait pris le germe dans une 
circonstance malheureuse qu'il nous reste à raconter. 

Il faisait, le 22 octobre 1677, la visite pastorale de Tourrettes : là 
personne pour lui souhaiter la bienvenue. Le seigneur du village, 
Pierre de Villeneuve, « homme violent et superbe », avait, nous 
ne savons pour quel motif, défendu aux habitants d'aller au- 
devant du prélat. 11 se présentait lui-même, avec son bailli et les 
consuls, au moment où l'évêque sortait de l'église et le poursui- 
vait de ses injures jusque sur la place publique. Girardin assure 
même qu'il osa lever la main sur lui et le souffleter. Mais « le 
doux et extrêmement bon prélat », comme l'appellent des rela- 
tions contemporaines (2), sut contenir son indignation. Avant de 
venger l'outrage fait à son caractère sacré, il voulut laisser 
aux coupables le temps de se repentir. Mansuétude admirable, 

(1) L'un des membres les plus innuents de celte commission fut le chanoine Joseph 
Anteimy. 

(2) Le doux prélat, dit Anteimy, De Iniliis.— « M«' est extrêmement bon, mais il est 
poussé par son officiai et son promoteur ; et avec cela il faut être sur nos gardes, car il est 
un homme de cour achevé >. Lettre du P. Girardin du couvent de Saint-Tropez à son pro- 
vincial, au sujet de la visite iiue l'évêque voulait faire à leur église et à laquelle les capucins 
s'opposèrent. [Archives capucines du couvent de Saint-Tropez, p. 185.) 



296 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

qui ne put cependant fléchir le cœur du baron. L'indigne conduite 
de Pierre de Villeneuve est restée inexpliquée; les documents 
de l'époque sont muets sur le mobile de l'acte inqualifiable qu'il 
commit. Après avoir vainement attendu pendant cinq semaines 
un acte de soumission ou une parole de regret , Clermonl- 
Tonnerre fit savoir par un avis, qui fui lu au prône et affiché sur 
les portes de l'église, que si, dans six jours, le baron ne venait 
pas à FréjuSj avec le bailli et les consuls, implorer son pardon, 
la paroisse serait frappée d'interdit. Les menaces du prélat 
n'eurent pas plus d'effet que sa mansuétude. C'est alors que 
Glermont-Tonnerre, usant enfin de son autorité épiscopale, lança 
l'interdit sur le village et l'excommunication majeure sur Pierre 
de Villeneuve et ses complices. 

Les habitants, attristés du rôle odieux qu'on leur avait imposé, 
auraient voulu se rendre à Fréjus pour supplier l'évêque de 
lever la censure; mais ils étaient toujours sous le coup de la 
terreur que leur inspirait le baron. Instruit de ces bonnes dispo- 
sitions, Clermonl-Tonnerre permet d'abord l'administration de 
l'Extrême-Onction ; le 2 mars 1678, il lève l'interdit sur la paroisse 
et délie le bailli ainsi que les consuls de leur excommunica- 
tion, déclarant qu'il n'absoudra le baron de ses censures que 
« lorsqu'il aura plu à Dieu de lui ouvrir les yeux et le porter à 
une sincère pénitence ». « Cette aventure fit grand bruit dans 
toute la France ». Trois mois s'écoulèrent encore (1). Sous pré- 
texte que le prélat « s'était fait en quelque manière justice en 



(1) Pierre de Villeneuve fut provoqué en duel par le chevalier de Clermont, frère de 
l'évêque, mais l'an'airc n'eut pas de suite. 



DU XIII*' A LA FIN DU XVI 11^ SIÈCLE 297 

excommuniant le baron », le Parlement saisi de l'affaire, se 
contenta de réprimander le coupable, en lui enjoignant « d'aller 
se faire absoudre par l'évêque de Fréjus, et de lui demander 
excuse ». Malgré sa réserve, cette sentence était la condamna- 
tion formelle de Pierre de Villeneuve. Celui-ci comprit qu'il ne 
pouvait résister davantage. Le 3 juin 1678, il se rend à l'évéché : 
là, en présence de plusieurs chanoines et gentilshommes, il se 
jette aux genoux de l'évêque, le suppliant à haute voix de lui 
pardonner son crime. « Je n'attendais que cette démarche, lui 
répond Clermont-Tonnerre en le relevant, pour vous absoudre 
d'une faute que j'aurais oubliée si l'injure s'était adressée à ma 
personne et non à ma dignité ». L'assistance se rend alors à la 
chapelle où le baron de Tourrettes reçoit l'absolution canoni- 
que (1). 

Trois jours après, les habitants de Tourrettes vinrent à Fréjus 
remercier l'évêque et le supplièrent de revenir dans leur village, 
promettant de le recevoir cette fois avec les plus grandes 
démonstrations de joie et de respect. Mais Clermont-Tonnerre, 
qui sentait chaque jour ses forces l'abandonner, ne put se rendre 
à leur désir. Vaincu par le mal, quoiqu'il se fit une violence 
extrême, il se mit au lit vers le milieu d'août^ se confessa et 
demanda le saint Viatique. Les médecins voulurent auparavant 
pratiquer une saignée qui, d'après eux, devait le sauver. Con- 
trairement à leur attente, cette opération affaiblit tellement le 
malade qu'il perdit entièrement connaissance. A ce moment les 
chanoines et les théologiens, réunis autour de son lit, se deman- 

(1) Arcli. dép'''». lus. eccl. — Girardin, II, p. 259-260. 



298 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

dèrent s'il convenait de donner le saint Viatique au prélat mori- 
bond; mais, avant que la question eut été résolue, le malade 
rendait ledernier soupir (1). 

Il mourut le 24 août 1678, entre deux et trois heures du matin, 
dans la 34^ année de son âge, après vingt-six mois d'épiscopat^ 
« plaint et regretté de tout son diocèse », dit Antelmy. « Ce 
prélat, ajoute Girardin, faisait concevoir les plus grandes espé- 
rances pour l'Eglise et le diocèse ». On l'ensevelit dans la cathé- 
drale. Sur sa tombe les chanoines firent graver cette épitaphe 
qu^Antelmy avait composée : 

Sia viaior et audi 

Illustriss. D. Anton. Benedictum 

De Clermont-Tonnerre , 

Alterum Ecclesiœ Forojulien. Angelum. 

Ecclesiasten Agentem etiani post obitum. 

Nam et mortuus , quasi tuba exaltât vocem suam. 

Non de pulpito, ut olim , sed de loculo. 



(1) Joseph Aiitclray se prononça pour Tallirmalive en s'appuyant sur le sentiment de saint 
Thomas, sur les instructions données au V« siècle par le pape saint Léon à Théodore, cvêque 
de Fréjus, et sur cette rubrique du vieux sacramenlaire de la cathédrale : « Si quelqu'un, 
après avoir demandé k se réconcilier, a perdu l'usage de la parole quand le prêtre arrive et 
que les témoins sont dignes de foi, le prêtre doit faire sur le malade ce qui est de coutume i. 
Or, la coutume était alors, disait le docte chanoine, de donner aux malades le saint Viatique. 
Mais, ajoute-t-il, tandis que la foule des médecins qui entouraient le moribond disait que 
son état n'inspirait aucune crainte, une crise violente se déclare, je propose de nouveau de 
donner le saint Viatique, mais je ne sais quels théologiens s'évirièrent que mon opinion était 
absurde et contraire i l'usage. Et notre très doux pontife ferma les yeux à la lumière, sans 
avoir goùié celte céleste nourriture qu'il avait tant désirée. [De Iniliis, p. Ul.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 299 

Non verho , sed exempîo suo 

Quid auiem clamât ? omnis caro fœnum : 

Et omnis gloria ejus , quasi Jlos fœni. Exsicca- 

tum est fœnum, et cecidit fLos, quia spiritus 

Domini sufflavit in illo. 

Abi viator : 

Et optimi pasioris piis manibus perennem 

gloriam apprecare (1). 

Pendant sa maladie les chanoines avaient fait saisir quarante- 
quatre charges de blé dont le produit, 815 livres, devait servir de 
premier appoint pour acheter la chapelle pontificale que le prélat 
défunt devait encore. En gens avisés, les dignitaires de la cathé- 
drale préférèrent prendre une garantie sérieuse du vivant de 
l'évêque que d'attendre le bon vouloir de ses héritiers. Ils dési- 
gnèrent pour vicaires capitulaires, pendant la vacance du siège, 
le prévôt Jean de Coriolis, Bernardin de Camelin et Pierre Maille. 
Joseph Antelmy continua de remplir les fonctions d'ofïicial. Le 
commissaire du roi arrenta aux enchères les annates de l'évêché 
au prix de 22,000 livres et fît réparer les immeubles de la mense 
épiscopale aux frais des héritiers de Zongo Ondedei (2). 



(1) Antelmy. De Iniiiis, p. 174.— Du temps de Girardin cette épitaphe se voyait encore 
au pied du maîlrc-autnl de la cathédrale. 
(•i) Custe et Bruael, notaires à Fréjus. 



300 LES ÉVÈQUES DE FRÉ.JUS 

LOUIS D'ANGLURE DE BOURLEMON 
(1679-1680) 



Sommaire.— Le séjour à Rome. — Refus des évèchés de Tournai et de 
Lavaur. — Nomination à Frcjus. — Transfèrement à T'évêclié de 
Carcassonne. — Promotion à rarchevèché de Bordeaux. — Le De 
Inîtiis. — Jup-oment d'Antclmv. 



Louis d'Anglure de Bourlemon naquit, en 1617, à Anglure, 
dans le diocèse de Troyes. Il remplissait à Rome, depuis vingt- 
deux ans, les fonctions d'auditeur de rote, quand il fut élevé au 
siège épiscopal de Fréjus. Savant théologien , prêtre de mœurs 
irréprochables, Louis de Bourlemon était malheureusement 
imbu des idées gallicanes. Son séjour à Rome ne les modifia 
guère. Aussi Louis XIV avait en lui une entière confiance. Après 
l'affaire des Corses, il le chargea de négocier avec Alexandre VII 
le traité de Pise qui fut si humiliant pour la papauté. Quand 
le roi eut obtenu du pape la satisfaction qu^il demandait, l'au- 
diteur de rote, qui avait l'esprit caustique, fit cette irrespec- 
tueuse réflexion : « La médecine a un peu d'amertume, mais 
l'effet sera bien salutaire à ceux qui l'ont prise ». Au sortir d'une 
audience où le pape l'avait bien traité, il rappelait cette maxime 
des anciens : « Vexaiio dat iniellectum » (1). 

()} Cluirlcs Géiiii. Lonia \IY et te Saint-Siège. Exirail du Correspondant du i.'5 juillet 1801. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 301 

Le siège de Fréjus ne fut pas le premier qui eut été offert à 
ce dévoué serviteur de la politique royale. Louis de Bourlemon 
refusa successivement les évéchés de Tournai (1668) et de Lavaur 
(1669) ; finalement il accepta celui de Fréjus. Préconisé le 
17 juillet 1679 et sacré à Rome le l*'' octobre suivant, il prit 
possession de son siège par procuration, dit Girardin (1), et n'y 
vint jamais. L'évêché de Carcassonne, pour lequel il fut préco- 
nisé le 6 avril 1680, lui fit bientôt oublier celui de Fréjus; cinq 
mois après, il était promu à l'archevêché de Bordeaux qu'il 
garda jusqu'à sa mort survenue le 9 novembre 1697. 

Louis d'Anglure de Bourlemon termine la chronologie des 
évéques donnée par Antelmy dans le De Initiis. L'illustre histo- 
rien de notre église publia l'année suivante , pendant la vacance 
du siège, son précieux ouvrage. C'est pour cela qu'il le dédia à 
l'archevêque d'Aix. Voici ce qu'il a dit de Louis de Bourlemon : 
« A cause de sa sagesse, de sa modération, de son intégrité et 
des services qu'il a rendus pendant trente ans dans l'exercice 
de ses fonctions pour protéger et promouvoir la majesté et la 
gloire du royaume de France^ ce prélat s'est recommandé à la 
bienveillance du roi et a été nommé au siège de notre église ». 
Eloge exagéré qui se ressent des idées de l'époque et de l'in- 
fluence alors prépondérante du gallicanisme. 



(1) Girardin. llist. de Fréjus, 11, 20K 



302 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

LUC D'AQUIN 

(1680-1697) 



Sommaire. — Potier de Novion. — La vacance du siège. — Ordonnance 
de l'official sur le port de l'habit ecclésiastique. — Nomination de 
Luc d'Aquin. — Les origines et la famille. — Faveurs royales. — 
L'assemblée de 1682. — Instructions secrètes envoyées ù l'évêque 
de Fréjus. — Visites pastorales.— Troubles au Luc à l'occasion de 
la révocation de l'édit de Nantes.— Réformes diverses.— Sollicitude 
du prélat pour les écoles et l'éducation des jeunes filles. — Mesures 
de bienveillance envers les communautés de femmes. — Sa vigi- 
lance sur les confi'éries. — Agrandissement du grand séminaire.— 
La seigneurie temporelle. — La disgrâce et l'exil. 



Le successeur de Louis de Bourlemon devait être Jacques 
Potier de Novion^évêque de Sisteron. Ce prélat fut en effet nommé 
par le roi au siège de Fréjus et reçut même, à Sisteron, les hom- 
mages des délégués de sa nouvelle ville épiscopale (1); mais, 
comme son prédécesseur, il préféra une église plus riche à celle 
qu'il avait d'abord acceptée et, peu de jours après, il obtenait 
l'évêché d'Evreux. 

Pendant la vacance du siège, Joseph Antelmy, qui remplissait 
les fonctions d'ofïîcial, se vit obligé de combattre l'habitude prise 
par un certain nombre d'ecclésiastiques de revêtir des habits 

(1; Arch. c'" de Fréjus, BB. il. f» 285. 



DU Xïll^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 303 

séculiers qu'ils ornaient même, selon le goût de l'époque, de 
rubans de couleurs. Dans une ordonnance du 5 septembre 1680, 
l'official déclarait suspendus de leurs fonctions et privés pendant 
une année des revenus de leur bénéfice tous les clercs qui n'au- 
raient pas repris leur soutane dans l'espace de six jours : « Ces 
fruits, ajoutait-il_, seront applicables aux pauvres des lieux où 
ces bénéfices sont situés, et si ces clercs persistent encore quinze 
jours dans leur révolte ou s'ils reprennent encore l'habit laïque 
après l'avoir quitté, ils seront déclarés totalement suspendus de 
leur ordre, déchus et privés de leurs bénéfices et poursuivis 
irrémissiblement par toutes les autres voies de droit, conformé- 
ment aux lois de l'Eglise et de l'Etat » (1). 

On trouva enfin un prélat qui consentit à venir occuper le 
siège de Fréjus. Ce fut l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, 
Luc d'Aquin. Nommé par le roi, le 25 septembre 1680, il fut pré- 
conisé le 17 mars de l'année suivante. Sa famille, de race juive, 
était originaire d'Avignon. Son élévation à l'épiscopat était due, 
non à ses mérites personnels, mais aux intrigues de son père 
et de son frère Antoine qui étaient médecins, l'un d'Henriette de 
France, reine d'Angleterre, l'autre du roi. 11 était connu par ses 
bizarreries de caractère, son excentricité (2) et son amour de 
l'argent. Louis XIV, qui voulait acheter ses services, lui céda, 

(1) Fonds personnel. Papiers du docteur Eugène Pascal.— \f. Eugène Pascal, docteur en 
médecine, décédé à Fréjus, il y a une dizaine d'années, avait pris copie de tous les documents 
rares ou inédits qu'il avait pu trouver sur sa ville natale. Ces notes, après sa mort, nous 
ont été très obligeamment remises par son neveu, M. Eugène Vian-Pascal, ancien avoué, 
propriétaire h Fréjus, b qui nous adressons ici tous nos remerciements. 

(3) Saint-Simon. Mémoire'!, p. 213, 



304 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

tous les revenus de la mense épiscopale échus depuis la mort de 
Clermont-Tonnerre (27 juillet 1681) (1). 

Selon l'usage, le conseil communal de Fréjus envoya au 
nouvel évêque une députation pour le féliciter. Les délégués ne 
l'ayant pas trouvé à Aix, allèrent jusqu'à Saint-Paul. Le prélat 
« les reçut fort agréablement, dirent-ils à leur retour, et promit 
de se rendre à son nouveau siège très-prochainement » (2). 
Mais Luc d'Aquin , après avoir fait prendre possession de 
l'évêché, le 16 août suivant, par Jacques Benoit, bourgeois de 
Fréjus, différa près de deux ans son arrivée, retenu hors du 
diocèse par la mission de confiance qu'il avait à remplir. 

Louis XIV préparait, de concert avec ses théologiens, la 
fameuse assemblée du clergé d'où devait sortir la déclaration de 
1682. Il avait donné des ordres pour qu'on élut dans chaque pro- 
vince ecclésiastique les députés sur lesquels il pouvait compter. 
Le cardinal de Grimaldi, archevêque d'Aix, prévoyant ce qui 
devait arriver,, se refusait à convoquer ses suffragants. C'est 
alors que le roi, résolu à agir en dehors de lui, manda aux 
évêques de la province qu'à raison du refus du métropolitain, 
J'évêque de Riez, le plus ancien d'entre eux, était chargé de les 
réunir en assemblée provinciale. « J'ai l'assurance, ajoutent 
les lettres royales, que vous donnerez en cette occasion des 
marques de votre zèle ordinaire pour l'exécution de ce que je 
désire ». 

Afin de faciliter sa mission à l'évêque de Riez, déjà gagné à la 



(4) Arch. dép'". Insin. ecclés. 

(5) Arch. c'«» (le Frijus, BB. 21, f" 328 v». 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 305 

cause royale, et forcer la main à l'archevêque, Louis XIV fit 
partir pour Aix le nouvel évêque de Fréjus avec des instructions 
secrètes. Luc d'Aquin était porteur d'une missive de Colbert à 
l'intendant de Provence,, dans laquelle le ministre recomman- 
dait à son subordonné de s'en tenir aux désirs que le roi avait 
nettement exprimés à l'évêque de Fréjus, « lequel, ajoutait-il, 
était aussi bien intentionné qu'il le doit être pour le service de Sa 
Majesté. Sa Majesté, ajouta-t-il, désire que vous vous concertiez 
avec lui sur toutes les affaires qui se présenteront », ■»- 

La ruse et le mensonge triomphèrent des résistances de 
l'archevêque. Letellier parvint à lui persuader que l'assemblée 
du clergé laisserait de côté la question de la régale et que les 
suffrages seraient librement exprimés. Circonvenu par ces falla- 
cieuses promesses, l'archevêque se décida à convoquer ses 
suffragants. L'intrigue réussit pleinement. Grâce aux mesures 
si habilement prises, l'assemblée élut pour députés les évêques 
de Riez et de Frejus. Ceux-ci, fidèles à exécuter les ordres du 
roi, signèrent la fameuse déclaration du 19 mars 1682 (1). 

Ce service rendu à la cause royale, Luc d'Aquin songea à 
venir à Fréjus, où il fit son entrée solennelle le 22 novembre sui- 
vant. Quinze jours après, il commençait la visite des paroisses. 
Obligé de l'interrompre au bout de dix jours à la suite d'une 
indisposition assez grave, il ne la reprit qu'en 1686, après un 
court voyage à Paris (2), De nouveau suspendue, puis continuée 



(l) Charles Gérin. Louis XIV et la Déclaration de 1682, passiin 

(3) Parli après le 3 avril 1685, Luc d'Aquin était de retour le U uovembre suivant. 
(Maurioc, notaire à Fréjus). 



306 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

l'année suivante, cette première tournée pastorale fut suivie 
d'une seconde, en 1692, que le prélat ne put achever. 

Pendant son absence, des troubles graves, occasionnés parla 
révocation de l'édit de Nantes, éclatèrent au Luc, où les protes- 
tants étaient, nous le savons, nombreux. Le vicaire général 
Antoine Porre, auquel l'évêque avait confié l'administration du 
diocèse, et le syndic du clergé, Bernardin de Camelin, dénon- 
cèrent au Parlement les fauteurs de désordres (1). Peu à peu 
cependant les esprits se calmèrent : trente-six familles d'héréti- 
ques embrassèrent la foi catholique; les autres préférèrent pren- 
dre le chemin de l'exil (2). Dans sa visite pastorale du 11 mars 
1686, Luc d'Aquin acheva l'œuvre de la conversion. Réunissant 
les nouveaux convertis, il les exhorta « à bien faire leur devoir 
et à bien considérer la grâce que Dieu leur avait faite de recon- 
naître leur erreur, ce qu'ils promirent de faire avec beaucoup de 
soumission » (3). Plus tard, en 1690, sur la demande des consuls 
du Luc, il unit à l'hôpital de cette ville les bieiïs du consistoire 
réformé (4). 

C'est d'ailleurs justice à lui rendre. Malgré sa courlisanerie 
et ses défauts, Luc d'Aquin se montra toujours fort zélé pour les 
intérêts de la religion. Dans ses tournées pastorales il examinait 



(1) Honoré Maurioe, notaire a Fréjus. 
(S2) Arch. c'«» du Luc, BB. 21, f»» 312, 315. 

(3) Arch. dép'". Visites pastorales. — Une lettre du comte de Grignan, gouverneur de 
Provence, nous apprend qu'il y avait également des uouveaux convertis k Gonfaron, à la 
Garde-Freinet, au Muy, à Bargemon, à Fayence, a Seillans, à Tourrettes et à Callian. — 
Arch. c'«» de Draguignan. 

(4) Arch. c'" du Luc, BB. 21, f« 31S. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 307 

avec soin les enfants qui lui étaient présentés pour la confir- 
mation, refusant impitoyablement ceux qui ne lui paraissaient 
pas suffisamment préparés. En même temps il prescrivait de 
séparer les hommes des femmes dans l'église, de présenter les 
nouveaux-nés au baptême dans les trois jours de la naissance, 
avec défense de leur donner des noms empruntés à l'Ancien- 
Testament ou à l'histoire profane. Il s'informait avec sollicitude 
de la situation des écoles, obligeait les communes à en tenir au 
moins une. Quand les ressources manquaient pour entretenir 
un régent, il chargeait les prêtres des paroisses d'en remplir les 
fonctions. Ainsi fit-il à Ramatuelle (1). 

Comme son prédécesseur, le prélat aimait les lieux de pèleri- 
nage : nous le voyons, le 28 mars 1686, dire la messe à la 
chapelle de Notre-Dame-de-Grâces, vénérer le corps de sainte 
Rossoline le 6 avril suivant. Il visite à Callian les reliques de 
sainte Maxime, à Gallas celles de saint Ausile et reconnaît à 
Barjols l'authenticité des reliques de saint Marcel sauvées du 
bûcher des huguenots et récemment cédées par Joseph de Pon- 
tevès à l'église collégiale. 

Les religieuses trouvèrent en Luc d'Aquin un père à la fois 
ferme et plein de bonté. C'est ainsi qu'il défendit à la supérieure 
des Ursulines de Barjols de donner des pénitences extraordi- 
naires sans sa permission et d'arrêter ou d'ouvrir les lettres que 
les religieuses voudraient lui adresser. Le 29 mars 1687, une 
ordonnance pastorale rendit obligatoire, dans les couvents de 
femmes, l'élection de la supérieure tous les trois ans. Ayant 

(11 Arch. dépi". Visites pastorales. 



308 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



remarqué un grand luxe dans les vêtements de leurs élèves, 
une nouvelle ordonnance, du 7 décembre 1688, enjoignit d'en- 
seigner la modestie aux jeunes filles, et renouvela la défense 
d'en garder après leur quinzième année, à moins qu'elles ne se 
fussent destinées à la vie religieuse (1). 

La vigilance de l'évêque s'exerça également sur les nombreuses 
confréries du Saint-Esprit qui s'étaient établies dans le but de 
secourir les pauvres. Dans quelques paroisses, notamment à 
Fréjus, les membres de la confrérie songeaient plutôt à se livrer 
à des divertissements, le jour de la Pentecôte, qu'à distribuer 
des secours aux indigents. Le 20 mai 1689, une ordonnance 
épiscopale proscrivait ces abus et interdisait notamment la 
chanson du Kosslgnolet (2). 

Depuis longtemps, les consuls de Draguignan s'étaient arrogé 
le privilège de choisir chaque année le prédicateur du Carême. 
Luc d'Aquin eut gain de cause contre leurs prétentions. Mais 
il échoua quand il voulut s'attribuer la nomination du chanoine- 
sacristain de cette église. L'arrêt du Conseil d'Etat, du 20 
décembre 1691, lui reconnut seulement le droit de conférer 
les dignités canoniales, de donner au chanoine-sacristain les 
pouvoirs nécessaires et de fixer le nombre de prêtres amovibles 
pour l'aider dans l'administration des sacrements (3). 

Le séminaire, depuis sa fondation, voyait augmenter chaque 



(1) Arch. dép'«». Visites pastorales. 

(2) Fonds personnel. Papiers du docteur Eugène Pascal. - Dans quelques paroisses, 
notamment k Gonfaron, celte clian.-ou se clianle encore aux mariages. 

(3j R. Poulie. Uisl. de t'église paroissiale yotre-Dame et Saint-ilichel, p. 338. 



DU XIII* A LA FIN DU XVm" SIÈCLE 309 

année le nombre de ses élèves ; il en venait même des autres 
diocèses. Luc d'Aquin agrandit de deux maisons voisines le 
local devenu insuffisant et fit l'acquisition d'une campagne, dont 
les produits devaient servir aux besoins de la communauté (1). 
Le prélat faisait très régulièrement les ordinations générales. 
En 1687, celle des Quatre-Temps de la Pentecôte coïncidant avec 
la visite pastorale, il convoqua à Aups, où il se trouvait, tous 
les séminaristes appelés aux saints ordres. Ceux-ci s'y rendirent 
à pied, le 23 mai, sous la conduite d'un de leurs directeurs, 
l'abbé Poulie , et après avoir été examinés le soir même par 
l'évêque , furent ordonnés le lendemain (2). 

Malgré les services rendus à la cause royale, Luc d'Aquin 
n'en eut pas moins à défendre sa seigneurie temporelle contre 
les prétentions de la régale. Le 26 novembre 1683 il obtint du 
Parlement un arrêt qui confirmait ses droits ; il fut moins 
heureux devant cette cour dans la revendication des juridictions 
de Montauroux et du Revest (3). 

Luc d'Aquin devait avoir le sort réservé à plus d'un courtisan ; 
il tomba en disgrâce. Son avarice et la violence de son caractère 
l'avaient rendu odieux à ses diocésains. Cependant personne 
n'osait se plaindre. Mais quand son frère eût perdu l'emploi qu'i[ 
avait à la cour, les dénonciations se donnèrent libre carrière. 
Louis XIV s'en émut et chargea l'archevêque d'Aix de faire des 
remontrances à l'évêque de Fréjus. Une entrevue devait avoir 



(1) Jacques Benoit, notaire h Fréjus. 

(2) Arcb. dép'«». Visites pastorales. 

(3) Arcii. c'«« de Fréjus, BB. 21. — Girardin. Descript, du diocèse, p. 170. 

20 



310 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

lieu à Brignoles entre les deux prélats. Après avoir vainement 
attendu son suffragant pendant deux jours ^ l'archevêque dut 
aller lui-même à Fréjus. Cette attitude indisposa le roi. Mandé à 
la cour, Luc d'Aquin partit de sa ville épiscopale, vers la fin de 
l'année 1695, pour n'y plus revenir. Louis XIV le reçut très 
froidement et ne lui ménagea ni les reproches, ni les menaces. 
Un an s'écoula dans l'anxiété de l'attente. Le prélat finit par 
comprendre que le roi n'attendait plus que sa démission ; le 5 
janvier 1697^ il résignait son évêché en faveur de Louis d'Aquin, 
son neveu. « Tout parut bon au roi, dit Saint-Simon, pourvut 
qu'il se démit » (1). Le lendemain, les lettres royales nommaient 
Louis à l'évêché de Fréjus, avec la réserve, en faveur de son 
oncle^ d'une pension de 3,000 livres (2). 

Luc d'Aquin fut exilé en Bretagne, d'où il ne cessa de pro- 
tester, comme nous le verrons, contre la nomination de son 
neveu et celle d'Hercule de Fleury, refusant même de toucher la 
pension qui lui avait été reconnue. Il put enfin rentrer à Paris et 
alla -vivre auprès de son frère Thomas qui, de prévôt d'Aups, 
était devenu le doyen de Saint-Thomas du Louvre. C'est là qu'il 
mourut , le 2 mars 1718. On l'inhuma le lendemain dans le 
caveau des chanoines de cette collégiale. Son cercueil est au- 
jourd'hui conservé dans les sous-sols de l'église Saint-Germain- 
l'Auxerrois. 11 y fut transporté sous l'Empire, quand on joignit 
le Louvre aux Tuileries par un souterrain sous la place du 
Carrousel où s'élevait, avant la Révolution, l'église de Saint- 



(1) Saiat-Simon. Mémoires, p. 314. 
(3) Arrh, dép'", Insin. eccl. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 311 

Thomas. C'était un cercueil en plomb renfermé dans un autre 
en bois, avec l'inscription suivante gravée sur une plaque de 
métal : 

Messire Luc d'Aquin 

Évêque de Fréjus, décédée (sic) du 

2 mars 1718 et à été inhumée (sic) 

Le 3 dudlt mois de mars , même année 

Agé de 77 ans. 

Requiescat in pace. 

Ce cercueil fut ouvert pendant la Commune, sans doute pour 
le dépouiller des objets précieux qu'il pouvait contenir. On n'y 
trouva que quelques ossements. Depuis , par les soins de 
M. l'abbé Legrand, curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, il a été 
recouvert d'un nouveau cercueil en chêne, sur lequel on a cloué 
l'inscription (l). 



(1) Les étranges fautes d'orthographe de l'inscription témoignent assez de l'époque troublée 
où elle fut rédigée. (Communication faite lé iO août 1896 à Ut' l'èvêque par M. l'abbé 
H. de Bréon, curé actuel de Saint-Germain-l'Auxerrois. J 



312 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

LOUIS D'AQUIN 

(1697-1699) 



Sommaire. — Protestations et lettre pastorale de Tévêque démission- 
naire. — Contre-protestation du clergé. — Le transfèrement à 
Séez. 



Louis d'Aqain fils d'Antoine, premier médecin du roi, naquit 
à Paris en 1667. Il devint l'agent général du clergé de France 
et sut plaire au roi dans l'exercice de celte charge, dit Saint- 
Simon (1). Aussi sa nomination à l'évéché de Fréjus ne subit 
aucun retard; elle fut signée par Louis XIV, le lendemain du 
jour où Luc d'Aquin avait donné sa démission. Le pape le pré- 
conisa le 27 mars 1697. Quoique âgé de trente ans à peine, Louis 
d'Aquin était déjà docteur en Sorbonne et possédait les abbayes 
de Saint-Seige d'Angers , de Saint-Rémi de Reims et de la 
Sauve qu'il fut autorisé à garder. 

Le chapitre de Fréjus, informé officiellement de la démission 
de l'oncle et de la nomination du neveu, élut pour vicaire capi- 
tulaire le prévôt du chapitre, Eustache de Blin (2). Mais à peine 
Luc d'Aquin eut-il résigné son évêché qu'il fit entendre les plus 
violentes protestations. Les trois jours qui précédèrent le sacre 



(\) Saint-Simon. Mémoires p. 215. 
'2) Arch. dép'»«. ln$. eccl. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 313 

de son neveu, il envoya, pour s'y opposer, des exploits aux 
trois prélats consécrateurs (1). On passa outre, et le sacre eut 
lieu le 16 juin. Ce fut alors au neveu qu'il fit défense de prendre 
possession. Non content de faire parvenir au Saint-Siège ses 
réclamations (5 juillet suivant), l'évéque démissionnaire adres- 
sait (6 septembre) au clergé et aux fidèles une lettre pastorale 
par laquelle il leur défendait, sous peine d'excommunication, de 
reconnaître Louis d'Aquin comme leur évêque, « car, disait-il, 
ma démission n'ayant pas été donnée librement et étant encore 
en vie, je suis le seul évêque légitime de Fréjus » (2). 

Cette lettre fut affichée à la porte de la cathédrale; l'archi- 
diacre l'arracha et la mit en pièces. A Lorgnes, on la publia 
en chaire, on la lut dans tous les carrefours; elle pénétra 
jusque dans les monastères. De leur côté le clergé et les fidèles 
adressèrent au Saint-Siège une contre-protestation où l'on faisait 
la critique la plus sévère de la conduite de l'ancien évêque, de 
son avarice, de son mépris pour les pauvres, de sa négligence 
pastorale (3). 

Ce dernier reproche, tout au moins, ne nous paraît pas fondé. 
Mus par la passion et leur rancune personnelle, plutôt que par 
le souci de l'exacte vérité^ irrités de l'attitude de Luc d'Aquin, 
ses accusateurs nous paraissent sur ce point avoir dépassé 
la mesure. Sans vouloir justifier autrement la conduite du prélat 
démissionnaire, il est juste de reconnaître que s'il manqua de 



(1) L'archevêque d'Aix, Daniel de Cosnac et les évêqucs de Coulances et de Saint-Flour. 
(3) Lettre pastorale de Luc d'Aquin, etc.— Fonds personnel. 
(3) Gallia nov, Inslrum. extra ordinera XVI. 



314 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

dignité en cette circonstance, il n'a manqué ni de zèle ni de 
vigilance pendant son épiscopat. 

Devant cette tempête soulevée contre lui, Louis d'Aquin n'osa 
pas prendre possession de son siège. Il se fit installer par pro- 
curation le 3 avril 1698, et ne vint jamais à Fréjus, où cependant 
des préparatifs avaient été faits pour le recevoir (1). Découragé 
par les tracasseries de son oncle, Louis d'Aquin demanda et 
obtint, le 1"''' novembre 1698, l'évêcbé de Séez. Il y mourut, en 
1710, victime de son dévouement dans une maladie contagieuse 
qui avait fait périr les deux tiers des babitants (2). 

De son administration épiscopale, nous n'avons à signaler — 
faute d'autres — que ce fait peu important : la permission qu'il 
donna de construire un nouveau bac sur la rivière de l'Argens (3). 



(1) Arch. c'" de Fréjas, BB. 23. 

(2) Girardin. Ilist. de Fréjus, II, p. 264. 

(3) François Maurine, notaire à Fréjus. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 315 

ANDRÉ-HERCULE DE FLEURY 
(1698-1715) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — La nomination et les protestations 
de Luc d'Aquin. — La consultation de Bossuet. — Lettre au chapitre 
de Draguignan. — La prise de possession et l'entrée solennelle. — 
Le clergé et le synode de 170L — L'œuvre du séminaire: union 
des prieurés de la Mourre, Pennafort et Grimaud; la mense com- 
mune; fondation d'un petit séminaire. — Les statuts synodaux de 
1703. — Visite du diocèse. - Les statuts synodaux de 1704 et 
la réformation du clergé. — Division du diocèse en doyennés. — 
L'assemblée du clergé de France. — Gain d'un procès concernant 
la mense. — Hommage du temporel. — Les rapports avec les 
communautés d'hommes. — Le frère Bonhomme. — Rétablissement 
de la règle monastique dans plusieurs communautés de femmes. — 
Ordonnances contre les irrévérences dans le lieu saint, la licence 
dans les confréries , les danses indécentes. — Les missions et les 
congrégations de jeunes filles. — La surveillance des églises. — 
Construction d'une nouvelle église à Lorgues. — Vol sacrilège aux 
Cordeliers de Draguignan ; mandement de l'évcque. — Sollicitude 
du prélat pour Tinstruction religieuse , les écoles publiques et les 
maisons d'éducation , les pauvres et les malades. — Libéralités aux 
hôpitaux.— Un portrait fantaisiste.— L'invasion de 1707. — Le duc 
de Savoie à Fréjus. — Noble conduite de Fleury. — Les calomnies de 
Saint-Simon et l'opinion de Papon — Victor-Amédée et les habitants 
de Fréjus.— Incendies et pillage. — Les contributions de guerre.— 
Lettre de Fleury aux maires du diocèse. — Voyage à Paris. - Le 
synode de 1709 : nouveau règlementpour la cathédrale, rétablissement 
de la pointe dans les collégiales. — L'hiver de 1709. — Ordonnance 
synodale supprimant certaines fêtes. — La défense du littoral ; 
lettre aux consuls de Roquebrune. — Deuxième visite du diocèse. — 
Les statuts synodaux de 1714. — La constitution de Clément XI e* 



316 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

le mandement de Fleury contre le Jansénisme. — La démission et 
la lettre d'adieux, — Touchante manifestation au départ de Fleury. — 
L'opinion de Girardin. — Le cardinal-ministre. — Les rapports avec 
les habitants de Fréjus; les services rendus. — Reconnaissance des 
Fréjusiens . 

Le l*"" novembre 1698 Louis XIV signait la nomination de 
Louis d'Aquin à l'évêché de Séez et celle d'André-Hercule de 
Fleury au siège de Fréjus. 

Fils de Jean de Fleury et de Diane de la Treille de Fossières, 
André-Hercule naquit à Lodève, le 22 juin 1653, et fut baptisé à 
la paroisse Saint-Fulcran de cette ville, le 14 juillet suivant (1). 
Destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique, il fut, à l'âge de 
six ans, conduit à Paris pour y commencer ses études. Il fît 
ses humanités et suivit le cours de philosophie chez les Jésuites 
au collège d'Harcourt (2). A quinze ans, il obtenait un canonicat 
à Montpellier. Après avoir pris possession de sa prébende, il 
revint à Paris, soutint sa licence en Sorbonne, en 1676, et ne prit 
que plus tard le grade de docteur. Bientôt de hautes influences 
l'appelèrent à la cour. Nommé chapelain de la reine, il devint 
ensuite aumônier du roi. « Une figure agréable, un esprit dé- 
licat, une conversation assaisonnée d'anecdotes, une plaisan- 



(1) Le 14 juillet 1653, a été baptise Hercules de Fleury, fils de noble Jean de Fleury, sieur 
de Dio, et de dame Diane de la Treille. Son parrain noble Hercules de Tesan, baron de 
Saint- Geiniés, et sa marraine damoiselle Françoise de Soubcs. Fabre, curé.— Reg. de la 
paroisse Saint-Fulcran de Lodève. (Albancs. Gallia nov. Hercule de Fleury, note 4.) 

(2) D'après Saint-Simon, Fleury fit des études telles quelles dans un grenier de ces 
petits collèges à bon marché. {Mémoires, I, p. 411). C'est ainsi que les pamphlétaires 
éerivent l'histoire. 



DU Xlll^ A LA FIN DU XVIII« SIÈCLE 317 

terie fine lui gagnèrent les cœurs » (1). Sa position à la cour, 
jointe à des qualités incontestables, lui valut sans doute le 
choix que fit de lui le clergé du second ordre pour le représenter 
à l'assemblée de 1682. On a dit que son élévation à l'épiscopat 
fut la récompense des services qu'il rendit dans cette circons- 
tance à la politique du roi. S'il en était ainsi, Fleury n'aurait reçu 
que bien tard le prix de ses services. Quoiqu'il en soit ses amis 
sollicitèrent vivement pour lui; mais leurs démarches, bien 
souvent indiscrètes, eurent pour effet de compromettre le succès 
qu'ils en espéraient. Aussi, en le nommant, Louis XIV lui dit 
avec malice: « Je vous ai fait attendre longtemps, mais vous 
avez tant d'amis que j'ai voulu avoir seul ce mérite auprès de 
vous » {2\. 

Les bulles ne furent expédiées de Rome que le 18 mai 1699 (3). 
Leur retard vint surtout des protestations incessantes de Luc 



(1) Saint-Simon continue ainsi a décocher ses traits à l'adresse de Fleury : * Sa nomination 
à la charge d'aumônier parut assez étrange ; sa figure adoucit les esprits, il se trouva discret' 
doux, liant ; il se fit des amies et des amis et se fourra dans le monde sous la protection du 
cardinal de Bonzi. Lî reine mourut et le cardinal obtint pour lui une charge d'aumônier 
du roi. On cria beaucoup, mais on s'accoutume h tout. Fleury, respectueux et d'une humeur 
qui avait su plaire, d'une flgure qui plaisait encore plus, d'une modestie, d'une circonspec- 
tion, d'une profession qui rassurait, gagna toujours du terrain, et il eut la fortune d'être 
d'abord soulïert, puis admis dans les meilleures compagnies de la cour et de se faire des 
protecteurs et des amis illustres, des personnages principaux en hommes et femmes, dans le 
ministère ou dans les premières places ou dans le premier crédit. (Saint-Simon, id. ) N'est-ce 
pas vouloir faire un crime k Fleury de ses qualités? 

(3) Feller. Dictionn. biograph. Art. Fleury. 

(3) Elles autorisaient Fleury à garder en commende l'abbaye de Notre-Dame de la Rivoire 
qu'il avait depuis 1691 et garda pendant vingt ans. 



318 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



d'Aquin qui ne laissèrent pas d'ébranler le grand roi. Pour en 
finir, Louis XIV crut devoir consulter Bossuet, Dans un mé- 
moire savamment motivé, le célèbre évéque de Meaux calma 
les appréhensions du monarque en lui démontrant que, depuis 
l'expédition des bulles, les plaintes de l'évêque démissionnaire 
devenaient inutiles et que les prélats consécrateurs n'avaient 
plus qu'à exécuter les ordres du pape (1). Cette consultation 
magistrale leva tous les obstacles. Hercule de Fleury fut sacré, 
le 22 novembre 1699, dans l'église des Feuillants, à Paris, 
par le cardinal de Noailles assisté des évêques de Langres et 
d'Amiens. Il prêta serment au roi, dans le chapelle du château 
de Meudon, le 27 novembre, et fit prendre possession de son 



(1) De plus, ajoutait le grand orateur chrétien, !• l'opposant n'a fait ancune diligence pour 
faire juger son opposition, ni relever son appel, depuis les 15 et 19 juin 1697 jusqu'il présent; 
2» le nonce ayant instruit Sa Sainteté de cette affaire, elle lui flt écrire, le 4 mars 1698, que 
le recours de l'ancien éYcque était injuste et calomnieux; 3» depuis ce temps, le pape, sans 
avoir égard à cette vaine opposition, a reconnu le neveu de l'ancien évêque pour vrai évéque 
de Fréjus, sur la démission de son oncle et l'a transféré à Séez en cette qualité; 4« il a pourvu 
de l'évêché de Fréjus M. l'abbé Fleury, nommé à cet évêché par Sa Majesté, sans que l'ancien 
évêqiie y ait fait encore opposition... J'ajoute, ce qui est très essentiel, que toutes ces 
oppositions se font au préjudice d'un tiers. Ce n'est pas tant M. de Fréjus qui a droit par 
ses bulles d'être sacré, c'est l'église de Fréjus que l'on tache de priver, par des longueurs 
visiblement affectées et sans aucune Dn, du droit d'avoir un évêque qui lui représente Jésus- 
Christ. 11 paraît néanmoins deux choses i faire, s'il plaît à Sa Majesté : l'une. . . de donner 
un arrêt pareil à celui du 28 avril 169S, pour contenir ceux qui pourraient brouiller k Fréjus, 
l'autre, si elle l'a agréable, d'interposer son autorité pour faire régler la récompense que 
M. de Séez devra à son oncle, de sorte qu'il ne puisse la refuser raisonnablement; ce qn 
paraît h vrai dire, l'intention cachée de toutes ces oppositions. Tout le reste qu'on ferait ne 
pourrait que nuire et donner du poids a ce qui ne peut en avoir aucun.— Œuvres de Bossuet. 
Paris, Bercbe etTralin, IX, 125, lettre 256. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 319 

siège, le 20 décembre, par le prévôt du chapitre, M*"® Eustache 
de Blin (1). 

Tandis que Fleury attendait le dénouement de cette affaire, 
deux chanoines de Draguignan, M""^^ Etienne Pasquet et François 
Magniol, vinrent à Paris pour hâter la solution du différend qui 
depuis longtemps divisait les membres de la collégiale, au 
sujet de la cure des âmes et de certains autres droits réclamés 
simultanément par le sacristain et le capiscol. Les deux délé- 
gués, représentant des intérêts opposés, chacun voulut gagner 
le prélat à sa cause. Mais Fleury qui, au dire de Girardin, évita 
tout procès soit avec son chapitre, soit avec ses diocésains, fit 
appel à la conciliation dans la lettre suivante qu^il écrivit de 
Versailles, le 27 février 1699 : 

« Messieurs, quoique je n'aie aucun droit de me mêler encore 
du gouvernement du diocèse de Fréjus et que je n'en aie pas aussi 
l'intention, je ne puis pourtant m'empêcher de m'intéresser à la 
paix et à l'union qui lui sont nécessaires et si je n'ai point d'au- 
torité soit pour la procurer, au moins suis-je obligé d'y employer 
des moyens plus doux. Comme votre église est des principales 
du diocèse, je suis aussi plus touché, messieurs, de la division 
qui y règne depuis si longtemps et qui fait le scandale de votre 
ville. Je ne sais qui a tort, ni qui a raison, et ne songe pas à le 
décider, pour ne pas me rendre suspect à aucune des parties; 
mais je crois rendre à tous un bon service en vous empêchant, 
si je puis, de plaider. J'en ai parlé à MM. Pasquet et Magniol 
qui ont bien voulu me donner tous deux leurs paroles de sus- 

(1) Arch. dép'«^ Insin. eccl. 



320 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

pendre leurs différends jusqu'à ce que je sois sacré et sur les 
lieux. Alors je tacherai de les faire convenir de quelques arbitres 
du Parlement d'Aix ou de quelque autre tribunal pour les juger. 
Si vous voulez bien, messieurs, entrer dans les mêmes expé- 
dients, je les regarderais comme un plaisir que vous me ferez 
et je vous en serais obligé ». Ses sages conseils furent écoutés : 
l'arbitrage proposé par l'évêque mit fin à cette vieille querelle (1). 

Nous ignorons le motif qui retint Fleury hors du diocèse dix- 
huit mois après son sacre. Dès le 16 août 1699, le conseil 
communal de Fréjus avait délibéré d'offrir un présent au nouvel 
évéque ; mais ce ne fut qu'au commencement de l'année i701 que 
son arrivée fut annoncée officiellement pour le mois de mai. 
Les consuls et une députation de bourgeois allèrent à Aix lui 
présenter leurs hommages, ils furent rejoints aux Arcs par 
douze notables du Puget venus à la rencontre de l'évêque. 

Le 27 mai, Hercule de Fleury fit son entrée solennelle à 
Fréjus (2) au bruit des décharges de mousqueterie et au milieu 
de l'allégresse générale (3). Les consuls lui offrirent du gibier 
dans deux grands bassins d'argent. Le futur ministre «voulut-il, 

(1) Poulie. Bist. de l'église paroissiale de Notre-Dame et St-SIichel, p. 342. 

(2) La date précise de l'arrivée de Fleury à Fréjus n'a pas encore été élucidée. M. Albanès 
donne deux dates : celle du 15 mai 1700, d"après la notice manuscrite sur cet évéque annexée 
au De Initiis d'Antelmy par une main inconnue, et celle du 7 mai 1701, d après Girardin. 
Or, aucune de ces dates n'est exacte. Fleury vint certainement en 1701, cela résulte des 
délibérations des conseils communaux de Fréjus, du Puget, de Draguignan et de Cotignac; 
mais quel jour ? le 27 mai est la date inscrite dans le registre des délibérations du conseil 
communal du Puget. 

(3) Arch. c'«»de Fréjus, BB. 23, et du Pujet, BB, 21,— Il fut brûlé un quintal et demi de 
poudre. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 321 

leur donner une leçon d'économie ou simplement contribuer aux 
frais de la réception? Toujours est-il que les pièces d'argenterie, 
d'une valeur de 300 livres chacune, furent, par ses ordres, ven- 
dues au profit du trésor communal. Le lendemain les notables 
du Puget apportèrent à leur tour des présents (1). Les jours 
suivants , le prélat reçut dans son palais les hommages des 
consuls des principales paroisses (2). 

Sa première pensée, en prenant le gouvernement du diocèse, 
fut de réunir [à Fréjus tous les curés et de leur donner une 
retraite (3). Ces pieux exercices, qui durèrent plusieurs jours, 
coïncidèrent sans doute avec le synode du mois de novembre 
1701, dans lequel le clergé revendiqua le droit de délivrer les 
extraits des actes de catholicité (4). 

Le séminaire diocésain n'avait alors que des revenus bien 
modestes. Fleury y suppléait généreusement chaque année par 
de nombreuses libéralités f5). Cependant, en prévision de l'avenir 



(1] C'étaient quatre paires de chapons, un veau de lait et deux douzaines de poulets. 

(3) Ârch c'" de Draguignan. Délibération du 29 mai 1701. 

Ibid. de Cotignac, BB. 13. — < Délibéré de rendre visite à l'évêque à l'occasion de son 
arrivée, à l'exemple de tontes les communautés du diocèse, à cause de l'estime particulière 
qu'on fait d'icelluy, pour le prier de vouloir bien nous protéger dans les occasions où notre 
communauté aurait besoin de sa Grandeur ». 

(3) Girardin. Bist. de Fréjus, II, p. 267. 

(4) Garcin, notaire à Fréjus. 

(5) Le promoteur de l'offlcialité s'exprime en ces termes dans le comparant ayant pour 
objet l'union do prieuré de la Moure : « Votre Grandeur a assez témoigné ses sentiments 
envers le séminaire par l'attention qu'elle a donné <i tous ses besoins ; il n'aurait pas besoin 
d'autre secours, ni d'autres précautions pour l'avenir, s'il devait lui être aussi avantageux 
que le temps présent >. (Arcb. dép'*'. tnsin. ecclés.J 



322 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

et afin d'alléger les charges de la mense épiscopale, il unit au 
séminaire les prieurés de la Moure, de Pennafort et de Grimaud. 
Il assura au supérieur de l'établissement une pension de 500 li- 
vres sur les revenus de l'évêché (1) ; puis, dans le but de préparer 
de bonne heure les jeunes gens qui se destinaient au sacerdoce, 
il fonda à Fréjus un petit séminaire qui, d'après Girardin, fut 
très prospère et réunit une année jusqu'à quatre -vingt jeunes 
clercs (2). Malgré tout, les choses n'allèrent pas au gré des désirs 
du généreux prélat. De nombreuses défections s'étaient produites 
dans les rangs des séminaristes. A l'exemple du Bon Pasteur 
qui courait après les brebis perdues, Fleury rendit, en 1705, 
une ordonnance pour ramener les déserteurs au bercail et y 
retenir ceux qui auraient été tentés de les imiter. Enfin il voulut 
ouvrir aux déshérités de la fortune les portes du sanctuaire, en 
substituant au titre patrimonial exigé par les canons celui de la 
mense commune pour les clercs pauvres qui s'engageraient à 
rester, leur vie durant, à la disposition de leur évéque dans le 
service paroissial (3). 

C'est à pourvoir à ce service des paroisses et à la réformation 
du clergé que Fleury s'applique de préférence dans les réunions 
synodales régulièrement tenues chaque année. Il attend les 



(Ij Garcia, notaire à Fréjus.— Le supérieur était alors Joseph Vairac qui se démit de ses 
fonctions de béuéûcier pour se dévouer entièrement à la direction du séminaire. 

(2) Girardin. Hist. de Fréjus, II, 266. — Le futur historien de notre église avait été 
professeur dans cet établissement dont le supérieur était Antoine Merle, prêtre de Callian, 
qui obtint plus tard un canonicat. Après l'épiscopat de Fleury nous ne trouvons plus aucune 
trace de cette maison d'éducation. 

(3^ Girardin. iHst. de Fréjus, II. p. 267, 268. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 323 

résultats de la première visite pastorale, non terminée encore, 
pour « faire un corps de réglementa et de statuts dans lesquels 
le clergé pourra trouver tout ce qui lui sera nécessaire pour sa 
conduite particulière et la sanctification des fidèles; « dès à 
présent » il veut statuer sur les désordres qui lui ont paru les 
plus considérables et demandent un prompt remède » (1). Dans 
ce but une ordonnance synodale de 1703 promulgue les dispo- 
sitions nouvelles dont il juge à propos de prescrire l'observa- 
tion immédiate (2) : 

1. Les prieurs, curés et vicaires ne pourront s'absenter de leurs 
paroisses plus de huit jours sans une permission expresse de nous et 
ils ne commenceront jamais leur absence par un jour de dimanche. 

2. Ils ne manqueront jamais de faire le prône tous les dimanches de 
Tannée avec l'instruction ordinaire, à l'exception des lieux où il y a 
prédication pendant TAvent et le Carême , auquel temps ils pourront 
seulement supprimer Tinstruction et y suppléer par la lecture de 
l'abrégé de la foi. 

3. Le catéchisme se fera régulièrement tous les dimanches et fêtes 
de l'année depuis la Toussaint jusqu'au dimanche de la Trinité, et à la 
messe de l'aube on récitera au peuple l'abrégé de la foi , immédiate- 
ment après l'évangile. 

4. Aucun vicaire ou autre prêtre ne pourra confesser dans l'église 
hors du confessional et surtout les personnes de l'autre sexe et ils ne 
pourront aussi entendre à confesse dans la maison claustrale ni dans 
celle des particuliers que les malades et ceux qui seront affligés de 
surdité. 

5. Ils ne recevront à la communion pascale aucun de leurs parois- 
siens qui se seront confessé hors de leur paroisse, à moins qu'il 
n'apporte un billet de celui à qui il se sera confessé. 



(1) Préambule de l'ordonnance synodale. 

(S) < Néanmoins, dit l'évêque, il n'est point dérogé pour le présent aux statuts de nos 
prédécesseurs en tout ce qui ne sera point exprimé dans la présente ordonnance ». 



324 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

6. Ils seront obligés de prendre, au commencement du Carême, 
une liste de tous les enfants qui doivent faire leur première commu- 
nion, afin qu'ils puissent les examiner, les préparer et n'admettre que 
ceux qui en seront jugés capables, et pour cet effet, ils leur feront le 
catéchisme pour le moins trois fois par semaine. 

7. On ne donnera le sacrement de mariage à personne et on ne rece- 
vra aucun parrain ou marraine au baptême qu'ils ne sachent leur 
catéchisme, qu'ils n'aient fait la communion pascale s'ils sont en âge, 
ou qui soient notés de quelque scandale et on ne mettra qu'un parrain 
et qu'une marraine pour chaque enfant qu'on baptise , et on ne leur 
imposera aucun nom qui ne soit d'un saint ou d'une sainte reconnus 
par l'Eglise , leur défendant d'imposer le nom des personnes de la 
Sainte-Trinité. 

8. Aucun prêtre ne pourra dire la messe en soutanelle. 

9. Ils seront tenus de veiller sur la conduite des ermites. 

10. Ils ne souffriront aucun religieux quêter dans l'étendue de leur 
paroisse, sans une permission de nous par écrit. 

11. Tout le casuel sera également partagé dans toutes les paroisses, 

12. A chaque synode les prieurs et vicaires nous apporteront la liste 
de ceux de leurs paroissiens qui, sans une raison légitime, ont négligé 
de satisfaire au devoir pascal, afin de recevoir sur cela nos ordres. 

13. Il sera défendu à tous les ecclésiastiques de prendre du tabac 
dans l'église ou dans la sacristie 

14. Les prieurs et vicaires ne pourront entreprendre aucun procès 
contre leurs paroissiens et entre eux, sans nous en avertir auparavant, 
afin que nous puissions nous mettre en devoir de les empêcher de 
plaider. 

15. Il ne sera permis à aucun ecclésiastique du diocèse d'avoir des 
servantes qui n'aient quarante-cinq ans accomplis et qui ne soient de 
bonne réputation. Nous réservons d'y attacher les peines convenables 
dans les statuts que nous publierons au prochain synode. 

16. Chaque prieur et vicaire aura pour son usage les livres suivants: 
une Bible entière, le Nouveau-Testament séparé, le livre de l'Imitation 
de J.-C, le Catéchisme du concile de Trente et celui d'Agen, les avis 
de saint Charles aux confesseurs , le Manuel de Beuvelet et ses médi- 
tations, un Commentaire sur les Evangiles. Pour la théologie morale, 
celle de M»' de Grenoble ou celle du S' de la Volpillière, ou la Somme 
de Tolet. Pour les instructions, les Prônes de M" Joly, évêque d'Agen, 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 325 

ou les Sermons du P, Lejeune ou l'Abrégé des dits sermons, par le 
P. Loriot, un Manuel des cérémonies romaines. Nous nous réservons 
de leur donner nos avis pour le choix des autres livres qu'ils voudront 
acheter. 

Suit la liste des cas réservés au pape et à l'évèque. 

Gomme nous l'apprend l'ordonnance, Fleury avait commencé 
la visite du diocèse. Parti de Fréjus le 26 avril 1702, il l'inter- 
rompit quelques jours après pour la reprendre Tannée suivante. 
Sa présence à Gotignac, le 8 décembre 1703, coïncida avec la 
fête de rimmaculée-Gonception qu'il célébra au milieu des 
Oratoriens de Notre-Dame-de-Grâces. Il ne termina cette 
première visite qu'en 1704, après avoir tenu, le 9 avril, un 
synode dans lequel il compléta les règlements précédents par les 
dispositions suivantes : 

1. Aucun prêtre ne sortira de notre diocèse, pour quelque sujet que 
ce puisse être, quand son absence devra durer plus de quinze jours, 
sans en avoir obtenu la permission. 

2. Les vicaires seront tenus de donner un logement à leurs secon- 
daires dans les maisons claustrales , et si elles ne sont pas suffisantes 
pour cela, de prendre les voies les plus convenables pour obliger la 
communauté à satisfaire à l'édit du roi de 1695. 

3. Ils ne souffrii'ont point que les tambours marchent au-devant des 
processions, ni qu'on danse pendant les offices et catéchisme autour 
des églises ; et ils emploieront tout ce qui dépend de leur ministère 
pour que les officiers et magistrats fassent exécuter les ordonnances 
royaux et les arrêts de la cour sur la sanctification des dimanches. 

4. Ils n'administreront aucun sacrement qu'avec les habits et céré- 
monies convenables prescrites par les règles de l'Eglise. 

5. Dans l'exposition ou bénédiction du Saint-Sacrement, ils n'intro- 
duiront aucun nouvel usage ou cérémonie contraires au rituel romain, 
et que s'ils en ont trouvé dans leurs paroisses quelqu'un de cette nature 
déjà établi, ils nous en donneront avis incessamment pour y remédier. 

6. Ils feront toute la diligence qui dépend d'eux pour empêcher la 
dissipation des biens des confréries et hôpitaux et pour porter les 

21 



326 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

marguilliers à rendre compte annuellement au sortir de leur adminis- 
tration. 

7. Venant au synode, ils nous apporteront un mémoire exact des 
jeunes enfants de leurs paroisses en qui ils verront des marques d'une 
bonne vocation et disposition pour Tétat ecclésiastique, dans lequel 
mémoire ils exprimeront leur âge, leurs mœurs, leur capacité et les 
facultés de leurs parents. , 

8. Ils avertiront le dimanche avant la quinzaine de Pâques, au prône, 
tous leurs paroissiens de satisfaire à leur devoir pascal, que ceux qui 
ne savent point leur catéchisme et les principaux mystères de notre 
foi ne sont pas susceptibles d'absolution , et que toutes les confessions 
qu'ils ont faites dans cet état sont nulles par elles-mêmes, mais nous 
ordonnons en même temps aux vicaires de se conduire avec beaucoup 
de charité envers les personnes âgées qui sont dans cette ignorance et 
de les instruire chez eux secrètement et avec toute la douceur et la 
patience convenables. 

9. Les montagnards qui quittent leurs paroisses pour aller travailler 
dans la plaine et n'y reviennent qu'après le temps pascal, seront obligés 
d'apporter à leur vicaire un certificat des prêtres à qui ils se seront 
confessés et dans la paroisse de qui ils auront fait leurs Pâques, et en 
cas qu'ils n'y aient pas satisfait, nous permettrons aux vicaires de 
prolonger pour eux le temps pascal et même pour tous ceux à qui ils 
jugeront nécessaire jusqu'à la Pentecôte et plus loin même, ainsi 
qu'ils trouveront à propos. 

10. Il est permis , en cas d'urgence , d'absoudre des cas réservés 
toutes personnes, garçons, femmes et filles, sauf les pécheresses 
publiques, qui se trouveront coupables de péchés occultes d'inconti- 
nence de quelque espèce qu'ils puissent être et autres cas, pourvu 
que leur demeure soit éloignée de trois lieues de la ville épiscopale. 

11. L'article 11 est relatif aux pierres sacrées. Pour éviter qu'elles 
soient profanées , le prélat ordonne qu'à l'avenir elles seront enchâs- 
sées dans leur autel, sans pouvoir être transportées, et qu'on en pour- 
voiera toutes les chapelles et autels où les fidèles auront dévotion de 
faire dire les messes. 

Ces ordonnances, peu connues, que nous reproduisons pres- 
que entièrement, témoignent des persévérants efforts de Fleury 
pour s'assurer un clergé instruit et fidèle à ses devoirs. Quand 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 327 

il rencontre des prêtres négligents ou incapables , comme 
l'étaient les vicaires perpétuels d'EscragnoUes et de Gotignac, 
il les condamne à passer quelques mois au séminaire. Un 
bénéficier de Barjols, François Brun, du diocèse de Riez, y 
fut renvoyé pour apprendre le catéchisme et le latin (1;, avant 
d'être admis au canonicat qu'il avait obtenu à Pignans. Dans 
une autre circonstance Fleury se montra plus rigoureux. La 
cure de Gotignac étant venue à vaquer, il refusa les pouvoirs 
de juridiction à un autre ecclésiastique, Joseph Meiffredy, qui 
venait d'y être nommé par le prieur de la paroisse, parce qu'il 
n'avait pas donné des preuves suffisantes de capacité dans 
l'examen que l'évêque lui fit subir six heures durant. Gependant, 
le sage prélat, dont l'indulgence égalait la fermeté, savait, 
quand il espérait l'amendement du coupable, pardonner une 
première faute. G'est ainsi qu'il se contenta d'une admonition 
paternelle envers les vicaires perpétuels de Flayosc et de Flas- 
sans , dont la conduite laissait à désirer. 

Mais il était heureux de féliciter publiquement les prêtres 
exemplaires. « Nous vous exhortons, disait-il, aux vicaires 
d'Ampus et de Gallas, de continuer à instruire vos fidèles comme 
vous l'avez fait jusqu'à ce jour, à renouveler votre zèle et vos 
soins pour leur sanctification , à redoubler de charité pour vos 
malades et les affligés, à prévenir les inimitiés et les procès 
dans votre paroisse, à aimer tout votre peuple avec une tendresse 
paternelle et à tacher de ramener ceux qui s'écarteront de leurs 
devoirs par toute la douceur qui peut gagner leurs cœurs et 

(1) Areli. dép'«'. Insin. ecelés. Visites pastorales. 



328 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

leur confiance; nous exhortons pareillement les paroissiens à 
regarder leur pasteur comme leur père, à avoir pour lui toute 
la déférence qu'ils lui doivent et à songer qu'en l'honorant ils 
honorent dans sa personne l'Eglise et Jésus-Christ lui-même ». 
Paroles vraiment inspirées par l'esprit évangélique qui résument 
admirablement l'apostolat du clergé dans les paroisses et les 
devoirs réciproques des pasteurs et des fidèles. 

Afin de faciliter l'expédition des affaires , Fleury divisa le 
diocèse en neuf doyennés, dont les chefs-lieux furent : Fréjus, 
Draguignan, Aups, Barjols, Lorgues, Pignans, Saint-Tropez, 
Seillans et Bargemon, « 11 ne donna cependant, dit Girardin, 
aucune juridiction aux curés de ces lieux. .. . il leur adressait 
ses lettres et ses ordres pour les notifier aux curés d'alentour, 
qu'il avait respectivement rangés dans leurs doyennés » (1). 

En 1705, l'évêque de Fréjus alla assister à l'assemblée du 
clergé de France. 11 y émit le vœu, qui fut inséré dans le cahier 
des remontrances, que l'on fit insinuer au greffe ecclésiastique 
lès procurations pour résigner émanées de la vice-légation 
d'Avignon, comme cela se pratiquait déjà pour celles qui venaient 
de Rome (2). En passant à Aix, pour se rendre à Paris, il fit hom- 
mage du temporel de l'évêché entre les mains de Pierre Lombard, 
conseiller au Parlement. Il mit à profit son séjour dans la capi- 
tale pour hâter la solution d'un procès relatif à la taxe d'une 
terre, sise à Mandelieu, qu'on avait à tort inscrite comme bien 
de l'évêché. Le prélat obtint gain de cause (15 octobre 1705), et le. 



(1) Girardin. Descript. du diocèse, p 25. 

(2) Id. Bist de t-'réjus. H, p. 268. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 329 

séquestre qu'on avait mis sur la mense épiscopale fut levé (1). 
A son retour (1706) le conseil communal de Cotignac députe à 
Fréjus le maire et plusieurs notables pour lui faire visite, 
« attendu la singulière bonté qu'il a témoigné d'avoir pour les 
habitants de ce lieu » (2). 

Les religieux du diocèse n'eurent qu'à se louer de leurs rapports 
avec l'évéque de Fréjus. Ceux de la Verne, de Lérins et du Tho- 
ronet furent honorés de sa visite ; les Minimes de Draguignan, 
dont le couvent se trouvait contigu à la chapelle de Notre-Dame- 
du-Peuple, reçurent l'autorisation de s'établir dans l'enceinte de 
la ville (3). La bonté du prélat s'étendait jusqu'aux humbles gar- 
diens des sanctuaires vénérés du diocèse. L'ermite du Cap-Roux, 
Laurent Bonhomme, retraçait dans sa solitude la vie des anciens 
anachorètes. Toute la ville parlait de ses mortifications éton- 
nantes, de ses vertus héroïques, de la science des choses divines 
qu'il possédait. Fleury avait de la vénération pour ce saint 
homme et il lui adressait toujours la parole quand il le rencon- 
trait. Un jour qu'il se recommandait à ses prières, le serviteur 
de Dieu lui répondit : « Monseigneur, je n'y manquerai pas, car 
vous en avez besoin, chargé comme vous êtes du salut de tant 
d'âmes ». Le prélat se mita sourire : « Voyez, messieurs, dit-il 
aux prêtres qui l'accompagnaient, comme le frère Laurent me 
fait la morale » (4). 

(1) Arch. dép'". Inventaire de l'évêché. 

(2) Arch. c'" de Cotignac, BB 12. 

(3) Arch. dép"'. Insiti. eccl. 

(4) vie du. serviteur de Dieu, Laurent Bonhomme, par Girardin. Descript. iu diocèse, 
p. 37-53. 



330 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

(Dans la plupart des communautés de femmes régnait un 
grand relâchement. Les Ursulines d'Aups avaient complètement 
perdu Tesprit monastique, ne gardant plus la clôture, désertant 
la sainte table et le chœur. Leur temps se passait en conversa- 
tions ou amusements frivoles et bien souvent des chants profanes 
remplaçaient les exercices religieux délaissés. Lors d'une pre- 
mière visite qu'il leur fit, le 11 août 1701, l'évéque se contenta 
d'une admonestation paternelle. Mais il revint l'année suivante , 
la verge de la correction à la main et leur imposa, sous les peines 
les plus sévères, la clôture et le silence; enfin pour empêcher les 
ravages que le jansénisme commençait à exercer dans les cou- 
vents, il voulut que toutes les religieuses fussent fidèles aux 
communions prescrites par la règle : « Celles des sœurs qui 
s'abstiendront de communier, dit-il, devront en faire connaître 
les motifs à la supérieure et si quelqu'une poussait trop loin son 
éloignement de la sainte table, la supérieure sera tenue d'en 
référer à notre autorité ». Les Ursulines de Barjols consolèrent 
le cœur de l'évéque par l'exemple de la plus édifiante piété. Dans 
sa visite. Hercule de Fleury les exhorta à persévérer dans leur 
ferveur, à rester fidèles à leur retraite annuelle et à la fréquen- 
tation des sacrements. Parmi les communautés de femmes dans 
lesquelles il s'efforça de rétablir la discipline monastique, citons 
encore les Ursulines de Draguignan, de Pignans et de Lorgues, 
les Bernardines de cette dernière ville et celles de Fréjus. 

En môme temps qu'il rétablissait la règle monastique dans 

les couvents où elle n'était plus observée, le zélé pontife faisait 

dans les paroisses qu'il visitait une guerre incessante aux abus. 

Plus d'une fois l'occasion se présenta de rappeler les fidèles 



DU XIII« A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 331 

au respect du lieu saint. A Entrecasteaux, « les gens venaient à 
l'église avec des bonnets indécents, et tels qu'ils les portaient dans 
les rues ou dans leurs chambres; les mères qui y conduisaient 
leurs enfants les laissaient crier d'une manière scandaleuse » (1). 
A Barjols , parrains et marraines avaient pris l'habitude de 
s'embrasser après la cérémonie du baptême. Fleury fit cesser ces 
irrévérences. Il approuva le prieur de Bargemon d'avoir séparé 
les hommes des femmes dans l'église. 

Malgré les défenses épiscopales, les prieurs et les prieuresses 
des confréries avaient, dans certaines localités, conservé l'usage 
de se réunir le jour de la fête de leur chapelle ou de leur autel 
pour faire en commun un repas où trop souvent les bienséances 
étaient mises de côté. A Fayence et à Aups les confrères du 
Saint-Esprit détournaient, pour ces peu édifiantes agapes, le 
produit de leurs quêtes et les offrandes destinées aux pauvres, 
L'évêque mit fin à ce gaspillage éhonté (2). Au cours de sa visite 
pastorale à Draguignan (17 décembre 1702), il invite les mar- 
guilliers de la confrérie du Saint-Sacrement à supprimer d'eux- 
mêmes les repas qu'ils ont coutume de faire avec les prieuresses 
le jour de la Fête-Dieu et aux approches de la Toussaint. 
« Comme c'est principalement, dit-il, dans la fête du Saint- 
Sacrement qu'il faut montrer plus de piété et de recueillement, 
il est aisé de voir que des repas, où d'ordinaire on est plus porté 



(1) Arch. dép'«'. Visites pastorales. 

^2) En 1712 il prescrivait aux consuls de Fayence de faire distribuer, avec le concours des 
vicaires et des marguilliers, les trois charges de blé dont les prieurs du Saint-Esprit étaient 
en possession. (Arch. c'" de Fayence.) 



332 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

à la joie, et surtout avec les personnes des deux sexes, ne 
peuvent jamais être aussi édifiants que le demanderait la sainteté 
du jour, sans compter la dépense inutile qu'on fait à ces festins ». 
Le prélat leur recommande également de s'abstenir de toute 
familiarité avec les prieuresses « lorsqu'on leur porte les gâteaux 
on fougasses la veille de la Fête-Dieu. Nous approuvons fort, 
dit-il, qu'on aille se réjouir chrétiennement avec elles, mais non 
qu'on y joigne des baisers et des embrassades, ni que les dames 
se parent ce jour-là comme elles pourraient le faire pour aller à 
un bal ou à un spectacle profane. Tout doit se ressentir dans 
ces emplois de la sainteté du ministère qu'on y exerce. Et si les 
dames sont obligées, en tout temps, de conserver la modestie 
qui convient si fort à leur sexe, et qui en fait le principal orne- 
ment, il est juste qu'elles se piquent d'en montrer encore davan- 
tage pour se rendre dignes des saintes fonctions qui leur sont 

attribuées Elles doivent songer qu'ayant Jésus-Christ pour 

témoin, elles sont obligées d'apporter, en l'accompagnant, autant 
de piété et de recueillement que quand elles prennent son corps 
adorable à la communion, et que c'est la seule manière dont elles 
puissent l^honorer et participer spirituellement aux grâces qui 
sont attachées à ce saint mystère ». 

Nous avons déjà constaté sous les précédents évêques les 
ravages que les danses immodestes exerçaient sur les moeurs 
publiques. Voulant appliquer au mal un remède énergique, 
Fleury <' fit un cas réservé de la danse qui se faisait alors avec 
des postures contraires à la pudeur chrétienne » (1). Il recom- 

(1) Girardin. Hist. de Fréjus, p. 369, 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 333 

mandait à ses prêtres de réagir par tous les moyens en leur 
pouvoir contre cette funeste habitude. Un de ceux qu'on employa 
avec le plus de succès fut l'établissement des congrégations de 
jeunes filles à la suite d'une mission prèchée dans la paroisse. 

A cette époque les missions étaient très fréquentes. Fleury 
déployait un grand zèle pour en assurer le bienfait à ses diocé- 
sains. Sa constante préoccupation de la sanctification des fidèles 
et de la conversion des pécheurs l'incitait à encourager ces 
prédications extraordinaires , d'autant plus efficaces qu'elles 
sont périodiques. Aussi le voit-on autoriser la fondation de mis- 
sions décennales dans nombre de paroisses, notamment à 
Draguignan (1702), à Tourrettes et au Puget (1708), à Fréjus 
(1710) (2). 11 se faisait un devoir et une joie d'aller en présider 
lui-même les exercices de clôture comme à Draguignan, Lor- 
gnes, Aups (1704) et à Roquebrune (1711) où il voulut se donner 
la consolation de distribuer, le dernier jour, la communion aux 
fidèles et assister à la procession finale. 

Dans cette dernière paroisse, les missionnaires, pour affermir 
le bien qu'ils avaient fait, établirent une congrégation de jeunes 
filles. Fleury voulut bénir la confrérie naissante. Ayant réuni les 
associées dans la chapelle de Saint-Michel, il les félicita de leur 
détermination et les exhorta à vivre dans la pratique de la 
vertu. 

Au milieu de la corruption générale et des tendances perverses 
qui entraînaient tant d'âmes loin des voies du salut, le pieux 
pontife eut à cœur de favoriser le développement « d'une œuvre 

(2) Arrh. dép'«». Insin. ecclés. 



334 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

si édifiante et d'un secours si efficace pour retenir les jeunes 
filles dans la modestie si convenable à leur sexe ». 

A Fréjus, où la confrérie existait déjà, elle reçut des mains 
de l'évêque un règlement, qui plus tard, croyons-nous, fut 
appliqué aux autres congrégations du diocèse. 

« L'Ecriture Sainte, dit le prélat, dans son mandement du 
13 février 1707, nous apprend que c'est un grand bien de s'ac- 
coutumer dès sa jeunesse à porter le joug de la religion, et 
quoique cette vérité regarde en général tous les fidèles, il faut 
avouer pourtant que l'usage en paraît plus particulièrement 
nécessaire pour les jeunes filles. La corruption est venue en un 
tel point que tout semble conspirer pour les perdre. Les gens 
du monde ne s'en approchent que pour les séduire par de vains 
et dangereux discours, par des chansons profanes qu'ils leur 
apprennent et par la lecture des livres propres à allumer les 
passions. Il n'est pas jusque aux parents même qui par un 
aveuglement déplorable sont les premiers à leur inspirer le 
désir de plaire, à les former pour le monde et à fortifier en elles 
l'amour que la nature ne leur donne que trop pour la beauté et 
les vaines parures du siècle. Il semble enfin que tout ce qui 
les environne s'empresse à livrer ces pauvres victimes au démon 
et que personne ne songe à munir de bonne heure ce sexe reli- 
gieux et dévot, mais faible, contre les attaques trop ordinaires 
où la funeste coutume du monde les expose. C'est dans cette vue 
que nous avons résolu d'établir dans les principaux lieux du 
diocèse des congrégations de jeunes filles sous la conduite d'un 
ecclésiastique éclairé et prudent qui puisse veiller sur elles et les 
porteràla vertu par des exercices et des instructions salutaires >'. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 335 

Après cet exposé le prélat donne aux congréganistes les 
plus sages conseils : « Ce n'est point par le grand nombre 
qu'elles doivent cherchera se distinguer, mais par la pudeur qui 
doit reluire dans toutes leurs actions, par la fuite des compagnies 
du siècle, par une vie occupée et chrétienne, par la fréquenta- 
tion des sacrements et par une conduite enfin qui puisse non 
seulement les sanctifier, "mais porter les gens du monde à la 
vertu, à leur exemple ». Ces exhortations paternelles sont 
suivies d'un règlement en vingt articles dont l'esprit peut se 
résumer dans le 17™« : « Il est défendu aux associées et même 
aux postulantes de se parer avec luxe et d'une manière trop 
mondaine, d'user du fard et des mouches, de porter la gorge et 
les bras découverts, d'aller au bal, de souffrir la conversation 
des jeunes hommes avec assiduité; mais elles doivent se distin- 
guer des autres par leur modestie et leur piété en toutes occa- 
sions » (1). 

La surveillance des églises était de la part de Fleury l'objet de 
soins attentifs. Nous le voyons interdire des chapelles ou des 
autels, ailleurs des pierres sacrées ou des crucifix qui ne sont 
pas conformes aux règles liturgiques, prescrire l'achat d'or- 
nements, partout s'occuper des moindres détails : du pavé à la 
voûte , jusqu'aux carreaux de vitres qui manquent aux fenêtres 
ou aux toiles d'araignées superflues , rien n'échappe à l'œil 
vigilant du prélat. Paj-fois l'église a besoin d'être réparée, 
agrandie ou reconstruite. Dans ce cas, si les choses traînent en 
longueur, une ordonnance épiscopale mettra les consuls en 

(1) Fonds du docteur Pascal. 



336 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

demeuré d'agir (1). A la Mourre et à Carcès Fleury désigne l'em- 
placement d'une nouvelle église (2); il veut contribuer de ses 
deniers à la construction de celle de Saint-Paul près Fayence. 

A Lorgues, malgré la convention conclue par les soins de 
Glermont-Tonnerre entre les chanoines de la collégiale et les 
habitants (20 mars 1677), la construction de l'église restait en 
suspens. Le choix de l'emplacement, sur lequel on était divisé, 
passionnait les esprits. Dans sa première visite du 26 avril 1702 
Fleury trouva la population en pleine effervescence. En homme 
prudent il met la question à l'étude, se contentant, pour cette 
fois, de formuler des vœux, « en attendant, dit-il, que la 
Providence réunisse les esprits pour bâtir, sous notre autorité, 
une église plus décente et plus convenable à la dignité d'une des 
principales paroisses de notre diocèse ». L'occasion se présenta 
l'année suivante à la suite de la mission qui fut donnée dans cette 
ville par les Oratoriens. Fleury vint lui-même, le 26 août 1703, 
en clôturer les exercices. Les deux partis convinrent de s'en 
tenir à sa décision. Mais le sage prélat ne voulut point encore se 
prononcer. Il se rendit une troisième fois à Lorgues où il se 
rencontrait, le 8 mai 1704, avec l'architecte Veyrier; enfin, le 
29 du même mois, il signa l'ordonnance qui autorisait la cons- 
truction de la nouvelle église dont il bénit solennellement, quelque 
temps après, la première pierre (3). Sans doute le plan en fut 



(1) C'est ce qu'il lit à Colignac, Villecroze, Bagnols, Saint-Tropeic, au Thoronel. aux Arcs 
et aux Adrets. 
(i2; Cette dernière église ne fut jamais construite. 
(3) Arch. dép'". Visites pastorales. Lorgues. Ordonnance de Fleury. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVllI® SIÈCLE 337 

modifié dans la suite, car dans une lettre du 26 mai 1715, Fleury 
se plaint aux consuls de ce qu'ils ont entrepris un trop grand 
ouvrage et leur déclare qu'on ne peut obliger les décimateurs à 
contribuer à toute la dépense (1). 

Deux vols sacrilèges profanèrent le lieu saint pendant son 
épiscopat. En 1709, à l'occasion du vol commis dans la chapelle 
des Gordeliers de Draguignan, où les saintes hosties avaient été 
enlevées, le pieux pontife prescrit des prières expiatoires, un 
jeûne général dans la ville pour le samedi 16 novembre; il 
ordonne pour le lendemain, dimanche, une procession de péni- 
tence, au retour de laquelle « l'officiant étant monté à l'autel, 
prendra le Saint-Sacrement entre les mains et, dans le temps 
qu'il se tiendra tourné vers le peuple, le sieur sacristain et le 
sieur capiscol, à genoux et le flambeau à la main, prononceront 
à haute voix pour pouvoir être entendus du peuple l'amende 
honorable ». Ces prières expiatoires, sauf la procession, devaient 
se continuer les deux dimanches suivants (2). 

« Entre toutes les marques de la colère de Dieu sur nous, 
dit le mandement (3), il n'y en a point qui nous ait pénétré d'une 
aussi vive douleur, que l'attentat sacrilège des quelques scélérats 
qui ont poussé l'impiété jusque à enlever de l'église des Pères 
Gordeliers le Corps adorable de Jésus-Christ. C'est la seconde 
fois que cette profanation arrive dans ce diocèse et nous ne pou- 



(1) R. Poulie. Hist. de l'église Notre-Dame et St-Michel de Draguignan, p. 224, note. 

(2) Papiers de M. l'abbé Audibert, supérieur du grand séminaire avant la Révolution. 

(3) Mandement de M^' l'évêque de Fréjus au sujet de l'enlèvement des saintes hosties 
fait en l'église des Gordeliers de la ville de Draguignan. (Arch. dép'".) 



338 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

vons la regarder que comme une juste punition de nos crimes et 
un présage des plus grandes calamités. 

« L'historien Josèphe nous apprend que quelques jours avant 
la ruine du temple de Jérusalem, les prêtres entendirent pendant 
le sacrifice une voix terrible qui cria plusieurs fois : Sortons 
d'ici, et nous ne mériterions peut-être que trop par le peu de 
respect qu'on apporte aux églises et par l'indévotion avec laquelle 
la plupart des fidèles assistent au saint sacrifice de la messe, 
que le divin Sauveur de nos âmes, qui s'immole tous les jours 
sur nos sacrés autels, nous fit entendre une aussi effrayante 
parole et se retirât entièrement de nous. C'est ce manque de foi 
qui lui a fait dire dans l'Apocalypse qu'il remuerait le chandelier 
et qu'il le changerait de sa place, c'est-à-dire qu'il transporterait 
à d'autres la lumière de la foi. 

« Craignons, mes chers frères, un aussi grand malheur, 
humilions-nous de ce qu'il a permis parmi vous un^crime aussi 
énorme et n'en cherchons point d'autre cause que nos crimes 
mêmes. Un abîme en attire un autre, dit le Prophète-Roi , et le 
plus terrible effet de la colère de Dieu sur les pécheurs n'est pas 
de les en punir par des châtiments temporels, c'est, au contraire, 
un effet de sa bonté paternelle pour nous en corriger; mais c'est 
quand il nous abandonne à nos désirs criminels et qu'il nous 
laisse enfin tomber de péché en péché dans l'impénitence et 
l'endurcissement. 

« Efforçons-nous donc, mes frères, d'éviter un état si funeste, 
prévenons , selon le conseil du Psalmiste , par une humble 
confession de nos fautes, la colère redoutable de notre juge qui 
parait si irrité contre nous et imitons la pieuse inquiétude de ces 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIll® SIÈCLE 339 

saintes femmes de l'Evangile qui ne cessaient de pleurer et de 
gémir, parce qu'on avait enlevé le corps de leur divin maître et 
qu'elles ne savaient où on l'avait mis ». 

Un pasteur si zélé pour la maison de Dieu ne négligera point 
l'instruction religieuse de son peuple. Dans ses tournées de 
visites « il ne peut voir sans gémir combien les vérités essen- 
tielles du christianisme sont ignorées des gens de la campa- 
gne » (1). Aussi s'attache-t-il à interroger sur le catéchisme en 
môme temps que les enfants présentés à la confirmation les 
fidèles qui viennent assister à la cérémonie. Quand les réponses 
ne sont pas suffisantes, il n'hésite pas à prendre des mesures pour 
obliger les prêtres à mieux remplir ce devoir de leur charge (2). 



(1) Mandement sur le Jansénisme dont il sera bientôt question. 

(2 Nous en avons un exemple par le règlement qu'il imposa au vicaire perpétuel de Cliâ- 
teaudouble (3 avril 1704) : « Nous enjoignons, dit-il, 1» à tous les confesseurs du lieu 
d'ioterroger au tribunal de la confession tous les pénitents, de quelque âge qu'ils soient, avec 
pourtant discrétion et prudence, pour savoir s'ils sont instruits des principales vérités de la 
religion, et, en cas qu'ils ne le soient pas, de les renvoyer sans que cela paraisse aux yeux 
du public, en disant simplement sur eux les prières accoutumées et leur donnant la bénédic- 
tion, en les avertissant qu'ils ne sont point absous et leur enjoignant de venir les trouver 
en particulier pour apprendre leur croyance. 

« 2° Le vicaire publiera trois dimanches consécutifs, au prône, que ceux qui ne sont pas 
instruits du catéchisme, ne sont pas capables de recevoir l'absolution ni la communion, et 
que les pères et les mères qui n'enverront pas leurs enfants au catéchisme et qui ne leur 
feront point répéter aussi en particulier les principaux points de la doctrine, se rendent 
coupables d'un péché mortel, et que Dieu leur demandera un compte rigoureux du peu de 
soin qa'ils auront eu de leur éducation. 

« 3° Pendant un an, le sieur vicaire et les deux secondaires ne manqueront point, tous les 
dimanches et fêtes, de faire le catéchisme, à midi, pendant une heure et demie, et de partager 
les paroissiens en trois classes dont chacun d'eux se chargera d'une, et que, en cas que 



340 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Sa sollicitude pastorale veille également sur les écobs publi- 
ques dont il a, comme évêque, la surveillance. A plusieurs 
reprises il dut rappeler aux consuls de Gotignac leur obligation 
d'entretenir une école (1). C'est d'ailleurs la seule paroisse qu'il 
eut trouvée sans école dans ses deux visites pastorales de 1703 
et de 1713. Il tient surtout la main à ce qu'on donne aux enfants 
une éducation chrétienne, exhortant les maîtres à enseigner le 
catéchisme à leurs élèves , à les conduire le dimanche à la 
messe, à les faire approcher des sacrements aux principales 
fêtes de l'année. S'étant aperçu que l'instruction des filles du 
peuple était presque partout négligée, Fleury ouvrit pour elles, 
à ses frais j une école à Fréjus, dont il confia la direction aux 
sœurs de Nevers. Dans toutes les villes où les Ursulines étaient 
établies il les obligea à tenir une classe gratuite, conformément 
à leurs statuts (2). 

les personnes avancées en âge aient quelque honte de s'y trouver avec les enfants, ils se 
rendront faciles, comme nous avons déjà dit, à les instruire en particulier. 

< 4° 11 ne sera marié personne ou reçu à être parrain ou marraine qu'on ne soit assuré 
qu'il sache son catéchisme. 

< 5» Ceux qui feront le prône s'attacheront principalement «i expliquer l'Oraison dominicale, 
le Symbole, les Commandements de Dieu, les sacrements de Baptême, Confirmation, Eucha- 
ristie, Pénitence, Mariage et Extrême-Onction, la manière de se confesser et d'entendre la 
messe, de laquelle explication ils s'acquitteront d'une manière familière, intelligible à tont le 
monde et posément, pour mieux l'inculquer. 

« 6° Les règlements ci-dessus seront observés jusqu'à ce que la paroisse soit sufBsamment 
instruite >. 

(1) Les archives de cette commune constatent la présence d'un maître d'école d'une manière 
assez suivie de 1500 à 1633. Depuis cette époque il n'y en a plus jusqu'en 1721. (Arch. c'«' de 
Cotignac, BB. 1 et suiv ) 

(3j Arch. dép'o. Visites pastorales. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 341 

Les établissements d'éducation pour les jeunes filles de la 
bourgeoisie ne faisaient pas défaut. Fleury qui n'aime ni le faste, 
ni la mondanité, veut qu'on recommande aux élèves une mise 
simple et qu'on leur défende « de porter la gorge découverte et 
des parures qui sentent le siècle ». A l'exemple de ses prédé- 
cesseurs, il ordonne qu'elles soient rendues à leur famille après 
Page de seize ans et fixe la pension à 75 et 90 livres. 

Sa surveillance s'exerce sur les médecins eux-mêmes. Consi- 
dérant combien leur concours est nécessaire aux prêtres auprès 
des malades, il invite les consuls à retirer leur emploi aux 
médecins des communautés qui ne mènent pas une vie chré- 
tienne (1). 

Au souci intelligent des besoins religieux et moraux du 
diocèse, Fleury joignait un grand dévouement pour les pauvres. 
On le vit, comme Clermont-Tonnerre, se rendre chez les infir- 
mes pour les communier et les secourir de ses aumônes. Partout 
il s'enquérait de l'état des hôpitaux. Il fit diviser en salles dis- 
tinctes ceux de Fayence et de Salernes afin de séparer les 
malades des deux sexes, donna 100 livres pour réparer celui de 
Flayosc , autorisa les habitants de Saint-Raphaël à se faire 
soigner gratuitement dans l'hôpital de Fréjus. Plus que tout 
autre, ce dernier établissement, dont il confia le service aux 
sœurs de Nevers, fut favorisé de ses libéralités. Déjà, en 1705, 
le généreux prélat lui avait cédé le pré de la Raynaude dont les 



(1) Arch. c'" (le Flassans, BB. 23.— Uesiiiution de Demolin comme médecin de la com- 
munauté, sur l'invitation de l'évêque de Fréjus, « à cause de sa religion > et pour ne pas 
pratiquer les sacrements (1705). 

22 



342 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

revenus étaient considérables à l'époque des foulaisons (1), puis 
successivement des sommes importantes qui formèrent peu à 
peu un capital de 21,163 livres. Ces actes de générosité le firent 
chérir de tout le diocèse. Dans sa reconnaissance pour les 
bienfaits de Fleury, le conseil communal de Flayosc l'appelle 
« le père des orphelins, le nourricier des pauvres, le refuge des 
malheureux » (2). 

Nous sommes loin, on le voit, du portrait fantaisiste qu'ont 
tracé de cet évêque les pamphlétaires de l'époque. Fleury ne fut 
ni ce vulgaire ambitieux, ni ce petit abbé de cour, dont parle 
Saint-Simon , ni ce prélat boudeur qui, relégué dans un diocèse 
éloigné de la capitale, aurait signé ses lettres intimes : Fleury 
par V indignation divine, évèque de Fréjus. Quoiqu'on ait pu dire, 
Fleury ne considéra jamais comme une disgrâce sa nomination 
à ce siège. Il se plaisait au séjour de sa ville épiscopale dont il 
avait pris en affection les habitants. Son départ, nous le verrons, 
ne changea pas ses sentiments à leur égard; la mort seule put 
briser l'amitié qui les unissait (3). 

De graves événements se préparaient. La fortune avait aban- 
donné le grand roi. Le duc de Savoie, après avoir défait dans le 
Piémont les armées de Louis XIV, envahissait la Provence. « Le 
11 du mois de juillet 1707, à trois heures environ de l'après- 
midi , dit une relation du temps , il passa le Var avec une 

(1) Arch. dép'«'. Invent, de l'évêché.— C'est le Cours actuel. 

f2) Arch. c'". Délibération du l"janvier 1711. 

;3) Il ne vint presque jamais, pendant les chaleurs de l'été, à Fayence, dont le château, 
dit Girardin, ayant besoin de grandes réparations, fut, à sa requête, démoli avec la permis- 
sion de la cour, comme dispendieux et inutile. (Girardin. Descript. du diocèse, p. 147. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIU^ SIÈCLE 343 

armée de quarante à cinquante mille hommes, soutenue par mer 
d'une puissante flotte de nonante vaisseaux anglais et hollandais 
qui mouillèrent à la plage de Fréjus » (1). Quatre jours après, 
l'armée ennemie entrait à Fréjus sans coup férir. Le duc, qui 
n'arriva que le 17 juillet^ logea à l'évèché. Fleury, rentré depuis 
un an de Paris (2), fit les plus courageux efforts pour empêcher 
les excès du vainqueur et diminuer les charges de l'occupation. 
La plupart des habitants ainsi que presque tous les chanoines et 
bénéficiers avaient pris la fuite (3). 

Saint-Simon incrimine vivement la conduite du prélat en celte 
circonstance. « L'évêque, dit-il, reçut le duc dans sa maison 
épiscopale, comme il ne pouvait s'en empêcher. Il en fut comblé 
d'honneurs et de caresses, et le duc l'enivra si parfaitement par 
ses civilités, que le pauvre homme également fait pour tromper 
et pour être trompé prit ses habits pontificaux, présenta l'eau 
bénite et l'encens à la porte de la cathédrale à M. de Savoie et y 
entonna le Te Deum pour l'occupation de Fréjus. Il y jouit 
quelques jours des caresses moqueuses de la reconnaissance de 
ce prince pour une action tellement contraire à son devoir et à 
son serment qu'il n'aurait osé l'exiger. Le roi en fut dans une 
telle colère que Torcy^ ami intime du prélat, eut toutes les peines 
imaginables de le détourner d'éclater. Fréjus, qui le sut et qui 



(i; Note écrite par Joseph Bonnaud, prêiie du Puget, sur le protocole des actes du notaire 
Bonnaud, du Puget, en 1707. 

(s; En 1706, Ik conseil communal de Cotignac délibère de dép-jter le maire et plusieurs 
notables à Fréjus pour faire visite à l'évêque venu de la cour, attendu la singulière bonté 
qu'il a témoigné d'avoir pour les habitants de ce lieu (Arch c'" de Coti^-nac, BB. 12.) 

(3, Girard in. Hist. de Fréjus, L p. 269-572. 



344 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

après coup senlit sa faute et quelle peine il aurait d'en revenir 
auprès du roi, trouva fort mauvais que Torcy ne le lui ait pas 
caché, comme s'il eut été possible qu'une démarche si étrange 
et si publique et dont M. de Savoie s'applaudissait, ne fut pas 
revenue de mille endroits et ce que Fréjus pardonna le moins au 
ministre fut la franchise avec laquelle il lui en parla, comme 
s'il eut pu s'en dispenser et comme ami et comme tenant la place 
qu'il occupait. L'évêque flatté au dernier point des traitements 
personnels de M. de Savoie, le cultiva toujours depuis et ce 
prince par qui les choses les plus apparemment inutiles ne lais- 
saient pas d'être ramassées, répondit toujours de manière à 
flatter la sottise d'un évêque frontière, duquel il pouvait peut- 
être espérer de tirer quelque parti dans une autre occasion. 
Tout cela entre eux se passa toujours fort en secret, mais dévoua 
l'évêque au prince. Tout cela , joint à l'éloignement du roi mar- 
qué pour lui et à la peine extrême qu'il avait montrée à le faire 
évêque, n'était pas le chemin pour être choisi par lui, pour 
précepteur de son successeur » (1). 

Et pourtant c'est à celui que Saint-Simon représente comme 
traître à son roi, infidèle à ses devoirs, que Louis XIV, sept ans 
plus tard , confiera l'éducation de son arrière-petit-fils. A ce 
démenti donné par le grand roi au récit fantaisiste du trop célèbre 
pamphlétaire, l'histoire vient ajouter en faveur du prélat calomnié 
son impartial témoignage : « Victor Amédée lorsqu'il était à 
Fréjus, dit Papon, eut occasion de connaître Hercule de Fleury. 
Il aima la souplesse et l'aménité de son caractère. Ce prince lui 

(1) Uémoires de Saint-Simon, chip. 181. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 345 

demanda le serment de fidélité; le prélat eut le courage de lui 
dire : « Votre Altesse royale est bien persuadée que je ne man- 
querai jamais à ce que je dois à Louis-le-Grand , mon légitime 
et unique souverain ». On assure qu'il ajouta : « D'ailleurs ce 
ne serait pas la peine de reconnaître Votre Altesse pour le peu 
de temps qu'elle a à séjourner en Provence » (1). 

Loin de déplaire au duc, ce noble langage ne fit qu'augmenter 
son estime pour l'évêque de Fréjus et il avait l'habitude de dire 
à son occasion « que les évéques des autres Etats ne pouvaient 
se comparer à ceux de France » (2). Comment un prélat infidèle 
à ses devoirs de citoyen aurait-il excité à un tel degré Tadmira- 
■ tion de son hôte? On ne peut faire un reproche à Fleury de s'être, 
en habile diplomate, insinué dans les bonnes grâces du vain- 
queur. Au lieu de lui opposer une résistance inutile il jugea plus 
prudent de gagner sa confiance et y réussit pleinement. Le 
prince» ne permit pas, dit Girardin , qu'oh fit aucun désordre 
dans notre ville; les monastères avaient des sauvegardes; nulle 
femme ni fille ne fut violée, on ne pilla point de maison, on ne 
tua aucun habitant, on ne brûla quoique ce soit » (3). 

Il fallut, il est vrai, payer la contribution de guerre qui s'éleva 



(1) Papou, nist. de Provence, IV, p. 118. — Papou est d'autant plus digne de foi qu'il 
eut des relations avec la cour de Sarddigne et fut niêrae chargé de prononcer l'éloge funèbre 
de Charles-Emmanuel III, le successeur de Yictor-Amédée. Feller fDict. bioyraph. art. 
Paponj, dit que le récit du siège de Toulon, en 1707, fait par cet historien sur les mémoires 
du maréchal de Tessé, ne manque pas de mérite. Or le maréchal, contemporain de Fleury, 
n'eut pas manque de blâmer l'évêque de Fréjus si sa conduite eut été répréhensible. 

l2) Girardin. Hist. de Fréjus, I, 1. c. 

(3) Ibid. id. 



346 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

à 15,000 livres, soit en numéraire, soit en denrées. Fleury donna 
à lui seul 3,000 livres et cent charges de blé, et promit d'aller se 
procurer le surplus à Aix. Eu attendant les consuls furent 
gardés comme otages jusqu'à complet paiement. Mais les habi- 
tants furent si heureux de voir leur ville préservée de l'incendie 
et du pillage qu'ils en conservèrent une vive reconnaissance 
envers le prince. Lorsque Victor Amédée , devenu roi de 
Sardaigne, vint à Nice, en 1714, le sieur d'Espitalier, maire 
de Fréjus, s'y rendit avec deux notables de la ville pour lui 
présenter les hommages des habitants. « Sire, dirent-ils, quand 
ils furent admis en sa présence, les bontés que votre Majesté 
a eues pour la ville de Fréjus, lorsqu'EUe y entra en 1707, à la 
tête d'une armée formidable, ont été si fort gravées dans le fond 
de nos cœurs que cette ville a cru ne pouvoir se dispenser de 
nous députer pour venir Lui en marquer son souvenir et sa 
reconnaissance, assurer Votre Majesté de nos très humbles 
respects et lui témoigner la joie que nous avons de la grandeur 
et de l'accroissement de sa gloire » (1). Cette démarche avait été 
conseillée par Fleury qui se trouvait en ce moment à Montpellier 
où l'avaient appelé des affaires de famille. 

Si, grâce à l'intervention de l'évêque, Fréjus échappa au 
pillage, il n'en fut pas de même des autres localités traversées 
par l'ennemi. A Saint-Raphaël, les matelots anglais et hollan- 
dais saccagèrent l'église et le village, enlevèrent les cloches, 
profanèrent les saintes hosties, violèrent les sépultures (2). Le 



(1) Arcli. c'" de Fréjus, UB. 21. 

(3) Girardin. Ilisl. de Frcjus, II, 2G9-5;72. 



DU XIII'^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 347 

Puget, déjà frappé d'une contribution de guerre de 1,800 livres, 
et Roquebrune , où toutes les provisions des habitants et même 
leurs vêtements avaient été saisis, furent en partie brûlés. Au 
Muy, l'incendie succéda au pillage. Le village de Vidauban, 
dont les habitants avaient pris la fuite^ devint tout entier la proie 
des flammes. Arrivée au Luc, l'armée du duc de Savoie se 
divisa : le gros des troupes se dirigea vers Toulon, le reste alla 
camper près de Brignoles et rançonner les environs. Pour payer 
sa contribution fixée à 10,000 livres, le conseil communal du 
Luc ne crut mieux faire que de vendre les biens des fugitifs. 
Les consuls de Montferrat, taxés à 3,000 livres, et ceux de 
Ghâteaudouble à 2,500, s'étaient contentés d'engager les habi- 
tants à vendre leurs bagues et bijoux. Cotignac fut imposé à 600 
livres par feu , Draguignan à 30,000, Bras à 2,700. Les consuls 
de Saint-Tropez fournirent 26,000 rations de pain et de vin et 
50 moutons, ceux de Trans 100 rations de pain (1). 

Après son échec devant Toulon, le duc de Savoie battit en 
retraite. Il était le 25 août à Fréjus où il entendit la messe dans 
une des salles de l'évôché et repartit le lendemain « sans per- 
mettre qu'on nous fit aucun mal, dit Girardin. Nous en fûmes 
quittes pour la peur, nous ne payâmes que très peu de contribu- 
tion. Les troupes françaises arrivèrent deux heures après que 
les ennemis étaient sortis; les habitants qui s'étaient enfuis 
revinrent; il ne manqua que quelques paysans qui s'étaient fait 
tuer sottement par les hussards sur les bords d'une forêt » (2). 



(1) Ces détails sont lires des archives de chacune des communes ci-dessus indiquées. 
(2, Girardin. Hist. de Fréjus, II, 269-273. 



348 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 



Le cœur compatissant de Fleury ne pouvait rester fermé au 
malheur de ses diocésains ruinés par l'invasion. Dans son désir 
de soulager leur misère, il prit l'initiative d'inviter les maires 
des localités les plus éprouvées à s'entendre av:c les curés de 
leur paroisse pour dresser et lui envoyer, dans le plus bref délai, 
la liste des familles qui avaient souffert des déprédations et des 
excès de l'ennemi (13 septembre 1707) (1). 

L'année qui suivit ces événements, l'évêque de Fréjus fît un 
nouveau voyage à Paris d'où il revint au commencement de 
1709 (2). Le 11 janvier il réunissait en effet un synode où furen'' 
adoptés les statuts qui fixèrent les jours des offices solennels et 
des processions à la cathédrale, et réglèrent le cérémonial de 
l'encensement des chanoines (3). Dans les collégiales de Dra- 
guignan, d'Aups et de Lorgnes, le prélat rétablit l'usage de la 
pointe pour obliger les chanoines à plus de régularité. A Lorgues 
encore il affecta le traitement du chanoine théologal, qu'il pour- 
vut d'une autre prébende, à l'entretien de deux secondaires qui 
aideraient le chanoine-sacristain dans les fonctions de sa charge 
(20 juin 1710). Entre temps son vicaire général, Joseph Vairac, 
vint, au nom du Saint-Siège, publier dans la collégiale de 
Pignans (27 mars 1710), les lettres apostoliques autorisant 



(1) Arch. c'«« de Roquebrune, GCJ. 25. — Ltliro du secrétaire de Flcurv, Claude 
Pascalis. 

(2) Les consuls de Coli.i,'iiJc voni encore, comme en 1706, féliciter l'évêque à son retour 
de Paris. (Arcli. c'« de Coiigiiac, CC. 99.) 

(3) Il fut défendu de faire une demi-génuflexion devant les chanoines avant et après l'en- 
censement. — Fonds du docteur Pascal. 



DU XIÎl® A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 349 

l'union , décrétée par Louis XIV, de la prévôté de celte collégiale 
au séminaire de la marine de Toulon (1). 

Le terrible hiver de 1709, qui détruisit les oliviers en Provence^ 
vint ajouter aux ruines de l'invasion un nouveau et plus com- 
plet désastre. Frappées dans leur principale production , nos 
campagnes désolées ne pouvaient plus nourrir leurs malheureux 
habitants. En présence de la misère grandissante Fleury sut 
s'inspirer des nécessités de ces temps calamiteux. Dans le synode 
du 7 mai 1710 il supprimait certaines fêtes chômées, afin qu'un 
travail plus opiniâtre put arrachera la terre la nourriture qu'elle 
se refusait à donner. 

L'ordonnance synodale s'élève d'abord contre les « coutumes 

païennes » que l'affaiblissement de la foi et la corruption des 

moeurs a introduites dans la célébration des fêtes religieuses : 

« Rien n'est plus ancien ni plus recommandé dans Téglise, dit-elle, 
que d'honorer les saints qui jouissent déjà de la félicité des bienheu- 
reux et qui sont d'utiles et puissants intercesseurs pour nous auprès 
de Dieu. Les fêtes instituées à leur honneur servent aussi ù exciter en 
nous le désir de les imiter et les merveilles de leur vie sont une preuve 
continuelle que la grâce de Jésus-Christ rend non seulement possibles, 
mais encore doux et aisés tous les préceptes de sa divine loi. Tout doit 
donc nous porter au culte de ces âmes bienheureuses et à en conserver 
précieusement la mémoire. Mais par un abus qu'on ne peut assez 
déplorer, il est arrive, à la honte de la religion, qu'une pratique si 
louable qui devait être pour nous , par son institution , une source de 
grâces et de bénédictions, est devenue, par un funeste renversement, 
une source de libertinage et de dissolution. On a converti les usages 
les plus saints en des coutumes qu'on peut appeler véritablement 
païennes et on est venu en un tel point de dépravation qu'on croit 

(1) Arch. dép'". his. ceci. — Ibid. Fonds de la coll(^giale de Pignans. — Les lettres 
apostoliques sont à la tlatedu 15 mars 1701. 



350 LES ÉVÈQUES DE FRÉJLS 



honorer les saints dont la vie a été une suite continuelle de pénitence 
et de mortification, par des danses, des jeux, des festins, et des spec- 
tacles semblables à ceux rjue les Gentils aveugles célébraient en l'hon- 
neur de leurs faux dieux. 

Cette profanation si scandaleuse des fêtes des saints ne serait pour- 
tant pas une raison suffisante pour les reti'anclier, et il ne serait pas 
juste parce que quelques impies ou des ignorants en abusent, de priver 
les chrétiens fidèles et instruits de la consolation qu'ils reçoivent en 
unissant leurs prières à celles de l'Eglise pour les invoquer et implorer 
leur secours dans les jours consacrés en leur honneur. 

Depuis le synode du 13 avril (1), il n'y a point d'obligation d'enten- 
dre la messe aux jours marqués ci-après. Mais comme d'un autre 
côté le malheur des temps a rendu la misère presque générale et que 
la multiplicité des fêtes, surtout dans la saison où les travaux de la 
campagne sont le plus nécessaires, ôte le moyen aux pauvres artisans 
ou gens de journée de gagner leur vie, Jésus-Christ nous ayant appris 
aussi que le sabaih (sic) était fait pour Thomme, nous avons cru, à 
l'exemple de plusieurs grands évêques du royaume et en particulier 
de cette province, qu'il était expédient de céder à la nécessité et de 
permettre de travailler dans certains jours qui jusqu'ici n'avaient été 
destinés qu'à louer Dieu dans les saints, en n'occupant les fidèles que 
des offices de l'Eglise ou d'autres œuvres de piété. 

Mais pour ne pas perdre entièrement le fruit de ces fêtes et en 
conserver la mémoire dans l'esprit et le cœur des chrétiens, nous 
avons jugé à propos de ne pas en retrancher l'obligation d'entendre la 
messe, afin qu'ils puissent au moins sanctifier leur travail en assistant 
au sacrifice adorable de nos autels ». 

Après avoir énuméré les fêtes supprimées (2), le prélat ajoute: 
« Nous enjoignons au prêtre qui dira la messe de l'aube de réciter 
l'abrégé de la foi après le premier évangile, nous exhortons encore 
les vicaires ou les prêtres des paroisses d'instruire le peuplci soit dans 
la messe du prône qui précédera l'une des fêtes ci-dessus exprimées. 



(1) La copie que nous avons donne l'année 1715. ce qui est impossible puisque l'ordon- 
nancc que nous transcrivons est de 1710. D'ailleurs en 1712 Fleury était à Paris. 

(2) C'étaient les fêtes de S. Maiiiias, S. Joscpli, l'Invention de la Sie-Croix. Ste Madeleine, 
S. Jacques, S. Laurent, S. Barlliélcmy, S. Mathieu, SS. Simon etjude. S. Thomas, apôlre. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 351 

soit à la première messe qui se dira ce jour-là, de la vie ou martyre 
du saint, dont on devait célébrer la fête » (1). 

Cependant les ennemis de la France n'avaient pas désarmé. 
On craignait chaque jour une descente sur la côte dont les points 
fortifiés n'étaient pas gardés. Au milieu du désarroi général, les 
populations, abandonnées à elles-mêmes, durent pourvoir à leur 
propre défense. Fleury est à la tète de ce mouvement patriotique. 
Le 5 août 1710, il écrit aux consuls de Roquebrune : « Je ne 
doute pas. Messieurs, que vous ne sachiez que la flotte ennemie 
est à Cavalaire et qu'elle y a même fait une descente, aussi bien 
qu'en quelques autres endroits de cette côte. Il est de notre 
intérêt commun et du service du roi de penser à la sûreté du 
pays et comme nous n'avons point de troupes, il est nécessaire 
que chaque communauté fasse une compagnie de milices pour 
se porter aux lieux où le besoin le demandera. M. le comte 
d'Armagnac a donné ordre que les communautés gardassent les 
redoutes. Comme l'année passée, celle de Saint-Raphaël gardera 
la sienne, celle de Fréjus gardera les deux qui sont sur cette 
plage, et il faut que la vôtre garde celle de l'Estel, comme 
vous fîtes l'année passée. S'il arrivait quelque malheur, faute 
d'y avoir du monde, vous en seriez responsables et on s'en pren- 
drait à vous, sans compter que tout le mal tomberait sur votre 
lieu. Je suis persuadé que vous aurez là-dessus tout le zèle quj 
convient. — A. -H., év. de Fréjus » (2). 

(1) Fonds du docteur Pascal. 

(2) Arch. c'«' de Rciuebruiic, GG. 25. — Dès le tnoyen-âgc, « le guet de mer » était 
organisé; plus tard des milices gardes-côlcs sont formées; les hommes des paroisses du 
littoral, embrigadés, armés, sont inspectés d'abord deux fois l'an, par l'amiral. A une époque 



352 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Ces continuelles alarmes empêchèrent Fleury d'entreprendre, 
aussitôt qu'il l'aurait désiré, une deuxième visite du diocèse. 
Enfin, il put la commencer en mars 1711. Nous l'avons vu à 
cette époque présider à Roquebrune la clôture de la mission. 
Un voyage à Paris interrompit la tournée pastorale; il la continua 
les années suivantes (1) et ne la termina que dans les premiers 
mois de 1714. Le 3 mai de cette année, le prélat tient un synode 
général dans lequel il remet en vigueur plusieurs articles tombés 
en désuétude des anciennes ordonnances. 

« Sur ce qui nous a été représenté qu'il y avait plusieurs articles des 
ordonnances de nos prédécesseurs et des nôtres qui n'étaient pas 
exactement observés , sous le prétexte qu'il n'y en avait pas assez de 
copies, nous avons cru en devoir renouveler la publication en ce 
synode quoiqu'elles ne renferment qu'une simple exposition des canons 
des conciles toucbant les vie et mœurs des ecclésiastiques et les de- 
voirs des curés qui ne doivent être ignorés de personne. 

« A ces causes, renouvelant les dites ordonnances souvent publiées 
dans les synodes précédents nous défendons à tous ecclésiastiques 
sous peine de suspension, ipso facto , de l'exercice de leurs Ordres et 
des fonctions de leurs bénéfices, de manger dans les cabarets ou 
hôtelleries, excepté en temps d'e voyage. 

« Nous leur défendons aussi de fréquenter familièrement les per- 
sonnes du sexe, de se trouver avec assiduité dans leurs parties de 
plaisir, jeux et. repas, comme étant ces divertissements très souvent 
scandaleux et prohibés par les saints canons. 

« Nous sommes encore obligés de leur défendre d'aller à la chasse 



ulléiieure, les capilaincs gardes-cûtes sont teiius a des inspections mensuelles ; on réunit les 
hommes à l'exer-'ice une fois le mois, pareillement. A part des modifications de détail, cette 
organisation subsista jusqu'en 1759, épo(iue à laquelle une ordonnance royale fait passer à la 
guerre les gardes-côtes. 

(1) Le conseil communal de CLâteaudouble délègue une dépulation a Fréjus pour faire une 
visite à l'évèque Woccasioi) de son retour de Paris. (Arcli. c'«. BB. 13.) 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 353 

et de prendre du tabac en fumée en compagnie de personnes séculières 
et qui ne sont pas de leur maison, n'empêchant qu'ils ne puissent en 
user en leur particulier, si leur santé le demande. Et à l'égard du tabac 
en poudre, nous renouvelons la défense que nous avons cy-devant fait 
d'en prendre dans les églises ou dans les sacristies. 

« Nous ordonnons à tous les ecclésiastiques qui sont dans les Ordres 
sacrés ou qui ont des bénéfices suffisants pour leur eritretien de porter 
ordinairement la soutane longue jusqu'aux talons dans les lieux de 
leur résidence et dans ceux dont ils sont les décimateurs, quand ils y 
demeureront plus de huit jours, défendant à tous prètves de célébrer 
autrement la sainte messe ni de permettre aux étrangers de la célébrer 
dans leurs églises s'ils n'ont l'habillement long ou soutane. 

« Nous ordonnons expressément aux vicaires et autres chargés en 
titre de la cure des âmes de la porter dans les bourgs ou villages de 
leurs paroisses sans pouvoir la quitter hors de leurs maisons, à moins 
d'une nécessité connue, sous peine de suspension. 

« Pour ôter tout prétexte aux réguliers et aux autres de célébrer 
des messes avant celle du prône, nous ordonnons à tous les vicaires et 
autres chargés du soin des âmes de se rendre exacts à dire celle du 
prône à l'heure marquée par nos sentences de visite. 

« Nous leur défendons et même à tous les supérieurs des commu- 
nautés régulières, de donner la bénédiction du Saint-Sacrement après 
le coucher du soleil , excepté le jour de l'Octave de la Fête-Dieu , 
l'expérience ne faisant c[ue trop voir que Dieu est souvent offensé dans 
le concours de personnes de tout âge et de lout sexe qui s'assemblent 
dans la nuit à Toccasion de cette dévotion. 

« Quoique le saint Viatique doive être porté à toute heure du jour et 
de la nuit aux malades, dans le cas de nécessité , nous exhortons les 
vicaires et tous les autres chargés de la cure des âmes de faire en sorte 
qu'il leur soit porté le matin ordinairement, et d'être tellement atten- 
tifs sur les infirmes de leur paroisse qu'il n'arrive jamais, s'il se peut, 
qu'ils meurent sans l'avoir reçu, leur recommandant de ne pas 
délaisser, comme nous avons appris avec douleur qu'il arrive à plu- 
sieurs, les moribonds sans les visiter de temps ù autre et les fortifier 
de quelque parole consolante dans les dernières heures de leur vie qui 
peuvent être les décisions de Téternité. 

« Enfin , nous ordonnons à tous recteurs d'églises et paroisses de 
nous donner incessamment avis de leurs usages à l'égard des exposi- 



354 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

tions et bénédictions du Saint-Sacrement et des titres et permissions 
qu'ils en ont, pour y être ensuite par nous pourvu et statué. Et cepen- 
dant nous leur défendons de donner en un jour plus de deux bénédic- 
tions du Saint-Sacrement dans la même église , même le troisième 
dimanche du mois sous quelque prétexte que ce soit^ révoquant à ce 
sujet toutes permissions à ce contraires qui auraient pu être surprises 
soit de nos prédécesseurs, soit de nous » (1). 

A cette époque le Jansénisme s'agitait en France. Clément IX, 
dans la bulle Unigeniius, venait de condamner (8 septembre 1713j 
le Nouveau-Testament en français acec des réflexions morales du 
P. Quesnel. La constitution pontificale fut reçue par l'assemblée 
du clergé de France, réunie extraordinairement à Paris sur les 
ordres du roi , et publiée dans leurs diocèses respectifs par cent 
six évéques sur cent vingt-huit qui formaient alors l'épiscopat 
français. Fleury qui déjà avait fait aux élèves du grand sémi- 
naire une série de conférences pour tenir son clergé en garde 
contre les erreurs nouvelles, promulgua la bulle le 6 mai 1714, 
et publia à ce sujet un mandement dont nous allons donner une 
analyse et quelques extraits (2) : 

a Nous ne pouvons, N. T. CF., mieux commencer cette instruction 
que par les paroles d'un saint et éloquent évoque du V' siècle, qui 
semblent avoir été écrites pour le temps malheureux de trouble où 
nous vivons. J'ai senti, dit-il dans sa réponse à Eutiche, en lisant cotre 
.triste lettre toute la tristesse et la douleur, avec laquelle vous l'avez 

(1) Fonds du docteur Pascal et archives paroissiales de Flassans. 

(2) Mandement de Monseigneur l'évéque de Fréjus pour la publication de la Constitution 
de N. S. P. te Pape Clément XI portant condamnation de plusieurs propositions extraites 
d'un livre imprimé en français, intitulé : te Nouveau Testament en français avec des 
réflexions morales sur chaque verset, à Paris 1699. El autrement : Abrégé de la morale 
de l'évangile, des épitres de S. Paul et des épitres canoniques, etc., à Paris, 1693 et 1694, 
etc. Aix, chez la veuve de Charles David et Joseph David, in-l" de 33 pages. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 355 

écrite , parce qu'autant que la paix des églises, la tranquillité des fidèles 
et l'union de l'épiscopat me donnent de joie , autant la division de nos 
frères m'afflige et me consterne. Les lois humaines éteignent après trente 
ans tous les différends parmi les hommes ; et après tant de siècles on 
veut encore témérairement disputer sur la génération de Jésus-Christ, 
que la loi divine nous apprend être inexplicable (1). 

On ne peut qu'être touché des mêmes sentiments quand on voit 
renouveler tous les jours parmi nous des disputes si souvent rebattues 
sur la grâce de Jésus-Christ, puisque la naissance spirituelle de ce 
divin Sauveur dans nos âmes n'est pas moins incompréhensible que sa 
génération éternelle, et que nous pouvons dire également de toutes 
les deux avec le prophète : Generationem ejus quis enarrabit ! (2) 

Nous voulons cependant par une curiosité téméraire sonder les se- 
crets les plus cachés des conseils de Dieu, qu'il n'a pas jugé à propos 
de nous révéler, et dont la connaissance est entièrement inutile à notre 
salut. Si nous suivions l'excellente maxime que saint Augustin nous 
propose pour ces sortes de questions, nous éviterions bien des disputes 
qui n'aboutissent qu'à troubler la paix et à altérer la charité. Quand 
on a, dit-il, à traiter des matières très obscures, et quand on ne peut 
pas les décider par des passages certains et évidents des Saintes Ecritures, 
nous devons réprimer la présomption qui nous est si naturelle, en ne 
penchant ni d'un côté ni d'autre; car quoique j'ignore comment on peut 
les expliquer, je ne lai'?se pas de croire, que si cette connaissance eût été 
nécessaire pour notre salut, Dieu nous l'aurait clairement révélée dans 
les livres de sa divine parole (3). 

Si jamais on a dû suivre une règle si sage , c'est sur les matières 
de la Grâce et de la Prédestination qui divisent depuis si longtemps les 
théologiens. Vous savez, N. T. C. F., que nous ne vous avons jamais 
enseigné rien de suspect ni d'outré, et que sans prendre aucun parti 
dans les sentiments problématiques de l'école, nous vous avons exhorté 
à vous attacher uniquement à ce que l'Eglise avait décidé sur ces 
questions. Plus on veut les pénétrer, plus on les trouve impénétrables; 



(1) Epistola B. p. Chrysol. Raven. Episcop. ad Eutichem Abbatem. l.t.4. Conc.Ps.35. 

(2) Jsaïe. cap. ô3. 

(3) Lib. de Peccat. meritiset remiss. cap. 36. 



356 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

plus on en raisonne, moins on les comprend (1) : on marche toujours 
sur un point indivisible entre deux précipices également dangereux ; 
et nous ne voyons pas que depuis treize siècles qu'on dispute sur ces 
deux points , on ait découvert de nouvelles clartés dans des mystères 
si profonds et si cachés. 

Dieu a voulu que nous opérassions notre salut avec crainte et avec 
espérance. L'obscurité de ces mystères est le fondement et le lien de 
ces deux sentiments qui doivent nous exciter dans cette affaire si 
importante, et s'il y a des passages de l'Ecriture sainte, qui jettent la 
terreur dans nos âmes, il y en a d'autres aussi, qui nous animent et 
nous consolent. 

Tous les mystères sont composés de deux vérités, qui semblent se 
combattre; dans celui de la Trinité, les trois personnes divines ne font 
qu'un seul Dieu : dans l'Incarnation, Jésus-Christ est Dieu et homme 
tout ensemble : dans le sacrement adorable de nos autels, Jésus-Christ 
y est tout entier, réellement et substantiellement, sans que son humanité 
sainte cesse d'être dans le ciel; et ce qui a fait les hérétiques, est qu'en 
s'attachant uniquement à l'une de ces deux vérités , ils ont rejeté 
l'autre qui était inséparablement liée avec elle. L'esprit humain toujours 
orgueilleux, au lieu d'avouer la faiblesse de ses lumières, s'est égaré, et 
d'autres se sont vainement tourmentés à chercher ce nœud et cet accord 
dont l'obscurité inipénétrable fait toute l'essence des mystères. 

Il est même utile et nécessaire que cette obscurité se trouve dans 
celui de la Grâce et de la Prédestination. Si nous étions assurés que 
notre salut ne dépend que de nous, et d'avoir quand nous voulons la 
grâce qui nous le fait opérer, nous tomberions dans la présomption, 
et cette fausse sécurité éteindrait la vigilance chrétienne si recom- 
mandée par Jésus-Christ. Si au contraire nous étions persuadés que la 
grâce seule fait tout, et qu'elle domine notre liberté, nous nous con- 
tenterions d'attendre cette motion salutaire de la miséricorde de Dieu, 
et nous nous abandonnerions, ou à une nonchalance criminelle, ou à 
un funeste désespoir. La grâce, dit saint Bernard, n'opère pas une 
partie de la bonne action, ni le libre arbitre une autre partie : mais ces 
deux puissance:^ jointes ensemble opèrent la bonne action indivisiblemcnt, 
en sorte qu'on peut dire que la grâce opère tout, et que le libre arbitre 



(1} Eccletiastei. c. S. 



DU XIII° A I.A FIN Di: XVIIi'^ SIKCLK 357 

opère tout aussi (l). Prier donc sans cesse comme si notre salut dépen- 
dait uniquement de Dieu et l'opérât tout seul; travailler comme s'il ne 
dépendait que de nous, ce sont les deux pôles sur les(|uels roule toute 
l'économie de la piété chrétienne. Les iimes orgueilleuses et insensibles 
ont besoin d'être retenues ou remuées par la crainte, et les âmes 
douces et timides ont besoin d'être soutenues par le motif consolant 
de l'espérance. 

Nous ne pouvons trop à la- vérité appréhender les jugements de 
Dieu: ils ne sont pas moins terribles qu'incompréhensibles. J'userai, 
dit-il, de miséricorde envers qui je vou Irai, et j'aurai de (a clémence 
envers qui il me plaira (2) ; ce n'est donc point l'ouvrage de celui qui veut, 
ni de celui qui court , conclut l'apôtre saint Paul, mais de Dieu , qui 
fait miséricorde (3). Qui osera, dit le Sage, vous imputer, ô mon Dieu 1 la 
perte des nations que vous ave:; créées ? Et y a-t-il un autre Dieu que 
vous devant qui vous puissie-^ justifier l'équité de vos jugements f (4) 

Tremblons donc en lisant ces effrayantes vérités , humilions-nous , 
prions et attendons tout de Dieu et de sa grâce ; mais ne désespérons 
jamais de sa miséricorde. Il est le Dieu de l'espérance : lorsque sa colère 
paraît la plus allumée , heureux ceux qui se confient en lui; il veut 
sauver tous les hommes, il ne veut la perte d'aucun; et si Israël péril , 
il ne doit s'en prendre qu'à lui-même (5). Comme vous êtes juste , ô mon 
Dieu, continue le Sage, vous gouverne.^ toutes choses justement , et 
vous regcœde^ comme une chose étrangère à votre puissance de condamner 
celui qui ne mérite point d'être puni; car votre puissance est le principe 
même de votre justice, et vous êtes indulgent envers tous, parce que 
vous .êtes le Seigneur de tous (6). 

Vous voyez, N. T. C. F., dans tous ces passages un mélange conti- 
nuel de la justice et de la miséricorde de Dieu , de la crainte que nous 
devons avoir do ses jugements, et de l'espérance aussi que nous devons 



(l) s. Bern. tract, de yrat. et lit), arh . C. 14, n. 47. 
(ij Kxod, c. 3H. 

(3) Hom. c. 9. 

(4) Sap. c. 12. 

(5) Rom. c. 1'). — Psal. 2. — 1. Timot. 2. — 3. Pet. 3. — Osse. 13. 
(6; S«p. c. la. 

•23 



358 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

avoir en sa bonté. N'allons pas plus loin , et ne sondons point la 
majesté do Dieu , de peur d'être accablé de sa gloire (1). 

A Dieu ne plaise que par tout ce que nous venons de dire nous pro- 
tendions attaquer aucune des opinions soutenues par les différentes 
écoles des théologiens catholiques. Rien n'est plus éloigné do notre 
pensée, et nous déclarons hautement que nous les respectons toutes-: 
mais nous nous contentons seulement de vous avertir, après le pape 
saint Célestin, que: Quoique ces sortes de questions plus cachées et 
plus difficiles ne doicent pas être méprisées, il n'y a pourtant aucune 
nécessité de les enseigner {2). Peut-être poun'ait-on ajouter qu'elles sont 
de la nature de celles qui servent plus , comme dit saint Paul , à 
exciter des contestations qu'à procurer l'édification, qui se forme par 
la foi » (3j. 

« Saint Cyrille d'Alexandrie parait au moins être de ce sentiment 
dans la lettre qu'il écrit à Jean d'Antioche, qui avait assemblé un 
concile pour chercher les moyens de ramener les Nestoriens à la foi 
catholique. Nous vous conjurons, dit-il, comme nos frères et nos compa- 
gnons dans l'èpiscopat, d'ordonner à vos clercs de ne rien enseigner, 
principalement dans les églises, que ce '/ui est constant et qui a été décidé 
tel ; qu'ils s'en tiennent uniquement à ce qui est dcjoi et qu'ils soient très 
sobres à parler de ces sortes do questions (4). 

« Tel a été aussi le sentiment des papes Paul V, Urbain VIII, 
Innocent X et Innocent XIII, lesquels avaient sagement défendu 
d'écrire ou faire imprimer aucun livre sur les questions si fameuses 
De Auxiliis , qu'il n'eut été auparavant examiné par le Saint-Siège (.5), 
et j)lût à Dieu qu'on eut observé une si salutaire défense, qui est le 
seul moyen de conserver la paix. 11 n'y a de sûreté, comme dit saint 
Augustin, sur une inatière presque pareille, qu'à demeurer uniquement 
attaché à la régie inviolable de la foi (6). 
Nous avons cette règle, N. T. C. F., dans ce que le saint Concile de 



(1) Prov. c. ^T. 

(2) To. -2. Gonc. P. 1617. 

(3) 1 ail Tim. c. 1. 

(4) Ep. B. Cyrill. Alexanri. To. 3. Conc. P. 1208. 

(5) Dans les bulles ou brefs île 1611, 1641, 1645 et 1G91. 

(6) Lib. 2. de pcccat. mer. et remis!!, c. 35. 



DU XIII'' A LA FIN DU XVllI® SIÈCLE 359 



Trente a défini contre les erreurs de Calvin sur la grâce et sur la 
liberté : et celles de Jansénius sur la même matière n'ont pas été 
moins clairement condamnées jiar tous les Souverains Pontifes depuis 
Urbain VIII ^ jusques à Clément XI , qui remplit si dignement aujour- 
d'hui le Saint-Siège. Ce qu'ils ont dccu'ù, pour me servir des termes 
du grand saint Léon , a été confirmé par le consente ni eut irrètractable 
de tous les écêques de l'unicevs , afin qu'il parut clairement, que ce qui 
avait été défni pjar le premier de tous les sièges, et reçu ensuite par 
le jugement de tout le monde chrétien, ne poucait venir que de Dieu 
môme » (1). 

« Le procès est donc fini », et c'est vainement que les défen- 
seurs de Jansénius se réclament de saint Thomas et de saint 
Augustin. L'enseignement de ces deux docteurs de l'Eglise est 
en opposition formelle avec leur système. 

S'ils voulaient (les Jansénistes) imiter la modestie, l'humilité 

et la soumission à l'Eglise du grand saint dont ils se disent les disci- 
ples (2), ils trouveraient également dans ses écrits de quoi convaincre 
les Calvinistes, et de quoi se confondr-e eux-mêmes en même temps 
sur leur orguedleuse présomption. Je ne croirais pas à l'Evangile, dit- 
il, si je n'y étais déterminé par l'Eglise catholique (3). Et encore, si 
vous craigne;^ de vous tromper dans des questions aussi obscures , con- 
sulter l'Eglise dont le pouvoir nous est si clairement enseigné dans la 
Sainte Ecriture (4). Ce grand saint, s'ils voulaient l'écouter sans 
prévention , leur apprendrait aussi le respect qu'ils devraient avoir 
pour le Saint-Siège. Si l'Eglise d'Orient, dit-il à Julien , ne s'est pas 
encore expliquée contre vos erreurs , je crois qu'il doit vous suffire que 
cette partie du monde dans laquelle Dieu ce bien voulu honorer de la 
couronne du martyre le premier de ses apôtres et à Icuiuelle le saint pape 
Innocent préside , se soit déclarée contre vous (5). 

,1) Epis. s. Leonis 93, alias U3 ad Theodoricum Episcopum post conc. cclced. 

(2) Ils affectaient de prendre le tilre A'Augusliniens. 

(3) Lib. contra Epislolam secundam. C. 5. 

(4) Lib. 1, contra Crescon. C. 39. 
(5' Lrb. cent. Juli. n. 13. 



360 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

« C'est ainsi que les SS. Pères ont toujours combattu les hérétiques 
par l'autorité de l'Eglise et de l'évéque de Rome, qui en est le chef. 
C'est ainsi que Tortullien confondait les Marcionites et les Valentiniens 
et saint Augu.'^in était trop éclairé pour penser autrement. Sa doctrine 
n'était pas différente de celle des papes Innocent, Zozime, Boniface, 
ni des évéques du monde. Et c'est cette parfaite conformité des Pères 
qui forme cette chaîne invariable de la Tradition, qui sert de règle à 
notre foi; mais ce n'est pas à des particuliers à les inîerprèter à leur 
fantaisie, non plus que l'Ecriture Sainte: il n'appartient qu'à l'Eglise 
de le faire, et c'est d'elle que nous devons apprendre ce qu'ils ont 
pense. 

N'écoutez point ces faux docteurs qui ont la témérité de dire 

que pour n'être pas hors de l'Eglise, quoiqu'on en paraisse banni j il 
suffit de lui être aitacliè en esprit par la charité (Ij. C'est un pur fana- 
tisme. C'est renverser les principes (|ui rendent l'Eglise visible à tous 
ses enfants. C'est détruire l'unité du Corps mystique de Jésus-Christ. 
Partout où cette unité ne se ti-ouve point , la charité ne peut y être. Et 
quiconque ne tient pas à ce divin Chef par l'union que ses membres 
doivent avoii- avec l'Eglise son Epouse, ne peut en être vivifié » 

Examinant les causes qui ont pu séduire « un si grand nom- 
bre de personnes d'une probité et d'une capacité d'ailleurs 
reconnue », et contribuer aux progrès « d'une doctrine si témé- 
raire et si dangereuse », le savant apologiste signale : la diffu- 
sion de livres « écrits avec beaucoup d'art », dans lesquels les 
Jansénistes « cachent sous de belles expressions le poison de 
leurs erreurs » — une funeste indifférence pour la religion, 
— un esprit de contradiction qui porte « à croire que le parti 
persécuté et le plus faible est toujours celui de la vérité » — le 
désir « de satisfaire leur vanité » qui pousse d'autres à s'unir à 
une secte « qui prend un grand soin de louer et d'élever » ses 
partisans — enfin « une apparence de piété et d'une morale plus 



(1) Propos. 01 dans la Coiist. 



DU XIU"* A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 361 

pure » et la bonne foi de ceux qui, « sans embrasser une mau- 
vaise doctrine qu'ils n'entendent pas » se sont déterminés par 
des considérations personnelles. 

Viennent des avis pratiques pour ramener « sinon le« Jansé- 
nistes de doctrine qui seront toujours très difficiles à convertir, 
mais les autres, dont le nombre est le plus grand. « Le premier 
est de ne faire aucun reproche sur leur égarement passé à ceux 
qui reviennent de bonne foi à l'Eglise ». Le second est que si 
on accuse quelqu'un d'être encore dans l'erreur, on doit le 
déférer à l'évêque, qui examinera ces sortes d'accusations, et 
jugera si elles sont fondées. 

N'accusons personne légèrement et sans preuve. N'augmentons 

pas le nombre des Jansénistes en les multipliant sans fondement, et 
ne leur faisons pas surtout l'honneur de croire que dès qu'on a une 
morale plus pure, ou un extérieur plus réglé que les autres, on 

devienne d'abord suspect d'être leur sectateur Suivons exactement 

ce que le pape Innocent XII recommandait si fortement aux évoques 
de Flandre (1) « de ne point recevoir d'accusation vague et odieuse de 
Jansénisme pour décrier ou désigner qui que ce soit, avant qu'il y ait 
un fondement légitime de le tenir suspect d'avoir enseigné quelqu''une 
des propositions condamnées ». 

Après ces considérations générales, Fleury aborde ce qui fait 

l'objet de la condamnation de la bulle Unigeniius. Il dénonce la 

tempête d'injures soulevée à celte occasion contre le Saint-Siège 

par les partisans de Jansénius et réfute le prétexte mis en avant 

par eux pour faire croire qu'il ne s'agissait que d'une question 

de morale ou de discipline et non d'un point touchant à la foi. 

« Quoi! s'écrie-t-il , un petit nombre de prêtres et de docteurs sans 
autorité, errants et cacbés pour la plupart, qui n'ont su trouver d'autre 

[1) Bref du ti lévrier 1694. 



362 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

asile que leur obscurité, ou le sein même de l'hérésie, qui n'ont pu 
s'unir de communion avec une seule église, qui n'osent même montrer 
leurs erreurs à découvert; ce petit nombre, dis-je, de prêtres pré- 
vaudra-t-il sur tous les évoques du monde qui ont le Souverain Pontife 
à leur tête, avec lequel ils prononcent un même anathême contre leur 
mauvaise doctrine ». 

Le savant prélat réfute les « raisons spécieuses » par lesquelles 
les Jansénistes veulent prouver « que le livre des Réflexions est 
rempli de piété, qu'il a été pendant trente ans regardé comme 
très utile et approuvé de tout le monde, que c'est un précis des 
ouvrages des Saints Pères ». Il montre que quelques-unes des 
cent une propositions extraites de ce livre et condamnées par la 
bulle, ne sont que la reproduction des propositions de Baïus 
depuis longtemps déclarées hérétiques, que les autres, quoique 
elles ne renferment pas un poison si manifeste, « le pape a très 
sagement fait de les condamner comme trop générales et pouvant 
renfermer un mauvais sens ». Parmi ces dernières se trouve 
celle qui déclare nécessaire la lecture de l'Ecriture Sainte. 

Si l'auteur des Réflexions, continue Flcury, s'était borné à dire dans 
sa proposition LXXX que la lecture de l'Ecriture Sainte est pour tout 
le monde, et qu'il n'eût pas ajouté qu'elle est utile à tous, en tout temps, 
en tout lieu , le pape lui aurait peut-être passé celte proposition déta- 
chée. L'Ecriture Sainte est pour tous à la vérité, c'est-ù-dire, personne 
n'est exclus de la lire précisément par son état, ni par sa condition. 
Les rois , les magistrats , les femmes , les artisans , le peuple , tous 
sont appelés ù se nourrir de ce pain céleste, pourvu qu'ils y apportent 
les dispositions nécessaires [lour en profiter; car autrement ce qui 
devrait être pour eux une odeur de vie pour les civi/îcr deviendrait une 
odeur mortelle qui leur causerait la mort (I). 

Les plus grands défenseurs de la lecture de l'Ecriture Sainte, n'ont 

(1) 2 ad Corint. c. 2. v. IG et 17. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 363 

pu s'empêclicr de convenir qu'il fallait du moins pour pouvoir la lire , 
être instruit des principaux mystères de la foi ; et dès lors combien de 
milliers de paysans n'en sont-ils point exclus ? Pour peu qu'on entre 
dans le détail d'un diocèse, et qu'on en approfondisse les maux, on ne 
peut voir sans gémir combien les vérités essentielles du christianisme 
sont ignorées des gens de la campagne, et si on examine même la 
face de la religion dans les villes et dans les conditions plus reles'ées, 
n'a-t-on pas la douleur de voir à quel point elle y est ofescurcie et 
défigurée ? 

L'esprit d'incrédulité n'est devenu par malheur que trop commun : 
on s'accoutume à douter de tout: chacun se mêle de disputer sur les 
vérités les plus incontestables, et s'il y a des personnes pieuses qui 
lisent l'Ecriture Sainte pour se nourrir de cette manne céleste avec 
une parfaite pureté de cœur, combien y en a-t-il d'autres qui n'y cher- 
chent qu'à relever les difficultés ou les obscurités que le Saint-Esprit 
y a laissées pour exercer notre foi ? Combien ne la lisent aussi que 
pour y trouver tout ce qui a quelque rapport aux questions du temps, 
et pour se confirmer dans leurs mauvaises préventions. Hommes et 
femmes veulent décider de la doctrine, et cette salutaire docilité pour 
les pasteurs qui fait le véritable caractère du chrétien, n'est plus 
regardée qu'avec une espèce de mépris, et comme la marque d'un 
esprit faible. 

C'est le funeste fruit des hérésies de Calvin et de Luther, qui ont 
infecté tant de royaumes et de provinces du principe détestable de 
n'admettre pour juge des controverses que l'Ecriture toute seule, sans 
le secours de la tradition dont l'Eglise est la dépositaire, et nous ne 
craignons point de dire que les Jansénistes suivent les mêmes traces, 
quoique moins ouvertement, et avec plus de dissimulation. 

Ces réflexions ne sont que trop certaines, et après cela l'auteur de 
celles sur le Nouveau Testament osera écrire impunément ipie la 
lecture de l'Ecriture Sainte est utile à tous, en tout temps, en tout 
lieu. Qu'on nous donne des chrétiens qui la lisent comme l'enseigne 
le pieux auteur de Ylmitation de Jèi^us-Chvist avec un esprit de foi , 
d'humilité et de simplicité , sans y mêler une vaine et dangereuse 
curiosité (1) : ou qui disent comme saint Augustin, si je trouoe dans les 



(3) Imit. Christ. L. 1, c. 5. 



364 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

livres saints quelque chose qui semble contraire à la vérité, je ne fais 
aucun doute qu'il faut, ou que l'exemplaire soit fautif, ou que le tra- 
ducteur n'en ait pas bien pris le sens, ou que je ne l'entende pas moi- 
même (1). Qu'on nous donne, dis-je, des chrétiens ainsi disposes, nous 
les exhorterons à lire et ù méditer jour et nuit les divines Écritures , 
nous leur ouvrirons non seulement les premiers chapitres de la Genèse 
et le Cantique des cantiques, dont la lecture était défendue dans les 
premiers siècles de l'Eglise, mais encore tout ce qu'il y a de plus sacré 
dans l'auguste mystère de nos autels. 

Nous vous en aurions dit davantage, N. T. G. F., si dans le temps 
que nous travaillions à cette instruction, nous n'avions reçu celle de 
l'assemblée du clergé tenue à Paris au mois de janvier dernier. Elle 
nous a paru si sage, si remplie d'érurlition , et établir si solidement la 
saine doctrine, que les mal intentioiniés prétendent faussement être 
attaquée par la Constitution, que nous l'adoptons avec autant de plaisir 
que de respect, et que nous la joignons à ce mandement, afin ([ue 
vous puissiez profiter des lumières de ces savants hommes ». 

Quelques considérations sur l'obéissance due à l'Eglise et à 
son Chef terminent cette instruction magistrale. 

L'empressement des fidèles à se soumettre aux prescriptions du 
mandement fut pour Fleury une grande consolation (2). Mais la 
parole du zélé pontife dépassa les limites du diocèse. Sa savante 
apologie attira sur lui l'attention publique : de toutes parts on 
lui en demandait des exemplaires. Répondant à l'évêque de Gap 
qui le félicitait sur son succès : « On a beaucoup plus fait d'hon- 
neur à mon mandement qu'il ne mérite, disait l'humble prélat, 
et j'ai bien peur que, quand vous l'aurez lu, vous ne perdiez la 
bonne opinion qu'on vous en a donnée. Il ne m'en reste pas un 



(1) Epit. 82 ad Hieroii. ii. edit. 

(2) Tous les exemplaires du livic rninlaniné furent envoyés au secrélariat de l'évêché. 
(".'est ce que constate Fleury lui-même dans sa Ictlre d'adieux. 



DU Xril^ A LA FIN DU XVIll^ SIÈCLE 365 

seul exemplaire et je n'ai pu en donner à plusieurs personnes 
qui m'en ont demandé. Ainsi , je souhaite que vous en ayez pu 
avoir un par Aix ». Faisant ensuite allusion au bruit qui courait 
alors de son élévation à un siège plus important et à la satisfac- 
tion que lui en témoignait l'évêque de Gap : « Quant à vos pré- 
dictions , ajoutait-il, je les regarde comme un effet de votre 
bonté, sur laquelle seule elles sont fondées; car, Dieu merci, je 
ne prétends et ne désire rien » (1). Fleury n'aspirait plus qu'au 
repos. Peu de temps après il résigna son évêché que l'état de sa 
santé né lui permettait plus de gouverner comme par le passé. 
Le roi lui donna en échange l'abbaye de Tournus. 

Jusqu'au dernier moment il voulut accomplir les devoirs de 
sa charge. Sa démission venait d'être acceptée, lorsque le 
trésorier général de Provence vint à Fréjus (3 février 1715) 
mettre aux enchères, en vertu du droit de régale, les revenus 
de l'évèché. Le prélat protesta contre cette ingérence du pouvoir 
civil. Son opposition eut pour effet qu'aucun acquéreur ne se 
présenta aux enchères. Bon gré, malgré, le représentant du 
fisc dut respecter les droits des fermiers en possession (2). 

En quittant ses diocésains, Fleury leur adressa une lettre 
d'adieux fort louchante (30 avril 1715) (3): 



(Il Arcli. dt'[)'" des liasses-Alpes, G. 119. — CcUe lettre est datée de Monlpcllior, 22 
octobre 1714. 

(21 Arch. dép'". Inventaire de révêché. 

(3) Lettre pastorale de Mgr l'évêque de Fréjus lorsqu'il était sur te point de quiUcr 
le gouvernement du diocèse. (Fonds de M. le clianoine d'Agrigente, du diocèse de Lyon, 
collectionneur infatigjblc qui a réuni dans sa bibliothèque les mandements anciens el mo- 
dernes de presque tous les cvêijucs de la catholicité.) 



366 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

« Après le saci-ifico que je me suis cru oblige de faire à Dieu de ce 
qui m'est le plus cher, en me séparant du troupeau à la tète duquel sa 
patience a voulu me souffrir pendant plus de seize années, j'étais pres- 
que déterminé, M. T. C. F., à garder dès cette heure le silence auquel 
je me suis condamné par ma retraite de ce diocèse. Mais je vous 
avoue, qu'ayant vu avec tant de consolation votre douleur, vos larmes 
et votre ardente affection pour moi, j'ai cru que je ne pouvais sans 
ingratitude ne pas vous faire entendre encore une fois la voix d'un 
pasteur que vous paraissez regretter si amèrement. 

« Je dois commencer par vous rendre le témoignage que ce n'est 
pas par aucun mécontentement de vous que j'ai songé à vous quitter. 
Je n'ai au contraire qu'à me louer de votre amitié et de votre docilité 
pour moi, mais c'est en môme temps cette docilité qui m'a fait craindre 
que je n'en aie pas tiré tout le fruit que je pouvais en retirer pour 
votre utilité. Tant de négligence de ma part à vous visiter et à vous 
instruire ne font que me rendre infiniment coupable devant Dieu, et 
la faiblesse de ma santé, presque toujours altérée par le travail, ne 
m'excusera peut-être pas devant le souverain juge. 

« Je ne puis ni ne dois vous sacrifier mon salut... Je n'ai pas encore 
eu le temps de jouir de Dieu. Pardonnez-moi, mes chers enfants, je 
sais ce qui m'est utile, et ne vous opposez plus à une résolution que 
sa miséricorde m'a inspirée pour me sanctifier. Quoique je sois absent 
de corps, je serai toujours avec vous en esprit ». 

Suit le tableau des divisions qui désolaient alors l'Eglise de 
France, divisions dues à la diffusion des doctrines jansénistes 
et au mépris dans lequel était tombée l'autorité doctrinale de 
l'Eglise et du Souverain Pontife. Le zélé prélat en prend occasion 
pour prémunir de nouveau ses diocésains contre les dangers de 
ces doctrines. 

« Laissez disputer les écoles catholiques sur la nature et l'opération 
de la Grâce, il faut les respecter, elles ont leur utilité et servent à 
fixer et conserver la substance de la foi; mais vous pouvez vous passer 
de toutes ces questions et peut-être même est-il plus sûr de n'y point 
entrer... Que dirions-nous de deux hommes qui pressés d'une soif 
ardente se trouveraient au bord d'une fontaine, dont les claires eaux 



DU XIIl*^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 367 



les inviteraient à se désaltérer, et qui , au lieu de se hâter d'étancher 
leur soif, s'amuseraient à disputer de la nature de ces eaux, de leur 
origine, comment elles se filtrent dans les entrailles de la terre et 
coulent ensuite par mille canaux secrets dans les vallons. Nous les 
traiterions sans doute de fous et d'insensés. Mais le sommes-nous 
moins de consumer le temps précieux que Dieu nous a donné pour 
travailler à notre salut à de vaines disputes qui altèrent presque tou- 
jours la charité et desséchent l'esprit de piété qui nous est nécessaire! » 

Après avoir démontré que les questions de la Grâce et de la 
Prédestination sont des mystères impénétrables, Fleury con- 
damne aussi bien ceux qui ouvrent une trop large voie au salut 
que ceux qui la rendent trop étroite : 

« Loin de nous ceux qui nous représentent Dieu comme un juge 
cruel et tyrannique, lequel se plait à damner ceux qu'il a créés à son 
image et commande des choses qu'il ne nous donne pas le pouvoir de 
faire, qui veulent fermer le ciel à presque tous les hommes; mais loin 
de nous aussi ceux qui veulent en rendre l'entrée un peu trop facile ot 
en élargir les voies. On ne peut à la vérité qu'être saisi de crainte à la 
vue du petit nombre des élus et de toutes les vérités effrayantes que 
l'Ecriture Sainte nous met si souvent devant les yeux; mais gardons- 
nous bien de nous décourager et relevons au contraire nos espérances 
par tout ce que Dieu nous dit lui-même de sa bonté, de sa miséricorde 
et du désir qu'il a de nous sauver ». 

Plus loin le prélat signale les subterfuges et la mauvaise foi 
des Jansénistes qui « empruntent, dit-il, la voix de Jacob pour 
se soustraire aux châtiments de l'Eglise ». 

S'adressant aux prêtres^ il leur recommande de fuir l'oisiveté, 

de ne pas négliger l'instruction des fidèles, surtout le catéchisme. 

« Quelque petit que soit votre troupeau , leur dit-il , il ne vous four- 
nira que trop d'occupation quand vous remplirez toutes vos obligations. 
La prière, l'étude et l'application ù tous vos devoirs vous feront trouver 
les journées trop courtes. Nous avons eu dans nos visites la consola- 
tion de trouver les enfants parfaitement instruits, mais nous avons 
eu aussi la douleur de voir plusieurs paroisses dans une ignorance 



368 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



déplorable. Les prêtres éviteront l'attachement aux biens temporels. 
Un pasteur a beau avoir mille bonnes qualités ^ s'il est malheureuse- 
ment infecté de ce vice détestable (l'avarice), il devient non seulement 
inutile , mais encore odieux à tous ses paroissiens. » 

Et Fleury ajoute avec un profond senlimenl d'humilité : 

« Si j'ai fait quelque peine à quelqu'un d'entre-vous , et que mon 
zèle ait passé les bornes que la douceur chrétienne me prescrivait, je 
les conjure de me pardonner et de prier Dieu pour moi, qu'ils ne me 
l'imputent point à péché ». 

Ses derniers conseils sont pour les laïcs. Les parents doivent 

veiller à l'éducation de leurs enfants : 

« Nous ne pouvons attribuer, leur dit-il, le libertinage des jeunes 
gens d'aujoui'd'iiui (ju'au peu de soin que vous avez eu de leur donner 
une sainte éducation ». 

Il recommande aux fidèles de sanctifier les fêtes et dimanches : 

« Nombre d'entre eux, contents d'avoir entendu une messe baise 
le matin, passent le reste de la journée à des amusements frivoles. Ils 
courent avec ardeur aux bénédictions du Saint-Sacrement parce que 
cotte cérémonie no dure qu'un moment, et n'assistent presque jamais 
à la grand'mcsse ni aux vêpres ». 

Il les exhorte à s'abstenir des danses indécentes, même de celles 

qui sont permises. A ceux qui s'y sont opiniâtrement attachés : 

« Nous vous avons dit souvent, rappelle-t-il , que si nous les tolé- 
rions ce n'était que par une condescendance, peut-être trop grande de 
notre part, pour une coutume trop malheureusement enracinée. Nous 
nous sommes contenté de renouveler le statut de notre prédécesseur 
qui défend sous de grièves peines (1) certaines danses immodestes... 

Il engage enfin tous ses diocésains à s'occuper de leur salut. 

« Si ma mémoire vous est chère, dit-il on terminant, souvenez- 
vous des conseils que je vous donne, comme du plus précieux héritage 
que je puisse vous laisser ». 

(1) Quoiqu'cii dise Girardiii, Fleury ne fui pas le premier à faire de la danse un cas réservé. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 369 

Le départ de Fleury eut lieu le 17 juillet 1715. La population 
de Fréjus toute entière l'accompagna sur la route à une detni- 
lieue. « Le deuil fut général, dit Girardin, et semblable à celui 
d'une famille qui eut pleuré la perte de son père... Jamais aucune 
ville n'a eu tant de respect et tant d'attachement pour son évêque 
que celle de Fréjus n'en a eu pour M. de Fleury. Les bons offices 
qu'il a rendus par son crédit aux paroisses et aux particuliers 
de son diocèse, les différends et les procès qu'il a terminés par 
sa sagesse, les choses qu'il a dissimulées par sa prudence, les 
abus qu'il a détruits par sa fermeté, les bonnes coutumes qu'il 
a introduites par ses soins et ses exemples, les scandales qu'il 
a fait cesser par son autorité, les troupes de missionnaires 
qui ont parcouru tout son diocèse pendant son épiscopat, les 
différentes visites qu'il a faites, les aumônes que les pauvres 
et les monastères obérés ont reçues de lui , les églises qu'il 
a fait bàlir et orner, les chaires où il est monté pour instruire 
son peuple, seront à jamais des preuves de ses vertus pasto- 
rales » (1). 

Avant de mourir, Louis XIV avait nommé Fleury précepteur 
de son arrière-petit-fîls qui allait lui succéder sous le nom de 
Louis XV. « L'ancien évêque consacra donc pendant de longues 
années, dit M. Albanès, tous ses soins à l'éducation du jeune 
roi, qui eut pour lui un grand attachement, A sa majorité, il 
devint son premier ministre et resta jusqu'à la mort à la tète 
des affaires. Il avait refusé, en 1721, l'archevêché de Reims, et 
n'eut pendant longtemps d'autre titre que celui d'ancien évêque 

(1) Girardin, niai, de Fréjus, l. Dédicace au cardinal Fleury. 



370 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

de FréjuS;, avec les abbayes de Tournus et de Saint-Etienne de 
Caen; mais Benoit XHI le fit cardinal le 11 septembre 1726, à 
la demande de son royal élève. Fleury était un esprit sage et 
modéré, dévoué au Saint-Siège et à la foi catholique, qu'il 
défendit de toutes ses forces contre les assauts qu'on lui livrait 
en ces temps troublés,, s'appliquant surtout à donner à l'église 
de France de bons évéques » (1). 

Dans sa haute position , il n'oublie pas les habitants de 
Fréjus. En 1720, il obtient pour l'hôpital une pension de 150 
livres sur les aumônes du roi (2). Il envoie, en 1728, 300 livres 
à la supérieure des Dominicaines de cette ville, qui dans sa 
réponse « le remercie du soin qu'il prend de sa communauté, 
en lui procurant de temps à autre les sommes nécessaires à ses 
besoins » (3). L'année suivante, une somme de 500 livres est 
distribuée aux. pauvres au nom du cardinal-ministre. En 1731 
et 1736, c'est par une réduction importante sur les impositions 
communales que se manifeste sa bienveillance. A toutes ces 
faveurs il faut ajouter l'établissement, en 1735, des foires du 
quatrième lundi après Pâques et du 13 décembre, qui se tiennent 
encore aujourd'hui (4). 

Fleury n'obligea point des ingrats. Son élévation au cardinalat 
fut saluée dans la ville par des réjouissances publiques, et les 
consuls, se faisant les interprêtes des sentiments de la population, 



(1) Albanès. liallia nov . I. 

(2) Arch. de l'hôpital de Fréjus. 

(3) Fonds personnel. Lettre de la mi're Marie Vaixii-re, supérieure. 
(4; Arch. c"» de Fréjus, 



DU XIIl"^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 371 

adressèrent au nouveau prince de l'Eglise une lettre de félicita- 
tion à laquelle il répondit en ces termes : 

« J'ai été très sensible. Messieurs, à ce que vous me marquez 
des démonstrations de joie que vous avez fait paraître à l'occa- 
sion de ma promotion au cardinalat et à la manière obligeante 
dont toute la ville a bien voulu y_ concourir. Je vous prie de ne 
point douter que je n'en aie une reconnaissance bien sincère et 
que je ne sois très aise de vous marquer en général et en parti- 
culier que j'aurais toujours pour votre ville les sentiments que 
vous me connaissez et que je conserverai toute ma vie » (1). 

Les habitants de Fréjus ne s'en tinrent pas à ces témoignages 
de sympathie. On les vit dans tous les actes de la vie communale 
condescendre aux désirs de Fleury, s'appliquer même à les 
prévenir et à l'obliger en toute occasion. C'est ainsi qu'en 1728, 
on nomme pour premier consul le candidat qu'il a recom- 
mandé (2). L'année suivante, à l'occasion de la naissance du 
Dauphin, la ville « parce qu'elle est l'ancien siège épiscopal du 
cardinal -ministre « se livrera à des démonstrations de joie 
« plus grandes que partout ailleurs ». Ainsi l'ordonne le conseil 
communal, dont l'admiration ne connaît plus de bornes. A sa 
demande, Girardin dédie à Fleury VHistoire de Fréjus qu'il 
vient de publier (1729); trois ans après, le portrait du cardinal 
est placé dans la salle des délibérations de l'hôtel-de-ville « afin 
que la postérité ne perde jamais le souvenir de ses bienfaits ». 



(1) Arch. c'«' de Fréjus. 

Ci) En 1740, la ville renonçait à un procès qu'elle avait avec la commune de St-Rnpliaèl, 
parce que tel était le désir du cardinal. (Arch. c'".) 



372 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



Enfin , en 1737. le conseil décide qu'une grand'messe sera 
chantée chaque année, après l'octave de l'Epiphanie, pour la 
conservation de leur ancien évéque, « le plus grand homme de 
son siècle, l'ornement et la gloire de cette église, et le restau- 
rateur de la ville » (1). 

André-Hercule de Fleury mourut à Issy, le 19 janvier 1743. 
La population, convoquée par le conseil communal, vint assister 
à une messe solennelle de Requiem célébrée à la cathédrale; et, 
dernier témoignage de regrets, on convertit en service anniver- 
saire la grand'messe fondée pour la conservation du cardinal, 
dont le nom fut donné à une des principales rues de la ville (2). 



(1) Arch. c'«», passim. 

(2) Arch. c'", BB. 25, 26, CC. 187. — Les consuls écrivirent à la famille de l'illustre 
défunt pour lui exprimer les regrets et les condoléances des habitants . Eu les remerciant de 
ces marques de sympathie, le duc de Fleury, qui répondit à leur lettre, les assura qu'il 
s'emploierait lui-uièuie à servir les intérêts de la ville, toutes les fois que l'occasion se 
présenterait. Et de fait, pendant trente ans, la correspondance continua entre les consuls 
et le neveu du cardinal. 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 373 

PIERRE-JOSEPH DE CASTELLANE 

(1715-1739) 



Sommaire. — Le sacre et la réception. — L'officialitô diocésaine. - Los 
ordonnances synodales de 171G. — Visite du diocèse. — Los Ursu- 
lines de Draguignan. — La violation du dimanche.-- Sollicitude 
pour les églises, les écoles, les hôpitaux. — Libéralités envers le 
séminaire et l'hôpital de Fréjus. — La peste de 1720: le culte de saint 
Roch; le bref de Clément XI et la circulaire de Pierre de Castel'ane; 
charité du prélat; envois de vivres aux Marseillais. — Continuation 
de la visite pastorale. — Actes épiscopaux; le prieuré de Sainte- 
Cécile des Arcs et la collégiale de Draguignan ; vicariat perpétuel 
à Callian. — Les religieuses de l'Almanarre. — Démêlés au sujet de 
la cure de Saint-Paul de Fayence; — de la nomination aux bénéfices 
dans la collégiale de Lorgues. — Différend avec le conseil communal 
de Fréjus ; — avec celui de Fayence. — Pierre de Castellane et le 
Jansénisme. — L'évéque de Sénez et le concile d'Embrun. — La 
consultation janséniste de 1728 et le mandement de l'évéque de 
Fréjus. — Les missions : les Oratoriens et les Capucins à Cotignac. — 
Nouvelle tournée pastorale. — Les dispositions testamentaires. — 
Opinion de Girardin. 



Pierre-Joseph de Castellane-Norante^ prêtre du diocèse de 
Sénez, licencié en théologie, recteur du prieuré rural de Saint- 
Jean d'Hostein, au diocèse du Puy, agent général du clergé de 
France, chanoine et vicaire général d'Aix , fut nommé par 
Louis XIV à l'évêché de Fréjus, le 11 janvier 1715. Le nouvel 
élu était âgé d'environ cinquante-quatre ans et n'avait que sept 
ans de prêtrise. Préconisé le 29 mars^ il fut sacré à Paris, le 

24 



374 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

30 juin, clans la chapelle du noviciat des Jésuites, par Charles 
de Vinlimille, archevêque d'Aix, assisté des évêques de Toulon 
et de Noyon. Il prêta le serment de fidélité au roi, le 2 juillet, 
vint à Aix où il fit Thommage pour son temporel, le 17 octobre, 
et arriva à Fréjus cinq jours après. On dressa, pour le recevoir, 
un arc de triomphe à la porte de la ville^ la milice bourgeoise se 
mit sous les armes; mais, sans doute, à cause de la pénurie 
des finances municipales, les présents qu'il reçut furent de 
médiocre importance (1). L'évêque se rendit directement de son 
palais à la cathédrale où, en présence du clergé et des magis- 
trats de la cité, il accomplit les cérémonies prescrites par le pon- 
tifical (2). Le jour même de son installation il institua l'officialité 
diocésaine et prit pour vicaires généraux Octavien Antelmy et 
Louis de Bouiregan , qui remplissaient les mêmes fonctions 
sous son prédécesseur (3). 

Il s'occupa d'abord de recueillir les statuts du diocèse, aux- 
quels il ajouta quelques règlements nouveaux , les fit imprimer 
et distribuer à ses prêtres dans le synode du 29 avril 1716. 

« Depuis qu'il a plu à la Providence, dit le prélat (A), de nous 
appeler, tout indignes que nous en sommes, au gouvernement 



(1) On lui offrit 51 livres 14 s. de confilures et de liqueurs el 51 livres de bougies. (Arcli. 
c'" de Fréjus, BB. 176.) 

(2) Maurine, notaire !i Fréjus. 

(3) Arch. dép'". Insin. ecclés. — Octavien Antelmy devint évêque de Grasse en 1726, et 
obtint de Rome l'autorisation de garder encore six ans la prévôté de Fréjus qu'il possédait 
depuis 1702. 

(4) Ordonnances synodales du diocèse de Fréjus, lues et publiées dans le synode du 
19 avril 1716. (Fonds du docteur Eugène Pascal.) 



DU Xin'' A LA FIN DU XVIII^ SIKCUE 375 

de ce diocèse, nous avons pensé aux moyens de travailler avec 
fruit à la perfection du troupeau que le Souverain Pontife nous a 
confié, d'y affermir le bon ordre que nous y trouverions établi, 
de prévenir les abus que le relâchement pourrait y introduire et 
d'éviter enfin nous-mêmes la plainte que fait Dieu par un de ses 
prophètes : Pascehunt pasiores semetipsos et grèges nieos non 
pascehunt. (Ezech. 34-8.) Nous avons donc cru devoir com- 
mencer par vous donner des statuts et des règlements comme 
un moyen très propre à faire observer une exacte discipline dans 
notre diocèse. Notre intention n'est pas néanmoins d'abolir les 
ordonnances qui ont été sagement faites par nos prédécesseurs; 
nous nous trouvons trop honorés d'avoir succédé à de grands 
hommes dont le mérite est connu de tout le royaume, et nous 
serions fort heureux si en occupant leur place, nous pouvions 
imiter leurs vertus et suivre les règles qu'ils y ont laissées. 
Nous n'avons pas en vue de frayer un chemin tout nouveau, 
mais d'aplanir celui qui était déjà tracé, de choisir parmi les 
ordonnances ce qui serait propre à maintenir le bon ordre et 
d'en faire avec celles de notre prédécesseur immédiat un extrait 
court et méthodique, en y ajoutant ce que nous jugerons néces- 
saire pour pourvoira de nouveaux besoins. Ainsi nous n'avons 
pas tant suivi nos lumières que celles de nos prédécesseurs. 
Nous espérons même que nos ordonnances paraissant animées 
de leur esprit, elles auront plus de poids et qu'elles en seront 
plus régulièrement observées. Nous souhaitons de tout notre 
cœur, avec l'apôtre, la paix et la miséricorde à tous ceux qui se 
conduiront selon ce règlement. Quicumque hanc secuii fuerint 
paœ super illos et miser icordia (Ad Gol. 6-16.) ». 



376 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Voici résumées les principales dispositions de ces nouveaux 
statuts : « Il est défendu à tout prêtre, tant séculier que régulier, 
de publier des indulgences avant d'avoir soumis au visa de 
l'évêque les brefs ou bulles qui les accordent et de les proroger 
au-delà du terme désigné dans les lettres apostoliques (1). — 
Le catéchisme sera enseigné trois fois par semaine pendant le 
carême pour préparer les enfants à la première communion qui 
devra se faire avec une grande solennité après la quinzaine de 
Pâques (2). — Aucune nouveauté ni singularité ne sera introduite 
dans l'administration des sacrements. Les prêtres seront exacts 
à les conférer à toute heure du jour ou de la nuit dans le cas de 
nécessité, afin que par leur faute aucune âme ne se perde (3). — 
Il est défendu aux clercs de s'engager dans des procès, d'ac- 
cepter les charges d'hommes d'affaires ou de procureurs des 
seigneurs, d'affermer des terres ou de se livrer à tout autre 
négoce qui pourrait abaisser leur dignité, de paraître dans les 
foires, à moins d'acheter ce qui leur est nécessaire » (4). 

La réunion du synode précéda de quelques mois la visite du 
diocèse. Commencée, le 16 juillet 1716, par Fayence, où Pierre 
de Castellane passa l'été (5), cette première tournée pastorale fut 
reprise au mois de décembre, continuée Tannée suivante et 
terminée en 1718. Après Fleury, qui avait remédié à tant d'abus, 

(1) Bieviarium Forojuliense , pars verna, p. CLXVI. 

(2) Ibid. id p. C.LXVlll. 

(3) Ibid. id. p. CLXXUI. 

(4} Id. pars aulumnalis, p. CLXXXVIII. 

(5) Pendant son épiscopat, Pierre de Castellane passa l'été soit à Fayence, soit à Bargemon. 
(Arclt. (lép't*. Visites pastorales ) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 377 

il ne restait que peu de réformes à faire. Aussi les compte-rendus 
des visites de Pierre de Castellane n'offrent-ils pas grand intérêt. 
Les communautés religieuses étaient généralement animées 
d'un assez bon esprit. Le prélat dut cependant interdire aux 
Ursulines de Draguignan l'usage des bagues, des bouquets, 
des éventails, des couvre-chef plissés et autres mondanités peu 
conformes à la règle monastique. Dans les paroisses il constata 
avec tristesse que les ordonnances sur l'observation du dimanche 
n'étaient pas observées. A Aups, il menaça les consuls d'informer 
les gens du roi de cette violation scandaleuse, s'ils ne prenaient 
des mesures pour l'empêcher. A Pignans, au contraire, il est très 
édifié d'apprendre que les barbiers s'étaient engagés, sous peine 
d'amende, à tenir leurs boutiques fermées le jour du Seigneur. 

Sa sollicitude pour les édifices sacrés ne laisse pas de s'exercer 
utilement. De nouveau il met en demeure les consuls de Cotignac 
et de S'-Tropez de commencer la construction toujours différée 
d'une nouvelle église. Il voit s'achever celle de Lorgnes et la 
bénit solennellement (août 1729). Entre temps, il refuse au 
premier consul de Roquebrune l'autorisation de réunir le conseil 
communal dans une chapelle, en attendant que la maison com- 
mune soit réparée (1). Il interdit Téglise de Tourtour qui tombait 
en ruine (2), 

La surveillance des écoles publiques n'est pas négligée. Des 
mesures sévères obligent les consuls de Cotignac à rétablir leur 



(1) Arch. c'" de Roquebrune, GG. v'6. - Lettre du vicaire général Antelmy au premier 
consul de Iloquebrunc. 

(2) Arch. de l'évèché. Visites pastorales. 



378 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

.école (1717) (1); ceux d'Entrecasteaux sont invités à se mettre 
d'accord poui" la nomination du régent (1727), la révocation de 
celui de Flassans est obtenue (1732) (2). 

Comme son prédécesseur, Pierre de Castellane pourvoit 
généreusement à l'entretien du séminaire et de l'hôpital de 
Fréjus qu'il n'aura garde d'oublier dans son testament; mais 
ses dispositions dernières ne seront que le couronnement des 
bonnes œuvres de sa vie. « Il n'attend pas sa mort, disent, en 
1722, les administrateurs de l'hôpital, pour laisser des marques 
éclatantes de ses largesses et de sa magnificence, nous ne le 
voyons s'occuper que des œuvres de piété et de miséricorde; il 
paie tous les ans dans son séminaire la pension de plusieurs 
pauvres ecclésiastiques, il répand journellement des sommes 
copieuses dans le sein des plus honteux et donne de temps en 
temps pour l'hôpital des aumônes certaines et suffisantes. Aussi 
que ses jours soient prolongés en parfaite santé et que le 
Seigneur nous le conserve longtemps » (3). 

Ce fut pour assurer des revenus plus considérables au sémi- 
naire qu'il unit à cet établissement le prieuré d'Entrecasteaux 
(1721) (4) et accomplit (1724) l'union du prieuré de Grimaud 
commencée sous son prédécesseur (5). D'autres établissements 
charitables bénéficièrent également de ses libéralités. Il donna 
1,000 écus pour la fondation de l'œuvre de la miséricorde à 



{]) Arcli. de l'cvêclié. Visites pastorales. 

(2) Arch. c'wd'Enlrecasleaux, BB. 4. — Id. de Flussaiss, BB. 50. 

(3) Arch. de l'hôpital de Fnjus. 

(4) Girardin. Descript. du diocèse, p. 131. — Maurine, notaire à Fréjus. 

(5) Arch. di;p'«'. Ins. eccl. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 379 

Fayence (I) et plus tard 241 livres pour les pauvres de cette 
commune (2). On le voit dans ses visites tenir la main à ce que 
l'hôpital qui, dit-il, « excite le plus sa charité pastorale, soit 
bien réglé », et en même temps inviter les paroisses à établir 
une œuvre de charité en faveur des malheureux (3). 

Pierre de Castellane était tout entier aux travaux de son minis- 
tère quand éclata la peste de 1720. De Marseille^ où se manifesta 
avec un héroïsme incomparable le dévouement 'de l'illustre 
Belzunce, le fléau se répandit dans toute la Provence. Le diocèes 
de Fréjus ne fut pas épargné. Pendant deux ans, les populations 
affolées se virent en face de la mort. La contagion fit de nom- 
breuses victimes, notamment au Cannet-du-Luc où le tiers des 
habitants disparut (4), à Mazaugues où Ton compta 55 décès en 
1720 et 107 l'année suivante (5). Elle sévit avec une égale violence 
à Nans (6). Pour conjurer Teffroyable fléau, contre lequel les 
moyens humains semblaient impuissants, on recourut partout à 



(1) Girardin. Descript. du tlioc, p. 148. 

(2) Maurine, iiolaire à FrOjus. 

(3) Visites pasiorales, passim. 

(4) Il y eut au Cannet-ilu-Luc 164 décès de pestiférés en 1720 et 43 en 1T21 . (Arcb. c^» du 
Cannet, GG. 1.) 

(P) Arcb. c'« de Mazaugues, GC. 

(■j) Bulletin de la Société d'études, t. XVII, p. 247.— Le 14 juin, Gassier, lieutenant co- 
lonel d'infanterie, commandant le comté de Carcès, écrit de Flassans aux consuls de Cotignac 
que la peste est à Forcalqueiret et les engage à suspendre tout rapport avec Sainte-Anastasie, 
Rocbaron, Besse et Garéoult. Le 23 août, les consuls de Barjols annoncent à ceux de 
Cotignac la consignation de Flassans, Pignans et Carnoules. Le 3 décembre, ceux de Sillans 
leur apprennent la mort à Besse de deux soldats de la ligne par suite de la contagion et 
l'évasion des autres qui courent la campagne. (Arch. c'" de Cotignac, GG. 64.) 



380 LES ÉVÈQUES DE FRÉJLS 

la prière et à l'intercession des saints. Ce fut alors que le culte de 
saint Roch, déjà répandu dans le diocèse, y prit un nouveau déve- 
loppement. De toutes parts on vit s'élever des chapelles en son 
honneur, s'étahlir des processions d'actions de grâces sous forme 
de vœux (l). Dans certaines paroisses, comme à Gotignac, on 
implorait saint Sébastien; à Gonfaron, on invoquait saint Quinis. 
A Fréjus, la confiance des habitants se porta naturellement vers 
le protecteur séculaire de la ville. Le conseil communal promit, 
« au ncmi de tous les habitants présents et à venir, de fêter et 
de s'abstenir de toutes œuvres serviles à perpétuité le jour du 
glorieux saint François-de-Paule, et de continuer annuellement 
la procession générale que les habitants ont trouvée établie par 
leurs pères, de faire célébrer à perpétuité, le second avril , une 
grand'messe dans la chapelle du saint » (2). 

Pierre de Gastellane soutint de ses aumônes ses malheureux 
diocésains et favorisa leur piété en donnant toutes permissions 
nécessaires pour les neuvaines et les processions qu'on voudrait 
faire. Il obtint de Glément XI (11 mars 1721) un bref qui accor- 
dait une indulgence plénière à tous les prêtres , médecins , 
chirurgiens, sages-femmes, gardes-malades et autres personnes 
qui soignaient les pestiférés. En portant à la connaissance des 
curés l'acte pontifical qui « ouvre les trésors de l'Eglise en 
faveur du diocèse », le prélat leur recommande de n'en faire la 
publication qu'en cas de peste déclarée. Cependant il ordonne, 
pour apaiser la colère de Dieu^ « que tous les jours pendant deux 



(l) Arch. c'" lie Trans, Tounullis, le Lue, Coligiiac, eic. 

(3) Arch. c'«'de Fréjus, BB. 20. (Délibération du 20 octobre iTiO.) 



DU XIII^ A LA FliN DU XVIII^ SIÈCLE 381 

mois, à huit heures du matin et à cinq heures du soir, l'on sonne 
la grosse cloche de chaque église de la paroisse, au son des- 
quelles tous les fidèles se mettront à genoux en quelque endroit 
qu'ils se trouvent, soit à la campagne ou ailleurs, et diront ces 
parole? : Grand Dieu ayez pitié de nous , réciteront le Pater et 
VAve et feront un acte de contrition; et en même temps et mêmes 
heures il se trouvera un ou deux prêtres dans l'église de la 
paroisse et diront à haute voix , en sorte que les assistants puis- 
sent le dire entr'eux, le Miserere, l'oraison Deus qui culpà 
offenderis , etc., et l'oraison contre la peste ». La circulaire épis- 
copale ajoute : « J'accorde chaque jour, à ceux et à celles qui 
auront fait les susdites prières après s'être confessés et commu- 
nies, quarante jours d'indulgence. Je désigne le maître-autel de 
votre paroisse et des autres églises ou chapelles de votre lieu à 
servir pour être privilégié selon l'instruction de N. S. Père le 
Pape. J'espère que par votre zèle et votre conduite édifiante vous 
porterez tous les fidèles à l'esprit de pénitence et à fléchir la 
colère du Seigneur justement irrité, et que vous me tiendrez 
averti de tout ce qui se passera dans vos quartiers à ce sujet » (1). 
La charité de Pierre de Gastellane ne s'enferma pas dans les 
limites de son diocèse. Non content de pourvoir aux besoins 
spirituels et matériels de son troupeau, il expédiait encore, pour 
secourir les Marseillais, des convois de vivres à son ami 
Belzunce (2). 



(1) Lellre-circulaire de, M«' de Cnstellann portant communication du bref de Clément XI 
sur la peste de 17-il. fl''onds du docteur Eugène Pascal.) 

(2) D. Bérenger. Vie de SU' de Beiiunce. 



382 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

Le fléau disparu, il s'empresse de terminer sa première visite 
pastorale. A la Mourre il désigne l'emplacement de la nouvelle 
église et enjoint au prieur de tenir un prêtre à résidence fixe au 
hameau du Plan-de-la-Tour (1). Nous citerons encore parmi 
les actes épiscopaux par lui accomplis à différentes époques : 
l'union du prieuré de Sainte-Cécile des Arcs à la collégiale de 
Draguignan C1719), l'établissement à Flayosc d'un troisième 
secondaire (1717), d'un desservant au Flayosquet (1734), et d'un 
vicaire perpétuel à Gallian (1730) , malgré le mauvais vouloir 
des consuls (2). 

Une notice manuscrite contemporaine nous montre Pierre de 
Gastellane s'appliquant, comme un ange de paix, à apaiser toutes 
les querelles et à éviter tous les procès (3). Ce fut sans doute 
cet esprit de douceur qui le désigna au choix du roi pour récon- 
cilier l'abbesse et les religieuses de VAlmanarre d'Hyères (4). 

Malgré son caractère pacifique, le prélat ne put éviter tout 
différend ni procès. En 1719, il dut défendre contre les cha- 
noines de Lorgnes son droit de nommer aux bénéfices vacants 
de la collégiale; mais les chanoines eurent la sagesse de se 
soumettre avant que le Parlement se fut prononcé (5). L'année 
suivante, il essaya vainement de faire annuler un règlement 
de police qui lui semblait porter atteinte aux droits de son 
viguier à Fréjus. Plus heureux dans ses revendications en 1724, 

(1) Arc.h. dé()'". Intin eccl. 

(2) Arch. dép'". Insin. eccl. passim. 

(3) Galtia nov., I, col. 414. 

;i) Girardin. Hisl. de Fréjus, II, p. 273. 
Cl) Arch. dép'". Insin. eccl. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 383 

il parvint à obtenir l'annulation d'une délibération du conseil 
communal de Fayence excluant des charges électives les fer- 
miers de l'évéché (1). Depuis Pierre de Camelin , le service 
religieux de Saint-Paul de Fayence, qui n'était pas encore 
érigé en paroisse, était fait par un simple desservant. En 
1737, Gaspard Mireur obtenait subrepticement du vice-légat 
d'Avignon, la cure de celte église, dont le titulaire, disait-il, 
était depuis longtemps inconnu : subterfuge dont Pierre de 
Castellane ne fut pas dupe. Le prétendant se vit refuser le forma 
dignum et le Parlement cassa les pouvoirs que lui conférait la 
bulle d'investiture. 

• Des questions d'un ordre plus élevé préoccupèrent Pierre de 
Castellane. La fameuse bulle Unigenitus avait jeté le désarroi 
parmi les Jansénistes. Afin d'éluder la condamnation de la 
constitution pontificale, ils essayèrent de distinguer entre le fait 
et le droit et en appelèrent au futur concile. De là le nom qu'on 
leur donna d'appelants. Jean Soanen, évêque de Sénez, fut, en 
Provence, l'un de leurs plus ardents défenseurs; les autres 
évèques provençaux se prononcèrent ouvertement contre les 
novateurs et refusèrent de recevoir aux saints ordres les ecclé- 
siastiques élevés dans les séminaires où la bulle Unigenitus 
n'avait pas été reconnue. Les évèques de Marseille, Toulon , 
Grasse et iVpt virent leur temporel saisi par le Parlement à cause 
de leur attachement à la vraie doctrine. Nous ignorons pour quel 
motif Pierre de Castellane ne fut pas traité avec la même rigueur, 
car en toute occasion il manifesta hautement ses sentiments 

(1) Arch. dép'«. liivcnl. de 1719. 



384 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

contre la secte. Il refusait impitoyablement le forma dignuni à 
tout ecclésiastique reconnu comme appelant. Tel fut le cas de 
rOratorien Jérôme Paul, originaire de Brignoles , qui avait 
obtenu un canonicat à la collégiale de Pignans. Le candidat 
évincé en appela au métropolitain^ puis au vice-légat d'Avi- 
gnon; celui-ci le renvoya à l'évêque de Toulon, lequel se déclara 
incompétent. De guerre lasse, l'appelant s'adresse au lieutenant 
général de Brignoles qui l'autorise, au nom des libertés galli- 
canes, à prendre possession de son canonicat. Finalement 
Jérôme Paul obtenait un forma dignum de l'évêque de Riez dont 
il surprit la bonne foi (1). 

L'attitude de l'évêque de Sénez devenait intolérable. On l'avais 
jusqu'alors ménagé à cause de son grand âge; mais quand il eut 
publiquement adhéré à la doctrine janséniste dans une instruc- 
tion pastorale adressée à ses diocésains, le cardinal de Fleury 
invita l'archevêque d'Embrun à réunir un concile provincial pour 
condamner la personne et les écrits de son suffragant. Le 
concile s'assembla le 16 août 1727. Seuls les évêques de Vence, 
Glandevès et Grasse s'y rendirent tout d'abord; celui de Digne, 
qui était malade , se fit excuser. L'archevêque crut devoir, à 
raison du petit nombre des assistants, convoquer les évêques 
circonvoisins. Il chargea celui de Grasse , Octavien Antelmy, 
ancien prévôt de Fréjus, de présenter un rapport sur l'instruc- 
tion pastorale incriminée. 

A la reprise des séances, le 8 octobre, dix nouveaux membres 



(1) Arch. dtp'". Insin. ecclés.— Les Oraloriens, alors 1res répandus en France, avaicni 
embrassé les doctrines jansénistes. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 385 

étaient venus s'adjoindre aux premiers : c'étaient les évêques de 
Fréjus, Marseille, Gap, Belley, Sisteron, Autun, Viviers, Apt, 
Valence et Grenoble. Après la lecture du rapport qui fut approuvé 
et reconnu exact sur tous les points, on signifia à Soanen que 
le concile réuni en plus grand nombre allait le condamner, s'il 
ne rétractait ses erreurs. Mais l'obstiné prélat répondit qu'il ne 
reconnaissait pas le concile pour son juge et récusa tous les 
évêques des provinces voisines, à l'exception de ceux de Fréjus, 
Valence et Sisteron. « On ignore, dit l'auteur de la relation 
manuscrite du concile, les raisons de cette préférence, mais on 
sait que M. de Sisteron était le seul prélat que M. de Sénez 
écoutait et voyait avec plaisir; il aurait ébranlé sa résistance, si 
M. de Sénez n'eut été obsédé par les deux émissaires que la 
secte lui avait envoyés ». Serait-ce parce qu'il appartenait par 
sa naissance au diocèse de Sénez, que Pierre de Gastellane fut 
l'objet de la même exception? 

Les protestations de Soanen ne furent pas accueillies et pendant 
trois jours consécutifs on lui fit les sommations canoniques. A 
la troisième, le vieux janséniste demande à être admis dans la 
chapelle du concile avec deux sergents pour témoins. Cette 
escorte lui ayant été refusée, comme contraire à la dignité des 
Pères et inusitée dans l'Eglise, il se présente seul, en habit noir 
et en manteau long, s'assied et, sans se découvrir, lit sa défense, 
au bas de laquelle est apposée sa signature et celle de l'évêque 
de Montpellier. Alors, le promoteur requiert que l'on procède 
aux trois monitions d'usage. Mais, avant de prononcer la sen- 
tence, les Pères du concile ordonnent qu'une procession générale 
du T. S. Sacrement aura lieu dans les rues de la ville, afin 
d'attirer sur l'évêque rebelle les miséricordes du ciel. 



386 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

Enfin^ le concile se réunissait une dernière fois (20 septembre), 
et après une séance de cinq heures condamnait, à l'unanimité, 
l'instruction pastorale de Soanen « comme téméraire, scanda- 
leuse, séditieuse, injurieuse à l'Eglise, aux évêques et à l'auto- 
rité royale, schismatique, remplie d'erreurs et fomentant des 
hérésies ». L'évéque de Sénez fut suspendu de toute fonction 
sacrée et l'administration du diocèse confiée à l'abbé de Saléon. 
Quand il apprit sa condamnation et le choix fait par le concile : 
« Ah! s'écria-t-il, mon diocèse est perdu! cet homme va le per- 
verlir^ il aura bientôt détruit tout ce que j'ai fait; je ne connais 
que cinq ou six prêtres qui soient capables de lui résister quelque 
temps et peut être encore seront-ils les premiers à se rendre ». 
C'est ce qui arriva. Ses rares partisans se soumirent et bientôt 
après tout rentra dans l'ordre (1). 

Soanen envoya à tous les évêques une protestation renfermant 
quatorze griefs contre le concile d'Embrun et fit paraître au 
sujet de la sentence qui le frappait une consultation de cinquante 
avocats du Parlement de Paris. Ce mémoire hérétique fut con- 
damné, le 3 juillet 1728, par un arrêt du conseil d'Etat auquel 
donnèrent leur adhésion motivée trente- et- un cardinaux et 
évêques de France assemblés extraordinairement à Paris par 
les ordres du roi. Le 10 août, une lettre pastorale de Pierre de 
Castellane publiait dans le diocèse l'avis de l'assemblée : 

« Rien de plus affligeant pour les vrais fidèles, M. T. C. P., 



(1) Bibliothèque du grand séminaire. Relation manuscrite du concile d'Embrun, dont 
personne ne soupçonnait l'existence et qui nous est tombée sons la main par un hasard 
providentiel. Nous ignorons s'il existe une autre bistoire de ce concile. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 387 

dit-il (1), que de voir les partisans de Jansénius et de Quesnel 
faire tous les jours de nouveaux efforts pour perpétuer leurs 
erreurs, et même en vouloir faire revivre certaines, quoique 
souvent prescrites, et à la condamnation desquelles ils parais- 
saient être soumis. Combien encore de libelles sans nom d'au- 
teur répandus partout! Combien d'autres ouvrages que l'amour 
de la nouveauté et l'esprit d'indépendance et de critique accré- 
ditent si fort qu'il semble qu'on veuille compter pour rien les 
respectables décisions et les règles les plus affermies de l'Eglise, 
ou même anéantir ou dégrader la juridiction ecclésiastique, et 
détruire, s'il était possible, l'infaillibilité de l'Eglise. 

« Mais la promesse de Jésus-Christ ne peut être sans effet. 
Le roi, fils aîné de l'Eglise, inspiré par le Saint-Esprit, vient 
de donner de nouvelles preuves éclatantes de son amour pour la 
religion au sujet de cette consultation de cinquante avocats du 
Parlement de Paris. Sa Majesté a ordonné à Nosseigneurs les 
cardinaux, archevêques et évêques qui se trouvaient à Paris de 
s'assembler pour examiner cet ouvrage et lui en donner leur 
avis et jugement. 

« Ces prélats, en exécution de cet ordre, ont fait un ouvrage 
digne des premiers siècles de l'Eglise qui sera une barrière 
inébranlable contre les excès et les entreprises des novateurs. 
Nous le joignons à ce mandement et vous exhortons, M. T. CF., 
à le lire, persuadé que cette lecture servira beaucoup à augmen- 



(1) Mandement de Ms' l'évêque de Fréjus portant condamnation d'un écrit intitulé 
Consultation de MM. les avocats au Parlement de Paris au sujet du jugement rendu à 
Embrun contre M, l'évêque de Sènez (10 août 1728). (Bibliothèque de l'évôché.) 



388 LES ÉVÈQUES DE FIŒJUS 

ter et à fortifier voire amour et votre soumission pour l'Eglise , 
à vous faire prendre encore de plus grandes précautions contre 
les discours des faux docteurs et à vous préserver du venin 
qu'ils voudraient vous inspirer ». 

Pierre de Gastellane ne se contenta pas de condamner les 
doctrines jansénistes. Pour les combattre plus efficacement 
encore il fit prêcher des missions dans les paroisses. Dans ce 
but, il envoya des capucins au Puget et à Tourrettes (1720) et 
plus tard des Minimes à Fréjus (1725). Le succès de cette dernière 
mission fut tel que le conseil communal demanda le rétablisse- 
ment de ces religieux dans la ville. La demande, acceptée en prin- 
cipe par le chapitre de l'ordre, échoua devant le refus du roi (1). 

Ce fut vers Cotignac surtout que se porta l'attention de l'évè- 
que. Les Oratoriens de Notre-Dame-de-Grâces y entretenaient 
l'esprit janséniste et distribuaient ouvertement les reliques du 
diacre Paris. Pierre de Gastellane leur manifesta son méconte- 
ment en s'abstenant de monter à leur sanctuaire dans les deux 
visites qu'il fit de celte paroisse (27 juin 1717 et 13 juin 1731). 
Après la condamnation de Soanen, il leur retira les pouvoirs 
de juridiction et par deux fois, en 1727 et 1734, il confiait à des 
capucins le soin de prêcher une mission dans cette importante 
paroisse surnommée, par son prédécesseur, le troisième clocher 
du diocèse. Suivant les instructions de l'évêque qui leur avait re- 
commandé « d'agir avec force contre les novateurs » et d'éclairer 
les fidèles sur les erreurs du temps, les missionnaires s'appli- 
quèrent à démasquer le diacre Paris, à montrer le ridicule de ses 

(1) Arcli. cl" (le Fréjus. 



DU XIII° A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 389 

prétendus miracles et à découvrir le venin renfermé dans les livres 
de la secte. De leur côté , les Pères de l'Oratoire soulevèrent les 
jansénistes contre les catholiques; des disputes et des rixes 
éclatèrent en public. Le jour de la communion générale, autel 
fut dressé contre autel ; les Oratoriens convoquèrent à Notre- 
Dame les femmes de leur parti, les confessèrent, quoiqu'ils 
n'eussent aucun pouvoir, et les admirent à la sainte table. Après 
cet acte sacrilège, quelques-unes d'entr'elles vinrent se placer à 
la porte de l'église paroissiale pour insulter les catholiques à la 
sortie et tourner en ridicule la procession que les missionnaires 
organisaient. Mais le Jansénisme avait reçu un coup décisif dont 
il ne se releva plus. Sauf quelques exaltés, en majorité composés 
de femmes, la population se détacha de la secte et remit aux 
missionnaires les reliques et les livi-es qui avaient été distri- 
bués (1). Seuls les Oratoriens refusèrent de se soumettre. 
Aussi furent- ils constamment tenus à l'écart par l'évèque et 
ses successeurs jusqu'à la Révolution qui les chassa de leur 
sanctuaire. 

Malgré son âge avancé, Pierre de Gastellane entreprit une 
deuxième tournée pastorale. Parti de Fréjus au mois d'octobre 
1730, il visita les paroisses du golfe de Saint-Tropez. Au 
printemps de l'année suivante, il se remettait en route, se 
proposant de terminer la visite en 1732; ses infirmités l'en em- 
pêchèrent. Il mourut le 20 mars 1739, à l'âge de 78 ans et fut 
inhumé au pied du trône pontifical, dans le tombeau qu'il avait 



il) L'abbé Laure, chanoine-honoraire, curé-doyen de Cotigriac. Uist. de A'.-D. de Grâces, 
p. 310.— LeUre sur la mission adressée à l'évèque par le supérieur des missionnaires. 

25 



390 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

fait préparer. Selon ses dernières volontés, ses obsèques se 
firent sans aucune pompe (1). Le prélat avait laissé ses biens de 
famille au marquis de Castellane, son neveu. Le mobilier, ainsi 
que les arrérages de la mense épiscopale, furent légués au 
séminaire et à l'hôpital. Sauf la bibliothèque destinée à l'instruc- 
tion des jeunes clercs, la part du séminaire devait servir à la 
construction d'un nouvel établissement. L'hôpital eut l'obligation 
de recevoir gratuitement, comme l'avait déjà ordonné Fleury, 
les malades de Saint-Raphaël (2). 

Les habitants de Fréjus reconnaissants, placèrent le portrait 
de Pierre de Castellane dans la salle des délibérations du conseil 
communal (3) et donnèrent son nom à une des rues de la ville. 
Dans son Histoire de i^re/asGirardin dit de lui : « Il fait voir 
beaucoup de modestie dans son élévation, beaucoup de régularité 
dans sa conduite, beaucoup de zèle pour la saine doctrine, beau- 
coup de pénétration dans les affaires, beaucoup de charité envers 
les pauvres. Enfin, ayant été choisi pour remplir la place que 
M. de Fleury avait quittée, ce prélat a toujours été comme 
lui l'exemple de son clergé et la bonne odeur de J.-C. à son 
troupeau » (4). 



(1) Cinq cents messes furent dites pour le repos de son âme en quelques jours. 

(2) Maurine, notaire à l'réjus. Testament de M»' de Castellane du 10 décembre 1T35. 

(3) Arcli. c'"de Fréjus, BB. 28. 

(4) Girardin. Bist de i'réjus, II, p. 274. 



i 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 391 

MARTIN DU BELLAY 

(1739-1766) 



Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les instructions au clergé et la 
première tournée pastorale. — Visite à Draguignan. — Les con- 
fréries de pénitents : le règlement général et les mesures parti- 
culières. — Le jeu à Fréjus : lettre au procureur de la sénéchaussée. 
— Députation à l'assemblée du clergé.— L'invasion austro-sarde. — 
Quatre ans de séjour ù Paris. — Les vicaires généraux. — Erection 
des Adrets en paroisse. — Le jubilé de 1745. — Un refus de forma 
dignum. — Suppression des Bénédictines de Fréjus. — Retour 
de Paris. — L'indulgence plénière pour les moribonds. — Reprise 
de la visite pastorale. — La résidence de Draguignan : les rapports 
avec les Visitandines et les démêlés avec les consuls. — L'usage 
des œufs et du laitage pendant le Carême. — Le premier catéchisme 
du diocèse. — Les vacances des bénéficiers. — Les chanoines et la 
réparation de la cathédrale. — Un manque de générosité. — Le 
premier Ordo. — L''ordre et la décence dans le lieu saint. — Le 
service des chapelles rurales et particulières. — Construction 
d'églises. — Fondations d'œuvres pies. — La profanation des fêtes 
patronales et la suppression de la plupart des processions. — Régle- 
mentation du casuel. — Les écoles publiques. — La démission. 



Martin du Bellay, dont la famille avait déjà donné un évéque 
à Fréjus, au XV« siècle, naquit, le 5 mai 1703, au château de 
Gléreau, dans le diocèse d'Orléans^ de François-René du Bellay 
et de Marthe-Suzanne de Rochechouart. Ses études terminées, 
il prit à Paris le grade de docteur en théologie; obtint l'abbaye 
de Saint-Mélaine de Rennes (1725), à laquelle il joignit, plus 



392 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

tard, celle de Mont-Saint-QuenLin , devint vicaire général 
de l'archevêque de Tours (1730) et, à la mort de Pierre de 
Caslellane, était nommé à l'évêché de Fréjus, le 28 mars 1739. Il 
avait alors trente-six ans. Préconisé le 16 novembre, il fut sacré, 
le 13 décembre, à Paris, par l'archevêque Charles-Gaspard de 
Vintimille du Luc, assisté des évêques d'Evreux et de Mècon. 
Le prévôt du chapitre, Jean-Charles Albin, qu'il nomma vicaire 
général, prit, le 13 février 1740, possession du siège en son 
nom. Le 12 mai, Martin du Bellay fai.sait son entrée solennelle 
à Fréjus. 

Dix mois après, un mandement du 9 mars 1741, annon- 
çait la prochaine visite du diocèse. D'après ses instructions, 
les enfants ne pouvaient être présentés à la confirmation 
s'ils n'avaient atteint l'âge de eept ans ; ils ne seraient plus 
assistés de parrain ni marraine. Les marguilliers des confréries 
devaient tenir leurs comptes en règle et les lui présenter (1). 
Commencée le 9 avril 1741, cette première tournée pastorale 
fut interrompue le 4 mai, à cause du passage incessant des 
troupes qui, pendant la guerre de la succession d'Autriche, 
allèrent s'emparer du comté de Nice. Elle fut reprise, le 22 avril 
1743, et de nouveau suspendue un mois après, pour le môme 
motif (2). 

Dans sa visite à Draguignan (26 avril 1743) Martin du Bellay 

(1) Arch. dép'«. Visites pastorales.— La suppression des parrains et des marraines des 
jeunes confirmants, rétablis par le synode de 1882, date donc de M?' du Bellay. 

(a; « Nous avons interrompu par deux fois le cours de nos visites, dit l'évêque, afin de n'être 
pas à charge à nos décimateurs des paroisses et de choisir des temps plus tranquilles et 
plus conformes aux desseins de paix qui nous amenaient vers vous >. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 393 



jugea à propos de réduire le nombre des expositions et bénédic- 
tions du Saint- Sacrement qu'il trouvait trop fréquentes (1). 
L'exposition devait avoir lieu « pendant la grand'messe et vêpres, 
la bénédiction à l'issue de l'une ou de l'autre, avant le coucher 
du soleil, en sorte qu'il n'y eût jamais d'assemblées nocturnes » 
afin d'éviter tout sujet de dissipation ou de scandale. Cependant 
« pour répondre au zèle des consuls et de la communauté » le 
prélat permit de dire, les dimanches et jours de fêtes, une messe 
basse après la grand'messe, « sur la représentation qu'elle serait 
très utile au public et surtout aux personnes infirmes ». En même 
temps il supprima la plupart des confréries, à l'exception de 
celles du Rosaire, du Purgatoire et du Saint-Sacrement, et 
réunit à cette dernière les biens et revenus des confréries dissou- 
tes. Enfin il défendit « aux compagnies de pénitents de s'assem- 
bler dans leurs chapelles et d'y chanter aucun office, pendant 
toute la quinzaine de Pâques, de faire aucune procession en 
quelque temps de l'année et sous quelque prétexte que ce fût , 
d'enterrer dans leurs chapelles, d'y faire sonner, d'y faire 
donner la bénédiction du Saint-Sacrement, et à tous prêtres d'y 
confesser, non plus que dans aucune chapelle dans l'étendue de 
la paroisse » (2). 

Bientôt le mandement du 9 novembre 1744 établit une règle 
uniforme pour toutes les confréries du diocèse. « Nous défen- 

(1) Elles ne furent maintenues qu'aux fêtes suivantes : la Dédicace des églises, l'Assomp- 
tion, la fêle de Saint-Michel, palriin de la paroisse, les jours de Noël, de PiH|ues et de la 
Pentecôte, la Fête-Dieu et son Octave, « le premier jour de chaque mois non empêché, toute 
l'octave des morts, si on justifie qu'elle est réellement fondée >. 

(2) R. Poulie. Hisl. de l'église Noire-Dame et Si-Michel de Draguignan, p. 36-3,363. 



394 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

dons, dit l'évêque , aux pénitents de sortir de leur chapelle en 
habit, sous quelque prétexte que ce soit, excepté pour assister 
aux enterrements de leurs confrères et à ceux auxquels ils 
seront invités. Ils n'auront dans leurs chapelles ni exposition 
du T. S. Sacrement, ni bénédiction, ni chaire à prêcher, ni 
confessionnaux. Nous défendons à tout prêtre d'y confesser, et 
M. le curé fera ôter la chaire à prêcher et les confessionnaux, s'il 
s'en trouve. Nous défendons d'enterrer dans les dites chapelles 
et interdisons les caveaux qui s'y trouvent ; défendons aux 
confrères pénitents de s'assembler dans la quinzaine de Pâques, 
de Rameaux à Quasimodo; en cas de contravention, la chapelle 
sera interdite. Nous ordonnons que dorénavant, lors de Télection 
des marguilliers des confréries établies dans les paroisses, il ne 
sera élu que des marguilliers et aucune prieuresse » (l). 

Déjà, plusieurs confréries, notamment celles de Gallian et du 
Luc, avaient été l'objet des censures épiscopales. Après la 
publication de ces ordonnances, qu'un nouveau règlement vint 
plus tard compléter, les interdictions devinrent plus nombreuses 
encore. C'est ainsi que furent successivement fermées: les cha- 
pelles des pénitents blancs de Draguignan (1747) et des pénitents 
gris de la même ville (1751), des pénitents de Gassin, du Muy 
(1754), de Fayence (1757). A Fréjus , l'afîaire avait failli tourner 
au tragique. Pendant la semaine sainte de l'année 1751, les 
pénitents noirs, au mépris de l'ordonnance épiscopale, chan- 
taient dans leur chapelle l'office des ténèbres. L'évêque en ayant 
eu connaissance envoie son grand vicaire, Rafélis de Brovès, 

(1) Arch. dép'". Visites pastorales. 



DU XIII*' A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 395 

leur intimer l'ordre de cesser. Refus des pénitents. Alors Martin 
du Bellay se rend lui-même auprès d'eux, mais ses paroles sont 
couvertes par des protestations et des clameurs injurieuses. 
Force resta cependant à l'autorité épiscopale. La chapelle fut 
fermée et la censure ne fut levée, au bout d'un an, qu'après la 
soumission des mutins (1). 

Ce n'était pas la première fois que les Fréjusiens donnaient à 
Martin du Bellay de graves sujets de mécontentement. Nous 
citerons à ce sujet une lettre assez curieuse adressée quelques 
années auparavant à son ami d'Augéry, procureur du roi à la 
sénéchaussée de Draguignan, dans laquelle le prélat se plaint, 
avec son franc parler habituel, de l'incurie du juge et du viguier 
de Fréjus qui laissent un tenancier de tripot exercer impunément 
sa coupable industrie : 

« Lorgues , ce 8 août 1744. 

« J'ai toujours remarqué, monsieur, que l'on faisait beaucoup 
de sottises à Fréjus quand je n'y étais pas, sans préjudice de 
celles que l'on fait quand j'y suis. Et je puis vous assurer, 
monsieur, que j'en suis aussi mortifié que vous. J'ai un juge, 
j'ai un viguier, mais ce n'est pas ma faute s'ils ne sont pas 
attentifs à l'article du jeu qui est ce qui comme à vous me fait 
beaucoup de peine, car c'est la source de tous les maux que 
nous voyons vous et moi. 

« Je parlerai à M. de la Tour (2), mais je vous donne tous mes 
pouvoirs et pour l'amour de Dieu faites un exemple et murez la 

(1) Anh. dép'»'. Insin. ccclés. 

(2) Intendant général. 



396 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

maison du sieur Valense que je connais pour un fort mauvais 
sujet. J'écris à M. le viguier, je ne vous promets pas que ceci 
opère grandes choses, mais je fais ce que je puis. Vous con- 
naissez, monsieur, l'attachement inviolable avec lequel je suis 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

« f M. év. de Fréjus » (ï). 

L'année suivante, Martin du Bellay était élu député à l'as- 
semblée du clergé qui se tint en 1745. Pendant son séjour à 
Paris le diocèse eut à subir une nouvelle invasion. 

Vers la fin de l'année 1746, l'armée austro-sarde, forte de 
quarante mille hommes, reprit le comté de Nice et passa le Var. 
Le souvenir de l'invasion de 1707 était présent dans tous les 
esprits. La population prise de terreur déserta les villages; par- 
tout de fortes contributions de guerre furent prélevées : celles de 
Gotignac et de Draguignan s'élevèrent l'une à 13,400 livres, 
l'autre à 34,000. Fréjus eut aussi beaucoup à souffrir des exac- 
tions de l'ennemi. Plus tard, Martin du Bellay employa son 
crédit pour obtenir une réduction en faveur de la ville. 

En son absence, qui dura quatre ans, ses grands vicaires, 
Albin et Robion promulguèrent, le 1^'" janvier 1745, les indul- 
gences accordées par le Souverain Pontife aux fidèles qui 
feraient des aumônes en faveur de l'hôpital des Quinze-Vingt. 
Il ordonnait lui-même, (10 mai), l'érection de la succursale 
des Adrets en paroisse et publiait (20 septembre) le jubilé 
extraordinaire dont furent favorisées la France et l'Italie. 

(1) Arch. ilc\i'". • 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIll^ SIÈCLE 397 

Nous le voyons refuser le forma dignum à un prêtre de son 
diocèse, Jean-Baptisle Esclapon, qui avait obtenu le prieuré 
de la Napoule et l'obliger, après l'avoir examiné, à passer 
trois mois au noviciat des Jésuites à cause de son insuffisance 
(1746). Informé de l'état de décadence où était tombé le couvent 
des Bénédictines de Fréjus, il obtenait du roi des lettres patentes 
pour le supprimer et donnait les biens de la communauté dissoute 
au couvent des Dominicaines, où les quatre religieuses qui 
restaient furent admises (17 mars 1748). Il fut stipulé qu'après 
la mort des Bénédictines, on prélèverait, sur les revenus de 
leur monastère, 300 livres pour l'entretien de deux sœurs de 
Nevers à l'école des filles de Fréjus (1). Martin du Bellay signait 
encore à Paris (20 février 1749) les lettres de vicaire général 
pour Jean Cavalier, archidiacre de la cathédrale (2). 

Dans le courant de septembre 1749, il revint à Fréjus où 
il fut reçu avec « tous les honneurs convenables » et de grandes 
démonstrations de joie (3). Il publiait, le t) novembre, le bref 
du pape Benoit XIV relatif à l'indulgence plénière pour les 
moribonds. Son voyage à Paris l'avait obligé à interrompre 
la première visite pastorale; il la reprit le 22 avril 1751 et, 
après l'avoir de nouveau suspendue, la termina au mois d'août 
1754. 

A celte époque, les fièvres paludéennes décimaient les habi- 

(1) Arch. dép'c'. iJisin. ecclés. passim. 

(2) Arch. dép'". Inxiti. eccl. 

(3) « Pour marquer la joie que !a ville ressent du retour de son illustre pasteur, on fera 
prendre les armes aux liabilanis pour border la haie, faire bravade et lui faire tous les hon- 
neurs convenables ». (Arch. c'" de Fn'jus, BB Registre des délibérations.) 



398 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

tants de Fréjus; la mortalité atteignit bientôt un chiffre si élevé, 
qu'en 17G5, le conseil communal décida de consulter les célébrités 
médicales de l'époque pour en connaître les causes (1). Martin 
du Bellay qui aimait ses aises se faisait envoyer de Seillans 
l'eau qu'on servait à sa table C2). Mince avantage pour un prélat 
dont le train de maison se composait d'un maître d'hôtel et 
d'une quinzaine de domestiques, et qui dépensait largement ses 
quarante ou cinquante mille livres de revenus. Il songea à 
transférer sa résidence sous un climat plus salubre. 

La vente du couvent des Ursulines de Draguignan, ordonnée 
par arrêt du Conseil d'Etat, détermina son choix. Il l'acquit, 
le 3 août 1751 , pour le prix de 6,000 livres, des Visitandines 
de cette ville auxquelles il avait uni la communauté des Ursu- 
lines. « Il fallait, il est vrai, dit M. Octave Teissier, en bou- 
leverser les dispositions intérieures et les remplacer par des 
appartements appropriés à son usage et au logement de ses 
vicaires généraux; mais il ne recula pas devant une pareille 
dépense. Il fît jeter à bas toutes les cloisons, changea les plan- 
chers, agrandit les fenêtres et les portes, appela les peintres, 
les décorateurs, les tapissiers et, bientôt, le vieux couvent des 
Ursulines devint une villa d'été, richement meublée, presque 
un palais, dans lequel il se plut à donner audience à tousses 



(1) Arcli. c'" de Fréjus, BB. 

(2) Dans une supplique qu'ils lui adressèrent en 1751 les li»bitanls de Seillans disaient à 
l'évèque ; « Votre Grandeur pourrait-elle aussi passer en ligne de compte la source excellente 
qui fournit à la table de Monseigneur une eau dont les suppliants souhaitent ardemment que 
l'usage puisse contribuer à la conservation de sa santé qui sera toujours infiniment précieuse 
à tous les habitants >. '.Arch. dép'". Insin. ecclés j 



DU XÎU^ A LA FIN DU XVIll® SIÈCLE 399 

diocésains; il ouvrit ses vastes salons et reçut, le soir, l'élite de 
la population dracénoise » (1). 

Pendant toute la durée du séjour de Martin du Bellay à 
Draguignan , le couvent de la Visitation fut l'objet de ses 
prévenances et de ses faveurs. Les Annales de l'Ordre en ont 
conservé le souvenir. « Nous ne devons pas vous laisser ignorer, 
écrivait, le 16 février 1755, la mère Guériny, toutes les bontés 
que notre digne prélat a pour nous depuis qu'il a établi son séjour 
dans cette ville où il a fait bâtir une maison magnifique, il nous 
fait la grâce de 'lous venir voir de temps en temps et, à nos princi- 
pales fêtes, il a la bonté de venir dire la messe chez nous; il eut 
la complaisance de bénir lui-même notre église et le lendemain, 
qui fut le jour de la Présentation, nous eûmes le bonheur de 
renouveler nos vœux entre ses mains; c'est lui qui nous a donné 
en deux différentes occasions de quoi faire bâtir notre église^ 
de sorte qu'après avoir fait une dépense d'environ dix mille écus, 
nos fonds sont à peu près les mêmes qu'auparavant; il nous a 
donné en premier lieu six mille livres des biens des Ursulines 
de cette ville dont le couvent a été supprimé depuis quatre ou 
cinq ans, il nous a encore donné vingt-un mille cinq cents livres 
des Bernardines de Lorgnes dont le couvent a été pareillement 
supprimé ". Et quatre ans plus lard, dans une lettre collective 
de la communauté : « Notre digne prélat, disaient les bonnes 
sœurs, continue à nous honorer de ses bontés. Sa Grandeur se 
prête à tous nos besoins avec un zèle infatigable, il nous donne 



(1) Le Palais de m*' 'u Bellay à Drayuignau, par M. Octave Teissicr. fBullclin de la 
Société d'études, l. XVII, p. 305 et suiv.) 



400 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

en toute rencontre des preuves non équivoques de son affection 
pour nous; il prend lui-même la peine de faire l'examen et les 
réceptions de nos sœurs prétendantes et novices. Nous avons 
aussi la consolation de lui voir donner tous les ans les saints 
ordres dans notre église (1)^ il fait toutes ces cérémonies avec 
une décence et une dignité qui ravit et touche tous les assistants ». 
Enfin, en 1764, la mère de S'-Paul de Thomassin écrivait encore : 
« Nous avons éprouvé en tout temps les bontés de Ms*" l'évêque 
de Fréjus, elles se soutiennent avec prédilection, nous lui en 
devons et nous lui en rendons une vive reconnaissance » (2). 

Ces bonnes relations durèrent pendant tout l'épiscopat de 
Martin du Bellay. Mais plus lard, quand, à la suite des circons- 
tances dont nous parlerons,, l'immeuble fut acquis par la famille 
Latil, les Visitandines attaquèrent l'acte de vente de 1751, repro- 
chant au prélat d'avoir lésé la communauté (3); elles ne purent 
cependant obtenir gain de cause. A leur tour, les consuls de 
Draguignan réclamèrent à l'ancien évêque de Fréjus les droits 
de taille du palais épiscopal pour toute la durée de son séjour. 
Martin du Bellay, après avoir résisté tout d'abord, consentit, 
non sans se fâcher, à payer les arriérés de cet impôt. « Que je 
n'entende plus parler en rien de la ville de Draguignan, s'écria- 
t-il, puisque j'ai été assez sot que d'y aller demeurer et de ne 

(i; Nous avons coniplc jusqu'à dix-sept ordinations faites par Martin du Bellay soit k la 
chaiielle de son palais de Draguignan, soit a celle de la Visitation. (Arch. dcp'". Ins. eccl.) 

(2) Lettres citées par M. le chanoine Laugier dans une étude sur le monastère de la 
Visitation de Draguignan. 

(3^ L'arrêt du conseil d'Eiat avait lixé la vente de ce couvent à 9,000 livres. Martin du 
Bellay n'en donna (|ue 6, 000. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 401 

pas profiter du conseil de M. le cardinal de Fleury qui m'avait 
prédit que je m'en repentirais. On pense différemment à 72 ans 
qu'à 50 » (i). Il comprit malheureusement trop tard qu'un évéque 
a le devoir de résider dans sa ville épiscopale. Il ne venait guère 
à Fréjus que pour y passer la semaine sainte, les fêtes de Pâques 
et de Noël, faire les ordinations des Quatre-Temps, du Carême 
et de l'Avent. C'est de Draguignan qu'il administre le diocèse et 
signe presque tous ses actes épiscopaux. 

Le mandement du 20 janvier 1753 permit pour la première 
fois dans tout le diocèse l'usage des œufs et du laitage pendant 
le Carême. Les fidèles pouvaient en user depuis le premier 
dimanche jusqu'au mercredi saint (2). Deux paroisses jouissaient 
déjà de cette permission que Martin du Bellay crut devoir géné- 
raliser. Ce fut aussi cette année-là qu'il introduisit dans la 
cathédrale l'usage, pendant le temps du Carême et de l'Avent, 
des chasubles pliées suivant le rit romain. 

A cette époque il n'existait pas encore de catéchisme diocésain. 
A l'exemple de son prédécesseur^ Martin du Bellay avait adopté 
celui d'un autre diocèse. Mais il s'aperçut bientôt que « les prê- 
tres et les fidèles se donnaient la liberté d'enseigner en particulier 
et même en public des catéchismes de leur goût et de leur choix, 
de sorte que plusieurs fidèles qui n'avaient pas l'esprit assez 

(1) Le Palais de ils' du Bellay. (Bulletin delà Société d'études, t. XVII.,; 

(2) Fonds du docteur Pascal. — Eu 1652, Pierre de Camelin avait accordé aux habi- 
tants de Fox-Amphoux l'usage du gras et du laitage. (Arch. c'" de Fox-Amphoux, BB. 4), 
et plus tard Hercule de Fleury celui des œufs et du laitage aux habitants de Cotignac, k la 
charge pour la commune de faire une aumône de 15 livres aux pauvres. (Arch. c'«» de 
Cotignac, BB. 12 ) 



402 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

formé ni assez pénétrant, ne comprenaient qu'avec peine ce qu'on 
voulait leur dire et que leurs idées se confondaient lorsqu'on 
changeait les termes auxquels ils étaient habitués ». Afin de 
remédier à ces abus, Martin du Bellay publia (9 août 1753) un 
catéchisme qu'il fit suivre d'un abrégé de la foi « à l'usage des 
personnes les plus grossières et les moins capables d'instruc- 
tion ». Ce fut le premier catéchisme du diocèse. Un règlement 
en organisa l'enseignement à l'église et dans les écoles. Le 
catéchisme devait se faire dans toutes les églises paroissiales et 
succursales tous les dimanches et fêtes, de la Toussaint à la fin 
du mois de juin et, en Carême, les lundi, mercredi et vendredi 
de chaque semaine pour préparer les enfants à la confession 
annuelle et à la première communion. Dans les écoles, on le 
ferait tous les mercredis et samedis de l'année. Quant à l'âge de 
la première communion, il n'était pas fixé. C'était au curé et au 
confesseur à en juger selon les dispositions des enfants, mais 
on ne devait pas dépasser quatorze ans (1). 

Une ordonnance épiscopale du 29 juin 1754 autorisa les béné- 
ficiers à prendre sans interruption les vingt-quatre jours de 
vacances que Luc d'Aquin leur avait accordés en les obli- 
geant à ne point s'absenter pendant plus de huit jours consécu- 
tifs. L'année suivante, les chanoines, pris d'un mouvement de 
générosité, décidèrent, dans leur assemblée capitulaire du 25 
juillet, que le produit des pointes infligées aux absents ne serait 
plus attribué aux droits de présence, mais appliqué aux répa- 
rations de la cathédrale auxquelles on venait d'employer les 

(l) Catéchisme de M*' du Bellay. Mandement, p. 1. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIU^ SIÈCLE 403 

revenus des annales et le prix de la chapelle pontificale. Martin 
du Bellay sanctionna la mesure (22 août) et loua un désintéres- 
sement (1) que lui-même ne sut pas imiter, lorsqu'il fit réparer 
les immeubles de la mense aux frais du séminaire et de l'hôpital 
qui avaient recueilli une part de l'héritage de Pierre de Castellane. 
Il exigea de ces deux établissements, jusque-là comblés des 
faveurs épiscopales, la somme de 5,500 livres montant des répa- 
rations (2). 

Le premier Ordo du diocèse que nous connaissions fut publié 
en 1758. C'est à Draguignan, le 28 juillet de l'année précédente, 
que le prélat signa l'ordonnance d'approbation. Le mandatum 
prescrit de se conformer, pour la célébration de la messe et la 
récitation de l'office, aux rubriques romaines, sauf pour la 
célébration des fêtes en usage dans le diocèse de Fréjus (3). Il 
ordonne également de célébrer la fête de la Dédicace des Eglises, 
le 3" dimanche de septembre, de chanter les vêpres à trois heures, 
depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, et à deux heures le reste 
de l'année, de faire la procession de l'Assomption dans les villes 



(1) Fonds du docteur Pascal. 

(2; Il consentit pourtant à donner 1,250 livres pour une partie de la cha|)elle pontificale 
de son prédécesseur (la crosse, le bougeoir et les chrémières du prélat défunt). C'est la 
stule largesse qu'il ait jamais faite au séminaire et à l'hôpital. [Pierre Maurine, notaire à 
Fréjus.) 

(3) C'étaient le 16 janvier, saint Honorât; le 3 féviier, saint Biaise; le 3" dimanche après 
Piques, saint Félix; le 16 mai. sainte Maxime; le 5 juillet, saint Martial; le 50 juillet, sainte 
Marguerite; le 16 août, saint Roch ; le 19 août, saint Louis; le 17 septembre, saint Lambert; 
le 6 octobre, saint Raphaël ; le 13 octobre, saint Gabriel ; le 27 novembre, saint Maxime ; le 
1" décembre, saint Léonce. 



404 LES ÉVÈQUES DE FRÉJLS 

OU villages, jamais à la campagne, pas même autour des sanc- 
tuaires dédiés à la Sainte-Vierge, de chanter tous les dimanches 
la préface de la Trinité, quand il n'y en a pas de propre, d'ajouter 
à l'oraison du jour celle du T. S. Sacrement, aux messes dites 
devant le Saint- Sacrement exposé. Sont indiqués aussi les 
fêtes de précepte (c'étaient celles qu'avait conservées Hercule 
de Fleury), et les jours déjeune, savoir: le Carême, les Quatre- 
Temps et les veilles de Noël, de la Pentecôte, de saint Jean- 
Baptiste , des saints apôtres Pierre et Paul, de l'Assomption et 
de la Toussaint (1). 

Martin du Bellay tenait rigoureusement la main à ce que les 
prescriptions liturgiques, l'ordre et la décence fussent observés 
dans les églises. Plus d'une fois il régla lui-même la disposition 
des bancs réservés aux fidèles. Nous avons de lui à ce sujet une 
ordonnance spéciale pour la paroisse de Fayence (23 décembre 
1751), une autre pour la cathédrale (20 décembre 1754) (2). 

Nombre de chapelles rurales ou particulières étaient réguliè- 
rement desservies, alors que le service paroissial souffrait du 
manque de prêtres. L'évêque s'émut de cet état de choses. Dans 
une ordonnance du 26 mars 1754 il prit les mesures nécessaires 
pour y remédier. « Nous avons appris, dit-il, que plusieurs 
prêtres « amateurs du repos et de la liberté », trouvant dans 
le service de ces chapelles un revenu suffisant à leur subsis- 
tance, s'en chargent sans notre participation et enfouissent 
leurs talents, tandis que les paroisses manquent des secours 



(U Ordo divini offlcii, etc. Bibliollièque de l'évèché. 
(2) Arch. dép'". Ins. eccl. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 405 

nécessaires, que les fidèles qui vont entendre la messe dans ces 
chapelles négligent Tassistance à la messe de paroisse et crou- 
pissent dans une funeste ignorance des vérités de notre sainte 
religion et des devoirs les plus importants du christianisme, 
n'ayant le plus souvent pour en être instruits d'autre ressource 
que des prêtres mercenaires plus attentifs au gain qu'à l'instruc- 
tion des peuples; il y a même des religieux encore jeunes et peu 
affermis dans la vertu qui, sous prétexte de remplir de pareils 
services, s'exposenl à perdre l'esprit de leur état^ à oublier la 
retenue qui leur est prescrite et se permettent des amusements 
et des discours peu convenables à la sainteté de leur profession. 
Enfin, les chapelles où se font ces sortes de services sont pour la 
plupart si mal entretenues et si dépourvues des choses nécessaires 
au service divin qu'on ne peut décemment y dire la messe » (1). 
A ces causes, le prélat prescrit les mesures suivantes : 1° les 
chapelles seront tenues dans un état de propreté et de décence 
convenables; 2° aucun prêtre n'y dira la messe sans y avoir été 
autorisé par écrit, sous peine d'être suspendu ipso facto; 3° la 
messe ne s'y dira jamais les jours de fête solennelle; 4° le prêtre 
lira après l'évangile les prières du prône, l'abrégé de la foi 
annoncera les jours de jeûne et de fête de la semaine et fera une 
instruction. Il fera après la messe le catéchisme aux enfants, 
s'informera des malades qui sont dans le quartier et avertira le 
curé de la paroisse. Il ne fera aucune fonction curiale; 5° quand 
le prêtre, chargé de ce service, en sera empêché il ne pourra 
se faire remplacer par un autre s'il n'y est autorisé et dans un 

(1) Funils du docteur Pascal 

26 



406 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

cas pressant, le curé de la paroisse pourra donner l'autorisation 
nécessaire (1). 

Ces sages restrictions n'empêchèrent pas Martin du Bellay 
d'autoriser de nouvelles chapelles, quand l'utilité lui en fut 
démontrée. C'est ainsi qu'il permit de bénir la chapelle de Saint- 
Raymond, à Vidauban, dans le domaine du sieur de Raymondis 
(10 avril 17B5) et qu'il autorisa le secondaire de Claviers à des- 
servir par binage la chapelle de Meaux (2j. 

Pendant son épiscopat, furent édifiées les églises de Villecroze, 
de Sainte-Maxime et de Fayence. Dans cette dernière paroisse, 
l'occasion s'étant présentée d'acheter à moitié prix un magnifique 
autel de marbre, destiné tout d'abord à la cathédrale de Grasse, 
il autorisa les consuls a faire cette acquisition et voulut, en sa 
qualité de prieur, contribuer pour un tiers à la construction de 
l'église (1757). Nous le voyons approuver la fondation d'une mis- 
sion décennale à Fréjus (1762) et à Fayence (1764), d'une octave 
du Saint-Sacrement au Luc (1757) et d'une autre à Lorgnes 
(1764). 

De graves abus s'étaient introduits dans la célébration des 
romérages en fêtes patronales. « Ces jours qui devraient être 
employés à des œuvres de piété, dit le prélat, ressemblent plutôt 
à des fêtes de païens qu'à des fêtes de chrétiens. On n'y voit 
qu'ivrognerie, danses, querelles, dissensions qui forcent même 
les magistrats à sévir; les ministres du Seigneur sont détournés 
de leurs fonctions saintes par le bruit des tambours et des instru- 



it) Fonds (lu docteur Pasca!. 

(2; C'est la première permission de ce genre que nous connaissions. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl'^ SIÈCLE 407 

ments profanes ». Sans doute parce qu'il se vil impuissant à 
enrayer le mal, Martin du Bellay se laissa entraîner à des moyens 
extrêmes. Au lieu de prohiber seulement les manifestations pro- 
fanes qui enlevaient leur caractère religieux aux fêtes patronales,, 
il supprima, par ordonnance du 2 janvier 1756, la plupart des 
processions. Celles de la Fête-Dieu et de son octave, de l'Assomp- 
tion , de saint Marc et des Rogations furent seules maintenues , 
mais avec défense d'y porter, sans une autorisation spéciale, 
les reliques des saints (1). L'ordonnance ajoutait que d'autres 
seraient permises, quand le bien et l'utilité de la paroisse le 
demanderaient (2). A cette mesure générale, il faut ajouter la 
suppression : au Luc, de la procession du Saint-Sacrement que 
les Carmes avaient l'habitude de faire pendant TOctave de la 
Fête-Dieu (1755); à Trans, de celle du 22 janvier, où l'on se 
rendait à la chapelle de Saint-Vincent (1756). 

Restait la question du casuel, délicate à régler, à raison des 
intérêts contraires qu'elle avait à concilier. Martin du Bellay 
n'hésita pas devant les difficultés de la tâche et, par une ordon- 
nance du 2 juillet 1760^ il fixa d'une manière uniforme le tarif 
des oblations, selon la taxe suivante autorisée par le Parlement : 

Pour la rétribution des messes basses de dévotion. . 6 sols. 

Pour celles de fondation 8 — 

Pour chaque grand'messe de dévotion au prêtre célé- 
brant . 10 — 



(1) Fonds du docteur Pascal. 

(2) Arch. dép'". Insin. ecclès. — Ce lut sans doute pour ce motif qu'il aulorisa (18 avril 
1760) les chanoines d'Aups à faire la procession de Saint-Sébastien. 



408 LES ÉVÈQUES DE FUÉJUS 

Aux diacre et sous-diacre qui servent à l'autel, à 
chacun 4 sols. 

A chaque prêtre ou autre ecclésiastique qui y assiste 
en surplis 3 — 

Au clerc s'il n'est pas ecclésiastique 1 — 

Pour chaque grand'messe fondée, au prêtre célébrant 12 — 

Aux diacre et sous-diacre qui servent à l'autel, à 
chacun 5 — 

A chaque prêtre ou autre ecclésiastique en surplis. . 4 — 

Au clerc s'il n'est pas ecclésiastique 2 — 

Pour la publication des bans de mariage, qu'il y ait 
dispense ou non 18 — 

Pour la messe dite à l'occasion de la célébration des 
mariages........ 12 — 

Pour le certificat de proclamation des bans 6 — 

Pour chaque publication de monitoires avec le certi- 
ficat 10 — 

Pour publication des aggraves et réaggraves avec le 
certificat 10 — 

Pour la fulmination et publication de la sentence 
d'excommunication portée en conséquence d'un moni- 
toire 40 — 

Pour chaque révélation, déclaration ou déposition 
des témoins reçue en conséquence du monitoire 5 — 

Pour l'accompagnement à l'enterrement d'une per- 
sonne au-dessus de l'âge de 7 ans, au curé ou autre 
prêtre tenant sa place 12 — 

A chaque prêtre ou ecclésiastique en surplis 3 — 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 409 

Pour l'accompagnement à l'enterrement d'un enfant 
au-dessous de l'âge de 7 ans, les honoraires seront 
moindres de la moitié. 

Pour le clerc s'il n'est pas ecclésiastique , . . . 1 sols. 

Pour chaque extrait en forme de registre de la 
paroisse : 

A Fréjus et à Draguignan . 10 — 

A Lorgnes , Barjols , Aups et Pignans 8 — 

Dans les autres paroisses 5 — 

L'ordonnance est précédée de considérations où le prélat jus- 
tifie la légitimité d'une rétribution, blâmant à la fois et l'avarice 
de certains chrétiens qui « refusent aux prêtres de la nouvelle 
loi la subsistance honnête que les juifs ne refusaient pas à ceux 
de l'ancienne », et la cupidité de quelques ministres du Seigneur 
« qui semblent exercer pour un gain sordide des fonctions 
sacrées ». 

« Tel était , dit-il , le détachement des biens de la terre dans la 
primitive Eglise qu'il faisait la gloire des chrétiens et l'étonnement des 
idolâtres Les fidèles se dépouillant de ce qu'ils possédaient en rendaient 
les apôtres dépositaires et les apôtres, même en soutenant leurs droits, 
ne s'appropriaient rien de tout ce qui leur était présenté, ne cherchant 
que le salut et l'édification des fidèles; il y avait entre eux un esprit de 
détachement qui inspirant aux uns do tout donner engageait les autres 
à ne rien recevoir. Mais la cupidité, racine de tout les maux, s'étant 
malheureusement glissée dans le cœur des hommes , on a eu la dou- 
leur de voir des chrétiens si injustes et si déraisonnables que de 
refuser aux prêtres de la nouvelle loi la subsistance honnête que les 
Juifs ne refusaient pas à ceux de l'ancienne. Quelques mhiistres du 
Seigneur ont été si intéressés qu'ils semblaient exercer pour un gain 
sordide des fonctions sacrées .qui n'ont d'autre fin que la gloire de 
Dieu et la sanctification des ûmes. 

« On ne peut assez blâmer en cette occasion l'avarice et la dureté 



410 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

des peuples qui ne veulent pas leur faire part de la graisse de la terre 
et qui ne pouvant souffrir de s'en voir abandonnés dans les nécessités 
de leur ârae les abandonnent souvent dans celles de leur corps ; ils ne 
doutent point que les prêtres à qui J.-C. a confié le salut de leur âme 
ne soient tenus indispensablement de les repaître par la prédication de 
la parole divine, par l'administration des sacrements, par leurs prières 
et par leur exemple et même de mourir pour elles quand ils s'y trou- 
vent engagés par le devoir de leur charge , mais ils ne sauraient 
comprendre que c'est pour cela même qu'ils leur doivent ce qui leur 
est nécessaire à l'entretien de leur vie et que Jésus-Christ leur en 
ayant fait un commandement exprès , ils sont aussi obligés de lui 
obéir en ce point (jue de croire à sa parole et espérer en ses pro- 
messes. 

« En effets notre divin Sauveur, après avoir dit à ses apôtres : Vous 
avez reçu gratuitement donner gratuitement, n'ajouta-t-il pas que tout 
ouvrier mérite sa récompense et n'est-il pas juste, selon saint Pierre, 
que ceux qui cultivent la vigne en recueillent le fruit et que ceux qui 
paissent le troupeau soient nourris de son lait ? que ceux qui com- 
battent soient payés de leur solde ? que ceux qui servent à Tautel 
aient leur part des biens de l'autel ? C'est aussi un ordre du Seigneur 
en faveur de ceux qui annoncent l'Evangile qu'ils vivent de l'Evangile. 
Cependant la plupart des chrétiens sont aujourd'hui si peu persuadés 
des vérités de la religion, qu'il n'y a guère d'obligation de laquelle ils 
se croient plus légitimement dispensés et dont ils se dispensent plus 
volontiers que de celle-ci. 

« Combien aussi seraient blâmables et dignes de punition des mi- 
nistres de l'Eglise qui préférant leurs intérêts temporels au bien spiri- 
tuel des âmes, ne s'acquitteraient de leurs fonctions que dans la vue de 
la rétribution qu'ils espèrent et qui , voulant mettre comme à prix 
d'argent le don de l'Esprit-Saint, seraient fâchés de les leur commu- 
niquer gratuitement. Nous avons cette confiance que les curés et autres 
ecclésiastiques de notre diocèse ne donnent pas dans ces écarts et 
qu'ils évitent même avec grand soin le moindre soupçon d'avarice et 
qu'ils n'usent pas de leur droit dans toute sa rigueur. Cependant comme 
il ne serait pas juste que la générosité des ecclésiastiques servit de 
prétexte aux fidèles pour leur refuser' la rétribution due à leurs tra- 
vaux, nous avons jugé à propos de faire un règlement sur l'honoraire 
et droits casuels pour les fonctions des curés et des ecclésiastiques 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 411 

conformément aux saints canons et aux lois du royaume notamment à 
l'article 27 de l'ordonnance de 1695. 

« Nous ne prétendons pas néanmoins empêcher la libéralité des 
riches à la discrétion desquels ou de leurs héritiers on doit se rapporter 
ni forcer Tindigence des pauvres que nous savons et que nous voulons 
encore plus que jamais être charitablement traités. Nous défendons en 
même temps de marchander par avance et de pactiser comme des 
mercenaires faisant entendre qu'on refuserait de prêter son ministère 
si on ne voulait pas donner la rétribution convenable ». 

Quelques années auparavant (1756) Martin du Bellay avait 
rendu une ordonnance pour obliger les curés à verser entre 
les mains du trésorier de l'œuvre de la Miséricorde établie 
dans leur paroisse les sommes provenant du défaut de ser- 
vice (1). 

Sa sollicitude pastorale s'exerçait aussi en faveur des écoles. 
Nous savons qu'à Fréjus il fit donner l'instruction aux jeunes 
filles par deux sœurs de Nevers. Plus tard il se concertait avec 
les consuls en vue d'assurer une bonne direction au collège com- 
munal (1763). L'intérêt qu'il portait aux maîtres d'école l'amena, 
à diverses reprises, à intervenir pour obtenir en leur faveur une 
augmentation de traitement (2). 

On peut, non sans raison, reprocher à Martin du Bellay ses 
allures hautaines de grand seigneur, la façon cavalière dont il 
traitait parfois les gens, l'emportement de son caractère. Il serait 
injuste de ne pas lui savoir gré de son dévouement pour la reli- 
gion, du zèle qu'il déploya à réformer les abus. Il ne pactisa 
jamais avec le Jansénisme et s'efforça de mettre son diocèse à 



(1) Arch. c'" de Fox-Amphoux, BB. 12. 

(2) Arch. c'«' de Vidauban, GG. 



412 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



l'abri des erreurs de la secte (1). Quand il vit la tempête qui se 
déchaînait contre les Jésuites, il comprit que l'audace des philo- 
sophes ne s'arrêterait pas en chemin ; « Mes enfants ^ disait-il 
aux élèves de son séminaire, le même sort nous attend tous, 
adieu mitraille, adieu prêiraille. Je suis trop vieux pour voir ce 
malheur social; vous le verrez vous-même » (2). On sait com- 
ment ses prévisions se réalisèrent. 

Fut-il découragé par les progrès de l'incrédulité^ ou sentait-il 
le besoin du repos après vingt-sept ans d'épiscopat? Toujours 
est-il qu'en 1766 il remit sa démission au roi. Le 25 juillet il 
faisait connaître sa détermination au chapitre et l'informait qu'il 
garderait l'administration du diocèse jusqu'à ce que sa démission 
eut été acceptée par le Souverain Pontife. Un mois après, une 
lettre du prélat annonçait aux chanoines que les liens qui l'unis- 
saient à l'église de Fréjus venaient d'être à jamais brisés. 

Martin du Bellay se fixa à Paris, où il mourut le 19 décembre 
1775. On l'inhuma dans l'église de Saint-Sulpice, au caveau 
des évêques. 



(1) Dans une circulaire du ;? janvier 17r)G, Martin du Bellay se réjouit de ce que au milieu 
des troubles qui décliireut plusieurs diocèses, celui de Fréjus jouit d'une paix profonde. 

(2) R. Poulie. Ilisl. de l'église paroissiale Notre-Dame et Saint-Michel, p. 36."), note. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIll® SIÈCLE 413 



EMMANUEL-FRANÇOIS DE BAUSSET 
(1766-1802) 



Sommaire. — La famille. — Le sacre et l'entrée solennelle. — Une 
querelle de chaperon entre les consuls deFréjus et de Draguignan. 

— Fondations charitables. — L'œuvre des vocations ecclésiasti- 
ques. — Les glacières et les eaux d'alimentation à Fréjus. — 
Règlement pour la pointe à la collégiale de Barjols. — Bénédiction 
de nouvelles cloches à la cathédrale.— La première visite pastorale, 

— Ordonnance sur l'Extrême-Onction. —Le service religieux dans 
les agglomérations rurales : création de succursales aux hameaux 
de Burlon , de Courmier et de la Ferrière; rétablissement d'un 
service de messes à la Môle; édification d'églises et de chapelles, 

— La question du séminaire. — Deux ans de séjour à Paris et 
l'administration du diocèse. — Projet de transfèrement du sémi- 
naire à Draguignan: opposition des Fréjusiens; intervention de 
Martin du Bellay; l'arrêt du conseil d'Etat de 1771.— Démêlés 
avec les consuls. — Départ pour Paris, — La réconciliation. — 
Edification d'un nouveau séminaire. — L'assainissement de Fréjus 
et l'assemblée provinciale de Lambesc ; les deux projets en pré- 
sence ; succès d'Emmanuel de Bausset. — Voyages à Paris. — 
Actes épiscopaux. — Réduction de l'affouagement de Fréjus. — La 
question du port: vote de subsides par l'assemblée de Lambesc; 
refus de la viguerie de Draguignan ; actives démarches à la cour ; 
la subvention royale; abandon du projet. — Le dessèchement dos 
étangs et la cession des seigneuries des Escas et de la Baume. — 
Les ordonnances synodales de 1778 et le catéchisme diocésain, — 
Suppression du rit romain ; le missel et le bréviaire fréjusiens. — 
Deuxième visite pastorale. — L'archiconfrérie du Sacré-Cœur à 
Aups. — Le culte de saint François-de-Paule à Fréjus; bénédiction 
solennelle d'une nouvelle statue. — Construction d'un bâtiment 
pour le secrétariat et les archives de l'évêché. — Aliénation de la 



414 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

seigneurie temporelle : — le Castellas d'Agay. — Les habitants du 
Puget. — Inféodation de Bagnols à Charles Martin. — Rachat du 
fief de Fayence par la communauté.— Acquisition du monastère de 
Sainte-Rossoline. — Délégation à l'assemblée du clergé de France. 
— Dernier voyage à Paris. — Les Etats-Généraux de 1789. — La 
constitution civile du clergé et la persécution religieuse. — Résis- 
tance et fermeté inébranlable du prélat. — Pendant l'exil. 



La famille de Bausset qui, dans les siècles antérieurs, avait 
déjà donné plusieurs chanoines aux chapitres de Marseille, de 
Fréjus et de Barjols, vit, à la fin du XVIIIe siècle et au commen- 
cement du XIX^, quatre de ses membres occuper des sièges 
épiscopaux (1). Le second de cette lignée de pontifes est l'évèque 
de Fréjus, Emmanuel-François, né à Marseille et baptisé dans 
l'église de Saint-Martin de cette ville, le jour de Noël 1731. A 
peine ordonné prêtre, son oncle, Bruno de Bausset, évêque de 
Béziers, se rattachait en qualité de grand vicaire et lui procurait, 
peu de temps après, l'agence générale du clergé de France, 
charge qui, d'ordinaire, conduisait à l'épiscopat. Le 6 juillet 1766, 
il était, en effet, nommé à l'évêché de Fréjus. Les démarches 
pour obtenir l'institution canonique se firent rapidement. Préco- 
nisé le 25 juillet, le nouvel élu reçut la consécration épiscopale. 



(1) Ontre l'évèque de Béziers et celui de Fréjus, les deux autres prélats issus de la famille 
de Bausset sont les deux neveux de ce dernier. L'un, Louis-François, né à Pondichéry. 
devint, en 1784. évêque d'Aliis, s'exila pendant la Révolution, écrivit l'histoire de Fénelon 
et celle de Bossuet, devint cardinal sous la Restauralion et mourut en 1854 ; l'autre, Pierre- 
François-Gabriel-Raymond-Ignaie-Fcrdinand, fut d'abord grand vicaire de son oncle, devint 
évêque de Vannes, en 1808, archevêque d'Aix en 1819 et mourut sur ce siège métropolitain, 
en 1838. Son portrait est au grand séminaire de Fréjus. 



DU XII1« A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 415 



le 31 août, dans l'église de Saint-Roch à Paris , des mains de 
l'archevêque Christophe de Beaumont, assisté des évêques de 
Bourges et d'Orléans, et prêta le serment au roi le H septembre. 
Il était âgé de trente-cinq ans. Un de ses vicaires généraux, 
Joseph Gros de Besplas, prit en son nom possession de l'évêché 
le 31 octobre (1). 

En apprenant sa nomination , le conseil municipal de Fréjus 
s'était empressé de lui envoyer les hommages de la ville. Le 2 
août , le prélat répondant aux félicitations des membres du 
conseil: « Je suis très sensible. Messieurs, leur écrivait-il, 
à l'empressement avec lequel vous me témoignez votre satisfac- 
tion sur le choix qu'il a plu au roi de faire de moi, pour occuper 
le siège épiscopal de Fréjus; je m'occuperai avec soin en toute 
occasion du bonheur du peuple qui m'est confié et je serai tou- 
jours jaloux de mériter sa confiance et son attachement » (2). Au 
commencement de l'année suivante il remerciait par une nouvelle 

(1) Selon l'usage de cette époque, Emmanuel de Bausset don»a à un grand nombre de 
ses amis dos lettres de vicaire général. Voici les noms de quelques-uns d'entr'eux : 1766, 
l'abbé Gros de Besplas, Raymond-Cbarles d'Entrecasteaux, Charles d'Astier, Klorimond- 
Joseph de Meffray de Gcsarges, chanoine devienne, Armand de Chaban. 1770, Dominique 
Guyot d'Usiére. 1771, Jean-Baptiste de Ballias, du diocèse d'Agen. 1775, Jean-Baptiste 
Quinel, prêtre de Coutauv-es. 1778, Payan, prêtre do diocèse d'Aix. 1781, Pierre-François- 
Gabriel-Raymond-lgnacc-Ferdlnand de Bausset. 1786, Joseph Périer de la Garde. 1788, l'abbé 
(le Ramaluclle.— Parmi les prêtres remplissant des fondions dans le diocèse il prit pour 
grands vicaires : 17GC, Jean Cavalier, prévôt du chapitre. 1768, l'abbé de Damian, prévôt de 
Pignans. 1770 Jean-Baptiste Denans, supérieur du grand séminaire, André-César de Mont- 
grand, chanoine de Fiéjus. 1772, Joseph-Félix Antelmy, chanoine de Fréjus. 1785, François 
Gassier, curé de Flassans. 178-1, Martin Cavalier, prévôt du chapitre. 1789, François Maurine, 
curé de Fréjus. 

{'2) Arch. c"*de Fréjus, CG. 229. 



416 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

lettre les consuls de leurs vœux : « Les témoignages d'atta- 
chement que j'ai déjà reçus de vous m'assurent de la sincérité 
des vœux que vous faites pour moi à l'occasion de la nouvelle 
année, elle commence pour moi sous d'heureux auspices par le 
plaisir que j'aurai de me réunir bientôt à mes diocésains; je suis 
charmé que les places que vous occupez dans la ville de Fréjus 
me mettent à portée d'avoir avec vous de plus fréquentes 
relations , de pouvoir vous donner des témoignages de ma 
confiance « (1). 

Emmanuel de Bausset fit son entrée solennelle dans la ville 
épiscopale le 28 janvier 1767. La milice se mit sous les armes, 
on lui offrit les présents d'usage; le maire et deux notables 
étaient allés jusqu'à Aix lui présenter leurs hommages. Même 
accueil respectueux et empressé au Puget. Quelques jours après, 
les consuls des principales paroisses vinrent lui souhaiter la 
bienvenue. Ceux de Draguignan ayant fait leur visite en chaperon, 
les consuls de Fréjus, chatouilleux sur le protocole, saisirent le 
Parlement de cette atteinte à leurs droits. Là-dessus, intervint 
un arrêt qui interdit à ceux-là de porter « le chaperon à Fréjus et 
son terroir soit pour visite soit pour toute autre cérémonie » (2). 

Le prélat n'attendit pas d'être venu pour renouveler (l^'^janvier 
1767) les pouvoirs accordés par son prédécesseur concernant la 
bénédiction apostolique à l'article de la mort (3). 

(1) Arch. c'"de Fréjus, CC. 229. 

(2) Arch. c'" de Uraguigiian, AA, 5. 

(3) Ordonnances aynodales d' Emmanuel-François de Baussel-hoqueforl, p. 131. Aver- 
tissement de H'' l'cvcque de Fréjus au sujet delà bénédiction apostolique, elc. — Cet 
avertissement est daté de Fréjus, mais l'évêque n'y était pas encore arrivé. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 417 

Son premier soin en arrivant fut de s'occuper des nécessiteux. 
Le l^"" mars 1767, il réunissait au palais épiscopal plusieurs 
notables, les deux curés de la ville et un membre du chapitre en 
vue d'organiser une œuvre charitable en faveur des vieillards, 
des orphelins et des ouvriers sans travail. 11 approuva le règle- 
ment de l'association, pourvut à ses premiers besoins par un 
secours de 300 livres, et en créa une semblable à Saint-Raphaël 
(1772). L'hôpital de Fréjus ne fut pas oublié : pour augmenter 
ses revenus il unit à cet établissement les fondations affectées 
aux trois chapelles de Saint-Pons, de Saint-Michel et de Sainte- 
Madeleine (1). 

L'œuvre des vocations ecclésiastiques fut aussi, dès le début, 
l'objet de ses préoccupations. Le 20 mars 1767, il adressait à tous 
les curés du diocèse des instructions détaillées qui constituent 
un règlement complet sur la matière : 

« Nous recommandons à MM. les curés, dit l'évoque, de donner 
une attention particulière aux enfants qui se destinent à l'état ecclé- 
siastique et dans lesquels ils voient des dispositions propres à notre 
état. MM. les curés doivent en conséquence les assembler tous les 
dimanches chez eux après les vêpres, ou à telle autre heure qui pourra 
bien être plus commode , et leur faire une petite instruction familière 
sur les vertus propres et particulières à l'état ecclésiastique. Ils pren- 
dront le sujet de leurs instructions dans le Catéchisme ad parrochos 
qu'ils tâcheront de leur rendre familier, les enfants devant être inter- 
rogés et examinés en se présentant surtout pour le latin sur ce livre. 

« MM. les curés en exhortant beaucoup ces enfants à la fréquenta- 
tion des sacrements dont ils commenceront à leur faire connaître et 
leur expliquer les avantages, exigeront d'eux qu'ils se confessent au 
moins une fois le mois. Il serait encore mieux s'ils se confessaient tous 
les quinze jours. 

(l) Arch. dép'«». Insi». ecclén. 



418 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

« M*' l'évéque exige encore que ces enfants fréquentent la paroisse 
et qu'ils commencent à servir MM. les curés dans les offices de la 
paroisse, comme à lagrand'messe, à la messe paroissiale, aux vêpres 
et aux autres offices les jours de dimanche et de fêtes et que MM. les 
curés commencent à se servir d'eux pour le catéchisme quand ils leur 
paraîtront assez capables pour les servir utilement et avec fruit dans 
cette fonction. 

« M^' l'évéque exige encore que les enfants qu'on présentera pour la 
tonsure soient au moins dans la 14* année et qu'ils soient en état pour 
le latin d'expliquer au moins le livre du Catéchisme ad parrochos , sur 
quoi ils seront particulièrement interrogés et examinés et pour leur 
conduite, ils ne seront admis (pour ceux qui sont dans leur paroisse) 
que sur le certificat de MM. les curés qui certifieront de leur bonne 
vie et mœurs , et qu'ils ont été exacts à suivre ce que nous venons de 
marquer ci-dessus. 

« Comme c'est sur leurs attestations que les enfants doivent être 
admis, M^' l'évéque leur recommande de ne pas donner leurs attesta- 
tions légèrement , de ne les donner qu'avec connaissance de cause et 
bien assurés de la vérité de tout ce qu'ils attesteront dont M^'' l'évéque 
charge leur conduite devant Dieu. 

« M*' l'évéque compte dans la suite ordonner un mois de séminaire 
pour tous ceux qui se présenteront pour la tonsure et n^admettra pour 
les enfants qui ne sont point dans des collèges ou des communautés 
que ceux qui auront passé au moins un an sous les yeux de MM. les 
curés et suivi leurs instructions et le service de leur paroisse, comme 
nous avons expliqué ci-dessus. 

a En se présentant ils doivent être en état de répondre et d'expliquer 
le Catéchisme ad parrochos, ils seront encore examinés sur le caté- 
chisme de la tonsure. Il faut qu'ils soient encore prêts à réciter par 
cœur et prononcer même publiquement, pour le temps qu'ils seront au 
séminaire, les 5", 6° et 7*" chapitres de l'évangile selon saint Mathieu. 

« Les nouveaux tonsurés qui resteront encore dans leur paroisse 
après avoir reçu la tonsure , continueront toujours d'assister aux 
instructions de MM. les curés et de suivre le service de la paroisse 
comme auparavant et tâcheront de s'y rendre encore plus exacts et 
plus fîdèles, s'il est possible. 

« MM. les curés rendront compte deux fois l'année, savoir tous les 
six mois, de l'état, soit pour la conduite, soit pour les études, tant 



DU Xni^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 419 

des nouveaux aspirants que des nouveaux tonsurés qu'ils auront dans 
leur paroisse » (1). 

Une autre circulaire épiscopale de la même époque contient 
des recommandations sur la surveillance que les curés doivent 
exercer à l'égard des séminaristes pendant les vacances. 

Se trouvant à Aix au commencement de 1768, Emmanuel de 
Bausset recevait des nouveaux consuls la notification de leur 
nomination avec l'expression de leurs vœux à l'occasion de la 
nouvelle année. Sa réponse témoigne de l'intérêt qu'il porte à la 
santé publique: « Je vous prie, Messieurs, leur écrit-il, de 
veiller à ce que les glacières de la ville qui ont été raccommodées 
soient remplies » (2). On sait que le manque d'eau potable était 
une des causes de l'insalubrité de Fréjus. La prévoyante solli- 
citude du prélat s'efforce d'y remédier en faisant réparer les 
anciennes glacières et distribuer, pendant l'été, de la glace aux 
habitants (3). Plus tard, il apportera une amélioration notable 
dans le service des eaux de la ville en obtenant de l'assemblée 
delà Province (1784) deux pompes dont l'une sera placée au puits 
de Saint-François et l'autre à celui de Saint-Roch (4). 

Son séjour à Aix fut de courte durée. Nous le voyons dans 
le palais épiscopal de Draguignan apposant, le 23 mars 1768, sa 



(1) Plan de conduite, pour Us nouveaux aspirants à l'étal ecclésiastique. 
(3) Fonds du docteur Pascal. 

(3) « On ne doit pas oublier, dit Acliard, que M:^ l'évêque a prévenu les maladies du 
peuple de Fréjus en faisant amasser de la glace qu'il a soin de faire distribuer aux liabitants 
pendant les chaleurs de l'été. Cet antiseptique a très bien réussi.— Acliard. Géographie de 
la Provence, Aix, 1787, p. 518. 

(4) Arch. c'" de Fréjus, BB, 30. 



420 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

signature à un règlement que venaient d'adopter les chanoines de 
Barjols au sujet de la pointe; déléguant, le 16 avril, son vicaire 
général, Florimond de Césarges, pour bénir les nouvelles cloches 
offertes à la cathédrale par le chapitre. Peu de temps après, 
rentré à Fréjus, il publiait, le 28 juillet, un mandement ordon- 
nant des prières pour la reine-mère qui venait de mourir (1). 

La première visite des paroisses, annoncée par un mandement 
du 9 janvier 1769, fut commencée vingt jours après et terminée 
avant la fin de l'année. Rappelée Fréjus par les fêtes de Pâques, 
Emmanuel de Bausset publia une ordonnance touchant le sacre- 
ment de l'Extrême-Onction qu'il prescrit d'administrer désormais 
immédiatement avant le saint Viatique (5 avril 1769). 

« Un des principaux devoirs de notre ministère et des plus dignes 
de notre sollicitude, N. T. C. P., est de veiller sur le dépôt auguste 
des sacrements que J.-G. a laissé en héritage à son Eglise. Comme 
serviteurs établis par le père de famille , pour être les dispensateurs 
des biens de sa maison , c'est à nous d'assigner, avec fidélité et avec 
prudence, à ses enfants, la portion d'héritage nécessaire à leur salut. 
Coopérateur de Dieu dans le salut des âmes nous devons juger des 
moments et des circonstances les plus convenables à la dispensation 
et au partage des trésors que son amour nous a prodigués. 

« Le temps où jusqu'ici on a administré le sacrement de l'Extrême- 
Onction nous a paru être sujet à une multitude d'inconvénients. L'état 
pressant des malades expose à la précipitation et à l'indécence ; on ne 
peut faire les préparatifs convenables pour l'accompagnement du prêtre 
qui porte les saintes builes; à peine a-t-il le temps d'arriver et déjà 
l'état du malade ne lui permet pas souvent de finir toutes les onctions, 
et presque toujours d'y mettre la décence qu'exige la révérence due à 
ce sacrement. Le bien spirituel et temporel des malades n'y est pas 
moins intéressé. Il arrive trop souvent que les parents qui les entou- 



(1) Arch. (Iép'«*. 1ns. eccl. - Arch. c'" de Roqucbrune, GG. i:>. 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 421 

rent, connaissant peu le danger de leur état, ou par des considérations 
humaines, craignant de les effrayer, n'avertissent point à temps; le 
malade meurt privé de la grâce du sacrement, ou s'il le reçoit, c'est 
dans un état où il a perdu toute connaissance. 

a Une des vertus de ce sacrement est de remplir celui qui le reçoit 
de consolation et de courage. Plusieurs exemples nous font éprouver 
avec douleur qu'en suivant l'usage actuel de ce diocèse, dans l'admi- 
nistration du sacrement de l'Extrême-Onction, si le malade a encore 
assez de force et de présence d'esprit, l'approche de ce sacrement lui 
annonçant la mort, ne sert qu'à l'effrayer et à le jeter dans une cons- 
ternation infiniment nuisible au salut de son âme et à celui de son 
corps. 

« Joignons à ces motifs l'avantage de recevoir ce sacrement en pleine 
connaissance, dans un état où le malade peut encore se flatter de vivre 
et offrir à Dieu un sacrifice volontaire de ses jours, où il a encore la 
force de lui adresser des actes de contrition, de foi, d'espérance et de 
charité. Tant de motifs, M. T. C.*F., et les exemples respectables de 
plusieurs diocèses, notamment de celui de Paris, nous ont convaincu 
qu'il serait fort utile de fixer Tadministration du sacrement de TExtrème- 
Onction aux moments qui doivent précéder celle du saint Viatique. 
Nous nous sommes déterminés à adopter cet usage, avec d'autant 
plus de raison, que ce sacrement, ainsi administré, est une prépara- 
tion précieuse à recevoir plus dignement, plus purement et plus sain- 
tement ce sacrement auguste de nos autels qui est le gage de la vie 
éternelle » (1). 

Emmanuel de Bausset mit tous ses soins à assurer le service 
religieux jusque dans les plus petits hameaux. C'est ainsi qu'en 
septembre 1767, pendant un séjour à Béziers auprès de son 
oncle , il envoyait des instructions au vicaire général , Jean 
Cavalier, pour résoudre les difficultés que rencontrait la création 
d'une succursale au hameau de Burlon, près de Valderoure : 



(Il Arch. c'«» de Roquebrune, GG. 25.— Ordonnance de M«' l'évêque de Fréjus touchant 
Tadministration du sacrement de l'Extrême-Onction. 

27 



422 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



« Vous connaissez, lui écrit-il, mes dispositions pour donner à 
mes diocésains les secours spirituels qui leur sont nécessaires, 
et sur cet article l'intérêt ne m'arrêtera jamais, aussi je vous 
charge d'acquiescer pour moi à l'arrangement proposé par les 
parties qui me paraît juste; mettez les choses en règle, afin que 
l'on ne soit plus exposé à l'avenir à de nouvelles chicanes » (t). 
L'année suivante (29 septembre), il oblige les religieux de la 
Verne à rétablir à la Môle, les dimanches et jours de fêtes, 
un service de messes (2) qu'il transférait, en 1781, à la chapelle 
du chàteaa. On lui doit encore l'établissement d'une succursal i 
et la construction d'une chapelle au hameau de Gourmier, à 
Seillans (11 février 1775), l'érection en paroisse du hameau de 
Jabron (20 mars 1775), la création d'une succursale au hameau 
de la Perrière , près de Séranon (3 décembre 1781). Des églises 
ou chapelles sont édifiées grâce à son active intervention, d'au- 
tres sont agrandies. Il bénit la première pierre de la nef latérale 
de l'église de Trans (1«'' juin 1769), consacre celle de Lorgnes 
(15 juin 1788). La menace de peines sévères mit fin aux lenteurs 
des consuls de Saint-Tropez qui achevèrent enfin leur église 
(1784) (S). Ce fut aussi sous son épiscopat que l'on reconstruisit 
l'église collégiale de Pignans. 

Le local affecté, depuis Clermont-Tonnerre, au séminaire diocé- 
sain était devenu insuffisant et tombait en ruine. Sa reconstruc- 
tion s'imposait à bref délai. Nous avons vu Pierre de Castellane 



(1) (Arch. dép'". 1ns. ecct. 

(3) L'ordoanance épiscopale est signée du château de Itoquefort. 

(3) Arch. dép><=*. Ins. eccl. Visites pastorales, pasiim. 



DU XIII*^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 423 

s'en préoccuper dans ses dispositions testamentaires. Son succes- 
seur, en s'aménageant un superbe palais à Draguignan, parut 
oublier que le diocèse attendait autre chose de son zèle épiscopal. 
Emmanuel de Bausset comprit mieux son devoir. Dès le début 
de son épiscopat il mit une main active à l'œuvre et, dix ans 
après, malgré des difficultés sans nombre, la menait à bonne 
fin. Il se heurta d'abord à la mauvaise volonté des habitants. 
Les Fréjusiens tenaient sans doute à conserver le séminaire 
dans leur ville, mais ils refusaient de contribuer à sa recons- 
truction. Les premières ouvertures du prélat étant restées sans 
réponse, de nouveau il insiste auprès des consuls. « Je désire- 
rais, leur écrit-il d'Aix, le 30 juin 1768, que la communauté prit 
un parti quelconque sur les objets relatifs à la réédification de 
mon séminaire. Je suis bien aise de savoir sur quoi compter 
pour me décider moi-même sur le parti que je dois prendre à cet 
égard » (1). Le conseil municipal fit encore la sourde oreille. 
Enfin, l'année suivante, il prenait l'engagement de donner 2,000 
livres ainsi que les pierres de l'ancien hôtel-de-ville et de deux 
autres maisons (2). Cette subvention parut sans doute insuffi- 
sante à l'évêque, car, sa visite pastorale terminée, il partit pour 
Paris afin de hâter la solution de l'affaire. 

Il s'arrêta quelque temps à Aix où il signa une ordonnance 
fixant à quarante-cinq ans l'âge minimum des servantes des 
prêtres (28 février 1770) (3), et, le jour même où il quittait cette 



(1) Fonds du docteur Pascal. 

(•2) Arch. c'«» de Fréjus, BB. 28. 

(3) Arch. c'" de Roquebrune. GG. 25. 



424 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

ville, la nomination des membres de l'officialité diocésaine et des 
lettres de vicaire général au supérieur du grand séminaire, 
Jean-Baptiste Denans (l^"" avril). Pendant les deux ans de son 
séjour dans la capitale, il ne laissa pas de s'occuper de l'admi- 
nistration du diocèse. Signalons parmi les actes épiscopaux de 
cette période : la publication (17 mai) du jubilé accordé par 
Clément XIV à l'occasion de son élévation au souverain pontifi- 
cat; la confirmation de la nomination de Marc-Antoine Seguiran 
à la prévôté de Barjols (29 juin); l'autorisation de transférer au 
château de Trans la chapellenie de N.-D. du Rosaire fondée 
jadis au château de Tourrettes par les ancêtres du marquis de 
Villeneuve. C'est encore de Paris qu'il s'oppose (21 mai 1771) à 
l'union de l'abbaye du Thoronet à la collégiale de Lorgnes (1), 
union qui fut faite, en 1785, en faveur du chapitre de la cathé- 
drale de Digne. 

La question du séminaire attendait toujours une solution. En 
présence des mécomptes qu'il avait éprouvés, Emmanuel de 
Bausset songea à transférer cet établissement à Draguignan, 
dans le palais que Martin du Bellay avait laissé à la mense 
épiscopale et où lui-même, qui se plaisait à recevoir l'élite 
de la société dracénoise (2), venait passer une partie de l'an- 



(1) Bérard. L'Abbaye du Thoronet, p. 26. 

[Sj Emmanuel de Uaussct lit, le mars 1769, une commande de douze tables de jeu pour 
son palais de Draguignan. (Octave Teissier. Le Palais de Mgr du Bellayj. A Fréjus, on ne 
se contentait pas, paraît-il, de jouer. Le souvenir des bals donnés par le prélat dans son 
évèché s'est conservé longtemps dans la ville épiscopale. On raconte â ce sujet que le mercredi 
des Cendres au malin, de certaine année, le curé François Maurine se rendit à l'évêché avec 
les enfants de cbœur et aspergea d'eau bénite la salle de bal où l'on avait dansé la veille 
jusqu'à minuit. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 425 

née (1). Avant de rendre publique sa détermination, et dans le but 
de ménager les susceptibilités des habitants, il proposa d'établir 
à Fréjus un petit séminaire, à la création duquel serait employée 
une somme de 30,000 livres. La méfiance des Fréjusiens déjoua 
ses calculs. Loin d'être satisfaits, les consuls déclinèrent cette 
offre séduisante dont la trompeuse générosité cachait le but se- 
cret. Ils écrivirent au prélat pour le remercier « de ses attentions 
continuelles sur tout ce qui pouvait être à l'avantage de la ville et 
le supplier en même temps de vouloir bien rassurer les habitants 
sur la crainte de voir transférer ailleurs le grand séminaire 
après l'établissement du petit, crainte que le souvenir de ses 
bontés devrait avoir dissipée, mais que des bruits depuis long- 
temps répandus et l'importance de l'objet n'ont que trop accré- 
ditée » (2). 

Les Fréjusiens ne s'en tinrent pas là. Dans les séances des 
10 et 20 février 1771, le conseil communal résolut d'user de tous 
les moyens, d'épuiser toutes les juridictions « pour arrêter le 
coup fatal dont la ville était menacée ». Il fut décidé que l'on 
mettrait le supérieur du séminaire en demeure de se faire déli- 
vrer le legs de Pierre de Castellane. Les consuls écrivirent dans 
ce but à l'héritier du prélat défunt, et se mirent à la recherche 



(1) Le séjour de Draguignan ne lui fut pas plus heureux qu'à son prédécesseur, si ou en 
juge par celle lettre écrite dix ans plus tard, où il exhale en termes particulièrement vifs 
sa mauvaise humeur contre les habitants: « J'ai voulu, eu allant à Draguignan, répondre à 
la confiance de la province ; au lieu d'y trouver des gens éclairés sur leurs intérêts et justes, 
j'ai trouvé des gens de mauvaise foi et des brigands (sic}-». (Lettre du 3 janvier Î779. Papiers 
de la famille Lalil, etc.) 

(2; Arch. c'" de Fréjus, BB 28. 



426 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

de tous les titres pouvant établir les droits de la ville. Enfin, 
pour ne rien négliger dans une affaire de cette importance, ils 
firent appel au concours du chapitre, en même temps qu'ils 
sollicitèrent les bons offices de leur ancien évêque (1) et l'appui 
de personnages influents. L'un d'eux, l'intendant général de La 
Tour, leur avait répondu, le 30 janvier précédent ; « Je m'inté- 
resserai toujours à tout ce qui pourra concerner la communauté 
de Fréjus, je vois que vous avez fait des démarches auprès des 
personnes en place pour réclamer leur protection au sujet du 
séminaire que vous craignez qu'il soit transporté ailleurs et 
cette translation vous serait très préjudiciable, si elle s'effectue. 
La chose dépend de M='' l'évéque, dont vous connaissez le senti- 
ment particulier sur votre ville. Je suis persuadé qu'il se prêtera 
toujours à tout ce qui pourra contribuer à son utilité et avantage 
et vous devez vous attacher principalement à vous le rendre 
favorable » (2). 

Mis au courant de la situation par Emmanuel de Bausset lui- 
même qu'il voyait à Paris, Martin du Bellay s'efforça vainement 
de le détourner de son projet (3). Cependant il ne consentait 
à intervenir auprès du roi que sur les instances désespérées 
des chanoines et des consuls. Le 21 mars 1771 , informant 
ceux-ci de ses démarches : « Il ne me convient en aucune façon, 
disait-il, de me mêler du gouvernement du diocèse de Fréjus. Ce 
diocèse sô trouve en meilleures mains qu'il n'était dans les 



(1) Arch. c'«»de Fréjus, BB. 28. 

(2) Ibid. id. GG. 26. 

(3) LÉ Palais de Mgr du Bellay à Draguignan, p. 207, extrait du mémoire publié en 1755. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 427 

miennes. J'espère que le roi recevra favorablement mes très 
humbles représentations au sujet du don que j'ai fait à la mense 
épiscopale, les volontés du testateur sont communément chose 
sacrée; j'espère que celle d'un donataire et d'un bienfaiteur sera 
regardée du même œil » (1). La protestation de Martin du Bellay 
contre l'inexécution des conditions de la donation fut en effet 
accueillie par le Conseil d'Etat. Un arrêt du 22 novembre 1771 
annula la cession qu'il avait faite à la mense épiscopale et le roi 
l'autorisa à disposer à son gré du palais de Draguignan. L^ancien 
évêque ne tarda pas de le vendre à Jacques Latil , receveur des 
tabacs en cette ville, pour le prix de 25,000 livres (2). 

Fréjus fut en liesse quand la nouvelle du succès y arriva. 
L'honneur en revenait à Martin du Bellay. En reconnaissance du 
service rendu, les consuls firent célébrer, pour la conservation 
de ses jours, une messe solennelle à laquelle ils assistèrent en 
chaperon à la tête de la population convoquée par le crieur public. 
Un vote unanime du conseil communal décida que cette messe 
serait chantée tous les ans, le 11 mai, jour anniversaire de 
l'arrivée de Martin du Bellay à Fréjus. En outre, le portrait 
du prélat fut placé à l'hôtel de ville et sa lettre du 21 mars 
1771 enregistrée au Parlement aux frais de la commune (3). 
C'est ainsi que Martin du Bellay devint le meilleur ami de 
ceux que son séjour prolongé à Draguignan avait si profondé- 
ment blessés. Touché de ces témoignages de la reconnaissance 



(1) Arch. c'e' de Fri'jus, BB. 28. 

(2) Le Palais de Mijr de Bellay, p. 207. 

(3) Arch. c'e' de Fréjus, BB. 28. 



428 LES ÉVÈ<3UES DE FRÉJUS 

publique, le prélat écrivait aux consuls, le 29 mars 1772: 
« Vous ne pouvez me donner une marque plus réelle de votre 
amitié pour moi que d'adresser des prières à Dieu en ma faveur. 
Vous pouvez être assurés que vous n'êtes point oubliés dans les 
miennes. Je prie le Tout-Puissant de répandre ses bénédictions 
sur la ville de Fréjus et les particuliers qui la composent, afin 
que nous puissions tous devenir des saints » (1). Et encore, le 
5 janvier 1773 : « Je vous remercie de la marque de souvenir 
que vous me donnez de la part de la communauté de Fréjus, je 
lui souhaite en général et à tout ce qui la compose tout le bien 
imaginable; c'est une marque de votre amitié pour moi d'avoir 
mis mon portrait dans votre hôtel de ville, je vous en fais bien 
sincèrement mes remerciements » (2). 

On comprend la froideur avec laquelle Emmanuel de Bausset 
fut accueilli à son retour de Paris qui eut lieu vers la fin de 
l'année 1771. Le jour de Noël, les consuls refusèrent d'aller, 
selon l'usage, le prendre à l'évêché pour l'accompagner à la 
cathédrale à la suite du clergé. Le prélat, vivement froissé, 
reprocha ce manque de déférence aux consuls quand ils vinrent, 
huit jours après, lui offrir leurs vœux à l'occasion de la nouvelle 
année. Ceux-ci de s'excuser : « Nous ne savions pas, répondirent- 
ils, que Votre Grandeur devait assister aux offices ». — « Vous 
deviez envoyer le valet de ville pour vous en informer, répliqua 
sèchement l'évêque , et, si vous ne le faites pas une autre fois, 
je prendrai les moyens pour vous y obliger ». Ce langage com- 



(1) Fonds du docteur Pascal 
(52) Ibid. iJ. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 429 

minatoire jeta l'émoi dans le conseil communal. Il fut décidé à 
l'unanimité qu'on ferait respectueusement observer à l'évèque 
que « les consuls n'étaient pas tenus de lui rendre les devoirs 
qu'il exigeait, car la bienséance seule, le respect et la vénération 
les y avait jusqu'ici engagés » (1). Nouveau conflit quand le 
prélat voulut qu'on lui soumit, pour les approuver, les nouveaux 
règlements de police. Sur le refus des consuls d'obtempérer à 
sa demande, Emmanuel de Bausset saisit le Parlement de la 
question et partit pour Paris. 

Le 5 janvier 1773, il écrivait aux nouveaux consuls, en les re- 
merciant de leurs vœux de bonne année : « Je rends justice à votre 
attachement et à la sincérité de vos souhaits, je reçois les témoi- 
gnages que vous m'en donnez avec reconnaissance; je ne doute 
pas que votre vigilance et votre sage conduite ne justifient le 
choix de vos concitoyens et je me flatte que, connaissant mes sen- 
timents pour le bonheur de mes vassaux, vous ne suivrez pas 
l'impression de gens qui ont cru faire connaître leur patriotisme 
par l'oubli de tous les devoirs vis-à-vis de moi. Vous pourrez 
assurer vos concitoyens qu'ils trouveront toujours en moi un 
père qui, en plaignant ceux qui s'écartent de ce qu'ils doivent, 
ne sacrifie pas l'avantage public à leurs démarches peu décentes 
et méprisables » (2), 

Malgré la sévérité de ce langage, les Fréjusiens eurent le bon 
esprit de comprendre qu'ils avaient tout intérêt à vivre en paix 
avec leur évêque. Lorsque Emmanuel de Bausset rentra l'année 



(1) Fonds du docteur Pascal. 

(2) Arch. c'" de Fréjus. Délibération du 21 mars 1774. — Fonds du docteur Pascal. 



430 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 



suivante, il eut la satisfaction d'apprendre que désormais les 
consuls l'accompagneraient en chaperon à la cathédrale les 
jours d'offices pontificaux , que la ville même contribuerait à la 
construction du séminaire s'il se désistait du procès qu'il avait 
engagé devant le Parlement. Le prélat n'attendait que cette 
démarche pour terminer le différend. C'est ce qu'il écrit aux 
consuls dans une lettre du 20 mars 1774, datée de son palais 
épiscopal. Le lendemain, le conseil communal délibère à l'una- 
nimité « de concourir, autant qu'il sera possible, aux vues 
bienfaisantes de Ms^" l'évêque pour favoriser la construction du 
séminaire en celle ville » (1). Pour tardive qu'elle fut, l'entente 
était complète. Restait le choix de l'emplacement. L'évêque 
aurait voulu aménager le couvent des Observantins. Ce projet 
n'ayant pu aboutir, il accepta un terrain que la commune lui avait 
déjà offert en 1769 derrière les bâtiments du séminaire, à côlé 
de l'hôpital. C'est là que s'éleva le nouvel établissement avec ses 
vastes cours, ses salles spacieuses, ses trois étages d'où Ton 
découvre un immense horizon. Nous ignorons en qu'elle année 
fut posée la première pierre de l'édifice. Nous savons seulement 
que des quatre maîtres maçons chargés^de la construction, un 
seul était encore en vie en 1778. La façade porte^ il est vrai, le 
millésime 1776; mais nous inclinons à croire que celle date indi- 
que, non la fin des travaux, mais leur commencement (2). 

La question de l'assainissement de Fréjus s'imposait à la 
sollicitude des pouvoirs publics. Les intérêts vitaux de la ville 



;i) Arcli. c'" de Frrjus, BB 28. 
(3j Fonds du docteur Pascal. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 431 

épiscopale étaient en jeu. Aussi Emmanuel de Bausset mit-il à 
poursuivre la réalisation de l'entreprise toute l'ardeur de son 
dévouement. A l'assemblée provinciale de Lambesc (1774), où se 
traita cette importante affaire, il plaida sa cause avec un plein 
succès. Les députés, après avoir reconnu la nécessité de l'assai- 
nissement, déléguèrent l'archevêque d'Aix pour étudier sur les 
lieux les moyens d'exécution. Deux projets étaient en présence : 
dévier les eaux du Reijran dans l'ancien port pour le combler avec 
le sable et les graviers charriés par le torrent, ou rétablir le port 
en le faisant communiquer, comme autrefois, par un chenal avec 
la mer. Ce dernier projet, comme tout ce qui était grandiose, sé- 
duisit l'esprit entreprenant d'Emmanuel de Bausset. Il fit partager 
son sentiment à l'archevêque d'Aix, quand celui-ci vintàFréjus. 
Mais l'assemblée provinciale, ne se contentant pas de cette pre- 
mière enquête, envoya sur les lieux deux ingénieurs, le baron de 
Gaux et le sieur de Laget. Les conclusions des deux commis- 
saires furent contradictoires : tandis que le premier se prononçait 
en faveur du dessèchement des marais, le second prônait les 
avantages du rétablissement du port. Après le départ du baron 
de Caux, l'ingénieur Laget, sans doute influencé par l'évêque, 
dressa, en compagnie d'un autre ingénieur, le sieur Sigaud, 
qu'il s'était adjoint, de nouveaux plans qui furent communiqués 
au bureau de l'assemblée. 

En se rendant à Lambesc, Emmanuel de Bausset s'était 
arrêté à Aix où il ordonnait (4 mai 1774) dans toutes les parois- 
ses de son diocèse une messe de Requiem pour Louis XV qui 
venait de mourir. A Fréjus, le service funèbre fut célébré en 
grande pompe aux frais de la ville. On dressa dans la cathédrale 



432 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

un catafalque entouré de quatre pleureuses en carton et de qua- 
tre statues représentant les vertus cardinales; le chœur et les 
piliers étaient couverts de tentures noires. Un jeune bénéficier 
du chapitre, M'"'' Joseph-Marie Coulomb, prononça l'oraison 
funèbre. De larges aumônes furent distribuées aux pauvres qui 
vinrent assister à la cérémonie (1). 

L'année suivante, l'évéque approuvait (13 mars 1775) la fon- 
dation d'une bourse au grand séminaire faite par le prévôt Jean 
Cavalier en faveur d'un ecclésiastique natif de Fréjus ou employé 
au service de la cathédrale; il déléguait son vicaire général. 
César de Montgrand, à une enquête pour l'établissement d'un 
deuxième vicaire à Vidauban (2). Enfin une ordonnance épisco- 
pale rappelait à leurs devoirs les bénéficiers de Barjols qui 
n'assistaient pas aux heures canoniales (3). 

Mais, après les fêtes de Pâques, le prélat, préoccupé de son 
projet, entreprend un nouveau voyage à Paris. C'est de cette 
ville qu'il ordonne (4 juillet 1775) un Te Deum pour le sacre et le 
couronnement de Louis XVI. Au mois de janvier 1776, se trou - 
vaut à Meung-sur-Loire auprès de son ami l'évéque d'Orléans, 
il répondit aux nouveaux consuls qui, en lui notifiant leur 
élection , recommandaient à sa sollicitude l'affaire du port : 
« Vous pouvez assurer vos concitoyens que je ne cesse de 

(i; La dépense s'éleva b plus de 1,000 livres dont 14) furent données aux pauvres. 
M" Coulomb reçut pour honoraires ['Histoire de France de Villy en 2."; volumes et les 
Observations sur l'Histoire de France. Ces deux ouvrages avaient coulé 178 livres. (Arch. 
c'" de Fréjus, CC. 235.) 

(2) Ce qui eut lieu en 1778. 

(31 Arch. dép"*. 1ns. eccl. 



DU XIII'^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 433 

m'occuper de leur procurer tout le bien qui pourra dépendre de 
moi, je me flatte que je trouverai dans eux et dans vous un 
concours que j'attends de votre sagesse, comme de vos senti- 
ments » (1). 

Toujours infatigable, Emmanuel de Bausset rentrait à Fréjus 
au mois de mars 1776 pour y faire les ordinations du Carême 
et célébrer les fêtes de Pâques. Il y passa trois mois à peine 
pendant lesquels il régla plusieurs affaires diocésaines. Signa- 
lons l'interdiction de la chapelle de Saint-Clair à Draguignan 
(25 mars); l'union du prieuré rural de Saint-Laurent de Bargême 
au prieuré paroissial de Brenon dont les revenus étaient insuffi- 
sants (5 avril); l'approbation de la fondation faite par le prévôt 
Cavalier d'un service de messes à sa campagne de Montourey 
près de Fréjus (10 avril). Le lendemain une ordonnance épisco- 
pale réglait la disposition des bancs dans la cathédrale. Quelques 
jours après (23 avril), une autre ordonnance autorisait l'œuvre 
des prières pour les agonisants établie à la cathédrale par le 
prévôt Cavalier (2). 

Entre temps Emmanuel de Bausset était nommé à la prési- 
dence de l'assemblée de Provence qui se tint à Aix au mois 
de juillet 1776 pour régler l'affouagement des communes. Dans 
cette circonstance l'évêque de Fréjus servit efficacement les inté- 
rêts de la ville épiscopale en faisant diminuer de deux feux son 
affouagement (3). Il n'en fallait pas davantage pour le réconcilier 



(l) Fonds du docteur Pascal. 

{2) Arch. dép'". Insin. ecclés. 

(3) L'affouagement était l'évaluation des biens roturiers par feu dans chaque commune. Le 



434 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

avec les Fréjusiens; aussi, dans sa séance du 18 juillet, le 
conseil communal s'empressa-t-il de voter des remerciements à 
l'évêque et décida à l'unanimité de placer son portrait à l'hôtel de 
ville à côté de celui de ses prédécesseurs (1). 

D'Aix, le prélat retourna à Paris où l'affaire du port rendait 
sa présence nécessaire. Le 22 août il envoyait au conseil muni- 
cipal de nouveaux mémoires et des instructions détaillées , ne 
pouvant se rendre à l'assemblée provinciale de Lambesc où la 
question qui l'intéressait si vivement devait encore se débattre. 
Il en exprima ses regrets aux maire et consuls dans sa lettre du 
29 novembre. « Mais, ajoutait-il, je ne perds pas pour cela de 
vue vos intérêts, j'ose même me flatter que l'administration de la 
province ne désire pas moins que moi votre bonheur et l'exécu- 
tion des plans qui lui seront présentés et dont elle reconnaîtra 
l'utilité. Vous trouverez aussi dans M. l'archevêque d'Aix l'ac- 
cueil que vous devez attendre de quelqu'un à qui aucun genre 
de bien n'est étranger » (2). Son frère, le marquis de Roquefort, 
avait déjà répondu aux consuls : « Vous rendrez toujours justice 
à votre prélat, votre seigneur, si vous êtes persuadé qu'il ne 



feu, qu'il ne faut pas confondre avec la famille ou ménage, était, en Provence, une valeur 
de convention, pour les fonds de terre, ayant varié de 00,000 k 55,000 livres. L'expression 
toute conventionnelle, adoptée dans la langue administrative de l'ancien régime, avait été 
entièrement détournée de son acceplioo grammaticale et figurée. La ville de Fréjus fut donc 
soulagée par l'intermédiaire de son évêque d'une part de contribution qui lui serait revenue 
sur une valeur foncière de 100,000 h 110,000 livres. (Note communiquée par M. Mireur, 
archiviste départemental.) 

Il) Arch. c'", BB. 29. 

(2) Ibid. id. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 435 

veut et ne s'occupe que du bien, de l'avantage de votre ville et 
de celui du diocèse que la Providence lui a confié » (1). 

Emmanuel de Bausset ne quitta Paris qu'un an après, proba- 
blement en décembre 1777; il dut passer à Fréjus les fêtes de 
Noël. Deux ordonnances épiscopales sont datées de cette ville 
en février de l'année suivante : l'une, du 18, réglant le cérémonial 
de l'aspersion de l'eau bénite le dimanche à la cathédrale; l'autre, 
du 23, accordant une pension de retraite de 200 livres au curé 
de Valderoure accablé par l'âge. Nous trouvons le prélat, au 
mois de septembre, auprès du marquis son frère, à Roquefort, 
où il signe le mandement prescrivant des prières pour la gros- 
sesse de la reine (2). 

L'heure approchait où ses actives démarches allaient obtenir 
lin commencement de succès. Le 21 novembre 1778, l'assemblée 
provinciale s'étant réunie de nouveau à Lambesc, le marquis de 
Méjanes, chargé de faire un dernier rapport sur la question de 
l'assainissement de Fréjus, donna des conclusions favorables 
aux idées de l'évêque et aux vœux des habitants. Ce rapport fut 
homologué par l'assemblée et le rétablissement de l'ancien port 
des Romains voté à l'unanimité. La dépense évaluée à 450,000 
livres fut répartie par tiers entre la province et les communes de 
la viguerie de Draguignan, le tiers restant devant être fourni 
par un subside que l'évêque de Fréjus et l'archevêque d'Aix se 
chargeaient d'obtenir du roi. 

En apprenant cette heureuse nouvelle, le conseil communal 



(1) (Arch. ilép'e'. Ins. ecclés 

(2) Arch c'" de Roquebrune, GG. 5>5. 



436 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

aussitôt assemblé vote des remerciements à l'évêque de Fréjus, à 
l'archevêque d'Aix et au marquis de Méjanes, « dont le rapport, 
dit la délibération, sera imprimé aux frais de la commune ». Le 
conseil décide en outre de faire une réception brillante à l'évêque 
à son retour, de donner son nom au canal qui reliera le port à 
la mer, enfin d'organiser des réjouissances publiques pour le 
jour, déjà annoncé, où l'archevêque et le marquis viendront à 
Fréjus (1). Restait à obtenir un vote favorable à l'assemblée de 
la viguerie de Draguignan qui devait se tenir le 15 décembre; 
mais malgré les démarches pressantes de l'évêque auprès des 
consuls de plusieurs communes et sa présence à la séance où la 
question fut décidée , l'assemblée , par un vote de 28 voix contre 
12, refusa de contribuer à la dépense. 

Cet échec ne découragea ni les Fréjusiens , ni l'évêque. 
Celui-ci fît généreusement don de 10,000 livres, tandis que la 
ville de son côté s'engageait pour une somme triple. Mais tous 
ces sacrifices devenaient inutiles, si on n'obtenait un subside du 
roi. Pour s'assurer le concours de la munificence royale, le 
prélat partait pour Paris après les fêtes de Pâques de 1780 (2). 
Il y resta jusqu'à la fin de l'année suivante, ne ménageant ni 
son temps, ni sa peine, multipliant ses démarches auprès des 
personnages les plus considérales. « Il voyait, dit une lettre 
de son grand vicaire, l'abbé de Montgrand, tantôt M. de Maurepas, 
tantôt M. de Sartène, tantôt M. Necker, courant toujours après 



(1) Arch. c'" de Fréjus, BB. 29. — Délibération du 29 novembre 1778. 
{S) Il ne rentra k Fréjus qu'au commencement de 1781 après avoir passé plusieurs mois 
auprès de l'évêque d'Orléans. 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 437 

son port » (1). Enfin, grâce à ses sollicitations, il parvint à obtenir 
une allocation de 150,000 livres. Ce résultat inespéré mit le 
comble à la reconnaissance des Fréjusiens. L'évêque les remer- 
ciait de leurs témoignages de gratitude par cette lettre adressée 
aux consuls (7 juillet) : « Je suis sensible aux expressions de la 
reconnaissance des habitants de Fréjus, dont vous êtes l'organe; 
le plaisir de jouir du bonheur que je désire leur procurer est la 
récompense la plus flatteuse de mes soins. Je vous prie de leur 
rendre le désir que j'ai d'assurer leur bonheur et de survivre à 
moi-même, en laissant la certitude qu'il s'accroitra de jour en 
jour » (2). 

Après ce succès et un nouveau vote favorable donné, le 5 
décembre 1779, par l'assemblée provinciale de Lambesc, on 
n'avait plus, semblait-il, qu'à commencer les travaux. Deux ans 
s'écoulèrent, et à la suite de nouvelles études un revirement 
complet s'opéra dans les esprits. Un des procureurs du pays, le 
comte de Castellane, reprenant le projet du baron de Gaux, 
venait de publier un mémoire pour déuiontrer l'économie qui 
résulterait du dessèchement du port et des étangs. L'assemblée 
provinciale et le conseil communal de Fréjus comprirent qu'ils 
faisaient fausse route. Emmanuel de Bausset lui-même se rendit 
à l'évidence. Autant il avait déployé d'énergie pour soutenir son 
projet, autant il mit de dévouement à faire aboutir celui dont il 
reconnaissait maintenant les avantages. Afin de favoriser l'en- 
treprise, il renonçait à tous ses droits sur l'étang de Fi7/epe?/ 



(1) Fonds personnel. Correspondance de l'abbé de Mon' grand. 
Ci) Fondf du docteur Pascal. 

28 



438 LES ÉVÉQUES DE FRÉJUS 

(1782), et cédait à Pierre-Jean-Marius Maunier, bourgeois de 
Fréjus, la seigneurie des Escas , et à Honoré Sieyès, autre 
notable, celle de la Baume, à la condition qu'ils combleraient les 
marais de ces deux quartiers (1). Malheureusement la banque- 
route nationale qui suivit la Révolution priva les habitants de 
Fréjus des subsides promis et les travaux furent arrêtés (2). 

Avant son départ pour Paris, Emmanuel de Bausset avait 
tenu un synode solennel (20 décembre 1778) dont il fit imprimer 
les actes. Quelques jours après, il publiait un nouveau caté- 
chisme diocésain (2 janvier 1779). Les ordonnances synodales 
touchent à presque tous les devoirs de la vie ecclésiastique et 
pastorale; elles sont suivies d'un grand nombre d'instructions 
et de formulaires, qui en firent un recueil précieux pour le clergé 
de l'époque (3). Le catéchisme débute par l'histoire abrégée de 
l'Ancien et du Nouveau Testament en demandes et réponses; la 
partie doctrinale est admirable de précision et de clarté (4). 



(1) Gaston, notaire à Fréjus. 

(2) Plusieurs fois, notamment en 1804 et en 1852, le rélablisseoient de l'ancien port apparut 
aux Fréjusiens comme la solution la plus avantageuse pour l'avenir de leur ville. Mais les 
dépenses considérables que devait nécessiter cette colossale entreprise la firent toujours 
avorter. L'initiative privée a peu à peu accompli l'œuvre abandonnée par les pouvoirs 
publics. Une plaine fertile a remplacé les marais malsains et l'air est aujourd'hui aussi pur 
•I Fréjus que dans la station hivernale la plus renommée. 

(3) Ordonnances synodales du diocèse de Fréjus imprimées par ordre de Ui' Emmanuel- 
François de Bausset-Roquefort, évêque et seigneur de Fréjus. A Paris, Cl. Simon. 
MDCCLXIX. 

(4) Catéchisme du diocèse de Fréjus, etc. Draguignan, Jean Millon.— Voici un exemple 
entre mille de la méthode suivie daus ce catéchisme et qui pourrait être employée avec succès 
dans nos catéchismes actuels : D. Quest-ce que la sainte hostie avant la consécration ? 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 439 



Il fut moins bien inspiré lorsque, à son retour de Paris, il 
substitua le rit gallican à la liturgie romaine par la publication 
du missel et du bréviaire fréjusiens. Ce qui l'excuse c'est l'in- 
fluence des idées gallicanes qui mettait en garde même les âmes 
les plus sincères contre tout ce qui venait de Rome. Il était 
pourtant de bonne foi quand il tentait de légitimer cette innova- 
tion contraire aux saints canons : « Que personne ne se montre 
étonné de ce changement^ nous ne faisons qu'user d'un droit qui 
nous a été conféré par l'institution divine et que le concile de 
Trente reconnaît aux évêques en leur recommandant de corriger 
les missels et les bréviaires de leurs églises. Si jadis, dans des 
circonstances difficiles , la province d'Aix a adopté provisoire- 
ment (ad iempus) le bréviaire romain, aujourd'hui que les temps 
sont devenus meilleurs, nous avons cru devoir lui substituer un 
bréviaire particulier dans lequel nous remettons en pratique nos 
anciens rits et nous suivons l'ordre liturgique suivi autrefois par 
nos pères » (1). 

Autant d'erreurs presque que de mots. Nulle part, en effet, 
le concile de Trente ne reconnaît le droit que s'arrogèrent alors 



R. C'est du pain. — D. Qu'est-ce que la sainte liostie après la consécration? R. C'est le 
corps de N. S. J.-C. — D. Qu'y a-t-il dans le calice avant la consécration? R. Il y a du 
vin et un peu d'eau. — D. Qu'y a-t-il dans le calice après la consécration? R. Il n'y a plus 
ni vin ni eau, il y a le sang de N. S. J.-C, p. 140. 

(1) Missale Forojuliense lUuslrisnimi et Reverendissimi in Christo Palris D. D. 
Emmanuel Francisci de Bausset-Roqueforl Forojttliensis episcopi auclorilale necnon 
venerabilis ejusdem capituli consensu edilum. Parisiis. Ti/pis Cl. Simon lllustrissimi 
D. D. Archiepiscopi Parisienii.i typographi. Via Saii-Jacobi. M .DCC.LXXXII. Breviarium 
Forojuliense, id. id. mandatum f. 111. 



440 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

les évêques gallicans; et ce n'est point provisoirement, mais 
pour toujours, que la province d'Aix avait adopté le rit romain, 
pour se conformer aux prescriptions de la bulle Quo primum 
tempore du pape saint Pie V (29 juillet 1570). Ainsi , loin 
de rendre à l'église de Fréjus ses anciens rits, Emmanuel de 
Bausset, comme le fait remarquer M. Albanès, en « supprimant 
la liturgie romaine seule en usage dans le diocèse, la remplaça 
par un nouveau bréviaire et un nouveau missel qui ne diffèrent 
point des livres de la liturgie parisienne, si ce n'est par quelques 
rares corrections que son orthodoxie lui inspira » (1). 

Le mandement du missel débute par une instruction magis- 
trale sur l'excellence du saint sacrifice de la messe et expose 
ensuite l'esprit qui a présidé à la nouvelle publication. « Nous 
n'avons rien voulu changer dans le canon de la messe, dit l'évê- 
que, car nous avons pensé qu'il fallait garder intact l'usage de 
Rome sur. ce point, sauf au Mémento des vivants et à l'oraison 
qui suit la fraction de l'hostie où nous avons voulu insérer pour 
plus de clarté les paroles qui se trouvent dans les anciens 
sacramentaires et les vieux manuscrits des églises de cette 
province ». 

Tels furent désormais les livres liturgiques qui réglèrent le 
culte public dans le diocèse de Fréjus jusqu'au rétablissement 
du rit romain en 1851. Tout en sacrifiant aux idées du temps, 
les auteurs de la nouvelle liturgie ont eu au moins le mérite de 
dégager la figure du patron du diocèse des ombres qui l'entou- 
raient. Ils ont identifié les deux saints Léonce en un seul en qui 

(l) liallia nov. I, col. 417. 



DU Xni^ A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 441 

ils ont reconnu, non un martyr, mais un confesseur. Les absen- 
ces très fréquentes du prélat ne lui permettant pas de s'occuper 
personnellement d'une œuvre aussi considérable, il en avait 
confié le soin à une commission d'ecclésiastiques au sein de 
laquelle devait certainement tenir une des premières places 
M'® Jean-Baptiste Denans, supérieur du grand séminaire. (1). 

Dix ans s'étaient écoulés depuis la dernière visite pastorale. 
Emmanuel de Bausset en fit, en 1781, une seconde, dont les 
procès-verbaux ont disparu (2). Nous savons seulement qu'il 
était, le 17 mars, à Carcès où il transférait le service paroissial 
dans la chapelle des Observantins (3); le 12 novembre, à 
Figanières, où il signait la lettre pastorale prescrivant un Te 
Deum d'actions de grâces pour la naissance du Dauphin. Un 
nouveau Te Deum est ordonné, un mois après, à l'occasion des 
victoires remportées par les armées du roi (4). 

A la suite d'une mission prêchée à Aups par le fameux P. 
Donadieu, le prélat érigeait canoniquement, le 3 décembre 1782, 
l'archiconfrérie du Sacré-Cœur dans la chapelle des Ursulines de 
cette ville. Vers cette époque, le culte de saint François-de-Paule 



(1 ) Cet érainent ecclésiastique à qui il faut, croyons-nous, attribuer la rédaction des statuts 
synodaux de 1778 et du catéchisme diocésain, était aussi prévôt de Barjols. 11 a composé 
un traité de l'Eglise dans l'esprit gallican, dont le manuscrit est à la bibliothèque du grand 
séminaire. Son portrait est, avec celui des évèqiies, dans la salle des exercices de cet éta- 
blissement. 

(2) Dans une lettre du 4 mars 1781 au sieur Martin, de Bagnols, le prélat disait : « A la 
veille de commencer ma visite ». (Fonds personnel.) 

(3) Arch. ci« de Carcès, I5B. 19. 

(4) Arch. c'M de Roquebrune, GG. 25. 



442 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

prit à Fréjus un nouvel élan. M'"^ Jules-Léonce Cavalier venait 
de donner à la cathédrale un buste du saint en argent dans 
lequel il fit enchâsser une de ses reliques qu'il avait apportée de 
Rome, La bénédiction de la statue eut lieu, le mardi de Pâques 
1783, en grande solennité, avec le concours d'une milice de cin- 
quante hommes que le conseil municipal avait autorisé à prendre 
les armes pour relever l'éclat de la cérémonie. Emmanuel de 
Bausset fixa au troisième dimanche après Pâques la fête du 
patron de la cité, à l'occasion de laquelle le conseil organisa, 
l'année suivante, une grande bravade. L'évéque fut si satisfait 
de la bonne tenue et du dévouement des miliciens qu'en récom- 
pense il gratifia l'un d'eux de 300 livres pour mettre son fils en 
apprentissage (1). 

Cette même année il construisit un bâtiment pour le secréta- 
riat et les archives de l'évêché dont il avait fait dresser l'in- 
ventaire par Antoine d'Estienne d'Aix. Les 7,000 livres qu'il 
emprunta à cette occasion ne furent jamais remboursées, et, en 
1789, on dut les inscrire au nombre des dettes de la nation (2). 

Emmanuel de Bausset semble avoir eu le pressentiment des 
événements politiques qui devaient abolir les privilèges de la 
noblesse et du clergé. Loin de défendre sa seigneurie temporelle, 
il ne songeait qu'à l'aliéner pour battre monnaie et faire face 
aux nombreuses charges qu'il avait assumées. La vente des 
seigneuries des Esclans et de la Baume, dont nous avons déjà 
parlé, clôt une série de démembrements commencés dès le 



(1) Arch. c'Mde Fréjus, BB. 31. 

(2) Arch. dép'". Insin. eccl. Inventaire de l'évêché. Notaires de Fréjus, passim. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 443 

début de son épiscopat. C'est ainsi que le 11 février 1767, il 
cédait à Honoré de Camelin le château du Caslellas à Agay avec 
ses droits seigneuriaux, moyennant la somme de 2,400 livres, 
le cens annuel de deux charges de blé et l'obligation d'offrir une 
croix pectorale d'or, ou, à défaut, 240 livres aux nouveaux 
évéques, à leur arrivée (1). Deux ans après, la seigneurie du 
Puget serait devenue la propriété d'un bourgeois du lieu, si les 
habitants n'avaient protesté énergiquement. D'autres difficultés 
surgirent au sujet de l'exercice de la justice que l'évêque voulait 
faire rendre à Fréjus et non au Puget, comme le désiraient les 
habitants. Non contents d'agir auprès du prélat, qu'ils suppliè- 
rent de revenir sur sa décision , les Pugétains intéressèrent 
à leur cause l'archevêque d'Aix et finalement ils obtenaient 
satisfaction. On lit, en effet, sur le registre des délibérations 
communales, à la date du 7 avril 1774, ces mots tracés de la 
main d'Emmanuel de Bausset : « J'accorde à la communauté du 
Puget l'effet de leur demande » (2). 

Quelques années après, le 28 novembre 1778^ la seigneurie de 
Bagnols était inféodée à son ami Charles Martin , lieutenant au 
siège de l'amirauté de Saint-Tropez et neveu du vicaire général 
de Montgrand, moyennant la somme de 35,000 livres payable par 
annuités. D'abord acceptée sans difficulté, cette inféodation ren- 
contra bientôt une vive opposition de la part de la communauté 
qui, malgré le sentiment contraire des principaux habitants, 
réclama le rachat à son profit. Les intrigues d'un officier de 



(1) Gaston, notaire îi Fréjus. 

(2) Arch. c'" da Puget. Délibération communale. 



444 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

justice, serviteur déloyal, en opérant ce revirement dans les 
esprits^ avaient fomenté l'agitation et le trouble au sein de la 
population maintenant profondément divisée. Une lettre du vicaire 
général de Montgrand à Charles Martin, datée de Millemond le 
22 juin 1779, va nous mettre au courant de la question : « Vos 
papiers n'étaient point encore arrivés le 18, mon cher neveu, 
veille de mon départ de Paris pour la campagne. J'ai vu et revu 
M. de La Tour, que j'ai instruit des coquineries du sieur Gauvy. 
Il excite en effet quelques particuliers de Bagnols, pour que la 
communauté demande à se mettre en votre lieu et place dans 
l'achat de la terre 

« Suivant ce qu'on écrit de Fréjus, la communauté de Bagnols 
a dû vous faire assigner, pour que vous remettiez tous les actes 
passés entre M='' l'évêque de Fréjus et vous, pour la vente de la 
terre de Bagnols. Ms'' de Fréjus pense bien que vous n'aurez 
rien i-emis et que vous aurez répondu à l'exploit d'après ses 
meilleurs conseils. Nous retournerons la semaine prochaine à 
Paris. M^'" de Fréjus verra M. de La Tour^ à qui il a écrit au- 
jourd'hui; je le verrai aussi et vous devez être assuré de tout 
mon zèle et mon désir à vous voir tranquille et au milieu de 
votre aimable famille à Saint-Tropez ». 

Cette missive s'étant croisée avec une lettre de M. Charles 
Martin, M. de Montgrand lui mande en réponse que M. de La 
Tour a enfin reçu les papiers de Bagnols et les a immédiatement 
transmis au garde des sceaux avec l'avis le plus favorable. 
L'évêque de Fréjus est revenu tout aussitôt de la campagne 
pour accélérer l'affaire qui sera présentée au Conseil d'Etat le 
2 juillet; on dressera de suite des lettres patentes qui pourront 



DU Xlll® A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 445 

élre scellées le 6; l'arrêt du conseil renfermera toutes les 
clauses nécessaires. 

De son côté Emmanuel de Bausset n'est pas resté inactif. 
Pour assurer le succès de Charles Martin et déjouer les manœu- 
vres de la communauté de Bagnols, il ne se contente pas de 
solliciter l'appui de M. de La Tour; il veut encore intéresser à 
sa cause M. Amelot, garde des sceaux : «J'espère, Monsieur, 
lui écrit-il de Paris, le 22 juillet, que vous voudrez bien protéger 
la cause de M. Martin qui est la mienne; l'inféodation que j'ai 
faite en sa faveur avait été traitée et consommée avec des trans- 
ports de joie et de reconnaissance de la part des habitants de 
Bagnols; le sieur Cauvy qui était naguère mon lieutenant de 
juge à Fréjus et que j'ai révoqué pour des faits graves que je 
mettrai en temps et lieu sous vos yeux, a suscité toutes les 
délibérations folles et ridicules de la communauté de Bagnols, 
par un principe juste en apparence qui est le vœu du retrait de 
la part de la communauté, vœu qui est détruit par l'opposition 
des principaux habitants et par l'impossibilité de l'exécution , 
car il engage les habitants qu'il a séduits à des démarches qui 
entraîneraient leur ruine. 

« Vous verrez par le mémoire qui sera mis sous vos yeux par 
M. Martin en mon nom, qu'il me serait impossible de consentir 
à l'aliénation du fief en faveur de la commune de Bagnols, 
lorsqu'elle se présenterait au Conseil, pour obtenir des lettres 
patentes. Vous me permettrez de vous observer qu'il paraît 
étonnant que, sans consulter un seigneur, on nomme à une 
communauté un autorisant envoyé; il en résulte l'inconvénient 
qu'il était aisé de prévoir que ce subrogé se trouve être un 



446 LES ÉVÈQUES DE FHÉJUS 

brouillon ; je suis en droit de le renier et je demande sa révoca- 
tion. 

« J'espère que vous voudrez, autant par amour du bien de la 
justice que par amitié pour moi, concourir à rétablir Tordre que 
le sieur Cauvy a interverti par ses mauvais conseils et assurer 
par vos conclusions favorables la tranquillité de la communauté 
de Bagnols et le bien que je me suis proposé par mon inféoda- 
tion ». 

En même temps le prélat annonce à Charles Martin que 
l'affaire est en bonne voie : « Vous n'avez pas été plus impa- 
tienté que moi, mon cher ami, lui écrit-il, des délais inévitables 
pour l'expédition de vos lettres patentes. Au moment du sceau, 
on a observé que le droit de marc d'or n'avait pas été payé; il a 
fallu présenler la quittance du trésorier du marc d'or, nouveau 
délai; ce droit est fixé au quarantième du prix de la terre et de 
plus les huit sols pour le droit de quittance; le tout se monte à 
1^055 liv, 10 sols. Ce droit est inévitable et toutes démarches pour 
l'adoucir ont été inutiles; tout à l'heure plusieurs personnes de 
considération, qui ont fait des échanges avec le roi, l'ont payé à 
toute rigueur. M. Amelot m'a observé que la clause pour vous 
céder les droits du roi, s'il y a lieu, dans la terre de Bagnols, 
était inutile, attendu que le roi, en vous la transportant tout 
entière, reconnaît qu'il n'y possède rien. 

« La clause prohibitive, comme vous verrez, ne nomme pas 
directement la communauté; M. Amelot m'a encore observé qu'en 
nommant la communauté, on aurait rendu contre elle un juge- 
ment contre lequel elle aurait pu revenir, et elle aurait eu le droit 
de revenir; vous auriez eu par là un procès qu'il fallait vous 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 447 

éviter; si par hasard, ce que je ne puis croire, la communauté 
présentait requête au Conseil, on la débouterait par un simple 
arrêt. 

« Dans l'état vous voilà au Parlement, faisant cause commune 
avec les opposants à la prétendue délibération du 27 juin dernier^ 
qui ont lié leur instance au Parlement; il y a lieu de croire que, 
par le même arrêt qui enregistrera vos lettres patentes, on 
donnera acte aux opposants et on déboutera la communauté de 
sa prétention en rachat. 

« Le mémoire que je joins à ma lettre me paraît une instruc- 
tion suffisante pour obtenir ce jugement favorable, qui, étant 
contradictoire avec toutes les parties intéressées^ assure à 
jamais votre possession et beaucoup mieux que tous les arrêts 
du Conseil ne pourraient le faire. 

« M. de La Tour est prévenu et il ne souffrira jamais que l'on 
revienne contre ce qui a été fait entre vous et moi, et qui a été 
consenti par la communauté; ainsi tenons-nous-en à la voie 
judiciaire, qui nous présente un succès complet. Voilà, mon 
cher ami, mon avis qui est confirmé par le conseil que j'ai pris. 
Tout autre moyen ne servirait qu'à mettre des obstacles sans 
produire un meilleur effet. J'ai écrit à M. Maunier par le précé- 
dent courrier, pour que les opposants députent à Aix tout de 
suite, afin que, vous trouvant réunis, vous accélériez le juge- 
ment et l'enregistrement, qui ne peuvent manquer d'être tels 
que vous le désirez. . , ». 

Emmanuel de Bausset fut mal récompensé de son dévouement 
pour Charles Martin, à qui il avait fait obtenir par surcroit des 
lettres de noblesse : à la première échéance, les billets souscrits 



448 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

par le nouveau seigneur de Bagnols retournèrent impayés. Grand 
fut le désappointement du prélat qui se trouvait engagé dans la 
construction du grand séminaire et avait un remboursement im- 
portant à faire. Il s'en plaignit amèrement à son ami : « Vous 
affichez mon déshonneur à la face du diocèse, lui écrivait-il, lé 12 
février 1780, je ne devais pas m'attendre à cette cruelle extrémité 
et par vous ; votre cœur se refusera certainement à me procurer 
un malheur aussi sensible pour moi. J'attends avec la plus vive 
impatience que vous me sauviez de ce malheur qui ne doit pas 
m'arriver par vous, je vous écris plongé dans la plus vive amer- 
tume. Je n'ai pu la dissimuler à l'abbé de Montgrand qui est le 
dépositaire de nos engagements respectifs. Si vous me réduisez 
au malheur que vous me faites craindre, j'aurai au moins la satis- 
faction d'avoir contribuée la vôtre. Ce motif vous rendra sensible, 
à ce que j'espère, à ma peine et votre amitié préviendra celle où 
vous me plongerez ». Et quelques jours après (le 15 février) 
en réponse sans doute aux explicetions da Charles Martin : 
« Vous m'avez trouvé infiniment sensible dans ma dernière 
lettre. Je vous avoue que je suis vivement affecté jusqu'à ce que 
j'apprenne que les engagements que je devais acquitter le soient. 
Comment avez-vous pu oublier ce qui a été convenu dans mon 
cabinet à Fréjus? Ma confiance est plus absolue; je vous envoie 
les cinq billets de 2,000 francs avant que vous en ayez remis le 
montant à Chautard (1). Mais j'ai lieu de croire que la remise en 
est déjà faite, à moins que vous n'ayez résolu de me rendre 



(1) Antoine Chautard, curé de Bagnol?, à qui i'évêijue devait les 10,000 livres en question. 
11 devint curé de Saint-Raphaël au rélablisseraenl du culte et y mourut, démissionnaire, et 
chanoine honoraire de Fri-jus, en 18-23. 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE 449 

l'être le plus malheureux; je ne puis croire que cette situation 
affreuse me soit réservée et par vous ». 

Bientôt le ton du prélat se radoucit : « Si je ne vous avais pas 
regardé, mon cher Martin ^ comme mon ami_, lui écrit-il le 29 
février, je ne me serais pas livré, comme je l'ai fait dans ma 
dernière lettre, à vous exprimer ma situation; ce n'est qu'avec 
ses amis que l'on parle avec une franchise qui est quelquefois 
plus vive qu'elle ne devrait être. Je vous parlerais avec la même 
effusion de cœur de mes plaisirs que je vous ai exprimé mes 
peines ». Nouvelles protestations d'amitié le 4 mars : « Vous 
avez vu par ma dernière lettre, mon cher Martin, que mon amitié 
pour vous ne pouvait souffrir la plus légère altération, ainsi nous 
nous sommes affligés mutuellement, faute de nous entendre; au 
reste, vous avez vu ma confiance par mon dernier envoi, vous 
arrangerez comme vous voudrez les intérêts ». L'année suivante 
les rapports se tendent de nouveau : « Vous me boudez, mon 
cher voisin, dit le prélat dans une de ses lettres, il y a des siècles 
que vous ne m'avez écrit ». Quatre ans après, la rupture est 
complète. Emmanuel de Bausset qui vient d'acheter le domaine 
de Sainte-Rossoline, presse son débiteur, exige un règlement de 
comptes. Mais celui-ci fait toujours la sourde oreille. A la fin le 
prélat perd patience: « Je vous ai écrit. Monsieur, au mois de 
janvier dernier, lui mande-t-il, et ma lettre contenait des affaires 
importantes ; j'ai lieu d'être plus que surpris de ne recevoir 
aucune réponse de vous; j'avoue que c'est la première fois de ma 
vie que j'ai éprouvé un procédé de cette espèce et j'ai lieu de croire 
que cet oubli de votre part sera réparé ». C'était trop attendre de 
l'indélicatesse d'un parvenu. Avec son argent, l'évoque perdit 



450 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

son temps et sa peine. En 1789, sa créance^ considérée comme 
bien national, fut réclamée à Charles Martin par les administra- 
teurs du district de Fréjus (1). 

Poursuivant son dessein, Emmanuel de Bausset faisait, le 27 
juin 1782, l'abandon aux consuls de Fayence de celte seigneurie 
moyennant la somme de 58,000 livres (2). En autorisant 
l'aliénation, le roi exigea que le prix en fut employé au profit de 
la mense de l'évêché. L'année suivante (9 mai 1783)^ l'évèque 
acquérait, en remploi, le domaine et le couvent de Sainte- 
Rossoline que les Observantins venaient de quitter (3). Mais le 
vieux monastère n'offrait point une résidence digne de lui; il 
entreprit d'en faire une maison de plaisance. Toujours fastueux 
et prodigue, il ne recula pas devant un devis de 59,000 livres, 
alors que le prix d'achat en avait déjà absorbé 27,000. Aussi se 
vit-il dans la nécessité de contracter un emprunt (4). Un an 
après, les travaux étaient achevés. C'est en effet de « sa maison 
de Sainte-Rossoline » que le prélat signe, le 20 août 1783^ la 
nomination de M""® Noël Merle à la prévôté de Barjols (5). Il y 
vint demeurer du 13 octobre au 15 novembre 1784. 



(1) Cette correspondance et ces détails, entièrement inédits, ont été extraits d'un fonds 
trouvé à Bagnols et qui nous a été très obligeamment cédé par M. l'abbé Perrjmond, ancien 
curé de cette paroisse. 

(S) .4cte passé à Saint-Auban, au château seigneurial, en présence du grand vicaire César 
de Montgrand et d'Augustin Glaize, prieur de la paroisse. (Digne, notaire à Fayence, et 
Gaston, notaire à Fréjus.) 

(3) Gaston, notaire à Fréjus, et lettre d'Emmanuel de Bausset à Charles Martin dans 
laquelle il parle de cet achat. 

(4) 11 emprunta 8,000 livres à U" Joseph Garcin, curé de Saint-Tropez. 

(5) Le 20 décembre, se trouvant i Aix, il ordonnait un Te Deum à l'occasion de la conclu- 
sion de la paix. ,Arch. c>«> de Roquebrune, GG. 35.) 



DU XIII^ A LA FIN DU XVIIl® SIÈCLE 451 

Cette même année il fut délégué par la province ecclésiastique 
à l'assemblée générale du clergé de France qui eut lieu à Paris en 
1785. Pendant ce dernier séjour de deux ans dans la capitale (1) 
il transférait le service paroissial du Luc à' l'église du couvent 
des Carmes abandonnée par ces religieux (24 décembre 1785). 
Mais cette mesure n'ayant pas été acceptée par le conseil com- 
munal, l'ordonnance épiscopale resta lettre morte (2). L'année 
suivante Emmanuel de Bausset donnait son approbation à un 
nouveau règlement de ponctuation pour le chapitre de Dragui- 
gnan (9 décembre 1786) (3). 

Cependant la Révolution approchait. Au commencement de 
1789, les états généraux, d'où elle allait sortir, étaient convo- 
qués. Il n'est pas inutile de rappeler, pour se rendre compte des 
opérations qui vont suivre, que les lettres royales du 24 janvier 
et le règlement annexé^ instituèrent un nouveau mode d'élection 
en vertu duquel les assemblées préparatoires des trois ordres 
devaient se tenir dans chaque chef-lieu de bailliage ou de séné- 
chaussée, et l'assemblée générale au siège de la juridiction 
principale. A cet effet les bailliages et sénéchaussées (4) furent 
divisés en deux classes : la première députant directement, la 



(1) Nous avons compté six voyages de M«' de Bausset h Paris. En voici les dates extrêmes : 
1769-1771, 1772-1773, 1774-1776, 1776-1777, 1779-1780, 1785-1787. 

(3) En 1788 les protestations de la municipalité n'avaient pas encore cessé et l'ancienne 
paroisse ne fut abandonnée que quinze ans après le rétablissement du culte au siècle suivant. 
(Arch. c'" du Luc, BB. 27.) 

'3) Arch. dép'o». Ins. eccl. 

(4) On entendait par bailliages ou sénéchaussées tous les sièges auxquels la connaissance 

des cas royaux était attribuée. * 



452 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

seconde ne députant qu'indirectement et conjointement avec la 
première. Les bailliages principaux ou sénéchaussées princi- 
pales formèrent un arrondissement dans lequel furent compris 
et répartis les bailliages ou sénéchaussées secondaires (1). 

Le 28 mars, tandis que la noblesse et le tiers-état se réunis- 
saient de leur côté, eut lieu, à Draguignan, dans l'église des 
Dominicains (2), l'assemblée préparatoire du clergé de la séné- 
chaussée , dont l'évêque de Fréjus fut nommé président par 
acclamation (3). Deux jours après cette première séance, où fut 
votée la renonciation de tout privilège pour les biens ecclésiasti- 
ques en matière d'impôt, les membres du clergé procédèrent à 
la nomination des douze électeurs qui devaient choisir les dé- 
putés de leur ordre à l'assemblée générale. Le nom d'Emmanuel 
de Bausset est encore acclamé. Avec lui sont nommés : Honoré 
Reynaud, curé d'Ampus; Jean-Etienne Mitre, curédeComps; 
Alexandre Gardiol , curé de Callian ; Jean-Martin Cavalier, 
prévôt de la cathédrale; Honoré Régis, curé de Bargemon; César 
de Montgrand, vicaire général et prévôt de la colléagile d'Aups; 
Pierre-Dominique Gras, curé de la Roque- Esclapon ; Pierre 
Maurel, chapelain de Saint-Pierre de Flayosc; le R. P. Abram, 
supérieur des Dominicains de Draguignan; Jacques Revel , 
curé-sacristain de la collégiale de Lorgnes ; Joseph-Ferréol 
Lombard, chanoine de la collégiale de Draguignan. 

(1) Règlement fait par le roi pour l'exécution des lettres de convocation du ii janvier 
1789. 

(2) Devenue l'hùtel Berlin jusqu'en 1891. 

(3) Avant la séance, l'évêque alla dire la messe à la chapelle des religieuses de la Visitation 
et conféra les ordres mineurs à quatre ecclésiastiques. 'Arcli. dép'".) 



DU X1I1° A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 453 

Pendant ce temps les sénéchaussées de Grasse et do Castel- 
lane, qui composaient avec celle de Draguignan le même arron- 
dissement électoral, accomplissaient les mêmes opérations. 

Ces préliminaires achevés, l'assemblée générale des trois 
sénéchaussées se tint, le 7 avril, à Draguignan dans l'église 
des Doctrinaires (1). L'évêque de Fréjus y fui représenté par 
son vicaire général , l'abbé de Montgrand ; en son nom , le 
prévôt Cavalier lut une lettre pastorale dans laquelle le prélat 
faisait le plus pressant appel à l'union et à la concorde. Ses 
sages conseils ne furent pas écoutés, et la rupture entre le haut 
et le bas clergé ne put être évitée. Après la lecture de la lettre 
épiscopale, le prévôt Cavalier éleva contre l'élection à laquelle 
on allait procéder une protestation motivée qu'appuyèrent à leur 
tour le chanoine Lombard et M. de Montgrand. Mais les curés des 
trois sénéchaussées, considérant cette protestation « comme une 
insurrection contraire aux vœux du souverain et formant une 
vraie scission avec le corps national », firent la déclaration sui- 
vante : « La représentation des curés, ministres plus essentiels 
à la religion et au peuple que ne le sont les chapitres et les déci- 
mateurs, est le résultat de la justice et de l'équité; ils payent les 
impositions royales et locales, soit en leur qualité de bénéficiers, 
soit comme propriétaires. C'est donc outrager la loi et s'opposer 
aux intentions bienfaisantes du législateur, que de contrarier le 
cours ordinaire des opérations qui sont si chères à son cœur 
paternel et si précieuses à l'Etat ». Trois curés : Mougins- 
Roquefort pour Grasse, Laurensy pour Castellane, Reynaud 

(l) Aujourd'hui la chapelle du collège. 

29 



454 LES ÉVÈQLES DE FRÉJUS 



pour Draguignan, signèrent ce manifeste. Et comme ils avaient 
la majorité, les membres du bas clergé ne portèrent à la députa- 
lion que des ecclésiastiques pris dans leurs rangs. Ce furent : 
Mougins-Roquefort , premier curé de Grasse, et Alexandre 
Gardiol, curé de Callian. 

Les choses ne se passèrent pas autrement à Toulon, où 
s'étaient réunis, le G avril, les électeurs des trois sénéchaussées 
de Toulon, d'Hyères et de Brignoles. Montjallard , cure de 
Barjols, et Rigouard, curé de SoUiès-Farlède, furent nommés, 
eux aussi, députés aux états généraux. 

Les états de Provence, qui avaient tenu leur première session 
à Aix, le 25 janvier, et qui s'étaient ensuite séparés pour pro- 
céder aux élections, reprirent leurs travaux le 21 avril. En 
l'absence de l'archevêque d'Aix, président-né des états, l'évêque 
de Fréjus, le plus ancien des prélats présents, fut appelé à la 
présidence de l'assemblée. Le nouveau mode de votation établi 
par l'ordonnance royale du 27 décembre 1788 et le règlement du 
24 janvier suivant était contraire à la constitution provençale (1). 
Aussi ne faut-il pas s'étonner si des manifestations en sens 
contraire, de violentes protestations, se produisirent au sein de 
cette assemblée où les deux premiers ordres voyaient avec 
regret leurs privilèges supprimés, tandis que le Tiers s'enhar- 

(1) L'ordonnance da 27 décembre 1768 portait que le nombre des députés du tiers-élat 
serait égal à celui des deux autres ordres réunis. Le règlement du 24 janvier 1789 intro- 
duisait parmi les volants les nobles non pos&édants-licfs, qui n'avaient pas droit d'entrée 
aux états provinciaux, et appelait le corps tout entier du clergé à désigner les électeurs de 
son ordre chargés de nommer les députés qui jusque-là n'étaient choisis que parmi les 
dignitaires et les bénéûciers. 



DU Xlll"^ A LA FIN DU XVIIl® SIECLE too 

dissait de son importance grandissante. Cependant « quelques 
divergentes que fussent les opinions, dit un érudit historien (1), 
tous les membres de l'assemblée entourèrent Emmanuel de 
Bausset de leur déférence, lui exprimèrent leur condoléance 
au sujet de la mort d'un neveu qu'il perdit pendant la tenue des 
états (2), et leur reconnaissance d'avoir surmonté sa douleur 
pour venir s'occuper du bien public; bien plus, ils résolurent 
par acclamation de se rendre chez lui, à l'issue de la dernière 
séance, pour le remercier des services qu'il avait rendus au 
pays » (3). 

Les états généraux s'ouvrirent, le 5 mai, à Versailles. Les 
événements ne tardèrent pas à justifier les appréhensions des 
esprits clairvoyants qui, en dépit des illusions et des aspirations 
généreuses du plus grand nombre, avaient entrevu le boulever- 
sement politique et social qui devait transformer de fond en 
comble l'ancienne société française. On demandait des réformes, 
on eut une révolution. Il fallait supprimer des abus, on abolit 
un régime. 

Le 27 juin 1789, l'existence de V Assemblée nationale, telle que 
la réclamait le Tiers-Etat, avec le vote par tête et non par 
ordre, était reconnue par le roi. C'était assurer au Tiers un rôle 
prépondérant. Bientôt le clergé et la noblesse sont débordés, et 
le mouvement s'accentue. Successivement sont votées : la mise 



(1) L'abbé F. Laugicr. Le Schisme constitutionnel et la persécution du clergé .lans le 
Yar, p. 10. Draguignan, imprimerie C. et A. Latii, 1897. 

(2) Probablement le colonel de Bausset-Roquefort (Gabriel-Joan-Bapliste-Nicolas), fils de 
Joacliim, frère de l'évêque de Fréjns. 

(3) Procès-verbaux des états, 92, 133, 179. 



456 LES KVÈQUES DE FRÉJUS 

des biens du clergé à la disposition de la nation (2 novembre^, 
la suppression des ordres religieux et des vœux monastiques 
(13 février 1790), enfin la constitution civile du clergé (12 juillet) 
qui allait décbainer le schisme en France. Cette loi néfaste, ne 
laissant plus au pape qu'une autorité nominale, supprimait 
sans son assentiment les anciens évéchés et créait non moins 
arbitrairement de nouvelles circonscriptions diocésaines cal- 
quées sur la division de la France en départements (1). L'évêché 
constitutionnel du Var, compris dans les limites du territoire 
administratif, fut formé en entier des diocèses de Fréjus, de 
Toulon, de Grasse et de Vence, et en outre d'une partie des 
diocèses d'Aix, de Marseille, de Riez, de Glandevès, ainsi que 
de trois paroisses du diocèse de Sénez (2). 

Emmanuel de Bausset, qui se trouvait à Aix au mois d'aoiat 
1790, se rendant à l'invitation du directoire départemental (3), 
rentra bientôt dans son diocèse. Il arrivait au commencement 
de septembre à Flassans, chez le prieur M. Gassier, l'un de 
ses vicaires généraux, et il y faisait j le 18, une dernière ordina- 
tion (4). Le but du directoire en rappelant le prélat était d'obtenir 
qu'il prêtât serment à la constitution civile du clergé et jicceptàt 



(1) Le di'partcineiil fui lui-rat'iiie subdivisé eu districts. Le district coirespondail à ce qui 
fut plus lard l'arrondissement. I-e Var compta d'abord neuf districts : Tonlon , Grasse, 
Drajj'uib'nan, Brignoles, Hyères, Saint-Ma.ximin, Fréjus, Saint-Paui-du-Var, Barjols. Les 
cinq derniers furent bieutùt supprimés. 

(2; Cette formation est devenue, en 1893, la circonscription du nouveau diocèse de Fréjus. 

(3) Le directoire départemental exerça collectivement, jusqu'à l'an VIII, les fondions 
attribuées ensuite aux préfets. 

(4) Ari:h, dép'««. Secrétariat de l'évêché. 



DU XIII'= A LA FIN DU XVIIl^ SIÈCLE 457 

le tilre et les fonctions d'évêque du département du Var. Sommé 
de s'expliquer^ Emmanuel de Bausset répond au président, 
dans une lettre qu'il lui fait porter par M. Gassier, que « Dieu 
lui ayant confié l'église de B'réjus, il ne peut étendre sa 
juridiction hors des limites de son diocèse, sans une mission 
expresse du Souverain Pontife, donnée sur la démission des 
premiers pasteurs qui existent ». Rappelant ensuite le texte 
de l'évangile : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce 
qui est à Dieu, il ajoute : « Je ne veux pas m'écarte duj pre- 
mier devoir, mais je serais coupable aux yeux de Dieu et peu 
digne de votre estime^ si je n'étais inviolablement attaché au 
second » (1). 

Ce refus déjoua les calculs de l'administration départementale. 
Aussi rien ne fut épargné pour vaincre la résistance du prélat. 
Tour à tour, mais toujours vainement, la municipalité et le 
district de Fréjus, le curé de cette ville, Maurine, récemment 
nommé vicaire général, vinrent à la rescousse. Ce fut d'abord 
« la requête de la municipalité qui réclamait de l'évêque, pour 
sa cathédrale, une nouvelle organisation du service religieux 
nécessitée par la suppression du chapitre. Elle protestait en 
même temps de l'attachement que la population professait pour 
l'évéque et du désir qu'elle avait de le voir revenir. L'évêque 
répondit aux membres du district et de la municipalité par une 
lettre pastorale où, après avoir exposé les principes qui ne 
permettent pas à l'autorité civile de modifier les lois ecclésiasti- 
ques sur les évêchés, les chapitres, les cures et les fondations, 

(l) L'abbo F. Laugier. Le Scitisme eonslilulioimel, p. :^7-28. 



458 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

il ajoute : « Cependant il lui est revenu (à votre premier pasteur) 
sans qu'il puisse le révoquer en doute qu'on se préparait à 
gêner par de vives instances, par la violence même, la liberté 
du ministère sacré dont il ne doit compte qu'à Dieu. On a ajouté 
que le peuple mécontent ne respecterait pas sa personne. Cette 
perspective est affligeante pour un évêque, un père qui a toujours 
eu pour ses enfants les sentiments de la plus ardente charité. . . 
Mais quoiqu'il arrive, votre premier pasteur sera fidèle jusqu'à 
la mort à Dieu, à son Eglise et à tous ses devoirs » (1). 

L'intervention du président du district qui, le 22 octobre, 
écrivait une lettre officielle à Emmanuel du Bausset^ demeura 
également sans résultat. Au factum de l'abbé Maurine qui avait 
l'impertinence de lui faire la leçon sur la soumission à la loi , 
« affirmant que l'autorité civile peut d'elle-même procéder à la 
réduction du nombre des ministres » de l'Eglise;.... « que la 
mission des évêques n'est pas circonscrite par elle-même et 
peut être étendue à toute la terre », le prélat répondait par un 
exposé doctrinal où il établissait la différence qui existe entre le 
pouvoir d'ordre et le pouvoir de juridiction. Il terminait ainsi : 

« Pour moi, invariablement attaché à mon devoir, fidèle à la 
mission qui m'a été confiée, je veillerai sur mon troupeau, je lui 
distribuerai le pain de la parole, je m'efforcerai de le ramener 
aux principes de la véritable doctrine qu'on attaque avec un 
acharnement aussi impie que scandaleux. Malheur à moi si 
j'entreprenais de faire des fonctions épiscopales, d'exercer le 
moindre acte d'autorité dans un diocèse où l'Eglise ne m'a pas 

(1) L'abbé F. Laugier. Le Schisme coiiftitutionnel, p. S9-30. 



DU XI 11^ A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 459 

envoyé, où elle me défend, sous les peines les plus sévères, 
d'exercer les fonctions d'évêque... Je vous ordonne de lire celte 
lettre à votre confrère (1) et à tous les prêtres approuvés de mon 
église et de la répandre dans mon diocèse autant qu'il sera 
possible... C'est principalement les prêtres que je dois instruire; 
je me persuade qu'on travaille à leur faire illusion et malheur à 
moi si je négligeais de les détromper » (2). 

L'évêque ne s'en tint pas là. Prévoyant la défection de Maurine, 
qui préparait son évolution vers le nouvel ordre de choses, il 
prit la précaution d'envoyer à tous les curés un exemplaire 
imprimé de cet exposé de principes. Un dernier assaut fut tenté 
par le district de Fréjus. « Au nom de cette religion que Msi" de 
Bausset leur avait prêchée par ses exemples plus encore que par 
ses paroles, les administrateurs le conjurent d'obtempérer aux 
vœux de ses diocésains « et rendent sa conscience responsable 
de tous les troubles qui pourront agiter l'Eglise » (3). Le por- 
teur de cette sommation ne trouva plus à Flassans l'évêqiie de 
Fréjus. Emmanuel de Bausset s'était réfugié à Nice, après avoir 
passé à Sainte-Rossoline la dernière nuit qui précéda sa fuite. 
Le 29 octobre, le prieur Gassier informe le directoire dépar- 
temental du départ de l'évêque qui, dit-il, « n'a pas varié dans 
les sentiments qu'il vous a montrés dans sa lettre ». 

C'est de Nice qu'Emmanuel de Bausset envoya à tous les 
curés du diocèse une copie de sa lettre à Maurine « en les 



(1) L'abbé Horaud, scconil curé de Fréjus. 

(2) L'abbé V. Laugier. Le Schisme constitutionnel, p. 3I-:î2. 

(3) Ibid. iit., p. .3:1. 



460 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



exhortant à se défier des faux prophètes et à rester fermes dans 
la foi et dans l'unité ». C'est également de cette ville, qu'en 
réponse aux dernières instances du district, il adressa à ses 
diocésains une touchante lettre d'adieu. Après avoir rappelé les 
circonstances qui précédèrent la passion du Sauveur et établi un 
rapprochement avec celles où il se trouve lui-même : « Croyez- 
vous, mes chers enfants, dit le prélat, qu'aimant par goût et par 
caractère la vie tranquille, attaché par les liens les plus chers à 
tous mes diocésains, je m'expose à tout perdre, sans y être porté 
par des motifs d'un ordre surnaturel et par la loi impérieuse de 
mes devoirs? » Résumant ensuite la lettre qu'il avait écrite au 
curé Maurine, il ajoute : « Si , ce que je n'ose croire, lui ou tout 
autre voulait élever autel contre autel, je prendrais une autre 
voie pour vous distribuer le pain de la parole, pour vous renou- 
veler les sentiments paternels de l'ardente charité que je conser- 
verai toute ma vie pour mon troupeau. . . 

« Je vous écris cette lettre, mes chers enfants, devant mon 
crucifix; voilà mon guide, voilà mon conseil. Oserez-vous le 
méconnaître? Oserez-vous l'accuser? La France sera-t-elle pour 
les ministres de votre Dieu le théâtre d'une nouvelle pas- 
sion?. . . . 

« Que je vous plains, mes chers enfants, que je voudrais 
déchirer l-i voile qui vous aveugle! Vous me sollicitez au nom de 
la religion, au nom de la tendresse pastorale de ne faire aucune 
résistance I Vous ignorez donc que vous abusez du nom de cette 
sainte religion, puisque vous vous servez de l'empire qu'elle a 
sur mon cœur pour tenter de me décider à un crime! Vous 
voudriez donc que je fusse un Uburpaleur, un schismatique, un 



DU XIIl^ A LA FIN DU XVlll*^ SIÈCLE 461 

ennemi de TEglise de Dieu! Non, jamais je ne trahirai ni mon 
devoir ni ma conscience » (1). 

Le 22 novembre 1790, à la suite d'un rapport du comité des 
affaires ecclésiastiques, où il est constaté « que AI. Bausset, 
évéque de Fréjus, s'obstine à ne vouloir ni rentrer dans le 
royaume, ni accorder des dispenses, ni exercer ses fonctions 
hors des limites de son diocèse », l'assemblée administrative 
ordonne la mise sous séquestre de ses revenus, tant comme 
évêque de Fréjus, que comme abbé commendataire de Flaran 
(dans le Gers) (2). L'heure approchait où les impatiences de 
^'assemblée départementale allaient être satisfaites. Le 26 dé- 
cembre 1790, la constitution civile du clergé recevait sa sanction 
définitive par la promulgation du décret qui déclarait démission- 
naire tout ecclésiastique qui n'aurait pas prêté le serment dans 
la huitaine de la signification. Trois députés ecclésiastiques du 
Var, les abbés Mougins-Roquefort, Rigouard et Gardiol s'exé- 
cutèrent le lendemain à la tribune de l'assemblée nationale; 
l'abbé Montjallard, le jour suivant. 

Le courage et le dévouement d'Emmanuel de Bausset seront à 
la hauteur des terribles épreuves que l'Eglise de France aura à 
traverser. Il continuera à lutter avec une fermeté inébranlable 
pour la défense de la vraie religion, multiplier ses efforts pour 
préserver ses ouailles d'un schisme d'autant plus redoutable 

(1) L'abbé F. Laugier. I.e Schisme constitutionnel, p. 34-36. 

(2) L'argenterie, caclioe à Fréjus, dans un puits de l'hospice, put être soustraite aux mains 
des ravisseurs. A une date qui n'a pu être précisée, elle fut par hazard ramenée ii la surface 
accrocliée par le seau avec lequel on puisait de l'eau, et rendue à la famille qui la donna en 
grande partie au séniuiairu. [Le Schisme couslitnlionncl, p. 'ii.) 



462 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 

qu'il se dissimulait perfidemnient sous le couvert du patriotisme 
et d'un prétendu retour au christianisme primitif. Trop nom- 
breux, hélas! furent les membres du clergé qui, malgré les 
lettres pastorales et les sages avis du prélat, se soumirent à la 
loi sacrilège. L'ambition chez quelques-uns, pour la plupart 
l'ignorance ou la faiblesse se firent les complices de leur défec- 
tion. Parmi les renégats, Emmanuel de Bausset eut la douleur 
de compter les curés de Fréjus, Maurine et Héraud , l'abbé 
Audibert, supérieur de son séminaire et vicaire général. Par la 
suite, la grande majorité des transfuges, enfin désabusée, 
rétracta un serment donné par surprise et de bonne foi. 

Ses paternelles remontrances furent impuissantes à ramener 
les deux députés ecclésiastiques de son diocèse, Gardiol et Mon- 
jallard. Il ne fut pas plus heureux auprès de l'abbé Audibert (1) 
qui lui avait adressé un mémoire pour justifier sa conduite et 
l'engager à adhérer lui-même à la constitution civile du clergé. 
De sa correspondance avec l'ancien supérieur du séminaire nous 
ne citerons, d'après M. F. Laugier, que ces courts passages où 
sont refutées plusieurs des assertions de son contradicteur : 

« La municipalité de Draguignan a dénoncé votre acis per- 
sonnel à V Assemblée nationale. — Des laïques ne peuvent être 
juges de la doctrine des évoques... Au reste la crainte des juge- 
ments des hommes n'empêcha jamais les apôtres de prêcher 
Jésus et Jésus crucifié. Celte crainte et ces vexations injustes ne 
m'ébranlent pas... 



(1) Plus lard l'abbé Audibert, ijui est mort aumônier de l'hôpital do Draguignan, le 19 
avril 1800, lit pcnilciicc en couchant plusieurs années sur des sarmenls. 



DU XIII® A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 463 

« Tous vos prêtres ont prêté serment. — Je pleure sur leur 
aveuglement ou leur ignorance. Ou ces prêtres croient que les 
premiers pasteurs sont les uniques juges de la discipli'ie et de 
la foi, et alors leur serment contraire au jugement des évêques 
parlant le langage de J.-C. et de son Eglise est impie; ou ils ne 
reconnaissent plus les évêques comme dépositaires de la puis- 
sance de J.-C, comme juges de la discipline, de la foi et des 
mœurs, et alors leur serment est un acte de schisme... » (1). 

Les réponses du prélat aux abbés Gardiol et Audibert, im- 
primées et distribuées dans le diocèse, étaient accompagnées 
d'une lettre d'envoi qui se terminait ainsi : « On a beau le répéter 
pour faire illusion , je n'ai pas abandonné mon diocèse, je veille 
sur mon troupeau, je pourvois à tous ses besoins spirituels, je 
travaille le jour et la nuit pour instruire mon peuple et je voudrais 
de tout mon cœur pouvoir donner des secours temporels à ceux 
qui souffrent, mais je suis moi-même réduit à recevoir de mes 
amis une subsistance journalière; les hommes peuvent me per- 
sécuter, je ne trahirai jamais ni ma foi, ni ma conscience » (2). 

Aussitôt qu'il eut connaissance de la prochaine élection de 
l'évêque constitutionnel, Emmanuel de Bausset s'empressa d'tn- 
voyer une protestation en huit articles datée de Nice le 28 mars 
1791. Malgré son opposition, quatre cent quinze délégués des 
communes du département, convoqués par les procureurs syn- 
dics des districts sur l'ordre du procureur général syndic, se 



(1) Jugement de il-' l'évêque de Frejus sut quelques propositions ertraites d'une lettre 
de il. Audibert, jadis supérieur de son séminaire. 

(2) L'abbé F. Laugicr. Le Schisme constitutionnel, p. 50 cl suiv. 



464 LES ÉVÈQUES DE FRÉJUS 



réunirent, le 3 avril suivant, dans l'église Sainte-Marie à Toulon 
pour procéder à l'élection de l'évêque du Var. Au nombre de ces 
électeurs on ne comptait que quatorze ecclésiastiques (1). 

Après diverses formalités, un premier tour de scrutin, le 8 
avril, ne donna aucun résultat. Le lendemain, le plus grand 
nombre des suffrages s'étant répartis entre le P. Aycardi, reli- 
gieux dominicain et l'abbé Mougins-Roquefort, curé de Grasse, 
il fut décidé que le choix de l'assemblée devrait se fixer sur l'un 
des deux. Enfin, au troisième tour de scrutin, le P. Aycardi fut 
élu évéque du département du Var par deux cent cinquante-huit 
voix sur quatre cent onze votants. Mais on apprit bientôt que 
l'élu, alléguant le mauvais état de sa santé, répondait par 
un refus à la notification qui lui fut faite de sa nomination. Il 
fallut procéder à une nouvelle élection. Dans la séance du 12 
avril, le second tour de scrutin, éliminant les autres candi- 
dats, selon la procédure déjà suivie, fixa le ballottage entre 
MM. Mougins-Roquefort, curé de Grasse, etRigouard, curé 
de Solliès-Farlède. Au troisième tour, le lendemain, le choix de 
l'assemblée se porta sur l'abbé Rigouard par deux cent quatre 
voix sur trois cent quatre-vingt-cinq votants (2). 

(i; C'étaient MM. : Garnier, supérieur de l'Oratoire; Milet, ex-clianoiiie ; Roux (vicaire 
de Sl-Louis '?); Gardon, curé de St-Nazaire ; Josei)li Mauric, vicaire (Bcigenlier); UioulTe, du 
canton de Cannes; Varraclian, curé (du Ttioroncl); Joseph Jourdan, prêtre au Muy; Jean 
Vacliier, du canton de Salernes ; Jourdan, curé de Signes ; Houdier, de Roqaebiunc; Antoine 
Reinaud, vicaire à la Vcrdiére ; Peliegrin, curé du Val ; Jean, prêtre à Aups, tous asser- 
mentés. 

Nous devons ajouter que le f.imeux abbé Sioycs, à qui on l'avait offerte,, avait décliné toute 
candidature à répi.soopat. 

(2) Il y eut trente-quatre bulletins nuis. 



DU XIII° A I-A FIN DU XVIII'' SIECLE 405 

L'évêque du Var fut sacré, le 22 mai, à Paris, par Gobel, métro- 
politain de la Seine, assisté des évêques de l'Eure et de la Meuse. 
Le lendemain l'intrus publiait une lettre pastorale dans laquelle 
il se disait effrontément « évêque par l'ordination apostolique et 
en la communion du Saint-Siège ». Il fit son entrée solennelle à 
Fréjus, le samedi 25 juin, au milieu d'un cortège de fonction- 
naires et d'un nombreux clergé venu processionnel lement à sa 
rencontre. Les gardes nationales de Fréjus et de S'^-Raphaël, 
ainsi qu'un détachement de troupes de lignes venu de Dragui- 
gnan formaient la haie sur son passage. Sur le seuil de la 
cathédrale, le curé Maurine, devenu premier vicaire épiscopal, 
harangua Rigouard qui prêta le serment, apiès un discours de 
circonstance prononcé par le président du directoire départe- 
mental. La cérémonie se termina par le chant du Te Deum (1). 

Emmanuel de Bausset protesta contre le fait accompli. Une 
ordonnance épiscopale du mois d'octobre , dont il prescrivait 
l'affichage, signifiait sa condamnation « au sieur Rigouard, se 
disant évêque du département du Var, évêché inconnu dans 
l'Eglise ». Voici, d'après Fhistorien du Schisme constitutionnel, 
le résumé de celte ordonnance : 

1" L'évêque de Fréjus déclare expirés les délais accordés aux 



(1) Àrcli. dép'", L. 1084.-— Nous n'avons pas à relaler les faits et gestes de l'intrus. 
Disons seulement que le mécontentement succéda bientôt, à Fréjus, à l'enthousiasme des 
premiers jours. Ne se sentant plus en sûreté au milieu d'une population qui ne lui cachait 
pas ses sentiments hostiles, Rijouard alla, au commencement de l'année 1793, résider à 
Lorgnes où il fut suivi par une partie seulement de ses vicaires épiscopaux. Quand la Con- 
vention eut aboli tout culte public, l'ex-évêque constitutionnel du Var se relira a Solliès- 
Pont, où il mourut le 15 mai 1800. 



466 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

constitutionnels par le bref du Souverain Pontife en date du 
13 avril 1791. Ceux qui n'ont pas retracté leur serment sont 
suspendus de leurs fonctions; 

2" Il déclare Rigouard et tout prêtre institué et approuvé par 
lui notoirement schismatiques ; 

3° Il déclare tous les actes de juridiction faits par Rigouard 
nuls et semant au milieu des diocésains la malédiction et la 
mort; 

4° Il révoque tout pouvoir à terme accordé à ceux qui depuis 
ont prêté le serment et ne l'ont pas retracté; 

5° Il défend de communiquer avec les intrus sous les peines 
de droit; 

6° Il recommande de ne pas s'adresser aux curés canonique- 
ment institués, mais devenus schismatiques, le cas de nécessité 
excepté ; 

7° Il renouvelle les dispositions d'une précédente ordonnance 
du 26 mars, notamment l'interdit jeté sur l'église cathédrale; 

8" Il adhère aux peines comminatoires contenues dans le bref 
du 13 avril qui sera publié dès que le Souverain Pontife l'aura 
envoyé, déclarant « que son profond respect pour le Saint-Siège 
et sa soumission aux oracles qui en émanent seront dans tous 
les temps la règle de sa conduite et la mesure de son zèle pour 
le plus saint des devoirs » (1). 

Mais il ne suffit pas au zélé prélat de condamner le schisme, 
il veut encore réfuter les misérables arguties par lesquelles les 
novateurs essaient de justifier leur conduite. C'est à quoi il 

(1) L'abbé F. Laiigier. Le Schisme constitutionnel, •(>. 98-99. 



DU XIII* A LA FIN DU XVllI^ SIKCLE 467 

s'applique clans le mandement du 4 avril 1792, par lequel il 
publie le bref pontifical du 19 mars Novœ hœ liiterœ. Nous y 
relevons ce passage où l'erreur constitutionnelle est jugée avec 
autant d'éloquence que de justesse : « Les faux prophètes que 
Dieu repousse ne sont que des simulacres de pasteurs que l'impie 
présente aux faibles. L'irréligion a eu besoin d'eux avant de 
lever le masque, et l'abolition de tout culte où elle tend ne saurait 
être prévenue par des parjures et des apostats. Le crime se sert 
un moment des traîtres, et il les abandonne dès qu'il croit pou- 
voir se passer d'eux ». Suit le dispositif : 

1° Emmanuel de Bausset déclare adhérer par voie de juge- 
ment et de soumission à toutes les dispositions du bref du 19 
mars 1792 et ordonne de le publier dans le diocèse autant que 
les circonstances le permettent sans que les intrus puissent 
prétendre cause d'ignorance, ou en éluder l'effet par le défaut de 
quelques formalités civiles, qui sont indifférentes à la validité 
de tout jugement de doctrine; 

2° Il notifie le bref à Rigouard, invaseur (sic) de la chaire 
épiscopale, aux vicaires dits épiscopaux et à tous les intrus; 

3° Aux curés canoniquement institués et aux autres qui n'ont 
pas rétracté leur serment; 

4° Aux auteurs de la Constitution civile, s'il y en a dans le 
diocèse (1); 

5" Défense aux non-assermentés, ainsi qu'aux fidèles, d'avoir 
communication in divinis avec les schismatiques; 

6° D'entendre la messe des assermentés canoniquement insti- 

(1) Gardiol, curé de Callian.— Montjallard, curé de Barjols, s'était suicidé de désespoir. 



4(38 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

tués, qui n'ont pas rétracté leur serment, et de se confesser à 
eux; on pourra recourir à eux pour les baptêmes et les mariages, 
mais non à leurs vicaires; 

7° De célébrer la messe dans les églises usurpées par les 
intrus ou occupées par les assermentés; 

8° Il condamne les écrits dits pastoraux de Rigouard; 

9° Confirme l'interdit de la cathédrale; 

10° Révoque tous les pouvoirs délégués dont jouissaient les 
assermentés , 

11" Les mêmes pouvoirs sont retirés à tous ceux qui adminis- 
treront les sacrements dans les églises désignées en l'article 7; 

12° Les prêtres assermentés et repentants doivent s'abstenir 
de célébrer et d'administrer les sacrements jusqu'à ce qu'ils 
aient été relevés de la suspense et de l'irrégularité. Défense de 
s'adresser à eux pour les sacrements, hors le sacrement de 
pénitence en danger de mort (1). 

La guerre ouverte avait succédé à la persécution hypocrite. 
Fidèle à sa promesse, Emmanuel de Bausset continuait « à 
veiller sur son troupeau, à lui distribuer le pain de la parole ». 
Mais il ne pouvait, de la terre d'exil , pourvoir efficacement à 
tous les besoins spirituels des fidèles. Afin d'y satisfaire, autant 
que les circonstances le permettaient, il institua des délégués 
épiscopaux, munis de ses pleins pouvoirs, qui représentèrent 
dans le diocèse l'autorité du pasteur légitime : c'étaient les vicai- 
res généraux Turles et Gaston (2) avec leurs dignes auxiliaires, 



(1) L'abbé F. Laugier. Le Schisme constitutionnel, p. 100-101, 

(2) M. Turles (Pierre-Louis), né ii Lorgues en 1753, était, en 1791, bénéflcier de la cathédrale 



DU XIII« A LA FIN DU XVIII® SIÈCLE 469 



les abbés de Mazenod et Reimonet qui furent, au même litre, à la 
peine et au danger (1). Plus tard le diocèse fut diviaé en missions 
qui eurent pour centres Fréjus, Draguignan, Fayence, Saint- 
Tropez. Autour des vicaires généraux ou chefs de missions, 
rivalisant avec eux de dévouement et de zèle , se groupèrent les 
prêtres non assermentés ou relevés de leurs censures, qui 
n'avaient pas émigré. Et tous, sous des déguisements divers, 
ils parcouraient les paroisses, visitant les familles chrétiennes, 
allant à la dérobée administrer les sacrements ou célébrer les 
saints mystères. L'héroïsme de ces ouvriers évangéliques, qui 
exercèrent leur apostolat au péril de leur vie, réconforte et 
console des lamentables défaillances que nous avons eu la dou- 
leur de constater. 

L'entrée des troupes françaises à Nice, le 28 septembre 1792, 
avait obligé l'évêque de Fréjus à quitter en toute hâte cette ville 
hospitalière. Parti à pied avec un domestique, il passa le col de 
Tende et, après des fatigues et des privations sans nombre. 



de Fréjus et professeur de philosophie au grand séminaire. Il refusa le serment etn'émigra 
pas. Investi des pouvoirs de vicaire général, il vint flxer sa résidence à Vidauban, et de 
là, rayonnait dans le diocfcse. Après le concordat, il fut nommé curé de Salon (Bouches-tlu- 
RhOne) où il mourut le 16 avril 1823. 

M. Gaston (Joseph-Emmanuel), était curé de Sillans. Après avoir prêté le serment avec 
restriction, il alla le rétracter à Nice entre les mains d'Emmanuel de Bausset, rentra dans 
le diocèse avec des lettres de vicaire général et exerça son ministère dans le golfe de Grimaud. 
Au rétablissement du culte, il devint vicaire, puis curé à Saint-Tropez où il mourut en 1808. 

(1} La plupart des vicaires généraux d'un diocèse, l'étaient aussi pour les diocèses voisins. 
Le futur évêque de Marseille avait reçu les pouvoirs de grand vicaire de la part des évêques 
de Glandevès, de Toulon, de Sénez, de Fréjus et d'Aix. 

M. Reimonet était délégué des évêques de Marseille, Aix, Toulon et Fréjus. Né au 
Beausset, en 17G5, il refusa le serment, émigra et rentra à Marseille en 1793. 

Ces détails biographiques sont tirés de l'ouvrage de M, le chanoine Laugier. 

30 



470 LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS 

arriva, le 7 octobre, à Turin ; il y resta deux ans. Le 2 mai 
1794 il se dirigea sur Ferrare où il fut reçu avec de grandes 
marques de vénération et de joie par le cardinal-évêque de cette 
ville. Trois ans après, le noble exilé fuyant de nouveau devant 
les troupes françaises victorieuses, arrivait à Venise où il écrivit 
son testament, le 18 mars 1797. Finalement il alla se retirer à 
Fiume en Croatie. C'est là qu'il mourut, le 10 février 1802, après 
avoir un des premiers, lors de la conclusion du Concordat, envoyé 
au Souverain Pontife sa démission d'évêque de Fréjus. Il fut 
enseveli huit jours après, avec les honneurs dus à sa dignité, 
dans l'église San-Vito, devant l'autel de saint François-Xavier 
où ses restes reposent encore aujourd'hui. 

Les dernières années de sa vie furent sanctifiées par les austé- 
rités de la pénitence et les exercices de la plus fervente piété. Son 
cilice et sa discipline conservés au grand séminaire témoignent 
des actes de mortification qu'il s'était volontairement imposés. 
Jamais on n'entendit une parole d'amertume ou de regret sortir 
de sa bouche. Loin de se plaindre il supporta ses épreuves avec 
une admirable résignation : « Je préfère, disait-il à son entourage, 
cent fois et mille fois coucher ici dans un galetas et aller au ciel 
en souffrant que d'avoir dans mon évêché un lit somptueux et 
trente ou quarante mille livres de rente, en oubliant le ciel et 
risquant mon salut ». Le vaillant confesseur de la foi était digne 
de clore la succession des pontifes inaugurée par saint Léonce. 



ADDENDA 471 



ADDENDA 



RosTAN d'Ancésune (page 130). — Il signe encore, le 19 février 
1495, comme évêque de Fréjus, une quittance des droits du 
bailliage de cette ville. 

Nicolas de Fiesque, qui lui succède, fait payer, le 26 sep- 
tembre suivant, par son vicaire général, Jean-Baptiste de Nigris, 
100 ducats d'or qu'il devait à Jean, son procureur à Agde (I). 

LÉON DES Ursins (p. 154). — Le personnage de l'armég 
impériale frappé à mort devant la tour du Muy, était le poète 
espagnol Garcias Lasso ou Garcilasso de Véga, ami intime de 
saint François de Borgia qui faisait aussi partie de l'expédition 
de Provence parmi les pages de Tempereur. Les médecins et 
chirurgiens ayant pansé le blessé, François l'accompagna à Nice 
où il le prépara à bien mourir (2). 

P. 155. — En 1532 , le pape Clément VII , se rendant à 
Marseille, s'était arrêté à Fréjus où les consuls de Draguignan 
vinrent lui rendre leurs hommages (3). Il fit aussi escale à 
Saint-Tropez (4). 



(1) Fanguatoris, notaire à Fn'jus. 

{2i Semaine religieuse de Fréjus du 9 octobre 1897. Communication de M. le clianoiiie 
F. Laugier. 
(.1) Arch. c'" de Draguignan, BB. 11. 
(4) Fonds personnel. Histoire manuscrite de Saint-Tropez. 



472 ADDENDA 

François de Bouliers (p. 192). — Il fit une ordination à la 
cathédrale le 4 septembre 1580. 

P. 200. — A sa mort, le baron de Montaud, gouverneur de 
Fréjus, aurait profité des troubles qui agitaient la ville et le 
diocèse pour faire nommer par les chefs de la Ligue son propre 
fils à l'évèché. En effet, le 12 mars 1592, les consuls de Fayence 
représentent au conseil « que M. de Monlault a mandé.... que si 
la commune veult payer la dixme à M. son fils, éoesque de 
Fréjus, la dite commune ne recepvra de lui que tout plaisir ». 
Mais cette nomination n'eut pas de suite, soit parce que le fils 
du gouverneur mourut dans l'intervalle de temps qui s'écoula 
entre la mort de François de Bouliers et la nomination de Gérard 
Bellanger, soit parce que le triomphe d'Henri IV changea la face 
des choses (1). 

ZoNGo Ondedei (p. 267). — Il refusa l'évèché d'Evreux qu'on 
lui offrit après la mort de Mazarin (1661). 

On sait que les évêques de Fréjus étaient seigneurs et prieurs 
de Fayence, où ils possédaient un château qu'Ondedei fit relever 
de ses ruines. Le 8 février 1662, le conseil communal délibère 
de payer la dépense de l'évêque pendant son séjour, « n'ayant 
moyen d'avoir de chasse pour lui offrir ». Le gibier devenait 
rare, parait-il (2). 

Deux mois plus tard (9 avril), les affaires de la communauté 
étant dans le plus grand désordre, Ondedei est prié d'assister 

0) Arch. c'«« de Fayence. Registre des délibérations, 1590-1594, p. 139 v». 
(2) Ibid. id. BB, 15, f« 252. 



ADDENDA 



473 



à une séance du conseil, afin qu'en sa présence et sous son 
autorité, il soit pris telle délibération que commandent les cir- 
constances. Après avoir fait quelque difficulté parce que, en 
l'état de la division qui règne, « il considère que rien ne peut 
réunir les esprits », le prélat cède enfin aux instances des mem- 
bres du conseil. « Il proteste n'avoir en cette rencontre qu'une 
volonté de père sans partialité quelconque et les convie à quiter... 
tout esprit de pation et intérest particulier » pour n'avoir en vue, 
comme lui, que la gloire de Dieu, l'intérêt public, l'union et la 
tranquillité générale. Afin d'obtenir ce résultat si désirable, il 
les invite à implorer l'assistance du Saint-Esprit. Aussitôt il se 
met à genoux et tout le conseil avec lui. Après quoi , on prend, 
sur la proposition de l'évêque, les mesures qui doivent remédier 
aux abus signalés (1). 

L'année suivante (9 avril 1663), nouvelle députation auprès de 
l'évêque à Fayence. On vient le solliciter « de désigner un exac- 
teur de la taille et de fixer ses gages », afin d'éviter les rabais 
exagérés que certains particuliers prétendent faire aux enchères 
de la ferme, ce qui serait très préjudiciable « aux affaires com- 
munales ». Ondedei remercie la communauté de sa confiance^ 
mais « comme, allègue-t-il , ce n'est pas l'office d'un évesque de 
se mesler des affaires poUitiques et de commune », il la laisse 
libre d'agir ainsi qu'elle avisera, estimant néanmoins qu'il est 
préférable de donner 2 ou 300 livres de plus à une personne 
capable offrant des garanties sérieuses que de se laisser séduire 
par une économie souvent illusoire (^.). 



(l) Arcli. ci«s de Fayence, BB. 15, f» 253. 
(3) Ibid. id. BB. 16, f» 69. 



474 ADDENDA 



Malgré sa réserve habituelle, il ne laissa pas d'intervenir 
dans divers procès qu'il fit transiger à l'avantage de la commune 
(1765) (1). 

Luc d'Aquin (p. 309), — En février 1684, les habitants de 
Fayence députèrent auprès de Lnc d'Aquin pour lui « présenter 
les respects de la communauté » et sans doute aussi ses doléan- 
ces. Les envoyés retournèrent fort satisfaits des bontés du prélat 
« qui ne prétendoit pas que le lieu souffrit en aucune chose qui 
regardoit son obligation » et leur marqua son désir de pourvoir 
à tous les besoins de leur église (2), Ces dispositions bienveil- 
lantes s'affirmèrent encore quelques années plus tard^ lorsque 
une nouvelle députation vint faire connaître à l'évêque que la 
communauté ne se croyait pas obligée « de passer recognois- 
sance ». Malgré cette prétention qui mettait en contestation les 
droits de la seigneurie temporelle, le rapport des députés constate 
que Luc d'Aquin « en a agy avec l'accueil et réception de dosseur 
et d'onèteté possible », protestant de son intention de ne préju- 
dicier aucunement aux droits de la communauté et de ne pas 
plaider à moins d'y être contraint (3). 

Malheureusement l'opposition d'intérêts entre seigneur et 
vassaux, peut-être aussi les exigences d'un prélat, qui ne se 
distinguait pas par la générosité, donnèrent lieu à des différends, 
dont quelques-uns vinrent à la barre du Parlement de Provence. 

A deux reprises (24 juin 1684 et 29 juin 1691), le prélat fut 

(1) Arch. c'e» do Fayence, Bli. 16, f« 189-190. 

(2) Ibid. iil. BB. 19, f» :210. 

(3) Ibid. id. BB. 20, f"» 442 et 44S. 



ADDENDA 475 



prié, en sa qualité de seigneur haut justicier, « d'établir une 
prison et un prétoire et de faire exercer la justice, attendu qu'un 
grand nombre de crimes demeurent impunis » (1). 

II y eut procès au sujet de la dîme du vin (2) que les habitants 
prétendaient ne devoir qu'un cinquantième (3); procès au sujet 
de l'agrandissement de l'église (4), de la nomination d'un cin- 
quième prêtre, de la fourniture d'ornements du culte et l'exécu- 
tion de diverses réparations (5). Finalement la communauté 
députe à l'évèque pour qu'il veuille bien régler amiablement 
toutes ces contestations (18 mars 1691) (6), 

Louis d'Aquin (p. 314). — Il fit aussi affermer par son procu- 
reur les revenus de l'évêché pour la somme de 30,000 livres (7). 

Hercule de Fleury. — Dans les premières années du dix- 
huitième siècle, la fabrication de la fausse monnaie se faisait, 
en Provence, sur une vaste échelle et presque ostensiblement. 
Des gentilshommes mêmes, et des plus considérables, s'y 
livraient sans vergogne. Justement ému d'un état de choses si 
préjudiciable à la fortune publique, le roi envoya M. de Saint- 



(1; Arcli. c'" de Fayence, BB. 19, f» 230 et BB. 21, f» 77. 
(a) Ibid. id. BB. 20, 624. 

(3) Ibid. id. f» 372. 

(4) Une délibération du conseil communal ^5 février 171)0] ordonne de faire agrandir l'église 
devenue trop petite pour la population qui a augmenté, en sorte que « lors des bonnes fosles », 
un grand nombre de personnes sont obligées de rester dehors. (BB. 20.) 

(.5) Arch. ci«« de Fayence, BB. 21, i» 16. 

(6) Ibid. id. BB. 21. Cf. f» 16, f»" 25 et 26. 

(7) Mauriue, notaire I) Fréjus. 



476 ADDENDA 

Maurice, commissaire général de la cour des monnaies, en 
mission extraordinaire à l'effet de rechercher et punir les faux- 
monnayeurs (1). L'envoyé royal eut pour assesseurs d'abord 
deux, puis quatre conseillers à la cour des monnaies de Lyon (2), 
Sans vouloir contester la compétence des juges ordinaires, qui 
devaient continuer à connaître de ce crime avec les officiers des 
monnaies, S. M. crut néanmoins que, en raison de la gravité 
exceptionnelle de la situation, « il était important de rassembler 
toutes les procédures dans un seul tribunal pour éviter les 
conflits » et assurer une prompte et sûre justice (3). 

Cette question de compétence faillit précisément amener un 
conflit entre le pouvoir royal et l'évêque de Fréjus. Le vicaire de 
Chàteauvieux ayant été arrêté et emprisonné aux îles Sainte- 
Marguerite sous l'accusation de faux monnayage, Fleury émit 
la prétention « que son officiai devait entrer de part dans l'ins- 
truction et le jugement de ce procès ». Cette opiniont fut vive- 
ment combattue par le contrôleur général des finances « comme 
contraire à l'usage, à l'esprit des ordonnances et aux préjugés 
sur cette matière, le crime de fausse monnaie étant un crime de 
lèse-majesté au second chef, qui intéresse essentiellement le 



(1) Correspondance des contrôleurs ycncranx des finances avec les intendants des 
provinces, publiée par ordre du ministre des finances, d'après les documents conserves 
aux archive I nationales, par A. -M. de Boislille, membre de l'Inslitut, et P. de Brolonne, 
ancien élève de l'Ecole polylecliniiiue. Tome troisième (1708 à 1715. Paris, imprimerie na- 
tionale. MDCCCXCVII. 

(S) On connaît un cas analogue d'envoi de commissaire de la cour des monnaies dans le 
ressort du Parlement du Languedoc. Néanmoins le Parlement de Provence protesta contre 
la commission donnée ii M. de Saint-Maurice. 

(3) Lettre à M. de la Garde, procureur général au Parlement, au contrôleur général des 
finances (li? février 1710). 



ADDENDA 477 



bien public, et tout ecclésiastique est déchu des prérogatives de 
la cléricature à cet égard » (1). 

Draguignan était devenu un réceptable de faux monnayeurs. 
Selon la remarque de Fleury, les commissaires royaux auraient 
dépeuplé la ville, s'ils n'eussent épargné aucun des coupables. 
Ne pouvant tous les frapper, M. de Saint-Maurice voulut faire 
un exemple. Deux maréchaux, un avocat, M. R..., de Lorgnes, 
furent pendus; les biens de ce dernier confisqués. Sur l'em- 
placement de sa maison, rasée jusqu'à la dernière pierre, on 
dressa un poteau portant gravé sur une plaque d'airain l'arrêt 
de condamnation (2). Le passage du terrible justicier avait jeté 
la terreur. Deux jours après Fleury vint rassurer les esprits. 
Nous trouvons la relation de ces tragiques événements dans la 
lettre qu'il adresse, le 7 septembre 1710, au contrôleur général : 

« Je ne doute pas que M. de Saint-Maurice ne vous ait rendu 
compte de ce qu'il a fait à Draguignan. Je m'y rendis deux jours 
après lui, pour rassurer un peu la ville^ qui était extrêmement 
effrayée. L'exécution qu'on y a faite d'un avocat et deux effigies, 
aussi bien que le supplice de deux maréchaux, y a imprimé une 
grande terreur et corrigera les coupables. De tous ceux à qui 
on a accordé l'impunité, il n'y en a qu'un contre qui il y eut déjà 
des preuves acquises par M. de Riverieulx; mais c'était un 
homme retiré a Avignon, où il travaillait: il m'a rapporté tous 
ses outils, et a donné des lumières qui produiront de l'argent. 
Je puis bien vous assurer que j'ai eu le service du roi pour 



(1) LeUre du 31 janvier 1710 à M. de Saint-Maurice. 

{•2) Arch. dép'«', B 112, et Arch. c'»' de Draguignan, GG. 30, f" 307 et 308. 



478 ADDENDA 



principal motif, aussi bien que tous MM. les commissaires. 
S'ils eussent usé de toute la rigueur de la .justice, ils eussent 
dépeuplé et ruiné Draguignan. C'étaient tous misérables qui 
eussent fui sur les frontières des pays étrangers, où ils eussent 
travaillé et ils auraient laissé un grand nombre d'enfants à la 
mendicité. Il ne reste pas un outil de fausse fabrique qui ne soit 
remis, et je veillerai de façon, sur ces gens-là, qu'il n'y aura 
rien à en appréhender. J'espère qu'avant la fin du mois j'aurai 
fait remettre plus de 12,000 livres au fermier du domaine; il y 
en a tel qui a payé, quoiqu'il n'eut pas billonné quinze louis. J'ai 
accommodé aussi le maire alternatif avec les consuls, qui ont 
payé les frais d'une procédure et ils sont en paix présentement. 
Le transport des blés continue; c'est un mal qu'on n'arrêtera 
que par une justice un peu militaire, et je prends la liberté de 
vous dire que vous feriez bien d'en charger M. d'Artagnan pour 
cette frontière; il est sur les lieux, et on le craint. Mon zèle pour 
le service m'oblige à vous donner cet avis. Si j'avais l'honneur 
d'être auprès de vous, je vous en dirais les raisons ». 

Après la fabrication de la fausse monnaie, c'est l'exportation 
des céréales sur laquelle Tincurie de l'édilité dracénoise ferme 
les yeux. On sait combien la question de l'alimentation publique 
préoccupait nos pères et quelles mesures, parfois rigoureuses, 
leur inspira leur prévoyance allarmée. Ne vit-on pas le Parle- 
ment de Provence, pour rendre en quelque sorte obligatoire la 
culture du blé, ordonner l'arrachement de la vigne? Le danger 
toujours menaçant de la famine, à raison des conditions écono- 
miques de l'époque, explique et justifie cet ostracisme en faveur 
de la graminée nourricière des hommes. 



ERRATA 479 



ERRATA 



P. 35 (note 3), au lieu de sainte Maxime, du Cannet lisez sainte 
Maxime du Cannet. 

P. 37, 16' ligne, au lieu de Alexandre II lisez Alexandre IV. 

P. 84, 17' ligne, au lieu de 1411 lisez 1401. 

P. 104 , 1" ligne , au lieu de AT//» siècle lisez XVIII'. 

P. 114 (note 3), au lieu de Sextus lisez Sixtus. 

P. 116 (note 2), 3' ligne, au lieu de officier lisez officiai. 

P. 131 , 9* ligne , au lieu de oncle lisez frère. 

P. 132 (note), 16' ligne , au lieu de ê lisez à. 

P. 150, 1" ligne , au lieu de le prieur de Saint-Pons lisez Honorât 
Martelly , prieur de Saint-Pons. 

P. 150, 5" ligne, au lieu de celui de Chartres lisez Charles, coêque 
do Chartres. 

P. 166 (note), au lieu de Papon etc., lisez Guillaume Dolle , notaire 
à Frèjus. 

P. 191, 2' ligne , au lieu de commande lisez commende. 

P. 191 , 8' ligne, au lieu de commandataire lisez commendatuire. 

P. 196 (note 3), au lieu de Labbe etc. lisez Arch. départ. 

P. 196 (note 4), au lieu de Arch. départ, lisez Labbe etc. 

P. 196 (note 5), au lieu de Ibid. lisez Arvh. départ. 

P. 199 , 5' ligne , au lieu de 1599 lisez 1589. 

P. 205 , 13^ ligne, au lieu de intriguant lisez intrigant. 

P. 225 (note), 2' ligne, au lieu de 1510 lisez 1610. 

P. 202, 7' et 8° lignes, au lieu de donation à. .de.. Usez nomination de.. à.. 

P. 271 , 14° ligne , au lieu de Gracinij lisez Garciny. 

P. 295 (notes), 5' ligne, au lieu de Girardin lisez gardien. 

P. 312 , 1" ligne , au lieu de Saint-Seige lisez Saint-Serge. 

P. 397, 6° et 10' lignes , au lieu de Bénédictines lisez Bernardines. 



TABLE 481 



T A. B Li E 



Avant-propos 5 

Supplément et rectifications aux chapitres précédents .... 7 

Guillaume du Pont (1197-1202) 13 

Sommaire. — Confirmation de la donation de la Verne aux 
Chartreux. — Mésintelligence avec le chapitre. — Démis- 
sion. 

Raymond de Gapella (1203-1206) 15 

Sommaire. — Sa carrière diplomatique. — La prévôté de 
Marseille. — Confirmation des privilèges de l'évêché. 

Bermond Cornut (1206-1212) 18 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — La maison du prévôt. — 
Démêlés aveo les chanoines de Barjols. — Nouveaux privi- 
lèges en faveur de l'évêché. — Hors du diocèse. 

Raymond de Puyricard (1212-1220?) 21 

Olivier (1220?) 22 

Bertrand de Favas (1223-1234) 23 

Sommaire. — Confirmation des anciens privilèges. — Conces- 
sion de la gabelle. — Approbation d'une cession aux 
Templiers de Ruou. — Arbitrage entre Boniface de Cas- 
tellane et les habitants de Villecroze. — Echange avec les 
religieux de Lérins. 

Raymond Bérenger (1235-1248) 26 

Sommaire. — La réforme du chapitre. — Echange des châteaux 
de Marsens avec ceux du Puget et d'Agay. — Les statuts 
de Fréjus. — Serment de fidélité au comte de Provence. — 
Le négociateur du mariage de Béatrix , fille du comte , 
avec Charles d'Anjou. — Confirmation des privilèges de 
l'évêché. — Le coadjuteur. 



482 TABLE 

Bertrand de Saint-Martin (1248-1264) 32 

Sommaire. — Les débuts. — Procès avec les chanoines de 
Pignans.— Les prébendes du chapitre. — Actes épiscopaux 
et autres.— Fondation de la chartreuse de la Celle-Roubaud. 

Pierre de Camaret (1264-1266) 39 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les statuts de 1266 sur le 
chapitre. 

Guillaume de Lafont (1267-1280?) 41 

Sommaire. — Procès avec les Templiers de Ruou. — Incendie 
de la chartreuse de la Verne. — Circulaire épiscopale pour 
la restauration du monastère. — Contestations avec le 
chapitre. 

Bertrand Comarque (1280?-1299) 44 

Sommaire. — Invention et translation des reliques de sainte 
Madeleine. — Assistance aux conciles de Riez et d'Aix. — 
Le droit de visite du métropolitain. — Confirmation des 
privilèges de l'évéché. 

Jacques Duèze (1300-1310) 47 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les incidents de l'élection. — 
Actes épiscopaux. — L'administration de la justice. — 
Graves désordres à Fréjus.— Arbitrage réservant à l'évoque 
seul l'exercice de la justice moyennant certaines conces- 
sions aux chanoines. — Sainte Rossoline. — A Naples. — 
Transfèrement à l'évéché d'Avignon. — Le cardina'at. — 
Jean XXII. 

Bertrand d'Aimini (1310-1318) 55 

Sommaire. — Permutation avec Jacques Duèze.— Assistance 
au concile de Vienne. — Le vicaire perpétuel de Fayence. — 
Instruction du complot contre Jean XXII. 

Barthélémy Grassi (1318-1340) 57 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Actes divers. — Assistance 
aux conciles de Saint-Ruf. — Mission pour rétablir l'ordre 
dans l'abbaye du Thoronet. — Visite du diocèse par le 
métropolitain.— La mort et le culte de sainte Rossoline.— 
Saint Louis de Brignoles. — Statuts de 1336. — Incendie 
des archives.du chapitre.— Testament. 

Jean d'Arpadelle (1340-1343) .-... 62 

Sommaire. — Nomination par le Saint-Siège. — Avant l'épis- 
copat. — Hors du diocèse. — Le testament. 



TABLE 483 

Guillaume d'Aubussac (1343-1346) 64 

Pierre Alamanni (1346-1348) • 66 

Pierre du Pin (1348) 68 

Guillaume Amici ou Lamy (1349-1360) 70 

Sommaire. — Le nom patronymique. — Les évêchés d'Apt 
et de Chartres. — Le conseiller de Clément VL — Les 
légations. — Refus de la pourpre. — Le patriarcat de Jéru- 
salem et l'évéché de Fréjus. — Mort- et sépulture. 

Pierre Artaudi (1360-1361) 75 

Guillaume de Ruffec (J 361-1364) 76 

Raymond Daconis (1364-1371) 78 

Bertrand de ViUemus (1371-1385) 80 

Emmanuel (1385) 81 

Louis de Bouillac (1385-1405) 82 

Sommaire. — La nomination. — Actes épiscopaux. — Le Livre 
rouge.— Les habitants de Saint-Raphaël et de Fayence. — 
Actes seigneuriaux. — Difficultés avec les habitants do 
Fréjus et certains seigneurs. — Confirmation de la juridic- 
tion temporelle des évoques. 

Gilles Juvenis (1408-1422) 90 

Sommaire. — La vacance du siège. — Nomination de Gilles 
Juvenis. — Son assiduité à la cour du comte de Provence. — 
Fondation de la collégiale de Lorgues. — Confirmation des 
privilèges de l'évéché. 

Jean Bélard (1422-1449'0 93 

Sommaire. — Retour à l'élection par le chapitre. — Intimité 
de Jean Bélard avec les comtes de Provence. — Confirma- 
tion des anciens privilèges et concessions nouvelles. — 
Hommage-lige des habitants de Fréjus, de Saint-Raphaël, 
de Fayence et du Puget. — Echange de juridiction seigneu- 
riale : Flayosc et Roquebrune. — Faveurs accordées aux 
habitants de Roquebrune. — Démêlés avec les consuls de 
Draguignan. — Les nouveaux statuts capitulaires. — Relâ- 
chementde la vie monastique à la Celle- Roubaud. — 
Sécularisation après de vaines tentatives de réforme. 



484 TABLE 

Jacques Jouvenel des Ursins (1449-1452) 100 

Sommaire. — Sa famille et ses antécédents. — L'archevêché 
de Reims. — Son zèle contre le schisme. — Le patriarcat 
d'Antioche et le siège de Poitiers. — Sa nomination comme 
administrateur perpétuel de l'évèché de Fréjus. — Le vicaire 
général Pierre Hémon — Démission. 

Jacques Séguin (1452-1453) 102 

Guillaume d'Estaing (1453-1455) 103 

Jean du Bellay (1455-1462) 104 

Sommaire. — L'abbé de Saint-Florent de Saumur. — Les 
vicaires généraux. — Démêlés avec les officiers de justice 
et la cour royale de Draguignan.— Confirmation des droits 
temporels de l'évèché. — Permutation avec l'évêque de 
Poitiers. 

Léon Guérinet (1462-1472) 107 

Sommaire. — La famille. — Actes de népotisme. — Plainte 
des habitants de Fréjus. — Intervention du sénéchal. — 
Commencement du procès de la juridiction temporelle. — 
Démission. 

Réginald d'Angline (1472) 110 

Urbain de Fiesque (1472-1485) 112 

Sommaire. — Conflit du Saint- Siège avec le roi René. — 
L''interdit. — La réconciliation. — Repeuplement de Da- 
gnols. — Urbain de Fiesque à Fréjus. — Ses voyages à 
Rome. — La seigneurie temporelle. — Les vicaires géné- 
raux. — Saint François de Paule.— La Peste en Provence. — 
Arrivée de Saint François de Paule. — Le miracle de 
Bormes. — Son passage à Fréjus.— Cessation du fléau.— 
Mort d'Urbain de Fiesque à Rome. 

Nicolas de Fiesque (1485-1488) 125 

Sommaire. — Nouveaux conflits avec le pouvoir royal. — Les 
deux compétiteurs. — Nomination à l'évèché d'Agde. 

Rostan d'Ancésune (1488-1495) 128 

Sommaire. — La famille du prélat. — Négociations au sujet 
des évèchés de Toulon et de Fréjus.— L'administrateur et 
le titulaire. — Concessions aux habitants de Fréjus. — 
Actes divers. — Ambassade à Rome. — Promotion à l'ar- 
chevêché d'Embrun, 



TA1',[,E 485 

Nicolas de Fiesque (1495-1524). 

Urbain de Fiesque (1511-1524) 131 

Sommaire. — Nouvelle translation ù Fréjus. — Le Brcciairc 
fréjusicn. — Hommage-lige des liabitant.s de Bagnols et de 
Fayencc. — Concessions aux habitants de Bagnols, puis 
démêles avec eux.— Les prébendes de Nicolas de Fiesque.— 
Confirmation des privilèges et prérogatives de l'évùché. — 
Le cardinalat et l'administration épiscopale. — Vicaires 
généraux et évoques auxiliaires.— ConHit avec les chanoines 
de Barjols et de Pignans.— Urbain de Fies(|uc évoque élu.— 
Arrêts du Parlement restreignant les privilèges de l'évê- 
ché.— Une galère pontificaleà Fréjus. — Les Augustins et le 
chapitre de la cathédrale.— Prédication des indulgences.— 
Les reliques de sainte Maxime. — Le couvent des Minimes. — 
Apparition de la S'^-Viergc à Cotignac. — Retour d'Urbain 
à Fréjus. — Sa mort à Rome. 

Franciot des Ursins (1524-1534) 147 

Sommaire, — Avant l'épiscopat. — Témoignages de joie à la 
nouvelle de sa nomination. — L'administration du diocèse 
et les évoques auxiliaires.— Réparations à la cathédrale. 

Léon des Ursins (1525-1564) 151 

Sommaire. — L'administration do Ber-trand Néi-on. — Visite du 
diocèse par le coadjuteur de l'archevêque d'Aix. — Invasion 
de la Provence par Charles-Quint. — Patriotisme dos 
Provençaux : la résistance.— Excès de l'armée impériale.— 
La tour du Muy. — Echecs et retraite de Charles-Quint. — 
Conclusion de la paix. — Les vicaires généraux et les évêc(ues 
auxiliaires. — Visite du diocèse par Bonifaee Pignoli. — Léon 
des Ursins à Fréjus.— Le jubilé universel. — Travaux à la 
cathédrale. — Conflits au sujet des di-oits temporels. — 
Générosité du prélat. — La taxe des bénéfices. — Voyages 
à Rome. — Emeute à Fréjus. — L'église de Draguignan. — 
Siméon Alêot. — Le village de Sainte-Maxime. — Los 
guerres de religion. — Barjols et Tourves. — Organisation 
de la défense contre les protestants. — Progrès de la 
Réforme. — Défections dans les rangs du clergé. — Mort 
de Léon des Ursins. 

Bertrand de Romans (1565-1579) 170 

Sommaire.- Claude Estivent. — Nomination de Bei-ti-and de 
Romans.— Sa famille et ses antécédents. — La prise de 
possession et le sacre. — Agitation et menées des protos- 

31 



486 TABLE 



tants. — Extension de rhérésie. — Nouvelles défections 
dans le clergé. — Vote de subsides de guerre par le clergé; 
emprunts et aliénations. — Le baron de Cipières. — Razats 
et Carcistes. — La journée d'Aups. — Travaux de défense 
ùFréjus, à Saint-Raphael etàFayence. — Phases diverses 
de la lutte. — L'administration de Bertrand de Romans. — 
Etablissement d'un canal d'irrigation à Fréjus; concessions 
aux habitants. — Création des théologales. — Démêlés avec 
les chanoines. — Approbation de deux délibérations capi- 
tulaires enlevant aux bénéficiers le droit de résignation et 
restreignant le droit d'option des préljcndes canoniales. ^- 
Erection en collégiale de l'église paroissiale deDraguignan. 

— Lutte incessante pour la seigneurie temporelle. — Les 
Minimes de Fréjus. — Assistance de Bertrand à l'assem- 
blée ecclésiastique d'Aix. — Sa mort à Fayence. 

François de Bouliers (1579-1591) 185 

Sommaire. — La famille de Bouliers. — Avant l'épiscopat. — 
Reprise des hostilités. — Le baron de Vins. — Le Pacte do 
l'Union. — Siège et destruction du château de Trans. — 
Défaite des Carcistes. — Arrivée de François de Bouliers 
à Fréjus. — Démêlés avec les religieux de Lérins. — Actes 
épiscopaux et seigneuriaux. — Visite du diocèse par l'évéque 
de Vence. — Situation matérielle et morale des paroisses. — 
Le procès de la juridiction temporelle. — Suite de l'admi- 
nistration épiscopale de François de Bouliers. — L'arrêt 
du gi'and conseil. — Mécontentement des Fréjusiens qui 
abandonnent la cause royale. — Meurtre du seigneur du 
Muy. — Emeutes à Fréjus. — Continuation de la guerre 
civile.— Massacres à Barjols, au Luc, à Mons, à Pignans. — 
Mort de François de Bouliers. — Fréjus au pouvoir des 
ligueurs. — Le chapitre à Châteaudouble. — Les deux 
vicaires capitulaires. — Adoption de la liturgie romaine. 

Barthélémy de Gamelin (1599-1637) 203 

Sommaire. — Gérard Bellenger. — Négociations avec Crillon. 

— Nomination de Barthélémy de Camelin. — Sa famille et 
ses antécédents. — Retard dans l'expédition des bulles. — 
Embarras financiers du prélat. — Réformes à la cathédrale. 

— Rétablissement du greffe ecclésiastique à Fréjus. — La 
visite du diocèse. — Conférences avec l'intendant de Pro- 
vence et l'archevêque d'Aix. — Conflit avec les chanoines de 
Pignans. — Les reliques de saint Ausile. — Les Bénédic- 
tines de Tarascon. — Reprise du procès de la juridiction 



TABLE 487 



temporelle. — Arrêt du grand conseil. — Insoumission des 
habitants de Bagnols. — Concessions aux vassaux. — Procès 
avec le comte de Carcès au sujet de la seigneurie du 
Revest. — Attentat du seigneur de Gordes.— Aliénation de 
la seigneurie d'Agay. — Seconde visite pastorale. — Les 
bénéfices du diocèse et de l'évèché. — Fondation de vica- 

• riats perpétuels. — Règlements des confréries de pénitents. 
— Réparations aux églises du Muy et de Cliàteauvieux. — 
Consécration de l'église de Saint- François-de-Paule à 
Fréjus ; autorisation d'une procession annuelle d'actions 

■ de grâces. — Assistance au concile provincial d'Aix. — 
Fondation des Oratoriens à Cotignac. — Rapports avec 
Rome. — Projet de création d'un grand séminaire. — 
Etablissements d'ordres religieux. — Les Jésuites et les 
Dominicains à Fréjus. — Les Bénédictines et les Domini- 
caines. — Le coadjuteur Pierre de Cimelin. — Son rôle 
effacé — Assistance de Barthélémy aux états généraux 
de Provence. — Mésintelligence avec les membres de sa 
famille. — Conflits avec le chapitre. — Embellissements à 
la cathédrale. — Mort et funérailles de Barthélémy do 
Camelin. 

Pierre de Camelin (1637-1G54) 234 

Sommaire. — Cérémonial de la prise de possession. — Los 
visites pastorales. — Zèle du prélat pour les cérémonies du 
culte et la sanctification des fidèles. — Les reli(|ues de saint 
Ausile. — Le culte de Notre-Dame de Montaigu à Bargemon 
et à Draguignan. — Réformes dans le clergé. — Les statuts 
synodaux de 1646. — Les Acleis aux confesseurs et les ins- 
tructions pour les dimanches et fêtes.— Les collégiales. — 
Mesures prises pour rétablir la discipline à Barjols et 
assurer le service paroissial à Lorgues. — Différend avec 
les chanoines de Lorgues au sujet du prieuré du Revest et 
de la nomination du doyen du chapiti'C. — Démêlés des 
chanoines de Draguignan avec leui- doyen ; médiation des 
évoques de Fréjus et de Sénez, — Conflits incessants avec 
le chapitre de la cathédrale. — Avec les vassaux. — 
Concessions aux habitants de Bagnols. — Echange de la 
seigneurie de Montauroux contre partie de la juridiction de 
Bagnols. — Les habitants de Fayence. — Vigilance du 
prélat pour la défense de ses droits temporels et des inté- 
rêts du clergé. — Ses largesses envers les communautés 
religieuses et les églises. — Etablissement des Bernardines 
à Fréjus. — Fondations d'anniversaires. 



488 TABLE 



Joseph Zongo Ondedei (1654-1674) 255 

Sommaire. - L'amitié de Mazarin. — Hésitations avant d'ac- 
cepter. — L'opinion publique à Paris. — Difficultés pour la 
préconisation. — Délégation à l'assemblée du clergé de 
France. — Fondation de missions. — Libéralités envers les 
Bernardines de Fréjus. — Actes divers.— Le sacre et ren- 
trée solennelle à Fréjus. — La première visite du diocèse. — 
Médiation entre les Dominicains et les Dominicaines. ~ 
Participation aux conférences de l'ile des Faisans.— Retour 
à Fréjus. — Réception d'Anne d'Autriche et de Louis XIV 
à Notre-Dame-de-Gr.ices. — Apparition de saint Joseph à 
Cotignac. — Editîcation d'une chapelle dont le service est 
confié aux Oratoriens. — Protestations du vicaire de Coti- 
gnac. — Extension du culte de saint Joseph, — Retour à 
Fréjus. — Les statuts synodaux de 166'2.— Nouveau voyage 
à Paris.— Les visites pastorales.— Réformes dans le clergé. 
— Nouvelle délégation à l'assemblée du clergé de France. — 
Les collégiales : désordres et divisions intestines. — Sécu- 
larisation dos chanoines de Pignans. — La dévotion au 
Saint-Sacrement et les confréries du Corpus Domini. — 
Réglementation du casuel des funérailles. — Sévérité du 
prélat contre les gens de mauvaise vie et les violateurs du 
dimanche.— Rappel des prescriptions du concile de Latran 
sur la confession. -- L'apostolat des Jésuites à Fréjus. — 
Libéralités aux communautés religieuses et aux églises. — 
Les moines du Thoronet. — Largesses envers les pauvres 
et les œuvres pies. — La fortune et les dépenses du prélat.— 
Fondation du grand séminaire. — Démarches pour la nomi- 
nation d'un coadjuteur. — Mort et sépulture d'Ondedei. — 
Son éloge par M" Alongo. 

Benoit-AnLoine de Clermont-Tonnerre (1675-1678) 287 

Sommaire.- Refus de Michel Poncet. — Nomination et sacre 
de Benoit-Antoine de Clermont-Tonnerre. — Visite à la 
Sainte-Baume et à Saint-Maximin. — L'ordonnance sur les 
confesseurs. — Mesures do rigueur contre les Observan- 
tins de Sainte-Rossoline. — La visite du diocèse. — Les 
missions. — Charité du prélat envers les pauvres et les 
infirmes. — Sa dévotion envers la Sainte-Vierge.— Sentence 
de visite contre les désordres de la Saint-Marcel à Barjols. 
— Les reliques de Sainte-Maxime. — Félicitations aux 
prieurs sur la bonne tenue du lieu saint. — Sollicitude du 
prélat pour la construction des nouvelles églises. — Sa 
vigilance sur les sages-femmes et les hôpitaux. — Son zèle 



TABLE 



489 



pour faire adopter la liturgie romaine— Mésintelligence 
dans le sein de la collégiale de Draguignan.— Inauguration 
du grand séminaire. — Le Propre du diocèse. — L'attentat 
de Tourrettes : excommunication de Pierre de Villeneuve ; 
interdit sur le village ; le pardon.— La maladie du prélat.— 
Le viatique et la mort. — Les chanoines et la chapelle pon- 
tificale. — Administration de la mense par le commissaire 
du roi. 
Louis d'Anglure de Bourlemon (1679-1680) 300 

Sommaire. — Le séjour à Rome. — Refus des évéchés de 
Tournai et de Lavaur. - Nomination à Fréjus. — Transfè- 
rementà T'évéché de Carcassonne.— Promotion à l'archevê- 
ché de Bordeaux.- Le De Initiis- Jugement d'Antelmy. 

Luc d'Aquin (1680-1697) 302 

Sommaire. — Potier de Novion. — La vacance du siège. — 
Ordonnance de l'official sur le port de l'habit ecclésiasti- 
que. — Nomination de Luc d'Aquin.— Les origines et la 
famille. — Faveurs royales. — L'assemblée de 1682. — 
Instructions secrètes envoyées à l'évêque de Fréjus. — 
Visites pastorales. — Troubles au Luc à-l'occasion de la 
révocation de l'édit de Nantes. — Réformes diverses. — 
Sollicitude du prélat pour les écoles et l'éducation des 
jeunes filles. — Mesures de bienveillance envers les com- 
munautés de femmes. — Sa vigilance sur les confi-éries. — 
Agrandissement du grand séminaire.— La seigneurie tem- 
porelle. — La disgrâce et l'exil. 

Louis d'Aquin (1697-1699) 312 

Sommaire. — Protestations et lettre pastorale de l'évétiue 
démissionnaire. — Contre- protestation du clergé. — Le 
transfèrement à Séez. 

André-Hercule de Fleury (1698-1715) 315 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — La nomination et les pro- 
testations de Luc d'Aquin. — La consultation de Bossuet. — 
Lettre au chapitre de Draguignan.- La prise de possession 
et l'entrée solennelle. — Le clergé et le synode de 1701. — 
L'œuvre du séminaire : union des prieurés de la Mourre, 
Pennafort et Grimaud; la mense commune; fondation d'un 
petit séminaire. — Les statuts synodaux de 1703. — Visite 
du diocèse. - Les statuts synodaux de 1704 et la réforma- 
tion du clergé. — Division du diocèse en doyennés. — 



490 TABLE 



L'assemblée du clergé de Franco. — Gain d'un pi-ocès 
concernant la mense. — Hommage du temporel. — Les 
i-apports avec les communautés d'hommes. — Le frère 
Bonhomme. — Rétablissement de la règle monastique dans 
plusieurs communautés de femmes.— Ordonnances contre 
les irrévérences dans le lieu saint, la licence dans les 
confréries , les danses indécentes. — Les missions et les 
congrégations de jeunes filles. — La surveillance des 
églises. — Construction d'une nouvelle église à Lorgues.— 
Vol sacrilège aux Cordeliers de Draguignan; mandement 
de l'évoque. — Sollicitude du prélat pour l''instruction reli- 
gieuse, les écoles publiques et les maisons d'éducation, les 
pauvres et les malades. — Libéralités aux hôpitaux. — Un 
portrait fantaisiste. — L'invasion de 1707. — Le duc de 
Savoie à Fréjus. — Noble conduite de Fleury. — Les calom- 
nies de Saint-Simon et l'opinion de Papon — Victor-Amédée 
et les habitants de Fréjus. — Incendies et pillage. — Les 
contributions de guerre. — Lettre de Fleui'y aux maires du 
diocèse. — Voyage à Paris. - Le synode de 1709: nouveau 
règlement pour la cathédrale , rétablissement de la pointe 
dans les collégiales. — L'hiver de 1709. — Ordonnance 
synodale supprimant certaines fêtes. — La défense du 
littoral ; lettre aux consuls de Roquebrune. — Deuxième 
visite du diocèse. — Les statuts synodaux de 1714. — La 
constitution de Clément XI et le mandement de Fleury 
contre le Jansénisme. — La démission et la lettre d'adieux. 
— Touchante manifestation au départ de Fleury. — L'opinion 
de Girardin. — Le cardinal-ministre. — Les rapports avec 
les habitants de Fréjus; les services rendus. — Reconnais- 
sance des Fréjusiens. 

Pierre-Joseph de Gastellane (1715-1739).. .: 373 

Sommaire. — Le sacre et la réception. — L'officialité diocé- 
saine. — Les ordonnances synorlales de 1716. — Visite du 
diocèse. — Les Ursulines de Draguignan. — La violation 
du dimanche.-- Sollicitude pour les églises, les écoles, 
les hôpitaux. — Libéralités envers le séminaire et l'hôpital 
de Fréjus. — La peste de 1720 : le culte de saint Roch ; le 
bref de Clément XI et la circulaire de Pierre de Castellane; 
charité du prélat; envois de vivres aux Marseillais. — 
Continuation de la visite pastorale. — Actes épiscopaux; 
le prieuré de Sainte-Cécile des Arcs et la collégiale de 
Draguignan; vicariat perpétuel à Callian. — Les religieuses 
de l'Almanarre. — Démêlés au sujet de la cure de Saint- 



TABLE 491 



Paul do Fayence; — de la nomination aux bénéfices dans la 
collégiale deLorgues. — Différend avec le conseil communal 
de Fréjus; — avec celui de Fayence. — Pierre de Castellane 
et le Jansénisme. — L'évêque de Sénez et le concile d'Em- 
brun.— La consultation janséniste de 1728 et le mandement 
de Tévcque de Fréjus. — Les missions : les Oratoriens et les 
Capucins à Cotignac. — Nouvelle tournée pastorale. — Les 
dispositions testamentaires. — Opinion de Girardin. 

Martin du Bellay (1739-1766) 391 

Sommaire. — Avant l'épiscopat. — Les instructions au clergé 
et la première tournée pastorale. — Visite à Draguignan. — 
Les confréries de pénitents : le règlement général et les 
mesures particulières.— Le jeu à Fréjus : lettre au procureur 
de la sénéchaussée.— Députation ù l'assemblée du clergé.— 
L'invasion austro-sarde. — Quatre ans de séjour ù Paris. — 
Les vicaires généraux.— Erection des Adrets en paroisse.— 
Le jubilé de 1745. — Un refus de forma dignwn. — Sup- 
pression des Bénédictines de Fréjus. - Retour de Paris. — 
L'indulgence plénière pour les moribonds. — Reprise de 
la visite pastorale. — La résidence de Draguignan : les 
rapports avec les Visitandines et les démêlés avec les 
consuls. — L'usage des œufs et du laitage pendant le 
Carême. — Le premier catéchisme du diocèse. — Les va- 
cances des bénéficiers. — Les chanoines et la réparation 
de la cathédrale.— Un manque de générosité.— Le premier 
Ordo. — L'ordre et la décence dans le lieu saint. — Le 

■ service des chapelles rurales et particulières. — Construc- 
tion d'églises. — Fondations d'œuvres pies. — La profana- 
tion des fêtes patronales et la suppression de la plupart des 
processions, — Réglementation du casuel. — Les écoles 
publiques. — La démission. 

Emmanuel-François (le Bausset (1766-1802) 413 

Sommaire.— La famille. — Le sacre et l'entrée solennelle. — 
Une querelle de chaperon entre les consuls de Fréjus et de 
Draguignan. — Fondations charitables. — L'œuvre des 
vocations ecclésiastiques. — Les glacières et les eaux 
d'alimentation à Fréjus. — Règlement pour la pointe à la 
collégiale de Barjols. — Bénédiction de nouvelles cloches à 
la cathédrale.— La première visite pastorale.— Ordonnance 
sur l'ExIrême-Onction. — Le service religieux dans les 
agglomérations rurales : création de succursales aux 
hameaux de Burlon , do Courmier et de la Perrière; 



492 TABLK 



rv.Hablissement d'un service de messes à la Môle; édification 
d'églises et de chapelles. — La question du séminaire. — 
Deux ans de séjour à Paris et l'administration du diocèse. — 
Projet de transfèrement du séminaire à Draguignan: oppo- 
sition des Fréjusiens ; intervention de Martin du Bellay; 
l'arrêt du conseil d'Etat de 1771. — Démêlés avec les 
consuls. — Départ pour Paris. — La réconciliation. — 
Edification d'un nouveau séminaire. — L'assainissement 
de Fréjus et l'assemblée provinciale de Lambesc; les deux 
projets en présence ; succès d'Emmanuel de Bausset. — 
Voyages à Paris. — Actes épiscopaux. — Réduction de 
l'affouagement de Fréjus. — La question du port : vote de 
subsides par l'assemblée de Lambesc; refus de la viguerie 
de Draguignan; actives démarches à la cour; la subvention 
royale; abandon du projet. — Le dessèchement des étangs 
et la cession des seigneuries des Escas et de la Baume. — 
Les ordonnances synodales de 1778 et le catéchisme 
diocésain. — Suppression du rit romain ; le missel et le 
bréviaire fréjusiens. — Deuxième visite pastorale. — L'ar- 
chiconfrcrie du Sacré-Cœur à Aups. — Le culte de saint 
François-de-Paule à Fréjus; bénédiction solennelle d'une 
nouvelle statue. — Construction d'un bâtiment pour le 
secrétariat et les archives de l'évêché. — Aliénation de la 
seigneurie temporelle : — le Castellas d'Agay. — Les habi- 
tants du Puget. — Inféodalion de Bagnols à Charles 
Martin. — Rachat du fief de Fayence par la communauté.— 
Acquisition du monastère de Sainte-Rossoline. — Déléga- 
tion à l'assemblée du clergé de France. — Dernier voyage ù 
Paris. — Les Etats-Généraux de 1789. — La constitution 
civile du clergé et la persécution religieuse. — Résistance 
et fermeté inébranlable du prélat. — Pendant l'exil. 

Addenda 471 

Errata . 479 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



DES TROIS VOLUMES (i) 



ABDELÈME/ininist. de Guillaume ]"''. 
II, 107. 

Abram, supérieur des Dominicains 
de Draguignan, III, 452. 

Adhémar de Monteil, III, 54, 76. 

AccEPTUs, évéque élu de Fréjus, I, 
21,23-26. 

Adalrert, frère de Févêque Ber- 
trand, II, 132. 

— abbé de Lérins, II, 131. 

Adélaïs, épouse de Guillaume P'', 
II, 107, 108. 

Adélardi, sacrisle de Fréjus, III. 
18. J ' ^ 

Adon, évéque de Vienne, II, 36, 

54. 
Adéodat, pseudo-évêque de Fréjus, 

11,20,21. 
Adoptianisme, II, 89. 
Adrets (les), III, 226, 253, 269, 

336, 396. 
Adrevalde, moine de Fleurv, II 

22,25. 
Adrien I^'', pape, II, 90. 

— VI, — III, 148. 
Agarrat, famille, II, 102. 
Agarne (Guillaume), sacrisle de 

Fréjus, III, 46. 
Agathe (S^^), II, 57. 
Agay, II, 85"; III, 28, 215, 219, 443. 



Agde, conciles, I, 40; II, 5-7; église, 
évêché, III, 13, 127, 129, 131, 134, 
136,138,471. 

Agnès (S'«), II, 57. 

Agrécius, évéque d'Antibes, I, 89; 

II, 8. 

AiGtiLPHE (St^), abbé de Lérins, IL 

22-34, 51,52, 55, 78. 
AiMERic, prieur de Correns, III, 

21. 
AiMiNi (Bertrand d'), évoque de 

Fréjus, III, 55, 56. 
Aix, ville, I, 81 ; II, 17, 18; 

III, 11, 15, 28, 29, 36, 50, 
53, 54, 86, 91 , 94, 108, 109, 
111, 118, 133, 155, 167, 178, 180, 
190, 196, 198, 262-264, 304, 320, 
328, 346, 365, 374, 416, 419, 423, 
431, 433, 434, 447, 450, 454, 456 ; 
métropole, archevêché, 1 , 19 ; 
II, 41, 71, 115, 148, 153, 157, 
179, 195; III, 14, 16, 21, 36, 
39, 45, 73, 96, 102, 133, 134, 
151, 160, 178, 184, 202, 204, 211, 
245, 294, 301, 309, 373, 431, 434- 
436, 443, 454, 456; conciles, états 
généraux, III, 45, 49, 87, 88, 
92, 130, 163, 184,196,-221,230; 
province, diocèse, III, 5, 58, 
159, 440, 456,469. 



(i; Les cljiiïres romains indiquent le tome; les cliidres arabes, la page. 



494 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



Aix-la-Chapelle, II, 120. 
Alamani (Pierre), évêquedeFréjus, 
III, OG, 67. 

— (Pons), frère du précédent, III, 
67. 

Alaric, roi des Visigoths, II, 5. 

Alasacie de Pontevès, prieure de 
la Celle, III, 83. 

Albano, évêché, III, 134. 

Albara (archevêque d'), III, 10. 

Albe, évéché, III, 75. 

Albin (Jean-Charles), grand vicaire^ 
III, 392, 396. 

Alby, évêché, III, 76. 

Alcuin, II, 60, 89, 90. 

Alcyas, mère de l'évéque Ber- 
trand P--, II, 132. 

Aldebert, abbé de Lérins, II, 141. 

— frère de Truan, II, 157. 

— ministre de Guillaume P"", II, 
107. 

Aldegarde , épouse de Guillaume 

le jeune, I, 116; II, 1.37. 
Aleot (Siméon\ pseudo-évêque de 

Fréjus, III, 164, 165. 
Aléotti (Pierre-Jean) , évêque de 

Frioul, III, 165. 
Alexandre II, pape, II, 134, 

— IV, — III, 37. 

— V, — III, 96. 

— VI, — 11^ 169; III, 

130, 136. 

— VII, — 111,300. 
Alleman , famille de Clermont, 

III, 66. 
Almanarre, III, 82, 382. 
Almerade, évêque de Riez, II, 124, 

125. 
Almis, Aups? II, 170, 
Alongo, vicaire de Fayence, III, 

284, 
Alphand (Raymond), chanoine, 

III, 48. 
Alphonse, roi d'Aragon. (V. Ilde- 

fonse). 
Alphonse (S') de Liguori, III, 241. 
Altoviti (Raymond), III, 110. 



Amalric, abbé de Lérins, II, 126. 
— évêque d'Anlibes, I, 89. 

— prévôt de Fréjus, II, 150, 151. 

— prieur de Montmajour, II, 143. 
Amand (S'), abbé de Lérins, II, 34, 

78, 79. 
Amard de Roues, évêque, III, 10. 
Ambroise (S^j, I, 22, 60; II, 57. 
Amelot, garde des sceaux, III, 

445, 446. 
Amero (Louis), génois, III, 115. 
Amic (Pierre), II, 145. 
Amici (Guillaume', évêque deFréjus 

(V. Lamy Guillaume). 

— (Jean', III, 73. 

— (Raymond), III, 73. 
Amiens, évêché, III, 318. 
Amon, chef des Lombards, II, 18. 
Ampus, II, 138; église, chapelles, 

II, 100, 124, 125, 128, 143, 145, 
156, 162, 184, III, 10, 134, 139, 
202, 327. 

— (baron d'), III, 199. 

— (marquise d'), III, 257. 
Anaclet (S'), pape, II, 57. 
Anastase IV, pape, II, 169. 
AxASTASiE (S'®), vierge et martyre, 

II, .57. 

Ancésune (Aimar d'), III, 128. 

— (Jean d'), III, 128. 

— (Rostan d'), évêque de Fréjus, 

III, 126, 128-131, 471. 
Andéol (S'), martyr, II, 57. 
André, roi de Sicile, III, 71. 
Anduse, famille, II, 177. 
Angarisme, religieuse d'Arluc, II, 

29-31 53 

Angers, IH, 104, 109. 

Anglinz 'Réginald d' ), évêque de 
Fréjus, III, 110-112. 

Anglure (d') de Bourlemont, évê- 
que de Fréjus, III, 300, 301. 

Anne d'Autriche, III, 259, 262, 
263. 

Antelmy (Charles-Octavien) , évê- 
que de Grasse, II, 40, 50; III, 
374, 377,384. 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



495 



Antelmy (Joseph^, chanoine et his- 
torien de l'église de Fréjus, I, 
29; II, 42; ÎII, 268, 291, 295, 
298, 299, 301,302. 

— (Joseph-FéHx), prévôt et vicaire 
général, III, 415. 

— (Louis), conseiller au Parlement 
d'Aix, III, 197. 

— (Pierre), chanoine de Fréjus, I, 
29; III, 258. 

— (Nicolas), chanoine de Fréjus, 

I, 117; III, 208, 215, 21(3, 231, 
247. 

Anthère, évêque, I, 22, 23. 
Antibes (Antipolis) , I, 83-85, 

87-89; II, 8, 42, 72, 147, 153, 

154, 157, 158, 194; III, 11, 152, 

272. 
Antiboul (François), prieur de 

Saint-Tropez, III, 169. 
Antioche, patriarcat, III, 101 . 
Antiole (S'Ausile), évêque, I, 105, 

106, 108. 
Antoine (S'), abbé, I, 111. 

— |M^), fondeur de cloches, III, 51. 
Apt, I, 32, 42, 45, 65, 94, 115; 

II, 72; III, 5, 71, 130, 383, 
385. 

Aquilée, patriarcat, II, 41, 71. 
Aquin (Antoine d'), médecin du roi, 
111,303,312. 

— (Louis d'), évêque de Fréjus, III, 
310, 312-314, 475. 

— (Luc d'), évêque de Fréjus, III, 
302-311, 318, 474. 

— (Thomas d'), prévôt d'Aups, III, 
310. 

Arbaud (Lambert], prévôt de Fré- 
jus, évêque de Venusa, III, 137, 
149. 

Arcade, évêque, I, 48. 

— moine de Lérins, II, 30. 

Arcs (lesI, église, prieuré, II, 149; 

III, 204, 210, 290, 336; château, 
baronie, III, 30, 38, 39, 58, 159, 
176, 192, 196, 198, 199, 210, 
320. 



Arculis (Pierre d'), délégué apos- 
tolique, III, 139. 

Argens (l'I, rivière, II, 42, 87, 108, 
139; III, 94, 105, 149,159,218, 
314. 

Arianisme, ariens, I, 113-116. 

Arles, église, métropole, archevê- 
ques, I, 16-18, 22, 38-40, 4 4 
63, 66, 67, 69, 71, 77, 78, 86 
88-90; II, 9, 12, 57, 70, 71 
104, 121-123, 152, 173; III, 15 
16, 38; conciles, I, 40, 77, 91 
92; II, 7, 8, 16; ville, I, 34 
93, 113; II, 12, 18, 73, 87 
103, 104, 107, 108, 133, 174 
III, 155 . 

Arluc, I, 61; II, 29-33, 40, 43, 
51-53,55, 85, 149, 158. 

Armagnac (comte d'i, III, 351. 

Armel (S''), évêque, I, 81. 

Armentaire (S^) Armeniarius, évê- 
que d' Antibes, I, 27. 78-90. 

— évêque d'Auch, I, 87, 88. 

— évêque du Puy, I, 87, 88. 
Arnaud, évêque de Nice, II, 173. 

— chanoine de Fréjus, III, 19. 
Arnassan, famille. II, 102. 
Arnoux, évêque de Vence, II, 133. 
Arpadelle (Jean d')^ évêque de 

Fréjus, III, 62, 63. 
Artagnan (d'), III, 478. 
Artaud vicaire général, III, 56. 
Artaudi (Jeanl, évêque de Nice et 

de Marseille, III, 75. 

— (Pierre), évêque de Fréjus, III, 
75. 

Artémius, évêque d'Embrun, I, 

22, 23. 
AscAGNo (Biaise), officiai de Fréjus, 

III, 118. 
AscELiNE épouse de Fouques de P., 

II, 136. 
AscLÉpius, évêque d'Apt, I, 94. 
AssALiT (Pierre), IL 145. 
Assise (Italie), III, 65. 
AsTÉRius, évêque de Fréjus, I, 103^ 

104; II, 20, 71; m, 8. 



496 



TABLE ONOMASTIQUE (JÉNÉRALE 



AsTiER (Charles d'), vicaire géné- 
ral, III, 415. 

AsTROs, domaine à Vidauban, III, 
21. 

Athenopolis, II, 94. 

Aube de Roquemartine, comman- 
deur de Roquebrune, III, 197. 

Albert, évêque d'Avignon, II, 
148. 

AuBussAC (Gérard d'', chanoine de 
Fréjus, III, 65. 

— (Guillaume d'), évêque de Fréju?, 
III, 64, 65. 

AucH, évêché, I, 87, 88, 115. 

AuDiBERT d'Esclapon, chanoinc de 
Fréjus, III, 48. 

AuDiBERT, supérieur du grand sé- 
minaire de F'réjus, vicaire géné- 
ral, III, 285, 337, 462, 463. 

AuDOARD, chanoine de Fréjus, II, 
154. 

AoFFRED (Jean), bailli, III, 141. 

AuGERY (d'), procureur du roi à 
Draguignan, III, 395. 

— (Guillaume d'), vicaire général, 
III, 20^. 

AuGiER , chanoine de Fréjus, II, 
150. 

— évêque de Fréjus, II, 69. 

— évêque de Riez, II, 133, 148. 
AuGiER DE Blanouerie, II, 136. 
Augustin (S^), I, 47, 49, 50; II, 

39, 43, 57, 166; III, 5, 359. 

— chanoines réguliers ou ordre de, 
II, 11 ; III, 78, 79, 82, 141. 

— DE Cantorbéry, II, 29. 
AuGusTiMENS , hérétiqucs , III , 

359. 

Aups, collégiale, II, 165, 168, 170, 
171; III, 134. 169, 182, 227,270, 
277, 292, 309, 330, 333, 348, 377, 
407, 441; ville, III, 177, 188, 189, 
194, 199, 236, 283, 328, 331, 333, 
409.- 

AusiLE (S'), évêque de Fréjus, I, 
9, 28, 103-120; II, 5, 6, 20, 74, 
75; III, 8, 211, 237. 



AuTUN, évêché, III, 63, 385. 

AusTREMOiNE (S'), évêquc, I, 16. 

AuxoNE, évêque, I, 48. 

AvAxsoN (Guillaume d'), archevê- 
que d'Embrun, III, 165. 

AvAYE (Mens), prieuré, III, 85, 
105, 206. 

AVENIONET, II, 128. 

Avignon, diocèse, évêché, conciles, 
III, 10, 54-57; légation, III, 114, 
182, 222, 261, 328, 383, 384; 
papes, III, 81, 93; ville, I, 81; 
II, 17, 18, 87, 90, 144, 145; III, 
54, 65, 79, 108, 150, 229, 260, 
264, 268, 285, 303, 477. 

Aycard (Jean), théologal de Fréjus, 
111,201. 

Aycardi, dominicain,- III, 464. 

Ayrard (V. Erard). 

AzAN, famille, II, 102. 



Babylone, I, 82. 

Bagdad Ccalife de), II, 90. 

Bagnols, III, 35, 51, 85, 89, 94, 
105, 115, 116, 119, 124, 133, 172, 
196, 215, 216 , 250, 251, 253, 279, 
336, 443-446, 448. 

Bagnoly (Dom), prieur claustral 
delà Verne, 111,277. 

Bâillon (Jean), de Fréjus, III, 
198. 

Ballias (de), vicaire général, III, 
415. 

Bardossy (Guillaume), chanoine de 
Fréjus, III, 201. 

Bargéme, II, 96; III, 35, 189, 223, 
433. 

Bargemon , église, II, 150; III, 
35, 51, 58, 83, 107, 134, 192, 
223, 238-240, 306, 328, 376; ville, 
II, 178; III, 85, 141, 175, 215, 
217,331. 

Barjols, collégiale, II, 15, 132- 
136, 142, 149, 162, 163; III, 10, 
19, 83, 138, 160, 182, 192, 196, 
243, 270, 307, 414, 420, 432; ville, 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



497 



I, 115; III, 166, 167, 199,224, 
290, 307, 328, 331, 379. 

Barthélémy, évêque de Fréjus, 

II, 69. 

Bathilde (S^e), reine. II, 28. 
Baudricourt (maréchal de), III, 

119 120 122. 
Baudron, n, 96, 178, 193. 
Baume (la), de Fréjus, III, 438, 

442 . 

— de Sisteron, III, 32, 39. 
Baume (Jean de la) , de Coiignac, 

III, 145. 

Baumo de l'Abbat, II, 83. 
Bausset (Bruno de), évêque de 
Béziers, III, 414. 

— cardinal de, III, 414. 

— colonel de, III, 455. 

— (François-Emmanuel de), évêque 
de Fréjus, I, 30, 72; III, 60, 
414-470. 

— (Ferdinand de) archevêque d'Aix, 
III, 414,415. 

Baux (Bertrand de), III, 12, 45, 

54. 
Béatrix, comtesse de Provence, 

III, 30, 32. 

— princesse, III, 49. 
Beaufort, à Gap, II, 173. 
Beaumont (Christophe de), arche- 
vêque de Paris, III, 415. 

Beausset (le), III, 469. 

Beauveau (de), abbé, III, 233. 

Beillon (Henri), doyen de Lorgues, 
III, 244. 

Bélard (Jean de), évêque de Fré- 
jus, III, 93-99, 107, 218. 

Belgentier, II, 158; III, 263. 

Bellay (Jean du), évêque de Fré- 
jus, III, 104-107. 

— (François -René du), père de 
Martin du Bellay, III, 391. 

— (Martin du), évêque de Fréjus, 
I, 30; III, 391-412, 424, 426, 
427 

Bellenger (Gérard), évêque nommé 
deFréjns, III, 204, 205, 207, 472. 



Belley (évêque de), III, 385. 
Bellomat (François), provincial 

des Minimes, III, 144. 
Belzunce (de), évêque de Marseille, 

III, 379, 381. 
Bénédictins, II, 32. 

— DE S^^ Justine de Padoue. III, 
191. 

Bénédictines, III, 38, 213,227- 

229. 
BÉNÉvENT (Guillaume de), évêque 

de Digne, II, 185. 

BÉNÉVENT, III, 69. 

Benoit (S'), abbé, II, 22-24, 26- 
28, 57. 

— Biscop, II, 29. 

— d'Aniane, II, 69. 
Benoit IX, pape, II, 129. 

— XII, — 111,71. 

— XIII, antipape, III, 82, 90, 

91. 

— XIII, pape, III, 370. 

— XIV, — III, 397. 

— évêque d'Avignon, II, 133. 

— évêque de Fréjus, II, 69; 

111,8. 

— (Jacques), de Fréjus, III, 

304. 

— (Nicolas), typographe de 

Turin, III, 132. 
BÉRAR fS*), évêque du Mans, II, 

26. 
Bérard (Jean), minime, III, 239. 
Bérenger, empereur d'Occident, 

II, 91. 

— chanoine de Fréjus, III, 19. 

— marquis d'Ivrée, II, 98, 99. 

— P'', pseudo-évêque de Fréjus, 
11,69. 

— II , pseudo-évêque de Fréjus, 

II. 126, 132, 159. 

— III, alias Bérenger, évêque de 
Fréjus, II, 142, 144-160, 192; 

III, 9, 10. . 

— autre pseudo-évêque de Fréjus, 
III, 32. 

— prieur de Grimaud, II, 150. 



498 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



BÉRENGuiER, chanoine de Fréius, 

III, 19. 
Bermond, chanoine de Fréjus, II, 

149. 

— d'Esparrox, chanoine de Fréius, 
II, 151. 

Bermond (Cornul), évêque de Fré- 
jus, III, 18-20. 

— (Martin), vicaire du Puççet, III, 
134. 

Bernard (S*), abbé de Clairvaux, 

II, 163, 172, 174. 

— de Figanières, sacrisle de Fré- 
jus, III, 46. 

Bernardines, III, 253, 330, 

397. 
Bertrand, abbé de Saint-Eusèbe, 

III, 36. 

— d'André, pseudo-évêque de Fré- 
jus, II, 175-177; III, 12. 

— archidiacre de Fréjus, II, 150. 

— chanoine de Fréjus, II, 154. 

— chapelain, III, 33. 

— I*'", évêque de Fréjus, I, 18; 
II, 130-144, 152; III, 8, 10. 

— II, évêque de Fréjus, II, 161- 
165, 189; III, 9. 

— évêque de Riez, II, 136. 

— pseudo-évêque de Fréius, II, 
126, 131, 132, 159. 

— prévôt de Fréjus, II, io4. 

— frère de Bérenger , évêque de 
Fréjus, II, 144. 

— de Fa venge, chanoine de Fréjus, 

II, 150. 

BÉRULLE (de), cardinal, III, 225. 
Besançon, évêché, I, 63. 
Besse, III, 379. 
Betton, pseudo-évêque de Fréjus, 

11,20,21. 
Beuf (Paul), diacre, III, 224. 
Beuvelet, III, 324. 
Beuvon {S'), II, 101. 
BÉziERs, III, 288, 414, 421. 
BioT, II, 149; III, 20. 
BiscARRY (de), évêque de Béziers. 

III, 288. 



BissAC (Guillaume de), chanoine de 
Fréjus, III, 19. 

Blacas (de), d'Aups, III, 178. 

Blacassius de Almis, II, 170. 

Blaise(SO, II, 115. 

Blanc (Guillaume le), évêque de 
Grasse, III, 208. 

Blanchelande, abbaye, III, 186, 
281. 

Blanquefort, III, 85. 

Blavet, torrent, II, 108. 

Blin (Eustache de), prévôt de Fré- 
jus, III, 312, 319. 

Blois, 11,22, 29. 

— (Etats de), III, 180, 204. 
BoLLÈNE (Raymond de), archevêque 

d'Arles, III, 15. 
Bologne, II, 116; III, 256. 
BoNFiLS (Guillaume), chanoine de 

Fréjus, II, 154. 
Bonhomme (Laurent), ermite du 

Cap-Roux, III, 280, 329. 

— prieur de Collobrières, III, 18. 
BoNiFACE P^ (S*), pape, I, 32, 45, 

58, 66; III, 360. 
BoNNAUO (Bertrand, M'' de Fréjus, 
III, 176. 

— (Joseph), prêtre du Puget, III, 
343. 

— (Pierre), chanoine de Fréjus, 
III, 171, 173. 

BoxNÉE fBonodium), II, 25. 
BoNNEVAL (Jean de), capitaine, III, 

152. 
Bon-Pastelr , noviciat à Fréjus, 

III, 252. 
BoNzi (de), cardinal, III, 317. 
BoQuis (Honoré), prêtre, III, 201. 
Bordeaux, I, 115; III, 301. . 
BoREL (Anne de), religieuse, III, 

227. 
Borgia (saint François), III, 471. 
BoRiGAiLLE [Bourrigaille] (Mons), 

III, 85, 105, 183,215. 
BoRMEs, III, 18, 120-122. 
BoRRELY (Antoine), vicaire de Coti- 

gnac, III, 240. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



499 



Bosc (Robert de), évêque de Mende, 

111,90. 
BoscANDi, abbaye, II, 174. 
BoTTiNY (de), procureur du roi, 

III, 197. 
BoucHEDAiGRE, prieuré de Chartres, 

III, 186. 
BouiLLAC (Louis de) , évêque da 

Fréjus, III, 64, 82-89. 
Bouillon (de), cardinal, II, 15. 

— (Godefroy de), III, 10. 
BouiREGAN (Louis), vicaire général, 

III, 374. 
Bouliers (François de), évêque de 
Fréjus, III, 185-202, 207, 208, 
214,472. 

— (Jean-Louis de), évêque de Riez, 
III, 186. 

— (Louis de), III, 186. 

— (Marthe de), prieure des Claris- 
sesde Sisteron, III, 200. 

— (Michel de), évêque de Riez, 
III, 186. 

— (Philippe de), père de l'évêque, 
III, 186. 

Bourbon (cardinal de), III, 191, 
203. 

— (connétable de) III, 1.'''2. 
Bourges, évêché, III, 64, 287, 415. 
Bourgogne (roi de), II, 18. 
BouRGUET (le), III, 187. 
Bourrol, curé de Saint-Raphaël, 

1,119. 
Bousquet (Pierre), secrétaire de 

Grillon, III, 209. 
Boyer (Glérici), chanoine deFréjus, 

ill, 98. 
Brancas (Marie de), marquise 

d'Ampus, III, 257. 
BRAGUE(la), III, 101. 
Bras, III, 347. 
Brenon, III, 194, 433. 
Brest, III, 281. 
Brézier près de Gap, II, 173. 
Brice (S'), évêque, II, 57. 
Briconius , moine de Lérins, II, 

30. 



Brieuc (S'), évêque, I, 81. 
Brignoles, I, 27; II, 56, 80, 158, 

167; III, 23, 37, 188, 211, 230, 

263, 264, 291, 310, 347, 384, 454, 

456. 
Brioude, III, 66. 
Britto, évêque de Trêves, I, 22, 

23. 
Brogny (Jean de), cardinal, III, 

82. 
Brovès, III, 195,223. 
Brun (François), bénéficier de 

Barjols, III, 327. 
Brunel (Melchior), chanoine de 

Fréjus, III, 197, 201. 
Brunet (Jean), III, 108, 109. 
Bruno (S^), II, 180, 182. 
BuEiL (Louis de), évêque de Vence, 

III, 165. 
Burnis, II, 139. 
BuRLON (Valderoure), III, 421. 
Bus, jésuite, III, 236. 



Garasse, II, 100, 149, 150; III, 
85, 211, 220. 

Gabassole (Philippe de), III, 65, 
76. 

Gabris, II, 48. 

GADiÈRE(la), II, 96, 106. 

Gaderousse, famille, III, 128. 

Gadenet (Pierre), III, 171. 

Gagnes, III, 232. 

Gagnosc (Gonfaron), II, 167; III, 
85, 134. 

Gales, abbaye (diocèse de Greno- 
ble), II, 174. 

Galio (Jean), sculpteur, II, 33. 

Gallas, I, 115-118, 120; II, 75, 

126, 128, 138, 139, 150, 175, 178, 
192; III, 85, 98, 134, 175, 187, 
189, 211, 220, 223, 237, 307, 
327. 

Gallian, Callidianus , I, 72; II, 
35, 36, 40, 42-50, 52-55, 75, 

127, 128, 176; III, 10, 85, 87, 



500 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



142, 143, 179, 202, 223, 2G6, 

290, 291, 306, 307, 382, 394. 
Callixte II, pape, II, 152-154, 156, 

157. 
Calvin, III, 359, 363. 
Gamarat (Ramatuelle), II, 102. 
Camaret, (Bertrand de) , pseudo- 

évêque de Fréjus, III, 23. 
Camaret (Pierre de), évêque de 

Fréjus, III, 39, 40. 
Camelin, famille, III, 205. 

— (Barthélémy de) , évêque de 
Fréjus, I, 117, 119; III; 201, 
203-233, 248, 250, 252, 254, 
276. 

— (Bernardin de), archidiacre de 
Fréjus, III, 299, 306. 

— (Etienne de), consul de Fréjus, 
. 111,214. 

— (Joseph de), chanoine de Fréjus, 
III, 253. 

— (Georges de), père de Pierre, 
III, 229. 

— (Honoré de), du Castellas, III, 
443. 

— (^Pierre de), évêque de Fréjus, 

I, 119; III, 208, 229-231, 234- 
254, 401. 

Campdumy (Flassans), prieuré et 
ancienne paroisse, III, 83, 85. 

Camps, I, 27. 

Candace, reine, I, 16. 

Candia (Bernard de), prévôt de 
Fréjus, III, 102. 

Candolle (Cosme de), III, 177. 

Cannes, II, 149; III, 188,193. 

Cannet (B.du), chanoinedeFréjus, 

II, 183. 

— (le), II, 42, 96; III, 35, 85, 
188, 201, 202, 210, 379. 

Canosse (Italie), II, 116. 

Capella (Baymond de), évéqug de 

Fréjus, III, 15-17. 
Capitou, terre du chapitre à Fréjus, 

II, 183. 
Caprais(S'), I, 36, 39, 78. 
Caprée (Italie), II, 30. 



Caprius (Marc de), chanoine de 

Fréjus, III, 142, 156. 
Cap-Kol-x (le), I, 35-37, 39, 76, 80, 

111,280,329. 
Cara (Pierre), jurisconsulte, III, 

132. 
Garamy, rivière, II, 9. 
Carcassonne, évêché, III, 301. 
Carcès, II, 142, 149, 155, 167, 

III, 85, 134, 211, 220, 264, 289; 

336, 441. 

— (comte de), III, 167, 177, 218. 
Carcistes, III, 177, 179, 186, 

189. 
Carmélis, prieuré (diocèsedeSaint- 

Flour), III, 82. 
Carmes, III, 73, 137, 451. 
Carnoules, II, 12, 167; III, 379. 
Carpentras, II, 8; III, 63. 
Carrassan, famille, II, 102. 
Cassien (S'j, abbé, I, 32, 33, 41- 
*44, 47, 50-52, 58, 76, 77, 103; 

II, 57. 

Carthage (Afrique), I, 41, 
Castellane, II, 188, 190; III, 204, 
453. 

— (Bertrand de), pseudo-évêque 
de Fréjus, II, 188, 189, 191, 192; 

III, 12. 

— Bergomat, chanoine de Fréjus, 
III, 98. 

— (Boniface de), II, 188; III, 
24. 

— (Claude de), prévôt de Fréjus, 
III, 258, 259, 266, 283. 

— (Pierre de), évêque de Fréjus, 
III, 373-390, 392,422, 425. 

— (marquis de), III, 390. 

— (comte de), ÎII, 437. 
Castellet (château du), III, 37. 
Castelly (Fréjus), II, 110. 
Castelnau (Pierra de), III, 15. 
Castille (roi de), III, 79. 
Castillon (Horace de), prévôt de 

Fréjus, III, 98. 
Castor (S'), évêque d'Apt, I, 32, 
42, 43, 45. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



501 



Gassien (S*;, abbé, I, 33, 41- 
44, 47, 50-52, 58, 76, 77, 
103. 

Castrum in/erius (lieu inconnu), 

II, 184. 

Catherine (S'*^), de Gênes, III, 125. 
Cavalaire (Gassin), III, 351 . 
Cavalier (Jean), prévôt de Fréjus, 

III, 397,421, 432, 433. 

— (Jules-Léonce), prévôt de Fréjus, 
III, 442 . 

— (Martin), prévôt de Fréjus, III, 
415, 452, 453. 

Cauvy (de Bagnols), III, 444- 

446. 
Caux (baron de), ingénieur, II [, 

431, 437. 
Cavaroux (Montauroux), II, 140. 
Caylus (cardinal de), III, 71. 
Cécile (S^*^), II, 57. 
Gélestin (S^), pape, I, 45, 47, 48, 

56, 58, 97, 98. 
Célestins (les) d'Avignon, III, 

99. 
Celle (la), II, 190; III, 11 , 

83. 

— RouBAUD (aux Arcs), III, 38, 
52, 58, 98, 99. 

Centumcelles ( Civita - Vecchia ) , 

II, 90. 

CÉRESTE, III, 94. 

Cerverie (Pierre de), prieur de 
Grimaud, II, 186. 

Césaire (S^), d'Arles, I, 53; II, 
8-12, 57,76-78. 

César, I, 15. 

Césarges (Florimond de), vicaire 
général, III, 415, 420. 

Chaban (Armand de), vicaire gé- 
néral, III, 415. 

Chaîne (du), président au Parle- 
ment, III, 216. 

— (Louis du), évêque de Sénez, 

III, 230, 231, 246. 
Chalcédoine, (concile de), I, 40, 

91. 
Ghalons (concile de), II, 21. 



Chalons (évêque de), III, 91. 
Chardon (de), chanoine de Fréjus, 

III, 19. 
Charité (S^*^), II, 57. 
Gharlemagne, II, 77, 88-90. 
Charles II, comte de Provence, 

II, 15, 164; III, 30, 37, 45, 
46, 48, 49, 53. 118. 

Gharles-le-Ghauve, roi de France, 
11,91. 

— IV, roi de France, IJI, 62. 

— VIII, roi de France, III, 126, 
128, 130. 

— IX, roi de France, III, 164, 170, 
171, 186. 

— Martel, II, 73, 80, 87, 88. 

— Quint, III, 152-155. 

— DE Savoie, III, 345. 
Charleville (Fréjus), III, 153. 
Chartres, évêché, III, 57, 71, 

150. 
Chartreux, III, 13, 18, 98. 
Chateaudouble , II, 96; III, 

27, 36, 85, 150, 201, 202, 207, 

212, 339, 347, 352. 
Chateaudun, III, 57. 
Ghateauneuf-d'Avignon, III, 20, 

57. 
Chateaurenard, II, 148. 

— (Guillaume de), II, 143. 
Ghateauvieux, III, 35, 85, 130, 

139, 221, 258, 279, 476. 
Chautard (Antoine), curé de Ba- 

gnols, m, 448. 
Chauvin (Honoré), oratorien, III, 

263. 
Ghélidoine, évêque de Besançon, 

1,63,65. 
Chichester, III, 64. 
Chieusse (Honoré), abbé du Tho- 

ronet, 111,225. 
Chilot (Jean), brodeur à Solliès, 

III, 232. 

Childebert, neveu du roi Contran, 

II, 17. 
Chinay (Jean), libraire, III, 150. 
Chreste, évêque, I, 22, 23. 

32 



502 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Chrodegang (S'), évêque de Metz, 

II, 120. 
Chrysanthe, évéque de Sisleron, 

1,94. 
CiACCA (J. -François), intendant de . 

Z. Ondedei, III, 281. 
CiMiEz (A. -M.), I, 85, 92. 
CiPiÈRES (baron de), III, 175-177. 
Clapier (Roslan), prieur de Vidau- 

ban, III, 43. 
Glarambaud (Guillaume), vicaire 

de Flayosc, III, 105. 
Glausse (Jean), évêque de Sénez, 

II, 53; m, 165, 166, 174. 
Glavel , vicaire du Muy, III, 

253. 
Claviers, II, 96, 178,183,193; 

III, 292,406. 

— ( Bon i fa ce de), chanoine de Fréj us, 
II, 151. 

— (G. de|) , frère d'Hugues, II, 
178. 

— (Hugues de), prévôt de Fréj us, 
II, 178, 180, 182, 183, 185. 

Glément P'" (S*), pape, I, 18; 
11,57. 

— III, pape, II, 194. 

— V, pape, III, 54. 

— VI, pape, III, 64-66, 69, 71, 72, 
80. 

— VII, pape, 111,79, 147,471. 

— IX, pape, III, 272,288. 

— XI, pape, III, 354,359, 380. 

— XIV, pape, III, 424. 

— (Antoine), viguier de Fréj us, 
111,162. 

— (Jean), chanoine de Fi'éjus , III , 
197. 

— (Léonard), vicaire général , III, 
87. 

Glichy, III, 8. 

Clinchard (Jean ou Boniface), cha- 
noine d'Aups, III, 178. 

Clerc (Angeline de), bénédictine de 
Fréjus, 111,227. 

— (Anne de), bénédictinede Fréjus, 
111,227. 



Glereau (Loiret), III, 391. 
Clermoxt, évêché, ville, I, 106; 

III, 67, 102; conciles, II, 146, 

155; III, 10. 

— (le chevalier de), III, 296. 
Clermont-Tonnerre, évêque de 

Fréjus, I, 29; III, 60, 287-299, 

304, 336, 341, 422. 
Glet (S'), 11,57. 
Glotaire i»'', roi de France, H, 

17. 
Clovis II, roi de France, II, 27, 

28. 
Cocharel (Robert de), chanoine de 

Fréjus, III, 48. 
Gœlestius, hérétique, I, 50. 
GoETivi (cardinal de), III, 104. 
GoGOLiN, II, 167; III, 223. 
Golbert, ministre, III, 305. 
CoLLONGUE (Tourves), II, 167. 
Gollobrières, III, 18. 
Colomb, moine de Lérins, II, 30. 

— autre moine, H, 83-86. 
GoLOMBi (Jean), évêque de Troja, 

III, 136, 137. 
Colombier, paroisse, III, 93. 
Gomarque (Bertrand) , évêque de 

Fréjus, III, 44-46. 
GOMPIÈGNE, III, 259. 
Gompostelle (Espagne), I, 15; 

III, 143. 
GoMPs, II, 184; III, 19, 35, 66, 

223. 

— (Raymond de), commandeur, 
III, 19. 

Concorde , archevêque d'Arles , 

1,22, 23. 
CoNDORiA (Pierre de), chanoine de 

Fréjus, II, 185. 
GoNFLMO (Ange-Oddo de), prévôt 

de Fréjus, III, 149. 
GoM (Italie), III, 53. 
Conrad-le-Pacifiqle , empereur 

d'Allemagne, II, 104, 122. 
Constance (concile de), III, 92, 

93. 

— évêque d'Orange, 1, 22, 23. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



503 



Constance, évêque d'Uzès, I, 94. 
Constantin , empereur romain , 
1,21, II, 116. 

— Porphyrogénète, II, 98. 
CoNSTANTiNOPLE (Symbole de), II, 

59. 
CoQUiLLAT, observanlin, III, 289. 
CoBiNTHE (Grèce), I, 12. 
CoRioLis (J.-B.), prévôt de Fréjus, 

111,280,299. 
Corneille (S'), pape, II, 57. 
CoRNUT (Berinond), évêque de 

Fréjus, III, 18-20. 
Corpus Domini (.confréries du), 

111,272, 278. 
CoRRENs, II, 143; III, 20,21. 
CosNAC (Daniel de), archevêque 

d'Aix, III, 313. 
CossA (Jean), III, 115. 
Coste (Raymond de), chanoine de 

Fréjus, II, 18G. 
Cotignac, II, 9G; III, 21, 28, 

29, 85, 145, 108, 211, 240, 

264-266, 278, 327, 329, 336, 

340, 343, 347, 348, 377, 379, 380, 

396, 401; N.-D. de Grâces, Ora- 

loriens, III, 222, 223, 225, 262. 

265, 266, 290, 307, 325, 388, 

389. 

— V. Guillaume de. 

GoTTAN (Claude), économe du grand 

séminaire, III, 294. 
Cotte (Honorât, prieur d'Entrecas- 

teaux, III, 169. 
Coulomb, théologal^ III, 432. 
CouRMiERS (Seillans), III, 422. 
CouTANCES, évêché, III, 313. 
Grillon (connétable de), III, 205, 

207-209. 
Cromwel, III, 258. 
Crussols (comte de), III, 167. 
CuERS, II, 167; III, 98. 

— (Pierre de), chanoine de Pignans, 
III, 33. 

Cyi'rien (S^), évêque de Toulon, 
II, 8, 10-12, 48. 

— martyr, II, 57, 60. 



Cyrille CS') d'Alexandrie, III, 
358. 



Daconis (Raymond), évêque de 

Fréjus, III, 78, 179. 
Dalmas (Boniface), chanoine de 

Fréjus, III, 48. 
Damian, prévôt de Pignans, III, 

415. 
Datil, de Moustiers, II, 184. 
Delphin (Barthélémy) , prieur de 

Callas et de Callian , III, 134, 

143. 

— (Gaspard), maçon au Muy, III, 
192. 

Delphine (S*«), III, 71. 

Demolin , médecin à Flassans , 
III, 341. 

Denans (Jean-Baptiste, supérieur 
du grand séminaire et vicaire 
géne^^^l, III, 415, 424, 441. 

Denaud (Pierre), évoque de Mire- 
poix, III, 201. 

Denigris (Jean-Baptiste), évêque 
de Tripoli, III, 118, 124, 126, 
131, 136, 138, 139, 471. 

Denys (S') , l'aréopagite , I , 17, 
29. 

DÉsiDÉRY (Maurice), vicaire géné- 
ral, III, 223. 

Desparra, prévôt de Toulon . III, 
291. 

Deuthère (S'), évêque de Nice, 
I, 115. 

Didier, évêque de Fréjus, II;, 7, 
8, 15, 16; III, 8. 

Didyme, diacre, II, 10. 

— évêque de Riez, II, 11, 12. 
Digne, évêché, II, 185; III, 384, 

424. 

— (Etienne), prieur de Bargemon, 
III, 169. 

Dijon (Parlement de), III, 245, 

247. 
Directoire de l'église de Fréjus, 

I, 54,55; III, 51. 



504 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Doctrinaires de Draguignan (l'é- 
glise des), III, 453. 

DoDOiN (Foulques), notable de Ro- 
quebrune, II, 137, 145. 

Dominicains, III, 32, 39, 45, 94, 
277, 452. 

Dominique, chanoine de Fréjus, 

II, 180. 

DoMNiN (S^), martyr, I, 117. 
DoNADiEu, missionnaire, III, 441. 
DoRiA (Luc), III, 100. 

— , amiral, III, 152. 

Draconis (Nicolas), archiprêtre de 
la Mole, III, 138. 

Dragon (le), (Draguignan), I, 
83. 

Draguignan, collégiale, religieux, 
etc. II, 148, 161, 162, 176; III, 
32, 35, 45, 85, 96, 102, 160, 
162, 163, 168, 180, 182, 193, 194, 
210, 225, 227, 236, 238-240, 
245, 267, 270, 292 , 308, 328-330, 
333, 337, 348 , 377, 382, 392, 394, 
398-400, 451, 452 ; ville, 1,8, 61, 
80, 81, 83, 84, 88, 117; II, 
96; III, 19, 24, 28, 29, 41, 
46, 86, 89, 90, 94, 97, 105, 
109, 118, 130, 188, 189, 192, 
210, 216, 220, 221, 246, 267, 
286, 331, 396, 400, 401, 403, 409, 
416, 419, 423-425 , 427, 433, 435, 
436, 452, 456, 465, 471, 477, 
478. 

Dublin (Irlande), II, 76. 

DuÈZE (Jacques), d'Euze ou d'Ossa, 
évêque de Fréjus, III, 47-54. 

Du Pin (Pierre), évêque de Fréjus, 

III, 68. 

Durand, chanoine de Draguignan, 
III, 271. 

— évêque de Vence, II, 129. 



Edouard III, roi d'Angleterre, III, 

71. 
Efflam (S'), I, 81. 



Eleuthère, abbé de Lérins, II, 
89. 

— moine de Lérins, II, 83-87. 
Elisabeth, reine d'Angleterre, III, 

175. 
Elzéar de Sabran (S*), III, 71. 
Embrun, I, 22, 78, 79; II, 18, 

19, 100, 173; III, 20, 49, 130, 

131, 134, 165,' 384, 386. 
Emilien , évêque de Die, I, 22, 
23. 
Emmanuel, évêque de Fréjus, III, 

81. 
Enantius, évêque, I, 94. 
Entraigues (Vidauban), III, 37. 
Entrecasteaux, III, 50, 196, 211, 

240, 274, 331, 378. 
Eorte, évêque d'Orléans, I, 22, 

23. 
Epiphane, évêque de Fréjus, II, 

16-18, 20; III, 8. 
Erard ou Ayrard , évêque, II, 

72. 
Ermengarde , comtesse de Nar- 

bonne, II, 174. 

— femme d'Hugues de Callian , 

II, 46, 47. 
Escale, II, 193. 

Escas (seigneurie des) à Fréjus, 

III, 438, 442. 

Esclans (le Muy), III, 14, 30, 35, 
85. 

— (Bertrand d'), chanoine de Fré- 
jus, II, 185. 

— (Raymond d'), chanoine de Fré- 
jus, II, 151, 154. 

Esclapon (Jean-Baptiste) , prieur 

de la Napoule, III, 397. 
Escragnoles, III, 35, 85, 229, 258, 

279,327. 

— (le sired'), III, 154. 
Espérance (S"^), II, 57. 
EspÉREL (seigneurie d'), III, 172. 
Espitalier (Jean), ménager de 

Fréjus, II, 115. 

— (d'), maire de Fréjus)., III, 
346. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



505 



EsTAiNG (Guillaume d'), évêque de 

Fréjus, III, 103. 
Estel (Fréjus), III, 231, 249, 351. 
EsTÉREL (i'), III, 155, 181,^231, 

249. 
EsTiENNE (Antoine d'), archiviste, 

III, 442. 
EsTivENT (Claude), prieur desDomi- 

nicains de S'-Maximin, III, 171. 
EsTouBLON, capitaine des Razats, 

III, 177, 189. 
EsTOUTEviLLE (cardinal d'), III, 103. 
Etienne, diacre de Saint-Césaire, 

II, 10. 

— évêque de Garpentras, II, 133. 

— II, pape, 11,89. 

— (S'), diacre, II, 29, 57, 114. 
EucHER (S*-), évêque de Lyon, 

I, 29, 41, 43, 52, 80, 112; III, 
191, 204. 

EucHÉRiE, dame du Luc, II, 9. 
Eugène P'" {S^\ pape. II, 25. 

— III, pape, II, 162, 1H6. 

— IV, pape, III, 97, 100. 
EuMÈNE, évêque, I, 22, 23. 

EuRic , roi arien , I , 113-115 ; 

II, 5. 

EusTORGE, abbé de Saint-Victor, 

II, 193. 

EuTiCHE ''Eutychès) , hérétique , 

III, 354.' 

EvoDE, évêque, I, 22, 23" 
EvREux, III, 302, 392, Al'A. 
ExupÈRE (S^), évêque de Toulouse, 

I, 96. 
ExsPECTAT, évêque de Fréjus , II, 

16;I1I, 8, 9. 
Eymoutiers (prévôté d'), III, 76. 
Eynard, évêque de Toulon, II, 

179-181. 
EzÉCHiEL, prophète, II, 59. 



Fabien (S'), pape, II, 57. 

Fabre (Gabriel), provincial des 

Franciscains, III, 223. 
— curé de Lodève, III, 316. 



FABRi(dej, 111,215. 
Faisans (ile des), III, 262. 
Fanguatoris CArinand), chanoine 

de Fréjus, III, 98. 
Faron (S*), évêque de Meaux , 

III. 8. 
Faucher (Denys), abbé de Lérins, 

III, 161. 
Fauste (S''), évêque de Riez, I, 

41, 52, 75-78, 91-96, 102, 115; 

II 29. 
Fav'as, III, 35, 51, 58, 85, 107, 159, 

215. 

— (Bertrand de), évêque de Fréjus, 
III, 22-26. 

— (Raymond de), III, 24. 
Fayknce, II, 42; III, 24, 80, 

84-88, 95, 105, 108, 109, 116, 
130, 141, 145, 148, 174, 179, 183, 
184, 192, 194, 196, 215-217, 220, 
223, 227, 251, 261, 278, 279, 281, 
283, 306, 331, 341, 342, 376, 379, 
383, 394, 404, 406, 450, 472-474. 

— (V. Bertrand de). 

— (V. Guillaume de). 

— (V. Pierre de). 
Félicité (S'«), II, 57. 
FÉLiXj évêque, I, 22, 23. 

— V, antipape, III, 101, 103. 

— (SO, m, 278, 403. 
Ferrare (Italie), III, 470. 
Ferrière Ha) (Séranon), III, 422. 
Ferrieris (Pierre de), III, 53. 
Feso (Italie), III, 115. 

Fiacre (le frère), III, 262. 
FiESQUE (André de), chanoine de 
Fréjus, III, 139, 172. 

— (Augustin de), prieur de N.-D., 
III, 139. 

— (Hector de), avocat consistorial, 
III, 115, 117. 

— (Jacques, Jean et Laurent de), 
frères de S'^ Catherine de Sienne, 
III, 125. 

— (Nicolas de), évêque de Fréjus, 
III, 118, 124-128, 131-149, 100, 
170. 471. 



506 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



FiESQUE (Philippe de), prieur d'Am- 
pus, III, 139 

— (Pierre de), vicaire de la Martre, 
III, 139. 

— (Urbain P'' de), évêque de Fré- 
jus, III, 112-126. 

— (Urbain II de), évêque de Fréjus, 
III, 131, 139-142, 147. 

FiGANiÈREs, III, 35, 172, 441. 

— (V. Bernard de). 

Fi LHOLr( Antoine dit Imberti), arche- 
vêque d'Aix, III, 135, 151, 157. 

FiRMiN, évêque, II, 10. 

Fitz-James (de), évêque de Sois- 
sons, I, 109. 

FiuME (Italie), III, 470. 

Flaran, abbaye, III 461. 

Flassans, II, 145; III, 85, 160, 
161, 167, 183, 211, 223, 278, 
327, 341,378, 379, 456. 

Flayosc, III, 30, 41, 85, 86, 95, 
118, 223, 240, 253, 278, 279, 
327, 341, 342, 382. 

Flayosql'et (le), III, 85, 382. 

Fleury (duc de), III, 372. 

— (Hercule de), évêque d3 Fréjus, 
III, 279, 310, 315-372, 384, 390, 
401, 475,477. 

— (Jean de), père d'Hercule, III, 
316. 

Fleury-sur-Loir, abbaye, II, 22, 

23, 27, 28, 32, 33. 
Floren:t, évêque de Vienne, I, 

22, 23. 
Florence (Italie), H, 116. 
Florièyes, II, 163, 164; III, 20. 
Flour (Jacques), chanoine de Dra- 

guignan, III, 245. 

— (SM, évêque de Saint-Paul, I, 
94. 

Fœgade, évêque d'Agen , 1 , 22 , 

23. 
Foi fS'«), II, 57. 
Font (Guillaume de la), évêque de 

Fréjus, III, 41-43, 79, 80. 
FoRBiN (Louis de), (conseiller au 

Parlement, III, 140. 



Forcalqueiret, III, 379. 
FoRCALQUiER fcomtc de), III, 19. 

— (V. Guillaume de). 

FoRLi (Italie), évêché, I, 104; 

II, 71, III, 8, 165. (V. Frioul). 
FoRNARiE (Othon), prévôt de Fré- 
jus, III, 31. 

FùRESTA (de), III, 215. 
ForumjuUi, Forojuliensis, I, 103, 

104; II, 7, 13,20, 35, 36,42, 43, 

58, 71; III, 68, 164, 165. 
Forum Voconii, II, 94. 
Foulques (V. Dodon). 
FouQUES, abbé de Florièyes, III, 

20. 

— prévôt de Fréjus, III, 29. 

— pseudo-évêque de Fréjus, H, 
192, 193, 196; III, 12. 

FossiÈRE (de). V. de la Treille. 
Fox (Bertrand de), III, 38. 

— (Guy de), archevêque d'Aix, 

III, 18. 20. 
Fox-Amphoux, III, 85, 195, 

401. 
François I®"", roi de France , 
152, 156, 159. 

— provincial des Minimes, 
122. 

— de Koquebrune, capiscol de Fré- 
jus, III, 48. 

— Borgia, III, 471. 

— (S') d'Assises, III, 225. 

— DE Paule, I, 72; III, 119-124, 
158; 198,221, 419,441. 

— DE Sales, III, 253. 

— Xavier, III, 238, 470. 
Francolis (Guillaume), vicaire de 

Châteaudouble , III, 150, 155, 

156. 
Fraxinet (le), H, 47, 49,75, 91, 

92, 95, 97-101. 
Frédolon d'Anduse, évêque de 

Fréjus, II, 175, 177-189, 191; 

alias Fûuques, II, 192-196; III, 

9,11,13. 

— chanoine de Fréjus, II, 180. 

— prévôt de Fréjus, II, 178. 



III 



III 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



507 



Fréjus, évêché, siège, évêques, 
église, I, 7, 8, 11, 13, 17- 
25, 27-29, 37, 40, 41, 53, 54, 
56-58, 62, 67, 68, 71, 74, 
77, 80, 83-86, 89, 96, 98, 
103, 107, 108, 111, 112, 115, 
117; II, 6, 7, 9, 13, 16, 20, 
21, 38, 44, 55, 57, 68-72, 
75, 103, 104, 107, 109, 114, 
117, 123, 125, 130, 131, 133, 136, 
137, 140, 147-149, 152, 154, 156- 
158, 162, 171, 179, 181, 182, 186- 
191, 193-196; III, 5, 10, 11 
13, 14, 16-23, 25, 28, 29 
32-34, 37-39, 41, 43, 45 
50-58, 64-66, 73-76. 78-81 
87, 89, 91, 94, 96, 101-104 
107, 109, 110, 112, 113, 126 
127, 129-131, 134, 136, 138, 140 
147, 148, 153, 155-157, 159, 162 
163, 170, 172, 175, 179, 182, 186 
190, 191, 204, 205, 211-213, 216 
219, 223, 224, 229, 231, 234, 244 
247, 251, 256-259, 265, 271, 272 
278, 292, 300, 301, 303, 305, 312 
313, 318, 328, 333, 341, 342, 345 
.370, 373, 385, 391, 393, 400, 406 
414, 433, 435, 436, 440, 444, 448 
452, 470-472 ; chapilrc, II , 176 
III, 11, 14, 30, 36, 39, 46 
59, 86, 106, 125, 133, 136, 139 
201, 202, 223, 246, 249, 282 
312; diocèse, I, 19, 31, 34, 38 
44, 56, 83, 85, 91; II, 35 
38, 87, 127, 132, 134, 135, 150 
III . 224, 252, 294, 319, 379, 412 
426, 440, 456, 469; chapelles 
couvents, hôpital, I, 27, 72 
II, 38, 127, 137; III, 25 
143, 184, 188, 221, 225-229, 232 
237, 252, 253, 259, 261, 262, 266 
275-277, 279, 280, 282, 308, 316 
330, 334, 340, 370, 378, 380, 388 
390, 394, 397, 411, 412, 417 
séminaire, III, 205, 224, 276, 282 
285, 292-294, 308, 309, 322 
354, 378, 414, 424, 430; ville 



I, 14-17, 19-21, 25, 30, 32, 
34-36, 38, 56, 62, 70, 72, 
74-76, 104, 112, 115, 116; 

II, 18, 36, 41, 44, 48, 65, 
96, 106, 107, 114, 123, 132, 141, 
147, 154, 188, 190; III, 26-28, 
31, 40, 43, 50, 51, 56, 61, 
63, 65, 66, 73, 77, 84, 87, 
89, 90, 95, 107, 108, 110, 115, 
117-119, 121, 122, 124, 130, 
132, 133, 138, 140-142, 144, 146, 
149, 188, 207, 209, 214, 215, 217, 
218, 227, 229, 231, 233, 244, 250, 
252, 254, 260, 261, 263, 267, 269, 
270, 279, 283, 284, 288, 296, 297, 
304, 305, 310, 320, 321, 325, 328, 
329, 343, 344, 346, 347, 351, 365, 
369-371, 374, 382, 389, 390, 392, 
395-398, 401, 409, 415, 419, 420, 
425, 427, 428, 431-438, 442-444, 
450, 465, 476. 

Frères-Prêcheurs, III, 130. 
Freynet (le), III, 86. (V. Fraxinet). 
Frigitil , reine de Souahe I 

60. 
Frioul, I, 103, 104; II, 41, 43, 

44, 71; III, 8, 165. 
Fumée (Louis de), gentilhomme de 

la chambre du roi, III, 219. 



Gâche (Sébastien), minime, III, 

238. 
Gailet, prieuré de Tourves , II, 

167. 
Gairaldi, chanoine de Fréjus , II, 

180. 
Gairard, chanoine de Fréjus, II, 

180. 
Gally (Marc de), vicaire général, 

III, 149. 
Gantelme (Jacques), chanoine de 

Fréjus, III, 48. 
— (Pierre), chanoine de Fréjus, 

III, 48. 
Gap, II, 18, 72, 100; III, 5, 38, 49, 

58,365,385. 



508 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Gapeau (lej, rivière, III, 39. 
Garcias Lasso ou Garcilasso de 

Véga, poêle espagnol, III, 471. 
Garcin, chanoine de Draguignan, 

III, 271. 

— curé de Saint-Tropez, III, 450. 

— (Louis), vicaire de Grimaud, 
III, 236. 

Garcinières (les) (Cogolin), II, 

167. 
Garéoult, III, 379. 
Garde-Freinet (la), II, 92, 101, 

167; III, 212, 223,306. 
Garde (de la), procureur général 

au Parlement de Provence, III, 

476. 

— (Jean-Foulques de la), prévôt de 
Fréjus, III, 171, 197. 

Gardiol, curé de Callian, III, 

452, 454, 461, 463, 467. 
Gardon, curé de Saint-Xazaire, 

III, 464. 
Garidelli (Antoine), médecin, III, 

193. 

— (Audoin), évéque de Vence, III, 
193, 195, 202. 

Garin, abbé de Lérins, II, 152, 
160. 

— prieur de Correns, II, 183. 
Garlande (Etienne de), archidiacre 

de Paris, II, 172. 
Garnier , abbé de Lérins , II , 
124. 

— oratorien, III, 464. 

Gassier , lieutenant-colonel d'in- 
fanterie, III, 379. 

— (François), curé de Flassans, 
III, 415, 456, 457, 459. 

Gassin, II, 94; III, 35, 50, 195,223, 

394. 
Gaston, curé de Sillans, III, 469. 
Gatien {S^), évêque de Tours, 

I, 16. 
Gaucelme , abbé de Lérins, II, 

126. 

— évéque de Fréjus, II , 124-130, 
132; III, 8. 



Gauffred, de Signes, II, 174. 

— (Guillaume), capiscol de Fréjus, 
III, 116, 117. 

Galsselin. (V. Gaucelme). 
Gautier (Charles), chanoine, vicaire 
général, III, 216. 

— (Cotignac), II, 96. 
Gaza, I, 16. 

Geffroy, de Marseille, II, 174. 
Gélase (S'), pape, II, 166. 
Génébrard, III, 204. 
Gênes (Italie), I, 52; III, 37, 

119, 125. 
Genès (S^), martyr, II, 57, 
Genséric , roi des Vandales, II, 

39, 77. 
Gentilis (Sigismond), III, 142. 
Geoffroy, frère de l'évêque Béren- 

ger, II, 144. 
Georges (S'), martyr, II, 57. 
Géraud (S^), II, 57. 
Germain (S') d'Auxerrr, I , 60 ; 

11,57. 
Germond (Pierre), théologal de 

Fréjus, III, 230. 
Gibelin, archevêque d'Arles, II, 

148, 151. 
Gilbert, comte de Provence, II, 

14. 

— de Baux, III, 37. 

Gilles (Juvénis), évêque de Fréjus, 

III, 90-93. 
Gilly (Donnât), capiscol de Fréjus, 

III, 188, 195. 
Girard (Ktienne), provincial des 

Dominicains, III, 228. 
GiRAUD, chanoine de Fréjus, II, 

184, 185. 
GiRiEUD (Jacques), vicaire de Tri- 

gance, III, 150, 156. 
GiRiN , abbé de Correns , III, 

20. 
GiRONNE (évêque de), II, 158. 
Glaize, prieur de Saint-Auban, 

m, 450. 
Glandevès, II, 18; III, 173, 384, 

456, 469. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



509 



Glaucome , religieuse d'Arluc , 

II, 31, 32. 

GoBEL, mélropolilaiti de la Seine, 

III, 465. 

OoDEAU, évèque de Grasse, I, 84, 

85,89, 119; III, 238. 
GoMBAUD (Jean), évèque de Toulon, 

III, 94, 98. 
GoMBERT (François), oratorien , 

III, 263. 

GONDEBAUD, II, 17. 

GoNFARON, II, 12, 88, 94, 167; 

III, 34, 85, 134, 180, 202, 

211, 306, 308, 380. 
GoNTHAiRE ou GoNTAR, évèque de 

Fréjus, II, 70, 72, 104, 105, 

III, 8. 
GoNTRAN, fils de Glotaire I*^'', II, 

17. 
GoBDES (seigneur de), III, 218. 
GoRGiA (château de), II, 107. 
GoTHON (Jean), pseudo-évêque de 

Fréjus, III, 107. 
GOURDON, II, 149. 
Gramagi (Bertrand de), II, 186. 
Grammont, abbaye, III, 134. 
Grand-Prieur (le), III, 187. 
Grande -Chartreuse (la), II, 

181 . 
Granegone (la) (Draguignan), III, 

189. 
Gras, curé de la Roque-Esclapon, 

III, 452. 
Grasello , monastère , II , 21 , 

68. . 

Grasse, évêché , ville, diocèse, 

I, 88, 119; II, 40, 194; III, 

II, 20, 28, 31, 45, 115, 156, 
188, 199, 238, 252, 261, 272, 383, 
384, 453, 456. 

— (de), famille, II, 43-48. 

— (Jean de), évèque de Grasse, 

III, 254. 

— (Louis de), gouverneur de Pro- 
vence, II, 48, 55; III, 142. 

Grassel (Honoré) , chanoine de 
Barjols, III, 169. 



Grassi (Barthélémy), évèque de 
Fréjus, III, 55-61,65,97. 

Gratien , prêtre ds Fréjus, II, 
16. 

— (S''), évèque de Toulon, I, 
115. 

Graveson, III, 37. 
Grégoire-le-Grand, (S^), I, 15; 

II, 57. 

Grégoire V, pape, II, 122. 

— VII (St\ pape, II, 140. 

— XI, pape, III, 79. 

— XIII, pape, III, 191. 
Grenoble, II, 174; III, 385. 
Grenon (Claude), chanoine de 

Grasse, III, 156. 

— (Michel de), vicaire de Fayence, 

III, 56. 

Grignan (le comte de), gouverneur 

de la Provence, III, 306. 
Grimaldi (Gibelin de), gentilhomme 

provençal, II, 101. 

— (Humbertde), pseudo-évèque de 
Fréjus, II, 187-189, 193. 

— (Raymond de), évèque d'Antibes, 

II, 193. 

— (cardinal de), archevêque d'Aix, 

III, 304. 

— (de), famille, II, 187. 
Grimaud, II, 42, 92, 97, 149, 

150, 159, 164, 186; III, 85, 135, 
192, 212, 223, 322, 378. 

— (golfe de), III, 166, 180, 188. 
(V. Sambracitain). 

Griminum, ï, 61, 80-82, 87. 
Grolcan (Michel), vicaire général, 

III, 104. 
Gros de Besplas (Joseph), vicaire 

général, III, 415. 
GuBERT, chanoine de Fréjus, III, 

19. 
Guérinet (Denys), frère de l'évè- 

que, III, 107. 

— (François), frère de l'évèque, 
III, 107. 

— (Léon), évèque de Fréjus, III, 
106-110, 158. 

33 



510 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



GuÉRiNY, visitandine, III, 399. 
GuEYBiER (Marc), III, 206. 
Guîde-Truan (V. Truan). 
GuiGUES (le dauphin), III, 58. 
Guillaume, archevêque d'Embrun, 

II, 173. 

— archidiacre de Fréjus, II, 185. 

— comte de Forcalquier, III, 16. 

— P'", comte de Provence, II, 46, 
47, 94, 101, 102, 105, 107-109; 

III, 9. 

— P*", évêque de Fréjus, II, 165- 
171. 

— évêque de Vence^ II, 184. 

— de Cotignac, III, 28. 

— de Fayence, III, 25. 

— de Forcalquier, II, 157. 

— d'Hyères, III, 53. 

— III, de Montpellier, seigneur 
Languedocien, II, 45. 

— de Poitiers, chevalier du Tem- 
ple, II, 150. 

— frère de l'évêque Bertrand, II, 
132. 

— (Lombard), chanoinedeBarjols, 
III, 18. 

— (Lombard), de Fréjus, II, 183. 

— LE Jeune, vicomte de Marseille, 
1,116; II, 128, 137, 139. 

— (Raymond), de Flayosc , III, 
30. 

— (Raymond), comte de Provence, 
111,11. 

— sacriste de Fréjus, II, 150. 

— III OIT Taillefert , comte de 
Toulouse, II, 46. 

GuiLLON (Auguste), prieur de Saint- 
Biaise, III, 169. 
• Guy, empereur d'Occident, II, 
91. 

GuYOT d'Uzière, vicaire général, 
III, 415. 



Harcourt (collège d'), III^ 316. 
Harley (de), archevêque de Paris, 
III, 288. 



Hebron, évêché, III, 150. 
Hellade, abbé, I, 42, 43. 
— évêque, I, 43, 

HÉMON (Pierre), vicaire généaal, 
III, 101. * 

Henri III, roi de France, III, 191. 

— IV, roi de France, III, 203- 
205, 207, 208, 211, 472. 

— cardinal, III, 15. 

— Dauphin de France, III, 156. 
Henriciens, hérétiques, II, 163. 
Henriette de France, reine d'An- 
gleterre, III, 303. 

Heraclea Cacahar'ia, II, 94. 
Héraud, curé de Fréjus, III, 462. 
Herculanus, consul, I, 101. 
Hermance, mère de l'évêque Bé- 

renger, II, 144. 
HiLAiRE, moine, I, 48. 

— (S'), d'Arles, I, 35, 39, 41. 
63, 66, 67, 70, 78, 90, 91, 
112; III, 204. 

— (SO, pape, I, 103. 
HlPPOLYTE (S'), H, 57. 
Hippone, I, 48, 52; II, 39. 
Honorât, évêque. H, 72. 

— (S'), évêque d'Arles, I, 30, 
34-41, 43, 52, 58, 74, 77, 
80, 86, 91, 111, 113; II, 29, 
57, 141, 160; III, 204, 403. 

— évêque de Marseille, I, 39; II, 
11, 12. 

HoNORius II, pape, II, 153, 154. 

— III, pape, III, 24. 
HoROLOGE (Joseph), vicaire géné- 
ral, III, 161. 

Hospice (SO, II , 18. 
Huguenots, II, 33 ; III, 168. 
Hugues (Adalbert), II, 139. 

— comte de Provence, II , 97- 
99. 

— de Claviers, prévôt de Fréjus, 
II, 178, 180, 183. 

— de Draguignan , chanoine de 
Fréjus, II, 151, 154. 

— de Marseille, fils du vicomte 
Raymond, II, 174. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



511 



Hugues, frère de l'évêque Bertrand, 

II, 132. 

— prévôt de Pignans , II, 174, 
183. 

— prince de Callian, II, 46, 47. 
HuMBERT, chanoine de Fréjus, II , 

150. 

— pseudo-évêque de Fréjus, II, 
20. 

HuMBERT, pseudo-évêque de Fré- 

jus, II, 71, 72. 
HuRAULT DE l'Hôpital (Paul), ar- 

chevêque d'Aix, III, 221. 
Hyddes, évêché in partibus, III, 

164. 
H^ÈRES, I, 33, 76; II, 87, 183; 

III, 37, 82, 382, 454. 



Ignace (S'^), martyr, II, 57. 

Iles d'Or, III, 37. 

Ildefonse P'', roi d'Aragon et comte 
de Provence, II, 164, 170, 171, 
182, 183, 188-191; III, 11, 78. 

— II, comte de Provence, LU, 15, 
16, 19. 

Imbert, chanoine de Fréjus, II, 

154. 
Imberti. (V. Filholi.) 
Ingénuus, évêque d'Embrun, I, 

94. ■ 
Innocent I«'' (S*), pape, I, 97. 

— II , pape, II, 155, 159, 162, 
166, 170. 

— III, pape, II, 195, 196. 

— IV, pape, III, 31. 

— VIII, pape, III, 126. 

— X, pape, III, 358. 

— XII, pape, III, 361. 

— XIII, pape, III, 358. 
Intervallis, III, 50. 
IsAAC, abbé, I, 43. 

IscLE(r) (Fréjus), III, 181, 281.. 
IsNARD (Clément), évêque de Glan- 
devès, III, 208. 

— (K()staing),évèquedèGlandevès, 
III, 230. 



Israël , archevêque d'Aix , Il , 

104. 
IssY, III, 372. 



Jacques, abbé de Saint-Afrodise 
(Béziers;, III, 33. 

— pseudo-évêque de Fréjus , II , 
20,21. 

— religieux de Lérins, II, 33. 

— (St), apôtre, I, 15, 16. 
Jansénistes, Jansénisme, I, 109; 

III, 339, 354, 359, 361, 362, 367, 
383,389,411. 
Jean, archevêque de Vienne, III, 
26. 

— (Ancêtre), chanoine de Fréjus, 
II, 154. 

-- évêque de Fréjus, II, 6-8, 15, 
16; III, 8. 

— II, pseudo-évêque de Fréjus, 

II, 70, 71. 

~ XIII, pape, II, 71. 

— XXII, pape, III, 54, 56, 57, 
59, 75. 

— de Seillans, vicaire, III, 86. 

— prêtre assermenté, III, 464. 

— procureur deNicolasdeFiesque, 

III, 471. 

— (S') Ghrysostome, I, 15. 
Jeanne (la reine), III, 65, 71, 

78. 
Jehan (Antoine), prêtre de Fréjus, 
III, 206. 

— (Paul), maçon de Fréjus, III, 
280. 

JÉRÔME (S'), I, 15; 11,57. 
Jérusalem, II, 103; III, 10; 

patriarcat, III, 72-74. 
Jésuites, I, 27; III, 238, 275, 

276, 316, 397, 412. 
JoLY, évêque d'Agen, III, 324. 
Jonquiéres, II, 70. 
Jordani (Bernard), ministre de 

Charles IV, III, 62. 
JoRDANY (M»'")) évêque de Fréjus, 

III, 60. 



512 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Joseph (S<0, II, 113; III, 135, 265, 
266, 291, 350. 

JouRDAN, curé assermenté de Si- 
gnes, III, 464. 

— (Joseph), prêtre assermenté, 
III, 464. 

JoviNiEN, abbé, I, 43. 

Jules II, pape, III, 136, 139, 146. 

Julien, hérétique, III, 359. 

— pseudo-évêque de Fréius, I, 
27. 

Julien (S'), martyr, II, 57. 
JusT, évêque, I, 94. 
Juste (Philippe), clavaire de l'évé- 
ché, m, 115. 

— (S^), évêque de Lyon, I, 22 
23. 



Laget, ingénieur, III, 431. 

Lamy ou Amici (Guillaume), évêque 

de Fréjus, III, 64, 70-74. 
Lambert (SO, III, 403. 
Lambesc, III, 431, 434, 435, 437. 
Landa (Césaire de), abbé de Lérins, 

III, 178. 
Landéric, évêque, II, 72. 
Langres, évêché, III, 318. 
Laon, III, 205. 

Latil (famille), III, 400, 425, 427. 
Latour, intendant, III, 426, 444, 

445, 447. 
Latran (palais de), II, 157, 195. 
Laugier , de Roq\iebrune , III 

29. 
Laurensy, curé de Caslellane , 

III, 453. 
Laurent (S'), martyr, II, 57; III, 

145. 
Lauret (Lauri), vicaire général , 

III, 156. 
Lautrec (Alby), III, 80. 
Lauzade (la) (Le Luc), III, 85. 
Lavandou (le), III, 120, 122. 
Lavaur, évêché, III, 301. 
Lavène (de), dominicaine de Fréjus, 

III, 228, 229. 



Lazare (S'), I, 14, 18. 

Lebrun, oratorien, I, 54; II, 56, 

57. 
Lejeune (P.), prédicateur, III, 

325. 
LÉON, porphyrogénète, empereur, 

II, 91. 

— P-- (S'), pape, I, 56, 57, 63-70; 
90, 96,98; 111,298. 

— X, pape, III, 134, 145, 147, 159. 
LÉONCE, abbé, I, 43. 

— (S»), évêque d'Apt, I, 44, 65, 
115. 

— (SM, évêque d'Arles, I, 29, 65. 

— (S'), évêque d'Autun, I, 65. 

— (S'), évêque de Besançon , I , 
65. 

— (S'), évêque de Bordeaux, I, 
29. 

— (S'j, évêque de Fréjus, I, 12, 
26-74, 83, 86, 89-91, 95, 
97, 103, 104, 112, 115; II, 57, 
67, 105-107, 141, 160; III, 8, 
294, 403, 470. 

— (S'), évêque de Sion. I, 65. 

— II (S'j, pseudo-évêque de Fréjus, 
I, 29, 30, 103, i04, 115; III, 
440. 

Leporius, moine, I, 28. 

LÉRINS, I, 27, 33, 35-39, 41- 
43, 46, 47, 51-55, 58, 62 
71 , 74-81 , 85, 86, 91-94 
106, 108-111; II, 22, 23, 28- 
34, 45, 46, 75, 86, 88-90 
94, 124, 126-128, 131, 132,136 
137, 140-143, 145, 147-149, 152- 
162, 175, 176, 194; III, 10, 25 
37, 58, 99, 161, 186, 188, 190 
191,204, 233, 329. 

Letellier, ministre de Louis XIV, 

III, 305. 

Lezat, abbaye, III, 80. 

Ligugé, abbaye, I, 33. 

Liens (Jean), contrôleur de la ma- 
rine, 111,252. 

Limoges, 1, 16, 115; III, 70, 71, 7.3, 
76, 92. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



513 



Lin (S*^), pape, II, 57. 
LODÈVE, III, 316. 

Lombard de Gourdon, co-seigneur 
de Monlauroux, III, 251. 

— (Joseph)^ chanoine de Dragui- 
gnan, III, 452, 453. 

LoRGUES , collégiale , chapelles , 
couvents, I, 117; III, 92, 
156, 182, 225, 243, 244, 266, 
270, 313, 330, 336, 348, 377, 382, 
395, 399, 406, 422, 424; ville, II), 

134, 135, 188, 189, 192, 196, 199, 
220, 236, 274, 279, 290, 291, 313, 
328, 409, 465, 477. 

Loriot, jésuite, III, 325. 
Louis 1®'' le Pieux, roi de France, 
II, 91. 

— VI le-Gros , roi de France, 

II, 172. 

— XI, roi de France, ill, 119. 

— XII, roi de P'rance, II, 15; III, 
135 139. 

— XIV, roi de France, II, 15; 

III, 262, 263, 285, 300, 303-305, 
309, 310, 312, 316-318, 342, 344, 
345, 349, 369, 373. 

— XV, roi de France, III, 369, 
431. 

— XVI, roi de France, III, 432. 

— II, roi de Sicile, III, 83, 
89. 

— III, roi de Sicile, III, 94, 186. 

— (S'), de Brignoles, III, 48, 59, 
60, 403. 

Loup (S*^), évéque de Sens, I, 
54. 

— (S*^), évéque de Soissons, I, 
109. 

— (S*^), évéque de Troyes, I, 41, 
60, 108, 111, 112. 

Louvre (chapelle du), III, 259. 
Le Luc, II, 9, 10, 94, 142, 149- 
151, 167; III, 45, 50, 85, 86, 

135, 137, 174, 199, 220, 223, 
274, 277, 290, 306, 347, 394, 406, 
407, 451. 

Lucie (S'«), II, 57. 



Lucien, prêtre, II, 10. 

LuPERCiEN, évéque de Fréjus, II, 

8, 9, 15; III, 8. 
LuRE, abbaye, III, 15. 
Luther, III, 142, 363. 
Lyon, I, 11, 12, 22, 29; II, 90; 

III, 31, 54,57, 476. 



Macaire (St), I, 111. 

Maçon, III, 392. 

Madeleine (S^<^), I, 14; II, 57, 

74, 75; III, 44, 264, 288, 

350. 
Magniol (François), chanoine de 

Draguignan, III, 319. 
Maguelonne, II, 69, 185; III, 

17. 
Maignan (Pierre de), III, 288. 
Maille (Pierre), chanoine de Fré- 
jus, III, 299. 
Mainfroy, évéque d'Antibes, II, 

149, 150, 154, 159. 
Malsang (Rostaing), chanoine de 

Fréjus, III, 48. 
Mandagot (Hugues de), prieur de 

Comps, III, 66. 
Mandelieu, III, 328. 
Maniscoli (.lean-Baptiste), familier 

de Franciot des Ursins, III, 149 
Manassès , archevêque d'Arles, 

II, 70, 71. 
Manosque, II, 106-108; III, 19, 

20, 245. 
Mans (le), I, 81, II, 22, 24, 26- 

28. 
Mansiadœ filiœ, II, 163. 
Mantoue, III, 55. 
Marc (S^), II, 59. 
Marcel (S'), évéque de Die, I, 

115; II, 57? III, 167,290. 
Marcionites, III, 360. 
Marguerite (S'"^), I, 37; III, 

403. 
Marie, reine de Sicile, III, 83. 
— Thérèse, reine de France, III, 

262, 265. 



514 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Marius, évêque, I, 48. 

— (SO, II, 57. 

Marseille, I, 14, 17, 19, 33, 
44, 51, 52; II, 12, 17, 18, 
73, 87, 90, 127, 129, 136, 147, 
178; III, 15, 17, 36, 39, 49, 

53, 90, 100, 104, 117, 119, 
152, 155, 198, 230, 379, 383, 38^, 
414,456. 471. 

Marsens (Castrum de) (Le Muy), 

II, 136, 137; III, 14, 24, 
28. 

Martel (Marie), dominicaine, 

III, 228, 229. 

Martelly (Charles), minime, III, 

239. 
Marthe (S'<^), I, 14, 80, 81. 
Martial (S'), I, 16; II, 57, 115; 

III, 74, 403. 
Martin V, pape, III, 93. 

— évêque de Fréjus, III, 8. 

— sieur de Bagnols, III, 443-450. 

— (S'), évêque de Tours, I, 33, 

54, 85; II, 57. 
Martinien (s*^), II, 39. 
Martorano (l'évêque de), III, 10. 
Martre (la), III, 35, 139, 190, 

291. 
Masculus (Antoine), dominicain, 

III, 223. 
Maunier , sieur des Escas , III, 

438, 447. 
Maurel (Pierre), chapelain^ III , 

452. 
Maurepas, minisire, III, 436. 
Maures, montagnes, II, 74, 87; 91, 

94, 97. 
Mauric , vicaire de Belgentier , 

III, 464. 
Maurice (S'), II, 57. 
Maurine (François), curé de Fré- 
jus, III, 415, 424, 457-460. 

— (Pierre), de Fréjus, III, 198. 
Mauronte, chef des Sarrazins, 

II, 73, 74, 87, 88. 

Mauvans (Antoine de), hérétique, 

III, 166. 



Mauvans (Richieud de), hérétique, 

III, 166. 
Maxence, I, 21. 
Maxime, chanoine de Fréjus, II, 

183, 186. 

— évêque, I, 94 

— (S*^^), évêque de Riez, I, 41, 
57, 74-78, 80, 86, 92-94, 108, 
111-113; II, 29, 48, 57, 125; 
III, 403. 

— (S^e), vierge, I, 29; II, 34- 
55, 68, 74, 75; III, 142, 290, 
403. 

— (S'^), d'Afrique, II, 39, 40. 
Maximin, chanoine de Fréjus, II, 

180. 
Mayenne (duc de), III, 204. 
Mayeul fS'), abbé de Cluny, II, 

99, 100. 
Maynard (Pierre), évêque d'Hé- 

bron, III, 150. 
MAYONs(les), 11,88; III, 269. 
Mazan, abbaye, II, 163. 
Mazarin, III, 256-259,261,262,266, 

280, 285, 286, 472. 
Mazaugues, III, 379. 
Mazel ou Meaux, II, 110; III, 

122. 
Mazenod (abbé de), III, 469. 
Meaux, prieuré, II, 96; III, 35, 

406. 

— (bailli de), III, 128. 
MÉDicis (Catherine de), III, 190. 

— (Julien de), archevêque d'Aix, 
IH, 204. 

Meiffrédy (.loseph), vicaire de 
Cotignac, lil, 327. 

Méjanes (marquis de), III, 435, 
436. 

Mende, évêché, I, 115. 

Méounes, II, 174. 

Merci (Pères de la), III, 279. 

Mercure, montagne, II, 108. 

Merle (Antoine), chanoine de Fré- 
jus, III, 322. 

— (Noël), prévôt de Barjols, III, 
450. 



TABLE ONOMASTIQUE GEiNERALE 



515 



Merval (Jean de), III, 92. . 
Messien, prêtre, II, 10. 
Metz (cardinal de), III, 103. 
Meudon, III, 318. 
Meung-sur-Loire, III, 432. 
Meuse (évèque constitutionnel de 

la), III, 465. 
Meynier (Gaspard), organiste, 

III, 232. 
MiGNOT (Ms'), évêque de Fréjus, 

I, 107; 111,6. 
Milet, ex-chanoine, III, 464. 
MiLLEMOND, III, 444. 
Minerve, abbé, I, 43. 
Minimes, III, 119, 121, 122, 14,3, 

184 227 
MiRAMAS, II, 128, 159, 160; III, 

25, 85. 
MiREUR (Gaspard), curé de Saint- 
Paul, III, 383. 
MiREPOix, III, 62, 201, 229. 
MisÈNE (la flotte de), I, 15. 
Mitre, curé de Comps, III, 452. 
MoGONCE (S*), moine de Lérins , 

I, 36. 
Mole (la), III, 50, 138, 422. 
Molvates (Avignon), II, 144. 
MoNiER (sieur de), III, 215. 
Monique (S'^), II, 39. 
MoNS, 111,35, 223, 291. 
MoNTAiGu EN Brabant , III, 238, 

239. 

— (Jean de), évèque d'Apt, III, 130. 
Montaud (baron de), III, 200, 

472. 
Montauroux, II, 127, 140, 155; 

III,' 85, 108, 130, 141, 158, 

215, 217, 223, 238, 251, 253, 279, 

309. 
Mont-Cassin, II, 22, 23, 27. 
Monte-Giordano, III, 156. 
Montélimard, III, 76. 
Monte-Rotondo, III, 157. 161. 
MONTFERRAT, III, 35, 224, 347. 

— (le), III, 53. 

MoNTFORT, II, 142, 166,167; III, 
85, 195, 211, 220, 225. 



MoNTGRAND (de), prévôt d'Aups, 

III , 432, 436, 443, 444, 448, 450, 

452, 453. 
MoNTjALLARD, curé de Barjols, 

III, 454, 461, 467. 
MoNTLAUR (Pierre de), évèque de 

Fréjus, II, 172-175; III; 9, 11. 
MoNTMAjouR, abbaye et cartulaire, 

II, 70, 104, 105, 121-123, 139, 
142, 143, 145, 151, 153, 155-158 ; 

III, 21, 37. 

MoNTOLiEu, famille de Marseille, 

II, 48. 

Moniourey (Fréjus), III, 433. 
Montpellier, II, 190; III, 33, 
73, 316, 346, 365, 385. 

— (V. Guillaume III de). 
Montpezat (Elénonore de), com- 
tesse de Carcès, III, 218, 219. 

Montrieux (Méounes), II, 167, 
185; 111,99. 

Mont-Saint-Quentin, abbaye, III, 
392. 

MoRZELLES (Bertrand de), prévôt de 
Fréjus, III, 48. 

MossoN (Hélion), archidiacre, vi- 
caire général, III, 178, 180, 184, 
192, 193, 196, 197, 201, 202, 206, 
207. 

— (Jean), greffier, III, 210. 
Motte (la), II, 137, 138, 150; III, 

30, 220. 
MouGiNS, II, 149. 

— Roquefort, curé de Grasse, 

III, 453, 454, 461, 464. 

MouRE (la), 111,50,321,322,336, 
382. 

MOUSTIERS, II, 153. 

MouTET (Anthonone), III, 206. 
Mouton (Alexis), oratorien, III, 

223. 
MuMMOL (S^), abbé de Fleury, II, 

22, 23, 26-28. 
MuY (le), ir, 137; III, 58, 85, 

149, 154, 156, 163, 180, 194, 197, 

210, 221, 253, 260, 278, 279, 288, 

306, 347, 394, 471. 



516 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



Nans, II, 158; III, 379. 
Naplrs, III, 47,53, 71, 72. 
Napoule (la), II, 108, 128, 148, 

185; III, 25. 
Narbonne, I, 16, 45, 46, 66, 

II, 68, 71,88; III, 17. 
Nartuby (Gotignac), III, 21. 
Nazaire (S'^), abbé de Lérins, II, 

29, 51, 52. 
Necker, minisire, III, 436. 
Nectaire (S') , évêque de Digne , 

I, 94. 
NÉOTÈRE, évêque, I, 22, 23. 
NÉRis (Barthélémy de), co-seigneur 

de Bagnols, III, 172. 
NÉRON, empereur, I, 14. 

— (Bertrand), archidiacre de Fré- 
jus, III, 138, 151, 156. 

Neuville (Charles de), évêque de 
Chartres, III, 260. 

— (mairie de), II, 25. 

Nevers (sœurs de), III, 340, 

341. 
Nice, I, 115; II, IR, 19, 90, 

153, 173; III, 155, 156, 396, 

459,463,469, 471. 
Nicée (concile de), II, 27. 
NiCET, évêque de Valence, I, 22, 

23. 
Nicolas II, pape, III, 10. 

— V, pape, III, 101, 103. 

— (S*), II, 57. 
Nîmes, I, 32, 34. 

Noailles (cardinal de), III, 318. 
Nole, évêché, I, 29. 
Notre-Dame de l'Annonciation 
(Grimaud), III, 135. 

— de l'Aube (Fréjus), III, 232. 

— deBarjols, II, 142, 149. 

— de Beauvoir (Montferrat), III, 
222. 

— de Bon -Port, abbaye (Evreux), 
111,186. ' ^ "-' 

— DE Bon-Refuge (Bariols), III, 
290. v j ;, , 

— DU Brusc (Grasse), II, 32. 

— DE Callian, II, 127, 128. 



Notre-Dame de Caramy (Carcès), 
II, 155, 167. 

— DE Callas, II, 139. 

— DE Clivio ou DU Clou (Fox- 
Amphoux), II, 167. 

— DE Consolation (Pignans), II, 

II, 142,149. 

— DE Correns, II, 143. 

— DU CouDONiER (Flassansj , II, 
145. 

— DES Crottons (Vence) , II, 
129. 

— des Cyprès (Fayence), III, 24, 
227. 

— DE Damatis (Fréjus), II, 120; 

III, 262. 

— DE LA Daurade (Le Luc) , II , 
142, 149, 151. 

— DE Draguignan, II, 148; III, 
23. 

— d'Embrian (Montauroux), II 
127. 

— DE Florièyes (Tourtour, puis 
au Thoronet), II, 163, 164. 

— du Glaive (Cabasse), II, 100. 

— de Grâces (Cotignac), III , 145, 
211, 222. (V. Cotignac). 

— DE Grâces, hôpital à Rome, III 
223. 

— DE LA Lauzade (Le Luc) , II , 
167. (V. de la Daurade.) 

— DE LORETTE (Aups), III, 169, 

225. 

— DE Pennafort (Callas), III, 
260. 

— DU Peuple (Draguignan), III, 
239, 240, 329. 

— DE Pitié ou du Palais (Fréjus), 
III, 158, 234. 

— DE Plèbe (Bargemon), III, 83, 
169. 

— DE Manosque, III, 20. 

— DE Miremer II, 159. 

— DE Montaigu (Bargemon), III, 
238. 

— DE Montaigu (Draguignan), 
111,238. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



517 



Notre-Dame de l'Orme (Seillans), 
II, 175. 

— DE Palaison (Roquebrune), II, 
139. 

DU REAL, III, 15. 

— DE LA RivoiRE , abbaye, III, 
317. 

— DE Roquebrune, II, 139, 145, 
154. 

— DU Rosaire CTrans), III, 424. 

— DE LA Sède (Toulon), III, 263. 

— DE LA Seds (Aix), III, 184. 

— DES Salles (Gogolin), II, 167. 

— DE Spéluque (Ampus), II, 100, 
125, 128, 143. 

— DE Spéluque (Montfort), II, 
142, 166. 

— DE Valmoissine (Aups), II, 
170. 

— de Saint-Victor (La Motle), II, 
138. 

NovATiENS , hérétiques , I , 97 , 

102. 
NovES. (V. Roslan de). 
NoYON, évêché, III, 374. 
Nymphe (la Bienheureuse) , I , 

14. 



Observantins, III, 188, 225, 253, 

289, 430, 441, 450. 
Olbia, II, 42, 94. 
Oliva, général des jésuites, III, 

276. 
Olivier, évêque de Fréjus, III, 22. 
Ondedei, (Louis), prévôt d'Aups, 

III, 262, 281, 284. 

— (Octavien), comte de Vézelay, 
III, 284. 

— (Zongo), évêque de Fréjus, 
I, 36; II, 115; III, 255-286, 472, 
473. 

Orange, évêché, ville, I, 22; 

III, 186; conciles, I , 52, 53, 

90; II, 8; III, 9. 
Oratoriens, III, 222, 223, 265, 266, 

336, 384, 388, 389 . 



Orléans, I, 22; II, 16, 27; III, 170, 

391, 415, 432,436. 
— (duc d'I , fils de François P'", 

111,156.' 
Ornesson (Bertrand d'j, évêque de 

Pamiers, III, 79. 
Orso (S'), évêque de Ravennes, 

II, 116. 
OsTiE, évêché, III, 119, 134, 146. 
Othon , empereur d'Allemagne , 

II, 122. 



Pabie, III, 37. 

Palaison (Roquebrune), II, 139, 
150, 154; III, 14, 85, 94, 96,98, 
160, 215 

Palémon (S'), abbé, I, 111. 

Palencia, évêché, III, 62. 

Paléolologue (Jean), empereur 
de Gonstantinople, III, 78. 

Paluds (les) (Fréjus), III, 252. 

Pamiers, évêché, III, 79, 80. 

Pampelonne (Ramatuelle) , II , 
102. 

Pansard (Antoine), fermier de la 
gabelle épiscopale, III, 161. 

Paracols (le Val), II, 143; III, 
21. 

Paris, I, 29, 81; II, 16; III, 
9, 62-64, 66, 100, 108, 174, 
196, 205, 215, 256, 257, 259, 
262, 265-268, 288, 305, 312, 
316, 319, 328, 343, 348, 350, 352, 
354, 364, 373, 386, 391, 392, 396, 
397, 424, 426, 428, 429, 432, 434- 
436,438,439,444,445,451. . 

— (le diacre), III, 388. 

Parlement de Provence , III , 
157, 161, 167, 173, 183, 190, 197, 
201, 202, 204, 210, 220, 222, 232, 
244, 260, 271 , 282, 293, 306, 309, 
319, 382, 383, 429, 430, 447, 474, 
476, 478. 

Parme (baptistère de), II, 116. 

Pascal II, pape, II, 148, 152, 
157. 

34 



518 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Pascalis (Claude), secrétaire de 

Fleury, III, 348. 
Pasquet f Etienne), chanoine de 

Dra2;ui£çnan, III, 319. 
Patil fle)''(Fréjus), III, 144, 281. 
Patrice (S'), II, 29. 
Paul, abbé de Montmajour, II, 

121. 

— évêqiie, I, 22, 23. 

— III, pape, III, 155. 

— IV, pape, III, 164. 

— V, pape^ III, 358. 

— (Jérôme), oratorien, III, 384. 

— (Sn, apôtre, I, 12, 15, 16, 
18,82; II, 114. 

— (S*), évêque de Narbonne, I, 
16. 

Paulin, évêque de Fréjus, II, 69. 

— (S'), évêque de Noie, 1 , 29 , 
41. 

Payan, vicaire général, III, 415. 

PELAGE, PÉLAGIENS, I , 28, 44, 47, 

50, 60. 

Pelet (Arnaud et Pons), d'Aups, 
II, 170. 

Pellegrin, curé du Val, III, 464. 

Pennafort (Callas), III, 19, 260, 
322. 

Pépin-le-Bref, II, 88-90. 

Périer de la Garde, vicaire géné- 
ral, III, 415. 

Périgueux, I, 81, 115. 

Perpétue, sœur de saint Augustin, 

II, 39. 

— (S^«), II, 57. 

Pertuis, II, 157; III, 37, 45. 
Pesaro (Italie), III, 256, 257, 281. 
Peyssoneaux (Anne de), domini- 
caine, III, 228, 229. 

— (famille de), III, 228. 
Petrobrusiens , hérétiques , II , 

163. 
Pharamond, I, 60. 
Philadelphie, évêché in partibus, 

III, 230. 

Philippe IV, roi d'Espagne, III, 
261. 



Philippe IV le-Bel, roi de France, 
111,53. 

— VI, roi de France, III, 71. 

— (S'), diacre, -I, 16. 
Philtate, évêque, I, 48. 
PiBRESsoN, prieuré, III, 56, 85. 
Pie III, pape, III, 136. 

— IV, pape, III, 171, 175. 

— V (Sfj, pape, III, 440. 
Pierre, abbé de Saint-Victor, II, 

178. 

— (Ambroise), prêtre, III, 132. 

— DE Fayence, prévôt de Fréjus, 
II, 193. 

— DE LÉON, antipape, II, 155.' 

— de Montauroux, il, 140. 

— évêque de Gavaillon, II, 148. 

— II, évêque de Fréjus, alias 
Pierre de Montlaur, II, 171, 
172-177; III, 9, 11. 

— frère de l'évêque Bérenger, . II, 
144. 

— pseudo-évêque de Fréjus, II, 
125, 126; III, 12. 

— l'Ermite, II, 146. 

— (Mison), fils de Foulques, II, 
159. 

— (autre Pierre Mison), III, 37. 

— (Roger), cardinal, III, 64, 
71. 

— (SO, apôtre, I, 12, 16-18, 50; 
II, 81, 134. 

PiETRA, gardien des Observantins 

de Fréjus, III, 225. 
PiGNANS , collégiale , chanoines , 

II, 11-15, 134, 142, 149, 151, 
165, 174; III, 33-35, 39, 45, 
82, 128, 134, 139, 175, 176, 192- 
195, 199, 227, 271, 274, 277, 327, 
330, 348, 377, 384, 422; ville, 
I, 14; II, 94, 183; III, 211,212, 
289, 379, 409. 

PiGNOLi (Boniface), chanoine, vi- 
caire général, III, 156, 157, 161, 
166,168,171. 

PiNEL (Pierre), capiscol de Grosse, 

III, 116. 



TABLE OXOiMASTlQUE GENERALE 



519 



PiNGRÉ (de), évêque de Toulon, 
III, 263. 

PiSE I 14. 

— (tWité de), III, 300. 
Plaisance (concile de), II, 146, 

147; III, 10. 
Planchier, capitaine, III, 205. 
Pla.n-de-la-Tour, III, 382. 
Poitiers, III, 93, 101, 106, 107, 

109, 260. 

— (cardinal de), III, 90. 

— (comte de), III, 57. 

— (V. Guillaume de). 
Polycarpe (SO, I, 85; II, 57. 
Poncet (Michel), évêque élu de 

Fréjus, III, 287. 
Pons, abbé de Cluny, II, 144. 

— (Albert), II, 136. 

— archevêque d'Arles, II, 122. 

— chanoine de Fréjus, III, 19. 

— évêque d'Aix, II, 133. 

— évêque d'Antibes, II, 72. 

— prieur des Dominicains de Mar- 
seille, III, 31. 

— (SI) , martyr, I, 117; II , 
57. 

Pont (Guillaume du), évêque de 
Fréjus, II, 195; III, 13, 14. 

PONTEVÈS, III, 85. 

— (Durand de), seigneur de Flas- 
sans, III, 167. 

— (Foulques de), II, 136. 

— (Joseph de), III, 307. 

— (sieur de), III, 215. 

— (V. Alasacie de). 

PoRCAiRE (S'), abbé de Lérins, II, 
76-82, 86, 93, 95. 

, PORQUEROLLES, île, III, 218. 

PoRRE (Antoine), vicaire général, 

III, 306, 
PoRTALENQui (Barthélémy^, évêque 

de Troja, III, 137, 138, 157. 
PoRTANiER CHonoré), prêtre, III, 

190, 192. 
Porto, évêché, III, 134. 
Potier de Novion, évêque de Sis- 

teron, III, 302. 



PouLLE (l'abbé), directeur du grand 
séminaire, III, 309. 

Primery (Antoine), curé de Fréjus, 
III, 174, 183. 

Pri.nce (S^), évêque de Soissons, 
I, 106-110. 

Probace (SO, I. 14, 17. 

Projectus , évêque de Besançon, 
I, 63, 66. 

Prosper (S^), d'Aquitaine, I, 48, 
52. 

Provence (comtes de), II , 14, 
15, 96, 97, 107, 108, 158, 174, 
182, 183, 191, 193; III, 83, 88, 
89,93, 96, 114, 118, 186. 

Provins, II, 32. 

PuGET DE Fréjus, II, 107; III, 
25, 34, 73, 84, 87, 88, 95, 
98, 105, 134, 141, 158, 159, 
172, 188, 192, 194-196, 206, 
215, 217, 223, 226, 281, 320, 321, 
333, 347, 373, 416, 443. 

PuvBRESSON (V. Pibresson). 

PUYMOISSON, III, 19. 

PuYRiCARD (Raymond de), évêque 
de Fréjus, III, 21, 22. 



QuESNEL (P.), I, 66, 68; III, 
354. 

QuiLLiNius, pseudo-évêque de Fré- 
jus, I, 26-28. 

QuiNEL (.lean-Baptiste), vicaire gé- 
néral, III, 415. 

QuiNis (S^), évêque de Vaison , 
1,26, 27; 11,57, 61; III, 380. 



R..., de Lorgues, avocat, III, 477. 

R..., sacriste d'Arles, coadjuteur 
de Fréjus, III, 31. 

Rafélis de Brovès, vicaire géné- 
ral, III, 394. 

Ragueneau (Pierre), évêque de 
Marseille, III, 173. 

Raimbaud , archevêque d'Arles , 
II, 15, 129, 133-136, 138. 



520 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Ramatuelle, III, 35, 50, 51, 85, 
156, 194, 223, 274, 307. 

— (l'abbéde), vicaire général, III, 
415. 

Raphelon, viguier de Draguignan, 

III, 189. 
Rascas, (Antoine dej, arcliidiacre 

d'Aix, III, 160, 163. 

— (Jean de) , archidiacre d'Aix , 
III, 182. 

— (famille de), II, 48. 

— (Guillaume de) , dominicain , 
III, 168. 

— (Louis de), seigneur du Cannet, 
111,281. 

Ravenne, III, 134. 

Ravennius, archevêque d'Arles, 

I, 39, 66, 70, 90-94, 96. 
Raymond, fils de Guillaume P'", 

II, 143. 

— frère de l'évêque Bérenger, 

II, 144. 

— archevêque d'Arles, II, 173. 

— chanoine de Fréjus, II, 149. 

— comte de Toulouse, III, 15, 
20. 

— évêque de Marseille, II, 150. 

— d'Ampus, II, 157. 

— BÉRENGER, évêque de Fréjus, 

III, 26--31. 

— BÉRENGER P'', comte de Pro- 
vence, II, 158, 163, 164, 172, 
173, 182, 183; III, 11, 13, 23, 
78. 

— prévôt de Fréjus, II, 161. 
Raymondis (de), famille, III, 220, 

406. 
Raynaud (Antoine), chanoine de 
Fréjus, III, 98. 

— (Pierre) , prieur de Pourtour, 
III, 116. 

Razats, III, 177-180, 186, 189. 

Rebais, abbaye, lïl, 8. 

RÉGns (Alexandre de), chartreux, 

III, 118. 
RÉGIS, curé de Bargemon, III, 

452. 



Regnault (Théophile), jésuite, III, 

121. 
Reimonet , vicaire général , III , 

469. 
Reims, III, 90, 100, 369. 
Rémi (S^), I, 106. 
René, roi de Sicile, II, 48; III, 

94, 96, 100, 104, 105, 107, 109, 

112, 113, 117, 118, 133, 185, 

218. 
Renom (Camps, I, 27. 
Requiston (Louis de), co-seigneur 

de Bagnols, III, 89. 
Retz (cardinal de), III, 257. 
Revel, curé de Lorgueo, III, 452. 
Recest (Roquebixme), II, 94; III, 

25, 44, 50, 53, 85, 156, 158, 

196, 215, 218, 219, 229, 244, 

309. 
Reynaud (Honoré), curé d'Ampus, 

III, 452, 453. 

— vicaire de la Verdière , III, 
464. 

Reynier, prieuré, III, 85. 

Reyran, rivière, II. 183, 194; III, 
50, 101, 231,249, 431. 

Rhodanius, évêque de Toulouse, 
I 22 23. 

Rhône' I," 113, II, 70, 104; III, 
53. 

RiANS (Guillaume de), II, 174. 

RiBoux, II, 174. 

Ricard (Gaspard), berger, III, 
265. 

RicAvi (Antoine), chanoine de Fré- 
jus, III, 98. 

— (Hugues), chanoine de Fréjus, 
III, 48. 

— MoNTOLivE, chanoine de Fréjus, 
III, 48. 

Richard, pèlerin, III, 11. 
RicoMiR, abbé de Lérins, II, 30, 

31. 
RicuLPHE , évêque de Fréjus, I, 

71; II, 57, 70, 94, 103-124, 

182; III, 8, 9, 253. 
Riez, I, 75, 78, 86, 87; II, 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



521 



12, 72, 100, 124, 125, 153, 162; 

III, 5, 31, 44, 186, 261, 304, 305, 

384, 456. 
RiGOUARD, évêque constitulionnel, 

III, 454, 461,464-468. 
RiouFFE , prêtre assermenté, III, 

464. 
Rivière (François de la), abbé du 

Thoronet, III, 166, 
RivERiEULx (de), III, 477. 
Robert, roi de Sicile, III, 48, 53, 

58. 

— (Henri), doyen de Draguignan, 
III, 245, 267. 

— (.I.-B.), supérieur du grand sé- 
minaire, III, 294. 

RoBiLANT (Fouquet de), III, 83. 
RocH (culte de S^), II, 380, 403. 
RocHECHouART (Marthe de), III, 
■ 391. 
Roche en Savoie, III, 253. 

— PusAYE (la), III, 109. 
Rodez, I, 115. 

RoDULPHE (Claude) , seigneur de 
Verdailles, III, 114. 

— (Jean), archidiacre, vicaire gé- 
néral, III, 114, 115, 117. 

— (.lean), prieur du Luc, III, 117. 

— (Jean), vice-vicaire général, 
III, 156. 

Roger, d'Hyères, III, 38. 

RoHES. (V. Amard de). 

Romain, pseudo-évêque de Fréjus, 

II, 20, 21. 

Romans (Antoine dej, frère de l'évè- 
que, III, 158, 172. 

— (Bertrand de), évêque de Fréjus, 

III, 170-184, 195, 206. 

— (Bertrand de), neveu de l'évê- 
que, conseiller au Parlement, 
III, 173. 

— (Gypriende), frère de l'évêque, 
III, 172. 

— (Hugues de[), père de l'évêque, 
III, 172. 

— (Jean de), chanoine de Fréjus, 
neveu de l'évêque, III, 172. 



Romans (Jean-Baptiste de), prieur 
de Saint-Tropez, III, 200. 

— (Joseph de), chanoine de Fréjus, 
prévôt de Glandevès, neveu de 
l'évêque, III, 172, 173,190. 

— (Melchior de) , neveu de l'évê- 
que, 111,172. 

— (Pierre de), frère de l'évêque, 
chanoine de Fréjus, III, 172. 

— (Pierre de), autre frère de l'évê- 
que, seigneur d'Agout, III, 172, 
173, 178. 

— (Raymond de), neveu de l'évê- 
que, chanoine de Fréjus, III, 173. 

— (Sibille de), sœur de l'évêque, 
III, 172. 

Rome, I, 12, 17, 20, 47, 48, 
53, 63, 81, 96, 103; II, 22, 
23, 27, 70, 71, 76, 86, 90, 
98, 99, 114, 121, 129, 152, 158, 
161, 162, 171; III, 46, 78, 79, 
81, 102, 108, 110, 111, 114, 117, 
118, 128, 130, 136. .138, 142, 143, 
146, 149, 150, 156, 157, 163, 173, 
205, 221, 223, 230, 256, 281, 285, 
300, 328, 360, 440, 442. 

Roquebrlne, II, 32, 128, 139, 
145, 152-154,156,159,161; III, 

10, 25, 28, 96, 105, 139, 
149, 159, 194, 197, 202, 210, 
215, 220, 236, 333, 347, 351, 352, 
377. 

— (V. François de). 
Roquebrussanne, II, 167. 
Roque-d'Anthéron (B.-du-R.), 

11, 163. 
RoQUE-EscLAPON, III, 36,85,220, 

223. 
Roquefort, II, 149; III, 422, 
435. 

— (marquis de), III, 434. 
Roquette (la), III, 11. 
RoQUEMARTiNE. (V. Aube de). 
RosELLY (Dominique), observantin, 

111,208. 
RossoLiNE (S'"), III, 38, 52, 58-60, 



522 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



RosTAiNG, père de l'évêque Béren- 

ger, II, 144. 
RosTAN DE NovES , archevêque 

d'Aix, III, 44. 
RoTBOLD, frère de Guillaume P'", 

II, 101. 

RoTFRED (Pierre) , chanoine de 

Fréjus, II, 149. 
RouDiER, prêtre de Roquebrune, 

III. 464. 

Rouen, III, 64, 71, 91. 

RoussET (Anne de), bénédictine, 

III, 227. 
Roux, vicaire de S'-Louis (Toulon), 

III, 464. 

— (Vincent de), sieur d'Agay, 
III, 219. 

RovÈRE (Julien de la), cardinal, 

III, 114. 
RuFFEC (Guillaume de), évêque de 

Fréjus, 111,41, 76-78, 
Ruou (Villecroze), commanderie des 

Templiers, III, 21, 24, 30, 41. 
RuRiCE (S'), évêque de Limoges, 

III, 9. 
Rustique , évêque de Narbonne , 

I, 93, 94. 

— pseudo-évêque de Fréjus, II, 
20, 21. 68. 



Sabine, évêché, III, 38, 134. 
Sacramentaire de Fréjus, II, 55- 

55-67. 
Saint-Afrodise, de Béziers, III, 

33. 
Saint-Alban, d'Ampus, II, 128. 

— de Vidauban, III, 43. 
Saint-André (chapelle de l'évêché), 

II, 119. 

— du Cannet, III, 51. 

— dePignans, III, 34. 211. 

— de Salernes, II, 128. 

— les-Villeneuve , abbaye , II , 
145, 160; III, 32, 37, 44, 46. 

Saint-Antoine, de Bagnols, III, 
124. 



Saint-Antoine, de Fréjus, III, 150. 

— de Gênes, III, 37. 

Saint -Antonin , de Tretz , II 

174. 
Saint-Aquilée, de Flassans, III, 

278. 
Saint-Auban (A. -M.), III, 450. 
Saint-Ausile, de Gallas, I, 117; 

II, 129. 
Saint-Barthélemy de Palaison, 

II, 150. 
Saint-Benoit-sur-Loir , abbaye, 

II, 27. 
Saint-Cassien , d'Arluc , II, 29, 

149. 

— du Muy, II, 137; III, 58. 
Saint-Césaire (A. -M.), II, 149. 
Saint-Christophe, de Brignoles , 

II, 167. 
Saint-Clair, de Draguignan, III, 

433. 
Saint - Clément , de la Garde - 

Freinet, II, 167. 
Saint-Colomban , de Pierrefeu , 

II, 167. 

Saint-Eloi, de Fayence, III, 174. 

— de Fréjus, II, 115. 

— de la Garde-Freinet, III, 135. 
Saint-Etienne, de Bargemon, III, 

58, 83, 107. 

— de Caen, abbaye, III, 370. 

— de Callian, II, 127, 128. 

— de Casol ou du Clocher , II , 
167; III, 85. 

— de Draguignan, II, 148. 
en-Forez, III, 228. 

— de Fréjus, III, 77, 89, 137. 

— DU Pont (diocèse de Toulon), 

III, 82. 

Saint-Florent, de Saumur, III, 
104, 106. 

Saint-Flour, évêché, III, 66, 82, 
313. 

Saint-François-de-Paule, de Fré- 
jus, III, 158, 221, 441. 

Saixt-Fulcran, de Lodèves, III, 
316. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



523 



Saint-Georges-en-Vélabre, titre 

cardinalice, III, 148. 
Saint-Germain-des-Prés, à Paris, 

III, 260. 

— en-La-ye (traité de), III, 
177. 

— l'Auxerrois, à Paris, III, 310, 
311. 

Saint-Gilles, II, 121, 129, 130, 

146,155; III, 20. 
Saint- HippoLYTE , d'Arles, II, 

70. 
Saint-Honorat^ d'Ampus , II, 

128. 

— de Grasse, II, 194. 
Saint-Jacques-de-Cagnosc, à Gon- 

faron, II, 167. 

— des Garcinières, II, 167. 
Saint-Jean-Baptiste, de Callian, 

II, 127,128. 

— de Pignans, II, 12. 
Saint-Jean (chevaliers de), III, 16, 

19,20,29,66. 

— de-Gagnosc, à Gonfaron , II , 
167. 

DE-DoDON, au Val. 11^ 167. 

— d'Holstein (diocèse du Puy), 

III, 373. 

— DE Latran (Rome), II, 116. 

— DE Luz, III, 261. 

— DE Maraval, à Gonfaron, II, 
167. 

— du Val, II, 167. 

— l'Evangéliste, de Fréjus, II, 
115. 

Saint-Joseph, de Fréjus, II, 110; 

III, 135, 150, 158, 266, 279, 

293. 
Saint-Julien, de Seillans, III, 35, 

183, 215. 
Saint - Lambert , de Carnoules , 

II, 167. 

— de Fréjus, II, 127; III, 25. 
Saint-Laurent, de Bargème, III, 

433. 

— de Cuers, II, 167. 

— deFlayosc, III, 30. 



Saint -Laurent (Bertrand de), 
pseudo-évéque de Fréjus, III, 
23. 

Saint-Léonce, de Callian, II, 128, 
161. 

— de Fréjus, II, 106, 137; III, 
278. 

Saint-Louis, de Fréjus, II, 60; III, 
204. 

— de Saint-Raphaël, III, 204. 
Saint-Marcelin, de Mons , II, 

167. 
Saint-Martin d'Albenga (Italiej, 

II, 128. 
Saint-Martin (Bertrand de), évê- 

que de Fréjus, III, 32-38. 

— des Arcs, III, 52. 

— de Callian, II, 127. 

— de Châteaudouble, III, 85. 

— des-Champs, à Paris, III, 101_, 
102. 

— de Cotignac, II, 96. 

— de Filzaque (Fiossacj), à Ro- 
quebrussanne, II, 167. 

— DE Malavielle, II 128. 

— de Marseille, III, 414. 

— de la Napoule, III, 25. 

— de Tours, III, 76. 
Saint-Maurice (de), commissaire 

du roi, III, 476, 477. 
Saint-Maxime, de Riez, II, 125. 
Saint-Maximin, II, 74, 75; III, 

171, 264, 288, 456. 
Saint-Médard, de Provins, II, 

32. 
Saint-Mélaine, de Rennes, III ^ 

391. 
Saint-Michel, d'Ampus, II, 145. 

— de Carnoules, II, 167. 

— de Draguignan. III, 221. 

— de Favas, III, 58, 107. 

— de Fréjus, III, 417. 

— de Gonfaron, II, 167. 

— de Montauroux, II, 140. 

— DE la Roque, III, 83. 

— de Salernes, II, 128. 
Saint-Papoul, évêché, III, 260. 



- 524 



TABLE ONOMASTIQUE GÉNÉRALE 



Saint-Paul, de Callian, II, 127. 

— de-Fayence, III, 56, 227, 253, 
336. 

— d'Hyères, II, 183. 

— de Montrieux, à Méounes, II, 
167. 

— du-Var, III, 450. 

— Trois-Chateaux, I, 94, II, 21; 
III, 303, 304. 

Saint-Pol-de-Léon, I, 81. 
Sai.nt-Pierre, de Biot, II, 149. 

— de Callian, II, 127, 128. 

— de Ghâteauneuf, III, 20. 

— de-Figolas, à Seillans , II, 
127,161. 

— de Flayosc, III, 253. 

— de Fourchambaud, à Bargème, 
III, 35. 

— de Fréjus, III, 54. 

— du Luc, II, 167; III, 85. 

— de Miramas, III, 85. 

— de Montmajour, II, 143. 

— de la Napoule, II, 185. 

— de Roquefort, II, 149. 

— de Salernes, II, 128, 136. 

— de Tourves, II, 167. 
Saint-Pons, de Fréjus, III, 417 

— de Nice, III, 150. 
Saint-Quinis , de Gonfaron, III, 

34. 

Saint-Raphael, II, 140, 141, 147, 
175, 184, 193; III, 84, 87, 88, 
95, 116, 141, 158, 159, 179, 196, 
207, 215, 217, 227, 232, 253, 279, 
341, 346, 351, 371, 390, 417, 465. 

Saint - Raymond , de Vidauban , 
III, 406. 

Saint-Rémi (B.-du-R.), III, 37. 

— abbaye, III, 312. 
Saint-Roch, de Paris, III, 415. 
Saint-Romain , de Salernes , II , 

128. 
Saint-Ruf (concile de), III, 58. 
Saint- Sauveur , abbaye (ancien 

diocèse de Maguelone), II, 69. 

— d'Arezza (Italie), abbaye, III, 
134. 



Saint-Sauveur. d'Aix, II, 148, 
179; III, 18. 

— de Brignoles, III, 23. 

— de Roquebrune, II, 139. 
Saint-Seige, d'Angers, abbaye, 

III, 312. 
Saint- Sulpice , de Paris, III, 

412. 
Saint-Thomas-d'Avaye, III, 206. 

(V. Avaye). 

— de Limoges, III, 73. 

— du Louvre, III, 310, 311. 
Saint-Tropez, I, 14; II, 42, 

50, 75, 92, 94, 97; III, 23, 
115, 168, 169, 212, 223, 225, 233, 
253, 295, 328, 336, 347, 377, 389, 
422, 443, 444, 471. 

— de Nice, II, 153. 
Saint-Trophime, ?de Salernes, II, 

128. 
Saint- Vanne (congrégation de), 

II, 32.' 
Saint- Victor , abbaye, I, 33, 

41, 43, 51, 116; II, 13, 14, 

126, 128, 129, 132, 136-139, 142, 
149-151, 158, 162, 173-175, 177- 

179, 192, 193; III, 10, 11. 91, 

160. 
Saint-Vigile, de Sienne (Italie)', 

abbaye, III, 134. 
Saint- Vincent , de Jonquières , 

11,70. 

— alias Saint- Venant, de Vins, 
II, 167. 

— (cap), à Saint-Tropez, II, 42. 
Sainte-Anastasie , II, 167; III, 

379. 
Sainte-Baume (la) de S' Honorât, 

I, 35, 36. (V. Cap-Roux.) 

— de S'^ Madeleine, III, 145, 146, 
264, 288. 

Sainte-Catherine, de Fréjus, II, 

115. 
Sainte-Cécile, des Arcs, prieuré, 

II, 149; III, 382. 
Sainte-Chapelle, de Bourges, III, 

100. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



525 



Sainte-Chapelle, de Paris, III, 

100. 
Sainte- Croix , du Thoronet, II, 

167. 

— de Lérins, II, 33. 
Sainte-Justine, de Padoue, III, 

191. 

Sainte- Lucie , titre cardinalice, 
III, 136. 

Sainte-Madeleine et Sainte-Mar- 
the , couvent de Fréjus , III, 
2^8. 

— de Fréjus, III, 417. 
Sainte-Marguerite, de la cathé- 
drale, II, 115. 

— de Carcès, II, 167. 

— (île), III, 476. 
Sainte-Marie de Almis, II, 170. 

— de Barjols, II, 135. 

— d'Esclapon, III, 85. 

— DE Florièyes, II, 164. 

— et Saint-Etienne, de Fréjus, 
II, 178. 

— et Saint-Léonce, de Fréjus, 

II, 106; III, 39. 

— du Luc, III, 50. 

— de la Lauzade, au Luc, II, 151. 
(V. N.-D. de la Lauzade.) 

— du Peuple, à Rome, III, 
146. 

— de Pignans, II, 12, 13. 

— de Toulon, III, 464. 

— de Valbergue, III, 85. 

— in Cosmedin, titre cardinalice, 

III, 148. 

— LA Dorée ou Daurade, au Luc, 
II, 151. 

— Vallis Impurie, II, 125. 
Sainte-Maxime, II, 49-51, 53, 

54, 128; III, 25, 166, 406. 

— deCallian, II, 128. 

— du Cannet, II, 42; III, 35. 
Sainte-Rossoline , III, 264, 289, 

307, 449, 450, 459. 
Saintes (évêché de), III, 62. 
Sainte-Sabine , titre cardinalice , 

m, 103. 



Saints-Apôtres , à Rome, III, 

130. 
Saints-Crépin et Grépinien , à 

Soissons, I, 110. 

— à Fréjus, II, 115. 
Sala Laudimii, II, 137. 
Salernes, II, 128, 136, 150,162, 

III, 50, 84, 137, 160, 183, 195; 
220, 221, 341. 

— (prince de), III, 44. 

Salle (Jean), vicaire d'Escragno- 
les, III, 183. 

— (Millon), vicaire de Salernes, 
lïl, 183. 

Salon, III, 469. 
Salonius, évêque, I, 94. 
Sambracitain, golfe, I, 14; II, 50, 

54, 98. 
bANCHE, reine de Sicile, III, 72. 
San-Vito, de Fiume, III, 470. 
Sarlat, III, 49. 
Sarthe, II, 26. 

Sartènes (de), ministre, III, 436. 
Saturnin (S*^), évêque de Toulouse, 

I, 16; II, 57. 

— martyr, II, 39. 

Sauve (la), abbaye, III, 312. 
Savoie, II, 98. 

— (duc de), III, 152, 342-344, 
347. 

— (Honoré de), III, 175. 

— (René de), seigneur de Cipières, 
III, 169, 175, 176. 

ScARRON (Etienne), chartreux, III, 
99. 

SCHOLASTIQUE (S'«), II, 23-26, 
57. 

SÉBASTIEN (S'^), martyr, II, 57. 

SÉEZ, III, 314, 316, 318. 

Second (Maurice), chanoine de 
Fréjus, III, 197, 201. 

Seguin (Jacques), évêque de Fréjus, 
III, 102, 103. 

Seguiran (Antoine), prévôt de Bar- 
jols, III, 424.. 

— (Arbaud), jurisconsulte, III, 
134. 

35 



526 



TABLE ONOMASTlnLE (iENÉKALE 



SEGUiRAN(Melchior), jurisconsulte, 

III, 134. 
Seiguemagne (\eThovonci), II, 167; 

III, 85. 
Seillans, II, 127, 149, 150, 161; 

III, 85, 89, 141, 215, 217, 223, 

272, 306, 328, 398, 422. 
Seillans (Bertrand de), chanoine 

de Fréjus, II, 151, 180. 
Seiptre (Gilles de), évêque de 

Toulon, III, 208. 
Seillon (Jean de), III, 107. 
SÉMINAIRE (grand), III, 224, 282, 

292-294, 308, 321, 378, 390, 403, 

414, 424, 430o441, 462. 
SÉNEz, II, 129; III, 24, 134, 165, 

166, 174, 247, 294, 373, 383-386, 

456, 469. 
Sens, III, 64. 
SÉRANON, III, 35, 85, 258, 268, 

279, 422. 
Sergius IV, pape, III, 9. 
Serrescuderio, archevêque d'Em- 
brun, III, 72. 
Servîtes, III, 225. 
Siagne, rivière, II, 108. 
Sidoine (S'), II, 74. 
Sienne (Italie), III, 134. 
Sièyes (l'abbé), III, 464. 

— peintre à Fréjus, III, 260. 

— seigneur de la Baume, III, 438. 
Siffred (S'), évêque de Garpentras, 

II, 57, 78. 
Sigaud, ingénieur III, 431. 
SiGiSMOND (messe de S'), II, 66. 
Signes, II, 174; III, 39. 

— (Raymond de), III, 39, 
Sillans, III, 379. 

SiMÉON, roi de Bulgarie, II, 91. 
SiMiANE (Armand de), évêque de 

Langres, III, 288. 
SiMPLicius OU SiMPLiciEN, évéque, 

I, 22, 23. 
SiNES (Portugal), II, 41. 
SiNUARius (le comte), II, 70. 
SiON (évêché de), III, 103. 
SiSTERON, I, 94; II, 72; III, 



5, 28, 31, 32, 38, 39, 49, 75, 

200, 302, 385. 
Six-FouRS, II, 174. 
Sixte (S'), pape, II, 57. 

— IV, pape, III, 110, 112, 114, 
119. 

Smyrne, I, 12. 

SoANEN, évêque de Sénez, III, 230, 
383, 383-388. 

SoissoNS, I, 106-110. 

SoLÈzE (Antoinette-Marie de), domi- 
nicaine, III, 228, 229. 

Solliès-Farlède, III, 464. 

SoLLiÈs-PoNT, ni, 465. 

SoLLiÈS-ViLLE, II, 96, 158. 

SûLEiLLAS (Boniface de) , co-sei- 
gneur de Seillans, III, 89. 

Sorgues (la), rivière, II, 144. 

SouRDis (cardinal de), III, 233. 

SouRRiBES, abbaye, III, 38. 

Sthœcades (îles), I, 33, 62, 76, 77, 
103. 

Stephani (Guillaume), chanoine de 
Fréjus, III, 48. 

— (Etienne), vicaire général d'Aix, 
III, 171. 

Strozzi , cardinal , archevêque 

d'Aix, III, 204. 
SuGER, abbé de Saint-Denis, II, 

172. 
SuiGi (Jacques), typographe de 

Turin, III, 132. 
Sully (Guillaume de) , pseudo- 

évêque de Fréjus, III, 4i, 
SusoN (Pons), chanoine de Fréjus, 

III, 98. 
SussEY (Autun), III, 62. 
Sylvacane, abbaye, II, 163. 
Sylvestre (S'), pape, II, 57, 

116. 
Symmaque (S'), pape, II, 11, 

12. 



Taradeau, III, 50, 52, 210. 
Tarascon, I, 80, 81; III, 213, 
227. 



TABLE ONOiM ASTIQUE GENERALE 



527 



Tassy (Charles) , chanoine de Fré- 

jus, III, 282 288. 
Tauroentum, 11,96. 
Templiers, III, 20, 21, 30, 37, 

41-43. 
Tende (comte), III, 175. 
Tesan (Hercules de), III, 316. 
Tessé (maréchal de), III, 345. 
Testanier (Honorât), prêtre de 

Fayence, III, 174. 
Teucinde, tante de Riculphe, II, 

70, 103-105. 
Thaneron (seigneur de), III, 179. 
Théodore (abbé), I, 43. 

— évèque de Fréjus , I, 28, 39, 
56, 57, 61, 62, 65, 71, 74-103; 
III, 8, 9, 298. 

Théodore, évèque de Marseille, 

II, 17, 18. 
Théodoric, roi, II, 12. 

— évèque d'Apt, II, 72. 
Thierry, fils de Clovis, II, 11, 12, 

14. 
Thomas (S^) d'Aquin, II, 60; III, 

298, 359. 
Thomassin (Louis de Mazaugues), 

I, 105. 

— (Saint-Paul de), visitandine , 

III, 400. 

Thoronet (le), II, 163, 164, 167; 

m, 19, 39, 58, 97, 160, 165, 166, 

225, 277, 329, 336, 424. 
Tite (SO, I, 18. 
Tombarel (Jacques), religieux de 

Lérins, II, 33. 

— (Kaymondine), mère du précé- 
dent, 11^ 33. 

ToscANELLA, évêché, m, 68. 

TouL, I, 34. 

Toulon, 1, 115; II, 8, 12, 15, 
147, 179, 180; III, 78, 98, 125- 
129, 131, 134, 202, 263, 272, 
291, 345, 347, 349, 374, 383, 384, 
45 i, 456, 464, 469. 

Toulouse, I, 16, 22, 96. ; III , 
262. 

— (comte de), II, 163, 177. 



Tour (de la), intendant, III, 

395. 
Tour-d'Aigue (la), III, 186, 198. 
Tournai, III, 301. 
Tournon (Var), prieuré, II, 127; 

III, 108. 
TouRNus, abbaye, III, 365, 370. 
Tourrettes, III, 35, 173, 295, 

297, 306, 333, 388, 424. 
-- (seigneur de), III, 179, 297. 
Tours, I, 16; III, 179, 392. 
TouRTOUR, II, 100, 163; III, 85, 

189, 202,220, 291,377. 
Tourves, h, 167; III, 167. 
Trans, m, 24, 30, 38, 58, 13^, 

155, 188, 189, 194, 196, 347, 407, 

422, 424. 

— (marquis de), III, 197. 
Trastournel (Jean), vicaire de 

Bargemon, III, 169. 
Treille (Diane de la) de Fossières, 

mère de Fleury, III, 316. 
Trente (concile de), III, 164, 165, 

181, 186, 196, 202, 224, 241, 359, 

439. 
Trêves, I, 16, 22. 
Trigance, III, 150. 
Trinitaires, III, 277. 
Trinité (église de la S^'') à Gallas, 

II, 139. 
Tripoli, III, 136. 
Troja , évèché in partibus , III, 

136, 137. 
Tropez (S*), martyr, I, 14, 27, 

31; II, 36-39,41, 43, 74. 
Trophime (S*-), évèque d'Arles, 

I, 16-20, 66, 92; 11,57. 
Truan, seigneur da Ville-Haute, 

II, 138, 156, 157. 
TuENTius, évèque, I, 49. 
Tugdual (S*), évèque, I, 81. 
Tunis, III, 280. 
Turenne, III, 261. 

— (Kaymond de), III, 87, 115. 
Turin, I, 53; III, 132, 150, 

470. 
Turles, vicaire général, III, 468. 



528 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



Turris (Tourves), I, 14. 
Tyrse (SO, martyr, II, 57. 



Urbain, évêque, I, 22, 23. 

— II, pape, II, 146. 

— V(SM, pape, III, 76, 78, 79. 

— VI, pape, III, 79, 81. 

— VIII, pape, III, 222, 358, 
359. 

Urbin (Pierre-d'Alexandre d'), dé- 
légué apostolique, III, 114. 

Ursins (Franciot des), évêque de 
Fréjus, III, 100, 137, 147-150, 
158. 

— (Jacques des), abbé du Thoronet, 
III, 160. 

— (Jacques-Juvenel des), évêque 
de Fréjus, III, 100-102. 

— (Jean des), III, 100. 

— (Léon des), évêque de Fréjus, 
III, 100, 138, 149, 151-169, 
471. 

— (Octave des), fils de Franciot, 
III, 147, 149, 150. 

Ursulines, III, 227, 253, 277, 307, 

330, 340, 377, 398, 399, 441. 
UzÊs, évêché, I, 94; III, 104. 



Vachier (Jean), prêtre, III, 464. 
Vair (Jean du), doyen de Lorgues, 

III, 196. 
Vairac (Joseph), supérieur du 

grand séminaire, III, 294, 322, 

348. 
Vaison, évêché, I, 27; II, 21; 

III, 9. 
Vaixière (Jean), juge, III, 260. 

— (Marie), dominicaine, III, 370. 

— (Nicolas), prieur, III, 260,268. 
Val de), II, 143, 167; III, 19i). 
Valbelle (de), chanoine de Fréjus, 

III, 19. 
Valderoure, III, 421, 435. 
Valence, I, 22, 23, 25, 44,45; II, 

93; III, 32, 76, 385. 



Valense, de Fréjus, III, 396. 
Valensolles, II, 99. 
Valentin rst), II, 57. 

— chanoine de Fréjus, II, 180, 
185. 

Valère (S^), évêque d'Antibes, 
I, 89, 115. 

— (S'), évêque de Trêves, I, 
16. 

Valérien (S'), évêque de Cimiez, 

I, 92-94. 
Valette (la), III, 134. 

— (duc de la), III, 200. 
Vallauris, II, 149, 154, 159. 
Vallège (Ktienne), III, 232. 
Vallot, médecin, III, 264. 
Valmoissine (Aups), II, 169, 170; 

III, 85. 
Valmunie (Vaumougne) (église de), 

II, 124. 

Valperge (Claude), III, 186. 
Var, rivière, III, 152, 342, 396. 
Varages, III, 167. 
Varrachon, curé du Thoronet, 

III, 464. 
Vatican, III, 68, 150. 

Venant (S') alias S' Vincent, de 

Vins, II, 167. 
Venge, I, 85; II, 129, 194; III, 

165, 173, 193, 384, 456. 
Vénère, évêque de Marseille, I, 

48, 51. 
Venise, II, 76; III, 470. 
VÉNUS (temple de), à Arlue, I, 

61. 
Vénusa, évêché, III, 137. 
Véran(S*), évêque de Vence, II, 

57. 
Verdaille (le mont) à Cotignac, III, 

145, 265. 
Verdière (sieur de la), III, 281. 
Verne (la), II, 180, 181, 195; III, 

13, 14, 18, 22, 42, 99, 118, 212, 

277, 329, 422. 

VÉRONE, II, 116. 

Versailles, III, 455. 

Vesc (Etienne de;, bailli de Meaux, 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



529 



chambellan de Charles VIII, III, 

126. 
Vexin (François), III, 64. 
Veyrier, architecte, III, 336. 
VicEDOMiNus, archevêque d'Aix^ 

III, 37,43. 
Victor (Amédée), duc de Savoie, 

III, 344-346. 

— (S^), II, 57. 

ViCTORiN , évêque de Fréjus, II, 

6-8, 15; III, 8, 9. 
ViCTRiCE (S';, évêque de Rouen, 

I 54. 
ViDAUBAN, III, 21, 37, 43, 85, 

189, 195, 347, 406, 432, 469. 
Vienne en Dauphiné, I, 22, 45, 

63, 66-68; II, 71, 157; III, 26, 27, 

55, 56. 
Vigile, évêque d'Anlibes, I, 89. 
Vigne (la), peintre, III, 260. 
VilLanova (Neuville), II, 25. 
Ville -Clausse (Sainte- Maxime), 

II, 53; III, 166. 

ViLLECRozE, III, 24, 115. 150, 160, 
189, 220, 274, 336, 406. 

ViLLEFRANCHE (A.-M.), II, 18. 

Ville- Haute (Ampus), II, 138; 

III, 10, 85. 

ViLLEMUs (Arnaud de), évêque de 
Pamiers, III, 80. 

— (Bertrand de), évêque de Fréjus, 
III, 80. 

— (Jean de), frère de Bertrand, 
III, 80. 

— (Pons de), évêque de Gouserans, 
III, 80. 

Villeneuve, d'Avignon, III, 65, 
76. (V. Saint- André de Ville- 
neuve.) 

— l'Antoine de), baron de Trans, , 
lïl, 96. 

— (Arnaud de), marquis de Trans 
et baron des Arcs, III, 30, 38. 

— (Christophe de), sieur de Vau- 
clause, III, 196. 

— (Claude de), III, 172. 

— marquis de Trans, III, 189. 



Villeneuve (Elzéard de) , évêque 
de Digne, 111,52, 59. 

— (Gaspard de), baron des Arcs, 
III, 189, 190,192. 

— (Gérard de), père d'Arnaud, 
III, 30. 

— (Louis de), seigneur de Flayosc, 
III, 118. 

— (Jeanne de), III, 38, 52. 

— (Modeste de), évêque d'Apt, III, 
231. 

— (Pierre de), seigneur de Tour- 
rettes, III, 295-297. 

— (Raymond de), chanoine de 
Fréjus, III, 48. 

— CRomée de), II, 102; III, 28, 
29 39 

— (de)', famille, III, 38, 52, 
424. 

Villepeij (Fréjus), III, 50, 53, 73, 
84, 96, 116, 159, 198, 215, 
217, 437. 

— (Etienne de), chanoine de Fréjus, 

II, 150, 151, 154. 
Villeoieille, III, 85. 
ViLLY (Honoré), III, 198. 
Vincent (S*^), évêque de Digne, 

I 22 23. 

— (S')' de Lérins, I, 41. 

Vins, II, 167; III, 85, 220, 
266. 

— (baron de), III, 177, 186, 189, 
190, 199 

ViNTiMiLLE, du Luc, archevêquc, 

III, 374, 392. 

Virgile (S^), évêque d'Arles, II, 

29. 
Visitation, Visitandines, III, 227, 

399, 400, 452. 
Vital, chanoine de Fréjus, III, 

19. 
Vitalien (SO, pape, II, 27, 28. 
Viterbe, évêché, III, 68, 69. 
ViTRY (maréchal de), III, 233. 

— (Michellede), III, 100. 
VivENTius, évêque, II, 10. 
Viviers, évêché, III, 385. 



530 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



X..., évêque de Fréjus, III, 8, 

12. 
Yolande, reine, III, 89, 91. 
Ytérius^ archevêque d'Arles, II, 

71. 



Yves, de Chartres, II, 172, 174. 
Zatticus, évéque, I, 94. 
ZoziME (SO, pape, I, 17, 44 66, 67; 
III, 360. 



S u F 3? L É ivi E asr T (1) 



AiGuiNEs (seigneur d'), III, 30. 

ÀLAIS, III, 414. 

' Ampus, III, 188, 194. 

Anglure, diocèse de Troyes, III, 

300. 
AuGusTiNS, III, 180, 239, 264. 

* AusiLE (St), III, 307. 
AvoGRADo (Pierre), III, 75. 

* Bagnols, III, 141. 
*Barjols, III, 252,441,450,454, 

456. 

* Bermond-d'Esparron , chanoine 
de Fréjus, II, 150. 

* Bernardines, III, 259, 399. 
BossuET, évêque de Meaux, III, 

318, 414. 
Brif, archidiaconé de Paris , III, 

63. 
Cabris (seigneur de), III, 254. 
Cahors, III, 47, 76. 
Capucins, 111,225, 388,389. 

* Carmes, III, 407. 
Carmélites, III, 288. 
Castellas (château à Agay), III, 

443. 

* Cavalier (Jean), prévôt deFréj us, 

III, 415. 

* CiPiÈRES (baron de), III, 169. 

* Clément VII, pape, III, 82. 
Cluny, abbaye^ II, 99, 144. 
Cordeliers, III, 337. 



CousERANS, évêché, III, 80. 

* Denys (S^), l'aréopagite, II, 57. 
♦Dominicains, III, 31, 226-228, 

261, 200. 
Dominicaines, 111,228,229,261,370. 
Douce, dame de Pontevès, III, 21 
Eléonore, épouse de François l*''", 

III, 156. 

* ESCRAGNOLES, III, 183. 

Fénelon, archevêque de Cambrai, 

111,414. 
FÉNiLis (Georges), prévôtde Fréjus, 

111,156. 
Feuillants (église des), III, 318. 
•Foulques, seigneur provençal, 

II, 158, 159. 
Gaybier (Jeanne), mère de Pierre 

de Camelin, III, 229. 
GiRARDiN , curé de Fréjus, III, 

322. 

* Godeau, évêque de Grasse, III, 

242. 

* Griminum, II, 96. 
Guide-le-Jeune, neveu de Guil- 
laume du Pont, III, 14. 

Guillaume, seigneur de Solliès, 

II, 158. 
— de Grasse, seigneur provençal, 

II, 158. 

* Hyéres, III, 456. 

* Innocent III, pape, III, 14, 15. 



(1) Ce suppirmciit comprend les imms omis ul ceux i|ui u'oiil éié ([u'incoinplétcmciil cités. Ces derniers 
sont précédés d'une asiéfique. 



TABLE ONOMASTIQUE GENERALE 



531 



N NOCENT VI, pape, III, 76, 78. 
Jabron, III, 422. 
•JÉSUITES, III, 225,227. 
Lombard (Pierre), conseiller au 
Parlement, III, 328. 

• LoRGUES, III, 37, 85. 

Louis IX (S^), roi de France, 
III, 30. 

— XIII, roi de France, III, 211. 
Major (la) à Marseille, III, 17. 

• Marcel (SO, évêque de Die, III, 

107. 
Matharon (Guigues), chanoine de 
Fréjus, III, 117. 

— (Jean), maître ralional de Pro- 
vence, III, 117. 

• Maxime (S'«), vierge, III, 87, 143, 

307. 

• Minimes, III, 225, 239, 329, 388. 

• Miramas, III, 50. 

• MoNS, III, 199. 

• MONTFORT, III, 175. 

Narsès (.A.rmand de), archevêque 

d'Aix, III, 58. 
Nazareth, (couvent de), III, 49. 
Nevers, évêché, III, 53. 

• — (sœurs de), III, 397, 411. 

• Nice, III, 346, 392. 
Nicosie (Ch^pre\ III, 72. 
Notre-Dame-du-Rosaire, à Fréjus, 

III, 233, 254, 280. 
* — DE Spéluque à Ampus , III, 
156. 

— DE Vallauris à Trans, III, 58. 



* Observantins, III, 277. 

* Ondedei (Zongo), III, 299. 

* Oratoriens, III, 225, 325. 
Pénitence (frères de la), III, 45. 
PÉNITENTS (confréries de), III, 221, 

393 395. 
•PiGNANS,'lII, 10, 174, 328. 
PoLiTiEN (Ange)^ III, 147. 
Pondichéry, III, 414. 
Présidente (la) (Camps), III, 230. 

* Puget-de-Fréjus, II, 155; III 
28, 35, 388. 

Raymond , prévôt de Fréjus et 
prieur de la Motte, III, 19. 

Robion, vicaire général, III, 396. 

Rocbaron, III, 379. 

Romégat-Thoge, mère de Bertrand 
de Romans, III, 172. 

* Roquebrune, III, 181. 
Rossignol (le Père), jésuite, III, 

276. 
Sacré-Cœur (archiconfrérie du), 

III, 441. 
Saint-Esprit (confrérie du), III, 

308,331. 
Saint-Michel, de Roquebrune, 

III, 333. 
•Saint-Paul, de Callian , III, 

10. 

* — de Fayenge, III. 383. 
Saint-Sacrement (confrérie du) , 

III, 331, 393. 

* Saint-Tropez, III, 200, 469. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE ET SOURCES 



AcHARD. — Description de la 1 ro~ 
vence. 

AcHÉRi (Luc d').— Spécilégium. 

Agrigente (d'). — Collection des 
mandements de Vépiscopat catho- 
lique. 

Albanès. — Gallia christiana no- 
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Aldevrade. — Vie de S^ Aigulphe. 

Alliez. — Histoire du monastère de 
Lérins. 

Annales de Fulda, 

Antelmy (Joseph). — De Initiis 
Ecclesiœ Forojuliensls. 

— Descriptio totius diocœseos. 

— De Sanctà Maximà. 

Arazy. — Histoire manuscrite 

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Arbelot. — Etude biographique 

sur Guillaume Lamy. 
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par le Père François, ex-provin- 
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treuse. 



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La Bibliothèque 

Université d'Ottawa 

Echéance 




The Library 
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